Disclaimer :Les personnages n'appartiennent qu'à J.K Rowling. La seule qui m'appartient est Avalon, qui sort de mon imagination. Ce tome trois commence juste à la fin du tome deux. A partir de maintenant, l'histoire est totalement différente de celle de J.K Rowling… J'espère que ça va vous plaire…
Note de l'auteure :N'oubliez pas que les reviews sont le seul salaire des auteurs sur et que nous ne tirons absolument rien d'autre. Alors n'hésitez pas à laisser un petit commentaire, pour me donner votre avis !
Chapitre 6
Après le diner, Avalon était retournée dans la chambre de Sirius et y était restée enfermée pendant deux jours.
Elle avait eu besoin d'être seule, de retrouver le calme qu'elle avait eu pendant les quatorze premières années de sa vie, avant qu'elle ne découvre qui elle était vraiment. La jeune femme en avait profité pour fouiller la chambre de son parrain de fond en comble et avait même retrouvé des vieilles photos de la famille Black datant de l'époque où Sirius n'était qu'un enfant. Et même si ce n'était qu'une photo mouvante, la rousse pouvait presque entendre Walburga Black cracher son venin sur elle pendant qu'elle les regardait.
Sur la fin de l'album, elle trouva une photo de Sirius enfant, âgé d'une dizaine d'années tout au plus, avec un autre petit garçon qui lui ressemblait. Elle la retourna pour voir s'il y avait quelque chose d'écrit à l'arrière.
Sirius Orion Black et Regulus Arcturus Black.
S.O.B et R.A.B.
Ce fut comme si un interrupteur s'était enclenché dans sa tête. Jetant les photos sur le côté, elle se leva avec précipitation et dévala les escaliers à toute vitesse.
- Ava ?! s'exclama Drago alors qu'elle lui passait sous le nez en courant.
Elle percuta la porte dans son élan, se faisant mal à l'épaule. Elle avait l'impression d'atteindre un but, mais quand elle tourna la poignée, elle se bloqua. La jeune femme eut beau pousser, la porte resta verrouillée.
- Mais qu'est ce que tu fais ? s'étonna Blaise depuis les escaliers.
- R.A.B !
- Quoi ?
- Les initiales que Harry cherche ! R.A.B ! (Elle tapa sur la plaque en bronze sur la porte). Regulus Arcturus Black ! C'était lui !
- Le frère de Sirius était R.A.B ? demanda Drago, qui ne semblait pas convaincu.
- Je le pense, mais pour le confirmer, j'ai besoin d'entrer dans cette fichue chambre. KREATTUR !
Son cri fit sursauter les deux garçons et la seconde suivante, l'elfe de maison se tenait devant elle, la regardant méchamment de ses yeux globuleux.
- Kreattur, j'ai besoin d'entrer dans la chambre de Monsieur Regulus. C'est vraiment très important.
- Personne n'a le droit d'entrer dans la chambre de Maitre Regulus. C'est lui même qui l'a demandé à Kreattur.
- Je comprends Kreattur, mais je crois que Maitre Regulus a commencé un travail avant sa mort et je veux l'aider à le terminer.
- Quand Maitre Regulus a emmené Kreattur dans la grotte ?
- Exactement. (Elle posa un genou au sol devant lui, pour le regarder dans les yeux). Il faut que tu racontes tout ce que tu sais à Harry.
- Harry Potter n'est pas là.
- Alors, va le retrouver et raconte lui toute l'histoire. Et n'oublie aucun détail.
- Oui, Maitresse Avalon.
C'était la première fois qu'il l'appelait ainsi… Avant de disparaître dans le « CRAC » caractéristique des elfes de maison, il claqua des doigts et la porte de Regulus s'ouvrit dans un grincement. La poussant du plat de la main, elle éternua quand la poussière qui régnait dans les lieux lui monta au nez. Drago passa à côté d'elle et se dirigea directement vers la fenêtre pour ouvrir le rideau, inondant la chambre de lumière.
Si Sirius avait décoré sa chambre dans les couleurs de Gryffondor, probablement dans une tentative de rébellion, Regulus avait décoré la sienne sur le thème de Serpentard. Son lit était fait au carré, recouvert de draps noirs, les vêtements dans l'armoire étaient méticuleusement rangés, les livres étaient alignés sur une étagère, par ordre alphabétique et les photos accrochées au mur étaient parfaitement droite. Regulus avait visiblement un grand besoin d'ordre et de régularité et absolument rien ne dépassait. La poussière qui l'avait fait éternuer n'était que de la poussière dans l'air car il n'y en avait pas un grain sur les meubles, comme si Kreattur avait consciencieusement nettoyé la pièce en attendant le retour de son maitre.
