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Le jeu de la tempête

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Résumé : Comment Obi-Wan sauve la galaxie en adoptant tout ce qui bouge. Bashing Qui-Gon et Satine. Jango/Obi-Wan. Idée de Lalisamano2.

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Cette histoire débuta un drôle de jour.

Qui-Gon regardait Obi-Wan. Le jeune Padawan de 15 ans était nerveux et refusait de croiser le regard de son Maître. A l'inverse, il fixait ses doigts qui s'emmêlaient entre eux. Mentalement, il s'insultait. Pourquoi avait-il écouté Quinlan ? Son meilleur ami l'avait mis dans une situation déplorable : il avait échoué sa mission…il était réellement un terrible Padawan malgré tous ses efforts. Pourvu que son Maître ne décide pas de le renvoyer pour sa stupidité…

« Padawan… » Soupira Qui-Gon et Obi-Wan détecta sa déception dans sa voix.

« Je suis désolé… » Murmura le plus jeune. « C'est de ma faute… »

Obi-Wan avait décidé par lui-même, sous les conseils de Quinlan, de résoudre un conflit géopolitique concernant le placement de frontières entre deux ethnies d'une planète. Il n'avait pas demandé l'avis de son Maître, qui était pourtant avec lui. Obi-Wan lui avait faussé compagnie alors que son Maître se trouvait dans un bar et pariait encore leur argent confié par le Conseil pour la mission. Obi-Wan était persuadé que Qui-Gon avait oublié son existence pendant ses jeux et il voulait absolument résoudre ce conflit avant qu'il ne dégénère en guerre et ne fasse des pauvres victimes innocentes. Heureusement, Obi-Wan était un ambassadeur suffisamment expérimenté pour trouver des solutions (ses professeurs le complimentaient et il se rappelait de son expérience sur Melidaan).

Le petit rouquin était parvenu à signer un traité de paix entre les deux Etats en moins de deux heures. Il n'avait cependant pas remarqué l'assassin qui se cachait derrière un pilier. L'intervention soudaine de Qui-Gon avait permis d'éviter le meurtre des représentants des Etats. Et le Maître Jedi avait accusé Obi-Wan de ne pas avoir accompli sa mission et que c'était de sa faute s'il n'avait pas vu cet espion. Malheureusement, la présence de cet assassin avait brisé le traité de paix et le comportement de Qui-Gon n'avait rien arrangé. Les deux Jedi étaient donc partis juste après l'éclatement du conflit, au plus grand désespoir d'Obi-Wan. C'était de sa faute si la mission avait échoué. Obi-Wan en avait conscience. Il aurait dû attendre son Maître et il aurait dû sentir la présence de l'assassin. Il voulait pleurer mais un Jedi ne montrait pas ses émotions, surtout devant Qui-Gon. Il était vraiment un désastre et un mauvais Jedi.

« Heureux que tu reconnaisses tes erreurs. » Qui-Gon le dépassa sans un regard. « Pour la peine, j'ai choisi une punition qui te fera réfléchir. »

Obi-Wan soupira discrètement et se détendit : Qui-Gon ne le renvoyait pas ! Il était toujours un Padawan malgré son échec !

« Pendant une semaine, tu iras à la crèche pour t'occuper des initiés. » Ordonna Qui-Gon : Obi-Wan savait que son Maître n'aimait pas les enfants et pour lui, la crèche était une punition. « Pendant cette semaine, je t'interdis de toucher à ton sabre et tu devras travailler le double pour avoir les meilleures notes de tes cours. »

Oh. Obi-Wan cligna des yeux. Il aimait bien les enfants, notamment après Melidaan. Il ferait tout pour les préserver du monde, de les aider et les aimer. Il ne voulait pas qu'ils voient les horreurs de la Galaxie et il voulait les préparer à les affronter. Leur présence était apaisante et ils étaient adorables. Mais il était parfois difficile de s'occuper d'eux : des enfants utilisant la Force et surexcités n'étaient pas une tâche facile. C'était même épuisant. Mais Obi-Wan ne voyait pas cela comme une réelle punition. C'était juste un challenge. Cependant, suivre ses cours, avoir d'excellentes notes, s'occuper des enfants et ne pas s'entraîner à utiliser ses formes avec son sabre laser allaient être complexes. Obi-Wan secoua la tête. Il allait devoir faire des nuits blanches et utiliser la Force pour ne pas dormir et ne pas manger pour gagner du temps et pouvoir faire ses devoirs avant d'aider les enfants.

« C'est compris ? » Intervint durement Qui-Gon, les sourcils froncés, agacé par son manque de réponse.

« Oui Maître. »

Il méritait sa punition et il l'accomplirait avec succès.

« Quand tu auras terminé ta punition, tu passeras la journée avec moi à t'entrainer. » Qui-Gon continua alors qu'il avançait vers la cuisine de leur petit appartement. « Ta forme Ataru devra être parfaite. Sinon, tu passeras la nuit à reproduire tes formes. »

« Oui Maître. »

Obi-Wan devait être parfait. Son Maître voulait qu'il soit parfait malgré le fait qu'il était pitoyable et sans talent. Qui-Gon lui répétait souvent qu'il n'avait pas de talent et qu'il devait donc doubler ses entraînements. Et Qui-Gon refusait d'avoir un Padawan médiocre qui lui donnerait une mauvaise image. Il était donc normal qu'Obi-Wan donne son maximum pour que Qui-Gon soit heureux. C'était de sa faute s'il était nul. Le petit rouquin était juste reconnaissant que Qui-Gon veuille lui apprendre sa forme favorite (Obi-Wan n'aimait pas réellement la forme Ataru mais son Maître voulait lui apprendre donc il l'apprendra même s'il finissait par cracher du sang). Grâce à Qui-Gon, il pourrait devenir un Jedi et aider les innocents dans cette vaste Galaxie. Et c'était tout ce qu'Obi-Wan voulait faire dans sa vie : aider les innocents et les plus vulnérables.

La crèche serait alors son premier objectif (s'il oubliait sa période d'esclave et Melidaan).

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« Padawan Kenobi, on t'attendait. » Sourit une crèche master, qui semblait débordée par les enfants. « Tu arrives tout juste au bon moment. » Elle désigna une petite bande d'une dizaine d'enfants d ans. « C'est le clan Babouche. Leur crèche master est malheureusement malade et je ne peux pas m'occuper de mon clan et du sien. Tu seras responsable du groupe tant que leur crèche master sera absent. » Elle lui sourit gentiment. « N'hésite pas à me contacter, ou d'autres crèche masters, en cas de problème. »

Obi-Wan avala sa salive, ne se sentant pas prêt pour une telle responsabilité. Il pensait qu'il allait juste assister un crèche master, pas être chargé d'un clan entier ! Il avait peur de tout rater ! Après tout, il était un désastre ! Il allait corrompre ces pauvres enfants si personne ne le surveillait ! C'était pour cette raison que Qui-Gon ne voulait pas qu'il quitte son champ de vision. Il n'était pas digne de confiance. Comment pouvait-on donner la direction d'un clan entier à un adolescent de 15 ans ? Mais Obi-Wan ne dit rien et se mordit les lèvres alors qu'il écoutait la crèche master lui donner des conseils et des consignes sur comment gérer et s'occuper d'enfants ayant des pouvoirs. Le rouquin écouta avec beaucoup d'attention. Il ne voulait pas les décevoir et décevoir son Maître. Et il voulait juste profiter de ses adorables enfants ! Même s'il doutait de lui-même, les autres ne devaient pas voir ses doutes, ce n'était pas digne d'un Jedi.

Une fois la liste de conseils épluchée, Obi-Wan s'approcha du clan Babouche. Dix paires d' yeux se tournèrent vers lui avec beaucoup d'intérêt. Les enfants avaient souvent une fascination pour les adolescents de 15 ans pour une raison qu'Obi-Wan ignorait. Apparemment, pour les enfants, 15 ans était l'âge médian, entre l'âge adulte et enfant. Les adolescents étaient donc des êtres mystérieux et amusants. Obi-Wan essaya de ne pas déglutir et de laisser sa nervosité apparaître dans la Force et sur son visage. Il ne voulait pas inquiéter les petits curieux. Il les observa un bref instant, notant leur différence et leur nom (la crèche master lui avait donné une liste de documents avec leur nom, espèce, allergie, photo…).

« Bonjour. » Commença gentiment Obi-Wan, parlant avec le même ton de voix qu'il utilisait à Melidaan avec les plus jeunes qui l'adoraient (pourquoi l'adoreraient-ils ?). « Je suis Padawan Obi-Wan Kenobi. Enchanté de vous rencontrer. »

Il mit un genou à terre pour être à leur hauteur et pour éviter de les intimider. Il leva une main rassurante vers eux, la paume tournée vers le haut, comme pour les inviter à la serrer. Les enfants regardèrent sa main, puis son visage, intrigués par son geste. Le plus curieux, un Zabrak de 6 ans, à la peau beige et aux tatouages noirs, avec des petites cornes adorables, s'approcha de lui pour attraper sa main. Obi-Wan sourit et partagea ses sentiments de bien-être et de joie avec l'enfant. Le Zabrak sourit en retour.

« Je suis Ali Kaat ! » S'écria-t-il, avec excitation. « Je suis le leader de ce clan ! »

« C'est faux ! » Intervint une petite fille, une Besalisk de 7 ans, probablement la plus âgée du groupe. « Je suis la leadeuse de ce clan ! Ne l'écoute pas, Padawan Kenobi ! »

« Vraiment ? » S'amusa Obi-Wan en penchant la tête vers la jeune fille. « A qui ai-je l'honneur ? »

« Em'Ma Gloss. » Se présenta-t-elle, imitant du mieux qu'elle pouvait le comportement d'un Maître Jedi. « Je suis l'incontestée leadeuse de ce clan. »

« Je vois… » Obi-Wan observa les autres enfants qui hochèrent la tête avec conviction – sauf Ali Kaat qui boudait. « Pourquoi ne pas alterner ? »

« Alterner ? » Demanda un humain (ou semi-humain). « C'est quoi 'alterner' ? »

Obi-Wan s'assit en tailleur devant eux et invita gentiment les enfants à s'asseoir prêt de lui, Ali tenait toujours sa main.

« Changer de chef tous les jours. » Expliqua Obi-Wan. « Par exemple, aujourd'hui Em'Ma est la leadeuse du clan, demain c'est Ali, après-demain, cela sera toi. » Obi-Wan désigna le petit garçon qui l'avait interrogé. « Et ainsi de suite. Vous êtes dix. Tous les dix jours, Em'Ma, sera la leadeuse. Qu'en dites-vous ? »

Les enfants clignèrent des yeux et se dévisagèrent. Ils se mirent à murmurer entre eux, cherchant le piège, les points positifs et négatifs. Obi-Wan garda le sourire, bien amusé par leur comportement. Seuls les enfants pouvaient réagir d'une telle façon pour une position de leader. Les adultes préféraient garder leur position de pouvoir quitte à tuer leur population. Obi-Wan voulait les former. Il ne voulait pas voir Em'Ma garder une position de pouvoir si elle ne l'avait pas mérité. Et Ali risquait d'entrer en conflit avec elle. Ce qui pourrait terminer en harcèlement (comme avec Bruck).

« Mais…si je ne veux…veux pas être chef ? » Demanda timidement un Twi-Lek à la peau orange et il rougit lorsqu'il vit que tous le regardaient. « Je n'aime…n'aime…p…pas… » Il poussa un petit cri et il était au bord des larmes lorsqu'il ne parvint pas à terminer sa phrase.

Obi-Wan agit tout de suite. Il s'approcha de l'enfant et déposa doucement ses mains sur ses épaules. Avec douceur, le rouquin posa un doigt sous le menton du Twi-Lek pour qu'ils puissent se regarder dans les yeux.

« Tu n'as pas à te forcer à parler si tu n'aimes pas parler ou être au centre de l'attention. » Rassura Obi-Wan. « Tout le monde n'aime pas parler ou diriger. Mais ta volonté a autant d'importance que celle de tes amis. » Il regarda les autres enfants. « Si vous ne voulez pas alterner de leader, pourquoi ne pas voter ? Vous pouvez choisir parmi vous un leader qui veut l'être. »

Les enfants se regardèrent et sourirent, le petit Twi-Lek hocha la tête avant de se cacher dans les robes d'Obi-Wan, timide.

« Qui veut devenir leader ? » Demanda Obi-Wan.

Sans surprise, Em'Ma et Ali sautillèrent joyeusement. Ils furent suivis par une petite Bothan, Pethianyal Yiirchlicht (appelée Peth). Les trois petits candidats se regardèrent avec challenge.

« Voilà ce que je vous propose, nos trois candidats vont devoir s'affronter à travers trois défis. » Expliqua Obi-Wan, tenant toujours le petit Twi-Lek. « Évidemment, ceux qui vont choisir les défis ne sont pas les candidats ! Celui qui gagne sera leader ! Mais pour pimenter le tout, la position de leader pourra être contestée par des défis ! Et le nouveau gagnant remplacera l'ancien leader ! Comme cela, tout le monde pourra devenir leader s'il le souhaite, à condition de remporter les défis choisis par ceux qui ne sont pas des candidats. »

Obi-Wan se répéta un peu pour être sûr que les enfants comprennent et acceptent. Tout le monde accepta dans des cris de joie. Rapidement, des défis furent choisis. Obi-Wan les surveilla, décidant de jouer un commentateur, n'hésitant pas à blaguer gentiment et encourager les trois enfants. Ils étaient enthousiastes, prêts à gagner. Bientôt, Ali fut éliminé pendant son défi de bataille d'eau que Em'Ma remporta en envoyant de l'eau partout avec la Force. Déçu, il accepta tout de même sa défaite car ils avaient joué sans tricher et avec beaucoup de joie. Il rejoignit les autres enfants qui l'acclamèrent, même le petit Twi'Lek, du nom de Ryun Melura, applaudit timidement. Et Obi-Wan caressa sa tête cornue.

Les deux dernières candidates s'affrontèrent autour d'une chasse au trésor organisée par les enfants. Peth gagna après une dure recherche. Il restait un défi que Peth remporta également. Mais Em'Ma n'était pas déçue : elle avait adoré jouer ! Maintenant, Ali, Peth et elle semblaient être les meilleurs amis. Obi-Wan était heureux que sa méthode réussisse.

« Les enfants, saluons notre nouvelle leadeuse, Peth ! » Salua dramatiquement Obi-Wan, s'inclinant bien bas, sous les rires des enfants qui l'imitèrent. « Que désire notre nouvelle leadeuse en cadeau ? »

Peth porta ses doigts à son menton, réfléchissant. Son visage s'éclaircit lorsqu'elle eut une idée.

« Un goûter avec plein de chocolat ! » S'écria-t-elle, sautillant.

Le groupe approuva rapidement avec des cris. Ali et Em'Ma sautèrent sur leur nouvelle leadeuse. Puis tous les yeux se tournèrent vers Obi-Wan, plaidant leur cause. Le petit rouquin sourit, indulgent.

« C'est parti pour un goûter ! » Les enfants crièrent de joie. « Mais… » Ils se figèrent lorsqu'ils entendirent Obi-Wan ajouter quelque chose. « On pourrait cuisiner un gâteau au chocolat et faire un chocolat chaud nous même ! Pour fêter la victoire de Peth ! »

Obi-Wan fut récompensé par des sourires brillants, heureux par sa proposition. Rapidement, Ali et Ryun agrippèrent ses mains pour le forcer à les suivre et Peth guida la petite troupe tandis que les autres enfants entouraient Obi-Wan comme un mur. Les Maîtres Jedi qu'ils croisèrent sourirent avec amusement et Obi-Wan était bien trop heureux pour être embarrassé.

Il adorait s'occuper des enfants !

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Sa punition continua et Obi-Wan ne pouvait pas considérer cette « punition » comme terrible. Il l'adorait et profitait de ces adorables enfants qu'il avait appris à connaître pendant ces quelques jours.

Mais il était épuisé.

Obi-Wan avait dû mal à s'occuper des enfants et suivre ses cours. C'était presque impossible ! Ne pouvant suivre les cours la journée, puisqu'il aidait les enfants dans leurs jeux, il devait les suivre en ligne pendant la nuit. Il ne dormait presque pas, s'obligeant à terminer ses devoirs qui devaient être parfaits (le deuxième jour de sa punition, il avait rendu un devoir et avait reçu un 17/20, la meilleure note de sa classe de langues et cultures étrangères mais Qui-Gon avait été déçu et l'avait obligé à refaire son devoir toute la nuit jusqu'à ce qu'il obtienne un 20). Il dormait peu. Même les enfants remarquaient son état et étaient plus calmes. Mais Obi-Wan continuait à jouer avec eux.

Et pendant son sixième jour, il n'en pouvait tellement plus qu'il s'écroula à moitié pendant la période récréative de la journée. Ryun, qui était à côté de lui comme toujours, sursauta et appela ses amis, inquiet. Le clan courut vers lui, au bord des larmes.

« Obi ! » S'écria Ali, tapotant son bras (les enfants l'appelaient 'Obi' et Obi-Wan trouvait cela absolument adorable). « Tu vas bien ? »

« Je vais bien. » Sourit gentiment Obi-Wan, tentant de cacher sa fatigue. « Juste une petite faiblesse. »

Mais les enfants étaient des initiés Jedi. Ils pouvaient ressentir sa fatigue. Obi-Wan était beaucoup trop épuisé pour maintenir ses barrières mentales. Peth inclina la tête avant de se décider.

« Obi. Je suis la leadeuse, il faut donc m'écouter ! » Affirma-t-elle et les autres hochèrent sérieusement la tête.

« Oui, bien sûr. » Dit Obi-Wan, confus.

« Allonge-toi ! » Ordonna l'enfant.

Toujours aussi confus, Obi-Wan s'allongea sur le sol confortable. L'instant suivant, Peth baissa son bras et tous les enfants comprirent ce qu'elle voulait dire. Ils sautèrent sur Obi-Wan, l'empêchant de bouger et ils se pressèrent contre lui, sur son ventre, contre son torse et ses bras, autour de lui. Ils formèrent une pile avec lui au centre. Obi-Wan cligna une nouvelle fois des yeux, tentant de comprendre la situation. Une petite main se posa sur ses yeux.

