Chapitre 20 : Tough Love

"Hey... il faut que tu dormes, Rollo..." inquiète pour lui.

"Rachel... que vais-je faire de... ce criminel ?..." toujours en souci pour le sort qu'il doit réserver à son oncle.

"Viens faire un tour à la fête foraine, cela te changera les idées."

"J'ai beaucoup à faire ici... mais vas-y, toi. Je comprends que tu souhaites passer du temps avec tes proches. Tu as d'ailleurs beaucoup de chance de les avoir et qu'ils ne soient point des personnes comme mon oncle."


Je caresse la gorge de Patou, sa tête renversée sur mes cuisses, installée avec Eliott sur le plateau du manège familial à l'arrêt.

"Eh bien, Monsieur se prend du bon temps !..." rit Eliott.

Le chien abaisse ses paupières par intermittence, tout entier aux gâteries, en grognant de plaisir.

"Je suis inquiète pour Rollo, Eliott."

"Hey." me prenant contre lui. "Ça va aller. Il prendra la bonne décision."

"Oui mais... à quel prix ?... N'est-il pas suffisamment cabossé par la vie ?"

"Si. Évidemment." caressant mon bras. "Même en tant que Spectre d'Hadès, j'ignore pourquoi certaines personnes sont davantage frappées par la vie que d'autres."

"Hadès te répondrait que c'est parce que les mortels sont faits pour cela : souffrir. Et qu'Athéna elle-même n'est jamais parvenue à changer cette condition."


"Tiens, tiens, tiens. La poulette de mon neveu."

Je renifle.

"Que me vaut cet honneur ?"

"Rien n'a été épargné à Rollo, vous savez."

"Tu penses que je vais m'apitoyer sur son sort ? Il ignore tout de la chance qu'il a de posséder un tel pouvoir." sur une moue explicite.

"La chance ou le malheur ?"

"Arrête, tu vas m'arracher des larmes !..." cynique.

"Rollo est un garçon extrêmement sensible."

"La sensibilité demeure l'apanage des faibles."

"On peut être sensible et véritablement puissant, Silas. Rollo en est la preuve."

Sa bouche tire vers le bas. "Ton discours me provoque de véritables hauts-le-cœur. Rollo pourrait dominer le monde. Au lieu ça, il se contente de briller à Noble Bell. Pour moi, cela atteste clairement d'un manque sérieux d'ambition."

"Rollo a raison sur un point, Silas : vous êtes incapable de la moindre rédemption. Je ne saurai que trop lui conseiller de vous maintenir enfermé." me détournant. "Du reste, si je m'écoutais, je vous livrerai entre les mains de mon Seigneur, dont le meilleur Juge vous désignerait la plus sévère de nos prisons."

Cette parole a fait soupirer Minos, lui offrant un éphémère frisson.


"Hey..." derrière lui, glissant les doigts dans ses cheveux clairs.

Avant ils étaient d'un châtain très clair... le drame les a fait blanchir prématurément. Le choc émotionnel a été tel... ses sourcils, par contre, sont demeurés sombres, tout comme les poils de ses aisselles et de son pubis.

"Je n'aime pas te voir te débattre avec de telles pensées."

Il en sourit légèrement, touché.

"Il me semble que c'est la décision la plus compliquée de mon existence qu'il me faut prendre." soupirant.

Je pose une fesse sur le bureau, doigts courant dans sa frange courte, sur son front.

"Je ne puis lui accorder ni la liberté, ni le faire exécuter."

"Je comprends."

"Pourquoi... ma famille s'est-elle disloquée à ce point ?... Qu'avons-nous fait pour mériter cela ?... Toutes ces questions sans réponses, Rachel... cela me rend fou !" stressé, crispant le poing.

"Hey..." y posant la main, l'invitant à le détendre pour en caresser l'intérieur de la paume et de son poignet fin.

Ces chatouilles lui sont bien agréables.

"J'aimerai beaucoup..." remontant le long de son avant-bras, bras jusqu'à ses lèvres fines que je caresse, effleurante. "... te faire l'amour, Rollo."

Il recule sa chaise, m'invitant à le chevaucher. "Viens."

Surprise qu'il ne soit pas opposé à l'idée, je me positionne, évitant le contact immédiat de nos bassins.

"Sans toi à mes côtés, cette épreuve m'aurait déjà brisé, petit fée." caressant mes joues de doux revers.

"Tu es... beaucoup plus fort que tu ne le penses, Rollo." cherchant ses mains pour les placer sur mes seins rebondis.

