Bonsoir tout le monde ! Je suis ravie de partager avec vous le chapitre trois des Yeux du Faucon héhé ! J'espère vraiment qu'il ne vous décevra pas, normalement, il devrait pas mal vous plaire, vous allez vite comprendre pourquoi... En tout cas je spoile rien je vous laisse découvrir ! On se retrouve à la fin du chapitre pour une petite annonce qui devrait vous réjouir si vous appréciez cette fiction. Quoi qu'il en soit, merci comme toujours aux lecteurs et lectrices qui prennent le temps de poster leurs super reviews, c'est vraiment un plaisir immense pour moi de les lire et d'y répondre !

Allez, bonne lecture !


Chapitre 3 : Les yeux du faucon

- Fais la passe Taiga ! Je suis sûre que je le mets d'ici ! S'écria Emma en tendant les bras.

Kagami fronça les sourcils. Certes elle pouvait mettre de beaux trois points, mais en mettre un derrière la ligne médiane du terrain, c'était une autre paire de manche et il n'y croyait pas trop.

- Allez fais pas cette tête et envoie la balle je te dis ! Insista-t-elle en sautillant sur place.

- Tu viens d'en mettre un du milieu de terrain, fit-il remarquer. Tu veux pas rester sur une victoire, là qu'on va rentrer ?

- Parle pour toi ! Moi je ne rentre pas maintenant, s'indigna Emma en s'approchant de lui d'un pas vif.

Kagami soupira.

- Oui c'est facile de dire ça pour toi, moi j'ai pas eu le temps de faire mes devoirs hier, marmonna-t-il.

Emma eut une moue amusée. A vrai dire, elle non plus, seulement elle les avait faits tard le soir pour pouvoir s'entraîner un maximum le lendemain et appuyer son mensonge (un tout petit mensonge) de la veille. Elle s'approcha de son ami et lui vola le ballon. Emma courut jusqu'à la ligne de séparation du milieu de terrain et la dépassa de quelques mètres, l'air sûr d'elle.

- Prêt ?

- On va dire ça…

Elle visa le panier de son Oeil du faucon, inspira profondément puis sauta, la balle à la main. Le ballon quitta ses doigts et poursuivit sa haute trajectoire en forme de cloche. Lorsqu'elle retomba sur ses pieds, Emma changea d'expression. Elle voyait précisément la trajectoire du ballon et une chose était sûre et s'imposa à elle : elle n'allait pas le mettre. Un « bang » métallique retentit. Le ballon s'était cogné contre l'arceau.

- Merde ! S'écria-t-elle, mécontente.

- Presque ! Ajouta Kagami avec un grand sourire. Tu t'améliores !

- Tu me rediras ça quand je rentrerais ce maudit trois points, maugréa-t-elle en allant chercher la balle.

Elle s'assit par terre et se passa une main dans les cheveux. Kagami la regarda en soupirant. Ce qu'elle pouvait être têtue… Et dure avec elle-même. Il s'approcha un peu d'elle et Emma le regarda d'un air méfiant. Il tendit la main vers la balle et elle resserra son étreinte de ses doigts. Le sourire du géant s'élargit.

- Quoi ? demanda-t-elle, bougonne.

- Allez, file moi la balle, insista-t-il.

- Pff…

Elle accepta tout de même de lui faire la passe, l'air mécontent. Kagami s'approcha du panier et sauta pour dunker. Ses muscles étaient saillants sous sa peau et sa carrure était impressionnante. Il fit entrer la balle dans l'arceau d'une main alors que l'autre s'agrippait fermement au panier. Taiga Kagami était un joueur incroyable, cela ne faisait aucun doute. Le ballon heurtant le sol fut le premier son à retentir. Puis, Kagami lâcha l'arceau dans un bruit métallique et enfin, ses pieds touchèrent le sol.

- Te connaissant… commença-t-il.

Il attrapa le ballon et se tourna vers Emma, tout sourire.

