Bonsoir tout le monde ! J'espère que vous allez bien, moi j'ai eu pas mal de partiels cette semaine et je suis sur les rotules mais la publication de ce chapitre 11 me donne tellement d'énergie que c'est comme si de rien était ! Je me permets d'écrire ce message en gras pour que vous le voyiez ! La publication des chapitres aura maintenant lieu tous les jeudi vers 19 heures, c'est plus pratique pour mon mode de vie, j'espère que vous comprendrez... J'espère de tout coeur que vous avez apprécié le chapitre 10 et j'espère que vous aimerez celui-ci encore plus. Merci comme toujours d'accorder de votre temps à cet écrit, et surtout, amusez-vous bien !


Chapitre 11 : Le stage d'été

Emma descendit la première aux côtés de son équipe. Elles posèrent le pied sur le trottoir d'une petite ville ensoleillée au bord de la mer et inspirèrent à pleins poumons l'air iodé qui les entourait. Risa leva les bras pour s'étirer, un grand sourire sur le visage.

- Ha ! L'air de la mer ! S'écria Riko en descendant à son tour du bus.

- Enfin arrivés ! Ajouta Kyoshi en soupirant.

- C'est pas plus mal, intervint Hyûga. J'ai cru que t'allais me vomir dessus.

Tous rirent alors qu'Izuki descendait à son tour du bus.

- Coeur d'acier qui a des hauts-le-coeur, on aura tout vu ! S'exclama-t-il.

Emma pouffa de rire alors que Hyûga s'approchait de lui avec un air menaçant.

- T'as pas fini de nous faire passer pour des débiles devant Shutoku ? S'exclama-t-il.

L'équipe masculine du dit lycée sortait finalement du bus, menée par son coach. Otsubo vint à leur rencontre avec un air amusé.

- Ne t'inquiète pas, on vous prend quand même au sérieux pour votre basket, déclara-t-il.

- Ouais eh ben… Vous faites bien, lança le capitaine à lunettes.

- Allons un peu de calme, commença Kyoshi. N'oublions pas qu'on est surtout là pour s'amuser !

- Pour s'amuser ? Répéta Riko, l'air ahuri. Koga, passe-moi l'éventail à baffes.

- On a ça nous ? Demanda ce dernier avec étonnement.

Takao retint un rire en observant Koganei s'exclamer « ah oui ! » tout en sortant le dit objet du sac de la coach. C'était de sacrés numéros à Seirin, c'était indéniable. Mais ils n'en étaient pas moins de redoutables adversaires et de précieux partenaires de jeu.

- Bon ! Lança Emma en se tournant vers l'assemblée de joueurs. On peut aller s'entraîner tout de suite !

- Complètement d'accord ! Approuva Riko en attrapant un sac de ballons.

- J'aurais pas dit mieux, renchérit Miyaji.

Tous les joueurs tressaillirent. Ils n'avaient même pas encore installé leurs affaires.

- Ils ont un goût malsain pour les entraînements intensifs ces trois-là, remarqua Koganei.

Mitobe approuva d'un vif signe de tête. Le coach de Shutoku vint les rejoindre rapidement, un cartable sous le bras.

- Nous ferions mieux de nous rendre à l'auberge afin de prendre les chambres et de déposer nos affaires. Ensuite vous vous changerez et l'entraînement commencera, déclara-t-il.

- Ah… Euh oui coach vous avez raison, il vaut mieux faire les choses dans l'ordre, approuva Emma avec un petit rire nerveux. Désolée, je me suis un peu laissée emporter.

- Nous ferons pareil, déclara Riko en regardant ses joueurs. J'imagine que pour commencer, chaque équipe fera son entraînement seule puis nous passerons à des entraînements communs avec l'équipe féminine ?

- Exact, approuva le coach.

- En revanche, il est hors de question que Seirin s'entraîne avec vous, déclara Hyûga en regardant Otsubo. Sauf si c'est pour un match d'entraînement.

Le coach de Shutoku acquiesça.