« Dors. » Grommela Ali, contre son cou. « C'est l'heure de la sieste. »

« Mais… » Protesta Obi-Wan, voulant se lever.

Les enfants piaillèrent et Obi-Wan rencontra le regard larmoyant de Ryun, posé sur son torse.

« Tu ne veux pas rester avec nous ? » Murmura pitoyablement Em'Ma, à côté du Twi'Lek. « Tu ne nous aimes pas ? »

Obi-Wan n'eut pas le cœur de les déloger et ce laissa volontairement manipuler. Il soupira et laissa sa tête retomber. Puis il ferma doucement les yeux. Il entendit un petit cri de victoire suivit de « chhhh ». Il sourit. Il se laissa rapidement bercer par les respirations des enfants et de la chaleur de leur corps. Épuisé, il s'endormit dans la pile d'enfants.

« Adorable ! » Roucoula une voix lointaine, une crèche master.

« Laissons-les dormir ! » Fit un autre Maître Jedi.

« On devrait kidnapper Padawan Kenobi et le garder avec nous… » Grommela la première. « Maître Jinn n'y connait vraiment rien, cet enfoiré… »

Obi-Wan s'endormit, entouré par des enfants protecteurs.

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C'était le dernier jour de sa punition et Obi-Wan était attristé. Il décida d'en profiter. Alors il organisa un goûter, une petite fête avec de la musique et des bonbons où les enfants se déguisaient en leur héros préféré. Quelle ne fut pas sa surprise de les voir apparaître déguisés en petits Padawan Jedi avec des perruques rouges sur leur tête.

« Vous êtes déguisés en… ? » Demanda Obi-Wan, bien curieux.

« Toi ! »

« Obi ! »

« Vous vous êtes déguisés en moi ? » Souffla Obi-Wan, profondément choqué et ému, les yeux ronds.

Il n'avait rien de spécial, il était un désastre ! Pourquoi voudrait-on se déguiser en lui ? Il était juste un Padawan brisé et inutile qui ne devait son entraînement que grâce à la pitié et la gentillesse d'un Maître Jedi.

« On…on devait…devait pas… ? » Murmura Ryun, timidement, les larmes aux yeux.

« Ce n'est pas ça ! » Obi-Wan se mit rapidement à genoux devant les enfants, paniqué de les voir pleurer. « Je suis juste ému ! Personne ne s'est jamais déguisé en moi donc… »

Il ne put terminer car il fut enseveli sous une horde d'enfants sauvages. Il rit et les serra contre lui.

« Merci ! » Dit-il finalement, ému. « Juste…merci. »

Les enfants sourirent et applaudirent joyeusement. Ils l'agrippèrent, refusant de le lâcher. Ryun utilisa le langage des signes pour montrer sa joie. Obi-Wan avait remarqué que Ryun refusait parfois de parler, beaucoup trop timide. Alors le rouquin décida d'apprendre à tout le clan le langage des signes de Coruscant pour ne pas exclure le pauvre Twi-Lek. Et tous étaient enthousiastes. Et Ryun adorait pouvoir discuter sans parler ! Obi-Wan ne regrettait pas d'avoir sacrifié une nuit de sommeil pour apprendre le langage des signes et aider Ryun (ce que ne savait pas Obi-Wan était que les enfants l'avaient vu apprendre le langage des signes et l'admiraient et l'idolâtraient encore plus qu'avant).

« C'est un plan pour que tu reviennes ! » S'écria un enfant.

« Oui, tu dois revenir nous voir ! » Cria un autre, attrapant sa main.

« Tu reviendras ? » Demanda Ali, les yeux écarquillés.

« T'es obligé de revenir sinon on te chasse ! » S'exclama Peth. « Le clan Babouche est le meilleur clan de chasseurs ! » Elle fut approuvée par des cris de guerre.

Obi-Wan rit. Il savait déjà ce qu'il dirait. Evidemment, qu'il savait. Comment pourrait-il quitter cette bande de joyeux lurons ?

« Bien sûr que je viendrais vous voir à chaque fois que je ne suis pas en mission ! »

Et avec cette décision, Obi-Wan scella son destin.

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Un an passa. A 16 ans, Obi-Wan était toujours un désastre aux yeux de Qui-Gon. Il ne faisait jamais ce qu'il fallait faire. Il n'était pas suffisamment patient ou bien trop patient. Il ne travaillait pas assez ou il travaillait trop. Il devait prendre des décisions seul ou il ne devait rien dire. Il était un adulte ou un enfant. Obi-Wan avait dû mal à se construire mentalement face à toutes les contradictions et défauts que lui listaient son Maître. Il ne savait plus s'il faisait le bien ou le mal, s'il le faisait bien ou mal. Il en faisait des cauchemars, dormait mal et passait des heures dans les archives et dans les salles de cours et d'entraînement pour comprendre ces choix.

Mais son mal-être était comblé par le plus doux des remèdes.

Une bande d'enfants immatures l'avait adoptée. Obi-Wan, allongé au centre d'une pile d'enfants, sourit. Les crèches masters auraient pu croire qu'il serait la personne qui adopterait le clan Babouche (et d'autres clans, qui se sont rajoutés à eux). Mais ce ne fut pas le cas. Le jour de ses 16 ans, Ali (nouveau leader du clan), accompagné de ses amis, lui avait offert l'honorable titre de membre à part entière du clan Babouche (ce qu'Obi-Wan ignorait était que plusieurs clans d'initiés se sont battus pour donner ce titre au rouquin, que le clan Babouche a remporté, le tout sous le regard amusé des crèches masters).

Obi-Wan avait pleuré pendant des heures, consolé par ses jeunes amis. Jamais encore, il n'avait été accepté avec autant de passion depuis Melida/Daan (et peut-être par Quin et Bant). Il avait été ému. Très Et Obi-Wan leur avait offert, en retour, une visite dans une grande pâtisserie de Coruscant (Obi-Wan avait économisé pendant plusieurs mois pour payer les billets de la visite et de la dégustation de ces gâteaux, il n'avait gardé aucun argent pour lui).

Depuis, il passait toutes ses nuits et ses journées libres en compagnie des enfants, à s'occuper d'eux, à leur enseigner des bases de la Force et des leçons (comme écrire, lire, le langage des signes, cuisiner…). Plusieurs Padawans se sont moqués de lui : il était un raté, un Padawan de dernière minute, sans talent, qui n'était bon qu'à s'occuper de gosses. Disons qu'Obi-Wan n'avait jamais revu ces Padawans. D'après Quinlan, ces Padawans étaient terrifiés des enfants (Obi-Wan n'avait jamais su ce que les enfants leurs avaient fait. Et il ne voulait pas savoir).

Mais Obi-Wan se fichait pas mal de leurs insultes. Il faisait ce qu'il aimait. Et bien. Tellement bien que les crèches masters l'interpellèrent et lui indiquèrent qu'il serait le bienvenu pour devenir crèche master une fois sa formation terminée. Et les regards adorateurs des enfants jetés dans sa direction le laissèrent pensif. Peut-être qu'il n'était pas fait pour devenir un Chevalier Jedi…mais quelle que soit sa carrière choisie, il devait passer les épreuves et avoir l'approbation de Qui-Gon (qu'il n'aurait jamais : il était un désastre).

« Obi… » Em'Ma secoua son épaule. « Maître Gills m'a informé que Maître Jinn te cherche pour ta mission. » La jeune enfant était boudeuse (pour une étrange raison, les enfants détestaient Qui-Gon et n'hésitaient pas à lui jouer des mauvais tours).

« J'arrive… » Soupira Obi-Wan, ne voulant pas quitter la chaleur de la pile de câlins.

Le rouquin parvint à se dégager de la pile, sans réveiller les pauvres enfants, qui avaient voulu profiter de la soirée avant le départ d'Obi-Wan pour une mission de trois mois. Ils étaient épuisés et s'étaient couchés tard (sauf Em'Ma qui se réveillait toujours à l'aube). Obi-Wan ne voulait pas les réveiller. Alors il décida de leur préparer un petit-déjeuner rapide. Il câlina Em'Ma alors qu'elle se collait à lui.

« A plus tard, Em'Ma. » Murmura-t-il, chaleureusement. « Je reviens vite ! »

« Tu vas nous manquer… »

« Vous aussi ! »

Et Obi-Wan quitta la crèche, se préparant mentalement à affronter le système hostile de Mandalore.

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Le talent d'adoption d'Obi-Wan se poursuivit même pendant sa mission sur Mandalore.

Obi-Wan fixait l'enfant du regard. En retour, celui-ci le regardait fixement. Le rouquin cligna des yeux mais l'enfant était toujours devant lui, immobile et blessé. Tout de suite, Obi-Wan ravala sa panique et se baissa. Rapidement, il agrippa son sac et fouilla pour récupérer de quoi soigner le petit garçon (un humain ou semi-humain aux cheveux noirs et aux yeux verts, avec une peau sombre). L'enfant ne bougea pas et se laissa traiter silencieusement.

« Par la Force. » Murmura Obi-Wan en secouant la tête, observant le bras cassé de l'enfant. « Dire que je pensais que cette mission ne pourrait pas tourner plus à la catastrophe… »

Une simple mission d'escorte et de protection. Obi-Wan voulait juste rire de désespoir. Il avait dit à son Maître qu'il avait un mauvais pressentiment. Mais Qui-Gon ne prenait jamais ses avertissements en considération. Jamais. Qui-Gon avait un grand mépris des visions et des voyants. Comme à leur habitude, la mission fut un échec : les Kryze furent attaqués, Obi-Wan dut fuir avec Satine et Qui-Gon les abandonna sous prétexte qu'il devait trouver une voie de sortie. Il n'était pas revenu depuis. Et Obi-Wan errait avec Satine depuis plus de trois mois, poursuivis par Death Watch (par la Force ! Les enfants lui manquaient ! Il avait promis de revenir rapidement, il s'en voulait…). Et la seule fois où Obi-Wan quittait Satine (bien cachée dans une grotte) pour chercher de la nourriture, il tombait sur un pauvre enfant blessé et abandonné sur un chemin abandonné, vêtu d'une demi-armure. Un petit Mandalorian.

Non. Il ne pouvait pas le laisser là.

« Bonjour, enfant. » Fit gentiment Obi-Wan, arrachant le bas de sa cape pour envelopper le tissu autour du bras blessé du garçon. « Je suis Obi-Wan Kenobi, enchanté. »

L'enfant plissa seulement des yeux, méfiant, et ne dit rien pour le moment. Mais Obi-Wan ne s'offusqua pas du manque de confiance, c'était normal. Il était un étranger et il n'avait pas l'accent Mandalorian (il voulait apprendre à parler cette magnifique langue mais Satine trouvait ce langage vulgaire et barbare, refusant de lui apprendre). Et Obi-Wan était persuadé que tous les Mandalorians savaient qu'il était un Jedi (les vidéos des Kryze accueillant des Jedi avaient fait fureur, dans le mauvais sens : les Jedi étaient haïs depuis Galidraan). Autant dire qu'Obi-Wan avait été mal accueilli et détesté par la population locale.

« Je peux… » Obi-Wan écarta doucement ses bras pour montrer qu'il ne lui voulait aucun mal et qu'il voulait seulement le porter. « Je pourrais mieux te soigner à l'abri. »

Toujours méfiant, l'enfant hocha finalement la tête après un bref moment de considération. Souriant, Obi-Wan prit l'enfant dans ses bras et le recouvrit de sa cape, pour le maintenir au chaud. L'enfant était peut-être en état de choc ! Il se dépêcha de retourner dans leur cachette, prenant soin de vérifier qu'il n'était pas suivi. Un enfant seul dans la brousse était suspect et inquiétant, notamment dans la culture mandalorienne où les enfants étaient adulés. Rapidement, il entra dans la cave.

« Tu as trouvé de la nourriture ? » Demanda la voix aiguë de Satine, dans un coin. « J'ai faim. »

Obi-Wan l'ignora et déposa l'enfant sur le sol. Il plaça sa cape à terre, dans une imitation grotesque de faire un lit et obligea le garçon à s'asseoir. D'un mouvement de la main, il appela le kit de survie avec la Force, sous le regard perçant et curieux de l'enfant.

« Obi-Wan. Que fais-tu ? Pourquoi un enfant est là ? » Satine s'approcha, les sourcils froncés, semblant peu ravie.

« Il est blessé, je ne pouvais pas le laisser seul ! » Expliqua Obi-Wan, fouillant dans le kit et il en sortit des bandages et de quoi nettoyer la plaie. « Allonge-toi, enfant, je vais utiliser la Force pour soulager ta douleur. Tu ne sentiras rien. » Dit-il doucement et l'enfant obéit.

Obi-Wan déposa une main sur le bras cassé et utilisa la Force pour anesthésier l'enfant. Celui-ci se détendit et le rouquin fut heureux de voir les traits de son visage s'adoucir. Il commença à le soigner avec ses maigres connaissances en termes de médecine.

« Obi-Wan ! » Cria Satine, arrachant soudainement les bandages de son emprise, surprenant Obi-Wan et l'enfant. « Tu ne peux pas utiliser nos médicaments pour un enfant perdu ! C'est un Mandalorian ! Aucun enfant civilisé ne porterait une armure ! »

Les yeux ronds, le rouquin se tourna vers Satine, ne croyant pas un instant ce qu'elle venait de dire. Il savait que la blonde n'aimait pas la culture mandalorienne, sa propre culture, et souhaitait détruire toute une civilisation seulement pour satisfaire son rêve pacifiste et entrer dans la République. Mais…Obi-Wan ne partageait pas son rêve. Melida/Daan lui avait ouvert les yeux : pour avoir la paix, il fallait préparer la guerre. Et Satine ne voulait juste aucune violence. Elle était même prête à abandonner un enfant pour un rêve idéaliste, utopique, irréalisable et voué à l'échec ! Obi-Wan ne cautionnait pas. Satine était belle mais elle avait un cœur mauvais.

« Comment peux-tu me dire d'abandonner un enfant ? » Protesta Obi-Wan, utilisant la Force pour reprendre les bandages.

« C'est un Mandalorian ! » Satine contra, rageuse. « Jette-le dehors, un autre s'occupera bien de lui. » Exigea-t-elle. « Ma sécurité prime sur lui ! Si je meurs, je ne pourrais jamais sauver Mandalore ! »

Obi-Wan ferma les yeux et souffla. Il ne pouvait pas lui donner une claque, il était son garde du corps, pas son père. Ce n'était pas à lui de l'éduquer sur la réalité de cette galaxie. Mais il ne s'empêcherait pas de lui dire le fond de ses pensées.

« Si Mandalore se retrouve sous ton contrôle, tu détruiras ce peuple par pur égoïsme et idéalisme. » Souffla seulement Obi-Wan, se mettant entre elle et l'enfant pour le protéger de la colère de la blonde. « Tu es prête à abandonner un enfant à sa perte pour quoi… ? Ta sécurité ? » Obi-Wan lui lança un regard méprisant. « Quel genre de dirigeante seras-tu ? »

« Comment oses-tu ? » S'époumona Satine, serrant ses poings, colérique. « Je suis Satine Kryze et je suis… »

« Rien du tout pour le moment. » Coupa Obi-Wan. « Juste une adolescente en fuite qui ne reconnaît même pas son propre peuple. »

Et le rouquin se détourna d'elle, se reconcentrant sur le garçon qui lui lançait un regard admiratif, ce qui fit sourire Obi-Wan (les Mandalorians n'aimaient pas Satine et sa famille à cause de leurs idées aussi radicales que Death Watch). Il ignora Satine crier et exiger des réponses. Il n'allait pas écouter les pitreries d'une enfant gâtée qui ne connaissait rien à la vie.

« Un Jedi n'a pas à prendre position politique ! » Termina Satine alors qu'Obi-Wan finit de soigner l'enfant.

« Mais tu me demandes de prendre ton parti… » Obi-Wan haussa un sourcil. « Tu te contredis, ma chère. » Avant qu'elle ne puisse continuer à hurler ses idées, le rouquin reprit. « Allons dormir, cet enfant a besoin de sommeil. »

Satine tiqua et leva la tête pour se donner un air supérieur. Puis elle se détourna pour s'allonger le plus loin possible du Padawan et de sa jeune charge. Le rouquin secoua simplement la tête, agacé par ses enfantillages. Il décida de s'allonger derrière l'enfant pour l'entourer de ses bras, pour le protéger.

« Merci… » Souffla l'enfant et Obi-Wan sourit. « De m'avoir sauvé et protégé. Surtout contre elle. Cela fait longtemps qu'on rêvait que Kryze ferme sa bouche. Elle est si… »

« Je comprends. » S'amusa Obi-Wan, ne remarquant pas le regard adulateur de l'enfant dans le noir. « Je dois dire que j'adore la culture mandalorienne mais avec Satine, je ne peux rien apprendre… » Soupira-t-il, agacé.

« Je peux t'apprendre ! » Fit l'enfant, enthousiaste.

« Vraiment ? J'en serais ravi ! » S'exclama doucement le rouquin, heureux. « Tu resteras avec nous jusqu'à ce que l'on retrouve tes parents. Je ne vais pas risquer ta sécurité avec Death Watch dans la nature. » Il serra l'enfant dans ses bras qui cacha son visage contre son torse.

« T'es pas si mal pour un Jedi… » Murmura le garçon et Obi-Wan conclut que c'était une victoire. « Je m'appelle Lémyuil Skirata, de la Maison Skirata. Mais tu peux m'appeler Lem. »

Obi-Wan gagna un nouveau petit compagnon dans son fanclub.