- D'ici quelques heures d'entraînement, tu sauras maîtriser ce trois points.

Il lança la balle à son amie qui la rattrapa par réflexe, plus attentive à ce que Kagami disait qu'à ce qu'il faisait.

- J'en suis absolument certain, affirma-t-il.

- Tu sais pourtant aussi bien que moi que j'ai jamais eu de talent pour le basket, marmonna-t-elle. J'ai toujours été la plus petite sur le terrain et je n'avais pas le moindre don pour ce sport.

- Peut-être avant, mais aujourd'hui tu es sans doute la joueuse lycéenne la plus douée que je connaisse, répliqua son ami.

- Oui mais j'ai besoin de m'entraîner cinq fois plus que les autres pour maîtriser des techniques basiques, ajouta-t-elle avec un air affligé. Mon seul talent, c'est mon acharnement.

- Moi je te dis que tu vas finir par y arriver et plus vite que tu ne le crois. Toutes ces années d'entraînement ont fait qu'aujourd'hui, tu as cultivé ton propre talent.

- Nous verrons bien ! S'exclama Emma en se relevant d'un bond.

Il lui ébouriffa les cheveux avant de s'éloigner.

- Tu sais que je déteste…

- Oui, je sais que tu détestes quand je fais ça, sourit-il en quittant le terrain. Et arrête de te plaindre !

- Pff… Bon je te rejoins dans une heure, là j'ai pas fini de m'entraîner. On cuisinera ensemble quand je reviens.

- Ca marche, appelle-moi au moindre problème.

- Oui papa… Marmonna-t-elle en se retournant vers le panier, ballon en main.

Kagami eut un petit rire puis s'en alla pour de bon.

Pendant ce temps, l'entraînement de shoot d'Emma continuait. Sa routine était très simple : elle devait tirer un trois points derrière la zone face au panier, un de chaque côté de la zone, puis un au milieu de terrain et enfin un face au panier sans le regarder. Le but était d'améliorer sa précision, sa vitesse de tir et enfin la technique de son Oeil. Il lui permettait d'exécuter de subtiles feintes difficiles à déceler pour ses adversaires. Cependant, son entraînement était aussi très difficile et ne pardonnait pas l'erreur. Dès lors qu'elle manquait un trois points, elle devait faire une série de pompes puis reprendre tout le circuit depuis le début. Elle venait de finir sa troisième répétition de l'exercice depuis que Kagami était parti. Aujourd'hui et pour l'instant, elle commettait un sans faute ! Elle arriva finalement à la fin de la quatrième répétition. Il ne lui restait plus qu'à tirer face au panier, sans le regarder. Elle savait très bien le faire grâce à son aptitude. A vrai dire, elle le faisait tout le temps aux entraînements ces derniers temps. C'était même l'exercice qu'elle réussissait le mieux. Comment aurait-elle pu le rater ? Décidément, la vie avait un drôle de sens de l'humour…

- Mais merde c'est pas vrai ! S'écria-t-elle en allant attraper sa balle qui venait de misérablement manquer le panier.

Elle devait maintenant tout recommencer depuis le début. « Génial », pensa-t-elle. Elle n'avait plus envie de refaire son exercice. Elle était trop en colère pour le réussir à présent et se rendit donc au milieu du terrain pour y tenter un trois points. « Si je mets celui-là, mon erreur d'avant ne comptera pas et je pourrais continuer l'exercice comme si de rien n'était », décida-t-elle en se plaçant derrière la ligne.

Takao s'était senti fatigué toute la journée. Il avait eu beaucoup de mal à trouver la motivation pour s'entraîner ce dimanche soir. Il n'était pas très optimiste concernant ses chances de survie après l'entraînement du lendemain. « Miyaji va me mettre une sacrée raclée lundi » pensa-t-il en soupirant, les mains dans les poches. Cependant, le soleil à cette heure était agréable et il ne regrettait pas d'être sorti. Il vit enfin le terrain d'entraînement extérieur et le lointain bruit d'un ballon cognant le sol le motiva. Ce bruit signifiait qu'une autre personne était en train de s'entraîner et qu'il pourrait jouer contre elle. Soudain, Takao l'entendit : un juron. Lancé par une voix féminine.