- C'est ce que nous avions aussi prévu. Après tout, nous restons quand même des adversaires.

Tous hochèrent la tête et quelques secondes plus tard, ils se dirigèrent vers l'auberge.

L'équipe masculine de Seirin dormait dans un premier bâtiment de l'auberge. Non loin, logeait l'équipe masculine de Shutoku. Finalement, dans un troisième bâtiment près des deux autres, l'équipe féminine de Shutoku ainsi que Riko avaient installé leurs affaires. Au milieu de ces trois bâtiments se trouvait un réfectoire et une cuisine qu'ils avaient aussi loués afin de s'occuper eux-mêmes de la nourriture.

Chaque soir, les coaches et ceux qui avaient encore un peu d'énergie s'occupaient de la cuisine. Cependant, il était rare que certains soient encore pourvus de la moindre once d'énergie après les entraînements intensifs et les longs matches auxquels ils participaient. Leurs activités étaient difficiles, mais bénéfiques : ils débutaient chaque journée atrocement tôt et ce par une longue course dans le sable et dans l'eau, puis, ils devaient augmenter leurs capacités physiques en suivant de rigoureux exercices de musculation comprenant gainage, pompes, tractions et autres. Ils assimilaient aussi de nouvelles techniques ou affinaient celles déjà acquises. Ensuite, ils faisaient des matches d'entraînement, souvent chacun de leur côté.

De temps à autres, leurs entraînements, dirigés par Riko, le coach de Shutoku, Otsubo et Emma convergeaient. Cependant, il était rare que les équipes masculines ne jouent ensemble. D'après Emma, cet entraînement commun était excellent pour les joueuses de Shutoku, les poussant à donner le meilleur d'elles-mêmes et à être confrontées à de nouveaux adversaires.

Malgré toutes les difficultés et l'épuisement auxquels les joueurs étaient confrontés, les sources de réconfort et de satisfaction étaient quand même nombreuses. Il y avait tout d'abord le sentiment de progression rapide et visible qui suffisait à satisfaire chacun. Ensuite, il y avait le réconfort qu'ils trouvaient tous dans le fait d'être ensemble. Par exemple pendant les repas ou encore pendant leurs escapades presque quotidiennes aux sources chaudes au sein même de l'auberge.

- Mes jambes sont en compote, geignit Furihata.

Il les étira dans l'eau puis se laissa couler. Ils s'étaient tous rendus aux sources chaudes et filles et garçons s'étaient séparés pour d'évidentes raisons.

- On l'a perdu je crois ! S'exclama Tsuchida en tentant de le sortir de l'eau.

- C'est bon, laisse-le, fit Hyûga, indifférent. Si il est trop faible pour endurer tout ça, alors on a pas besoin de lui dans l'équipe.

Furihata reparut de sous la surface.

- J'ai entendu, capitaine ! S'écria-t-il. Et c'est vraiment pas sympa de dire ça !

- On peut dire que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, fit Izuki en se redressant dans le bassin.

- En fait non, Furihata, ajouta Hyûga. On va avoir besoin de toi comme meneur titulaire.

Furihata sursauta.

- Hé mais je suis toujours là, moi, intervint Izuki en fronçant les sourcils.

- Plus pour longtemps parce que je vais te noyer, Oeil d'aigle à la noix, fit Hyûga en serrant les dents.

Takao et Miyaji regardaient la scène d'un air étonné.

- Vous êtes complètement frappés à Seirin, déclara Takao qui se reposait sur le bord du bassin.

- On peut dire ça je pense, approuva Kyoshi avec un rire bienveillant.

Kagami soupira puis hocha la tête d'un air désespéré. Soudain, de l'autre côté de la palissade, des rires retentirent.

- Ca a l'air intéressant de l'autre côté, remarqua Koganei en se laissant flotter.

Hyûga acquiesça involontairement.

- Attention, Hyûga tu as une copine je te rappelle, déclara Izuki.