OoO

Plusieurs semaines passèrent à vagabonder dans l'espoir de semer Death Watch et de retrouver Qui-Gon. Satine ne parlait que très rarement, en colère contre Obi-Wan. Les seules fois où elle parlait, c'était pour le critiquer, le sermonner, exiger des choses (comme un lit, de la nourriture chère…) et demander le départ immédiat de Lem en critiquant la culture mandalorienne. Ce qui laissait donc beaucoup de temps pour qu'Obi-Wan et Lem deviennent amis, chercher les parents de l'enfant. Et Obi-Wan apprit beaucoup de choses sur cette culture et cette langue. Il ne s'en lasserait jamais ! Et Lem s'amusait à lui apprendre et à répondre à ses questions. Obi-Wan songea que Lem s'entendrait bien avec le clan Babouche. Peut-être pourra-t-il garder contact avec lui après sa mission !

Ce qu'ignorait Obi-Wan était que cette adoption changea l'histoire de Mandalore.

Le trio traversait un village assez important de la région. Obi-Wan bénit la diversité de population de ce système. Les Mandaloriens basaient leur culture sur l'acceptation et l'adoption : ce n'était donc pas une race ou une espèce mais un peuple composé de nombreuses espèces d'êtres pensants (là où Satine ne voulait que des humains). Ils passaient donc inaperçus, notamment avec Lem, habillé en armure, comme les locaux. Satine, cependant, devait mettre un capuchon pour cacher ses cheveux et son visage reconnaissables. Obi-Wan observa avec grand intérêt et admiration la population vivre sereinement. Le marché et les magasins vivaient au rythme des passants (tous armés) et les enfants jouaient joyeusement dans les rues ou à l'école.

« Tu penses qu'on pourra contacter tes parents ? » Demanda Obi-Wan à Lem. « Ils doivent être inquiets. »

« On perd du temps avec ce gamin. » Renifla Satine mais les deux l'oublièrent.

« Oh. Ils doivent me poursuivre et décimer des membres de Death Watch. » Murmura Lem, son bras finalement soigné après avoir trouvé du bacta. « Ils nous ont attaqué et m'ont enlevé avant que je ne puisse m'enfuir. »

« Tu connais une personne qui pourrait les contacter ? »

« Oui ! Par-là, on peut retrouver Anaëlle ! Elle fait partie du clan ! Et elle est armurière ! » S'écria joyeusement Lem, heureux de revoir un membre de sa famille.

« Parfait ! Allons… »

Obi-Wan n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Une explosion retentit et un toit d'une maison explosa, envoyant des débris. Obi-Wan attrapa Lem d'une main et Satine de l'autre pour les plaquer au sol, les protégeant (le rouquin se prit un projectile dans le dos mais il n'aurait qu'un bleu). Il releva doucement la tête pour constater que Death Watch attaquait. Il vit des membres chercher à agripper des enfants mais les adultes, vengeurs et en colère, les attaquèrent vivement.

Ce fut le chaos.

Obi-Wan obligea Satine à se lever et la poussa dans une ruelle, à l'abri. Elle proclamait la négociation aux armes mais elle était incapable de se défendre et elle était particulièrement inutile en combat. Il préférait qu'elle s'écarte. De son autre main, le rouquin attrapa Lem, dans un geste protecteur, utilisant discrètement la Force pour aider les Mandaloriens et les enfants. Il évita les tirs de blaster pour se cacher avec Lem dans ses bras et Satine à ses côtés.

« On aurait dû laisser le gamin ! » Siffla Satine, se baissant pour éviter des blasters. « On serait déjà bien loin d'ici ! Evidemment, tu devais ne pas m'obéir. »

Obi-Wan lui lança un regard ennuyé, ne remarquant pas le regard rempli de haine de Lem. Le rouquin ne voulait pas entrer dans une autre dispute dans un moment critique. A la place, il analysa la situation. Death Watch était en position de force mais les Mandaloriens se défendaient avec l'énergie des parents pour protéger leurs enfants. Et Obi-Wan détestait qu'on s'en prenne aux enfants (cela lui rappelait des mauvais souvenirs). Il ne pouvait pas utiliser son sabre ! Il serait une cible facile. Mais il continua à utiliser la Force avec précaution. Il ne devait pas se faire repérer !

Soudain, Satine poussa Lem hors de leur cachette, se cachant derrière lui pour éviter un tir. Obi-Wan écarquilla les yeux sous le choc, regardant, hypnotisé, Lem se prendre un tir dans son épaule. L'enfant poussa un cri de douleur et s'étala au sol alors que Satine courut se cacher plus loin. Le rouquin, choqué, trembla pour récupérer et sauver l'enfant, ne comprenant pas pourquoi Satine…Satine s'est servie d'un enfant pour se protéger ! Elle a sacrifié un enfant !

« Lem ? » Murmura Obi-Wan, la voix tremblante.

« J'ai mal… » Souffla l'enfant, larmoyant dans les bras du rouquin.

Obi-Wan fut rassuré que la blessure n'était pas mortelle mais son inquiétude ne déclina pas. Il s'empressa d'utiliser la Force pour soulager Lem et arrêter le saignement. Il devait trouver une autre cachette pour soigner la blessure ! S'il restait là…

« Je suis désolé, je n'ai pas vu…je suis désolé…tout va bien… » Marmonna Obi-Wan, paniqué, avançant proche des murs pour ne pas se faire repérer.

« Pas ta faute… » Grimaça Lem, tentant de retenir ses larmes en vain. « C'est à cause d'elle ! Et d'eux ! » Lem haïssait Satine et Death Watch.

Un nouveau tir força Obi-Wan à sauter sur le côté, juste à temps. Il était paniqué et ennuyé. Death Watch se disait Mandalorien et le futur de Mandalore ? Satine aussi ? Il n'en était rien ! Ils étaient pathétiques ! Ils utilisaient des enfants pour leur propre intérêt, oubliant celui du peuple. Une rage indigne d'un Jedi l'envahit, la même qu'il avait ressenti face aux Jeunes. Un Jedi se devait de protéger les innocents. Pas les abandonner. Et Death Watch tirait sur des enfants. Sur Lem. Obi-Wan était de nature calme, timide et attentionné (surtout avec les enfants). Les seules fois où il ressentait de la rage était lorsqu'il voyait des enfants en danger. Et sa colère était terrible (Quinlan, pourtant plus fort que lui, était terrifié de lui lorsqu'il se mettait en colère).

Obi-Wan prit une décision. Une décision qui changea l'avenir de Mandalore.

Il garda Lem dans ses bras et se tourna, ses yeux bleus luisaient pour fixer les membres de Death Watch avec beaucoup d'intensité. Il libéra une main pour la lever. Et il invoqua la Force à lui, la laissant couler le long de son corps et l'entourer. Il agit.

« Stop ! » Ordonna-t-il.

Ils obéirent. Les membres de Death Watch se figèrent, immobiles pendant un instant. Les Mandaloriens sursautèrent et visèrent Obi-Wan, surpris mais méfiants. Le silence retomba dans la rue et Obi-Wan serra Lem contre lui, protecteur et en colère.

« Jedi ! » Cracha un membre de Deatch Watch.

« Que fout un Jedi ici ? » Siffla un Mandalorien. « Les Jedi sont à la botte des Kryze. »

Obi-Wan ignora les insultes, se concentrant sur le principal. Satine sortit de sa cachette pour se placer derrière Obi-Wan, comme s'il allait la protéger de la foule en colère. Son apparition raviva les insultes et les cris de rage. Et Satine se tenait droite et supérieure, prouvant qu'elle était civilisée là où les autres étaient des barbares. Mais un Mandalorien releva un détail.

« Le Jedi nous prend un enfant ! »

Cette fois, les Mandaloriens grondèrent et ordonnèrent de le lâcher. Mais ni Obi-Wan, ni Lem ne voulurent obéir. Et les Mandaloriens ne voulaient pas tirer, de peur de blesser l'enfant.

« Ah ! Les Jedi n'hésitent pas à utiliser des enfants ! » Siffla un membre de Death Watch. « Juste pour avoir la paix ! »

Et Obi-Wan vit rouge.

« Tu te fous de ma gueule ? » Cracha Obi-Wan, loin de son calme habituel, stupéfiant tout le monde (on ne s'attendait pas à un tel langage venant d'un Jedi). « Oh, mais je vous en prie, continuez à m'insulter, je suis tout ouïe ! » Ironisa le rouquin. « Voleur d'enfant ? Utiliser un enfant pour mon intérêt ? Les Mandaloriens sont tombés si bas ? »

« Comment oses-tu ? » S'écria quelqu'un et ils crachèrent sur Obi-Wan.

« J'ose ! » Interrompit Obi-Wan, levant la main. « J'ose pour la seule raison que les Mandaloriens ont perdu leur voie ! Où sont ces guerriers légendaires qui protègent leurs enfants quitte à détruire une planète ? Où ? Tout ce que je vois, c'est un groupe terroriste qui se sert d'enfants pour faire leur petite guérilla ! Et pourquoi ? Pour recréer un Empire ? Ne me faites pas rire ! »

Les membres de Death Watch tentèrent de bouger mais Obi-Wan les maintenait sur place avec la Force et les Mandaloriens écoutaient avec attention, les sourcils froncés, tandis que Satine semblait satisfaite de sa réponse, pensant qu'il comprenait la culture barbare de ce monde. Lem s'accrochait toujours à lui.

« Vous n'êtes même pas capable de vous entendre et de fonder un gouvernement stable ! » Continua Obi-Wan. « A quoi sert un Empire si vous ne gardez pas la paix sur votre propre planète ? Un Empire ? A quoi bon ? La population mandalorienne a fortement décliné et n'a presque pas d'argent ! Comment maintenir et protéger votre Empire ? Il faut des moyens considérables ! A la place de vouloir un Empire, protégez ce qui est nécessaire ! Vos enfants ! »

Obi-Wan pointa Lem du doigt puis les autres enfants qui étaient accrochés à leurs parents.

« C'est normal que vos enfants soient impliqués dans un conflit qui n'a pas de sens ? » Demanda Obi-Wan. « Dites-moi…est-ce normal que je doive m'occuper de Lem depuis plusieurs semaines parce qu'il a dû s'échapper de Death Watch ? Est-ce normal qu'un enfant se retrouve sous une fusillade pour votre querelle ? Est-ce normal ? » Obi-Wan cria ces derniers mots et il put voir que certains Mandaloriens étaient gênés.

« C'est pour ça qu'il faut se séparer de cette culture barbare. » Intervint Satine, faisant rager tout le monde.

« Ne me parle pas, Satine. » Siffla Obi-Wan, se tournant vers elle et la blonde recula. « Je ne veux pas entendre un mot de ta bouche lorsque ta solution de paix implique de pousser un enfant sous les tirs pour te protéger. » Il eut un silence choqué. « Je veux encore moins t'entendre lorsque la seule solution que tu proposes est de détruire une culture millénaire pour un rêve idéal de paix ! Ce que tu proposes est du racisme, de la discrimination, voire un génocide ! Les Mandaloriens sont un peuple de guerriers, pas une espèce ! C'est comme si tu me disais d'interdire aux Jedi d'utiliser la Force ! Comment veux-tu séparer la Force d'un Jedi ? C'est impossible ! Comment veux-tu séparer les armes d'un Mandaloriens ? C'est également impossible ! »

Satine avait les yeux écarquillés et son dos était pressé contre le mur. Obi-Wan fut satisfait de voir une expression troublée sur son visage. Le rouquin ignorait les regards impressionnés et mal à l'aise qu'on lui lançaient.

« Mais…tu es un Jedi ! » Protesta Satine. « Tu devrais me soutenir et vouloir la paix… »

« C'est là que tu te trompes. » Contra Obi-Wan, sévère, parlant comme s'il donnait une leçon à son cher clan Babouche. « Je suis un gardien de la paix, pas un pacifiste idéologique. Si je veux préserver la paix, je dois préparer la guerre. Pourquoi crois-tu que les Jedi savent se battre ? Es-tu aussi naïve et lâche pour ne pas savoir ça ? Je croyais que tu as étudié dans une université de la République ? Si je me souviens bien, cette partie est au programme. »

Obi-Wan se détourna de Satine, humiliée par les paroles du rouquin qu'elle ne pouvait pas réfuter. Il observa les Mandaloriens et Death Watch dans les yeux.

« Ni Death Watch ni les Nouveaux Mandaloriens ne méritent de gouverner un peuple qu'ils ne comprennent pas. » Poursuivit Obi-Wan, en mando'a, choquant les Mandolariens qui ne s'attendaient pas à entendre un Jedi parler leur langue. « Ils ne connaissent pas, ni ne respectent leur propre culture. Pourquoi vouloir les suivre ? Le seul groupe capable d'unir Mandalore et le seul groupe que je respecte est les Vrais Mandaloriens et leur Mand'alor, Jango Fett. »

Puis Obi-Wan sentit la Force l'envahir et lui chuchoter quelques mots à l'oreille, le guidant. Il sut ce qu'il devait dire.

« Au nom des Jedi, je m'excuse pour Galidraan. » Obi-Wan s'inclina bas, tenant Lem contre lui. « Rien ne pourra effacer ce crime mais rien ne m'interdit de faire le premier pas vers des relations plus saines entre nos peuples. »

Les Mandaloriens, comme les membres de Death Watch observèrent Obi-Wan, fascinés par ses excuses et ses mots. Son discours résumait le chaos que vivaient les Mandaloriens depuis des années. Le fait qu'un adolescent (Obi-Wan avait 16 ans et il n'était pas bien grand) et d'un étranger (même un Jedi) pointait leur hypocrisie du doigt renforçait l'aberration de leur conflit.

« Pourquoi nous dire tout cela ? » Demanda finalement un Mandalorien. « Pourquoi un Jedi nous dirait-il ceci ? » Finit-il en basique.

« Parce que j'aime Mandalore. » Obi-Wan leur adressa un brillant sourire.

Sa simple réponse figea plus d'un Mandalorien, stupéfait. Comment réagir ou répondre à une telle annonce ? Même venant d'un Jedi ! Avec un sourire, ils ne virent qu'un adolescent heureux de partager ses connaissances apprises, et non un Jedi impassible comme on pourrait le croire. Ils virent un adolescent prêt à tout pour protéger une autre culture, ennemie de la sienne, et pour préserver l'enfant qu'il tenait dans ses bras. Ils en furent éberlués et admiratifs.

« Obi-Wan ? » Lem interrompit, s'accrochant à sa tunique et le rouquin porta toute son attention sur lui, paniqué. « Mal… »

Le rouquin lâcha les membres de Death Watch, qui ne bougèrent pas pour autant, bien trop bouleversés par le discours du jeune Padawan. A la place, ils observèrent Obi-Wan paniquer et jouer la mère poule pour un enfant qu'ils avaient blessé. Peut-être qu'il était temps de changer ? D'aller de l'avant ?

Obi-Wan ignorait que son discours avait été filmé et que la vidéo fut en n°1 des tendances du Net.

Mandalore fut sauvé.

Et Obi-Wan attira l'attention d'une certaine personne sur lui.

OoO

« Obi ! » Peth courut vers lui et sauta pour lui faire un câlin. « Tu repars en mission maintenant ? »

La jeune fille de 11 ans, à nouveau leader de leur clan, était suivie par les autres membres du groupe (et de d'autres enfants). Obi-Wan sourit et se mit à genoux devant eux, écartant les bras pour leur faire un câlin, comme à chaque fois qu'il partait en mission. Le jeune rouquin de 20 ans retournait toujours à la crèche dès qu'il le pouvait. Depuis sa mission sur Mandalore (et cette embarrassante vidéo postée en ligne), Obi-Wan était respecté et il ne comprenait pas pourquoi. Vraiment pas. Aucun Jedi ou Padawan ne l'embêtaient et se moquaient de ses activités avec les enfants. A l'inverse, ils l'admiraient pour cela ! Obi-Wan était autant connu pour ses talents de négociateur que pour ses talents de baby-sitters adoré.

Plusieurs Maîtres et ses professeurs vinrent même le voir pour lui donner des conseils sur la meilleure façon de négocier et de débattre. Certains vinrent même lui demander conseil ! Alors qu'il n'était qu'un Padawan ! Même Maîtres Windu et Koon vinrent lui rendre visite ! Le respect qu'on lui accordait augmenta au fil des années lorsque les Jedi (et le public) se rendirent compte qu'Obi-Wan était un négociateur de génie. Il fut même recommandé (Le Sénateur Palpatine tenta de lui parler à plusieurs reprises mais Obi-Wan ne l'aimait pas, la Force le poussait loin de lui et il écoutait toujours la Force : il ne passait jamais plus de cinq minutes avec cet homme). Et il n'était qu'un Padawan. Plusieurs personnes filmèrent ses discours et ils remarquèrent que dès que Qui-Gon parlait, il détruisait toutes les négociations avec des paroles blessantes et mal avisées. Maître Yoda lui ordonna même de ne pas ouvrir la bouche pendant des négociations et de juste laisser Obi-Wan faire. Qui-Gon, en colère, augmenta les entraînements d'Obi-Wan pour le punir. Mais le rouquin vit ces entraînements comme un moyen de s'améliorer et pour un maximum d'innocents !

Il fallait dire, pour une raison étrange, son discours sur Mandalore avait ému énormément de monde (autant les Jedi, qui furent heureux de se voir défendus, et les Mandaloriens qui voulaient leur culture, ainsi que le public). A tel point que cela avait mis fin au conflit. Vizla fut arrêté pour ses crimes avec Death Watch (Obi-Wan apprit que se furent les membres de Death Watch qui se rendirent avec Vizla). Satine fut tout de suite retirée de la politique après avoir poussé un enfant vers le danger (malheureusement pour Satine, son action fut filmée par les caméras de surveillance et postée en ligne : personne ne voulait suivre une dirigeante prête à sacrifier un enfant pour sa survie, en plus de détruire toute une culture). Les Mandaloriens décidèrent de retrouver Jango Fett, leur vrai Mand'alor, pour qu'il les dirige. Encore fallait-il le retrouver. Ce fut Kal Skirata qui prit la direction de Mandalore, attendant le retour de Fett (Obi-Wan ignorait que Skirata avait été choisi comme leader temporaire pour la simple raison que son petit-fils, Lem, était un ami d'Obi-Wan). Obi-Wan semblait avoir gagné le respect et l'admiration des Mandaloriens malgré le fait qu'il était un Jedi. Et il en était très embarrassé mais heureux de voir Lem réunit avec son clan. Plusieurs fois par semaine, il envoyait des messages à Lem (et Kal avec qui il était devenu ami).