- Mais merde c'est pas vrai !

Takao se mit un peu en retrait près d'un arbre à côté du terrain et l'observa, curieux. La fille de petite taille venait de se placer derrière la ligne médiane et allait manifestement tenter un trois points. « C'est beau de rêver » pensa Takao en l'observant avec un sourire. Comme si elle pouvait le mettre d'aussi loin…

L'action sembla se dérouler au ralenti. La fille sauta de toutes ses forces et ses pieds quittèrent lentement le sol alors qu'elle élançait son bras droit qui soutenait la balle. Le ballon orangé fut poussé par ses doigts et les quitta bien vite pour s'élancer vers la trajectoire qui lui avait été imposée. Il décrivit une courbe en cloche parfaite. Il ne dévia à aucun moment. Alors que la fille semblait suspendue dans les airs, un sourire éclaira son visage. Il allait rentrer, elle le savait. Le visage de Takao changea radicalement d'expression. Le ballon passa dans l'arceau dans un switch parfait. Face à ce trois points sans défaut, lancé d'aussi loin et qui plus est lancé par une fille à la carrure aussi petite (elle devait faire un mètre soixante) il prit une expression abasourdie. Ce shoot était presque digne d'un de ceux de Midorima, cela ne faisait aucun doute. Voilà quelque chose qu'il devrait raconter à Shin-chan.

Soudain, tout changea pour Takao. Cette shooteuse à la petite carrure et aux longs cheveux noirs se dirigea vers la balle en courant à vive allure, l'air heureux. Longs cheveux noirs… Cela était familier au meneur aux yeux bleus. Puis, une fois la balle en mains, elle se retourna pour continuer son exercice, donnant l'occasion à Takao de voir son visage…

Son coeur s'emballa. Il tambourina dans sa poitrine.

Il l'aurait reconnue entre mille. Ces yeux verts. Il avait été trop obnubilé par le basket que jouait cette fille et n'avait su voir qu'il s'agissait d'elle mais elle était bien ici, sous ses yeux. La fille du match contre Seirin.

Takao n'en croyait pas ses yeux et sa bouche s'entre-ouvrit sous le coup de la surprise. Il avait vraiment essayé de la retrouver après le match de la veille mais elle avait disparu sans laisser de trace et là, elle réapparaissait, sans même qu'il ai cherché à la revoir. De plus, elle jouait elle aussi au basket. Quel hasard. Ou plutôt quelle chance. La mystérieuse fille se tourna vers l'arbre derrière lequel Takao s'était mis pour l'observer, poings sur les hanches. Pourquoi est-ce qu'elle fixait cet arbre ? L'avait-elle vu ? Non… Aucune chance, il était arrivé en même temps qu'elle shootait, son regard s'était probablement égaré.

- Euh… Salut ! Fit-elle en souriant à l'arbre. Qu'est-ce que tu fais là ?

Takao fronça les sourcils. Quoi ? Elle l'avait vu aller se cacher ? C'était pourtant impossible ! A moins qu'elle n'ait une vue particulière… Ou alors, elle était complètement folle et s'adressait à l'arbre. C'était une possibilité.

- Allez, tu peux sortir de là, je t'assure que je te vois. J'ai une très bonne vue tu sais, ajouta-t-elle en riant.