Sirius n'avait jamais parlé de son frère, donc elle ne savait absolument rien de lui, mais elle avait la certitude qu'il devait suivre les préceptes des Black puisque les seuls qui avaient tourné le dos aux valeurs familiales étaient Andromeda, en épousant un Né Moldu et avait eu une fille avec lui, Nymphadora, et Sirius en personne, si on omettait l'oncle qui avait légué sa fortune à Sirius et qui lui avait permis de fuguer l'été de ses seize ans. L'unique chose qu'elle connaissait à son sujet était qu'il était mort quelques jours avant que Voldemort ne vienne dans leur maison pour tuer sa famille…
La seule chose qui détonait dans le paysage méticuleux était la boule de papier légèrement en dessous du lit et Avalon se pencha pour la récupérer et la déplier.
Il s'agissait d'une lettre, que Regulus avait visiblement écrite pour sa mère.
Mère,
Je sais que ma décision va profondément vous décevoir, mais j'agis pour le bien de tous…
Je suis prêt à assumer les conséquences de mes actes et si vous désirez de me déshériter, je l'accepterais. Mais je ne peux continuer ainsi, à cautionner ce que le Seigneur des Ténèbres fait.
Plus le temps passe, plus je commence à me dire que Sirius avait raison, que ce que nous faisons est mal…
J'espère simplement que vous trouverez en vous la force de me pardonner de vous trahir et de vous faire perdre votre second fils.
Toujours purs,
R.A.B
Il avait changé d'avis…
Regulus était un Mangemort et il avait décidé de retourner sa veste, donnant raison à Sirius. Il y avait de fortes chances pour que l'ainé des fils Black n'ait jamais lu cette lettre et que c'était Walburga Black qui avait roulé cette lettre en boule. Vu ce qu'Avalon savait d'elle, il était même étonnant qu'elle ne l'ait pas brûlé, pour effacer la preuve du déshonneur de ses fils.
- On peut dire ce que l'on veut de Regulus Black, mais il avait des lectures vraiment intéressantes.
Avalon détourna son attention de la lettre pour regarder dans la direction de Blaise qui brandissait un livre à la reliure cornée. Elle posa la lettre sur le bureau et alla prendre le livre pour en lire le titre.
Les secrets de la Destinée, par Bathilda Tourdesac
- Bathilda Tourdesac, murmura-t-elle. Pourquoi son nom m'est-t-il si familier ?
- C'est juste l'auteure de L'Histoire de la Magie, répondit Drago en ricanant. C'est l'une des historiennes les plus connues du monde sorcier.
- Pourquoi une historienne écrirait un livre sur la Destinée ?
- La Destinée fait partie intégrante de la culture des sorciers.
- Je suis sûr que ce livre aurait pu être passionnant, répondit elle en le feuilletant, mais on dirait que Regulus en a déchiré des pages. Et un sacré paquet apparemment.
- Nous devrions aller lui parler, dit Zabini.
- Ce n'est pas une bonne idée, répondit Malefoy immédiatement en regardant son ami.
- Pour quoi ça ? s'étonna Ava. Elle peut nous apporter des réponses. C'est ce qui compte non ?
- Oui, ça compte, mais nous ne pouvons pas aller la voir chez elle, c'est trop dangereux. Les Mangemorts seront dans les parages.
- Pourquoi les Mangemorts surveilleraient les alentours de la maison d'une historienne ? demanda Blaise.
- Parce que Bathilda Tourdesac habite à Godric's Hollow. Où se trouve la maison des Potter. Ainsi que les tombes de James et Lily Potter.
Effectivement, ça compliquait un peu les choses…
-ooOoo-
Drago avait raison, les Mangemorts seraient surement en surveillance autour de Godric's Hollow, au cas où Harry ou elle se rendent sur la tombe de leurs parents. En même temps, ils avaient vraiment besoin de parler avec Bathilda Tourdesac, et le seul moyen d'y parvenir, c'était de se rendre à Godric's Hollow.
Avalon s'était un peu renseignée sur le village quand elle avait découvert l'identité de ses parents.
