Bonsoir à tous ! Tadaaaam, petite surprise pour ceux qui suivent avec assiduité... J'ai tout donné pour sortir le chapitre en une semaine suite à une review qui m'a beaucoup touchée... Ceux qui lisent depuis le début doivent avoir l'impression que c'est comme avant, quand je sortais un chapitre tous les jeudis ! La bonne époque... J'ai pas mal donné pour ce chapitre, j'espère qu'il va vous plaire. Entre deux exams, deux shifts au boulot, deux sessions sur ma switch, voilà un petit chapitre qui sort du four !

Evidemment, j'ai très hâte d'avoir de vos retours, même s'ils ne sont pas nombreux voire rares, ils me touchent toujours. Ca me rappelle à quel point je ne l'écris pas que pour moi et que ces moments de partage ont un sens grâce à vous. J'ai vu avec amusement qu'avec la sortie du dernier chapitre, quelques personnes ont lu toute la fiction d'un coup, ça m'a beaucoup émue même s'il n'y avait qu'un retour, c'est toujours émouvant.

Puissiez-vous aimer ce nouveau chapitre et qu'il vous permette de vous évader dans les moments difficiles comme c'est le cas pour moi.

Bonne lecture


Chapitre 24 : l'Homme dispose

Si l'univers avait un jour été plus beau, lui-même ne s'en souvenait pas. Le ciel bleu d'encre embrassait la terre et l'infinité d'étoiles semblait danser sur le reflet de l'eau miroitante aussi bleue que le ciel nocturne. Tout semblait si naturel. Le ciel infini, les astres, la terre humide, l'herbe grasse, la forêt dense et profonde. La seule chose différente, était l'air. Dans cet espace, c'était comme si tout était possible.

Nul besoin de respirer. L'air donnait l'impression de ne pas remplir les poumons et l'envie de respirer n'existait plus. En fait, l'air n'existait plus non plus. La gravité ne semblait plus régner. Comme s'il avait été possible de marcher sur la terre ou dans le ciel à tout instant, comme si l'on pouvait décider à tout moment de ce que l'on pouvait faire.

Si cela semblait inquiétant, en fait, le mot juste aurait plutôt été « grisant ». Il était enivrant de voir tant de possibilités sous ses yeux. Que faire ?

Cette nuit là, le vent ne se leva point, l'air avait disparu. Et ce n'était pas une mauvaise chose.

- Regarde-donc ce ciel ! S'exclama-t-elle.

Il ne put répondre. Depuis quand était-elle là ?

Elle soupira.

- Que c'est beau…

Elle se tenait à quelques centimètres du sol. Ses cheveux flottant en suspension.

- Regarde-donc ce ciel, dit-elle à nouveau en faisant un vaste geste du bras, une fleur de cognassier ayant éclos sur son poignet.

Il aurait juré que la fleur n'était pas là avant.

- Je vais m'approcher pour le regarder un peu mieux, déclara-t-elle en marchant dans les airs, comme si elle volait, s'approchant du lointain.

Deux grandes fleurs blanches avaient éclos dans ses cheveux longs. Il la regarda s'éloigner un instant vers le ciel. Alors, elle continua à s'éloigner, tant et si bien qu'il crut ne plus la voir. Où était-elle ? Peut-être se cachait-elle derrière une fleur ? Au commencement, sans trop d'inquiétude, il quitta quelque peu le sol et marcha vers le ciel lui aussi. Il se pencha derrière quelques fleurs de cognassier qui poussaient sur les étoiles mais ne la trouva pas.

Ce n'était pas normal. Elle n'avait pas pu aller bien loin si vite. Si ?

- Où es tu ? Demanda-t-il doucement.

Il n'eut aucune réponse. Peut-être n'avait-elle pas entendu.

- Où es tu ?! Cria-t-il cette fois.

Toujours aucune réponse. L'inquiétude le gagna et son coeur lui fit mal. Il se mit à se tourner dans tous les sens, perdu. Que faire ? Il posa une main sur son torse et son visage se tordit de tristesse.

- Je ne veux pas la perdre, supplia-t-il.

Soudain, alors que l'univers était si calme, le sol murmura quelque chose, comme un tremblement qui se rapprochait. Alors, le murmure de la terre se transforma en vrai grondement.

- Elle n'est pas perdue, gronda une voix puissante et ample.

Des milliers de fleurs blanches se mirent à descendre du ciel en flottant. Il en eut le souffle coupé, mais parvint à recouvrer ses esprits.

- Où est-elle alors ?

- Elle est juste là, tonna la voix. Si tu ne peux disposer des chances que le destin veut te proposer, comment pourrais-tu la mériter plus qu'un autre ?

- Je ferai tout ce qu'il faut ! Cria-t-il, désespéré.

Sa voix transperça la nuit alors que du plus profond de son coeur, il saignait. Des larmes coulèrent de ses joues.

- Je ferai tout pour elle ! Hurla-t-il.

Il cria dans la nuit puis s'effondra à genoux, des larmes coulant de plus belle.

- Enfin, murmura sa douce voix, pourquoi pleures-tu ?