Elle l'avait donc bel et bien vu et ne parlait pas à l'arbre. Dans un sens, c'était tant mieux. « Quand faut y aller… » pensa-t-il en se résignant. A vrai dire, il l'avait cherchée avec beaucoup de difficulté mais n'avait jamais pensé à ce qu'il lui dirait s'il venait à la recroiser. Il resserra son étreinte autour du ballon qu'il tenait sous le bras et sortit de derrière l'arbre en affichant un sourire. Elle, l'attendait patiemment au milieu du terrain, son propre ballon aussi sous le bras. Son coeur à elle aussi battait la chamade. Voilà un évènement qu'elle n'avait pas vu venir. Lorsqu'il arriva face à elle, ils se jaugèrent mutuellement quelques secondes. Takao était maintenant suffisamment près d'elle pour pouvoir clairement distinguer la couleur de ses yeux. Ils étaient verts avec quelques touches de gris.

Soudain, elle prit la parole. Takao remarqua immédiatement qu'elle avait une voix ferme et chantante au timbre particulier, assez grave, une voix de celles qu'on oublie pas.

- Je t'ai vu hier, tu jouais contre Seirin, déclara-t-elle finalement.

- Euh oui… J'y étais, répondit le jeune homme, toujours aussi étonné.

- Tu es le meneur de Shutoku, Takao Kazunari.

Le jeune homme ne put ni lui répondre ni la questionner au sujet de son identité à elle car il était concentré sur autre chose : il venait de remarquer qu'elle avait un accent. Un accent très léger mais tout de même audible et il demeurait incapable de déterminer son origine. Il savait déjà qu'il y avait peu de chances qu'elle soit japonaise étant donné son visage caucasien, de plus, son accent confirmait cette théorie.

Emma n'attendit pas de confirmation, elle, savait déjà qui il était. Elle avait plutôt remarqué le ballon de basket que son interlocuteur tenait sous le bras et son sourire s'élargit.

- Une partie, ça te tente ? Demanda-t-elle en passant son ballon d'une main à l'autre.

Takao fronça les sourcils.

- Maintenant ? S'enquit-il.

- Je te laisse répondre à cette question toi-même, tu remarqueras que la réponse est plutôt simple, soupira la brune en levant les yeux au ciel.

Takao eut un petit rire. Le caractère de cette fille l'amusait beaucoup et il était des plus intéressants. Après tout, cette fille semblait maîtriser le sarcasme au moins aussi bien que lui. Il mourrait d'envie d'en savoir plus sur elle.

- Oui pourquoi pas, répondit-il finalement.

- Super ! S'exclama-t-elle en jetant son ballon sur le côté du terrain.

Elle se mit face à lui et le regarda avec détermination.

- Ne t'en fais pas je suis gentille alors je te laisse la balle pour commencer, fit-elle en souriant.

- C'est trop d'honneur, répliqua Takao en souriant lui aussi.

Il se mit en position et fléchit les genoux en commençant à dribbler lentement.

- Oui mais ne t'habitues pas trop.

Takao rit puis un instant plus tard, s'élança sur le terrain, ballon en main. La fille se mit à courir elle aussi, le suivant de près. Elle courrait très vite, ça n'allait apparemment pas être aussi facile qu'il le pensait.

Son Oeil du faucon lui permettait de voir très exactement où elle était, ce qui permettait au brun de surveiller sa position. Il approcha du panier et se prépara à effectuer un double pas.

De son côté, Emma le scrutait avec attention. Le défaut de Takao durant ce match était clairement qu'elle savait qu'il possédait la même aptitude qu'elle mais pas l'inverse. Elle pouvait utiliser cela pour le feinter. Elle attendit qu'il saute pour tirer et s'approcha de lui à toute allure. Elle avait choisi le moment où il faisait le moins attention à elle et celui où il agrippait le moins la balle pour lui passer devant et d'un coup de paume lui voler la balle. Takao retomba sur le sol, hébété. Puis, il se remit face à son adversaire qui dribblait, immobile. Elle le regarda un instant avec sérieux puis s'élança vers le panier adverse.

- Tu ne passeras pas, fit Takao d'un air insolent.

Si elle tentait de partir en dribbles, il le verrait immédiatement grâce à son aptitude et pourrait lui prendre la balle.