Qui-Gon n'avait pas été ravi. Il avait tenté de remettre Satine au pouvoir et de critiquer Obi-Wan et sa démarche. Pour son Maître, le rouquin avait fait preuve d'émotions et avait compromis leur mission (alors qu'il avait pu pacifier ce peuple). Autant dire, les Mandaloriens avaient enfermé Qui-Gon dans une chambre pendant toute la durée de leur séjour et des négociations entre les groupes (qu'Obi-Wan pacifiait merveilleusement). Les Mandaloriens détestaient Qui-Gon (et Satine). Et Qui-Gon ne put jamais punir Obi-Wan pour son discours car le Conseil Jedi récompensa Obi-Wan pour son incroyable victoire.

Et le revoilà parti pour une mission bien complexe.

« Ne vous en faites pas, il s'agit d'une mission d'ambassadeur ! » Sourit Obi-Wan, caressant les têtes des différents enfants autour de lui. « Rien de bien passionnant. »

« Avec toi, tout devient passionnant ! » Protesta Ali avec de grands gestes. « Même les trucs les plus ennuyeux deviennent cools ! »

Meilleur prof ! Signa Ryun, rougissant lorsqu'Obi-Wan rit.

« Faites-moi plaisir, les enfants, prenez soin des plus jeunes ! » Obi-Wan pointa les nouveaux arrivants du clan Babouche, dont une adorable petite Togruta du nom d'Ashoka. « Je veux que des compliments à mon retour ! »

« Chef, oui, chef ! » Les enfants saluèrent dans un même mouvement, prenant l'air sérieux, sous le regard amusé des passants.

« N'hésitez pas à martyriser Maître Windu… » Ajouta Obi-Wan, tout bas pour que seuls les enfants l'entendent. « Une petite farce bien placée peut toujours faire plaisir, n'est-ce pas ? » Il fit un clin d'œil alors que les enfants s'existèrent, imaginant déjà un plan et Obi-Wan donna un sac à Em'Ma. « C'est une perruque rose fluo. Votre mission, si vous l'acceptez, et de la déposer sur la tête de Maître Windu sans vous faire repérer ! »

C'était un excellent entrainement dans la maîtrise de la Force tout en s'amusant.

« Chef, oui chef ! » Crièrent les enfants, beaucoup plus excités maintenant qu'ils avaient une mission.

« Allez, zou ! »

Obi-Wan se releva pour les pousser vers leur crèche master, Maître Gills, qui lui fit un clin d'œil amusé.

« Tu vas où ? » Demanda Em'Ma, curieuse.

« Naboo. »

OoO

« Oh. »

La voix d'Obi-Wan résonna dans le sas d'embarquement du vaisseau. Le jeune adulte observait avec surprise un adorable enfant de neuf ans, blond, habillé par des vêtements traditionnels de Tatooine. Ledit enfant le regardait avec des étoiles dans les yeux depuis qu'il avait appris qu'il était également un Jedi (comme Qui-Gon, l'homme qui l'avait apparemment sauvé…sauvé mais de quoi ? Se demanda Obi-Wan).

« Bonjour. » Obi-Wan s'accroupit devant le blondinet. « Je suis Obi-Wan Kenobi, Maître Qui-Gon t'a appelé Anakin, n'est-ce pas ? »

« Oui ! » S'écria l'enfant, excité. « C'est fantastique d'être dans un vaisseau ! J'ai toujours voulu entrer dans un vaisseau et voir l'espace ! J'ai toujours rêvé d'être un Jedi ! Comment c'est d'être un Jedi ? Et on va voir quelle planète ? Je peux voir les pilotes ? »

Obi-Wan laissa un petit rire lui échapper et il caressa la tête du blondinet avec affection. L'enfant ressemblait beaucoup à Em'Ma, il avait les mêmes flux de questions et de curiosité. Il s'entendrait bien avec elle. Peut-être pourrait-il les présenter ? Il ne faisait aucun doute qu'Anakin allait finir au Temple, avec la Force puissante qu'il possédait. Un peu jeune pour devenir un Padawan et un peu trop vieux pour entrer au Temple mais ils avaient déjà accueilli d'autres enfants du même âge, non ?

« Doucement, jeune Anakin. » S'amusa Obi-Wan et le garçon rougit, embarrassé. « On a du temps. Que veux-tu savoir en premier ? »

« Mmh ! » Le garçon posa un doigt contre sa joue avant de sourire, excité. « Pilote ! »

« Très bien ! » Rit Obi-Wan et il invita Anakin à s'asseoir contre lui alors qu'il prenait un datapad pour lui expliquer ce qu'il savait sur le pilotage. « Je dois te prévenir, je ne suis pas un très bon pilote, ni le plus connaisseur, mais je vais faire de mon mieux ! »

Les deux jeunes personnes passèrent le reste de leur voyage vers Coruscant assis l'un contre l'autre. Obi-Wan partageait son expérience, racontait ses missions, ses voyages, les petites anecdotes amusantes et la vie au Temple. Anakin écoutait, passionné, et posait beaucoup de questions, enthousiaste. Qui-Gon voyait d'un mauvais œil leur discussion. A plusieurs reprises, il avait tenté d'y mettre fin pour discuter avec Anakin en privé, lançant des regards réprobateurs à Obi-Wan qui sentit son cœur se serrer dans sa poitrine (Anakin préférait la compagnie d'un jeune adulte qu'un homme âgé). Il savait ce qu'impliquait Qui-Gon : son Maître avait trouvé un enfant bien plus puissant que lui, plus doué. Il voulait faire de lui son nouveau Padawan et le rouquin savait qu'il serait répudié. Anakin…Anakin était bien plus que lui. Mais Obi-Wan ne pouvait pas lui en vouloir. L'enfant était bien trop jeune, innocent. Comment lui en vouloir ? Mais Obi-Wan ne pouvait s'empêcher de penser qu'Anakin devrait vivre minimum deux ans dans la crèche pour se faire une idée de ce nouveau monde.

Mais pour le moment, il ne voulait pas stresser le pauvre enfant qui ressentait déjà un mal du pays. D'après ces dires, sa mère lui manquait et il s'inquiétait pour elle. Obi-Wan le comprenait : Tatooine n'était pas une planète facile à vivre. Obi-Wan était curieux. Il voulait en savoir un peu plus sur l'origine du garçon (et de sa mère). Simplement, il ne voulait pas lui poser de questions de peur de l'intimider. Il devrait demander à Qui-Gon. Il s'assura qu'Anakin s'occupait bien en compagnie de R2-D2 pour rejoindre son Maître (bientôt, il ne serait même plus son Maître, juste un obstacle à son désir d'entraîner un enfant puissant).

« Maître. » Salua respectueusement Obi-Wan, tandis que Qui-Gon lisait un rapport dans la salle commune du vaisseau, actuellement vide (il était tard). « J'aurais une question. »

Qui-Gon soupira et Obi-Wan sentit, dans la Force, qu'il était agacé de son intervention. Obi-Wan refusa de se sentir coupable de l'avoir dérangé dans son rapport (probablement sur ce fameux Sith qu'ils avaient croisé sur Tatooine) : la condition d'Anakin, un enfant, était en jeu. Et il serait prêt à se sacrifier pour aider un enfant dans le besoin.

« Qui a-t-il ? » Qui-Gon fit un vague geste de la main, claquant violemment son rapport sur la table, le bruit résonna dans la salle. « J'espère que c'est pertinent et non une perte de temps. »

« C'est au sujet d'Anakin… » Obi-Wan commença et il vit Qui-Gon porter enfin un peu d'attention.

« Tu sais que tu n'as rien à dire à propos d'Anakin. » Coupa sévèrement Qui-Gon. « Un Jedi ne doit pas être jaloux.

« Jaloux ? » Le rouquin cligna des yeux, confus. « Pourquoi serais-je jaloux d'Anakin ? »

Anakin avait 9 ans ! Il était un enfant ! Quel idiot serait jaloux d'un adorable enfant curieux qui manquait d'affection ?

« Il est plus puissant que toi. » Remarqua Qui-Gon et Obi-Wan ne comprenait toujours pas où il venait en venir : bien sûr qu'il savait qu'Anakin était plus puissant que lui. « C'est la raison pour laquelle il doit être entraîné malgré son âge. »

Obi-Wan se racla la gorge. Qui-Gon impliquait directement…il impliquait qu'il voulait entraîner Anakin. Même s'il avait encore un Padawan de 20 ans. C'était douloureux mais le rouquin s'y attendait. Mais il voulait pleurer tout de même. Le rejet faisait mal mais il n'en voulait pas au blond (intérieurement, il secoua la tête : Anakin méritait de passer du temps avec des enfants de son âge, pas devenir Padawan tout de suite).

« Cela n'a rien à voir ! » Protesta Obi-Wan, les sourcils froncés. « Je ne suis pas jaloux. Et qu'il soit puissant ou non n'a aucune importance. »

« Bien sûr que si. » Rétorqua son Maître. « La puissance à son importance. »

Mais Obi-Wan préféra l'ignorer pour masquer sa déception de l'homme. Qui-Gon ne voyait pas Anakin comme étant Anakin, un enfant qui découvrait le monde, il voyait seulement un enfant puissant qu'il pourrait entraîner pour sa propre renommée. Il espérait que Qui-Gon ne devienne jamais son Maître. Anakin allait souffrir sous son apprentissage.

« Je voudrais savoir… » Obi-Wan préféra poser sa question avant que ses pensées ne deviennent dépressives. « D'où vient Anakin ? Et sa mère ? Elle va bien ? Tatooine n'est peut-être pas la meilleure planète pour… »

« Je t'arrête tout de suite, Obi-Wan. » Qui-Gon leva sa main pour le couper. « Tu n'as pas besoin de connaître son origine. Il vient de Tatooine, c'est tout ce qui compte. Il va devenir un Jedi, le reste n'a aucune importance. »

Obi-Wan écarquilla les yeux pendant un bref instant. Qui-Gon pensait vraiment…Anakin n'avait donc de la valeur pour lui que pour son pouvoir ? C'était affreux.

« Et pour sa mère ? » Insista tout de même Obi-Wan. « On pourrait aller la chercher ? Anakin est inquiet pour elle…Tatooine est… »

« Obi-Wan. » Gronda Qui-Gon et Obi-Wan baissa rapidement les yeux alors que la Force agressive de son Maître l'entourait pour l'obliger à se taire. « Sa mère n'a aucune importance maintenant. Anakin va être un Jedi, sa mère ne peut devenir une distraction. Elle reste là où elle est. »

Obi-Wan sentit son cœur se serrer dans sa poitrine en entendant les mots cruels de son Maître. Anakin ne méritait pas ça. Vraiment pas. Qui-Gon se montrait sous son vrai jour à chaque fois que l'enfant disparaissait de son champ de vision, se montrant protecteur et paternel lorsqu'il était là. Pauvre Anakin.

« Mais… » Protesta doucement Obi-Wan, qui voulait vraiment aider la pauvre mère de l'enfant.

« Obi-Wan. » Qui-Gon se leva de toute sa hauteur et le rouquin recula d'un pas. « La discussion est close. Maintenant, file, tu perds mon temps. »

La Force gronda pendant un instant alors qu'Obi-Wan reculait doucement, les yeux rivés sur le sol. Il fit volte-face et se dirigea vers sa cabine. Il n'avait qu'une envie, se cacher dans son lit. Qui-Gon ne comprenait rien à l'éducation et aux biens-êtres des enfants. Pour lui, ils n'étaient que des outils pour sa renommée (il suffisait de voir Xanatos avant qu'il ne Chute à cause du comportement de Qui-Gon !) ou de honte (pauvre Feemor et lui-même…) Le rouquin n'hésita pas à se rouler en boule une fois sous sa couette. Il ferma les yeux seulement pour les rouvrir quelques instants plus tard, lorsqu'il fut rejoint par Anakin. L'enfant se plaqua contre lui, se cachant aussi sous la couverture.

« Tu ne devais pas construire un mini robot avec R2 ? » S'amusa Obi-Wan, soulagé de voir l'enfant loin de Qui-Gon.

« Fatigué… » Marmonna sombrement Anakin, cachant son visage contre son torse.

Le rouquin rit légèrement et caressa les cheveux, se sentant coupable de ne pas pouvoir aider sa mère (peut-être qu'il pourra l'aider une fois Chevalier ? Ou demander à Quinlan ?).

« Eh bien dors. » Encouragea-t-il en refermant les yeux. « Je suis fatigué, aussi… »

Obi-Wan ne remarqua pas le visage sombre et les yeux remplis de colère et de rage d'Anakin, pas plus qu'il ne sentit la Force de l'enfant pulser hors de son corps, incontrôlable alors que le blondinet s'accrochait, dans un geste protecteur, au rouquin.

Anakin avait entendu toute la conversation entre Qui-Gon et Obi-Wan.

OoO

Qui-Gon avait tout foiré. Obi-Wan voulait se jeter de la fenêtre de la tour du Conseil. Comment Qui-Gon avait-il pu autant foirer ? Il voulait prendre Anakin comme Padawan (il venait d'être rejeté, cela faisait mal…). Mais il était incapable d'argumenter calmement avec les membres du Conseil. Il était tellement agaçant que le Conseil avait rejeté Anakin. Et ils devaient repartir en mission. Avec Anakin. Pour combattre une guerre et probablement un Sith. Et Obi-Wan ne pourrait même pas saluer son Clan Babouche adoré.

« Qu'est-ce que je vais devenir ? » Chuchota Anakin alors que sa petite main entoura celle d'Obi-Wan alors qu'ils étaient toujours devant la porte du Conseil, Qui-Gon, furieux, avait déjà fui, retournant voir la Reine Padmé, abandonnant les deux plus jeunes. « Je vais redevenir un esclave ? »

La vision d'Obi-Wan devint noire et il se mit à respirer rapidement. Esclave ? Comment ça, un esclave ? Anakin était…un esclave ? Oh. Oh non. Qui-Gon…avait acheté un esclave. Un enfant. Pour en faire son Padawan immédiatement. Sans aucun traitement mental et physique. Abandonnant sa mère à l'esclavage (expliquant l'inquiétude et la peur d'Anakin). Obi-Wan aurait dû s'en douter. Tatooine était une terrible planète pratiquant l'esclavage. Il aurait dû savoir qu'Anakin avait été un esclave (avait-on enlevé sa puce ?). Et Qui-Gon n'avait rien dit au Conseil qui aurait agi autrement. Qui-Gon voulait ledit Élu pour lui seul. Paniqué, Obi-Wan tomba à genoux devant l'enfant pour le presser contre lui.

« Bien sûr que non ! » Promit-il fermement. « Personne ne t'enverra là-bas ! » Obi-Wan regarda ensuite Anakin dans les yeux, coupable. « J'aurais dû savoir, Anakin…je suis désolé…je te promets que j'irais aider ta mère une fois Chevalier. »

« Je sais. » Anakin sourit simplement, mystérieux, à la confusion d'Obi-Wan. « Je te fais confiance. »

Obi-Wan sourit gentiment et tapota la tête du blond. Puis il regarda la porte du Conseil. Peut-être que s'il allait plaider la cause d'Anakin et expliquer sa situation, ils comprendront. Peut-être qu'ils iraient libérer la mère d'Anakin. Peut-être que l'enfant pourra passer les prochaines années dans la Crèche, à guérir de son traumatisme et apprendre la vie d'une personne libre. Obi-Wan se leva, décidé. Il n'était pas Qui-Gon et il savait que les membres du Conseil l'aimaient bien. Il pourrait aider le plus jeune.

« Obi-Wan ? » Demanda l'enfant, surpris.

« J'ai une idée. » Il adressa un sourire à Anakin. « Une idée qui pourra libérer ta mère et te permettre de devenir un Jedi. »

Et qui mettra Qui-Gon en colère. Mais Obi-Wan avait l'habitude de subir la colère de son Maître.

Les yeux d'Anakin brillèrent d'admiration. Les deux nouveaux amis entrèrent main dans la main dans la salle du Conseil.

Plus tard, Anakin fut accepté dans la Clan Babouche (ou le Clan Kenobi, comme l'appelait tout le monde, sauf Obi-Wan), se lia immédiatement d'amitié avec Em'Ma, Peth, Ali et Ryun (et même Lem, par holo) et suivit un programme d'apprentissage et de guérison avec assiduité. Sa mère fut libérée quelques jours plus tard et s'installa tranquillement sur Naboo, heureuse de pouvoir revoir son fils (Padmé lui offrit un métier de mécanicienne pour la remercier de son aide). Obi-Wan termina brillamment sa mission sur Naboo, devenant la première personne à avoir tué un Sith, en tranchant la tête de Darth Maul.

Il devient Chevalier et reconnut par l'Ordre.

Malheureusement, Qui-Gon survécut.

OoO

Les deux années suivantes passèrent très rapidement. A seulement 22 ans, Obi-Wan avait acquis une petite notoriété. Excellent négociateur et baby-sitter, il avait réussi à former un réseau conséquent de contacts, allant du Sénat (où il s'était lié d'amitié avec Bail Organa) à des petits groupes de personnes dans le besoin sans grand intérêt pour la République. Souvent, Obi-Wan préférait perdre du temps dans ses missions pour aider tout type d'individus, parfois même des petits malfrats, qui gardaient un code moral. Mais Obi-Wan, en plus d'être connu pour être le premier tueur de Sith depuis 1000 ans, faisait l'objet de l'admiration de tous les enfants qu'il croisait. Le rouquin n'hésitait pas à les aider, à se sacrifier pour eux, à les protéger…après une mission, le jeune Jedi gardait toujours un contact avec ces différents enfants rencontrés, en leur donnant son numéro et ses coordonnées. S'ils avaient besoin d'aide, ou s'ils voulaient juste discuter, ils pouvaient contacter Obi-Wan. Cette protection renforçait la popularité du rouquin.

« Obi-Wan ! » Cria Em'Ma, courant dans ses bras alors qu'il entrait dans la crèche, suivi de ses amis. « Devine la bonne nouvelle ! Devine ! Devine ! Devine ! » Répéta l'enfant, surexcitée.

