Bonjour, bonjour
Me revoilà bien plus vite que je ne le pensais. Je vous avouerais être un peu surprise par cet OS. Je ne pensais pas forcément écrire sur Peter même si je cherchais des nouvelles idées sur les Maraudeurs. Ces derniers jours j'essayais plutôt de finir un OS sur Eowyn, commencé il y a longtemps.
Et puis il y a eu des insomnies (pour changer) et les premières phrases sont venues toute seule. Bref, j'ai pas fini mon OS sur Eowyn.
Le reste s'est écrit tout seul, en une journée.
Remerciements : Un immense merci tout spécial à EMAraude et Sakhina pour leur retours. Je vous aime d'amour !
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Disclaimer : La tragique histoire des Maraudeurs est à JK Rowling, je n'aurais jamais eu le courage de l'écrire. J'ai peut-être pris des libertés avec quelques détails de la vie de Peter, je ne me souviens plus exactement de tout ce qui est dit. Pour le titre on est sur la chanson All Shades of Blue de Gregory Alan Isakov.
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And your heart is a thousand colors...
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… but they're all shades of blue
Peter avait toujours voulu d'une vie colorée, celle qu'il avait aperçue avec les Maraudeurs. Il les avait aimés, vraiment.
Et puis il avait eu peur et il avait chuté. Sans avoir le courage de se relever.
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Lorsque l'on parlait des Maraudeurs, Remus était souvent décrit comme le rêveur. Ce n'était pas tout à fait vrai. Le loup-garou avait renoncé depuis longtemps à tous ces rêves et affrontait lucidement la réalité. Il n'avait pas vraiment le choix.
Non, le vrai rêveur avait toujours été Peter.
A vrai dire, pas toujours. L'enfant de onze ans qui était arrivé sur le quai de la gare ne se faisait pas trop d'illusions sur l'avenir. Enfant unique de parents sang-mêlés, depuis tant de générations qu'ils n'intéressaient personne, son enfance n'avait pas été triste mais pas heureuse non plus. Ses parents s'aimaient bien sûr, mais sans passion. Leurs années à Poudlard avaient été calmes à défaut d'être brillantes. Ils avaient néanmoins réussi suffisamment d'ASPICS pour vite trouver du travail, pas les carrières miroitantes dont ils avaient rêvé, mais des métiers suffisant pour gagner leur vie, ni dans le luxe, ni dans la pauvreté. Une vie simple. Moyenne.
Non vraiment, l'enfance de Peter n'avait pas été triste, mais elle n'avait pas non plus eu de couleurs
A onze ans, il avait déjà perdu les illusions de la jeunesse. Il pensait savoir ce qui l'attendait à Poudlard, sept ans de scolarité dans un château agréable, à travailler pour apprendre ce qu'il pouvait et se faire des amis. Enfin, des amis, des gens avec qui il parlerait à table, ferait ses devoirs, qu'il connaîtrait en surface, sans rien savoir de leurs états d'âmes.
Heureusement, on ne refrène pas aussi facilement la nature d'un enfant de onze ans. Sur les barques, en voyant s'approcher le château, son cœur s'accéléra soudainement et il se dit que ses murs devaient renfermer bien plus que ce que ses parents lui avait dit. Pour la première fois, il lui sembla qu'il pouvait rêver sa vie en couleur.
