Chapitre 10 : Better than drugs
Rollo s'approche et pose la main sur mon épaule. "Accepterais-tu de m'accompagner pour une promenade à cheval ?..."
"Bien sûr." souriante.
Nous nous mettons en selle et traversons le pont, cheminant à travers la cité jusqu'à rejoindre la campagne.
Là, il me propose une petite session de galop. Nos montures s'en donnent à cœur joie !...
Puis nous nous arrêtons en bordure de forêt pour passer un peu de temps au bord d'un magnifique ruisseau grouillant de vie.
Je repose contre son épaule, installés sur la berge.
Le clapotis de l'eau est si tranquille qu'il en est berçant et que je m'assoupis légèrement.
Mon compagnon remue à peine.
Tout est calme.
"Tu dors, petite fée ?..." avec une forte tendresse dans la voix.
Je secoue lentement la tête. "Assoupie." me redressant lentement, jouant avec un brin d'herbe. "Je me demandais... s'il te ressemblait."
Il sait d'emblée de qui je parle.
"Oui. Nous étions très ressemblants."
"Un joli bambin alors..." tête tournée dans sa direction, souriante. "Les garçons Flamm, ça devait être quelque chose."
"Notre mère était surtout fière d'avoir mis au monde deux garçons en parfaite santé."
"Et... tu sais d'où vous vient ce pouvoir ?..."
"Notre père, assurément. Mais il s'est toujours montré extrêmement discret sur le sujet. Je m'en suis rendu compte lors d'une de nos sorties. Nous avions froid, transis dans ces bois... c'est là qu'il a déclenché le feu sans avoir recours à aucune aide pour le faire démarrer."
"Je ne l'ai pas vu lorsque nous sommes allés visiter ton village de naissance..."
Il crispe la mâchoire, faisant sauter le masséter. "Après la mort de Moddo, il a disparu. Nous ne l'avons plus jamais revu."
"Oh..." choquée.
"J'imagine que la mort de Moddo a été un tel choc pour lui..." crispant les doigts sur sa cuisse. "Mais j'aurai souhaité qu'il soit présent pour que nous affrontions tous ce malheur ensemble. Et surtout, surtout qu'il soit là lorsque mes pouvoirs se sont réveillés."
"Tu m'as dit que c'est arrivé lorsque des bandits t'ont attaqué dans un bois ?..."
"Oui. C'est venu tout seul, sans aucun signe avant-coureur."
"Vous auriez eu besoin, ton frère et toi, d'un mentor. Et qui mieux que votre père aurait pu jouer ce rôle ?..."
"S'il n'avait pas été aussi... lâche." craché.
"Vous progressez, Malaspina."
"C'est... vrai, Messire Flamm ?" emporté de joie.
"Quel intérêt aurais-je à mentir ?" haussant le sourcil, glissant le mouchoir salvateur sur le bas de son visage quand une émotion trop forte le submerge et empêche tout poker face.
"Ah, je... pardon, Seigneur Flamm." gêné.
"Je pense que vous ferez taire les mauvaises langues lors de notre prochaine session de chasse."
"Merci, Messire Flamm !... C'est à vous que je le dois !..."
"Brillez, mon cher Malaspina. Brillez."
L'été apporte son lot de températures élevées.
Je m'approche dans le dos de Rollo, posé sur un banc, profitant d'un mince filet d'air traversant la coursive, posant mes mains sur ses épaules, bouche proche de son oreille.
"Un très joli garçon m'a proposé des jeux plutôt osés en cette saison, dans le ruisseau qui coule derrière l'école, à l'orée du bois."
Il rit doucement, levant la main pour la glisser dans ma nuque. "Où se trouve-t-il, ce malappris, que je lui enseigne la plus élémentaire chasteté ?"
"Je pense que vous ne pouvez guère le manquer, Messire Flamm. Il parade généralement dans les habits prestigieux de la présidence d'une très haute école."
"Mmm. En effet, je devrai aisément le repérer." tournant la tête pour m'embrasser sur la joue. "Prépare les chevaux, je te rejoindrai une fois son compte fait."
Nous quittons nos montures, les laissant vagabonder à leur aise dans le périmètre.
Rollo quitte ses gants de cuir d'agneau pleine fleur.
L'ombrage des arbres nous apporte déjà une certaine fraîcheur.
Debout, il quitte sa tunique courte, se retrouvant torse nu.
Je n'en loupe pas une miette, assise dans l'herbe.
"Je pense que tu devrais revoir tes fréquentations, ma jolie fleur."