Godric's Hollow était un village qui avait été entièrement sorcier, à l'image de Pré-Au-Lard, mais au fil du temps, des moldus étaient venus s'y installer et les sorciers avaient totalement cachés leur existence à la suite des chasses aux sorcières qui avaient eu lieu au XVIIèmesiècle. Le village portait le nom de Gordric Gryffondor, car c'était là qu'il était né. A l'époque, il s'agissait simplement de petites huttes réunies qui n'avaient même pas de nom et ce nom lui avait été donné après que Gryffondor arrive à la postérité grâce à ses talents de duelliste et la création de Poudlard. Elle savait que son frère n'y était pas né, étant donné qu'il était déjà là quand ses parents étaient venus se cacher dans ce village, mais elle, elle y était venue au monde. C'était son village natal, en plus de l'endroit où se trouvaient les tombes de ses parents et la maison où elle avait commencé sa vie.
Elle voulait y aller et pas seulement pour y voir une historienne qui devait être assez vieille pour être maintenant une vieille grand-mère.
Sauf que Drago s'y opposait totalement, prétextant que c'était bien trop dangereux et Blaise s'était rangé de son avis. Ils étaient à deux contre elle, et ils étaient suffisamment têtus pour pouvoir lui tenir tête.
Mais c'était mal la connaître s'ils pensaient qu'elle allait laisser tomber !
Après tout, elle était une Gryffondor et les Gryffondors étaient réputés pour être de véritables têtes de mules.
- Ecoutez, finit elle par dire. Nous devons aller lui parler, nous n'avons pas d'autres solutions. Et je suis d'accord que m'y rendre serait dangereux. Mais je pourrais me cacher, modifier mon apparence. Je suis suffisamment forte en légilimencie pour pouvoir leur faire croire que je suis une petite blonde aux yeux bleus !
- Ça ne marchera pas. Ils auront leurs masques et il leur permet de voir au travers de ce genre de manipulation, la contra Drago.
- Alors nous devons trouver une solution ! Nous ne pouvons pas rester ici éternellement, à attendre que les choses se passent !
- Ou nous pouvons nous la jouer à la moldue, répondit Blaise en surgissant avec un sac en plastique à la main.
- Où est ce que tu as trouvé ça ? lui demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- L'avantage d'avoir dix sept ans, c'est que je peux transplaner comme je l'entends.
- Pauvre type, marmonna-t-elle. Mais ça ne répond pas à ma question.
- Je suis allé dans une boutique moldue de déguisement pour te trouver quelques trucs. (Il vida le sac sur la table de la cuisine). Une perruque blonde, des lentilles de couleur et du maquillage pour modifier un peu les traits de ton visage. Pas de magie donc aucun moyen que les Mangemorts ne voient quoi que ce soit avec leurs fichus masques.
- C'est trop dangereux, continua de dire Drago.
- Il faut faire des compromis, Drago, lui dit son meilleur ami. Nous devons parler à Bathilda Tourdesac et nous ne pouvons pas demander à Ava de rester derrière.
- Si nous nous faisons chopper par les Mangemorts, vous allez m'entendre, je vous préviens !
Comprenant qu'il avait capitulé, Avalon échangea un sourire en coin avec Blaise et s'empressa de récupérer les accessoires pour aller les enfiler.
Ils allaient à Godric's Hollow. Dès aujourd'hui…
-ooOoo-
Etant donné qu'elle n'avait pas vraiment apprécié la réception de Blaise en transplanage, elle avait décidé de faire le voyage avec Drago cette fois ci. Et ce dernier était bien plus délicat que son ami.
Ils atterrirent à la limite d'une forêt qui donnait sur un cimetière.
Le soleil était entrain de se coucher à l'horizon, donnant au lieu une ambiance assez irréelle.
- La maison de Bathilda est au fond de l'allée principale, dit Drago en se mettant à marcher.
- Attendez…
- Qu'est ce qu'il y a ?
- Je voudrais trouver mes parents…
- Avalon…
- J'en ai besoin, d'accord ?
- Nous pouvons bien prendre cinq minutes pour trouver les tombes des Potter, plaida Blaise. Nous ne pourrons probablement pas revenir ici tout de suite. Autant en profiter.
- Vous me prenez la tête à vous liguer contre moi, grogna le blond.
Ils se mirent à déambuler dans les allées, cherchant les tombes portant les noms des Potter.
Drago fut le premier à s'arrêter sur une tombe, se penchant en fronçant les sourcils.
- Eh, Zabini, ce n'est pas le signe des Reliques de la Mort ?
- Fais voir. (Zabini le rejoignit et hocha la tête). Tu as raison. C'est trop bizarre.
- C'est quoi les Reliques de la Mort ? demanda Ava.
- Un vieux conte pour enfant, de Beedle le Barde. Il y a un exemplaire de ses contes dans la bibliothèque, je te le montrerai.
- Continuons à chercher, dit Drago en secouant la tête.