Il n'était pas vraiment inquiet au moment de la Répartition, pas d'attentes, pas de raison de préférer une maison à une autre. Et puis de toute façon, il savait très bien qu'il irait à Poufsouffle, Serdaigle éventuellement car il était travailleur. Au moins, il fut surpris. Le Choixpeau écarta immédiatement ses deux maisons mais pour les deux autres se fut beaucoup plus compliqué et Peter se surpris, pour la première fois à réfléchir longuement à qui il était. Ambitieux, c'était sûr, il voulait plus que ce que la vie semblait lui réserver, rusé on le lui avait déjà dit. Mais courageux, c'était bien la première fois et ça l'étonnait. Il était discret, réservé. A l'école, il lui fallait chaque année trois mois avant que les professeurs n'entendent le son de sa voix, il ne se sentait pas capable d'être fort, de s'imposer. Et pourtant, au bout de longues minutes de discussions avec le Choixpeau, il fini par lui dire ce dont il se rappellerait toute sa vie :
« C'est vrai, tu n'as ni la force ni le courage de soulever une armée, mais il y a pleins de formes de courage. Tu as le courage d'être toi-même.
GRYFFONDOR »
Une seconde de flottement succéda à cette annonce, sûrement due au temps considérablement long que Peter avait passé avec le chapeau sur la tête. Puis rapidement, les applaudissements éclatèrent, sincères et encourageants. Le jeune homme se leva et rejoignit la table de sa nouvelle maison où il fut surpris d'être accueilli chaleureusement, surtout par les deux autres garçons de son année, Sirius et Remus. Ces deux là avaient juste encore plus besoin que lui d'amis. James les rejoignit juste après, le temps que le Choixpeau effleure ses cheveux. C'est à cet instant, à ce banquet, avant même qu'ils ne se retrouvent dans leur dortoir, que l'histoire commença. Les Maraudeurs étaient nés simplement, en quatre sourires éclatants et insouciants, heureux de se rencontrer.
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Cette amitié colora toute la scolarité de Peter, c'est elle qui lui donna la force de continuer à rêver, et de se donner les moyens de les réaliser. Il travaillait beaucoup, il voulait mieux que la vie moyenne et sans saveurs de ses parents.
Enfin, il apprit à vivre surtout, à rire, s'amuser et à être lui-même. Il était discret : il devint le guetteur attitré des Maraudeurs, le fouineur qui découvrait tout. Il était rusé : combien de fois avait-il amélioré leurs plans, découvrant une faille, ou pensant tout simplement à un moyen plus simple d'atteindre leur but ? Il n'avait pas honte d'être ce qu'il était. Il se découvrit d'autres talents, comme celui de l'imitation. Bien sûr il en fit parfois profiter toute sa maison pendant les repas, mais ses vrais performances étaient réservées à ses amis dans le secret de leur dortoir. Personne n'y échappait : professeur, fantômes, élèves, elfes de maison, les Maraudeurs eux-mêmes. Il saisissait la moindre intonation, les attitudes et les reproduisait à l'identique. Sirius en pleurait de rire à chaque fois. Ce talent leur avait servi pour plusieurs blagues. Peter ne rêvait pas seulement d'une belle carrière et d'argent. Il voulait garder cette amitié, cette force dans sa vie. En fait vraiment, son futur métier était accessoire à côté de cette amitié.
Bien sûr de l'extérieur, Peter était moins brillant, moins intéressant que ses amis.
Il le savait. Il s'en fichait. Ils s'en fichaient. Leur amitié ne regardait qu'eux et les jugements de valeurs n'y avaient pas de place. Et puis après tout de l'extérieur James était arrogant, Sirius heureux et Remus prudent. Qui aurait cru les tristes réalités qui se cachaient sous la façade dorée qu'ils renvoyaient ? Oui, définitivement ils s'en fichaient. Ils étaient amis parce que James était leur papa à tous, que Sirius n'arrivait pas à leur cacher ses larmes après une nouvelle lettre de sa mère, que Remus n'avait même pas tenté de les dissuader de devenir des Animagi et que Peter, lui le simple et discret, n'avait ni lourd passé ni une famille ou de l'argent à partager, qu'il n'avait que sa pauvre présence à donner mais qu'il le faisait sans conditions et entièrement. Tout cela ne regardait qu'eux.