« Mmh… » Obi-Wan prit un air pensif, entourant la jeune fille de ses bras alors que le reste du Clan Babouche (et d'autres enfants) les entouraient. « Tu as réussi à cuisiner un gâteau au chocolat sans le rater ? » Sourit malicieusement le rouquin.

« Obi-Wan… » Geignit Em'Ma en rougissant alors que ses amis ricanèrent. « J'ai raté la cuisson une fois. Juste une fois ! Tu vas me charrier pendant combien de temps ? »

« Pour le reste de l'éternité. » Gloussa Ali, reposant son poids contre le corps d'Anakin.

« Je me suis améliorée ! » Protesta Em'Ma.

« On en parle de la fois où tu as confondu le sel avec le sucre ? » Anakin contra, un sourcil haussé, faisant sourire Obi-Wan, ravi de le voir aussi bien intégré.

Em'Ma grommela mais n'ajouta rien, s'avouant vaincue. Puis elle se tourna vers Obi-Wan, toute décidée et heureuse.

« J'ai été choisie comme Padawan ! » S'écria-t-elle, les yeux brillants de joie. « Chevalier Nathanaël Morgan m'a demandé la semaine dernière ! Je voulais attendre ton retour avant de lui dire que j'acceptais ! Il a juste ri et accepté… » Em'Ma fronça les sourcils avant de continuer. « Tu n'es pas fâché ? »

« Pourquoi le serais-je ! » Obi-Wan était heureux pour Em'Ma. « C'est une excellente nouvelle à fêter ! Chevalier Morgan est un très bon Jedi. Il fera un merveilleux Maître. » Le rouquin frotta la tête de l'enfant. « N'oublie pas que je suis toujours là en cas de problème. »

« Merci ! » Em'Ma, ravie, frotta sa joue contre le torse du plus âgé. « Obi-Wan, nous aussi, on est là pour toi et pour t'aider ! Même si on devient Padawan d'un autre Jedi ! Tu es le meilleur Jedi et notre préféré ! »

Elle fut acclamée par le reste des enfants de la crèche et Obi-Wan rougit, amusé et timide. Il n'avait pas vraiment l'habitude d'être autant respecté, apprécié et aimé (au plus grand déplaisir de Qui-Gon qui tentait toujours de le rabaisser). Plus loin, les crèches masters sourirent, avec une lueur prédatrice dans leurs yeux : ils n'avaient toujours pas abandonné l'idée de le recruter. Et Obi-Wan songeait réellement à devenir crèche master. Mais avant, il voulait réellement éduquer un Padawan (de préférence Anakin, la Force le poussait vers lui et Anakin lui avait dit que la Force le poussait également vers le rouquin, au plus grand désespoir de Qui-Gon qui tentait de suivre Anakin, à tel point qu'il fut banni de la crèche). Obi-Wan voulait également enquêter sur la présence du dernier Sith survivant (probablement le Maître) avant. Il refusait de voir des enfants en danger et menacés à cause d'un être exécrable.

Obi-Wan secoua la tête pour se débarrasser de ses pensées négatives. Ce soir, il devait être présent pour fêter l'acceptation d'Em'Ma en tant que Padawan, la première de leur groupe ! C'était une bonne journée qu'il ne voulait pas gâcher !

OoO

Une autre année passa. Obi-Wan continua ses missions, gagna plus de notoriété et d'admiration grâce à son efficacité et sa gentillesse (il ne le remarqua pas mais dès que quelqu'un l'insultait, cette personne disparaissait mystérieusement et personne ne soupçonna les regards satisfaits des enfants). Le rouquin donnait même, de temps à autre, entre ses missions, quelques cours de négociations et de géopolitique aux enfants (mais plusieurs Chevaliers et Maîtres Jedi s'incrustèrent également dans le cours pour prendre des notes).

Ryun et Anakin étaient les derniers enfants à ne pas avoir été choisis comme Padawan. Disons plutôt que Ryun ne voulait pas devenir un Jedi mais un Guérisseur. Pour le moment, il passait quelques examens pour pouvoir travailler sous la supervision des Guérisseuses Che et Bant. Il voulait principalement travailler avec les personnes ayant des troubles mentaux. Grâce à lui, Anakin avait compris que les Jedi ne se résumaient pas aux Chevaliers et englobaient beaucoup de branches annexes mais complémentaires. Le blond se rendit compte qu'il pouvait, à tout moment, changer de voie et même quitter l'Ordre Jedi sans pour autant être abandonné.

Son séjour de trois ans à la Crèche lui ouvrit l'esprit, lui apprit la vie de personnes libres et il s'intégra. Son statut d'Élu ne lui importait peu et ses amis n'hésitaient pas à lui donner des claques à chaque fois qu'il devenait trop arrogant. Anakin allait même voir un psychologue et un guérisseur pour discuter de son passé d'esclaves (il était loin d'être le seul Jedi à avoir été esclave). Anakin avait de l'aide et il grandissait mentalement, devenant stable. Il avait même pu nouer des liens avec certains membres du Conseil qu'il avait détesté pour leur refus de l'entraîner. Mais le Conseil ignorait sa position d'esclave et s'était fortement excusé. Plo Koon lui-même s'était chargé de libérer Shmi une foi qu'Obi-Wan les avait convaincu que la cause de sa peur était le statut d'esclave de sa mère. Après beaucoup de thérapies, de discussions avec sa mère et Obi-Wan (ainsi que ses nouveaux amis), Anakin les avait pardonnés (même le terrifiant Maître Windu qui s'adoucissait à chaque fois qu'Obi-Wan entrait dans une pièce).

Mais cela ne l'empêchait pas de ressentir une terrible colère contre Qui-Gon Jinn.

Surtout en ce moment.

« Anakin, quel plaisir de te voir. »

Anakin leva les yeux pour croiser le regard de l'immense homme qui lui offrait un sourire se voulant rassurant. Mais ce sourire n'avait rien de sincère et le blond le savait.

« Maître Jinn. » Anakin hocha la tête poliment, masquant son dédain pour l'homme, sa main accrocha celle de Ryun qui se tenait à côté de lui.

« Je vois que tu es toujours à la crèche. » Constata Qui-Gon d'un air satisfait.

Le blondinet n'apprécia pas cet air satisfait. Il savait que Qui-Gon le voulait comme Padawan juste pour devenir le Maître de l'Élu et pour sa réputation. Le Jedi ne voyait pas Anakin. Il voyait son pouvoir et l'Élu. Il avait abandonné sa mère volontairement pour le manipuler, il avait rejeté Obi-Wan et le méprisait pour tenter de séparer le rouquin d'Anakin. Et le préadolescent le détestait. Un Jedi ne pouvait haïr ? Il n'était pas encore un Jedi, juste un initié. Et il haïssait Qui-Gon. Il refusait de devenir son Padawan. Catégoriquement. Il n'avait pas passé ces dernières années à l'éviter juste pour être coincé avec lui pour les dix prochaines années. Et il voulait devenir le Padawan d'Obi-Wan. Tout le monde le savait. Même la Force. Alors pourquoi Qui-Gon, celui qui proclamait à tout va qu'il suivait la volonté de la Force, n'écoutait jamais la Force ? Même Obi-Wan savait qu'il deviendrait son Maître après avoir gagné un peu d'expérience.

« Franchement, rester dans la crèche est une perte de temps. » Soupira Qui-Gon en secouant la tête. « Je ne comprends pas le Conseil…ils n'écoutent jamais la Force…et Obi-Wan… »

Anakin et Ryun pouvaient entendre tout le mépris qu'avait Qui-Gon pour Obi-Wan dans sa voix. Les deux enfants serrèrent leurs mains, en colère contre cet homme qui se lâchait sur leur Jedi préféré.

« Obi-Wan est bien arrogant… » Qui-Gon siffla. « Il n'a jamais compris la philosophie Jedi, il s'attache bien trop facilement. Je ne comprends pas qu'il puisse avoir autant de succès, ce n'est pas normal pour quelqu'un qui devrait Chuter… »

Obi-Wan ? Chuter ? Utiliser le côté obscur ? Anakin s'empêcha de ricaner de mépris. Aucune chance que cela n'arrive ! Obi-Wan était probablement le Jedi le plus ancré dans la lumière, il fallait être aveugle pour ne pas le remarquer. Cette lumière faisait que les enfants se sentaient en sécurité avec lui et que les autres pouvaient lui faire confiance. Qui-Gon était un hypocrite.

« Tu mérites mieux que ça, Anakin. » Sourit Qui-Gon, lui tendant sa main. « En étant ton Maître, je pourrais t'aider à contrôler ton pouvoir et à devenir le Jedi que tu rêves de devenir. »

Et si Anakin ne voulait pas devenir un Jedi et entrer dans le rang des Jedi explorateurs et pilotes ? C'était présomptueux de la part de Qui-Gon de vouloir lui imposer sa vision des choses.

« Non. » Anakin attrapa Ryun pour le mettre derrière lui.

« Pardon ? » Qui-Gon cligna bêtement des yeux comme s'il ne comprenait pas qu'Anakin ne voulait pas devenir son Padawan.

« Je ne veux – et ne peux – devenir votre Padawan. » Cingla Anakin, reculant toujours en compagnie de Ryun.

Qui-Gon resta stupidement immobile, stupéfait par ce refus. Et Anakin en profita pour attraper Ryun et s'enfuir. En courant, ils entendirent la voix furieuse de Qui-Gon.

« Quelle insolence ! Une fois ton Maître, je t'apprendrais à respecter tes aînés ! Tu ne veux pas devenir mon Padawan ? Quelle idée Obi-Wan t'a mis dans la tête ? Évidemment que tu seras mon Padawan, je t'ai bien libéré, non ? C'est mon droit de… »

Aucun des deux n'entendirent la suite de sa phrase mais les deux frissonnèrent. Qui-Gon était vraiment taré et terrifiant. Anakin ne voulait pas devenir le Padawan de cet enfoiré qui accusait Obi-Wan de tous les problèmes de cette galaxie. Juste parce qu'il l'avait libéré, il voulait devenir son Maître ? Anakin avait juste l'impression que Qui-Gon avait confondu Maître Jedi et Maître d'esclaves. En sécurité dans la crèche, Ryun et Anakin se consolèrent et se rassurèrent, Obi-Wan les rejoignant rapidement après avoir senti leur peur dans la Force. Le rouquin promit de parler au Conseil.

Qui-Gon fut envoyé pour une longue mission à la périphérie de la République après avoir été puni fermement par le Conseil. Qui-Gon ne semblait pas comprendre qu'il était en tort et refusait de voir Obi-Wan se rapprocher d'Anakin, l'accusant de lui voler son Padawan. Le Conseil dut contacter un psychologue avant qu'il ne parte en mission avec une obligation de ne pas s'approcher des deux jeunes gens.

Et Obi-Wan devint enfin le Maître d'Anakin.

OoO

Plusieurs années passèrent. Anakin et Obi-Wan formaient un incroyable duo et suscitaient l'admiration et l'amitié de leurs clients, des passants et des autres Jedi. Anakin tenait à imiter la gentillesse de son Maître mais il n'avait pas le même caractère calme et doux qu'il fallait pour aider les enfants, il était impulsif (Anakin trouvait toujours amusant de voir Obi-Wan être envahi par des enfants). Cela ne l'empêchait pas d'être prêt à aider les personnes dans le besoin, à la plus grande fierté d'Obi-Wan. Anakin n'avait jamais été aussi heureux de toute sa vie, pouvant rencontrer sa mère et Padmé (elle était vraiment magnifique et incroyablement gentille !). Obi-Wan partait du principe de faire un ou deux mois de mission avant de rester un ou deux mois au Temple afin qu'Anakin reste en contact avec ses amis (tous ses amis réussissaient parfaitement bien leur apprentissage grâce aux aides d'Obi-Wan) et puisse suivre les cours.

Qui-Gon ne pouvait rien dire, il retournait au Temple seulement lorsque le Conseil s'était assuré que ni Obi-Wan, ni Anakin étaient au Temple.

« Maître… » Geignit Anakin alors que leur vaisseau traversait l'espace. « On arrive bientôt ? »

« Bientôt. » Sourit Obi-Wan, qui s'était laissé pousser la barbe, finement taillée et entretenue. « Dans quelques heures. » Puis le rouquin s'assit devant son Padawan et prit un air sérieux. « Cette mission est particulière. En réalité, ce n'est même pas une mission, juste des amis qui veulent nous revoir. »

« Tu es le seul Jedi que les Mandaloriens acceptent sur leur territoire, Maître. » Anakin pointa. « Tu es adulé par eux, je l'ai lu sur l'holonet ! Même ta réputation vient de là ! La seule personne, un Jedi, à avoir permis de pacifier un territoire en pleine guerre civile ! »

Obi-Wan tressaillit, refusant de penser à Melida/Daan (il n'avait pas revu Nield depuis la mort de Cerasi, se sentant coupable). Puis il rougit. Il ne se sentait pas digne de la confiance que lui portaient les Mandaloriens. Il n'était pas la cause de la paix ! Il avait juste crié quelques mots, quelques vérités, par colère, ce qui était indigne d'un Jedi. Mais il l'avait fait pour protéger un enfant. Néanmoins, les Mandaloriens l'avaient accueilli comme l'un des leurs et il les appelait de temps à autres (notamment pour parler avec Lem).

Le vaisseau se posa sur une piste d'atterrissage quelques heures plus tard. Des dizaines de Mandaloriens attendaient, excités. Si Obi-Wan fut gêné par toute cette attention, Anakin en fut profondément amusé.

« Obi-Wan ! » Un adolescent, un ou deux ans plus âgé qu'Anakin, accourut pour se jeter dans les bras du rouquin.

Instinctivement, Obi-Wan l'attrapa, gémit sous le poids et manqua de tomber. Mais il sourit, amusé et heureux de revoir son jeune ami.

« Lem ! » Rit-il. « Quel plaisir de te revoir ! »

« Tu m'as manqué… » Marmonna Lem, cachant son visage contre son épaule.

« Salut, Lem ! » Anakin intervint soudainement.

Lem se détacha d'Obi-Wan pour fixer Anakin. Les deux se connaissaient et s'appelaient souvent par holo. Pour une raison, ils semblaient en pleine compétition. Obi-Wan ne cherchait pas à comprendre le but et l'origine de cette « dispute ». Lem et Anakin faisaient pratiquement la même taille, Anakin serait probablement plus grand. Mais Lem était plus imposant à cause de son armure qu'il avait reçu après son passage à l'âge adulte.

« Chevalier Kenobi. » Kal Skirata, l'actuel leader de Mandalore en l'absence de Fett, s'approcha avec un grand sourire, son casque sous le bras, suivi de ses proches conseillers et amis. « Bienvenu ! On vous attendait. » Puis il agrippa ses épaules, d'un geste amical. « Suis-moi, Obi-Wan, on a beaucoup de choses à se dire ! »

Le duo disparut dans le palais alors que Lem et Anakin se disputaient doucement derrière eux, sous le regard amusé des Mandaloriens et confus d'Obi-Wan.

OoO

« Personne n'a de nouvelles de Jango Fett. » Soupira Kal, dans son fauteuil. « On sait juste qu'il est vivant…après avoir tué des Jetiise sur Galidraan… » Ni Obi-Wan, ni Anakin ne bougèrent et Kal reprit. « …il a été capturé dans un moment de faiblesse. »

« On tente de suivre sa trace mais… » Une femme secoua la tête dans un soupire. « Quelqu'un semble l'avoir masquée. »

« Vizla ? » Demanda Lem, curieux, assis contre Obi-Wan, refusant de le lâcher, alors qu'Anakin se trouvait de l'autre côté.

« Franchement, mon père en serait capable. » Pre Vizla indiqua. « Mais en fouillant ses documents, il n'y a rien. Je dirais qu'il travaillait juste pour une autre personne et il en a juste profité pour se débarrasser du véritable Mand'alor. Lâche. »

Pre insulta son défunt père, un traître. D'après ce qu'avait compris Obi-Wan, Tor Vizla avait refusé de rejoindre l'alliance des Mandaloriens pour créer un vrai gouvernement après qu'Obi-Wan s'était lâché pour défendre Lem. Tor voulait garder le pouvoir et contrôler un nouvel Empire. En colère, Pre, qui avait été endoctriné depuis son plus jeune mais qui faisait preuve de discernement, avait tué son père avant de rejoindre le nouveau gouvernement à la tête du clan Vizla. Death Watch avait définitivement disparu. Depuis, Mandalore se portait bien et se reconstruisait, tout en cherchant leur Mand'alor disparu.

« On doit partir du principe qu'une autre personne avait l'intérêt de voir Fett disparaître… » Ajouta Bo-Katan Kryze, la petite sœur de Satine qui avait pris le rôle de leader du clan Kryze depuis le crime impardonnable de Satine.

Satine avait tenté de prendre le pouvoir après avoir été fortement critiquée pour avoir utilisé Lem comme bouclier. Le clan Skirata, particulièrement, détestait la jeune fille. Mais elle n'avait jamais accepté le nouveau gouvernement. Plus encore, elle refusait de voir la culture mandalorienne prospérer à nouveau alors qu'elle voulait la voir disparaître. Elle avait tenté un coup d'Etat après le départ des Jedi (elle avait giflé Obi-Wan le considérant coupable de ce changement de pouvoir et les Mandaloriens avaient formé une barrière protectrice entre lui et elle avant de la pousser et de l'enfermer dans sa chambre tandis que Qui-Gon fut escorté dans leur vaisseau pour avoir soutenu Satine). Personne ne voulait la soutenir. Notamment lorsqu'elle était une hypocrite. Elle refusait la violence et proclamait la paix juste pour faire un coup d'Etat ? Sa sœur, excédée, mit fin à ce conflit et enferma sa sœur dans une pièce, sans confort, pour qu'elle comprenne ses crimes et la beauté de Mandalore.