Ils déambulèrent pendant encore plusieurs minutes avant que Avalon ne finisse par trouver ce qu'ils cherchaient.
C'était une stèle en marbre blanc et les lettres y étaient gravées en noir, ressortant profondément. Elle s'agenouilla devant pour faire glisser ses doigts sur les noms de ses parents, en ayant l'impression qu'une main s'était enroulée autour de sa gorge.
JAMES POTTER, NE LE 27 MARS 1960
MORT LE 31 OCTOBRE 1981
LILY POTTER, NEE LE 30 JANVIER 1960
MORTE LE 31 OCTOBRE 1981
LE DERNIER ENNEMI QUI SERA DETRUIT, C'EST LA MORT
En lisant leurs dates de naissance, Ava réalisa qu'elle ne connaissait même pas les dates de naissance de ses propres parents. Sa mère était un peu plus âgée sur son père… Et ils n'avaient que vingt et un ans quand ils étaient morts.
Suivant un instinct peut être totalement idiot, elle passa sa main sur le dessus de la stèle pour en retirer les feuilles mortes. Elle aurait aimé avoir des fleurs pour orner leurs tombes, mais elle n'en avait pas et elle ne pouvait même pas utiliser la magie pour en faire apparaître. La jeune femme sentit Blaise s'agenouiller à ses côtés et il agita légèrement sa baguette, faisant apparaître un magnifique bouquet de lys, les fleurs dont sa mère portait le nom. Elle ne le remercia pas, incapable de parler, alors elle se contenta de poser sa tête sur son épaule, profitant pendant une seconde de cette minute de calme et de recueillement.
Elle étendit son esprit dans la terre, comme pour trouver leur corps et envoya ses pensées, espérant un peu qu'ils puissent l'entendre.
- Nous nous sommes retrouvés… Harry et moi sommes une famille et nous nous soutenons… Personne ne pourra plus jamais nous séparer et je prendrai bien soin de lui… Je ferai en sorte qu'il survive, je vous le promets. (Elle caressa à nouveau leurs noms du bout des doigts). J'aurais aimé que nous ayons plus de temps ensemble… Je vous aime… De toute mon âme…
Elle finit par se remettre debout, époussetant ses genoux, avec l'étrange impression d'avoir enfin fait la connaissance de ses parents. C'était une sensation étrange, mais pas désagréable, comme si le monde commençait doucement à tourner dans le bon axe.
Quand ils sortirent du cimetière, la nuit était tombée depuis quelques minutes et ils furent surpris de voir autant de monde dans les rues quand ils rejoignirent l'artère principale. Une foule d'enfants courraient en riant et en criant, vêtus de déguisements tous plus loufoques les uns que les autres.
- Qu'est ce qui se passe ici ? grogna Drago en reculant pour éviter une collision avec une petite fille déguisée en princesse.
- Halloween… murmura Ava. Nous sommes le 31 octobre.
Elle n'avait pas réalisé…
En réalité, jusqu'à maintenant, en se retrouvant dans ce village, elle n'avait jamais réalisé que c'était l'anniversaire de la mort de ses parents…
Elle trouvait ça presque ironique que tous ces gens fassent la chasse aux bonbons, déguisés en sorciers, alors qu'à quelques mètres de là se trouvait l'endroit où James et Lily avaient été assassinés.
Sortant de la ruelle et se mêlant à la foule, la jeune femme descendit la rue jusqu'à s'arrêter devant une maison en ruine. Elle se figea en l'apercevant et baissa les yeux sur la pancarte qui se trouvait juste devant.
EN CE LIEU, DANS LA NUIT DU 31 OCTOBRE 1981
LILY ET JAMES POTTER PERDIRENT LA VIE.
LEUR FILS, HARRY, DEMEURE LE SEUL SORCIER
QUI AIT JAMAIS SURVECU AU SORTILEGE DE LA MORT.
CETTE MAISON, INVISIBLE AUX MOLDUS, A ETE LAISSEE
DANS SON ETAT DE RUINE COMME UN MONUMENT
A LA MEMOIRE DES POTTER
ET POUR RAPPELER LA VIOLENCE
QUI A DECHIRE CETTE FAMILLE.
Un monument, caché à la vue des moldus, seulement visible pour les sorciers…
La maison avait dû être belle à l'époque, quand elle avait été encore une vraie maison, un véritable foyer qui avait abrité une famille qui s'aimait.
Poussée par un besoin viscéral, elle poussa le portillon et remonta la petite allée jusqu'à la porte d'entrée. Elle était à moitié sortie de ses gonds et elle manqua de s'écrouler quand elle la poussa.