"Oh non, celles que j'ai me vont très bien !..."
Il ouvre ses braies et les quitte, une jambe après l'autre, penché en avant, offrant son très joli fessier à ma vue. J'en glousse.
Il descend la berge précautionneusement - les pierres sont glissantes - et se retrouve dans l'eau jusqu'aux cuisses, m'offrant une très belle vue.
Il se penche pour recueillir de l'eau dans ses mains et s'en mouiller le torse et la nuque, tournant la tête dans ma direction.
"Je crois avoir retrouvé cet impudique énergumène !..." amusé.
"Il régale ma vue à l'heure qu'il est." m'en pourléchant les lèvres.
Il tend la main vers moi.
"Ah non !..."
"Ah si."
"Non !..." riant.
"Arrive ou je viens te chercher."
"Elle est trop fraîche, Rollo."
"Elle est parfaite. Tu t'inventes des excuses là."
Il vient de quitter l'eau et s'essuie avec sa tunique qui séchera rapidement au vu de la chaleur.
"Je te pensais plus aventureuse que ça." me taquinant.
"Une prochaine fois, d'accord ?"
Il s'installe dans l'herbe, se laissant sécher.
"Oh, c'est très beau !... Qu'est-ce ?..." tombant sur cet objet attaché à la lampe de son bureau.
"Une fiole qui peut se porter comme un bijou."
"Elle est magnifique !... Où te l'es-tu procurée ?..." admirant l'ouvrage de l'orfèvre.
"C'est... la fille dont je te parlais qui me l'a offerte à son départ."
"Oh, celle qui était en dernière année ?..."
"Oui." sur un petit sourire extrêmement doux.
"Tu l'as beaucoup aimée, n'est-ce pas ?..."
"Cette année passée à flirter avant de... donner une signification plus profonde à notre relation a été un temps fort de ma vie, oui."
"Et ensuite tu as embrayé sur... Grégoire ?..."
"Oui. Mais nous étions très libres, Grégoire et moi. Lorsqu'une autre personne nous plaisait, nous pouvions nous y attarder sans que cela ne génère une quelconque jalousie."
C'est période d'examens et nous sommes à fond, Rollo et moi. Révisions tous les soirs. Autant dire que les parties fines ne sont plus notre priorité. Malgré cela, nous apprécions nous sentir ainsi monter en tension tous les deux.
La fin de semaine est accueillie avec un véritable soulagement après ce marathon des neurones !...
Et nos corps se rappellent soudain qu'avant nous faisions l'amour bien plus régulièrement !
Chaque attouchement nous semble décuplé.
Mais ce soir, nous sommes tant décalqués que nous tombons dans le lit pour nous y endormir lourdement avant de, soudain, nous réveiller après quelques heures de sommeil,emplis du même, furieux appétit.
Ma main s'égare sur le côté de sa cuisse ouverte, remontant jusqu'à l'aine pour l'y trouver admirablement vaillant !...
"Mmm..."
J'en arrive à ce que je convoite, m'en saisissant, lui faisant littéralement décoller le dos du matelas en sifflant entre ses dents. A point !... C'est peu de le dire !...
Mes caresses lui font un effet terrible, développant des sensations bien plus fortes qu'à l'ordinaire du fait de notre abstinence forcée. Son sexe en suinte en un temps record, remarquablement paré pour la suite. Tout son corps m'appelle. Son souffle n'est plus qu'un vague souvenir tant il fait la part belle aux halètements et geignements lascifs.
Bien. Nous sommes manifestement dans le même état et je me hisse sur lui pour le chevaucher, l'invitant sans plus attendre dans mon antre ouvert et agréablement moite.
Il en suffoque, se livrant à un plaisir primaire, le tordant dans tous les sens tant cela monte irrémédiablement en lui, lave venant tournoyer dans son ventre, cherchant à se libérer.
Ses expressions se succèdent ; traits crispés avant de relâcher, bouche s'ouvrant grande, paupières papillonnant vivement, pupilles totalement englouties. Très, très beau à voir.
Je bouge à plaisir, sensations se renforçant à chaque nouvelle poussée vers le bas, son sexe me visitant jusqu'au fond, pris dans ce creux qui le fait dégorger de ravissement. Il agriffe tout ce qu'il peut, m'offrant une remarquable griffure sur la cuisse au moment où le plaisir se fait si montant qu'il atteint le point de non-retour.
C'est si fort que l'orgasme est à peine plus vif que ce qui l'a joliment précédé.