« Je n'arrive pas à croire qu'on n'arrive pas à le retracer. » Soupira Bo-Katan en posant son dos contre sa chaise. « On a pourtant un lien fort avec la guilde des chasseurs de prime mais même eux n'ont aucunes infos à nous fournir… »

Plusieurs personnes grognèrent, particulièrement agacées de l'avancée limitée de leur enquête. Obi-Wan posa une main contre son menton et réfléchit, ignorant le reste de la conversation entre les membres du conseil. Il ferma les yeux pendant quelques instants, se laissant bercer par la Force qui lui chuchota avec bienveillance à l'oreille. Et si…oh. Obi-Wan écarquilla les yeux lorsqu'il se rappela d'un détail.

« …des indices pourraient encore se trouver à Galidraan… »

« Et si… » La voix d'Obi-Wan interrompit le rapport de l'un des conseillers et toute l'attention se porta sur lui. « Un membre du Sénat la fait disparaître, d'une manière ou d'une autre ? »

« Pardon ? » Kal cligna des yeux et inclina la tête sur le côté, les sourcils froncés, probablement en colère de voir son Alor se faire emporter par le Sénat (comme les autres).

« La mission sur Galidraan vient du Sénat pour inciter les Jedi à foncer tête baissée sur les Mandaloriens. » Expliqua Obi-Wan, se massant le menton. « J'ai lu le rapport de la mission. Il n'a aucune indication ou information permettant d'éviter un conflit. La requête vient du Sénat, mais elle est anonyme. Elle demande implicitement de se débarrasser des Mandaloriens et plus précisément de leur leader. Quelqu'un voulait se débarrasser de la seule personne pouvant revendiquer le pouvoir sur Mandalore. »

« Mais pourquoi quelqu'un du Sénat demanderait la mort ou la disparition de Jango ! » S'agaça un homme du nom de Myles, un rescapé de Galidraan et ami de Jango. « Je n'aime pas les Jetiise…sauf toi, Obi-Wan, t'es un ange…et Anakin. Mais je déteste, je hais la République et le Sénat ! »

Obi-Wan rougit un instant face au compliment tandis qu'Anakin et Lem ricanèrent tout en fusillant Myles du regard.

« La principale menace héréditaire de la République est Mandalore. » Se reprit Obi-Wan, continuant son hypothèse. « Depuis une centaine d'années, Mandalore n'est plus unifiée. Mais Jaster Mereel, puis Jango Fett, ont débuté une unification. Si Mandalore est unifiée, elle représenterait une menace pour la République. Même si vous n'avez aucune envie de partir en guerre, la République pensera l'inverse. »

Obi-Wan secoua la tête, deçu par le comportement du Sénat. Il savait que tous les sénateurs n'étaient pas mauvais mais la corruption était particulièrement importante. Même la Force le suppliait de ne pas y mettre les pieds. C'était la principale raison pour laquelle il refusait de rencontrer le Chancelier Palpatine depuis des années et qu'il refusait d'y envoyer Anakin sous prétexte qu'ils repartaient en mission immédiatement. Palpatine voulait, apparemment, les remercier d'avoir sauvé Naboo sept ans plus tôt. Obi-Wan ne comprenait pas pourquoi l'homme les avait déjà remercié pendant la célébration, après la libération. Pourquoi vouloir les voir et garder un œil sur eux ? Rien que d'y penser, cela le faisait frissonner. Son instant de baby-sitter lui interdisait de lui envoyer un enfant de 10 ans dans son bureau, seul. Palpatine serait-il un pédophile ? Jamais il ne laissera l'un de ses enfants en compagnie de cet homme !

« Oh. » Réalisa Bo-Katan, les yeux ronds. « Oui, oui. C'est possible ! Le Sénat veut probablement garder le monopole du pouvoir. Ou quelqu'un ! Envoyer les Jedi, connus pour leur passé tendu avec nous, est une excuse parfaite pour nous pointer comme une menace ! »

« Et discréditer les Jedi. » Ajouta Obi-Wan qui reçut des regards interrogateurs. « Depuis Galidraan, les gens sont suspicieux des Jedi. » Soupira tristement Obi-Wan et Anakin lui serra la main en réconfort. « Pourquoi faire confiance aux Jedi alors qu'ils ont massacré un groupe de guerriers surentraînés sans même vérifier les informations avant ? Les Jedi sont censés être des ambassadeurs, des gardiens de la paix, pas des soldats obéissant stupidement aux ordres flous du Sénat…beaucoup doutent de nous, maintenant… » Murmura Obi-Wan en baissant les yeux. « Et je les comprends… »

Il eut un bref silence ou Obi-Wan refusa de croiser le regard déçu de ceux qu'il considérait comme ses amis. Il avait honte du comportement des Jedi sur Galidraan même s'ils n'étaient pas entièrement responsables. Il aimait sa famille mais…ils auraient pu enquêter avant. C'était la base d'une mission.

« Obi-Wan… » Murmura Kal en posant une main sur son épaule. « On ne peut pas pardonner les Jedi. On ne peut pas pardonner les responsables. Tu devais avoir, quoi, huit ou neuf ans quand Galidraan s'est passé. Anakin ne devait même pas être né ! Les enfants sont l'avenir. On ne t'en veut pas. »

Les autres Mandaloriens hochèrent vigoureusement la tête avec un sourire. Lem se pressa contre lui dans un geste de réconfort.

« Ecoute-le, Maître. » Affirma Anakin. « Tu te sous-estimes beaucoup trop à cause de lui… » Gronda-t-il ensuite et Obi-Wan n'eut pas le temps de lui demander de qui il parlait.

« Et tu as sauvé mon neveu. » Continua Kal en pointant Lem du regard. « Mon Clan t'en est éternellement reconnaissant. »

« Mais c'est normal ! » Obi-Wan protesta, ne se sentant pas mériter les compliments. « Les enfants, les innocents, méritent d'être en sécurité ! »

« Va dire ça à ma sœur… » Ronchonna Bo-Katan.

« Ou à mon père. » Enchaina Pre.

« Mais… » Voulut Protester Obi-Wan.

« Chut. » Interrompit Lem. « Ecoute Oncle Kal et accepte le compliment. »

« Et t'es le seul Jedi à t'être excusé pour Galidraan même sans avoir participé ! » Ajouta un autre Mandalorien.

« Et t'as apporté la paix sur Mandalore. » Continua un autre. « Et tu es un excellent baby-sitter…dites les gars, vous êtes sûr qu'on ne peut toujours pas l'adopter ? »

Obi-Wan s'étouffa dans sa salive. Il avait 26 ans ! Un adulte ! Il n'avait pas besoin d'être adopté ! Anakin fusilla les Mandaloriens du regard pour serrer le bras d'Obi-Wan comme pour vérifier qu'il était toujours là.

« Pour en revenir à notre sujet… » Myles interrompit le conseil pour se reconcentrer. « Quelqu'un voulait discréditer les Jedi et se débarrasser des Mandaloriens, notamment Jango. Mais qui ? Et pourquoi ? »

Alors que des hypothèses fusaient de part et d'autre de la pièce, l'esprit d'Obi-Wan ne put s'empêcher de penser au Sith qu'il avait tué. Probablement l'Apprenti, jamais il aurait pu battre le Maître, il était bien trop faible. Pourquoi penser à lui ? Les Siths étaient les ennemis des Jedi. Ils devaient vouloir leur destruction. Les discréditer était une première étape. Mais pourquoi vouloir se débarrasser des Mandaloriens ? Les Siths et les Mandaloriens avaient été alliés par le passé. Mais c'était il y a des millénaires et les mentalités avaient changé. Si les Jedi et les Mandaloriens se détestaient à cause de Galidraan, aucun des deux camps ne voulait entrer en guerre, surtout depuis qu'Obi-Wan était devenu l'ambassadeur officieux des Jedi. Donc les Mandaloriens représenteraient également une menace pour les Siths. Ce qui voudrait dire…un Sith devait se cacher dans le Sénat ou un Sith manipulait quelqu'un dans le Sénat. Cela expliquait les réserves de la Force lorsqu'il s'approchait du Sénat. Et cela expliquait aussi les missions manquant de plus en plus d'informations, comme Galidraan.

« Peut-être… » Murmura Obi-Wan avant de secouer la tête.

Non. Il n'avait pas de preuves, juste des suppositions. Il devait enquêter avant d'affirmer une telle hypothèse. Les espions Jedi n'avaient rien trouvé sur l'Apprenti Sith, hormis qu'il s'appelait Maul. Et Obi-Wan avait parfois l'impression que le Conseil Jedi ne faisait pas beaucoup d'efforts pour trouver le deuxième Sith, la pire menace. Si le Maître Sith était encore en vie, il avait de forte chance qu'il avait repris un autre Apprenti. Et son pouvoir devait s'accroître et prendre l'avantage sur les Jedi, qui ne sentaient pas sa présence. Oui. Obi-Wan allait enquêter. Surtout si cela signifiait que ses enfants étaient en danger. Il ferait tout pour les protéger.

Mais avant, pour la paix de Mandalore, ils devaient retrouver Jango Fett.

OoO

Obi-Wan cligna des yeux, espérant rêver. Mais non. Lorsqu'il rouvrit les yeux, l'enfant de sept ans le fixait toujours de ses yeux bruns curieux et suspicieux. Que faisait un enfant ici, au cœur de Coruscant, dans les étages les plus mal fréquentés ? Obi-Wan paniqua et observa les alentours pour voir si sa famille était proche. Rien. Juste des passants, des prostitués, des dealers…ce n'était pas un endroit sûr pour un adorable enfant tel que lui ! Si l'esclavage était interdit dans la République, cela n'empêchait pas la disparition des enfants pauvres et abandonnés. Et cet enfant était seul ! Ob-Wan ne pouvait pas le laisser ! Peut-être était-il seulement perdu ? Ses vêtements semblaient propres, à sa taille et il était en bonne santé. Oui, quelqu'un s'occupait de lui. Et si c'était le cas, le rouquin allait tout faire pour l'aider à retrouver sa famille. Sa mission passait au second plan. Il irait voir Dex plus tard. Son enquête sur les Siths et la recherche de Fett avançaient lentement et il avait bon espoir que Dex puisse l'éclairer sur certains points. Mais avant…

« Bonjour toi. » Obi-Wan posa un genou à terre et sourit pour rassurer l'enfant. « Je m'appelle Obi-Wan Kenobi. Tu es seul ? Tu es perdu ? Tes parents sont proches ? »

Sans grande surprise, l'enfant le fixa les sourcils froncés et observa avec attention ses vêtements bruns, beiges et blancs.

« Jetii. » Gronda simplement l'enfant et Obi-Wan ressentit de la peur et de la colère.

Oh. Le garçon était un Mandalorien. Qui avait vraisemblablement une mauvaise expérience avec les Jedi. Probablement à cause de Galidraan. Mais que faisait-il ici ? Jamais un Mandalorien ne laisserait un enfant seul dans les quartiers sombres de Coruscant. Ce qui voulait dire que l'enfant était bel et bien perdu. Mais bonne nouvelle, ses parents devaient être proches ! Obi-Wan sourit tout simplement.

« Oui, je suis un Jedi. » Répondit Obi-Wan en Mandoa ce qui surprit l'enfant qui écarquilla les yeux. « Mais tu n'as rien à craindre de moi. Les enfants sont l'avenir. » Il sourit doucement.

En entendant cette phrase, l'enfant plissa les yeux mais se détendit un peu, restant sur ses gardes.

« Tu ne devrais pas être ici, enfant. » Obi-Wan tendit une main vers lui, comme un signe de paix. « Allons retrouver tes parents. Ils doivent être inquiets. »

« Comment tu sais ? » L'enfant ignora sa main.

« Mmh ? » Obi-Wan inclina la tête sur le côté.

« Que je suis perdu. »

« Tu es Mandalorien. » Répondit tout simplement Obi-Wan, comme si cela expliquait tout.

Et cela sembla calmer davantage l'enfant qui comprit qu'Obi-Wan connaissait sa culture. Le regard du rouquin fut soudainement attiré par un groupe de délinquants qui semblait avoir pris de l'intérêt pour eux. Un enfant de sept ans accompagné d'un jeune adulte roux et pâle devaient attirer l'attention. Et pas la bonne.

« Uh oh. » Fit Obi-Wan et l'enfant suivit son regard et se tendit. « Je crois que nous devons y aller. »

Obi-Wan attrapa délicatement l'enfant dans ses bras, qui protesta un instant, surpris, et il se leva d'un bon. Il se détourna rapidement et se boosta avec la Force pour courir vite, mettant un écart conséquent entre le groupe et le duo. Il n'allait pas risquer la vie de cet enfant. Les cheveux au vent et la vitesse semblèrent plaire à l'enfant qui poussa un cri de joie. Le rouquin rit également, amusé de voir l'enfant enfin calme.

Quelques minutes passèrent avant qu'Obi-Wan repéra une ruelle sûre pour se cacher. Il déposa l'enfant qui poussa un cri de joie, les yeux brillants.

« On peut recommencer ? »

« Plus tard. » Fit le rouquin, amusé, et l'enfant fit la moue, déçu.

Obi-Wan reposa un genou à terre et vérifia que le garçon n'avait aucune blessure. Comme tout enfant qui se respectait, il protesta en scandant qu'il allait bien mais Obi-Wan repéra quelques griffures. Avec attention, il sortit une petite boite de bacta de sa poche (il se promenait toujours avec du bacta pour soigner les enfants blessés qu'il croisait pendant ses missions, il le faisait depuis Melida/Daan) et s'empressa de couvrir les égratignures. L'enfant l'observa avec attention, surpris de le voir l'aider avec autant d'attention.

« Tu sais où se trouvent tes parents ? » Demanda ensuite Obi-Wan, toujours en Mandoa. « Tu pourrais me guider ? »

« Tu ne vas pas arrêter Buir ? » L'enfant rétorqua, en pressant ses lèvres gercées.

Il devait avoir soif et probablement faim ! Obi-Wan se dépêcha de lui donner une bouteille d'eau et un sandwich, celui qu'Anakin lui avait fait avant de partir avec l'aide d'Em'Ma et Aayla. Ils ne lui en voudraient pas de le donner à un enfant affamé. Le garçon écarquilla à nouveau les yeux avant de boire et de manger rapidement.

« Pourquoi arrêterais-je tes Buir ? »

« C'est un chasseur de prime. » L'enfant fit un sourire excité entre deux bouchées de sandwich. « Je veux être comme lui ! Le meilleur chasseur de prime de la galaxie ! »

« C'est un beau rêve. » Obi-Wan ébouriffa ses courts cheveux bruns. « Être chasseur de prime n'est pas suffisant pour arrêter une personne, tu sais. Il y a de bons chasseurs de prime comme des mauvais. Ce sont nos actions qui nous définissent. »

« Oh… » L'enfant l'observa un instant. « Et les Jedi, ils sont mauvais ? »

Obi-Wan sentit son cœur se serrer. L'enfant avait vraiment un lien avec les Jedi. Un Jedi avait dû le blesser, lui ou sa famille.

« Oui et non. » Répondit gentiment Obi-Wan. « Les Jedi sont des êtres vivants, comme toi, comme tes buirs. Ils sont capables de bonnes actions comme de mauvaises. Les Jedi sont comme les Mandaloriens, une grande famille, avec les enfants, les bonnes personnes comme les mauvaises…avec nos tensions, nos disputes, nos amours… » Obi-Wan lui sourit. « Chacun à son histoire. »

« Oh… » Répéta l'enfant, émerveillé avant de hocher sérieusement la tête (c'était adorable). « Je vois…tu es une bonne personne ! » Finit-il par dire, fier de lui et Obi-Wan cligna des yeux, simplement surpris.

« Si…si tu veux ? » Obi-Wan ne préféra pas argumenter avec lui.

« Je suis Boba ! »

Le rouquin sourit à nouveau, sincère et heureux de voir l'enfant, Boba, s'ouvrir à lui. Cela lui réchauffa le cœur.

« Enchanté Boba. Un plaisir de te rencontrer. »

OoO

Obi-Wan ne regrettait pas l'aide qu'il avait apportée à Boba. Au contraire, il était heureux de pouvoir l'aider à retrouver ses buirs. Et il aimait bien l'enthousiasme de l'enfant. Cela lui rappelait ses longs moments à la crèche, avec le clan Babouche, avec Anakin et les autres enfants.

Ce qu'il n'avait pas prévu était de se retrouver nez à nez avec Jango Fett.

Un Jango Fett brûlant de rancœur, de rage, de tristesse, de solitude, de haine, d'appel à l'aide…Un Jango Fett qui n'hésita pas à l'attaquer en pensant à son fils en danger d'un Jedi. Le rouquin manqua de se faire tuer alors qu'il s'était figé sous le choc de reconnaître l'homme devant lui. Obi-Wan préféra simplement se défendre, ne voulant pas blesser un homme déjà blessé mentalement et que son peuple recherchait avec désespoir. Et il ne voulait certainement pas rendre un enfant orphelin.

« Jango Fett, je ne vous veux aucun mal ! » Protesta Obi-Wan, esquivant un tir de blaster. « Je voulais juste vous ramener votre fils, il s'était perdu dans les bas quartiers ! »

« Pourquoi croirais-je les paroles d'un Jetii ? D'un lâche ? » Cracha Jango, haineux.

Obi-Wan pouvait le comprendre. Oh, à quel point il pouvait le comprendre. Des Jedi avaient massacré sa famille sous ses yeux. Il avait disparu pendant des années, personne ne savait où. Avait-il été torturé ? Enfermé ? Était-il parti par honte de n'avoir rien pu faire ? Par détresse ? Par désir de vengeance ? Qui sait ? Obi-Wan n'était pas là pour le juger, juste pour ramener son fils et peut-être le ramener à la raison. Les Mandaloriens avaient besoin de leur Mand'Alor. Boba avait besoin de son Buir.

« Je n'ai rien contre vous ! » Tenta de raisonner Obi-Wan, sautant derrière un baril et utilisant son sabre pour renvoyer un tir dans la direction opposée. « Je suis un Jedi et alors ? J'avais 9 ans pendant Galidraan ! Vous allez me tuer pour être un Jedi ? »

Obi-Wan vit que Jango sursauta un instant à sa réprimande. Il ne vit pas son visage, caché derrière son casque, mais le rouquin devina que sa haine se réduit. Il en profita pour le raisonner avant qu'il ne réattaque.