Il n'en crut pas ses yeux. Elle était bien là, plus loin, haut dans le ciel, émergeant d'un énorme bouton de fleur de cognassier, vêtue d'une immense robe blanche. Elle était si loin et pourtant même ses murmures étaient parfaitement audibles.

Elle s'approchait lentement de lui, des fougères éblouissantes poussant à chaque endroit du ciel où elle posait le pied. Elle finit par l'atteindre et se pencha sur lui, douce comme de la neige et pourtant aussi tiède qu'un lac en été puis, elle l'étreignit de toute sa bonté.

- Comme si je pouvais disparaître, murmura-t-elle en caressant ses cheveux d'une main délicate.

Quelques instants plus tard (il n'aurait pu dire combien de temps), elle se redressa et s'éloigna à nouveau de lui. Lorsqu'il sécha ses yeux et regarda l'univers, il la vit, en train de marcher sur le ciel tantôt violettes, tantôt bleuets. Il avait retenu la leçon. Alors, lui aussi se leva et marcha vers les étoiles jusqu'à ce qu'il soit à sa hauteur.

- Je croyais t'avoir perdue, tu sais, dit-il.

- Oui, je sais. Mon pauvre.

Les fougères se changèrent en camélias, gros, rose pâle.

- Pourtant, tu sais bien que jamais je ne disparaîtrai, rappela-t-elle.

Dans un élan de courage et d'amour, il attrapa sa petite main. Il était temps pour eux de parcourir l'univers, là, maintenant. Tant qu'ils le pouvaient puisque plus rien ne fonctionnait selon les mêmes règles.

Leur exploration dans les étoiles sembla ne jamais finir. Cet univers fantastique violet et bleu intenses était parsemé d'une multitude d'immenses fleurs de cognassier poussant sur des étoiles. Main dans la main, ils couraient dans les airs sans s'arrêter, portés par leurs sentiments, filant entre d'immenses boules incandescentes, des étoiles qui mouraient.


Le soir qui avait suivi la victoire de l'équipe féminine de Shutoku, les filles et quelques membres des équipes proches s'étaient donné rendez-vous à une petite soirée organisée pour l'occasion dans une petite salle, près du lycée. Puisque tout le monde n'avait pas pu s'y rendre, ils n'étaient qu'une vingtaine. Cela comprenait toutes les filles de Shutoku, le cinq majeur masculin de Shutoku, quelques joueurs de Seirin, Akashi, Riko, Momoi et Aomine.

Le lieu était joli. La salle possédait un parquet couleur ébène et des murs blancs avec des moulures. Le style de la salle se voulait étrangement parisien ce qui amusa beaucoup Emma. Au fond de la salle, il y avait une porte qui donnait sur un grand balcon aménagé en terrasse. Devant la porte se balançaient deux longs rideaux transparents qui dansaient au gré du vent. C'était un beau cadre pour célébrer une victoire.

Alors qu'à l'intérieur la soirée battait son plein et qu'on entendait des gens parler fort (Kagami et Aomine qui jouaient au plus malin, sans aucun doute), deux personnes s'étaient assises sur le balcon. Une petite lumière l'éclairait mais en dehors de ça, il était assez sombre. La lumière de la lune l'éclairait mieux que le reste et la vue était dégagée. C'était, somme toute, un bel endroit pour réfléchir, quoique trop mélancolique pour faire la fête. Enfin… L'humeur n'était pas vraiment à la fête pour certaines personnes.

- Tu devrais pas t'en vouloir autant, déclara une voix nonchalante en croquant un petit-four.

- J'aurais pu tout gâcher, c'était vraiment pitoyable.

La seconde avait murmuré et baissé la tête.

- Tu peux te sentir bête, c'est vrai que c'était débile et puérile. Mais en attendant, on ne t'en veut pas, on comprend, fit l'autre en lui mettant un coup du plat de la main dans le dos, dans une tentative réconfortante.

- Ca pour me sentir stupide, tu peux être sûre que c'est le cas, approuva la plus petite des deux.

Aoi rit.

- Mais vraiment, ne t'en veux pas trop, c'est pas parce que tu as été idiote qu'on ne t'aime plus et que tu n'es plus notre capitaine, dit-elle. Regarde, dans le genre débile, Risa lit tous les magazines à la con qu'elle peut trouver, Shiho est niaise comme tout, Nozomi pète des câbles pour rien…

Emma rit à son tour.

- J'imagine que dans tes élans de leader tu nous dirais un truc du genre « ce sont ces détails qui font notre force à chacune, il faut être fort soi-même pour porter les autres… » ou un truc dans ce genre là.

- Ca va la caricature ? Fit la capitaine en boudant.

- Tu comprends ce que je veux dire n'est-ce pas ?

- Oui, oui.

Aoi la regarda.

- Tu sais, même si ça avait l'air égoïste de ta part, je sais comme tu es, tu n'es pas le genre de personne a vouloir jouer juste pour t'attirer la vedette. Je sais qu'au fond ton caractère de personne qui soutient avait besoin d'être avec nous sur le terrain. Et c'est parce que tu as ce caractère qu'on a pu aller aussi loin. C'est nos caractères à toutes qui nous ont fait aller aussi loin, déclara Aoi.