- Ava, qu'est ce que tu fais ?! s'agaça Drago en lui attrapant le bras.
- Il faut que j'aille voir…
- C'est trop dangereux !
- Il le faut, Drago !
Elle croisa son regard et elle vit ses yeux aller de droite à gauche, pendant qu'il la regardait dans les yeux et finit par hocher la tête.
- D'accord, murmura-t-il. Mais laisse moi passer en premier et laisse Blaise couvrir tes arrières. On ne sait jamais.
- Ok. Faisons comme ça.
Drago sortit discrètement sa baguette en regardant Blaise par dessus sa tête et il passa devant, la mettant derrière lui.
Il entra dans la maison et quand Ava le suivit, elle eut l'étrange sensation d'être enfin à la maison, comme si sa place avait toujours été ici. Une couche impressionnante de poussière recouvrait la moindre surface plane sur lesquelles ils posaient les yeux. Les cadres photos accrochés au mur étaient de travers et certains étaient au sol, le verre crissant sous les semelles de leurs chaussures. Ils traversèrent le couloir pour se rendre dans le salon, où elle savait que son père l'avait caché avant de tenter d'aller arrêter Voldemort. La commode était toujours là, le tiroir du milieu encore ouvert et un bout de tissu épais de couleur rouge en dépassait. Elle s'approcha et tira sur le tissu, réalisant qu'il s'agissait d'une couverture de bébé. Sa couverture de bébé.
- C'est une baguette ? entendit elle Drago demander.
Elle se tourna pour le voir attraper quelque chose sur le vieux canapé et s'approcha pour regarder de plus prêt. Effectivement, le Serpentard tenait une baguette entre ses doigts et elle fronça les sourcils, se demandant qui avait bien pu laisser sa baguette ici.
Puis, elle se souvint de quelque chose qu'elle avait vu dans la tête de Harry, qu'il avait vu lui-même dans la tête de Voldemort.
James était rentré dans la maison et avait lancé sa baguette sur le canapé avant de prendre une Ava bébé dans ses bras. Il l'avait mise en sécurité, et il s'était précipité sur Voldemort. Sans sa baguette.
Elle avait imaginé que les Aurors auraient tout récupéré, que la baguette de son père aurait été détruite ou entreposée au Ministère. Pas à l'endroit exact où James l'avait laissé, juste avant de mourir.
- C'est la baguette de mon père, dit elle en s'étranglant sur le dernier mot.
Les deux jeunes hommes l'observèrent pendant une bonne minute avant que Drago ne la lui tende. Ses mains tremblaient quand elle referma ses doigts dessus. A l'instant même où le blond lâcha, la baguette produisit des étincelles et la jeune femme eut l'impression qu'elle se réchauffait dans le creux de sa paume. La rousse laissa échapper un petit rire, la gorge nouée et la serra contre sa poitrine.
La couverture et la baguette fermement tenues, elle retourna dans le couloir pour se rendre dans les escaliers, sauf qu'elle fut retenue par Drago.
- Moi d'abord, tu te souviens.
Elle hocha la tête, les pensées un peu embrouillées par le fait d'avoir retrouver la baguette de son père et elle le laissa passer devant. Quand il arriva dans le tournant, elle tira sur le bas de son tee shirt, pour qu'il s'arrête.
- Quoi ?
- Serre à gauche.
- Quoi ?
- Serre à gauche, s'il te plait.
- Pourquoi faire ?
- Mon père… Mon père est mort juste là.
Elle sentit les deux garçons se figer et ils ne dirent rien, se contentant de se plaquer à la rambarde pour éviter l'endroit où James Potter avait rendu son dernier souffle. La jeune femme baissa les yeux sur l'emplacement exact, avec l'impression de voir le corps de son père étendu là et ils continuèrent de monter. Arrivés à l'étage, Drago poussa la première porte sur la gauche, révélant une chambre contenant un lit double, une commode, un grand dressing et une coiffeuse.
La chambre de ses parents.
La porte suivante, à droite, était entrouverte, mais Drago tapota sur l'écriteau qui était vissé dessus. Avalon.
- Cela devait être ta chambre. Tu veux y entrer ? (Elle secoua la tête, ses yeux fixés sur la porte du fond). Continuons alors.
La porte à côté de la sienne était une salle de bain, qui sentait l'humidité et le renfermé. Une fois devant la porte qu'elle voulait terriblement pousser, elle empêcha le blond de passer en premier.
- Ava…
- C'était la chambre de Harry, chuchota-t-elle. C'est là que ma mère s'est sacrifiée pour lui. J'ai besoin de le faire seule.