- N'importe quoi, je me tue à te répéter qu'on est pas ensemble ! S'écria le joueur à lunettes.

- Moi ça m'intéresse votre histoire, intervint Miyaji.

- Ouais ! Approuva Kimura en sortant la tête de l'eau.

- En plus, les filles de l'équipe sont vraiment pas mal, ajouta Otsubo.

Takao fronça les sourcils et se tourna vers Midorima qui semblait consterné. Quel manque de sérieux de la part de leurs aînés. Il ne manquerait pas de leur rappeler un jour.

- Nozomi et Emma dans une source chaude ça doit être quelque chose, déclara Koganei, pensif.

- Tu l'as dit, approuva Miyaji.

Nombreux furent ceux qui approuvèrent d'un signe de tête. Midorima remonta ses lunettes et afficha une moue agacée pour tenter de dissimuler sa gêne. Déjà qu'il passait beaucoup plus de temps avec son amie capitaine, si en plus les autres se mettaient à parler d'elle nue, ses joues allaient prendre feu. Et puis, comment pouvaient-ils parler d'elle et de Nozomi ainsi sans gêne ? C'était absolument révoltant.

- Hé calmez-vous un peu les gars, fit Takao en perdant sa bonne humeur.

- Ouais, vous allez un peu loin, renchérit Izuki, les joues rouges.

Il avait aussi imaginé Emma nue sans réellement le vouloir. Otsubo éclata de rire.

- Vous êtes trop drôles tous les deux, fit-il. Tu es toujours sous son charme, hein Takao ?

- Ca n'a rien à voir capitaine ! S'empressa de dire Takao, les joues rouges. C'est juste que ça ne plairait pas à Nozomi ni à Emma qu'on parle d'elles comme ça. En plus, vous feriez mieux d'arrêter de parler d'Emma nue sinon Kagami va devenir aussi rouge que ses cheveux et faire des Meteor Jam avec vos têtes.

- Bien dit, Takao, approuva Izuki.

Tous se tournèrent vers Kagami qui fulminait dans son coin. Il avait l'air tellement en colère que l'eau autour de lui aurait pu bouillir. Takao avait raison, Kagami les aurait sans doute écrasés s'ils s'étaient permis d'autres commentaires.

- De toute façon, je ne me risquerais pas à essayer de voir par-dessus la palissade si j'étais vous, déclara Hyûga en se laissant flotter.

- Pourquoi ça ? S'enquit Miyaji, étonné.

- L'année dernière, la coach nous a surpris en train d'essayer de le faire, expliqua Furihata.

Tous les joueurs de Seirin frissonnèrent à cette mention.

- Et donc ? Insista Otsubo, un peu perdu.

- Ca fait trois jours que nous sommes là et vous n'avez toujours pas cerné Riko ? Fit Izuki, étonné.

- Il ne vaut mieux pas la contrarier, assura Kyoshi en plongeant sa tête dans l'eau.

- Flippant, murmura Miyaji.

De l'autre côté de la palissade, les filles de Shutoku et de Seirin étaient elles aussi ensemble.

- Vos entraînements sont horribles, geignit Nozomi, la grande ailière rousse.

- Merci, répondirent joyeusement Riko.

Emma adressa un immense sourire à la coach de Seirin.

- D'ailleurs Riko, merci de nous entraîner, c'est grâce à toi qu'on fait autant de progrès, ajouta Emma. Je suis très loin d'être une coach de ton niveau alors heureusement que nous t'avons.

- Ne me remercie pas ! C'est normal, je baigne dedans depuis que je suis petite, répliqua Riko. Et puis, ce n'est pas simple de porter la casquette de joueuse et de coach, il est logique que tu sois débordée.

- En tout cas, intervint Aoi, je sens qu'on s'améliore encore plus vite, maintenant.

- Oui ! Approuva Serina en se faisant flotter.

Emma les regarda avec un grand sourire.