Emma sourit presque.

- Alors oui, parfois ça a ses désavantages et ça peut être lourd à porter, mais le jeu en vaut la chandelle. Toi tu as été capable de nous porter vers la victoire, de nous supporter malgré nos nombreux défauts, alors… On fait pareil pour tes nombreux défauts à toi, conclut-elle.

Cette fois, la petite éclata de rire.

- Alors toi…

- A ton service…

Aoi sourit.

- Capitaine.

- Tu sais… Commença la petite brune.

- Non, t'en fais pas laisse, pas besoin d'en dire plus, la coupa Aoi.

- Si, j'y tiens ! Je veux vraiment te remercier pour ce que tu as fait pour nous, pour moi. Merci d'avoir porté les espoirs de tout le monde, d'avoir remis toutes les filles sur pieds. Merci de ne pas avoir abandonné et d'y avoir cru jusqu'au bout. Sans toi, on aurait sûrement perdu ce match et le rêve aurait pris fin. Merci Aoi, d'avoir été la plus forte.

L'ailière aux cheveux bleus se frotta le crâne.

- Dis pas des trucs comme ça. J'ai fait ce qu'il fallait, aucun mérite.

- Bien sûr que si ! Dans cette équipe, c'est bien toi la plus forte et la plus courageuse, approuva Emma.

- Fallait bien que quelqu'un tienne la barre le temps que tu reviennes… marmonna Aoi.

- C'est faux, grâce à toi, le bateau file droit. Depuis le début c'est ainsi, tu es une personne motivante Aoi.

La jeune fille aux cheveux bleus hocha la tête.

- Tu sais, j'aurais été incapable de faire ça avant.

- Avant ? Demanda Emma.

- Ouais, avant de te rencontrer.

Emma haussa les sourcils.

- Quand je t'ai rencontré, j'ai vu que tout un tas de choses étaient possibles. Avant, je me fichais un peu de tout et en te voyant te débattre pour faire bouger les choses alors que tout le monde te détestait et que tout semblait perdu que j'ai compris qu'il y avait toujours un moyen et que, pour peu qu'on y mette du coeur, on peut tout faire.

Emma entrouvrit la bouche.

- J'ai jamais vraiment eu d'amis. Des connaissances tu vois le genre, des copines. Pas de vraie amie avec qui partager des choses fortes. Et… En un sens, je me sentais quand même bien seule… Et puis, t'es arrivée avec ta taille minuscule et tes cheveux ridiculement longs.

Aoi s'interrompit, cherchant des mots.

- C'est avec l'équipe que j'ai découvert l'amitié. Et puisque tu veux être honnête, être ton binôme ça a beaucoup changé dans ma façon de jouer au basket et en toi, j'ai trouvé une amie unique, peut-être même la meilleure que j'aurais jamais.

- Aoi… murmura Emma.

- Voilà, y'a rien à rajouter, c'est suffisant, conclut l'ailière, un peu gênée.

- Merci de m'avoir dit ça, fit Emma.

Elle ne répondit pas.

- Je ne savais pas que j'aurais une vraie amie un jour, continua Emma.

Aoi haussa les sourcils alors que l'arrière la prenait dans ses bras.

- Tu n'as pas besoin de répondre, maintenant je le sais, c'est suffisant, conclut la petite brune en lui frottant le dos.

Emma ne put le voir mais, par dessus son épaule, Aoi avait sourit béatement.

- Merci, dirent-elles en même temps en se décrochant.

Elles se regardèrent et rirent.

- Bon, je vais y retourner moi, fit Aoi en reniflant. Cet idiot d'Aomine doit me chercher.

- Sûrement, approuva Emma.

- Allez, à tout à l'heure.

Emma hocha la tête en souriant. Aoi lui jeta un dernier regard, satisfaite, puis retourna dans la salle, laissant Emma seule sur la terrasse.

La joueuse n'eut pas plus de quelques secondes de répit car un instant plus tard, on vint une fois de plus la trouver.

- Alors c'était là que tu te cachais ? Demanda une voix amusée.

- Seijuro ? S'enquit Emma en se tournant.


- Koganei ? S'enquit Izuki avec étonnement. On dirait que tu as vu un fantôme.

Koganei regardait en effet devant lui avec étonnement, les sourcils froncés.

- Qu'est-ce que vous avez ? Fit Hyûga agacé. Toujours en train de vous plaindre.

Puis, tous les garçons de Seirin se tournèrent vers ce que Koganei observait. Ils furent tous surpris.

- Hein ?! S'exclama Izuki.

- Je rêve ou… Commença Koganei.

- Mitobe ?! Continua Hyûga.

Les trois n'en revenaient pas.

- Mais attends, c'est Sato Shiho de Shutoku ?

Mitobe, le grand pivot se trouvait à quelques mètres devant eux, face à la remplaçante de Shutoku, une jeune fille au cheveux blonds et courts avec des petites pinces colorées, de grands yeux bruns et un teint rose. Elle avait un visage angélique et était en train de discuter joyeusement avec lui en souriant. Lui-même la regardait avec un grand sourire et une lueur de gentillesse dans les yeux.