- Ce n'est pas prudent, intervint Blaise.
- S'il vous plait… J'ai juste besoin d'une minute. Vous pourrez me rejoindre, mais après. (Ils se regardèrent au dessus de sa tête encore une fois et Drago souffla fort par le nez). Merci.
La jeune femme dépassa le Serpentard et prit une grande inspiration avant de pousser ce qui restait de la porte, c'est à dire pas grand chose.
Voldemort l'avait fait exploser pour atteindre Harry et s'était rendu jusqu'au berceau, qui était la seule chose encore intacte. Lily était morte juste devant, faisant barrage de son corps pour protéger son fils. Si elle fermait les yeux, elle pouvait presque l'entendre supplier Voldemort de la tuer à la place de son fils, d'épargner Harry.
- Non, pas Harry, je vous en supplie, tuez-moi si vous voulez, tuez-moi à sa place… Non, pas Harry ! Je vous en supplie… Ayez pitié… Ayez pitié… Pas Harry ! Pas Harry ! Je vous en supplie… Je ferai ce que vous voudrez…
Elle avait supplié pour la vie de Harry, se proposant de prendre sa place, mais Voldemort n'en avait rien eu à faire. Quand elle arriva devant le berceau et qu'elle referma ses doigts sur le rebord, le bout de son pied percuta quelque chose qui roula sous le lit. Fronçant les sourcils, elle se mit à plat ventre et tendit le bras sous le meuble en tâtonnant pour mettre la main sur l'objet.
Ses doigts finirent par se refermer dessus et elle sentit un chaleur remonter le long de son bras, exactement comme lorsqu'elle avait tenu la baguette de son père. Ramenant son bras vers elle et s'asseyant contre le berceau, elle vit qu'il s'agissait d'une autre baguette, plus longue et féminine que celle de James.
La baguette de Lily.
Les baguettes de ses parents étaient toujours là…
Fronçant les sourcils, elle leva les baguettes devant ses yeux, ne comprenant vraiment pas comment il était possible que personne n'ait pensé à récupérer les baguettes de James et Lily. Si Remus avait été trop effondré pour y penser, persuadé que ses amis avaient été trahi par l'un des leurs, Dumbledore aurait du y penser.
Se relevant, elle alla rejoindre ses compagnons, les yeux fixés sur les baguettes.
- Tu as trouvé quelque chose ? lui demanda Blaise.
- La baguette de ma mère. Sous le berceau de Harry.
- Comment se fait il que personne n'ait pensé à les récupérer ? Elles auraient du être enterré avec eux normalement, dit Drago en regardant son ami.
- Nous parlerons de tout ça plus tard, finit par dire Blaise. Je sais que c'était important pour toi de voir la maison de tes parents, mais nous ne pouvons pas rester ici trop longtemps. Si des Mangemorts surveillent la maison et réalisent qu'il y a du mouvement, ils vont tout de suite comprendre de qui il s'agit.
- Tu as raison… Allons parler à Bathilda.
La jeune femme glissa les braguettes dans la poche intérieure de son manteau pour être certaine de ne pas les perdre et laissa les garçons l'encadrer pour sortir de la maison. Ils retournèrent dans la foule et Avalon avait l'impression de s'être fait piétiner par un troupeau de centaures alors que les enfants continuaient leur chasse aux bonbons, totalement ignorants de l'avalanche d'émotions qu'elle venait de vivre.
La perruque blonde semblait soudainement peser deux tonnes sur son crâne et les lentilles de couleur bleue lui irritaient les yeux et elle se sentait comme un imposteur d'être venue dans la maison sous une fausse apparence. Alors qu'elle levait la main pour se gratter le cuir chevelu, Drago la lui attrapa et noua ses doigts aux siens. La jeune femme leva les yeux vers lui, complètement à côté de ses pompes.
- Ça va aller, lui chuchota-t-il. Nous sommes avec toi.
Ils remontèrent la rue jusqu'à atteindre une vieille bâtisse qui ne semblait pas en bien meilleur état que l'ancienne maison des Potter. Des plantes grimpantes avaient envahi les murs et le conduit de la cheminée semblait sur le point de s'effondrer. Blaise passa devant et poussa le portillon, remontant l'allée du petit jardin jusqu'à la porte. La porte était ouverte, et il leur fit un signe de s'arrêter, pendant qu'il sortait sa baguette.
- Attends, l'arrêta Ava en attrapant la manche de son manteau. Laisse moi vérifier.
- Comment ?