Il en soupire, conquis, massant lentement mes formes, cherchant les pointes par-dessus le tissu.

"Je n'ai jamais compris... pourquoi tu me voyais aussi fort, ma jolie fleur..."

"Un autre que toi serait déjà à terre, Rollo." cherchant ses lèvres pour les trouver, leur offrant de délicieux picotements, remontant le long du philtrum, sensations accueillies par un geignement doux, poigne se raffermissant sur mes hanches, sexe commençant à se soulever, pointant à travers pantalon et tunique.

"Je me vois déjà... osciller sur toi... tes poignets prisonniers..."

"Ooooh... petite fée... quelle vision réjouissante..." se laissant engloutir par les sensations, mains de plus en plus baladeuses sur mon corps, en prenant entière possession, sans partage.

"Lit ?..."

Il m'y invite d'une pression sur les hanches pour que je me lève.

Nous nous y dirigeons et il retire le large serre-taille de sa tunique, la soulevant.

Je dégage également l'essentiel pour que nos sexes puissent se rencontrer.

Quelle magnifique érection l'anime !... A croire que je viens de lui promettre le Graal !

Il s'allonge sur le lit, m'invitant sur lui. J'attrape sa belle colonne palpitante et y frotte mon capuchon déjà bien gorgé et éveillé.

Sa bouche s'entrouvre à la manœuvre, laissant passer des expressions geintes.

Il range oncle Silas dans un coin de sa tête pour se consacrer tout entier aux sensations que j'appelle.

A point. Les deux.

Je soulève les hanches pour l'insérer, l'y guidant d'une main, l'autre s'emparant de ses poignets pour les lier.

Il se sent accueilli comme un roi entre mes chairs gorgées, avançant dans une chaleur moite.

"Oooooh... mmm..." s'en régalant comme il se doit. "Oui, oui, oui !..." encourageant.

Il ne cherche absolument pas à dégager ses poignets, bien au contraire, il les laisse sagement inertes entre mes doigts, se concentrant sur les sensations que mes allées et venues font courir en lui, partant du bassin, gland du sexe inondé d'un véritable bonheur jusqu'à l'orgasme.

Je relâche lentement ses poignets une fois notre part prise.

"Ooooh... merci... merci, petite fée..." baigné par les endorphines, souriant, radieux, heureux.


"Mon cher neveu... il paraît que je te tourmente, Rollo ?..." follement amusé.

"Tu demeures effectivement une écharde à mon pied, oncle Silas." se couvrant le bas du visage de son précieux mouchoir de soie.

"Tu m'en vois ravi, cher neveu." avec un véritable sourire de serpent.

Visage révulsé de Rollo.

"Dis-moi, est-ce animé par la volonté de te juguler que tu t'en tiens résolument à Noble Bell ?"

Rollo le fixe, le dardant d'un regard dur.

"Avec un tel pouvoir, tu pourrais mettre le monde à tes pieds. Les flammes ne sont pas faites pour ronronner dans un âtre, Rollo."

"Je connais tes idées, mon oncle. Et elles tiennent peu de la bonté."

"Tu es ennuyeux à mourir, Rollo." mimant un bâillement.

"J'en prends bonne note, mon oncle. Quant à toi, tu es néfaste. Je ne puis décidément pas te rendre la liberté."

"Ha ! Tu vas donc me laisser moisir ici ?"

"Tu m'y obliges par ton comportement irraisonné, mon oncle." se détournant dans un joli mouvement de tunique.


Rollo est retourné à l'extérieur de la cité, notant que ses fleurs repoussent convenablement les ronces sombres dont l'invasion n'a de cesse.

Il serre le poing. "Draconia..." mâchoire crispée.


C'est un fredonnement constant dans ma tête qui manque de me rendre dingue ! Cela a commencé il y a quelques jours et cela s'enchaîne.

J'ose à peine en parler à Rollo... il va me prendre pour une folle !

Pourtant, je me dois de trouver une solution pour mettre fin à cette torture car la voix, résolument masculine, commence à polluer convenablement mon existence.


"Quelle mine." finit par noter Rollo. "Que t'arrive-t-il ?"

"Rien." sèche.

Il cligne. "Hey." me tournant vers lui.

Je fuis son regard inquisiteur.

"Parle-moi. Est-ce... mon oncle ?" froncé.

"Je l'ignore, Rollo." excédée.

"Petite fée." glissant les doigts sous mon menton. "Qu'est-il en train de te faire subir, ce démon ?"

"Je... j'ai... je vais devenir folle, Rollo !..." allant nicher dans ses bras.