- Il est super niais, fit remarquer Hyûga.

- Moi j'ai du mal à comprendre comment il a pu sympathiser alors qu'il est si taciturne, déclara Koganei. Il a sa façon de communiquer mais je vois mal comment ils peuvent s'entendre si bien.

- Peut-être qu'elle le comprend parfaitement, dit Kuroko.

- Je ne vais même pas demander depuis quand tu es là, fit Hyûga.

- Tu penses ? S'enquit Koganei à l'adresse de l'ombre.

Ils les observèrent quelques secondes alors que Mitobe acquiesçait à ce qu'elle disait.

- C'est dingue, remarqua le garçon félin.

- J'imagine que le fait qu'ils soient doux tous les deux les a rapprochés l'un vers l'autre. Sans compter qu'ils ont tous les deux des petits frères et soeurs, c'est le genre de détails qui construit les points communs, envisagea Kuroko.

- Va savoir, déclara Hyûga.

A ce moment, Shiho posa son bras sur celui de Mitobe et les deux rirent.

- Comme quoi, pas besoin de trop parler pour être compris, fit Izuki, évasif, jetant un oeil au rideau blanc qui dansait près de la porte qui menait au balcon.


Emma eut un petit mouvement de recul.

- Ne t'inquiète pas, ma venue est purement amicale, déclara Akashi.

Il continua d'approcher et vint s'asseoir à côté d'elle.

- Justement, je venais te parler de ça. Tu sais, moi-même j'ai réfléchi un temps et, s'il était grisant d'essayer de te séduire, j'ai maintenant compris que c'était vain.

Emma fronça les sourcils.

- Je ne te suis pas.

- Pourtant, je pense que tu sais très bien. Peut-être que tu ne te l'admets juste pas à toi-même mais… Rends-toi à l'évidence, Emma.

Ils se regardèrent avec intensité.

- Bien, commença Akashi. J'ai un petit pari à te proposer maintenant.

- Encore un pari ? Demanda Emma.

- C'était bien ton idée la dernière fois ! Je ne fais que m'inspirer de toi, ironisa-t-il.

Elle leva les yeux au ciel.

- Bien, je t'écoute, finit-elle par accepter.

- Tu te souviens de cette histoire de baiser, j'imagine.

Emma leva les yeux au ciel. Akashi rit, ses grands yeux flamboyant.

- Je te mets au défi de me donner tort sur un sujet, déclara-t-il.

- Je t'écoute, lança-t-elle.

- Tu aimes Midorima.

Ses mots résonnèrent dans la nuit étoilée. Emma entrouvrit la bouche, désemparée.

- Je…

Elle ne put rien ajouter. Akashi la fixait, cette fois il ne souriait pas mais n'avait pas l'air surpris du tout, à croire qu'il s'y était attendu.

Le silence dura ainsi pendant une longue minute. Une longue minute pendant laquelle Emma ne put rien dire, perdue dans ses pensées. A quoi bon le réfuter. Elle devait y faire face. Mais le lui avouer ? Jamais. La peur du rejet était si grande.

Akashi la regardait toujours avec patience.

- Bien, j'en déduis que j'ai gagné ce pari ? Finit-il par déclarer.

- Je pense qu'il est entendu que oui, conclut-elle.

- Enfin, un pari gagné à la loyale.

Ils se regardèrent silencieusement à nouveau. Qu'allait-il faire ?

- Quoi qu'il en soit, reprit Akashi, je t'épargne ce baiser, l'idée d'avoir gagné me suffit.

Il sourit alors que la jeune fille en était présentement incapable.

- Il ne te reste plus qu'à lui parler, dit le jeune homme.

- C'est plus compliqué que ça.

- Le dialogue ce n'est pas si compliqué, fit Akashi, dédaigneux.

- Je n'ai pas envie d'en parler, fit-elle, catégorique.

- Alors pourvu que ce soit lui qui vienne, répondit Akashi en souriant finalement.

Le coeur d'Emma se serra. Comme si.

Akashi se redressa finalement et la regarda. Elle était toujours aussi belle. Mais un coeur aussi épris que le sien aurait été bien incapable de voir quiconque d'autre. L'espace d'un instant, il ressentit son coeur être piqué de jalousie, mais il l'oublia bien vite. Ce n'était rien.

- Au fait, beau match. Je ne crois pas avoir eu l'occasion de te le dire.

- Merci pour elles. Elles ont été parfaites, approuva leur capitaine. Elles ont bien tenu le choc, elles sont prêtes à tout affronter maintenant je pense.

- Sûrement, fit Akashi avec un demi-sourire. Tu t'es bien occupée d'elle.

- Et elles se sont bien occupées de moi, déclara la brune avec douceur.

- Un juste retour des choses n'est-ce pas.

Les deux acquiescèrent.

- Merci pour tout, Seijuro.

- Non, ne me remercie pas.

