Salut à tous les amis, comme vous le voyez, on reprend les bonnes habitudes des publications le jeudi. Désolée pour la semaine de retard, j'étais un peu débordée avec ce nouveau semestre qui commence. J'espère que tout va bien pour vous, que vous avez appréciez le dernier chapitre et que vous aimerez celui-ci. La fiction devrait toucher à sa fin d'ici trois chapitres à peine je pense, alors restez avec nous !
Comme toujours, merci à vous de lire et d'être fidèle, vous êtes géniaux. Sur ce...

Bonne lecture !


Chapitre 20 : Premiers tours

Le grand stade, qui était usuellement réservé à la Winter Cup, avait été aménagé pour accueillir le tournoi international juste auparavant et le moins que l'on pouvait dire, c'est que ses alentours étaient en pleine effervescence. En effet, en ce samedi, premier jour du tournoi, quatre équipes féminines allaient s'affronter. Puis, le dimanche, ce serait autour des quatre autres. La tension était à son comble pour chacune des équipes et elle continuait de s'intensifier à mesure que les bus s'approchaient du stade.

Dans le car des françaises, personne ne prononçait le moindre mot. Toutes regardaient leurs pieds et entortillaient leurs cheveux. De temps à autres, on pouvait tout de même entendre quelqu'un tousser, ou encore quelques joueuses se murmurer quelque chose. Mais, cela n'allait pas bien plus loin La capitaine de l'équipe commençait à s'inquiéter de la non-réactivité des joueuses. Olivia les regarda toutes une par une. Même Michèle ne disait rien. La nouvelle capitaine se mit à taper du pied, les sourcils froncés, réalisant que rien ne se déroulait comme elle l'avait prévu. Une telle négativité apparente allait les desservir. Bon sang, elles étaient qualifiées et allaient participer au plus grand tournoi mondial féminin inter-lycées et aucune d'entre elles ne semblait heureuse ! Olivia se tourna vers sa vice-capitaine en un battement de cil. La grande ailière blonde tenait sa tête de son poing et regardait mollement le paysage de ses yeux presque jaunes.

« On croit rêver », pensa Olivia. Etait-il seulement possible d'avoir l'air plus abattu ?

- Célia, fit-elle froidement.

- Hmm ?

Elle n'avait même pas pris la peine de se tourner vers sa capitaine.

- Pourquoi tu ne parles pas ? S'enquit Olivia.

- Parler à qui ?

- Je sais pas moi, à la cantonade ! S'exclama la capitaine. Fais des blagues, comme avant. Détends l'atmosphère !

Célia se tourna enfin vers elle. Olivia n'en revenait pas. La joueuse toujours souriante qu'elle avait connu avait bien changé.

- Je ne suis pas magicienne, « capitaine ». Je ne peux pas simplement détendre l'atmosphère que tu t'es acharnée à tendre toi-même, répliqua Célia.

A ces mots, les autres joueuses sortirent de leur anxiété et de leur léthargie. C'était la première fois que Célia parlait ainsi à leur capitaine depuis… Depuis le départ de leur ancienne capitaine, en fait. Et c'était pour le moins étrange.

- Je n'ai rien fait du tout ! S'emporta Olivia. C'est le stress qui crée cette atmosphère.

Même Michèle se retourna en sentant la tension monter derrière elle.

- Peut-être que l'équipe ne serait pas si tendue si elle avait une meilleure capitaine, comme Emma, répondit la blonde avec colère.

Olivia sembla scandalisée, trahie.

- C'est ton adversaire, il faut t'y faire !

- Emma ne sera jamais vraiment mon adversaire, toi en revanche, on ne peut pas dire que l'envie me manque de faire de toi mon ennemie. Cependant…

- Célia…

Toutes les autres écoutaient avec incrédulité.

- Cependant, je n'ai d'autre choix que de l'affronter à cause de toi et des magouilles de ta famille, finit Célia.

- Ça suffit, fit Michèle en se levant. Si ta famille t'entendait…

- Laisse ma famille en dehors de ça, Michèle, ce genre de débilité ne prend pas avec moi, coupa la blonde. Je sais, et nous savons toutes, qu'Emma était bien meilleure que toi, Olivia, et que tu l'as faite écarter pour obtenir cette place que tu convoitais, voilà tout.