- Vous savez quoi ? Demanda-t-elle. Je crois qu'on est presque au niveau des autres joueuses de Tokyo, qu'il s'agisse de nos titulaires ou de nos remplaçantes.

Toutes se regardèrent avec d'immenses sourires et certaines se mirent à jubiler.

- Et je pense même que nous les surpassons en force mentale, ajouta la capitaine aux cheveux noirs.

- Comment ça ? S'enquit Rina, étonnée.

- Il est certain qu'aucune autre équipe n'a plus envie de gagner que nous, expliqua-t-elle avec un regard brûlant.

- Ca c'est sûr ! Approuva Nozomi.

- Et en plus, nous sommes maintenant une équipe soudée et nous nous battrons ensemble, fit Emma.

- Bien dit, capitaine, ajouta Risa.

- On va enfin montrer aux autres lycées ce qu'on vaut, et on prouvera au coach et à la direction qu'ils avaient tort de nous laisser sur le banc de touche, renchérit Haruna.

Emma ouvrit de grands yeux étonnés puis, lorsque leurs regards se croisèrent, leurs visages reflétèrent leur détermination et leur entente mutuelle. Toutes se mirent à parler en même temps, trop enthousiasmées par la détermination de leur pivot titulaire pour ne pas réagir. Riko regarda l'équipe féminine avec un grand sourire puis se tourna vers Emma avec un air satisfait sur le visage. « C'est du bon boulot, capitaine », pensa-t-elle.

- Je vais aller me chercher un truc à boire je pense, déclara Emma.

- Encore ta soupe de haricots dégueu c'est ça ? Fit Aoi en fronçant son nez.

- Tu passes ton temps à me juger Aoi, un peu de pitié ! S'exclama la meneuse aux yeux de faucon, désemparée.

- Je sais pas comment tu peux boire ça en été, marmonna Nozomi en grimaçant.

- C'est clair… Approuva Rina.

- Ce que vous pouvez être bête, c'est froid bande d'idiotes ! S'exclama la capitaine en riant.

La meneuse aux cheveux noirs se leva pour aller chercher une serviette. Elle se redressa dans le bassin puis monta les marches qui permettaient d'en sortir, laissant sa large poitrine et ses formes visibles à toutes ses coéquipières. Lorsque les autres joueuses se baladaient nues près du bassin, cela passait plutôt inaperçu, cependant, le corps de leur capitaine était assez généreux. Certaines comme Risa s'évertuèrent à ne pas la regarder, trop gênées. D'autres, n'hésitèrent pas à jauger ses seins avec jalousie ou curiosité.

- La vie est vraiment injuste, lança Aoi en se laissant flotter sur la surface.

Emma tourna la tête vers elle alors qu'elle venait d'attraper une moelleuse serviette blanche.

- Comment ça ? Fit-elle, étonnée.

- Tes seins, capitaine, expliqua l'ailière aux cheveux bleus. J'ai même pas le quart des tiens.

- Oh, ça ! Ce n'est pas si cool que ça tu sais.

Nozomi qui avait elle aussi un physique assez généreux approuva les paroles de la meneuse d'un air exaspéré.

- Facile à dire quand on en a une paire pareille…

Elle se retourna et vit que Riko la regardait aussi, le visage à moitié immergé dans le bassin.

- Tu vas pas t'y mettre toi aussi, Riko ! Lança Emma.

- Tu as les mêmes que Momoi, marmonna-t-elle. Bon au moins, TOI, tu ne t'en vantes pas

mais quand même…

Emma ne prêta pas attention aux digressions de la coach de Seirin et se tourna avec étonnement vers elle.

- Je ne connais pas cette fille, intervint Emma, enveloppée dans sa serviette, prête à sortir pour rejoindre les vestiaires. De qui s'agit-il ?

- C'est Satsuki Momoi, la manageuse de l'équipe de Tôô, répondit froidement Emi Watanabe.

- L'équipe de Daiki Aomine… Fit Emma pensivement.

- Exactement, approuva Riko.

- Ce joueur est impressionnant, déclara rêveusement Aoi.