Pour seule réponse, elle ferma les yeux et étendit son esprit à l'intérieur de la maison, tentant de trouver une présence humaine. La maison semblait complètement vide, comme s'il n'y avait personne et elle rouvrit les yeux en lui faisant un petit signe de tête pour lui signifier que la voie était libre. Ils entrèrent en file indienne et regardèrent autour d'eux.
- Vous sentez cette odeur ? chuchota-t-elle.
- C'est infect, confirma Drago.
- Je regarde au rée de chaussée, vous vous occupez de l'étage, chuchota Blaise. Plus vite nous aurons tout vérifié, plus vite nous pourrons partir.
Ils se séparèrent et elle monta à l'étage, toujours accrochée à la main du blond. A cet instant, alors qu'elle partait littéralement en vrille dans ses émotions, il était son seul point d'ancrage et elle avait l'impression qu'elle partirait en vrille s'il la lâchait.
La maison toute entière sentait le renfermé et le vieux moisi, en plus de cette odeur immonde qui lui donnait l'impression qu'un animal était mort dans son nez. Elle avait presque l'impression d'en avoir le gout sur la langue.
Ils finirent par entrer dans ce qui semblait être un bureau, les murs totalement recouverts d'étagères qui semblaient sur le point de s'effondrer sous le poids des livres. Même le bureau en était envahi. Drago leva sa baguette, dont le bout brillé et murmura :
- Accio, Les Secrets de la Destinée.
Une étagère sur leur gauche trembla et un livre bondit, fonçant dans la direction. Ava se protégea instinctivement le visage avec son bras pendant que le blond levait le bras, saisissant l'ouvrage au vol, prouvant qu'il était un très bon attrapeur, quand il ne se retrouvait pas face à Harry, qui était encore meilleur.
Il lui fit un petit sourire en coin en lui montrant le livre et elle lui rendit son sourire en le prenant pour le glisser à l'intérieur de son manteau, avec la couverture et les baguettes. Heureusement que Malefoy l'avait ensorcelé pour qu'elle n'ait pas de fond !
- Allons nous en d'ici, chuchota-t-elle. Cette maison me fout la frousse.
- Je croyais que les Gryffondors n'avaient peur de rien, la taquina-t-elle.
- Les Gryffondors sont courageux, pas sans peur. Et ils ne sont clairement pas stupides non plus.
- Et bien, les Serpentards sont rusés, et le Serpentard que je suis est d'accord avec toi. Nous avons le livre, tirons nous d'ici.
Lui tirant la main, il les fit sortir de la pièce mais ils furent interrompus par un grincement dans leur dos.
A cet instant, Avalon eut l'impression de se retrouver dans un des mauvais films d'horreur qu'elle avait vu en cachette avec les pensionnaires de l'orphelinat qui étaient plus âgés. Ils se retournèrent au ralenti et baissèrent les yeux. Drago lui serra les doigts si fort qu'elle crut qu'il allait lui briser la main et elle écarquilla tellement les yeux qu'elle crut qu'ils allaient lui sortir des orbites.
Son cerveau avait du mal à traiter l'information, alors elle fit la seule chose qu'elle fut capable de faire.
Elle hurla.
Le hurlement qui sortit de sa bouche était aigu et pas du tout digne d'une Gryffondor, mais elle n'en avait rien à faire.
Le serpent qui se trouvait juste sous ses yeux était bien assez effrayant, et assez familier, pour que son courage Gryffondorien se fasse la malle durant une seconde.
La jeune femme n'avait jamais vu Nagini en vrai, mais elle l'avait suffisamment vu dans l'esprit de Harry pour le reconnaître entre mille.
Et si Nagini était là, cela voulait dire que Voldemort n'était pas très loin !
Sans même prononcer le moindre mot, Drago lui tira le bras si fort qu'il faillit lui déboiter l'épaule et ils dévalèrent les escaliers en manquant de s'étaler de tout leur long, et croisèrent Zabini qui avait terriblement pâli.
- Bathilda, bégaya-t-il. Elle…
- Pas le temps ! cria Drago.
Ava attrapa la main de Zabini et le tira à leur suite et elle le sentit étouffer en hoquet quand il aperçut le serpent qui était juste derrière eux. Alors qu'ils arrivaient devant la porte d'entrée, cette dernière s'ouvrit à la volée, laissant apparaître une longue silhouette vêtue d'une cape noire et avec un visage si reptilien qu'il n'avait plus rien d'humain.