- Si, il le faut bien, ces quelques moment avec toi ont quand même tenu du rêve, c'était dépaysant alors merci pour tes efforts.

Pour la première fois et ce depuis longtemps, Akashi sentit ses joues rosir très discrètement. Il rit ouvertement pour cacher sa gêne.

- Ce n'est rien voyons, fit-il, faussement amusé. Enfin, je vais surement retourner aux festivités, tu n'es pas sans savoir que la fête n'est pas finie et puisque je suis là autant que j'en profite.

- Oh, bien sûr ! Approuva Emma.

- Alors, à tout à l'heure, conclut-il.

Puis, le meneur aux cheveux rouge flamboyant s'éloigna de la terrasse paisible et passa les rideaux blancs pour enfin se retrouver dans le tumulte. Il regarda une dernière fois la jeune fille sur la terrasse paisible avec comme une envie d'y rester un peu plus. Emma Morgan, hein ? Eh bien, peu importe les personnes qu'il rencontrerait dans sa vie, il était certain que le souvenir de cette jeune fille flamboyante ne quitterait jamais son coeur. Amusant.

Il retourna définitivement son regard d'elle puis, contrairement à ce qu'il avait dit, il décida de quitter la soirée afin de retourner à son hôtel. Après tout, ces « au revoir » ne l'avait pas vraiment mis en joie et il se sentait un peu lourd. Comme quoi, tout arrivait. Sans regarder les gens autour de lui, il traversa la salle mais avant de sortir, il s'arrêta près de Midorima qui l'observait avec méfiance, faisant la navette entre son ancien capitaine et la terrasse.

- Détends-toi un peu, Shintaro, fit Akashi.

- Tu t'en vas ? Lança le grand arrière aux cheveux verts, remontant ses lunettes.

- Oui, je suis fatigué et demain, nous nous entrainons pour la Winter Cup, même les empereurs ont besoin de sommeil, déclara-t-il.

Ce qu'il pouvait agacer Midorima. Ce dernier fronça les sourcils.

- Oh, au fait Shintaro. Je serais toi, je prendrais mon courage et me rendrait sur la terrasse. Après tout, tu n'as rien à perdre.

Les joues du joueurs devinrent aussi rouges que les cheveux de son interlocuteur.

- Qu'est-ce que tu racontes, s'énerva Midorima.

Akashi sourit d'un air malveillant.

- Si tu veux marcher parmi les empereurs, il te faut savoir agir selon tes volontés et saisir les moindres occasions. Peut-être que ce soir c'est l'occasion pour toi de commencer à le faire ? Envisagea Akashi avec amusement.

Midorima ne répondit rien.

- Bien, maintenant, si tu veux bien me congédier Shintaro, il me faut partir bien que la soirée ait été bien sympathique. Bon courage et à très bientôt.

- Oui, à bientôt Akashi, conclut Midorima en regardant son ancien capitaine quitter la salle en refermant gracieusement la porte derrière lui.

L'arrière réfléchit un instant. Que convenait-il de faire ? Certes, il n'avait pas vraiment confiance en Akashi mais cette fois c'était différent.

Peut-être que le moment était venu pour lui d'essayer de disposer de ces possibilités. Il fallait qu'il essaye, il n'avait vraiment rien à y perdre. Au contraire, il risquait peut-être même de la perdre elle s'il n'agissait pas.

Allez, se dit-il mentalement à lui-même.

Puis, il traversa la pièce dans laquelle les gens riaient et parlaient fort. Il ne les voyait pas même si Kagami et Aomine étaient bruyants, même si Riko se heurta contre lui sans le vouloir. Rien n'aurait su le déconcentrait. Il ne pensait qu'à rassembler son courage, à ce qu'il allait dire. Alors, il atteint finalement la porte qui donnait sur le balcon et la dépassa. La fraicheur de cette nuit hivernale saisit son visage pâle et frileux. Il frissonna. Cet inconvénient fut cependant bien vite évacué puisqu'il la vit. Elle était juste là, lui tournant le dos, assise sur les marches du balcon, son menton appuyé sur son poing, ses longs cheveux gigotant dans l'air frais.

Bonsoir, eut-il le courage de dire.

Il avait réussi, trop tard pour faire demi-tour maintenant.

- Emma.

Elle se retourna rapidement avec surprise. Son coeur s'était serré en entendant cette voix et son ventre se noua. C'était lui, elle le savait. Leurs regards verts comme la forêt se rencontrèrent et tous deux rougirent.

- Shintaro, dit-elle. Bonsoir.

- Je peux m'asseoir un instant ? Demanda-t-il poliment.

- Bien sûr, s'empressa-t-elle d'approuver. Je t'en prie.

- Merci, répondit-il en s'approchant d'elle, s'installant tout près d'elle.

Emma n'osait pas beaucoup le regarder.

- Tu es venu prendre l'air ? S'enquit-elle.

- Pas vraiment non, il fait un peu trop froid à mon goût, répondit Midorima. D'ailleurs, tu devrais aussi rentrer te mettre au chaud.

Il avait ajouté cela comme une réprimande.