Toutes se tournèrent vers leur coéquipière, habituellement insensible à tout.

- Quoi ? S'enquit Rina à l'adresse d'Aoi avec incrédulité.

- Quoi « quoi » ? Se défendit Aoi en fronçant les sourcils.

- Oh rien, c'est juste que tu ne parles jamais comme ça des joueurs masculins, répondit la pivot remplaçante avec un sourire inquisiteur.

Les joues d'Aoi prirent une teinte cramoisie.

- Je reconnais juste son talent, je ne vois vraiment pas le problème…

Emma, Serina, Risa et Shiho se regardèrent avec un petit rire.

- Peut-être, approuva Haruna. Mais je crois surtout que tu aimerais bien faire un… un contre un avec lui, si tu vois ce que je veux dire.

Toutes les filles dans le bassin explosèrent de rire, Riko y compris. Même Emi et Akari Isobe se laissèrent prendre au jeu et s'écroulèrent de rire. Nozomi but la tasse en s'esclaffant et toussa en même temps.

- C'est ça, marrez-vous ! S'écria Aoi, les joues rouges. Vous n'êtes qu'une bande de gamines immatures de toute façon.

Le quatrième jour du stage avait été, lui aussi, épuisant. Tous les joueurs des trois équipes étaient maintenant sur les rotules. Ils avaient été levés à cinq heures et demie et n'avaient eu que trente minutes pour se lever et se préparer à la journée qui les attendaient. Ensuite, ils avaient commencé l'entraînement par une heure de course de fond sur la plage. Le sable ralentissait leurs mouvements, les épuisant encore plus facilement, et ils n'eurent droit qu'à une seule pause de deux minutes pour boire et faire redescendre leurs rythmes cardiaques. Cependant, la course dans le sable et dans l'eau était idéale afin d'améliorer l'endurance de leurs coeurs. Malgré la difficulté, Emma avait trouvé cela agréable car elle avait couru aux côtés de Midorima. Celui-ci était resté sérieux pendant l'exercice comme à son habitude, cependant, il s'était pris le pied dans un galet et avait trébuché, provoquant un fou rire chez Emma qui s'était précipitée pour l'aider à se relever. Devant la mine hilare de la jeune fille, Midorima avait fini par capituler et lui adresser un très discret sourire. Emma avait bien ri et tous les deux s'étaient fait remonter les bretelles par leur coach. Après cela, chaque équipe était retournée au gymnase, accompagnée de son coach, pour y pratiquer divers exercices de musculation. Ensuite, les coaches avaient opté pour un entraînement individuel afin d'améliorer les techniques de chaque joueur. Le déjeuner était arrivé et ils avaient eu droit à une heure de pause, puis, ils avaient repris l'après-midi par des matches d'entraînement dans le sable. Finalement, la journée s'était achevée sur des étirements et un compte-rendu avec le coach et Emma pour l'équipe féminine et un match d'entraînement en gymnase pour les garçons de Seirin et Shutoku. Alors qu'ils marchaient depuis le gymnase pour rentrer à l'auberge, ils sentaient tous leurs muscles se tordre de douleur au moindre pas. Ce fut donc un concours de grimace assez impressionnant jusqu'à l'auberge.

- Eh voilà le travail, déclara Risa en s'approchant de la grande table du réfectoire, une casserole à la main.

Mitobe, Riko, Kimura et elle s'étaient portés volontaires pour la cuisine étant donné qu'ils étaient les meilleurs à cela (sauf Riko, cependant, sa bonne volonté était sans faille).

- Vous êtes géniaux tous les quatre, déclara admirativement Miyaji en regardant les plats qu'ils posaient devant eux.

- C'est clair, merci beaucoup ! Ajouta Emma. Demain, on s'y colle pas vrai Taiga ?

- Ouais… Enfin si les coaches arrêtent de nous faire courir comme des dératés, déclara ce dernier.

