Chapitre 16 : Burning Heart
Rollo avance la main à côté de mon visage, faisant apparaître une jolie fleur dont les pétales, couleur feu, évoquent la teinte des flammes. Il me l'offre, doigts caressant les miens au moment de la déposer dans ma paume.
"Je ne voudrai me montrer ni grossier ni pressant mais... tu me manques terriblement, Rachel."
Je renifle le parfum sauvage de la fleur. "C'est plutôt un joli compliment. Ce qui est troublant, Rollo, c'est que tu sais te montrer aussi désagréable que plaisant avec le même degré d'intensité."
Je m'attends à l'apparition d'un mouchoir aux motifs célestes mais il n'en est rien !...
Au contraire, un sourire plutôt carnassier m'attend, bouche se penchant jusqu'à mon oreille, tête penchée sur le côté pour m'éviter le contact avec les bords de son imposant tricorne bicolore. "Fais-moi ramper tel un chien, Rachel."
Ah !... Ce goût si particulier pour la soumission !... Je l'avais presque oublié, celui-là !...
"Trouve nous de la corde. Rouge."
Je joins ses mains, dos contre dos, derrière lui, les liant avant de nouer ses bras tous les dix centimètres, finissant par le haut des bras, repassant devant pour terminer par son cou.
Son corps le heurte déjà si fort !...
Sa tunique se déforme déjà terriblement sur l'avant ; érection vive l'animant, respiration accélérée du fait de l'afflux de sang qui pompe furieusement via ses artères, en pulsant de concert.
"Mmm..." allant flatter la jolie bosse, lui faisant lever le menton. "L'initiative semble te convenir."
Le voici incapable de se servir de ses mains, ce qui le livre totalement à ma merci.
Je défais lentement l'écharpe mauve qui lui ceint les hanches, la déposant sur le dossier de la chaise.
"Je te ferai bien grimper jusqu'au clocher, ainsi lié mais... cela ruinerait à tout jamais ta réputation."
"Je trouve l'idée... renversante. J'imagine que mon pied n'aurait guère le droit de chanceler ?..."
"En effet. Je te ferai grimper le restant des marches sur les genoux."
"Haaaah..." levant le menton, extasié, érection se renforçant davantage.
J'attrape ce qui fait saillie et le masse dans mon poing, lui arrachant des geignements élogieux, entrecoupés d'encouragements transis.
Je soulève le pan avant de la soutane au plastron blanc, écartant les braies pour les faire descendre, boxer compris, jusqu'à mi-cuisses, libérant la jolie impétueuse qui suinte déjà abondamment, lui faisant quitter également ses mi-bas.
Puis je le fais installer sur le lit, sur le dos - ce qui est peu confortable vu que son poids repose sur ses bras liés.
Puis je me déshabille, me plaçant à quatre pattes sur lui, sexe tourné dans sa direction. Il ne peut hélas rien en faire, son cou n'étant pas suffisamment long pour atteindre ce qu'il convoite. Et je commence à le gâter.
Il ne peut que noter visuellement les changements physiques de mon sexe que l'excitation attise, privé d'y goûter par quelque moyen que ce soit.
C'est cruel mais il le voulait !...
Il exerce une pression terrible sur les liens, frustration passant dans son sexe que ma bouche couve et gâte, langue enveloppante, le rapprochant de l'orgasme avant de cesser, le faisant palpiter d'une immense frustration.
"Haaaaah haaaaaan !..." respiration totalement hors de contrôle.
Je tourne le visage dans sa direction. "Tu le voulais, Rollo."
"Je... ne m'en plains paaaaaaah... bien au... mmm... contraire !..."
Je chéris ses bras qui portent encore la trace du cordage, les embrassant et les caressant comme pour demander grâce.
"Je vais bien, tu sais." me garantit-il, souriant. "Ça a été... un exceptionnel moment. Merci, Rachel."
"Même si je n'ai rien contre, je suis plutôt habituée à une certaine équité en amour."
"Je ne le réclame tout de même pas si souvent." sur une petite moue.
Je ris et viens prendre sa bouche en un baiser fervent.
"J'avoue avoir peur de te blesser."
"Ce n'est pas comme si nous jouions avec de la cire ou... des flammes."