Puis, après avoir déclaré tout cela d'une voix infaillible, elle se rassit calmement et reposa son poing sous son menton. Ses yeux observèrent à nouveau l'extérieur. Dans le car, Michèle s'était rassise, en colère et Olivia était encore debout. Toutes les joueuses la fixaient avec attention. Au fond, une bonne partie d'entre elles savaient que Célia avait raison mais… Aujourd'hui, c'était Emma, leur adversaire et elles devaient rester soudées. Olivia, elle, n'avait pas l'air en colère. Son visage ne laissait rien paraitre du tout en fait, mais au fond d'elle, elle se sentait profondément trahie par Célia. Inconsciemment, sa haine pour son ancienne coéquipière brune s'intensifia encore. Ce qu'elle pouvait la détester. Ainsi, le silence reprit sa place dans le bus français.

Du côté japonais, le car était bien plus animé. Les deux équipes de Shutoku et leur coach roulaient en direction du stade, tout comme les françaises et parlaient tous avec entrain. Aoi était agenouillée sur son siège pour que l'ensemble de ses coéquipiers la voit.

- … Et là, elle s'apprête à faire une passe à Haruna - et une passe incroyablement rapide, je peux vous l'assurer - quand devinez qui débarque ! S'exclama l'as de Shutoku, l'ailière aux cheveux bleus.

Toutes les filles de l'équipe se frappèrent le front, Emma y compris. C'était au moins la cinquième fois qu'Aoi leur racontait cette anecdote. Haruna et Shiho soupirèrent en entendant leur échec être conté une énième fois. Les garçons la regardaient avec amusement. Elle racontait bien cette histoire et ils ne l'avaient jamais entendue auparavant. Takao pleurait encore de rire après la précédente anecdote et tous les autres attendaient la suite. Midorima, lui, écoutait distraitement, observant la meneuse. Il était soulagé que cette dernière soit trop occupée à fixer Aoi qui faisait de grands gestes, ainsi, il pouvait la regarder sans qu'elle ne le remarque.

- Emma ? Suggéra Miyaji.

Emma le regarda avec amusement en levant son pouce en l'air.

- Ouais, bien vu ! T'es doué pour deviner les histoires ! S'exclama Aoi avec enthousiasme.

- C'était juste super-prévisible, intervint Kimura en croisant ses bras sur sa poitrine.

- Ouais si tu le dis… L'interrompit Aoi. Donc comme je disais, Shiho s'apprête à faire l'une de ses passes méga-rapides à Haruna quand soudain, Emma jaillit devant elle, comme si elle s'était téléportée ! Et PAF ! Elle me fait une super-passe-rapide alors que je suis sous le panier. Je l'attrape à deux mains et BAM ! Un dunk pour notre équipe !

- Pourvu que vous fassiez ça dimanche, déclara Takao en regardant Serina.

- Quoi, la « passe méga-rapide » de Shiho ou la « super-passe-rapide » d'Emma ? Demanda Serina.

Aoi leva les yeux au ciel.

- J'avoue que les noms sont pas terribles, approuva Otsubo.

- Je te le fais pas dire, soupira Rina.

Risa remonta ses lunettes.

- Fermez-la un peu, vous comprenez rien ! S'exclama Aoi.

- Hino, ton langage, la reprit le coach.

- Oui coach, désolée, répondit-elle en se rasseyant correctement.

Le bus entier explosa de rire. Alors, sans le vouloir, le regard d'Emma fut attiré par le fond du bus, là où Midorima était assis et, alors qu'elle ne s'y attendait pas du tout, croisa son regard vert. Ils furent tous les deux surpris de voir l'autre en face ainsi et leurs coeurs battirent fort contre leur poitrine pendant quelques secondes. Comme c'était inattendu.

Toutes les équipes arrivèrent une par une au stade. Les deux premières équipes des deux poules à passer étaient le Canada contre le Mexique et l'Italie contre l'Argentine. Deux matches prometteurs et effrénés en perspective. Lorsque le bus japonais arriva sur place, plusieurs des joueuses sautillaient d'impatience à l'idée de voir les autres jouer.

- Shiho, arrête de sautiller comme ça, tu nous fais passer pour une équipe de débutantes, fit Risa, agacée.

- Techniquement, c'est ce que nous sommes, fit remarquer Haruna en souriant.

Emma pouffa. Haruna n'avait pas tort.

- De toute façon, tout le monde nous sous-estime déjà, il n'y a que sur le terrain que nous pourrons dissiper leurs doutes, ajouta la capitaine.

- Bien dit, approuva Aoi.

Alors qu'ils marchaient tous en parlant joyeusement Takao sortit du rang de l'équipe masculine pour se diriger vers Shiho et Serina qui marchaient ensemble.

- Tu veux que je te porte ton sac ? Demanda-t-il avec son éternel sourire insolent. Il a l'air lourd.

Serina rougit, à la fois en colère, à la fois embarrassée.

- Je n'ai pas besoin d'aide, merci, répliqua-t-elle. Si tu veux être gentil, contente-toi de marcher à côté de moi.