Ils étaient amis parce qu'après avoir découvert toutes les qualités des uns et des autres, ils avaient surtout fait des efforts pour aimer leurs défauts. Et parce que quand leurs regards se croisaient, ils ne pouvaient s'empêcher de sourire et d'être heureux. Tout simplement.
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Quand il repensait à Poudlard, Peter se disait, sans aucune hésitation, que leur cinquième année avait été la plus heureuse. Elle avait été celle des Animagi et des serments d'amitié. Celle des escapades sous la pleine lune. Celle où il semblait que rien ne les atteindrait jamais puisqu'ils avaient réponse à tout. L'année de l'insouciance, avant le retour à la réalité.
La sixième année fut celle des choix. Il n'était plus possible de se voiler la face. Sirius choisit en premier en fuyant de chez lui. Ce fut comme un signal d'alarme pour les trois autres Maraudeurs, la preuve que les choses changeaient et qu'ils ne pouvaient plus l'ignorer. Bien sûr il y avait eu d'autres signes, Lily qui ne s'était jamais réconciliée avec Severus, les mots Sang de Bourbe qui fleurissaient dans l'école, les échos d'attaques qui augmentaient, les murmures dans les couloirs. Mais aucun ne fut aussi efficace que celui-là. En quittant le square Grimmaud, Sirius tira un trait définitif sur son enfance et sur ceux qu'il cessa d'appeler sa famille. C'est là que pour la première fois ils comprirent qu'il leur faudrait définitivement choisir un camp. Et l'affirmer. L'afficher. Se battre pour lui. Ils n'hésitèrent même pas une seconde.
Peter non plus.
Il croyait aux idéaux de l'Ordre du Phénix. Lui aussi voulait voir Voldemort vaincu. Lorsque que James suggéra de rejoindre l'Ordre, il n'hésita pas non plus. Sur cette période de sa vie, il n'avait vraiment aucun regret. Il avait été entier, il avait été lui.
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Lorsque les gens apprenaient l'histoire tragique des Maraudeurs, ils se disaient qu'il avait dû se passer quelque chose d'horrible, que Peter devait bien avoir une raison. Qu'au fond, il n'avait jamais dû faire partie de ce groupe, que James et Sirius avaient dû le mépriser, l'humilier même et Remus regarder et qu'il avait fini par les haïr. Il n'avait pas vraiment dû être leur ami s'il les avait trahis plutôt que mourir pour eux. Cette trahison c'était la vengeance du pion sur les rois qu'il n'avait pu égaler.
La vérité était bien plus simple et bien plus triste que cela.
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Il avait eu peur. Il avait juste eu peur.
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Les Maraudeurs s'étaient toujours dit qu'ils voulaient vivre pleinement et debout. Et puis, avec un serrement au cœur, Peter avait réalisé qu'il avait trop d'envies, trop de projets pour l'avenir. Il voulait vivre. Tout simplement. Il n'était plus très sûr d'être capable de se battre. Il commençait à avoir peur de lui-même, du regard des autres aussi.
C'était là qu'il plaçait sa première erreur, ses premiers regrets aussi. Le premier carrefour qu'il n'avait pas vu.
A ce moment, il aurait dû l'avouer à ses amis : qu'il se sentait trop faible, qu'il ne pourrait pas, qu'il n'avait pas leur courage. Après coup, il se disait qu'ils auraient compris, qu'ils auraient continué à l'accepter malgré (et presque pour) ses faiblesses. C'était vrai bien sûr. Ils auraient eu un peu de mal, mais auraient fini par comprendre. Il n'avait pas osé. Et ces trois amis, qui ne pouvaient pas imaginer que l'on ne puisse pas avoir le même courage qu'eux en étant à Gryffondor, n'avaient rien vu. Peter avait continué à avoir peur, un peu plus même chaque jour.
La brèche était créée. A ce moment, elle était réparable.