"Bon là... soit tu en as trop dit, soit pas assez." m'attaquant au bouton pale d'un sein.
Il rit doucement. "En effet."
"Du coup..." laissant passer ma langue à la perpendiculaire de ses lèvres, remontant le philtrum jusqu'au bout de son nez. "... je veux tout savoir."
Il agriffe mes hanches, se calant un peu mieux sous moi, appréciant d'avoir récupéré l'usage de ses mains.
"Nous avions de tels jeux avec Grégoire." me lâchant toute l'info d'un coup.
"Mmm." attisée par l'idée.
"Évidemment, tu te doutes bien sur lequel des deux les flammes ou la cire chaude ont le plus d'effet. J'ai longtemps refusé de céder par peur de vraiment le marquer. Mais Grégoire a su se montrer... persuasif."
"Et j'imagine que tu prenais mille précautions."
"Oui. C'était même un exercice assez complexe pour moi... mais terriblement excitant à la fois. Je ne devais pas perdre le contrôle." sur un petit rire presque gêné.
"Et... ça te manque ?..."
"Mmm... oui et non. Ça reste un bon souvenir. Quelque chose que nous partagions tous les deux, dans le secret de l'alcôve."
Le pouce de Grégoire parcourt lentement les courbes des lèvres de Flamm. Puis il ose le baiser.
Rollo, déstabilisé, le repousse au bout de quelques secondes.
Les deux ex-amants se fixent, se jaugent.
"Désolé." sourit Grégoire. "Trop tentant."
"Je... suis en couple, Grégoire." renifle Rollo, se planquant derrière son mouchoir.
"Ce que j'ai vécu avec toi, Rollo, je ne suis jamais parvenu à le retrouver." sur un soupir frustré, observant le mouvement des nuages dans le ciel. "Voilà pourquoi je ne passe plus souvent par ici. Cela remue... trop de choses."
"J'en suis désolé, je... l'ignorais. Et dire que j'ai sollicité tes conseils lorsque mon couple traversait une crise... L'indélicat imbécile !" s'en flagellant mentalement.
"Hey. Ça va. Rien de grave. Je suis... ton ami avant tout." le réconfortant, sachant pertinemment que le sentiment de culpabilité est capable d'entraîner Rollo dans une spirale infernale et punitive envers lui-même. "Il n'y a pas mort d'homme, tu sais." caressant la joue glabre et pale de celui qui a beaucoup compté pour lui. "Tu garderas toujours une place à part dans mon cœur, Rollo."
Alors qu'il se promène en forêt avec Satan, il est rejoint par un cavalier sorti d'un sentier étroit, venant se placer à ses côtés dans le large chemin.
"Comment se porte mon cher neveu ?"
Rollo le fixe avant de reporter son attention sur le chemin, talonnant davantage sa monture pour en accélérer le pas.
"Tu as bien poussé depuis le temps, Rollo. Président du Conseil des Étudiants à la prestigieuse Noble Bell ?..." sifflant. "Ta prouesse enflammée dans la paroisse a également beaucoup fait parler de toi."
"Assez." stoppant sa monture, demeurant en selle. "Évite les chemins détournés. Qu'attends-tu de moi ?"
Le cavalier retire sa capuche. Damn ! Rollo ne se souvenait plus à quel point la ressemblance entre les deux frères était frappante !...
"En tant qu'aîné, voir le cadet hériter d'une magie qui nous revient de droit n'est pas très plaisant. Je pense que tu saisis ce dont je parle, n'est-ce pas, Rollo ? Toi, c'est Moddo qui t'est passé devant."
"Je ne vois pas du tout les choses de cette façon. Moddo a payé au prix de sa vie d'avoir eu si tôt cette... poussée de magie !... L'histoire, tu la connais, et combien elle a coûté à notre famille !..." outré autant que furieux.
"Hum. C'est de l'histoire ancienne, gamin. Il faut aller de l'avant, à présent."
"Moddo est quasiment mort dans mes bras !" sentant une vive colère l'emporter.
"Hmm mmm. Et cela fait donc de toi... le seul héritier de ce pouvoir."
Rollo crispe tant la mâchoire qu'il fait sauter le masséter.