- Oh… Okay, fit-il, un peu étonné.

Il retrouva rapidement son sourire et engagea la conversation. Shiho réprima un rire, puis se sépara du duo pour retrouver ses autres coéquipières qui regardaient toutes l'action avec amusement. Même Emma s'y faisait. Cela faisait longtemps qu'elle et Takao avaient perdu cette complicité qui les liait maintenant, Serina et lui. Et puis… Elle tourna la tête vers Midorima qui regardait devant lui, l'air froid. Ce n'était pas comme si elle n'était pas totalement sous le charme de quelqu'un.

Toutes les équipes arrivèrent dans le stade là où beaucoup de monde était déjà rassemblé et où l'effervescence était totale. De nombreux joueurs où tout simplement fans de basket de toute la capitale s'étaient déplacés. De ses yeux de faucon, Emma tentaient de tous les observer. Alors que les équipes de Shutoku arpentaient les couloirs du stade pour accéder aux sièges, les équipes canadienne, mexicaine, argentine et italienne s'entraînaient déjà sur le terrain.

- Elles doivent avoir une pression monstre sur les épaules, fit remarquer Aoi.

- Je te le fais pas dire, approuva Rina.

- Demain, tu peux être sûre que nous serons dans le même état, ajouta Risa.

Ils trouvèrent les places qui leurs étaient réservées dans les gradins et s'y installèrent assez aléatoirement, par ordre d'arrivée. Le coach fut le premier à s'asseoir, puis ce fut au tour des autres. Alors, Emma et Midorima qui avaient silencieusement marché à quelques mètres l'un de l'autre se retrouvèrent à s'asseoir côte à côte. La capitaine se frappa mentalement le front. « Génial », pensa-t-elle. Midorima eut à peu près la même pensée. Comment était-il possible qu'en l'évitant avec tant d'application, il se retrouve tout de même à s'asseoir à côté d'Emma pour toute une journée de tournoi…

- Salut, dit-elle poliment.

- Bonjour, répondit-il avec empressement.

Alors qu'il s'apprêtait à se relever pour prétexter une envie de boisson fraiche, Miyaji s'assit à côté de lui, lui bloquant la route.

- Tout va bien Midorima ? Demanda le vice-capitaine blond, sourcils froncés.

Maintenant, l'arrière aux cheveux verts sentaient tout l'attention de la brune focalisée sur lui. Mince.

- Oui, oui. Tout va bien, répondit-il en se rasseyant calmement, serrant son poing bandé.

- Détends-toi, intervint son capitaine qui était assis à côté de Miyaji. On n'a pas d'entrainement aujourd'hui, tu devrais en profiter pour décompresser.

- Oui, capitaine, répliqua-t-il en observant le terrain.

Otsubo se pencha en avant pour regarder Emma d'un air interrogatif. Elle haussa les épaules et se glaça, observant elle aussi le terrain.

- Bon, lança le capitaine un peu étonné.

- Mais qu'est-ce qu'ils ont, tous les deux, marmonna Miyaji.

- J'ai ma petite idée, répondit le capitaine.

Derrière eux, de nouveaux spectateurs prenaient place. Aoi se tourna avec curiosité.

- Ben ça alors ! S'exclama-t-elle.

Serina se retourna aussi.

- Mais qu'est-ce qu'ils fichent ici ? Ajouta-t-elle.

Alors, tous les joueurs se retournèrent aussi pour observer les nouveaux arrivants.

- Eh ben ! S'exclama Kimura avec étonnement.

Emma et Midorima consentirent finalement à regarder derrière avec agacement. Ils furent aussi surpris l'un que l'autre.

- Rakuzan ! Dirent-ils tous les deux.

Juste derrière Emma s'était assis Seijuro Akashi avec un grand sourire. Autour de lui, toute l'équipe de Rakuzan était présente. Midorima tiqua. Qu'est-ce que ce prétentieux faisait ici ? Qui plus est avec toute son équipe.

- Bonjour Emma, tu vas bien ? Demanda-t-il.

La jeune fille n'eut le temps de répondre.

- Qu'est-ce que tu fiches ici, Akashi ? S'enquit Midorima.

- Tu m'as l'air étonné, Shintaro, fit remarquer le meneur de Rakuzan en l'observant avec un grand sourire. Emma ne t'a pas prévenu que je lui rendrai visite ?

Midorima fit tous les efforts du monde pour ne pas se tourner vers Emma qui l'observait avec un peu d'anxiété.

- Euh bonjour, intervint Otsubo. On peut savoir ce que toute l'équipe Rakuzan fait ici ?