Emma eut un sourire elle aussi. « Ah oui ? Tu vas voir ». Elle bougea avec facilité et maîtrise. La vitesse d'une personne qui sait ce qu'elle fait. Elle fit mine de partir à droite et Takao précipita sa paume vers la balle pour l'intercepter, cependant, ce n'était pas le vrai sens qu'elle avait choisi et fit immédiatement passer la balle dans son dos pour la récupérer avec la main gauche et partir en dribbles.

Takao eut un petit mouvement de recul et sa jambe droite faiblit sous l'étonnement. Il s'écroula sur son genou alors que la fille le dépassait, ballon en main. Son coeur battit la chamade et sa bouche s'entrouvrit. Comment avait-elle pu le feinter ? C'était impossible ! Normalement, il décelait toutes les feintes et les tactiques. Ca n'avait aucun sens. Il tourna la tête et la regarda marquer. Elle s'arrêta à la zone des trois points et en rentra un. Une fois fait, la brune aux yeux verts s'approcha de lui en courant, ballon sous le bras.

- Tu vas bien ? Demanda-t-elle avec inquiétude en l'aidant à se relever.

Elle attrapa son bras et le souleva avec force.

- Oui ça va… Merci, fit-il en se levant, un peu déboussolé.

Il était toujours aussi stupéfait. Mais qui était cette fille ?

- Tu es sûr ? Insista-t-elle en scrutant ses yeux.

- Oui ne t'en fais pas, assura-t-il en souriant. C'est juste que je ne m'y attendais pas du tout.

- Moi non plus, je suis vraiment désolée, le but de ma feinte n'était pas de te faire tomber !

De sa feinte ? Elle l'avait donc feinté volontairement et ça avait marché… Comment était-ce possible ? Personne ne pouvait le feinter d'habitude. Elle attendait désormais face à lui, silencieuse. Takao observa le regard vert de la jeune fille et s'y perdit un instant, pensif. Quelle fille bizarre. L'excitation de leur rencontre l'avait totalement gagné et il n'en finissait pas d'être surpris. Il finit par lui sourire et elle le lui rendit immédiatement.

- En tout cas tu m'as étonné, personne ne me feinte jamais d'habitude ! s'exclama Takao avec assurance.

- Oh, je te comprends, moi non plus on ne me feinte jamais… Répondit-elle avec malice.

Le ton qu'elle avait employé était étrange et laissait deviner quelque chose d'autre. Mais quoi ?

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? S'enquit-il en fronçant les sourcils.

- Je veux dire que je vois toujours les choses venir, et ce au centième de seconde près, expliqua-t-elle en souriant.

Voyant qu'il ne comprenait toujours pas et que ses yeux bleus semblaient perdus, elle reprit son explication de façon plus claire.

- L'Œil du faucon ça te dit quelque chose ?

Les yeux azur de Takao s'ouvrirent tout grand sous le coup de l'étonnement. Elle avait les mêmes yeux que lui ? Était-ce seulement possible ? Jamais il n'avait rencontré quelqu'un avec les mêmes yeux qu'elle auparavant. C'était tout bonnement incroyable. Il sentit son coeur bondir de joie et pour une raison qui lui était inconnue, cela le rendait incroyablement heureux. Bon sang, mais qui était cette fille incroyable et qui la lui avait envoyée ?

- Ca veut dire que…

- Oui, j'ai la même aptitude que toi, affirma-t-elle. D'où ma feinte et… tout le reste.

- C'est incroyable… Murmura-t-il en observant les grands yeux verts de la fille face à lui.

Il l'observa un peu plus longtemps. L'expression insolente de Takao avait complètement disparu et maintenant, il ne pouvait que la fixer avec un mélange d'étonnement et d'émerveillement. Voilà pourquoi elle l'avait fixé avec autant d'insistance au match, elle avait forcément été tout aussi émerveillée de découvrir une autre personne avec la même aptitude qu'elle. C'était tout bonnement fantastique et le coeur de Takao battait plus fort et plus vite que jamais.