Et ça n'a pas de fin !...
Les répercussions de nos jouissances s'étirent de longues minutes où il m'est encore permis de bouger, sexes profitant encore pleinement de leur moiteur respective pour se faire du bien à l'envi.
"Je t'aime..." à son oreille.
"Ooooh... petite fée... tu me... rends si... haaaah !..." accusant une nouvelle vague orgasmique, sur un sourire audible.
Je demeure sur lui jusqu'à ce que son sexe décroisse, caressant les traits de son visage et ses cheveux. "Joli garçon..."
Chaque mot est accueilli par un sourire de cette bouche qui ne m'a plus jamais maudite.
"Très, très joli garçon..." picorant sa bouche.
"J'ai l'impression... de me réaliser avec toi..." caressant mes hanches, y exerçant une certaine pression.
J'avance les hanches pour le libérer, lui faisant lâcher un léger soupir au moment où il me quitte, basculant sur le flanc, me pelotonnant contre lui.
Nous continuons notre nuit ainsi.
Mais nous n'en avons pas terminé avec cette délicieuse tension nichée au fond de nos bassins...
Toute la journée est ponctuée de gestes, de contacts.
"Mmm... toi... tu ne camoufles pas ton envie de pénétrer..." à son oreille, discrète.
Petit rire. "Qui sait... peut-être aurais-je plutôt envie d'être pénétré..." de la même façon, à mon oreille.
Coup de fouet à mes reins. "Et tu as... ce qu'il faut pour ce faire ?..."
"Autrement je ne te le proposerai pas, ma petite fée." en retour.
Échanges discrets de regards durant tout le souper. Fort heureusement en comité réduit.
Puis nous regagnons sa chambre.
Une fois enfermés à l'intérieur, nous prenons notre douche en guise de préliminaires.
Caresses, baisers, corps nus se cajolant sous le jet chaud.
Nous passons nos liquettes de nuit.
"Tu me montres ce avec quoi je suis censée œuvrer ?..."
Petit sourire de noter que je suis toujours partante. Il ouvre un tiroir secret et en retire un étui en velours, défaisant le lien pour me présenter un magnifique objet, dont la forme est extrêmement douce, en pierre précieuse, taillée et polie.
Mon regard passe de l'objet à ses yeux.
"Si tu ne te sens pas prête, je ne t'en ferai aucun reproche."
"Je... non, je suis prête, Rollo." caressant la forme de la pulpe des doigts. "Tu as... ce qu'il faut pour... ?..."
"Oui, j'ai tout ce qu'il faut." sur un sourire doux, glissant la main le long de ma joue, se penchant pour m'embrasser.
"Et les... préliminaires ?..."
"Nous caresser et nous embrasser suffira."
Nous nous installons sur le lit et il récupère un flacon d'onguent lubrifiant.
"Où te procures-tu ça ?..." curieuse.
"Je le fabrique. Avec certaines plantes de la serre." index placé en perpendiculaire de ses lèvres.
Je glousse. "Mmm... voilà un usage bien illicite de tes connaissances en botanique."
"Ne m'en blâme pas." m'attirant à lui pour m'embrasser, lentement d'abord, approfondissant l'échange à mesure.
Je le bascule en arrière, le chevauchant, glissant les doigts dans ma chevelure.
Il en frémit, sexe se tendant, mains passant de long en large sur mes cuisses. "Ma splendide amazone !..."
"Quitte tout."
Directive !... Il aime et s'exécuter sans ciller.
Nus.
Je le prépare jusqu'à ce qu'il en suinte, jouant avec sa montée de plaisir.
"Dans quelle position es-tu le mieux ?..."
"J'aime beaucoup être sur le flanc." regard se parant d'une flamme lascive.
"OK. Tu me guideras ?... J'avoue n'avoir pas beaucoup d'expérience dans le domaine."
"Ça va aller, petite fleur. Tu ne risques absolument pas de me blesser." avec une caresse sur ma joue. "Enduit l'objet d'onguent pendant que je m'occupe de moi." récolant une belle quantité sur plusieurs doigts avant de les introduire à l'endroit désiré, lui offrant les premiers frissons. "Mmm..." peau se granulant, sexe suintant davantage. "... déjà transporté... j'ose à peine imaginer ce que produira la suite sur moi..." sur un sourire dévoilant ses jolies rangées de dents parfaitement alignées.
Je présente l'objet à l'entrée. "Ne pousse pas tout de suite. Reste à l'entrée. Butine."