- T'es là pour t'entraîner je te rappelle, tu vas pas te plaindre non plus ! Fit Riko, menaçante, en posant un plat devant Kyoshi.

Kagami se tut puis se renfrogna.

- D'ailleurs… Commença Izuki. Pourquoi votre coach ne reste pas avec nous aux repas ? Demanda-t-il à Takao, à coté de lui.

- En fait, il pense que ce ne serait pas sympa de sa part de rester avec nous parce qu'il nous empêcherait de nous lâcher vraiment dans nos conversations, répondit le brun aux yeux bleus de Faucon.

- Il est dur avec lui-même, ça ne nous dérangerait pas vraiment, déclara Hyûga, assis à côté de Riko.

- C'est vrai, il devrait dîner avec nous, ajouta Koganei.

- A moins que tout ça ne soit qu'une excuse parce qu'il a trop peur de manger ce que nous préparons, déclara Aoi avec indifférence tout en s'étirant.

Plusieurs des joueurs rirent face à sa remarque.

- En parlant de ça, commença Izuki. Qui a préparé quoi ?

- Pourquoi tu demandes ça ? Demanda Nozomi, étonnée. On s'en fiche tant que ça se mange, non ?

Riko vrilla le meneur de son équipe d'un regard meurtrier. Celui-ci se cacha un peu derrière sa voisine de table, Emma.

- Non, pour rien du tout… S'empressa-t-il de répondre.

Les garçons de Seirin ainsi qu'Emma comprirent la question de Izuki et quelques rires retentirent cependant, les autres ne purent comprendre et se contentèrent de les regarder, les sourcils froncés.

- Je vais te prouver que ce que j'ai préparé est délicieux ! S'écria Riko avec colère. Hyûga, tu veux bien goûter ça n'est-ce pas ? S'enquit-elle en lui accordant une très grande confiance.

- Je suis vraiment obligé ? Demanda-t-il d'un air malade.

- Oh… Non évidemment pas… Répondit Riko avec un lourd écho de déception dans la voix. Ca ne fait rien.

Devant la mine affligée et déçue de leur coach, Hyûga ne put s'empêcher de se sentir coupable.

- Euh… Oui bien sûr je vais, s'empressa-t-il de répondre d'un air mal à l'aise sous la mine étonnée de Riko.

« Pauvre capitaine ! » S'exclamèrent les joueurs de Seirin en le regardant mettre dans sa bouche un morceau du « poulet aux légumes » préparé par Riko sous les regards perdus et terrifiés des joueurs de Shutoku qui ne comprenaient vraiment pas l'équipe de fous qu'était Seirin.

Le repas était fini et la meneuse aux yeux de faucon sortit du réfectoire, seule, prête pour aller courir. Il faisait nuit et elle avait besoin de se défouler pour garder la tête froide. Elle marcha jusqu'à la plage, ses longs cheveux noirs de jais voletant dans la brise. L'air frais vint glisser sur sa peau et finalement, ses pieds foulèrent le sable. Alors, elle inspira puis se mit à courir à vive allure sous la demie lune. Le bruit des vagues la calma un peu. Il s'agissait d'un roulis répétitif… mais violent. Les vagues semblaient se détruire et s'annihiler chaque fois qu'elles s'entrechoquaient. Elle secoua la tête et accéléra pour ôter cette pensée de son esprit.