- Nous sommes ici en repérage, répondit Léo Mibuchi, le grand arrière aux cheveux noirs et aux yeux bleus de Rakuzan. Pour la Winter Cup.

Emma le regarda avec étonnement. Lui aussi était là. C'était un autre arrière de talent à qui elle aurait volontiers demandé des conseils pour ses shoots.

- L'équipe féminine devait elle-aussi venir mais finalement, elles avaient un important tournoi régional aujourd'hui, ajouta Léo.

- Ouais, approuva Kotarô Hayama, le joueur à l'aura féline. Dommage parce que la capitaine aurait bien voulu voir ce que vous valez !

Il regardait particulièrement Emma en disant cela. Aoi grogna.

- Dis-moi, Shintaro, reprit Akashi.

L'arrière vert était en furie et il se leva de tout son mètre quatre-vingt quinze pour faire face au petit meneur.

- Je me suis donc trompé en pensant qu'Emma et toi étiez si proches, si elle ne t'a même pas dit qu'elle avait accepté de m'accompagner à un rendez-vous, finit le meneur.

Emma se crispa et ses joues devinrent aussi rouges que les cheveux de Kagami. Elle aurait voulu disparaître sous terre tant elle avait honte que tout le monde ait entendu cela. Toutes les coéquipières d'Emma se tournèrent vers elle avec des airs encourageants. La brune n'en voulait pas. Elle aurait préféré que personne n'entende cela. Kimura, Takao, Otsubo et Miyaji se tournèrent aussi vers Emma avec étonnement. Personne n'arrivait vraiment à comprendre comment cela avait pu arriver.

- Akashi, marmonna Midorima avec colère.

- Cela confirme ce que je pensais, ajouta Akashi. Tu n'as pas la moindre importance à ses yeux.

C'en était trop. Alors que Midorima s'apprêtait à se jeter sur le petit meneur et que le coach et les joueurs se levaient pour arrêter le massacre, ce fut Emma la plus rapide. Elle attrapa avec force le bras de Midorima et le retint fermement. Tout sembla redevenir calme. Chacun observa Emma qui tenait le bras de Midorima et se rassit pour ne pas faire trop de vagues. L'arrière semblait à peine y croire et regarda Emma avec incrédulité.

La capitaine lâcha enfin le bras de son coéquipier et se mit elle aussi debout pour les observer tous les deux.

- Je crois que j'ai mon mot à dire ici, fit-elle remarquer.

Elle se tourna en premier lieu vers Akashi.

- Si j'ai quelque chose à dire à Shintaro, je n'ai pas besoin que tu le fasses à ma place, dit-elle froidement. Et j'apprécierais que tu cesses de parler en mon nom.

Elle se tourna ensuite vers Midorima.

- Quant à toi, au lieu de m'ignorer ou de devenir violent pour rien, il serait judicieux de me confronter en cas de doute, tu ne penses pas ? Souligna-t-elle.

Aoi leva les yeux au ciel. Quel crétin ce Midorima. Et dire qu'elle lui avait laissé toutes les pistes du monde pour lui faire comprendre les sentiments de sa capitaine.

Midorima acquiesça à peine puis se rassit sur son fauteuil. Akashi arborait toujours un sourire.

- Nous reparlerons de cela plus tard, se contenta-t-il de dire.

Le calme retomba dans leur tribune alors que la sonnerie de fin d'échauffement avait réveillé les clameurs dans le stade entier.

- Bon… Recommença Risa.

- Oublions tous ça, intervint froidement Emma.

- Quand même… Murmura Shiho.

- J'insiste, répéta la capitaine. La première d'entre vous qui mentionne de nouveau cette rencontre aura droit à une double dose d'entraînement à l'avenir, ça vous va ?

- De quelle rencontre tu parles ? S'enquit habilement Aoi qui était effrayée par les entraînements intensifs plus que tout au monde.

Miyaji eut un petit rire. Emma se tourna discrètement vers Midorima et murmura de sorte à ce que personne d'autre que lui ne l'entende :

- En revanche, si toi tu veux en parler, viens me voir après le match.

Midorima ne répondit rien et n'acquiesça pas non plus. Il n'était pas sûr de vouloir en savoir plus. Emma ressentit la déception envahir son coeur et son estomac se serra.

- Ça commence ! S'exclama Serina en pointant le terrain du doigt.

- Enfin ! Approuva Rina qui respirait mieux depuis que la sale ambiance était passée.