"Il m'a été fidèlement rapporté de quelle façon tu as mis hors jeux les petites frappes qui comptaient mettre à sac la paroisse. Bel acte de bravoure, je te l'accorde. Tout ce qu'il y a de plus honorable. Et qui m'a permis de m'assurer que cette magie était bien en toi."
Yeux ronds en face. "C'est toi qui... as... commandité... ces..."
"Je devais savoir, Rollo. Ton père a toujours refusé de se confier sur le sujet."
"Avec raison !" ivre de colère d'avoir été ainsi manipulé.
"Mon garçon, tu ne pourras pas me fuir. Ni fuir ton pouvoir."
"Si moi je ne peux pas fuir, toi tu as toutes les raisons de me craindre !" se sentant crépiter de l'intérieur - ce qui est en général annonciateur d'un futur cataclysme !...
"Vas-tu déchaîner le feu de l'enfer sur moi, gamin ?" le provoquant presque, écartant les bras, libérant la bride de son animal. "Eh bien, vas-y, ne te gêne surtout pas !..."
"Tu demeures vraiment fidèle à mon souvenir, oncle Silas : un chacal de la pire espèce !" talonnant Satan pour un galop rapide, lui évitant ainsi tout geste inconsidéré, sous le rire sardonique de son oncle.
"Si ton père m'avait écouté, Rollo, ton frère serait encore en vie ! Où que tu ailles, je te retrouverai, gamin !"
Rollo s'est arrêté en chemin, pris d'un violent haut-le-cœur. Descendu prestement de sa monture, il se vide l'estomac dans le fourré le plus proche.
Puis il regagne l'école, marchant aux côtés du frison.
"Messire Flamm, la promenade a été bonne ? Quel dommage que je n'ai pu vous accompagner, j'avais cours."
"Et en aucun cas je ne vous encouragerai à y manquer, Malaspina."
"Oh, je sais bien, Messire Flamm !..." lui souriant. "Pourrais-je m'asseoir à votre table ce soir ?"
"Volontiers."
Rollo est vraiment le roi du poker face. Mais je le pratique depuis suffisamment longtemps à présent pour détecter une lueur peu ordinaire dans son regard aux iris à la teinte particulière. Une préoccupation, mêlée d'inquiétude.
"Vous ne mangez pas, Messire Flamm ?" questionne Amédée, inquiet.
"J'ai... l'estomac un peu retourné. Cela va passer." lui sourit timidement Rollo.
Ce n'est qu'une fois dans la chambre que je le vois s'agripper au bureau pour maintenir la station debout.
"Hey !..." me glissant sous son bras pour le soutenir.
"Désolé, c'est... le fait de n'avoir rien dans l'estomac."
"Viens." le conduisant jusqu'au lit, le déchaussant, le faisant s'allonger, jambes levées contre le mur pour rétablir la circulation.
"Tu ne dis pas tout."
"Certaines choses ne sont pas bonne à dire, ma pierre d'étoile..." levant la main pour caresser mon visage, m'offrant un de ses rares sourires.
"Je puis l'entendre."
Il soupire, fixant ses orteils. "Dans la famille Flamm, je demande l'oncle Silas. Un vaurien comme on en a peu vu !... J'ai entendu tant de choses sur son compte... à s'en faire dresser les cheveux. Et qui ont étayé la thèse que chaque famille possède sa brebis galeuse."
"Je ne te suis pas."
"Il m'a abordé dans les bois. C'est lui qui se cachait derrière le pillage avorté de la paroisse. Il voulait avoir la conviction que je détenais bien... ce foutu pouvoir !... Je me suis fait avoir comme un bleu et pour tout te dire, je n'aime pas ça." crispant les doigts comme si le feu les démangeait.
"Et j'imagine que... l'oncle Silas n'attendait pas de toi que vous évoquiez vos meilleurs souvenirs de famille."
"Gagné. Il m'a dit que je devais me réjouir que la magie ait ainsi évincé Moddo et que le pouvoir me soit revenu de droit puisque j'étais l'aîné."
"C'est... ignoble."
"Il a commencé très jeune ses méfaits. J'avais entendu mon père raconter à ma mère qu'il avait craché en secret dans le vin de l'office. Le geste aurait pu paraître anodin ou farceur, s'il n'avait pas détenu, lui aussi, un pouvoir peu commun ; un poison niché dans la salive."