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Il l'avait réalisé au carrefour d'après. Quand il s'était retrouvé pour la première fois seul en mauvaise posture face à un Mangemort et que la peur de mourir avait été la plus forte. Cet instinct de survie, ce maudit instinct de survie. C'était là qu'il s'était dit « si seulement je leur avais tout avoué… » Ce fut à ce moment qu'il trahit pour la première fois, une petite trahison, pas grand-chose, mais il en fut malade. Il avait vendu ses amis pour pouvoir vivre. Et pourtant, à cet instant encore ils lui auraient pardonné. Sirius un peu plus difficilement que les autres, certes. Mais ils auraient traversé cette épreuve ensemble. Si seulement, il leur avait tout avoué.
Tout s'était répété encore. Ses derniers mois avec ses amis n'avaient été qu'une succession de regrets et d'actes manqués. Tant de fois il aurait voulu tout leur dire, fondre en larmes devant eux et supprimer ce remord qui le dévorait. Et à chaque nouvelle trahison il se disait que la fois d'avant il aurait encore été temps de se rattraper, d'avouer la vérité et de tout réparer mais que maintenant il était trop tard.
Son temps au sein de l'Ordre n'avait été qu'une longue succession de carrefour où il avait invariablement choisi le mauvais chemin.
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Parce qu'à chaque fois il y avait eu la peur, toujours cette même peur.
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Celle d'affronter le regard déçu de ses amis et celle de mourir. Cette peur qui le prenait aux tripes et qui lui donnait si souvent l'envie de vomir. Celle qu'il ne parvenait pas à affronter. Alors il se taisait et continuait à s'enfoncer lentement dans son cauchemar personnel. Il avait perdu depuis longtemps même le courage d'être lui-même. Il s'était perdu depuis longtemps.
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Jusqu'à l'ultime trahison. Et pourtant, jusqu'au dernier moment, il aurait pu changer d'avis. Si seulement… Il se l'était dit si souvent.
Quand James, Lily et Sirius lui avaient demandé d'être le Gardien des Secrets, son cœur s'était brisé. Si seulement il leur avait dit non, s'il avait craqué, s'il s'était mis à pleurer et à tout leur avouer, si seulement… Et toujours cette peur qui lui tordait les boyaux.
Et la culpabilité qui le tuait à petit feu.
Il se souviendrait toujours de sa dernière soirée chez les Potter. Il ne savait même pas comment il avait pu leur parler, alors que tout ce qu'il pensait était « Je les ait condamnés à mort ». Il avait mangé alors que ses intestins étaient serrés et qu'il voulait vomir. Il leur avait souri ! Parler d'avenir ! Il s'était extasié devant Harry, l'avait serré dans ses bras. Et il leur avait dit au-revoir ! avec un sourire se voulant rassurant. L'ultime mensonge avait presque été le plus facile. De toute façon, il n'était déjà plus lui-même, qu'une coquille vide. Mais une coquille qui voulait vivre. Quitte à laisser les autres mourir.
Et pourtant la coquille avait pleuré en s'éloignant de cette maison qu'il venait de condamner à la destruction.
Et il s'était enfui. Cette fois au moins, il en était sûr, aucun retour n'était possible, aucun pardon à la clé.
Mais il aurait encore tant de choix à faire.
Le premier ne tarda pas. Face à Sirius, il lut toute la haine et l'incompréhension dans son regard. Son intention était claire : James, Lily et Harry étaient plus précieux que tout pour lui. Peter savait qu'il voulait le tuer mais malgré le dégoût qu'il s'inspirait Queudver n'était pas prêt à renoncer à la vie, aussi morne et terne soit-elle. Dans le regard de son ancien ami, il vit également la folie qui pointait face à la douleur et aux remords. Il y vit la porte de son salut.
Quitte à trahir, une nouvelle fois, et y laisser un autre morceau de son âme. Un mauvais choix de plus car finalement il se disait que la mort aurait été largement préférable à l'existence qui avait suivie. Sa seule satisfaction était qu'au moins Sirius n'était pas devenu un meurtrier, mais ça il ne l'avoua jamais.