Alors qu'elle courait depuis déjà dix minutes, Emma sentit ses poumons la brûler. Elle prit une grande bouffée d'air salé pour tenter de se calmer, cependant, elle n'y parvenait pas. Son esprit commença à s'emballer. La jeune fille avait laissé le cours de ses pensées se poursuivre. Tout d'abord elle repensa à leur entraînement, leurs améliorations, puis le plaisir d'être avec tous les autres, notamment les deux équipes masculines avec lesquelles elle ne pouvait généralement pas trop s'entraîner. Ensuite, elle avait de nouveau pensé à la détermination de ses coéquipières de gagner le tournoi de Tokyo et de participer au tournoi international, jusqu'à ce que cette pensée ne la ramène durement et inévitablement à la raison de son envie de participer à ce tournoi. Ses jambes la portaient machinalement, lourdement et des larmes naquirent dans ses yeux brûlants. Sa gorge s'enroua et ses pleurs bloquèrent ses poumons. Elle ne parvenait plus à respirer, elle suffoquait. Elle toussa, comme si elle s'étouffait. Une forte bourrasque amena ses cheveux devant ses yeux et elle fut aveuglée. Elle hurla de colère et de désespoir en se repassant ce jour maudit dans sa tête. Elle revit les visages de celles qui l'avaient trahie et ceux de ceux qu'elle avait perdu à jamais, puis soudain, Emma trébucha sur un galet solitaire et tomba à la renverse sur le sable sec. Elle se rattrapa dans une roulade et resta au sol, du sable sur le visage. Elle passa sa main sur sa peau, tentant de s'en débarrasser. Une fois par terre, son coeur se mit à palpiter de tristesse et elle sentit sa gorge se serrer alors qu'elle pleurait de plus belle.

- Fait chier ! Cria-t-elle de toutes ses forces en martelant violemment le sable de son poing.

Des sanglots se mêlèrent à sa voix et elle fut vite incapable de parler. Ses épaules se secouaient de façon incontrôlable, seulement guidées par ses sanglots coincés dans sa poitrine et sa gorge.

- Quelle merde, tenta-t-elle de dire avec rage.

Cependant, tout ce qui sortit de sa bouche furent une suite de plaintes sanglotantes. Bientôt, sa colère la quitta pour laisser place à la tristesse pure. Emma se laissa tomber en arrière et resta allongée dans le sable à pleurer, fixant le ciel nuageux. Le vent vint à nouveau agiter ses cheveux et malgré tous ses efforts pour se calmer, sa poitrine se soulevait toujours dans un mouvement saccadé. Ses poumons étaient obstrués par le chagrin et c'était comme si elle ne pouvait plus respirer. Des perles brûlantes d'amertumes coulèrent de ses yeux en suivant les formes de son visage jusqu'à ses oreilles.

- Emma ? S'enquit une voix inquiète derrière elle.

Celle-ci avala une goulée d'air de travers en se rasseyant et toussota. La brune tourna vivement la tête vers les dunes, là d'où venait la voix. Là, se trouvait Takao. Emma s'empressa de sécher ses larmes et de s'éclaircir la gorge. Il fallait qu'elle chasse ses pleurs de sa voix.

- Ta-Takao ? Demanda-t-elle avec étonnement. Qu'est-ce que tu fais ici ?

Sa voix tremblait et son ton montrait qu'elle était agacée.

- Je courais, expliqua-t-il en s'essuyant le front. Je pensais être seul mais… On dirait que non.

- Bonne course alors, déclara-t-elle d'une voix qui se voulait neutre. On se revoit tout à l'heure.

- Attends, la coupa-t-il. Tu pleures, pas vrai ?

Lorsqu'elle entendit cette question, Emma ne put réprimer un nouveau sanglot déchirant. Elle ferma les yeux et une myriade de larmes s'en échappa. Sa mâchoire se crispa et elle ferma ses poings. Pourquoi ne pouvait-elle arrêter ses larmes ? Pourquoi était-elle si impuissante ? Elle se haïssait tellement, comment avait-elle pu être faible au point de laisser quelqu'un la voir dans cet état ? Elle n'avait pas le droit de pleurer ainsi.

- Non ! S'écria-t-elle. Je vais bien, je ne pleure pas et je ne veux pas pleurer !

Takao comprit que cette phrase ne s'adressait pas vraiment à lui, mais plus à elle-même. Le meneur de Shutoku s'approcha d'Emma en courant et se trouva auprès d'elle en un instant. Ses pas étaient étouffés par le sable. Il hésita quelques secondes. Il l'aurait volontiers prise dans ses bras, cependant… Il doutait sincèrement qu'elle en ait envie dans un tel moment. Takao se passa une main dans les cheveux puis se contenta de s'asseoir juste à côté d'elle, leurs bras se touchant à peine. Ils rivèrent tous deux leurs yeux vers les vagues roulantes de la mer.