- Tu veux te mesurer à moi alors ? S'enquit-elle en recommençant à dribbler, un sourire formidablement impatient sur son minois pâle.

- Plutôt deux fois qu'une ! S'exclama Takao avec empressement.

Et ainsi, ils s'affrontèrent de la sorte pendant un peu plus d'une heure. Chacun prenant le dessus sur l'autre de façon imprévisible. Leur basket était similaire et ils étaient tous les deux de force égale. Ils prirent chacun énormément de plaisir à s'affronter et ce n'est qu'au bout d'une heure vingt de jeu qu'ils s'assirent par terre, essoufflés et rouges. Jouer contre elle, ça n'avait rien de comparable avec quoi que ce soit. C'était une expérience aussi unique que cette fille. Lorsqu'il l'affrontait, il avait toujours l'impression qu'il avait pensé à ce qu'elle avait fait mais aussi que parfois il aurait pu y penser lui aussi. C'était comme de regarder un miroir qui pouvait refléter ce qu'il faisait et qui pouvait aussi refléter ce qu'il pouvait faire. Ce n'était pas comme avec Kuroko. Il haïssait Kuroko parce qu'ils se ressemblaient trop, c'était une ressemblance irritante. Mais avec elle, c'était une ressemblance envoutante… Takao regarda la fille s'allonger. Sa peau très pâle seulement parsemée de tâches de rousseur sur ses joues était maintenant colorée de rouge et ses longs cheveux noirs venaient se coller sur son front moite. Il tenta de ne pas trop la regarder puis vint s'allonger à côté d'elle, le ballon en main.

- Tu devrais t'attacher les cheveux pour jouer, remarqua Takao en souriant.

- Je ne le fais jamais, je déteste ça, répliqua Emma en regardant le ciel qui prenait des teintes rouge sang.

- Je dis ça parce que le coach s'énerve tout le temps après les filles qui ne le font pas, c'est que ça doit être nécessaire, déclara-t-il.

- Ca ne change pas mon niveau alors si je peux m'en passer, je ne le fais pas.

- Je vois, bah j'imagine que ça ne fait rien, fit Takao en fermant les yeux. En tout cas, ça fait vraiment très bizarre de se mesurer à sa propre aptitude.

La fille qu'il venait de rencontrer eut un petit rire. « Bizarre… » Ce n'est pas le terme qu'elle aurait employé. Cet affrontement lui avait fait ressentir une chose qu'elle ne connaissait pas avant. Cette sensation d'excitation et de ruse, d'innovation quant aux possibilités sur le terrain ! Elle était si heureuse d'enfin le rencontrer vraiment. Parler avec lui lui avait prouvé qu'il était exactement comme il paraissait. Drôle et intéressant. Tout aussi insolent que son visage…

- Oui c'est vrai, pour moi aussi, affirma-t-elle. D'ailleurs avant de te rencontrer ici, je n'avais jamais rencontré quiconque avec les mêmes yeux que moi.

- Où étais-tu avant de déménager au Japon ? S'enquit Takao. Enfin, si ce n'est pas trop indiscret, j'ai cru remarquer que tu n'étais pas d'ici.

- En effet, approuva la fille. Avant de venir ici j'étais en Californie pour régler quelques affaires.

Elle était donc américaine…

- Ah ! J'ai un ami qui a vécu aux Etats-Unis, si tu es dépaysée je te le présenterais.

La fille rit puis tendit un bras vers le ciel, les doigts écartés. On aurait cru qu'elle tentait d'attraper un nuage. Takao la regarda faire une seconde et soudain, il se souvint qu'il ignorait tout d'elle, jusqu'à son nom.

- Dis… Commença-t-il d'une voix plus sérieuse. Tu ne m'as pas dit comment tu t'appelais….

Soudain, un téléphone sonna. La jeune fille sortit de sa rêverie avec agacement. Après quelques bidouillages agacés, elle parvint à extirper son téléphone de sa poche et en regarda l'écran.