Il n'eut même pas une pensée pour sa mère. A vrai dire, cela faisait longtemps qu'il ne pensait plus vraiment à sa famille et à sa vie en teintes de gris.
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Il s'enfuit, versant intérieurement toutes les larmes que la forme de rat ne pouvait laisser s'écouler. Ce n'était pas la douleur de son doigt coupé, celle-là était accessoire, c'était plutôt que soudain il réalisait ce qu'il avait fait. Était-il encore humain ?
Alors il courut, courut. Il s'éloigna de cette ville, de cette réalité, car seule son envie de vivre comptait. Peut-être l'oubli se trouverait-il au bout du chemin ?
Ce ne fut pas l'oubli qui l'attendait, mais une rencontre que le hasard lui réservait. Ce qui ressemble au hasard est souvent un rendez-vous.
Lorsque Percy Weasley trouva ce rat blessé, déshydraté, apeuré et décida malgré tout de l'adopter, il n'aurait jamais pu deviner les conséquences de sa décision.
Peter Pettigrow avait été Queudver, il accepta facilement de devenir Croûtard. Tout plutôt qu'affronter son passé. Il n'était plus un homme. Il pouvait bien être un rat.
Pas un seul moment en douze ans, il ne pensa se retransformer, ne serait-ce qu'une seconde en humain. La forme de rat était si apaisante, pas de place pour de grandes émotions dans ce petit corps. Juste l'envie de vivre. L'instinct de survie, encore ce maudit instinct. Et pourtant, malgré son envie d'oublier, il ne pouvait s'empêcher d'écouter, de s'informer. Il entendit parler de la condamnation de Sirius, il s'étonna de ne même plus ressentir de regrets.
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Il était chez les Weasley depuis six ans lorsque Percy fit sa rentrée à Poudlard. En arrivant au château, son cœur accéléra légèrement, sa vie était grise depuis si longtemps. Il avait oublié qu'il avait connu les couleurs. Ces murs étaient les témoins d'un autre temps, celui où il était humain. Où il avait des amis. Où il n'avait pas honte d'être lui-même. Les premiers jours avaient été les plus durs, même le rat avait pu éprouver de la peine et un instant il envisagea de se laisser partir. De quitter la vie, enfin. L'instinct revint de plus belle. Et il continua à enfouir ses émotions et à vivre misérablement.
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Il avait cru que la rentrée 1991 serait la plus dure. En se trouvant face à Harry il avait cru mourir de honte et de chagrin. Mais il était Croûtard, Croûtard était incapable de mourir de chagrin. Le visage d'Harry restait néanmoins douloureux à regarder. Son sourire surtout, qu'il était terrible à voir, cruel souvenir d'une période qu'il avait contribué à détruire.
Ces deux années à Poudlard marquèrent également le retour de sa peur, viscérale, comme si elle était constitutive de son être. Et peut-être était-ce vrai ? Toujours est-il qu'il vit les tentatives de Voldemort pour revenir et qu'il comprit que s'il y arrivait on lui reprocherait de ne rien avoir tenter pour l'aider.
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C'était vrai, l'année 1991 fut terrible. Mais rien de comparable à l'été 1993. Une seule personne au monde comprit pourquoi Sirius Black s'échappait d'Azkaban après douze ans de prison. Il connaissait Patmol, il revenait pour lui. Uniquement pour lui. Pour finir ce qu'il n'avait pas pu faire il y a des années. Après douze ans d'une semi-existence, presque anesthésiée, il revécut ses derniers mois dans l'Ordre du Phénix. Il recommença à lutter chaque jour pour sa survie, à trembler. A se maudire. Et à éviter Remus…
Lorsqu'Harry lui sauva la vie, il était sincère en le remerciant. Maudit rat. Il ne parvenait pas à renoncer, il voulait continuer à vivre. La partie de lui qui préférait mourir que vivre ainsi était bien trop faible, bien top enfouie, presque morte. Alors il s'échappa, condamnant une nouvelle fois Sirius, sans l'ombre d'un remord. Il n'avait pas non plus envie de perdre son âme, aussi fade et souillée soit-elle. Qu'il était loin le Peter qui rêvait de grandes choses !