En effet, le début du match Italie contre Argentine détendit étonnement l'atmosphère du côté de leurs tribunes. Le match fut d'un intérêt très grand et chacun en profita pour s'émerveiller des qualités des joueuses. Régulièrement, Shiho se levait pour applaudir leurs performances, cependant, Rina la calmait bien vite en lui disant qu'ils n'étaient « pas au cirque ». Malgré toute cette excitation, cette effervescence et cette bonne humeur nouvellement installée, la tension était à son comble pour Emma comme pour Midorima et aucun des deux ne pouvait se détendre. Ils passèrent donc tout le match à l'observer distraitement, se concentrant surtout sur la personne à côté d'eux.

« J'aurais dû arriver en retard », pensa Midorima en regardant Emma crisper sa main au bandage sur son genou.

La fin du match arriva inexorablement et le verdict était net : l'Argentine l'emportait largement sur un score de 95 à 54 en défaveur de l'Italie. Lorsque tous eurent fini d'applaudir, Aoi se tourna vers Emma.

- Sacrée raclée qu'elles se sont pris, fit-elle remarquer.

- En effet, je n'aimerais pas être à leur place, approuva la capitaine.

- Ce ne sera pas le cas, alors tout va bien ! Lança Haruna.

- Tu as raison mais… Je m'inquiète quand même parce que je me dis que si l'équipe argentine est si bonne, même si les françaises gagnent leur match contre l'Allemagne demain, elle perdront peut-être face à l'Argentine, expliqua Emma.

- Et ça ce serait pas cool, approuva Rina.

- C'est vrai, même si dans un sens, la seule chose qui compte c'est que nous on gagne ensemble, conclut la capitaine.

- Exactement, répliqua Risa.

Il y eut un moment d'hésitation.

- Bon… Coach, capitaine, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda Aoi.

- Eh bien… Commença le vieux coach. Le prochain match commence dans une heure et demie, vous avez le temps d'aller manger un morceau et de revenir ici.

- Okay, pas besoin de me le dire deux fois ! S'exclama Aoi en sautant par dessus les sièges pour s'éclipser.

Rina leva les yeux au ciel.

- Dès qu'on lui parle de nourriture… Marmonna-t-elle en partant à sa suite.

Petit à petit, tout le monde se leva et quitta les gradins par petits groupes. Emma regarda Serina suivre Takao. Etonnant comme tant de choses avaient changé en si peu de temps. Elle ne tiqua cependant pas, même pas lorsque tout le monde fut parti et qu'elle se retrouva complètement seule dans les gradins. « Alors Shintaro s'en moque vraiment », pensa-t-elle avec tristesse.

Après la pause déjeuner, chacun avait repris sa place assise et le second match avait débuté. Bien évidemment, Midorima s'était arrangé pour être en bout de rangée, loin d'Emma. Elle ne s'était sans aucun doute jamais sentie aussi stupide de sa vie. Cependant, Aoi et Risa s'étaient arrangées pour être de chaque côté de leur capitaine pour lui faire la conversation, ce qui contribua grandement à la distraire.

Cette fois-ci, le résultat était un peu plus serré. Le Canada l'emportait de 110 à 104 contre le Mexique. Si Shutoku gagnait son match contre les USA le lendemain, il leur faudrait ensuite battre le Canada et Emma et toutes les autres commençaient à sentir le stress monter en elles. C'était une équipe très douée. Il n'y avait pas de doute qu'elles risquaient l'élimination contre elles. Après un rapide point à la sortie du stade, les joueuses reprirent le car avec le coach ou repartirent chez eux depuis le stade. Emma marchait en direction du métro lorsqu'elle entendit son téléphone sonner. Elle décrocha immédiatement.

- Allô ?

On lui répondit au bout du fil puis le visage de la capitaine s'illumina pour la première fois de la journée.

- Ah, je suis ravie de t'entendre, quelles sont tes infos, Satsuki ?

Lorsque les joueuses ouvrirent leurs yeux au réveil le lendemain matin, le grand jour était arrivé : le premier match du tournoi pour les japonaises. Après un trajet en car silencieux, elles arrivèrent à l'immense stade qui accueillait le tournoi. Même si le premier match de la journée était celui des françaises contre les canadiennes, les filles de Shutoku passeraient l'après-midi et il était nécessaire qu'elles se changent déjà et qu'elles commencent à s'échauffer. C'est pourquoi, au sortir du bus, elles attrapèrent fermement leurs sacs et s'apprêtèrent à s'engouffrer dans leur vestiaire réservé. Avant cela, Miyaji s'approcha de Risa et l'embrassa sur le front avec douceur. Elle remonta ses lunettes et lui adressa un grand sourire rassuré. En même temps, Takao fit une tape amicale à Serina sur son épaule. Elle leva les yeux au ciel mais au fond, elle en était contente.