« Ecoutez, Galidraan est de la faute des Jedi, un véritable massacre causé par l'avidité d'un membre du Sénat. » Obi-Wan garda son sabre dans ses mains mais le baissa pour montrer qu'il ne voulait pas attaquer. « Vous ne pouvez tout simplement pas décider que tous les Jedi sont mauvais. C'est comme si je disais que tous les Mandaloriens étaient Tor Tizla, paix à son âme. »

« Tor est mort ? » S'étouffa Fett, choqué et indigné par la comparaison mais au moins, il se calma et baissa son arme.

« Vous êtes passés où ces dernières années pour ne pas savoir ce qu'il se passe sur Mandalore. Même la République est au courant. » Obi-Wan inclina la tête sur le côté. « Vous devriez lire les nouvelles, les Mandaloriens vous cherchent, ils cherchent leur Mand'Alor et leur ami disparu. »

Jango hésita. Obi-Wan voulait vraiment voir son visage et sentir sa Force. Dommage que le Beskar était un métaux anti-Force spécial.

« Buir ! » Boba sauta vers son père. « Obi-Wan est un gentil Jedi, il m'a sauvé, donné à manger, à boire, il a soigné mes blessures et il m'a rapporté à toi ! Ne lui fait pas de mal, sinon je serais triste. »

Obi-Wan retint un rire face à la tentative de manipulation de l'enfant. Les petits Jedi faisaient la même chose avec lui. A vrai dire, cela marchait presque toujours. Jango tiqua, soupira mais il garda son arme dans sa main. Le rouquin décida de fouiller dans sa poche pour lui envoyer un Holocom.

« Cela vous permettra de contacter Kal ou Myles. » Indiqua Obi-Wan, sous le choc de Fett.

« Myles est en vie ? » Chuchota Jango avec mélancolie. « Une minute…comment tu as eu les holocoms privés de Kal et Myles ? »

« Ce sont des amis. » Sourit tout simplement Obi-Wan, décidant d'accrocher son sabre à la ceinture, faisant confiance à Jango de ne plus lui tirer dessus.

« Tu es étrange, comme Jedi. »

« Tout le monde me dit ça. » Rit le rouquin en se baissant à la hauteur de Boba pour lui caresser doucement les cheveux. « Même mon Padawan. »

« Tu t'en vas déjà ? » Protesta Boba, avec une moue attristée. « Tu as promis de faire un tour avec moi avec la Force. »

« Plus tard, Boba, promis. » Sourit seulement Obi-Wan.

Le rouquin tournait le dos à Jango, il était accroupi, sans son sabre. Il faisait confiance à Jango et ce fut une erreur. Et surtout, Obi-Wan était l'être le plus étrange que Fett avait rencontré, gentil avec Boba qui semblait bien l'aimer (alors que Boba détestait tout le monde sauf Jango), compréhensif sur l'erreur des Jedi, et il connaissait les autres Mandaloriens qui semblaient également l'apprécier. Il était une énigme et Jango adorait résoudre les énigmes.

Obi-Wan sursauta quand la Force tapota sa joue. L'instant d'après, il sentit une aiguille entrer en contact avec la peau de sa nuque. Surpris et choqué, il porta sa main à son cou et regarda Jango, les yeux ronds. Sa tête tournait. Jango semblait satisfait. Il avait envie de dormir. Jango s'approcha pour le soutenir et le prendre dans ses bras. Il s'endormit doucement.

Le rouquin venait d'être drogué.

Anakin…ses enfants allaient paniquer…

OoO

Et les enfants paniquèrent lorsqu'ils sentirent le lien d'Obi-Wan se fermer. Ensemble, ils se réunirent secrètement pour retrouver leur grand frère adoré. Ils étaient prêts à trahir la République et les Jedi pour y arriver.

OoO

Obi-Wan se réveilla dans une chambre blanche. Ce n'était pas une chambre d'hôpital mais c'était tout aussi détestable de voir si peu de couleur. Ses yeux glissèrent vers la fenêtre. Une pluie intense frappait la vitre. Épuisé par la drogue, il tenta d'utiliser la Force pour savoir où il se trouvait. Ses yeux s'écarquillèrent quand il sentit la Force lui échapper. Oh. Oh ! Oh non. Ses doigts volèrent vers sa nuque. Un collier anti-Force l'empêchait d'utiliser la Force. Le rouquin ferma les yeux pendant un instant. C'était compréhensible. Jango ne lui faisait pas confiance malgré son raisonnement. Il était normal qu'il le vide de ses moyens de défense. Au moins, il ne l'avait pas tué ou mis en prison pour le torturer. C'était déjà ça de gagné. La question restait de savoir où il était ?

« T'es réveillé, Kenobi. »

Il sursauta violemment et se tourna pour croiser le regard brun et dur de Jango Fett, qui ne portait pas son armure. Il ressemblait à son fils, mais beaucoup plus grand, carré d'épaules et marqué par la vie. Nerveux, Obi-Wan passa sa langue sur ses lèvres, ce qui attira le regard intéressé de Jango (Obi-Wan ne remarqua rien, comme toujours).

« Où…on est ? » Demanda finalement Obi-Wan alors que Jango resta silencieux.

« Kamino. »

Obi-Wan cligna simplement des yeux. Il ne connaissait pas du tout cette planète. Elle ne devait pas être dans la République. En tant qu'ambassadeur, il connaissait presque toutes les planètes de la République et même certaines en dehors.

« Pourquoi m'avoir kidnappé ? »

Jango ne répondit pas tout de suite. Il s'approcha seulement du lit et Obi-Wan recula jusqu'à ce que son dos touche le mur. Mais Jango ne fit que s'asseoir pour le fixer.

« Tu es un étrange Jetii. Vraiment. Plus qu'un étrange Jetii, tu es une étrange personne. » Jango sembla l'analyser rendant le rouquin nerveux. « J'ai vu la vidéo. »

« La vidéo ? »

« Tu as permis que la paix revienne sur Mandalore en protégeant un enfant. » Jango croisa ses bras contre son torse. « Je ne comprends pas. Un Jedi a sauvé Mandalore. Pourquoi es-tu un Jedi ? Tu devrais devenir Mandalorien. »

« On m'a proposé. » Répondit doucement Obi-Wan, ne comprenant pas où voulait en venir Jango. « Plusieurs fois. Mais je suis un Jedi et je resterai un Jedi quoiqu'il arrive. Ils sont ma famille, qu'importe leurs défauts. »

Le rouquin ne lâcha pas Jango du regard. Il posa sa tête contre le mur et resta silencieux pendant un moment avant de reprendre.

« Et pour Mandalore ? J'aime ce système, cette culture…je ne pouvais pas la voir s'effondrer par pure avidité. Et je ferais tout pour sauver un enfant. » Ses yeux se tournèrent vers la fenêtre et la pluie. « Cela dit, je n'aurais jamais imaginé que mes paroles auraient cet effet… »

Il entendit Jango souffler bruyamment, comme s'il pensait à quelque chose. Mais Obi-Wan ne voulait pas le voir. Il voulait simplement prévenir Anakin, Em'Ma, Lem qu'il allait bien. Ils devaient tellement s'inquiéter pour lui.

« Tu es étrange. » Dit une nouvelle fois Jango. « Je n'ai jamais vu une personne comme toi. »

« Il n'y a qu'une seule personne comme moi. » Répondit distraitement Obi-Wan. « Je ne suis pas étrange, je cherche juste à protéger ceux qui ne peuvent le faire. La galaxie est déjà bien cruelle, j'aime bien penser que mes actions peuvent lui donner un peu de gentillesse. »

« Pas étonnant que Boba t'aime bien. »

« Il va bien ? » Cette fois, Obi-Wan se tourna vers Jango qui le regardait avec une étrange expression intense qui le fit frissonner.

« Très bien, même. Excité. Il veut la Force, maintenant. » Le Mandalorien secoua la tête, amusé. « Il attend derrière la porte que tu te réveilles pour te poser des questions. »

Obi-Wan rit. Boba se comportait exactement comme Anakin lorsqu'il avait neuf ans. Cela promettait de voir un bébé Mandalorien le poursuivre pour tout connaître sur le monde et la Force. Penser à Anakin le fit frémir. Il devait vraiment s'inquiéter.

« Merci. »

Obi-Wan cligna des yeux, surpris par le soudain remerciement. Après tout, il portait toujours un collier anti-Force, il était prisonnier et il avait été drogué par un homme haïssant les Jedi.

« Tes paroles…tes actions…elles ont brisé ma haine, elles m'ont fait réfléchir. » Continua Jango, avec un rictus. « Je me suis perdu dans ma vengeance et ma haine, je n'ai pas pu voir au-delà. Mais j'ai vu et lu tes exploits, je t'ai entendu. Pour cela je te remercie et je m'excuse de mon comportement. Même quand je t'ai attaqué, pour rien, tu n'as fait que te protéger et tu as même sauvé mon fils… »

« De…rien ? » Murmura Obi-Wan, sous le choc. « Mais tu es sûr d'aller bien ? Tu as rapidement changé d'avis, non ? »

« Crois-moi, je déteste les Jedi mais je pense faire des exceptions et je ne veux plus les tuer, sauf les coupables. » Jango cingla dans une grimace colérique. « Et j'ai médité pendant tout le trajet sur tes paroles et actions et les miennes, j'ai fait la paix avec moi-même mais j'ai encore beaucoup de travail. Et… » Il sourit, amusé. « Tu dors depuis deux semaines. Il faut croire que ça prend plus de temps que prévu. »

« De…deux semaines ! » S'écria Obi-Wan, absolument choqué, manquant de tomber du lit. « Oh non ! Anakin et les enfants ! Il faut que je leur dise ! Ils vont… »

« Ne t'inquiète pas, tout va bien. » Jango se leva pour poser ses mains sur ses épaules et le forcer à se calmer. « Je devrais aussi m'excuser de t'avoir drogué et enlevé mais je devais savoir pourquoi…je devais te comprendre. Je ne pouvais pas te laisser sans comprendre. »

« Et le collier ? »

« Euh. » Jango passa une main dans ses cheveux. « J'avais peur que tu te réveilles, que tu paniques, que tu utilises la Force pour fuir avant que je ne puisse te parler. Et Boba aurait été si triste. Je vais te l'enlever maintenant. »

Obi-Wan cligna à nouveau des yeux, ne s'attendant pas à une telle confiance. Il devait vraiment avoir impressionné Jango, d'une manière ou d'une autre. Mais il était heureux de voir un Jango plus calme et prêt à reprendre sa position de Mand'Alor que cet homme perdu. Certes, il avait encore beaucoup de travail mais c'était un début. Jango devrait probablement commencer une vraie thérapie avant de reprendre le pouvoir. Mais Obi-Wan était persuadé que l'homme serait un bon leader pour son peuple. Doucement, des doigts touchèrent sa nuque et il frémit. Puis il entendit son collier se débloquer et tomber sur le drap. Il ferma les yeux, savourant le retour de la Force et étendit ses sens. Il reconnut Boba puis…

Il fronça des sourcils.

Puis il ouvrit les yeux, écarquillés sous le choc et l'horreur.

Une multitude de petites lueurs lumineuses, accueillantes, jeunes, très, tristes, et apeurées illuminait la cité où il se trouvait. Des petites lueurs à la fois très proches de Jango mais très différentes. Des clones. Des enfants.

« Jango… » Commença-t-il doucement, menaçant. « Pourquoi des enfants souffrent ? »

Malgré lui, Jango frissonna. Obi-Wan était terrifiant quand un enfant était en danger. Mais cela le rendait encore plus attractif à ses yeux. Cela ne l'empêcha pas de se faire botter méchamment le cul lorsque Jango lui expliqua la création des clones avant qu'Obi-Wan ne sorte de la chambre, en colère, pour aller récupérer les clones (et prévenir les Jedi et les Mandaloriens qu'il allait bien et les nouvelles de sa découverte).

Glorieux.

Obi-Wan serait le parfait mari.

Peut-être devrait-il lui offrir la tête des Siths pour le courtiser ?

(Plus loin, plusieurs Siths frissonnèrent d'effroi pour une raison inconnue).

OoO

Quelques jours passèrent avant qu'un vaisseau rempli de Padawans en fuite débarquèrent sur Kamino. Lesdits Padawans sortirent, armés jusqu'aux dents, prêts à en découdre et sauver leur figure de grand frère. Anakin et Peth en tête, le groupe se faufila entre les soldats habillés en armures blanches, silencieux (« des clones ? » Chuchota Em'Ma, étonnée).

Le petit groupe dévala les couloirs sans se faire repérer, guidé par la Force. Leur lien avec Obi-Wan s'était rattaché quelques jours plus tôt, facilitant leur recherche. Et maintenant ils s'infiltraient dans une citadelle perdue au milieu d'un immense océan, avec des soldats armés patrouillant partout. Mais aucun des Padawans (plus Lem qu'ils avaient récupéré en chemin) ne se résigna à ressentir la peur. Ils voulaient retrouver Obi-Wan et ils tueraient pour le faire. Mais ils étaient encore jeunes, le plus âgé n'avait que 18 ans et le plus jeune 15 ans (ils avaient refusé d'amener les initiés et les jeunes Padawans pour leur sécurité), au centre d'une base militaire et scientifique. Ils risquaient de se faire repérer avant d'avoir accompli leur but.

Et même s'ils ressentaient de la colère contre le kidnappeur (Anakin, Lem, Ali et Em'Ma avaient décrit mille et une façons de démembrer ledit kidnappeur), leur objectif était Obi-Wan. Ils ne pouvaient pas se permettre de glisser dans une folie colérique et meurtrière.

Plusieurs fois, ils durent se cacher, esquiver, faire un détour pour éviter une patrouille. D'autres fois, ils utilisèrent la Force pour passer inaperçus. Parfois, ils durent assommer certains clones pour qu'ils ne donnent pas l'alarme. Mais pour le moment tout allait bien. Anakin les guidait avec beaucoup d'attention.

« Je le sens ! » Chuchota Anakin, excité, en pointant une porte. « Il est là ! »

« Enfin ! » Soupira Peth, avec soulagement. « Il va bien ? »

« S'il va mal, on les déglingue. » Grogna Ali et Lem hocha la tête, agrippant son blaster avec force, prêt à tirer.

« Ali, voyons, nous sommes des Jedi. On ne tue pas les personnes sans défense. » Em'Ma intervint, les yeux brillaient d'une lueur prédatrice. « Mais peut-être pourrons-nous détruire les pilotis de cette ville pour la couler ? On ne tuera personne volontairement… » Ronronna-t-elle.

« J'ai ramené mes outils pour créer plusieurs bombes. » Ajouta Anakin, qui approuvait le plan d'Em'Ma.

« Et je pourrais cacher les bombes sans me faire repérer. » Aayla enchaîna, faisant craquer ses mains bleues. « Maître Quinlan m'a appris comment me fondre parmi les ombres ! On pourra utiliser les bombes pour fuir sans se faire repérer. »

« Parfait, on a le plan de vengeance et de sortie. » S'amusa Anakin, un sourire sadique que tous les Padawans et Lem imitèrent.

Le petit groupe bestial et sauvage caquetèrent doucement, imaginant leur vengeance sur la personne qui leur avait pris Obi-Wan. Oui, Obi-Wan pouvait très bien se défendre seul (il avait très bien tué un Sith seul !) mais il avait tendance à oublier de prendre soin de lui. Anakin ou les autres adolescents devaient lui rappeler sans cesse de manger, de se soigner…s'il était seul, il mourrait probablement ! Et le kidnappeur avait enlevé la personne qui croyait le plus en eux ! C'était inadmissible !

Alors que le groupe commença à s'avancer vers la porte, avec précaution, Ryun agrippa la manche d'Anakin pour pointer silencieusement un couloir du doigt. Le groupe se figea. Oh. Des soldats s'approchaient d'eux. Un peu trop nombreux pour ne pas attirer l'attention et les Padawans n'auraient pas le temps de se cacher. Anakin fit quelques signes de la main (ils avaient tous appris le langage des signes pour ne pas isoler Ryun) et ils hochèrent tous la tête, sérieux. S'ils ne pouvaient pas se cacher ou utiliser la Force pour passer inaperçus, ils devaient trouver Obi-Wan immédiatement et ouvrir la porte.

Ali et Peth se chargèrent de crocheter l'ouverture de la porte. Disons qu'Ali tentait d'ouvrir la porte mais il ne savait pas crocheter une porte, contrairement à Peth, qui le poussait sur le côté pour s'en charger. Les autres membres du groupe formèrent un demi-cercle protecteur autour d'eux, se préparant à les protéger des soldats s'ils n'arrivaient pas à entrer dans la pièce où se trouvait Obi-Wan. Ils étaient si proches du but. Si proche. Ils n'allaient pas rater maintenant !

Peth retint un cri de joie lorsque la porte s'ouvrit. Le groupe, excité, se dépêcha d'entrer dans la pièce, fermant la porte derrière eux pour ne pas se faire repérer. Juste à temps ! Les soldats arrivèrent à cet instant dans le couloir où ils se trouvaient une seconde avant ! Mais le groupe se figea de stupeur et de choc face à la vision qui les accueillit.

« Par la Force… » Em'Ma resta bouche bée.

« Quoi ? » Anakin manqua de tomber.

« Euh…on m'explique ? » Crachouilla Ali, qui se prit l'armure de Lem en plein visage lorsque le jeune Mandalorien se figea de surprise devant lui.

« Je rêve ? » Hallucina Peth.

Obi-Wan était là. Dans cette grande pièce blanche. Il était assis, au centre, un livre pour enfant sur les genoux. Autour de lui, une petite centaine de clones de toutes âges l'écoutaient avec passion et admiration, des étoiles dans les yeux. Un enfant était assis sur ses genoux et un autre grimpait sur son dos. Des clones adultes l'écoutaient, debout, montant la garde, tout aussi plongés dans l'histoire que les enfants. Et derrière Obi-Wan, un homme, plus âgé que les autres clones, en armure bleue, grise et verte, observait le rouquin avec un curieux regard intéressé qui ne plaisait pas du tout au petit groupe de Padawans et de Lem (pour une étrange raison, cet homme, ce Mandalorien, arborait fièrement un magnifique œil au beurre noir).