Je hoquète.
"Il a tué mes grands-parents alors qu'il n'était même pas pubère."
J'en frémis.
"Je ne crains pas pour ta vie ou la mienne..." sachant que nous sommes en mesure de nous défendre face à un tel individu. "Je crains pour celle d'Amédée, de Tristan ou de Viane. Il ne reculera devant rien."
"Et... qu'est-ce qui le motive ?..." craintive d'entendre la réponse tomber.
"Il souhaite que je mette mon pouvoir à sa disposition. Il veut s'enrichir par de vils moyens."
Les cernes de Rollo ce matin... la nuit a été courte - et pas pour de bonnes raisons !...
Il se traîne jusqu'à la salle d'eau. Une journée bien remplie l'attend.
"Mon pauvre biquet..." tête entre ses omoplates, mains caressant son torse alors qu'il se rase convenablement.
"Je ne puis tout de même pas... interdire à mes camarades de sortir sans que je les accompagne..." profondément ennuyé quant au sort de ses êtres chers.
"Je pense qu'il faut que nous offrions à ton oncle l'envie de se tenir très loin de nous." sur un petit sourire de guerre.
"Sonnerais-tu l'offensive ?..." trouvant l'idée pas aussi mauvaise que cela.
"Je crains que si tu me fais des nuits comme celle-ci durant plus d'une semaine, je ne te ramasse à la petite cuillère."
Nous réunissons Viane, Tristan et Amédée.
"Mesure exceptionnelle : je vous demande de ne pas quitter l'enceinte de l'établissement durant une semaine environ."
Ils se regardent tous, interloqués.
"Il y a là-dehors un mage qui souhaite m'atteindre en s'en prenant à ceux de qui je suis le plus proche." camouflant le bas de son visage derrière son mouchoir aux motifs célestes.
"Bien sûr. Nous comprenons, Messire Flamm." avalise Tristan.
"Est-ce aussi compris pour vous, Malaspina ?"
"O... oui, Messire Flamm !..."
"N'évoquez cette affaire avec aucun de vos camarades. Je souhaite éviter un mouvement de panique. Puis-je compter sur vous ?"
"Oui, Messire Flamm !..." d'une seule voix.
Mais nous ignorions qu'une taupe était déjà à l'œuvre à l'intérieur de l'établissement... et qui profitera de notre absence pour mettre l'abominable plan de son commanditaire en place.
"Amédée Malaspina ?"
"O... oui."
"Un message de votre père. Votre mère est souffrante, semble-t-il. Son état a été déclaré grave par le médecin." lui tendant une correspondance à l'écriture parfaitement imité. "Ne tardez point, Messire. Elle se meurt."
Dans la panique, Amédée occulte totalement l'injonction de Rollo et prépare rapidement quelques effets pour le voyage avant de se lancer sur les routes. Aussitôt intercepté par Silas.
En attendant, nous faisons la tournée des auberges, tentant de débusquer notre homme.
L'information arrive rapidement aux oreilles des hommes à la solde de Silas.
"Coince-les dans une ruelle et dis-leur que j'ai... un colis qui devrait les intéresser." fixant Amédée, ligoté.
"Pourquoi vous le cherchez, Silas ?" questionne un grand chauve. "J'peux vous dire qu'il a un certain colis avec lui."
Rollo se pince l'arête du nez. "Par colis, tu entends... otage ?..."
Il hausse les épaules. "J'en sais pas plus."
"Je t'encourage à un effort de mémoire si tu ne veux pas commencer à sentir la chair roussie."
"Pwah ! Tu me menaces ? Tu t'es regardé, asperge ? J'en fais trois comme toi !..."
Rollo hausse le sourcil.
"Champ libre." dis-je.
Inutile d'avoir la proximité de flammes déjà actives, Rollo sait les générer instantanément.
"Par quoi vais-je commencer ?..." avisant son adversaire, les yeux plissés.
"Tu crois que tu me fais p... WAAAAH !" commençant à se faire ronger les jambes par un tapis de flammes.
Il sautille en hurlant, c'en est presque comique.
"ARRÊTE CA, DÉMON !"
"Pas avant d'en savoir plus sur cet otage."
"J'EN SAIS RIEN !"