Devant ces marques d'affection, Emma chercha Midorima du regard et le trouva au fond, tout derrière ses coéquipiers, regardant ailleurs. Elle soupira. Tant pis. Puis, les filles entrèrent dans leur vestiaire pour de bon, accompagnées par les « Bonne chance ! » criés avec force par leurs coéquipiers. Elles se changèrent toutes rapidement et avec effervescence. Elles semblaient toutes très confiante et même si les filles de Shutoku semblaient prêtes à s'amuser, elles étaient surtout là pour gagner. Elles sortirent ensuite en vitesse, leurs tenues oranges enfilées, des gourdes, des serviettes et des ballons sous les bras, Emma et Risa à leur tête.

- C'est parti ! S'exclama la capitaine.

- Oui ! Répondirent les autres.

Malgré ce qu'Emma avait pu ressentir en voyant Midorima aussi froid et bizarre, en cet instant, elle ne ressentait plus que de l'excitation à l'idée de fouler le parquet et de jouer avec ses coéquipières. Pour les autres joueuses de Shutoku, l'excitation était la même. C'était la première fois qu'elles accédaient à un tournoi aussi prestigieux et qu'elles allaient pouvoir montrer leur valeur.

Lorsqu'elles arrivèrent dans le couloir, elles y rencontrèrent l'équipe française qui sortait, prête pour son premier match du tournoi. Olivia ne regarda même pas Emma tant elle était énervée après elle. Les autres aussi se contentèrent de regarder droit devant elles. Emma sourit tout de même à Célia qui avançait en marge du groupe.

- Gagne ce match, dit simplement son ancienne capitaine.

- Compte là-dessus, répondit son ancienne as.

Puis les deux équipes partirent dans des directions opposées pour gagner leur terrain respectif. Les filles de Shutoku passèrent une tunnel puis débarquèrent sur le parquet illuminé encadré d'immenses gradins. Lorsqu'elles entrèrent, la foule se mit à applaudir avec force et à scander leur nom.

- C'est impressionnant, lança Rina.

- Je vais m'évanouir, les informa Shiho en regardant une troupe de jeunes hommes avec des banderoles à leur nom.

- Etre à domicile va clairement jouer en notre faveur au niveau moral, remarqua Risa. Nous, on aura la chance d'être soutenues par presque tout le public.

Aoi sourit.

- C'est sympa je trouve, dit-elle. J'entends des gens qui crient mon nom !

- C'est normal, répliqua Haruna un peu jalousement. Tu es l'as de l'équipe et tu dunk. Tu es sensationnelle.

- Wouah merci ! Fit Aoi avec joie.

- Bon, on s'émerveillera plus tard, intervint leur capitaine. Allons voir le coach.

Et elles se dirigèrent toutes vers leur banc, là ou leur coach et les garçons les attendaient.

- Parfait, dit le coach. Vous êtes toutes là. Mes consignes sont simple : échauffez-vous sérieusement maintenant puis étirez-vous. Ensuite, vous reviendrez et nous irons regarder le premier match avec Seirin. Et d'ici deux heures, vous jouerez votre match contre les Etats-Unis.

Certaines soupirèrent avec appréhension.

- Ça va le faire, assura Emma.

- Ouais c'est clair, approuva Aoi.

Malgré leurs mines assurées, elles avaient toutes deux une boule au ventre.

- Et pour les titulaires du matchs ? Demanda Rina.

- Nous nous en tiendrons à ce que nous avons dit hier soir, répondit le coach.

Sur ce, les filles allèrent s'échauffer pendant que les garçons allaient s'installer avec Seirin dans les gradins. La tension était à son comble et elles sentaient toutes leurs estomacs se serrer fort. Quelle pression monstrueuse. Shiho ne se sentait décidément pas bien… Aoi lui administra un grand coup dans le dos.

- Allez, détends-toi la naine ! S'exclama-t-elle.

Shiho grimaça et se frotta l'épaule. Ç'avait été douloureux mais maintenant, elle se sentait mieux. Elle regarda la silhouette musculeuse d'Aoi la dépasser en courant et un sourire se dessina sur ses lèvres. Tout allait bien se passer. C'était sûr.

Dans les gradins, Seirin et Shutoku se rencontrèrent.

- Salut Seirin ! S'exclama Miyaji avec enthousiasme.

- Tien Shutoku, remarqua Hyûga. Vous n'avez pas l'air bien stressés.

- Non, moi j'ai trop confiance en Risa et les autres ! Ajouta le vice-capitaine. Elles vont tout déchirer !

- C'est bien d'être aussi positif ! Approuva Koganei.

- C'est pas positif ! S'exclama Kagami, sur les nerfs. C'est réaliste !