Obi-Wan, en quelques jours, avait adopté une centaine de clones qui l'adoraient déjà.

« Pourquoi ça m'étonne pas ? » Soupira finalement Anakin, en secouant la tête.

OoO

Et c'était de cette façon que Mandalore récupéra leur Mand'Alor, une armée de clones et un système enfin réellement stable.

Cependant, Jango tentait par tous les moyens de courtiser Obi-Wan en lui envoyant des cadeaux venant de tous les horizons. Il demandait des conseils auprès des clones, qui gardaient un contact étroit auprès de leur sauveur (Obi-Wan avait réussi l'impossible de raisonner Jango et de les libérer de leur prison, ils l'adoraient !), de Boba, de Lem, de Kal, de Myles et même des autres Jedi qui refusaient toujours de lui répondre (Obi-Wan était à eux et non aux Mandaloriens !).

Les cadeaux que lui envoyaient Jango finissaient rarement devant la porte d'Obi-Wan. Le Conseil Jedi, Anakin, les autres Padawans, initiés et crèche masters les faisaient disparaître. Cela faisait presque dix ans que les Jedi luttaient contre les Mandaloriens pour garder Obi-Wan parmi eux, ils n'allaient pas laisser leur leader le courtiser ! Mais Obi-Wan gardait tout de même le thé que lui offrait Jango (ainsi que les photos des clones). Il adorait le thé, presque autant que les enfants.

Perdu dans son petit paradis, il ne remarqua pas la colère du Chancelier Palpatine qui faisait son possible pour prendre contact avec Obi-Wan et Anakin.

Depuis des années, Obi-Wan détruisait ses plans sans le savoir. Il l'empêchait de voir Anakin, tuait son Apprenti Maul, de prendre le contrôle sur Mandalore, retrouvait Jango Fett, et maintenant…c'était trop. Palpatine venait de perdre son armée de clones, son arme secrète contre les Jedi, la clé pour devenir empereur. Cela ne pouvait plus durer. Obi-Wan était une épine dans son pied. Et le rouquin ne semblait pas vouloir devenir un Sith. S'il ne devenait pas un Sith, il devait absolument le faire disparaître. Obi-Wan était une figure bien-aimée des Mandaloriens et d'Anakin. Sans lui, il pourrait exacerber les tensions entre les Jedi et Mandalore et il pourrait contrôler Anakin. Oui, il devait le faire disparaître.

Il devait contacter son nouvel Apprenti.

OoO

Obi-Wan tenait la main de petits clones, suivit par une ribambelle d'enfants clones et de son propre Padawan. Ils étaient à nouveau sur Mandalore pour rendre visite à la colonie de clones pour voir si tout allait bien. Le rouquin avait été invité par Jango lui-même, qui voulait se racheter de ses mauvaises actions contre les clones en leur offrant un véritable paradis pour eux (et Jango voulait montrer à Obi-Wan qu'il était un excellent et compétent Mand'Alor et Buir).

Le rouquin, une fois arrivée à Mandalore, s'était enfui trouver les clones pour éviter Jango, qui était bien collant. Il ne comprenait pas pourquoi l'homme le suivait avec autant d'insistance, le complimentant, lui faisant des remarques adorables, lui offrant des cadeaux. Paniqué, confus et intimidé, Obi-Wan préféra retrouver la compagnie des petits et adorables clones. Les Mandaloriens l'avait observé fuir avec beaucoup d'amusement et Jango avait fait l'objet de remarques et de regard noir jeté par Anakin, Lem et des clones (comme Cody, Rex et Alpha-17).

A présent, il accompagnait les petits clones dans un vaste champ pour jouer à une partie de paintball. C'était un excellent moyen d'apprendre à tirer, à suivre ses instincts, tout en s'amusant. Obi-Wan expliqua les règles pendant qu'il marchait, Anakin était aussi excité que les clones (les plus jeunes qui les accompagnaient devaient avoir 10 ans et les plus âgés autour de 18 ans). Le rouquin leur demanda de créer trois groupes. Le groupe qui gagnait aurait une récompense (des gâteaux que les deux autres groupes cuisineraient pour eux : évidemment, ils devraient tous partager).

La partie de paintball débuta et s'allongea. Ils firent plusieurs parties et Obi-Wan décida de compter les points et de servir d'arbitre (Anakin était beaucoup trop enthousiaste pour jouer et ne voulait pas faire l'arbitre). Évidemment, Obi-Wan fut également embarqué dans une équipe pour jouer. Il s'amusait grandement ! C'était si drôle ! Rapidement, d'autres clones et des jeunes Mandaloriens (pas des clones), rejoignirent leur jeu. Le rouquin dû augmenter le nombre de groupes et bientôt des alliances, des frictions fictives se formèrent. C'était réellement très amusant.

Mais le calme ne pouvait pas durer.

Obi-Wan se figea soudainement. Anakin aussi. Tous les deux tournèrent rapidement leur tête dans la même direction, tendus, une main se déplaçant vers leur sabre. Voyant leur comportement, les jeunes clones et Mandaloriens stoppèrent leur jeu, les sourcils froncés, inquiets.

Une personne utilisant le côté obscur venait d'apparaître. Un Sith.

« Oh non. » Murmura Obi-Wan lorsqu'il sentit la présence néfaste s'approcher rapidement d'eux. « Les enfants, venez ici, immédiatement ! » S'écria Obi-Wan. « Anakin ! »

Anakin comprit tout de suite ce que voulait Obi-Wan. Il se dépêcha d'attraper les clones et les Mandaloriens avec la Force pour les attirer vers lui, le plus possible de la présence. Les enfants les plus éloignés se mirent à courir, comprenant le danger.

« Boil ! » Cria le rouquin vers un clone alors qu'Obi-Wan commença à courir vers le Sith, qui n'était pas encore apparu, pour pouvoir le ralentir et protéger le groupe. « Appelle les renforts ! Un Sith est ici ! »

Certains clones et Mandaloriens lâchèrent quelques insultes. Mais la plupart était trop jeune pour se battre et ceux pouvant se battre n'avaient pas prévu de se battre réellement en plein milieu de leur territoire. Ils décidèrent de se concentrer sur la protection des plus vulnérables pendant que Boil et quelques autres appelaient des renforts, inquiet pour Obi-Wan et Anakin qui se tenaient devant eux, leur sabre entre leurs mains, attendant le Sith.

Obi-Wan souffla profondément et se laissa bercer par la Force pour se concentrer. Il devait gagner du temps pour protéger les plus jeunes (et Anakin) et attendre les renforts. Avec un peu de chance, il pourrait immobiliser ou tuer ce nouveau Sith. Il espérait sincèrement ne pas tomber sur le Maître Sith mais il avait l'intuition de faire face à un autre Apprenti. Le Maître Sith ne serait pas suffisamment stupide pour apparaitre dans un territoire ennemi. Un Apprenti était plus facilement remplaçable en cas d'échec ! Le Sith arriva devant eux, un sabre rouge entre les mains, habillé de noir.

Mais Obi-Wan ne s'attendait pas à faire face à un visage connu.

Anakin non plus.

« Maître Qui-Gon ? » Chuchota Obi-Wan, sous le choc et la tristesse.

L'homme qui avait été son Maître, qui l'avait pris sous son aile par défaut, un homme qui ne l'avait jamais aimé, qui voulait toujours se débarrasser de lui, qui voulait utiliser un enfant pour son propre gain se tenait devant lui, les yeux jaunes, les traits haineux. La dernière fois qu'il l'avait vu, Qui-Gon avait fait un scandale pour récupérer Anakin comme son Padawan et il avait été envoyé dans les tréfond de la galaxie en mission. Mais il fallait croire que sa haine avait finalement pris le dessus. Et le Maître Sith avait cru bon de le recruter.

« Obi-Wan. » Cracha Qui-Gon avec haine. « Mon indigne Padawan qui a détruit ma vie et volé celui qui me revient de droit. »

Anakin grogna de colère à côté de lui alors, n'aimant pas être traité comme un objet, ce qui lui rappelait son enfance. Obi-Wan se plaça devant son Padawan pour le protéger de la vue perfide du Sith.

« Je ne serais jamais ton Padawan, Qui-Gon. » Répliqua Anakin, pointant son sabre vers lui. « Tu ne m'as libéré que pour mon pouvoir. Tu étais prêt à abandonner ma mère sur Tatooine, prêt à rejeter Obi-Wan ! Tu ne le mérites pas et tu ne me mérites pas ! »

Qui-Gon s'avança doucement, un rictus dérangeant aux lèvres et les deux Jedi se tendirent. L'attaque était imminente.

« Oh, Anakin. » Fit l'homme d'un ton faussement gentil. « Ta mère est juste une gêne. Un Jedi doit se détourner de l'amour pour son devoir. Ton devoir est de rétablir l'équilibre dans la galaxie, rien de plus. »

Anakin tiqua, dégoûté de voir Qui-Gon, celui qu'il avait considéré comme un héros pendant un bref instant, lui donner des ordres, insulter sa mère comme si elle était une moins que rien. Oui, Qui-Gon ne voulait que son pouvoir et contrôler son don.

« Quant à Obi-Wan… » Qui-Gon grimaça en lançant un regard déçu vers le rouquin. « Il est faible, une faiblesse pour les Jedi qui ne méritait certainement pas d'être entraîné. Il aurait dû rester là où est sa place…mais non. Un véritable parasite ! »

Anakin n'apprécia pas le ton dénigrant de l'homme plus âgé. Il détestait voir le visage d'Obi-Wan s'attrister et se tendre face à l'insulte. Obi-Wan était très sensible : il était confus quand les gens le complimentaient, il ne comprenait pas pourquoi on le complimentait, mais il prenait toutes les insultes au premier degré. Il détestait vraiment Qui-Gon, la raison de la mentalité blessée d'Obi-Wan.

« Au moins, lui, il a réussi à tuer un Sith seul là où tu as été repoussé avec facilité ! » Rétorqua méchamment Anakin. « En comparaison, le faible, c'est toi ! Par caprice, t'es tombé dans le côté obscur ! »

Qui-Gon craqua. Avec un cri de rage, il se lança sur eux. Les deux Jedi se tendirent et se préparèrent à se défendre, ouvrant leur sens à la Force. Le trio commença à se battre, à attaquer, à esquiver, à se défendre. Le combat était violent. Qui-Gon ne semblait pas vouloir tuer Anakin, juste le blesser suffisamment pour l'empêcher d'agir. Mais le Sith voulait réellement tuer Obi-Wan, n'hésitant pas à utiliser sa Force, son sabre pour lui trancher la gorge ou perforer son cœur. Mais Obi-Wan était devenu un maître du Soresu. Il parvenait à se défendre sans vraiment se fatiguer. Heureusement que les mouvements de Qui-Gon étaient influencés par sa rage.

Plusieurs minutes passèrent. Anakin, certes puissant mais moins expérimenté, soutenait Obi-Wan, utilisant la Force pour déstabiliser Qui-Gon. Mais l'homme ne se laissait pas avoir, il continuait ses attaques, appuyé par le côté obscur. La fatigue commençait à attaquer les muscles des deux Jedi. Qui-Gon ne devait pas remarquer sa fatigue.

« Une fois que je t'aurais tué, Obi-Wan, Anakin va pouvoir devenir mon Apprenti ! » Siffla Qui-Gon, alors que son sabre frappa celui d'Obi-Wan.

« Anakin est un être vivant. Il peut prendre ses propres décisions. » Répliqua calmement Obi-Wan. « S'il ne veut pas être ton Apprenti, il ne le sera pas. »

Anakin sentit à nouveau son cœur chauffer. C'était pour ça que tout le monde aimait Obi-Wan (sauf Qui-Gon, apparemment). Il était le premier à l'avoir traité comme un être vivant et ne rien attendre en retour. Anakin plongea sur Qui-Gon pour parer un coup qui aurait pu toucher le rouquin.

« Je croyais que les Siths devaient suivre la règle des Deux : un Maître et un Apprenti. » Intervint le Padawan, entre ses dents. « Et tu n'es certainement pas le Maître. Ton Maître sera très déçu. »

« Toi… » Siffla Qui-Gon, tournant sur lui-même pour repousser ses deux adversaires. « Tu auras besoin d'apprendre les bonnes manières. »

Et il réattaqua violemment. Malheureusement, Qui-Gon possédait le plus d'expérience et sa rage, le côté obscur, amplifiait sa force. Il repoussa Obi-Wan de plusieurs pas et il en profita pour plonger sur Anakin. Ne s'y attendant pas, le Padawan recula d'un pas et il leva trop tard son sabre. Le sabre rouge de Qui-Gon coupa son bras et Anakin hurla de surprise et de douleur, sentant la brûlure soudaine s'emparer de lui.

« Anakin ! » S'écria Obi-Wan, paniqué, interceptant un coup de sabre de Qui-Gon, pour l'empêcher de blesser davantage Anakin.

Qui-Gon venait de priver Obi-Wan de son soutien et appuie. Anakin était forcé de rester au sol et d'observer son Maître se défendre contre Qui-Gon, évitant ses coups, espérant protéger Anakin. Cela limitait ses coups et Anakin s'en voulut d'être aussi impuissant. Les deux continuèrent à se battre, échangeant des coups, et le Padawan espérait l'arrivée des renforts.

Soudainement, Qui-Gon recula, surprenant Obi-Wan. L'homme leva sa main libre et la tendit vers lui. Le rouquin ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passa. Son corps fut frappé par de l'électricité qui venait de sortir des doigts de Qui-Gon. Obi-Wan poussa un cri de douleur et un genou tomba à terre, avant de serrer des dents. De loin, il entendit Anakin crier son nom mais il était plus concentré sur son corps qui se mettait à convulser.

« Tu vois, tu es faible ! » Cracha Qui-Gon qui s'amusait de sa douleur. « T'es enfin à ta place, à genoux devant moi ! »

Obi-Wan vit Qui-Gon s'approcher du coin de l'œil alors qu'il se sentit glisser sur le sol, affaibli par l'électricité. Non. Il ne pouvait pas mourir comme ça ! Il n'avait pas peur de la mort, il ne ferait qu'un avec la Force, mais s'il mourait, Anakin serait en danger. Les petits clones et les petits Mandaloriens seraient en danger !

« Une fois mort, tu ne seras plus un obstacle pour nous. » Continua Qui-Gon, frappant son ventre de son pied, coupant le souffle d'Obi-Wan. « Mon Maître rêve de ta mort depuis si longtemps. Toujours dans ses plans… »

Il avait raison. Qui-Gon était bien l'Apprenti. Et apparemment son Maître avait une profonde envie de le tuer. Peut-être pour avoir tué Maul ? Ou empêcher la guerre civile des Mandaloriens ? Pour avoir retrouvé Jango ? Pour avoir pris le supposé Elu sous son aile ? Il l'ignorait mais le Maître ne devait pas l'aimer. Il toussa lorsqu'un autre violent coup de pied frappa à nouveau son ventre. Il sentit quelques côtes se briser. Qui-Gon avait dû utiliser la Force pour renforcer son coup.

« Adieu, Obi-Wan. » Siffla Qui-Gon, stoppant l'électricité et levant son sabre au-dessus du corps convulsant de son ancien Padawan. « Je prendrais bien soin d'Anakin. » Poursuivit-il avec un sourire malsain. « Et les Jedi tomberont de la main de mon Maître Sidious… »

Le rouquin tenta de reprendre son souffle et ses yeux glissèrent vers son Padawan, terrifié, pleurant et criant son nom, alors qu'il essayait de se relever pour lutter à nouveau contre Qui-Gon malgré son bras manquant. Leurs regards se croisèrent et Obi-Wan sourit. Il devait sourire pour son Padawan. Notamment si c'était le dernier souvenir qu'il avait pour lui (ses pensées se tournèrent vers tous les enfants qu'il avait adopté et il pria pour leur bien).

Mais avant que le sabre rouge ne le transperce pour le tuer, un sabre noir trancha la tête de Qui-Gon. Obi-Wan ouvrit tout simplement la bouche, absolument choqué de ne pas avoir senti la présence des nouveaux venus, mais il devait être trop blessé pour remarquer quoique ce soit. Alors que le corps de Qui-Gon tomba au sol, sa tête roula devant lui. Derrière lui se dressait fièrement Jango, furieux mais satisfait d'être arrivé à temps. D'autres Mandaloriens apparurent, tout aussi en colère et heureux de les voir en vie.

Jango, magnifique dans son armure, le dos droit, royal avec le Darksaber entre ses mains, lui envoya un sourire, ses yeux luisant d'inquiétude pour ses blessures. Obi-Wan se sentit rougir devant le regard intense que lui lançait Jango.

« Je t'avais dit que je t'offrirais la tête des Siths comme cadeau de mariage. » Ronronna Jango.

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Quelques mois plus tard, Obi-Wan accepta la proposition de mariage alors que Jango lui offrit la tête de Palpatine.

Mais avant, Jango devait affronter une armée de Padawans, d'initiés, de bébés Mandaloriens et de clones avant de pouvoir effectivement se marier avec Obi-Wan.

OoO

Enfin…c'est terminé…c'était long à écrire…très…mais je me suis beaucoup amusé de voir Obi-Wan adopté tous les enfants qu'il croisait ! Un plaisir ! Et je voulais vraiment faire un bashing Qui-Gon et Satine ! Je voulais faire une fic où les pires criminels et les Siths suivent Obi-Wan comme des chiots perdus mais ça va être pour plus tard !

Après qu'Anakin soit devenu un Chevalier Jedi, Obi-Wan devient un crèche master comme il l'avait toujours rêvé et Jango le suit partout, comme un chiot éperdument amoureux. Anakin vit ensuite une belle vie avec Padmé ! Les autres enfants adoptent tous plus ou moins Obi-Wan.

Je remercie Lalisamano2 pour cette idée !

A bientôt !