Les regrets, encore une fois. Bien sûr, à ce moment de l'histoire, Sirius et Remus ne lui aurait jamais pardonné, mais en acceptant de mourir, il aurait au moins cessé de faire du mal, d'empirer les choses, toujours.
Le mauvais choix encore. Pourtant, lorsqu'il se retransforma et s'enfuit, à nouveau, Peter ne regrettait rien, pas encore. Il ne pensait qu'à une chose. Survivre, et le seul moyen était de retrouver Voldemort.
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Il lui fallut redevenir humain aussi. Ce fut peut-être ça le moment le plus difficile. Il avait abandonné sa forme d'homme depuis si longtemps. Les émotions étaient trop fortes. Il se haïssait. Il ne dormait plus, pleurait en permanence, regrettait toutes ces décisions. Mais il n'arrivait pas à renoncer, pourquoi s'accrochait-il autant à la vie, pourquoi avait-il aussi peur de mourir ? Peut-être était-ce parce que malgré toute l'horreur de son existence actuelle, elle valait mille fois mieux que tout ce que l'au-delà lui réservait. Parce qu'il le méritait.
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Ce fut sûrement dans ce cimetière qu'il finit par complètement lâcher prise. Il ne se posa même plus de questions, il subit juste. Il renonça définitivement à Peter, même à Queudver. Désormais il serait pour toujours Croûtard. Ce n'était pas plus mal.
Peter et Queudver étaient jeunes, pleins de rêves. Ils étaient des Maraudeurs.
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Il pleura la mort de Sirius. Il l'avait tué aussi sûrement que s'il avait jeté le sort à la place de Bellatrix. En fait, il l'avait tué il y a quatorze ans déjà.
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Bien sûr, lorsque Severus ou Bellatrix dépassait les bornes, l'humiliait une fois de plus, il protestait parfois. Mais lui-même n'y croyait pas. Il n'était qu'une enveloppe, un semblant d'être humain. Une enveloppe qui vivait quand même.
Ce fut pendant ces années auprès des Mangemort qu'il s'autorisa pour la première fois à jeter un regard sur sa vie et qu'il réalisa l'immense gâchis qu'elle avait été. Étrangement, c'est à cet instant que pour la première fois depuis des années il eut le courage de se regarder tel qu'il était. Misérable. Lâche. Mais même maintenant, il n'osait pas trahir, la peur toujours la peur.
Peter n'avait jamais eu le courage de Sirius pas plus que celui de Regulus.
Et les chemins lui étaient toujours cachés.
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Les quelques personnes qui s'en souciaient avaient ressenti des émotions différentes à l'annonce de la mort de Peter, mais pour beaucoup c'était de la pitié, pour la plupart de l'indifférence. Remus ne l'apprit même pas.
Pour Peter ce fut du soulagement et une joie immense. Pour la première fois depuis des années il savait qu'il avait croisé un carrefour et que cette fois il avait choisi le bon chemin..
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* Ce qui ressemble au hasard est souvent un rendez-vous vient de Mademoiselle l'Aventure, de Francis Cabrel
Je vous avouerais que j'ai un peu l'impression d'avoir craché ce chapitre. Il était en moi, il fallait que je l'écrive, n'hésitez pas à me donner votre avis, même si vous n'êtes pas d'accord avec moi ! J'adore discuter de ces personnages !
Je l'ai relu, mais n'hésitez pas à me dire si vous me remarquez des fautes aussi.
Bisous mes petits coeurs, je vous aime d'amour.