- Alors ? Demanda-t-il finalement.

- Alors quoi ? Répliqua Emma, la voix enrouée, cassée.

- Je te laisse répondre à cette question seule, tu remarqueras que la réponse est assez simple, rétorqua Takao avec un grand sourire.

Emma eut un petit rire triste en l'entendant reprendre une phrase sarcastique qu'elle avait elle même utilisée un jour.

- Ecoute, je n'en parle presque jamais et de toute façon, je n'aime pas ça, répondit-elle finalement.

- Tu ne t'es jamais dit que c'est parce que tu le gardais toujours pour toi que c'était si douloureux ? Intervint-il.

La jeune fille haussa les épaules.

- Dis-moi, Emma, insista-t-il en la regardant.

La première fois qu'ils s'étaient rencontrés, il s'était passé quelque chose entre eux. Un genre de fascination… Chacun considérait l'autre comme son alter-ego du sexe opposé au basket. C'est ça, de la fascination. L'incrédulité de rencontrer quelqu'un avec la même faculté, les mêmes yeux. Les yeux du faucon. Et pourtant, même s'ils avaient commencé leur amitié par cette fascination, quelque chose avait changé. C'était comme s'ils… Comme s'ils s'étaient inexorablement éloignés l'un de l'autre. Peut-être la même chose que ce petit galet qui l'avait faite trébucher ? Alors de la même manière, une chose s'était-elle interposée entre eux ?Et puis, Takao le ressentait-il lui aussi ? Emma aurait été prête à le parier. Mais alors, pouvait-elle encore lui faire confiance et lui confier une chose pareille ?

Leurs regards bleus et verts se croisèrent et la jeune fille détourna finalement le sien, puis elle soupira.

- Tu sais, je n'ai pas été totalement franche avec toi sur la raison de mon déménagement ici, commença-t-elle à voix basse. Je ne suis pas venue uniquement pour le dépaysement ou pour jouer dans une équipe japonaise.

Une pensée arracha une nouvelle grimace à la petite brune et elle se tourna vers Takao avec un genre de sourire triste.

- Si je suis venue ici, c'est parce que je n'avais plus rien chez moi, murmura-t-elle.

Le jeune homme chassa les larmes qui semblaient la déranger d'un revers de la main, lui adressant un regard compatissant. Il avait beau rester muet, ce qu'elle venait de dire l'inquiétait grandement.

- La seule personne qu'il me restait et sur qui je pouvais encore compter, c'était Taiga, expliqua-t-elle.

- Que s'est-il passé, Emma ? Demanda Takao avec appréhension. Qu'est-il arrivé à ta famille ?

- C'est une longue histoire, répondit-elle alors que des larmes coulaient toujours sur ses joues.

- On a toute la nuit devant nous, intervint le jeune homme en lui montrant d'un vaste geste le ciel étoilé.

Cette voix si sérieuse… Il était rare qu'Emma l'entendit venir de Takao.

- Oui, jusqu'à ce que les coaches le découvrent et nous passent un savon, marmonna-t-elle.

Takao posa sa main sur celle d'Emma d'un geste calme.

- Raconte-moi ton histoire, déclara Takao. Peu importe le temps que ça prendra et peu importent les conséquences.

- D'accord, acquiesça finalement Emma en essuyant de nouvelles larmes. C'était il y a un an…


Et voici la fin de ce chapitre ! J'espère que vous avez hâte d'en découvrir plus sur le prochain chapitre qui s'appelle : Une revanche à prendre. C'est un chapitre flashback et vous découvrirez de quoi il en retourne la semaine prochaine (maintenant le jeudi, n'oubliez pas !). Comme toujours, je vous souhaite une merveilleuse semaine et je vous fait des bisous !

- Maude-chan