Il avait l'air en rogne.

- Qu'est-ce qui lui arrive ? Demanda Takao, dérouté.

- Il n'a presque pas dormi, expliqua Kuroko de sa douce voix, étonnant au passage tous les joueurs de Shutoku sauf Takao. Il est toujours comme ça les jours de match, sauf que là, il ne joue même pas alors il n'a même pas de moyen pour se défouler.

- Il a l'air à cran, approuva Kimura.

- Non tout va bien ! S'écria Kagami à nouveau.

Riko se leva en colère et sortit une serviette qu'elle roula en forme d'arme.

- Oui, fit-elle menaçante, tout à intérêt à aller bien ou je vais m'énerver.

- Asseyez-vous, suggéra finalement Izuki.

- Oui, bonne idée, approuva Otsubo.

Alors, ils s'installèrent tous, le coach en bout de rangée. Kagami, qui gardait une place à Emma à côté de lui, vit Midorima être contraint à s'y asseoir.

- On peut savoir ce que tu fais ? S'exclama l'as aux cheveux rouges.

- Je m'assois là où il y a de la place, à ton avis, rétorqua Midorima aussi froidement.

- Cette place est pour Emma je te signale, crétin !

- Elle n'est pas encore là, que je sache, répondit l'arrière.

- Mais elle va arriver espèce de débi…

- Kagami ! S'énerva Riko. Il y a des places derrière, tu peux être séparé d'elle une journée, tu ne penses pas ?

L'ailier se crispa mais ne rétorqua rien. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Quel crétin ce Midorima ! Autour de lui, Koganei, Kyoshi et Hyûga rirent.

- C'est pas drôle du tout, marmonna-t-il.

Sur le terrain, les filles de Shutoku finissaient leurs derniers entraînements de shoot.

- Bon, ça me semble super tout ça ! S'exclama Emma avec joie. On va tout casser !

- Ouais ! Cria Aoi.

- Ça tu l'as dit ! Approuva Serina.

- Et si on excitait un peu le public ? S'enquit la meneuse avec un sourire.

- J'aime bien ton idée ! Lança Haruna.

- Aoi, on compte sur toi ! S'exclama la petite brune.

- Compris capitaine !

Puis, Aoi s'élança vers l'autre panier sans ballon et sauta de toutes ses forces, l'atteignant largement. Risa visa précisément ses mains et envoya la balle à Aoi qui la rentra de toutes ses forces dans le panier.

La foule explosa. C'était comme si le niveau de son avait soudain augmenté. Les françaises, allemandes et américaines se tournèrent vers le demi-terrain japonais avec agacement et appréhension. Quel talent avait l'as de Shutoku ! Aoi courut vers Emma et lui frappa fort dans la main.

- Bien joué ! Je crois qu'avec ça, tout le monde à compris le message, fit la meneuse.

Elles se sourirent toutes.

- Shutoku n'est pas là pour jouer.

La foule était toujours en délire.

- T'as vu ça ?! S'exclama une jeune fille.

- Ouais ! C'est Aoi Hino, l'as de Shutoku, c'est la meilleure ailière de tout le basket lycéen japonais à ce qu'il paraît ! Répondit son ami.

- A ce point là ?

- Ouais ! Shutoku va tout gagner, j'en suis sûr ! Ajouta le petit garçon.

- Tu parles, les filles de Shutoku sont pourries, lança un autre de leurs amis.

- Pff t'y connais rien, lui rétorqua la gamine. Avec leur équipe, aucune chance qu'elles perdent !

- C'est clair, t'as vu leur pivot ! Elle fait presque 1 mètre 90 ! Approuva le garçon.

- Et leur capitaine peut tirer de n'importe où sur le terrain, ça rentre toujours, insista la fillette.

La foule fit son choix et se mit à scander :

- Shu-toku, Shu-toku, Shu-toku !

Les garçons de Shutoku sourirent et se joignirent avec joie aux cris. Seirin leva les yeux au ciel. Ils n'étaient pas vraiment d'humeur à crier « Shutoku » mais c'était pour l'équipe féminine alors ça valait le coup. Alors, ils s'y mirent aussi. Quelle effervescence. Les filles sourirent et sentirent leurs coeurs déborder de joie.

- Ça va le faire, déclara Haruna.

- Bonjour à toutes et à tous ! Lança une voix depuis les haut-parleurs. Bienvenue à ce second jour de tournoi ! Aujourd'hui, les deux dernières équipes de chaque poule vont s'affronter afin de déterminer qui ira jusqu'à la prochaine étape ! Tout d'abord, l'Argentine s'en est sortie vainqueur, alors qui de la France ou de l'Allemagne va gagner et venir l'affronter ? C'est le match de ce matin ! Pour l'autre poule, le Canada a battu le Mexique, et le gagnant de cet après-midi, soit les Etats-Unis soit le Japon, l'affrontera la semaine prochaine !