- Zut encore lui, qu'est-ce qu'il peut-être agaçant des fois, marmonna-t-elle. Désolée Takao, je dois décrocher.

Elle prit le téléphone et le porta à son oreille. Takao entendit une voix masculine s'élever du téléphone. Il sentit son coeur battre la chamade… Son petit-ami ?

- Oui j'arrive bon sang ! Et puis arrête de t'inquiéter pour un rien, je ne suis pas morte ! S'exclama-t-elle.

La voix masculine répondit à nouveau.

- Ouais c'est bon, je sais qu'on plaisante pas avec ça ! Je suis là dans dix minutes ça te va ?

Nouvelle réponse inaudible pour le meneur aux yeux bleus.

- D'accord, à tout à l'heure !

Elle raccrocha finalement en soupirant bruyamment et remit son téléphone dans sa poche de short de basket.

- C'était ton petit ami ? S'enquit-il avec une curiosité faussement innocente.

La jeune fille éclata de rire puis le regarda avec amusement.

- Non pas du tout ! C'est un ami de longue date chez qui je vis en ce moment, expliqua-t-elle.

- Ah bon !

Cette information le soulagea quelque peu. Son interlocutrice se leva et alla récupérer son propre ballon laissé sur le côté un peu plus tôt. Takao se leva lui aussi et marcha à ses côtés pour sortir du terrain.

- Je rentre, fit-elle savoir en tournant à gauche.

- Je t'accompagne, j'habite par là aussi, ajouta-t-il en allant à sa suite.

- C'est exactement ce qu'un tueur en série dirait, déclara-t-elle d'un air faussement sérieux. Si tu veux que je te fasse confiance, c'est mal barré.

Takao éclata de rire en entendant sa blague.

- C'est agréable d'entendre quelqu'un rire à mes blagues ! Ici quand j'en fais, les gens se contentent de me regarder comme si j'étais sérieuse, marmonna-t-elle.

- Ne t'en fais pas, ça me le fait souvent aussi, mais tu verras, on s'y fait avec le temps.

Emma s'esclaffa sans le regarder.

- Dans ce cas, je te ferais mes blagues et tu me feras les tiennes, promis je rirai, déclara la brune en levant une main en gage d'honneur.

Ils marchèrent côte à côte en plaisantant, chacun un ballon sous le bras. Takao trouvait son interlocutrice très drôle et il se plaisait à discuter avec elle. Ils atteignirent rapidement un grand immeuble blanc et la fille s'arrêta devant.

- C'est ici que j'habite, déclara-t-elle en montant avec légèreté les marches du perron.

- Bon bah…

- A très bientôt Takao ! S'exclama-t-elle en lui adressant un immense sourire. C'était un vrai plaisir de jouer contre toi.

Puis, elle entra dans le hall de l'immeuble et en ferma les portes. « A très bientôt » avait-elle dit…

- Pour moi aussi, murmura Takao.

Il se détourna de l'immeuble blanc et continua à marcher en direction de sa propre maison. Le jeune homme n'était pas comme d'habitude, pas aussi confiant ni aussi insolent. Il était trop distrait par la jeune fille pour pouvoir penser à quoi que ce soit d'autre. Si distrait, qu'il n'avait même pas remarqué que cette fille, dont il ignorait toujours le nom, habitait dans le même immeuble que son ami de Seirin, Taiga Kagami.


ALORS ? ;) Vous l'attendiez n'est-ce pas ? J'ai hâte de savoir si c'était à la hauteur de vos espérances !
Ensuite, je vous ai parlé d'une petite annonce qui devrait vous faire plaisir, je vais passer la publication de cette fiction à un chapitre par semaine, tous les vendredis en début de soirée, j'espère que vous êtes aussi enthousiastes que moi ^^
En tout cas, je vous souhaite une excellente semaine et vous dit à vendredi prochain du coup ! Bye bye

- Maude-chan