"Shh. Shh. Hey..." caressant mes cheveux.

"Il y a... cette voix... qui fredonne... sans cesse... dans ma tête..." à bout. "Je n'en puis plus... Rollo..."


"TOI ! Tu vas immédiatement cesser ce manège !" agressif à l'égard de Silas qui se marre au fond de sa cellule.

"Qu'est-ce qui te met dans un tel état, mon cher neveu ?..."

"Je veux que tu cesses ! Ne l'importune plus !" avec un geste menaçant.

Silas pose l'épaule contre l'espace de deux barreaux. "Explique-toi, je te prie, je ne comprends rien à ... HEY !" alors que Rollo l'agrippe par les vêtements à travers les barreaux, l'y comprimant, visage compris.

"Je suis capable de te faire passer par le feu alors ne joue pas au plus fin avec moi, Silas !"

D'abord désarçonné, l'intéressé finit par rire aux éclats. "Tu es impayable, Rollo !..." tentant de se défaire de l'emprise sans toutefois grandement y parvenir. "Et alors quoi ? C'est là ma nouvelle fonction ? Être le responsable de tous les malheurs qui viendront s'abattre sur la Cité ?"

"Silas... si je passe de l'autre côté de cette grille..."

"... ça va chauffer ? Hahaha !"

Rollo le heurte sans ménagement. "Évite de te payer ma tête !"

"Seigneur Flamm ?" s'avance Tristan, lui murmurant quelque chose à l'oreille.

Rollo libère soudain Silas.

"Ah, tout de même !..." s'époussetant.

"En es-tu bien certain ?" glissant le mouchoir sur le bas de son visage.

"Certain, Messire."

"Dans ce cas, ne tardons point."


"Entendez-vous, Messire ?" en proie au même fredonnement, une fois sur place, là où le champ est envahi par les ronces auxquelles les fleurs pourpres de Rollo font la guerre.

"Le... démon..." ébahi, colère rugissant au fond de lui. "C'est son sort qui... trouble ma... petite fée..." pour lui-même.

"Pardon, Messire ?"

"Rien, Tristan. Je dois élaborer un sort plus puissant que mes fleurs qui ne constituent qu'une barrière physique à cette fourbe attaque qui nous vient de Wonderland."


Il me revient, sombre au possible, se mettant à potasser des grimoires magiques dont la bibliothèque regorge.

Je descends le chercher bien après minuit. "Rollo ? Tu viens te coucher ?..."

"Laisse moi encore une petite heure. Il s'agit d'un cas d'extrême urgence."

"Je peux t'aider ?..." mains sur son épaule et son bras, penchée sur lui.

"Non, petite fée. Je cherche un moyen pour faire passer le fredonnement magique dont tu es victime."

"Oh." surprise.

"Maintenant que j'ai identifié la source..." sombre.

"Ce n'est pas... ton oncle ?"

"Non. Bien pire."

"Tu m'inquiètes, Rollo..." m'installant sur une chaise, près de lui.

"Malleus semble beaucoup s'amuser depuis son domaine." renfrogné, glissant son précieux mouchoir jusqu'à son nez et sa bouche.

"C'est... Malleus ?..."

"Et dire que j'ai tenté d'avertir tout le monde à l'époque... sans être écouté ni pris au sérieux. Voilà où nous en sommes aujourd'hui. Si on m'avait laissé m'occuper de ce monstre comme il se devait, nous aurions été épargnés par de telles calamités." sec et furieux. "Il m'oblige à avoir recours à la magie la plus puissante de notre Cité... puisqu'il me faut combattre le mal par le mal." toujours autant campé sur ses positions.

"Jamais je n'aurai pu imaginer... une telle chose venant de Malleus..." ébahie.

Malgré le fait que le mouchoir camoufle le bas du visage de Rollo, je devine aisément, au pli de ses sourcils, la mimique qui l'accompagne. Malleus... sujet toujours aussi sensible !...

"Puis-je savoir ce que tu attendais d'un monstre pareil ?" irrité.

Je pose ma main sur la sienne, le désamorçant instantanément. "Pas maintenant, Rollo. Je t'en prie..."


Il est effectivement arrivé un grand malheur à Wonderland ; Malleus, frustré par le fait qu'un des membres les plus éminents de Diasomnia veuille se retirer, a choisi de plonger son monde dans le sommeil. Pour mille ans. Et pour y procéder, il a fait appel à un overblot de magie pour le moins impressionnant, transformant jusqu'à son physique.