Des acclamations retentirent dans tout le public. Les filles de Shutoku avaient fini par aller s'installer auprès des autres, dans les gradins. Les françaises et les allemandes entrèrent sur le terrain.

- Ça va commencer ! S'exclama Shiho.

Les cinq joueuses de chaque équipe se mirent face à face. Olivia et Célia se tenaient côte à côte, la mine sérieuse.

- T'as intérêt à me faire de bonnes passes, dit Célia en s'avançant pour faire l'entre-deux.

- Inutile de me le dire, rétorqua sa capitaine.

Puis, on lança le coup d'envoi et Célia sauta de toutes ses forces face à la joueuse allemande qui faisait bien une tête de plus qu'elle. Elle récupéra tout de même la balle et l'envoya à Olivia.

- Placez-vous ! S'écria leur capitaine en levant un doigt.

Le jeu commençait pour de bon. Emma ne fut pas seulement impressionnée par les capacités et la ténacité de Célia, mais par celle de tout l'équipe.

- Incroyable, dit-elle.

Certaines de ses coéquipières se tournèrent vers elle.

- Capitaine ?

- Tout va bien, répondit Emma. Elles sont juste bien meilleures que dans mes souvenirs. Les allemandes ne vont pas tenir.

Son hypothèse se vérifia. Au bout du vingt-cinquième lay-up de Célia, les allemandes n'avaient rentré qu'une trentaine de points. Les française en avait plus de 70 déjà.

- Elle est douée la blonde, fit remarquer Aoi qui ne tenait plus en place. C'est elle que je veux affronter la semaine prochaine.

- Ouais, elle est très douée, approuva Emma. Mais ne vas pas trop vite en besogne, il faut déjà qu'on élimine les américaines cet après-midi, alors patience.

- Wouah regardez ça ! S'exclama Serina.

Toutes le filles regardèrent à nouveau le terrain. Olivia était en position pour shooter.

- Elle compte vraiment tirer de là ?! S'exclama Shiho.

Elle se situait un peu avant la ligne médiane du terrain et s'élançait. Midorima, Emma et Hyûga froncèrent les sourcils. Sa position n'était pas bonne. Comment pouvait-elle espérer le faire rentrer ?

- N'importe quoi, fit Midorima avec énervement.

Les autres furent étonnés par sa brusque réaction. « Tenter de s'approprier le style d'Emma pour prouver quelque chose aux autres en risquant la victoire… Elle est stupide », pensa Midorima. Elle envoya finalement la balle. Emma ne comprenait pas. C'était ridicule. Célia aussi avait vu l'échec pointer avec ce shoot et sauta au panier. Elle attrapa la balle à deux mains et la fit rentrer dans le panier.

La foule se mit à hurler de joie.

- Un Halley hoop ! S'exclamèrent certains.

Emma soupira. Heureusement que Célia avait été là.

- Wouah, elle a trop bien visé ! Dit la fillette du début.

- C'est clair ! Approuva son ami. La combinaison était parfaite !

Midorima leva les yeux au ciel. Ce qu'il ne fallait pas entendre. Cela se voyait clairement que rien n'était préparé et que la capitaine avait juste pris une mauvaise décision rattrapée par sa vice-capitaine !

- Elle tire aussi bien que la capitaine de Shutoku !

A ces mots, Kagami et Midorima se retournèrent pour fusiller du regard le petit garçon alors qu'Emma se mettait à rire. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Le shoot d'Olivia n'arrivait même pas à la cheville du sien !

Quoi qu'il en soit, le match reprit son cours et à la fin du quatrième quart temps, le score était sans appel. Les françaises avaient gagné haut la main. Emma en frémissait de joie. Ses coéquipières aussi.

- Je vais pouvoir me mesurer à Célia ! S'exclama Aoi avec joie.

Riko se tourna vers Emma.

- Tu es sûre que c'est vraiment une bonne chose ? Demanda-t-elle.

- Oui, c'était la meilleure chose qui pouvait arriver, assura la capitaine écoutée attentivement par tous autour d'elle.


Et ainsi s'achève ce chapitre 20. J'espère qu'il vous a plu et que vous avez hâte de connaître la suite ! Le chapitre n'est pas encore écrit mais je ferai tout mon possible pour le publier jeudi prochain ! Passez une bonne semaine, prenez soin de vous et de ce que vous aimez et à bientôt !

- Maude-chan