- Pour le coup, c'est moi qui avait besoin de prendre l'air, fit Emma en souriant, un peu gênée. Je dois avouer que j'avais besoin de m'isoler un peu après mes manquements du dernier match.

Midorima haussa les sourcils.

- Ne t'en fais pas, c'est déjà oublié pour tout le monde, dit-il.

- C'est ce qu'Aoi a dit mais moi je ne me le pardonne pas.

- Le plus important c'est que vous soyez en finale, ajouta Midorima avec calme.

Emma approuva avec un sourire.

- Oui, tu as raison.

Les deux ne dirent rien pendant quelques secondes, les yeux levés vers le ciel.

- Mais si tu n'es pas venu prendre l'air, commença Emma, qu'est-ce qui t'amène ?

Midorima sentit son coeur battre plus vite. Il remonta ses lunettes dans une faible tentative de se redonner contenance puis serra une main.

- Pour être honnête…

Il hésita de nouveau avant d'ajouter quoi que ce soit. En était-il capable ? Emma le regardait en silence.

Tu peux y arriver, vas-y, se dit-il.

Il expira pour se concentrer.

- En fait, il y a quelques chose… Dont je voudrais te parler, finit-il par déclarer, calmement.

- Tu peux tout me dire, approuva-t-elle avec un sourire encourageant. N'hésite pas.

Il déglutit puis se frotta l'arrière du crâne.

- Tu sais… J'ai fait un rêve cette nuit, commença-t-il.

Emma haussa les sourcils. Si elle s'y était attendue ! Il ne se confiait pas si souvent que cela à elle.

- Un rêve ? Demanda-t-elle.

- Oui.

- Tu as envie de le raconter à quelqu'un ? Je t'écoute si tu veux.

Midorima fit non de la tête.

- En fait je ne sais pas pourquoi tu voudrais en entendre parler mais… Quand je me suis réveillé, je ne me sentais pas aussi bien que d'habitude en y pensant.

La petite brune le regardait avec attention.

- S'il t'a tant troublé, Shin, tu peux m'en parler. Ca fait assez longtemps qu'on se connaît, tu peux tout me dire, déclara-t-elle avec douceur.

Il n'osa même pas regarder ses grands yeux verts. « Peut être pas ça », pensa-t-il. Après une bonne inspiration, il se re-concentra.

- En fait, reprit-il avec plus de courage, j'étais dans un étrange univers, par une nuit sans air, ni chaude, ni froide. Je ne me souviens pas avoir déjà fait un rêve aussi bizarre mais en même temps si réaliste.

Emma le fixait, sans rien dire alors qu'il reprenait contenance. Son sourire était toujours aussi encourageant.

- D'ailleurs, j'avais l'impression que tout était vrai. Ça m'a terrifié, dit-il.

- C'était donc un cauchemar, comprit Emma.

- Le début oui, la fin n'était pas effrayante du tout.

Enfin, juste un peu. L'idée de la prendre spontanément par la main et de tout lui révéler comme dans son rêve était beaucoup plus effrayante.

- Enfin, c'était surtout bizarre de tout voir changer comme ça, pour une fois j'avais plus de contrôle sur ma vie dans ce rêve que je n'en ai jamais eu.

Parfois c'est l'Homme qui dispose.

- Tu veux me l'expliquer ? Il fera peut-être moins peur la prochaine fois comme ça, fit Emma d'une voix douce.

- Je vais m'efforcer de te le raconter, approuva Midorima avec sérieux, le ventre noué.

Son amie l'écoutait avec patience et attention.

- En fait, j'étais là mais je n'étais pas seul. Dans tout cet univers bizarre, il y avait une autre personne à mes côtés et… Pour être honnête, je ne sais pas vraiment pourquoi elle était là, je n'ai jamais vraiment eu de discussion réaliste avec quelqu'un dans un rêve.

Emma avait toujours les sourcils haussés et fixait Midorima qui ne la regardait pas. Après quelques secondes de silence, Emma pensait savoir. Etait-ce possible qu'il se soit agi… D'elle ?

- C'était toi, Emma.

Il avait posé ces mots dans les airs et ils flottèrent dans les oreilles de la jeune fille dont le ventre fit un saut périlleux.

- Tu étais là. Et puis, tu as disparu. C'est bizarre dit comme ça mais j'ai cru que tu avais disparu pour toujours. En fait, tu étais juste là, cachée pas très loin.

Emma ne fut pas capable de répondre le moindre mot. Elle observa attentivement le visage de Midorima. Ses joues rosirent intensément.

- Je ne sais pas vraiment pourquoi, reprit le jeune homme, mais je m'étais mis en tête que tu n'existais plus. Comme si je t'avais inventée ou quelque chose comme ça j'imagine.

Maintenant qu'il avait réussi à trouver le courage de parler, c'est comme s'il ne pouvait plus s'arrêter. Il fallait qu'il lui dise.

- Il y avait des étoiles partout, tu marchais comme si tu volais. Je n'avais jamais vu ça. Des fleurs éclosaient dans l'univers. Si tu avais vu ça, je te connais, je suis sûr que ces fleurs t'auraient plu. Peut-être que je les ai imaginées en pensant à toi, dit-il en souriant, le regard tourné vers les étoiles.