Elle l'avait vu au Ministère, le soir de la mort de Sirius, mais elle n'avait pas eu le temps d'avoir réellement peur de lui, parce qu'elle était dévastée par la mort de son parrain et parce qu'elle était terrorisée à l'idée qu'il ne tue Harry. De plus, à l'époque il ne savait pas les liens qui l'unissaient au Survivant, mais maintenant, il en avait conscience et il était venu ici spécialement pour elle.
D'un mouvement brusque, Drago la fit passer derrière lui, se plaçant comme bouclier devant elle et elle s'agrippa à sa taille, se plaquant contre lui pendant que Blaise se plaçait aux côtés de son ami.
- Comme c'est adorable, siffla Voldemort en les voyant. Cela semble être une constante chez les Potter, d'utiliser les autres comme d'un bouclier entre eux et moi.
- Vous ne la toucherez pas, grogna Drago.
- Oh, mon jeune Malefoy… Tu sembles oublier ta place… Est elle au courant ? Est elle au courant que tu portes ma Marque ? (Ava sentit le blond se tendre sous ses mains et elle resserra les doigts sur son manteau pour tenter de le rassurer). Je vais vous faire la même proposition que j'ai fait à sa Sang de Bourbe de mère. (Elle hoqueta). Ecartez vous et je vous épargnerai. Ce sera mon premier et mon dernier avertissement. Je vous laisserai revenir, retrouver votre place de sang pur digne de ce nom. Elle n'est qu'une sang mêlée.
- Votre sang n'est pas plus pur que le mien, grogna-t-elle dans un accès de stupidité typique de Gryffondor. (Elle sentit Drago et Blaise devenir aussi figés que des statues). Est ce que vous avez dit à vos Mangemorts que votre père était un moldu et que votre mère était une Cracmole ?
Elle avait lâché une véritable bombe, elle en avait parfaitement conscience. Tom Jedusor avait parfaitement gardé son terrible secret… Etre le descendant de Serpentard lui donnait une certaine valeur, une certaine prestance auprès de ses disciples, mais s'ils apprenaient qu'il était le fils d'un moldu et d'un Cracmol, il perdrait absolument tout. Il avait basé toute sa vie et tout son pouvoir sur un mensonge.
Ils n'eurent qu'une seconde pour réagir avant que Voldemort ne brandisse sa baguette et lance un sort. La lumière verte illumina la pièce comme une chandelle et Ava poussa Blaise sur le côté tout en plaquant Drago au sol, perdant sa perruque dans la chute. Elle glissa la main sous son manteau, refermant ses doigts sur les baguettes de ses parents et les sortit. Les pointant toutes les deux vers lui, elle oublia qu'elle avait toujours la Trace, qu'elle allait attirer tout le monde ici, mais étant donné que le Ministère était à la botte de Voldemort et que ce dernier était juste là, cela ne faisait pas grande importance.
- EXPELLIARMUS !
Les deux baguettes lui obéirent, lançant le sort en simultanée. Le mage noir se prit les deux sortilèges de plein fouet, le projetant violemment en arrière dans un mouvement flou de cape. Blaise se jeta violemment sur eux, enroulant un bras autour des épaules de la jeune femme et en refermant ses doigts sur la jambe de pantalon de Drago et les fit transplaner en catastrophe. Ils atterrirent violement devant la porte du 12 Square Grimmauld et ils entrèrent précipitamment, s'effondrant dans l'entrée avec fracas. Madame Black se rappela à leur bon souvenir, et Blaise s'empressa de se relever pour fermer les rideaux en lui rendant ses insultes. Il revint ensuite vers eux et les toucha pour s'assurer qu'ils n'étaient pas blessés. Ava tenait toujours fermement les baguettes et quand un bruit de pas précipités se fit entendre dans le couloir menant à la cuisine se fit entendre, elle les brandit. Quand Remus apparut, elle fut tellement soulagée qu'elle se laissa tomber sur Drago qui passa ses bras autour d'elle en respirant toujours aussi fort.
- Mais par Merlin, qu'est ce qui vous est arrivé ?! s'exclama le loup-garou en se précipitant vers eux. Vous êtes blessés ?
Ils n'étaient pas blessés, mais ils allaient certainement mettre un certain temps à s'en remettre, c'était certain.
Avalon pouvait assurer que son premier passage à Godric's Hollow depuis la mort de ses parents avait été mémorable. Et vu comment elle avait envoyé Voldemort sur les roses, elle se doutait qu'il n'allait pas en rester là !
Note de l'auteure :chapitre 6 terminé !
Ce chapitre est le plus long des trois tomes au moment où j'écris ces mots !
J'espère qu'il vous a plu et que vous êtes prêts pour la suite !
Je vous dis à très vite pour le prochain chapitre !
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Bye !
