Hello :) Ça faisait longtemps que je n'avais plus rien posté sur ce recueil. Je suis super contente que la dernière Nuit du FoF m'ait enfin donnée une idée sur cette famille que j'aime tant. J'espère que ça vous plaira !
Merci Moira-chan d'avoir lu cet OS en avant-première et de m'avoir donné ton avis :)
Je vous souhaite une bonne lecture !
Thème : sinistre
Tendre la main
Shoto entra dans l'hôpital, complètement hagard. Il avait l'impression de flotter dans son propre corps. Ses pas lui semblaient si étranges, comme si c'était quelqu'un d'autre qui les contrôlait. Son esprit était lourd, également. La guerre était pourtant terminée. L'heure aurait dû être au soulagement. Mais Shoto – tout comme le reste de la population japonaise – réalisait tout juste que le soulagement n'était toujours que de courte durée après la fin d'un conflit. Parce que, maintenant que les combats avaient cessé, il était temps de faire face à leurs sinistres conséquences... Shoto pouvait voir tout autour de lui des familles désoeuvrées à la recherche d'un de leurs membres disparus, des personnes en quête de la moindre information sur un être cher. Des cris et des pleurs résonnaient dans le grand hall de l'hôpital. Shoto aurait sans doute dû prendre du temps pour aider tous ces gens désespérés. Seulement il n'y parvenait pas. Parce que ce n'était pas en tant que héros qu'il était entré dans cet établissement. En cet instant, rien ne le différenciait réellement du reste de la masse. Lui aussi n'était guidé que par l'inquiétude. Son seul avantage sur eux était qu'il pouvait se rendre directement auprès de la personne à qui il pensait tant.
Sur cette pensée, Shoto s'éloigna donc vers les ascenseurs, laissant derrière lui bien trop de personnes apeurée à son goût. Les prochains jours – non, il allait sans doute falloir compter ça en terme de semaines, voire de mois – allaient être particulièrement difficiles. La population allait devoir se reconstruire après les terribles pertes qu'elle avait subies. Elle allait aussi, plus que probablement, exiger de fortes sanctions envers les responsables. Mais qui étaient réellement les responsables de toutes ces horreurs ? Il y avait, bien sûr, une réponse simple et efficace. Cependant, aux yeux de Shoto, elle était plus qu'incomplète.
Shoto y songeait encore lorsque l'ascenseur s'arrêta au quatrième étage. Il en sortit alors, comme un automate. Ici, il n'entendait plus aucun cri, plus aucun pleur, mais l'ambiance n'en était pas moins pesante pour autant. Le couloir était quasiment vide, si ce n'étaient les deux policiers qui gardaient le seul passage possible. Shoto s'en approcha et présenta sa licence de héros. Les deux hommes le laissèrent passer sans lui poser de question. Shoto poursuivit son chemin, en essayant de ne pas frissonner. Plus il avançait, plus les policiers et les héros se multipliaient. Ce n'était pas étonnant. Il était dans le service le mieux gardé de l'hôpital, après tout. Celui où étaient soignés les vilains. C'était la première fois que Shoto venait ici, mais il décida aussitôt qu'il détestait cet endroit. Même s'il comprenait que la sécurité soit aussi élevée, une part de lui... une part de lui n'aimait vraiment pas ça.
Shoto se força à continuer à avancer, saluant d'un simple geste de la tête les personnes qu'il connaissait. Son esprit était toujours ailleurs. Il finit par s'arrêter devant une chambre bien précise. Il hésita une fraction de seconde, avant de la pousser. Il fit ensuite quelques pas dans la pièce tamisée. Et, tandis que la porte se referma dans son dos, plongeant la chambre dans un profond silence, Shoto posa ses yeux sur le corps allongé dans le lit. Son coeur se serra. Il savait pourtant que Touya était dans un sale état, mais le voir couvert de bandages, ce n'était pas... ça n'avait rien d'agréable. Shoto finit par s'approcher de lui. Touya était si pâle et si immobile que Shoto avait besoin de vérifier par lui-même qu'il respirait toujours bel et bien, malgré la machine qui annonçait sa fréquence cardiaque. Il fut soulagé lorsqu'il vit son ventre bouger légèrement sous les couvertures.
Dans un soupir, Shoto s'assit alors sur la seule chaise de la chambre. Ses yeux ne quittaient pas Touya. Il savait qu'il n'était pas près de se réveiller. Les médecins l'avaient plongé dans un coma artificiel le temps de soigner ses blessures les plus graves. Son état avait beau être stable, Shoto savait qu'il n'était pas tiré d'affaire pour autant. Mais s'il se réveillait et que son corps reprenait des forces, les chirurgiens allaient tenter de lui faire des greffes de peau. Shoto espérait tant que ça se ferait. Parce que, malgré tout ce qui s'était passé, il voulait le meilleur pour son frère.
Bien sûr, il se doutait que le chemin à parcourir serait compliqué. Quand de telles atrocités se produisaient, il était facile de blâmer le premier coupable à portée de main. Et nul doute que la population ne pardonnerait jamais à la Ligue des Vilains. Mais Shoto... Shoto pouvait comprendre le désespoir de Touya, pouvait comprendre ce qui l'avait poussé à sombrer de la sorte. Après tout, les actes de leur père avaient condamné Touya à ce sinistre avenir. Il y aurait eu tant et tant de moyens de garder Touya avec eux, de l'empêcher de basculer de l'autre côté. Mais personne n'avait su lui tendre la main au bon moment. L'un après l'autre, ils l'avaient tous laissé tomber. Même s'il était très jeune au moment de la disparition de Touya, Shoto se sentait également responsable. Seulement, aujourd'hui, il avait enfin une chance de renverser la situation et il ne comptait pas la laisser passer.
Après un moment d'hésitation, Shoto posa lentement ses doigts sur la main de Touya. Oui, il allait être là pour lui. Même si Touya n'échapperait pas à la justice, Shoto, lui, allait lui donner une seconde chance. Parce qu'il était plus que temps que quelqu'un soit enfin là pour le soutenir.
« Ne t'en fais pas, grand frère, murmura-t-il alors, je ne t'abandonnerai pas. Je te le promets. »
Il savait que Touya risquait de le repousser quand il se réveillerait, mais ce n'était rien. Shoto allait s'y préparer. Et ne pas reculer. Il avait assez de force et d'énergie pour se battre pour eux deux. Il n'allait donc pas hésiter à le faire. Maintenant qu'il avait retrouvé Touya, plus jamais il ne le laisserait tomber. Sur cette pensée, il resserra ses doigts sur la paume de son frère avec douceur.
Oui... Il avait enfin attrapé sa main et pour rien au monde il ne la lâcherait...
Merci de m'avoir lue :)