L'espace d'un instant, il sembla si différent de d'habitude. Tellement lumineux, tellement plus libre. Emma en fut si surprise que sa bouche s'entrouvrit. Il était incroyable.

- Tu portais une robe comme jamais auparavant je n'en avais vu, tu sais. C'était incroyable, elle était blanche et très longue. Tu avais des fleurs dans les cheveux aussi. Tu étais si belle et si réelle alors que tout autour était si étrange.

L'espace d'un instant, il en oublia qu'elle était vraiment à côté de lui et son coeur parlait vraiment, sans qu'il ait à le contenir de honte, de peur.

- Tout ce qui semblait étrange, je l'ai ignoré et la seule chose qui m'a semblé juste, c'était de te dire que je…

Il tourna finalement ses yeux vers elle et fut pris d'horreur en réalisant tout ce qu'il venait de dire et que cette fois-ci c'était vrai, ce n'était pas un rêve.

- Je… Répéta-t-il.

Sa voix trembla et il perdit totalement contenance. Leurs regards verts se plongèrent l'un dans l'autre, sans qu'aucun ne sache quoi ajouter, tous deux le coeur serré.

Soudain, la lueur de liberté qui avait illuminé ses yeux quelques instants plus tôt disparu pour laisser de nouveau place à la froideur et à la peur.

- Je dois partir.

Brusquement, le jeune homme se leva, sans le moindre regard pour elle puis quitta le balcon rapidement et en silence. Il passa rapidement le rideaux et disparut de sa vue. Emma fut comme électrifiée et se leva en instant, partant à sa suite.

- Shin ! Dit-elle sans trop parler fort afin de ne pas interpeler les autres.

Il ne lui répondit pas et continua d'avancer parmi les gens jusqu'à ce qu'il atteigne la porte. Emma qui était restée une bonne demie heure dans l'obscurité dû fermer les yeux quelques secondes en rentrant dans la salle et fut aveuglée. Elle bouscula au passage Takao et Serina qui ne lui en tinrent pas rigueur. Les deux furent juste étonnés mais après avoir vu vers qui elle courrait, ils comprirent vite.

La porte se fermait déjà sans que la jeune fille ait pu l'atteindre, se refermant sur Midorima qui partait. Emma y arriva et sous le regard étonné de Kagami et Aomine, elle l'ouvrit et sortit en trombe, ses longs cheveux noirs flottant derrière elle, brillants.

Kagami fit un mouvement vers l'avant, les sourcils froncés. Cependant, une main ferme le retint en arrière.

- Ne t'en mêle pas, fit une voix dure.

Kagami se retourna, étonné. C'était Aoi qui avait retenu son bras.

- Laisse-la régler ça.

- Mais…

- Ils sont grands, c'est leur histoire, fit Aoi, maintenant toujours fermement le bras de Kagami.

Aomine haussa les sourcils.

- Avec Midorima ? Demanda-t-il, étonné.

La jeune fille puissante aux cheveux bleu foncé approuva d'un signe de tête, ses grands yeux sérieux.

- Bien sûr, répliqua Aoi en soupirant. Ton coeur ne voit donc rien ?

Son petit-ami explosa de rire.

- Toi tu en as un, de coeur ? Fit-il.

Aoi lâcha enfin le bras de Kagami, leva les yeux au ciel et soupira, désespérée.

Dehors, Emma courait. Le vent hurlait. Elle cherchait Midorima du regard et elle ne mit que quelques secondes à le trouver. Le jeune homme marchait vite, faisant de grandes enjambées, ses courts cheveux vert feuille dansant dans le vent. Emma continua de courir derrière lui, pas décidée à abandonner.

- Shin ! Cria-t-elle beaucoup plus fort.

Il ne se retourna toujours pas, marchant toujours aussi vite. Espérait-il qu'elle se fatigue ? Pourtant, il savait qu'elle était endurante, qu'elle pouvait courir un match entier sans baisser les bras. Le suivre où qu'il aille, elle l'aurait fait sans aucun doute, jusqu'à ce qu'il accepte d'enfin s'ouvrir.

- Shintaro ! Cria-t-elle.

Emma courait, ses bottines à plateaux foulant le sol, son manteau noir voletant derrière elle, comme ses cheveux. Elle continua de courir ainsi puis arriva enfin à sa hauteur. La jeune fille n'était pas sûre de ce qu'elle espérait, de pourquoi elle lui avait couru après… Une chose était sûre : il fallait qu'elle le confronte, il fallait qu'ils parlent une bonne fois pour toutes. Arrivée à côté de lui, elle lui attrapa le bras, doucement mais avec fermeté et ne le laissa pas partir.

Il s'arrêta d'avancer mais ne la regarda pas pour autant, il avait la tête baissée. Le vent faisait rage dans la grande rue déserte. Il faisait déjà nuit et le silence était total. Et pourtant, c'était comme s'ils ne pouvaient pas entendre le fracas des dernières feuilles mortes dans les arbres.

- Shintaro, dit-elle, lâchant enfin son bras.