Malleus réagit comme un gamin face à la privation ; son overblot n'a rien à voir avec un fait accidentel. C'est lui qui s'est choisi cette voix pour conserver sa zone de confort.

Rollo avait-il cerné Malleus bien avant nous tous ?...


Je caresse les mèches claires de la frange courte. Malleus demeure envoûtant, il est vrai. De ces créatures qui inspirent à la fois désir et crainte.

Je commence à embrasser sa joue, notant que le poil qui y pousse pique.

"Mmm... tu piques..."

Il est réveillé depuis un petit moment, me souriant légèrement, tournant son corps vers le mien, ouvert aux cajoleries matinales.

"Tu es beau, Rollo..." l'embrassant, éveillant en lui ce désir qui n'a plus été appelé depuis près d'une semaine.

Je glisse une main le long de son corps, passant son torse, sa taille qu'il possède fort fine pour un homme, ses hanches étroites, le haut de ses cuisses, évitant volontairement le renflement que les sensations commencent à tendre sous la liquette de fin lin.

Les geignements qui accompagnent mes manœuvres sont pour le moins encourageants ; il demeure extrêmement sensible à mon toucher.

Ma paume se pose enfin sur ce qui se dresse ; symbolisant son désir d'homme, lui arrachant une salve vocale de pur régal. Je savoure la dureté éloquente qui l'anime déjà avec si peu.

"Mmm... réactif."

Petit rire presque gêné en réponse, parfaitement conscient de son état, se sentant peser sur son bas-ventre, érection le rendant d'autant plus sensible au moindre attouchement.

"Tu vas y aller, n'est-ce pas ?... Rendre la monnaie de sa pièce à Malleus..."

"Voilà un nom... que je préfèrerai éviter d'entendre ou de prononcer durant... nos moments. Fais-moi ce plaisir, ma jolie fleur..." décidé à ne pas se laisser dérober son instant.

"Oui, pardon." soufflant le chaud dans son oreille, attrapant le pan avant de sa large liquette pour le remonter et accéder à son joli sexe renflé de gourmandise.

Il suinte. Mon pouce récupère ce suc à chaque passage en direction du haut éclos, lui prodiguant d'incomparables frissons.

"Petite fée..." en guise d'avertissement, à point. "Arrête... arrête..."

Sa voix m'attise et je poursuis. Sa main vient finalement mettre fin aux mouvements lascifs de la mienne. "Stop, petite fée... viens." désireux de se sentir en moi.

Je me hisse sur lui et le fait butiner mon entrée moite avant de l'y inviter.

Il en suffoque, se sentant presser contre mes chairs gorgés.

Je bouge, lentement d'abord puis plus vigoureusement.

Il m'appelle, se tordant sous moi, incapable de résister à ce plaisir fou qui monte en lui.

"Petite fée... haaaan !..." crispé sous moi, cuisses spasmant, doigts s'emparant de mes hanches. "HAAAAAH !..."

Il se livre après quelques belles minutes de résistance absolue. Généreux. Savourant tout ce que l'orgasme fait passer dans son corps tremblant sous le mien. Et je ne suis pas en reste.


"Prends bien garde à toi..." alors qu'il se hisse à cheval, paume sur sa cuisse, refusant de rompre le contact.

"Je ferai ce qu'il faut, ma petite fée." se penchant pour m'accorder un baiser avant de quitter la cour d'un trot énergique.


La pupille rétrécie, reptilienne, de Malleus fixe l'horizon, décelant un appel.

"Ah. Te voilà, finalement, Flamm."

Malleus choisit de lui apparaître, dans un berceau de ronces.

"Fais-moi trembler, Flamm." comme une invitation à la guerre. "Je serai ravi de recevoir les flammes d'un adversaire qui a su voir à travers moi."

"Arrogant. Comme à ton ordinaire."

"Tu n'as pas pu donner tout ton potentiel lors de notre brève rencontre à Noble Bell. A présent, plus rien n'est susceptible de te restreindre."

"Cela fait un moment que je t'observe. Tu me sembles avoir totalement perdu le contrôle de ta magie, Draconia. Comme je l'avais pressenti. Ton fond est mauvais, corrompu par cet excès de magie..."

"... qui a jadis anéanti ton bien-aimé petit frère, Flamm ?"

"SILENCE ! JE T'INTERDIS DE L'ÉVOQUER, DRACONIA !" appelant son sceptre magique.

"Oh." amusé. "Dans ce cas, montre-moi ta flamme."

"Écarlate. Brûle mon être. Guide moi. DARK FIRE !" s'enflammant enfin.