J'effectue des mouvements légers, circulaire, pour qu'il s'accoutume à nouveau et s'ouvre à l'objet.
Il étouffe ses geignements encourageants dans l'oreiller, doigts crispant les draps, les malmenant, tant le plaisir monte en lui.
"Pousse. Lentement." avide de ressentir l'effet jusqu'en sa prostate. "Je... t'appartiens... corps et âme... à présent." en palpitant, sexe libérant davantage de fluides translucides.
J'insère lentement l'extrémité renflée. Il en suffoque, accrochant davantage les draps, orteils pointant vers le haut.
"Pousse !..." se réfrénant d'hurler, pris d'une vive envie de s'empoigner tant le plaisir lui devient vif !...
Ma main libre se glisse dans sa nuque, caressante.
L'autre est occupée avec son plaisir tenu au bout du godemichet.
"Un peu plus... au fond... tu y es... presque !..."
Je suis les instructions et finis par l'atteindre en plein, lui faisant littéralement rendre un rauque, corps se crispant tout entier, sexe rendant semence, maculant le drap.
Une fois sa jouissance passée, il m'est permis de jouer encore un moment, lui offrant quelque chose de bien plus diffus et percutant que la basique éjaculation.
Rollo se lève durant cette session extraordinaire à laquelle il a convoqué le staff de l'école et les plus hautes institutions étudiantes.
"Noble Bell doit s'ouvrir au monde. Nous devons faire connaître le prestige de notre école au-delà des murs de notre belle cité. Il s'agit d'un devoir. Je propose que nous nous adressions tout d'abord à notre plus proche voisin : Wonderland. Dans le cadre d'un symposium avec Night Raven College."
La proposition est saluée par tous.
La première partie du plan machiavélique de Rollo s'achève sur un succès. Tout le monde n'y voit que du feu !... Moi comprise.
Rollo me tient des discours pour le moins étranges en ce moment. A titre d'exemple, il me dit qu'en cas de désastre, il me tiendra à l'abri de tout heurt.
"De quel... désastre parles-tu ?..."
Il élude de la main. "S'ouvrir au monde n'est jamais sans danger, petite fée."
Je le tourne vers moi, regard plissé. "Que... me caches-tu ?... N'est-ce point toi qui as proposé le symposium à Night Raven College ?"
Il lève les mains. "L'utilisation de la magie requiert mille précautions. Je n'ai pas l'impression que les étudiants de Night Raven College en ont conscience mais tu peux compter sur moi pour leur rappeler leurs devoirs lors de cette rencontre."
"Tu les fais venir pour leur administrer la leçon ?" de plus en plus soupçonneuse de ses réelles motivations à l'égard des étudiants de Night Raven.
"Oui. Il faut qu'ils prennent conscience de la gravité de la magie !... Ce n'est pas un amusement sans danger ou un divertissement anodin !..." soudain emporté.
Je recule d'un pas devant les grands gestes qu'il initie des bras.
"Rollo... je sens que tu vas... faire une grosse connerie."
"C'est ma mission, Rachel. Ma mission !" me dardant d'un regard habité.
Je soupire, prenant l'air à l'extérieur. Viane se joint à moi.
"Tracassée ?"
Je souris. "On ne peut rien te cacher."
"Puis-je... t'être utile ?"
"Je me question au sujet du symposium proposé par Rollo."
"Il a surpris tout le monde !... Il était si fermé, si opposé à cette idée voilà quelques mois. Je pense que tu es à l'origine d'un tel changement." souriante.
"J'ignore s'il s'agit d'une bonne chose. Et m'en réjouir."
"Messire Flamm est connu pour toujours prendre les meilleures décisions visant à préserver les intérêts de notre école, Rachel."
Oui, Viane, sauf que cette fois, il s'agirait plutôt d'une affaire un peu plus personnelle.
"Il est reconnu comme étant le meilleur élément de notre école et ses titres le confirment."
Oui mais tu ignores tout du feu qui lui ronge l'âme, ma chère Viane.
La cible de Rollo demeure, sans conteste possible, le mage le plus célèbre de tout Wonderland : descendant direct des fées de la Valley of Thorns : Malleus Draconia.
Et ce soir, en trouvant Rollo devant l'âtre le plus imposant de tout Noble Bell, son rire dément m'effraie.
"Viens. Viens à moi, Malleus Draconia ! Je te réserve un sort dont tout Wonderland se souviendra !... Mfufufufu ! Haha ! HAHAHAHAHAH !"