Midorima ne put lui répondre, il avait le coeur trop lourd.

- Parle-moi, ne reste pas comme ça.

Elle le suppliait presque. Emma voyait comme il prenait toujours sur lui. Elle n'était même pas sûre de l'issue de la conversation, peut-être était-il parti parce que justement quelqu'un d'aussi talentueux que lui ne pouvait l'aimer ? Les sentiments d'Emma étaient-ils impossibles ? Si oui, elle s'en moquait, son ami avait besoin de son aide, qu'il l'accepte ou non. Le regard lumineux qu'elle avait vu sur le balcon, elle savait maintenant qu'il existait et elle allait tout faire pour le revoir.

S'il se sentait si mal à cause d'elle et de ce rêve, elle allait l'aider. Il n'avait pas à se forcer à l'aimer, être son amie lui suffisait amplement !

- Shin, ne te fais pas tant de mal, dit Emma en le fixant.

Il ne répondit toujours pas.

- J'ai vu le visage que pouvait prendre ton bonheur, continua-t-elle. Tu te forces trop, tu te mets trop la pression Shintaro.

Il l'écoutait tant bien que mal mais ne l'entendait presque pas, le coeur douloureux.

- Tu ne devrais pas te forcer à faire des choses, fais ce qui te rend heureux ! Ajouta Emma, une boule au ventre.

Midorima ne répondait toujours pas et la jeune fille commençait à perdre patience. Elle serra ses poings, les larmes aux yeux et regroupa tout son courage.

- Je sais comme nous somme différents Shin, comme tu es bien meilleur que moi… Je n'étais pas encore capitaine au lycée que je lisais déjà des magazines à ton sujet, dit-elle avec un petit rire, les larmes aux yeux.

Midorima, qui était lui aussi au bord de l'implosion et des larmes, serra les poings, bouleversé. C'était ainsi qu'elle le voyait ?

- Tu sais, je ne savais pas que j'aurais un jour la chance de te rencontrer, ni le courage de te dire cela, mais puisque nous y sommes… Commença-t-elle. Shin, ce n'est pas parce que je t'aime que tu dois te forcer à m'aimer en retour.

Cette fois-ci, même s'il ne releva toujours pas la tête, le jeune homme écarquilla les yeux, sous le choc. C'était comme s'il venait de se faire anesthésier : tout d'un coup, son visage tout entier semblait engourdi, il ne sentait plus son corps. La seule chose qu'il sentait était le sang battre sur ses tempes. Une larme finit de couler le long de son menton. Elle l'aimait ?

- Pour que tu puisses libérer ton coeur et être vraiment heureux, je serais prête à toujours me contenter d'être ton amie, ajouta Emma, passant une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son oreille.

Même si elle souriait avec douceur et qu'elle s'était déjà faite à cet amour impossible, cela lui brisa le coeur et elle laissa échapper un petit sanglot. Elle se sentait ridicule et pathétique, mais ça allait, elle espérait que Midorima pourrait se sentir un peu soulagé.

Le vent continua de souffler fort dans la rue déserte et Emma le fixait avec toujours autant d'insistance, attendant une réponse. Le jeune homme aux cheveux vert dont elle était amoureuse depuis plusieurs mois leva enfin la tête vers elle et elle découvrit avec le coeur tambourinant qu'il avait les yeux pleins de larmes. C'était la première fois qu'elle confrontait son regard depuis son aveu et le coeur de la jeune fille se tordit à nouveau.

C'était Midorima qui se sentait bête. Comment avait-il pu ne pas s'en rendre compte ? Elle l'aimait vraiment, pourtant il s'était persuadé que jamais une fille aussi lumineuse qu'elle ne pourrait l'aimer.

- Emma… Murmura-t-il.

La jeune fille sentit sa tension monter et l'entendre nommer son nom la fit frissonner.

- Jamais je ne pourrais me forcer à t'aimer.

Emma posa brusquement sa main sur son coeur, vif retour à la réalité.

- Ça fait si longtemps, Emma. Que je me force à rester loin, à me priver de toi. Je croyais que jamais une fille comme toi pourrait m'aimer, déclara Midorima. J'étais terrifié…

Il se coupa un instant pour scruter les grands yeux verts de la jeune fille.

- Je ne peux me forcer à t'aimer car depuis des mois, sans rien te dire par peur…

Midorima posa son intense regard vert sur Emma alors qu'une bourrasque passa entre eux, faisant voler des feuilles et danser leur cheveux, la jeune fille pu lire sur ses lèvres :

Je t'aime, Emma.


Je pense qu'après ça, il n'y a pas grand chose à ajouter dans l'immédiat...

J'espère que la sortie éclair vous a fait plaisir ! Cette fois-ci, le prochain chapitre sera sûrement l'avant dernier ou le dernier et il sortira surement vers le mois de février, dans l'immédiat, je vais devoir me reconcentrer sur les cours avant tout. En tout cas, c'était un plaisir d'écrire ce chapitre aussi rapidement qu'avant.
Merci pour tout, prenez bien soin de vous et des gens que vous aimez.

- Maude