L'homme sort soudain une petite fiole et en avale le contenu. Il s'agit de la salive de Silas qui l'emmène directement dans l'inconscience puis la mort.
Rollo peste. "Nous voilà bien !..."
"Ne t'inquiètes pas. Il va venir à nous. S'il a un otage, c'est qu'il veut marchander."
"Marchander ? Ha ! On voit que tu connais mal mon oncle !..."
"Je te propose d'aller faire un tour des environs, là-haut."
"Comm... ah oui. Tes ailes." s'en rappelant très clairement, grimace à l'appui.
"En attendant, prends-nous une chambre."
Je patrouille, m'intéressant de près une colonne de fumée provenant d'une hauteur rocailleuse. C'est l'aura connue d'Amédée qui me met sur la voie et je plonge, embusquée.
Amédée, bien que ligoté, semble bien traité et nourri à sa faim. Mais jamais Rollo ne pardonnera à Silas d'avoir mis la main sur son protégé.
Alors qu'il alimente le feu, j'apparais, toutes ailes dehors, balayant les flammes instantanément.
"Tu sais que tu portes très mal ton nom, Flamm ?"
"Que..." me fixant, peinant à me distinguer dans la pénombre. Mais moi je le vois distinctement. Les Enfers sont rarement éclairés, ce qui aiguise la vue de nous autres, les Spectres d'Hadès.
Je pourrai en finir ici et maintenant mais son sort relève des compétences de Rollo.
"Imagine ce dont tu aurais été capable si tu avais maîtrisé le pouvoir des flammes..."
"SILENCE !" vexé, glissant une lame sous le menton d'Amédée. "Ne fais pas un pas de plus, sorcière ! C'est lui qui t'envoie, hein !?"
"Quelle perspicacité." ricanante.
"Satané gamin !"
"Je pourrai bien te tuer à distance mais hey... ce n'est pas avec moi que tu souhaites régler tes comptes, n'est-ce pas, oncle Silas ? La famille, tss. Quelle plaie, quand on y pense !..."
Il grimace terriblement.
"Par contre, je ne puis laisser un tel otage entre tes mains. Roughly Sinking !..." faisant s'ébouler une partie du sol, rattrapant Amédée au passage tandis que Silas fuit dans une zone plus sûre.
D'un coup d'aile, je l'envoie heurter un rocher, l'assommant.
"Bien. Il restera sage une bonne partie de la nuit, ce qui nous offrira un peu de rep..."
OK. Je viens de perdre Amédée qui s'est évanoui.
Il émerge, tombant sur le visage rassuré de Rollo. "Malaspina."
"Mess... ire... Flamm ?..." bouche pâteuse.
"Buvez." lui offrant un verre d'eau fraîche.
"Que... s'est-il pass... ?" souvenirs lui revenant vaguement à l'esprit.
"N'y pensez plus, Malaspina. Vous êtes à l'abri, à présent."
"Messire... cet homme... ?... Et cette... créature que vous avez envoyée ?..."
Je m'installe en bord de son lit. "Le stress nous fait parfois voir de curieuses choses, Amédée."
Nous le laissons se reposer et regagnons la chambre que nous partageons.
"Merci. Merci pour tout. Sans toi, j'ignore ce qu'il serait advenu de Malaspina entre les mains de ce fou !..."
"Hey. Ça va. Je n'ai fait qu'une petite partie du boulot. C'est à toi de le retrouver pour le châtier."
"Modeste, avec ça." se préparant pour la nuit, enfilant sa liquette en lin.
Je me change et nous nous couchons.
Je me rapproche de lui, posant la tête au creux de son épaule sur un soupir bienheureux.
"Puis-je te poser une question ?..." demande-t-il.
"Hmm mmm."
"Comment en es-tu arrivée à... entrer en contact avec ce dieu étranger que tu sers à présent ?..." révélant sa curiosité face à mon surplis et mon rang.
"J'ai rencontré trois de ses généraux. Ils ont su me convaincre. J'en fus totalement persuadée lorsque le dieu en question s'est présenté à moi."
"Cela ne te dérange point d'être sa... mercenaire ?..." connaissant mon caractère plutôt libéré.
"Absolument pas. Il m'a offert bien plus que j'espérais. Il a vu la faille en mon âme."
