Bonjour à tous ! Un chapitre tout chaud de bon ma...
Quoi ? Moi, en retard ? Bon un peu c'est vrai, j'espère que vous pourrez pardonner cette attente mais promis, la fiction touche à sa fin, ce chapitre 25 est l'avant dernier de notre série qui a bientôt deux ans.
Bref, je disais : un chapitre tout chaud de bon matin pour commencer la journée ! Ou bien pour tenir une journée de cours ou de travail en se disant qu'on aura de la lecture pour se détendre le soir ! Et puisque la fiction touche bientôt à sa fin, j'aimerais savoir par curiosité quel est l'OC que vous avez préféré ? Envoyez moi un message pour me le dire, ça m'intéresse beaucoup !
Remerciements : Vous avez été si gentils et précis dans vos retours que je tiens à tous vous remercier, vous m'apportez une interaction très précieuse alors du fond du coeur, merci ! Je tiens à remercier Eliena a qui je n'ai pas pu répondre par message : j'ai adoré lire ta review et je suis ravie que la fic te parle, c'est un plaisir de pouvoir la partager avec toi et avec vous tous ! Malheureusement oui il y aura une fin, mais promis elle sera à votre mesure. Désolée pour l'attente, j'espère que ce chapitre te plaira aussi.
Voilà, ce sont sur ces notes positives que nous commençons notre avant-dernier chapitre, en route !
Chapitre 25 : Ceux qui vont par paire
Voilà donc comment expliquer une vie entière de solitude et d'amertume. Aller par paire allégeait donc tant le coeur ?
- Bon les filles ! J'ai comme l'impression que vous êtes fatiguées, fit Emma avec étonnement.
- Bien deviné, capitaine, ironisa Aoi.
Les autres eurent un petit rire nerveux et Emma fronça les sourcils.
- Vous voudriez qu'on arrête pour aujourd'hui ?
Les joueuses face à elle acquiescèrent toutes d'un seul homme.
- Oh… Je vois, fit la petite brune. C'est vrai qu'il serait surtout sage que vous puissiez vous reposer, le match contre les Etats-Unis est demain après tout.
Nous en étions revenu à la veille du quart de finale fatidique.
- N'oubliez pas, déclara Risa, le plus important c'est de bien reposer votre corps.
- Ouais ! Renchérit Aoi. Prenez des douches bien froides, dormez bien et tout le toutim.
Risa soupira.
- Voilà l'idée, oui.
Les autres soupirèrent de joie à l'idée de pouvoir juste rentrer chez elles et déjà, elles n'écoutaient plus. Shiho et Serina s'étaient tournées l'une vers l'autre et discutaient avec entrain. Les deux meilleures amies s'étaient toujours fréquentées depuis leur plus tendre enfance, déjà dans leur école de quartier en primaire, puis au collège, et l'idée de détente était associée dans leur esprit à l'idée de passer du temps ensemble.
Emma s'apprêtait à dire quelque chose pour les rappeler à l'ordre mais Risa posa sa main sur son épaule. La petite brune se tourna vers elle et vit qu'elle fit « non » de la tête. Emma finit par acquiescer et sourit face à la sagesse de sa vice-capitaine. Heureusement qu'elle l'avait pour la corriger de temps en temps.
- Allons nous changer alors, déclara finalement la capitaine.
- Oui ! S'écria Nozomi en détachant ses cheveux roux et en courant vers les vestiaires.
Emma secoua la tête.
- Vous avez tellement plus d'énergie pour fuir ces entraînements que pour faire un tour de terrain, remarqua-t-elle avec affliction.
Les autres s'esclaffèrent puis, imitant leur coéquipière, Haruna, Rina et Serina coururent.
Alors, elles se retrouvèrent toutes dans les vestiaires. Bien que l'hiver enveloppait encore la ville, le soleil était haut dans le ciel à cette heure et, afin d'en profiter, toutes les joueuses se changèrent en quatrième vitesse, arborant finalement toutes leur uniforme.
Une par une, les filles quittèrent les vestiaires afin de rejoindre la rue ensoleillée, criant un joyeux « au revoir » en quittant la pièce à celles qui restaient. Lorsque ce fut au tour de Risa, elle attrapa son sac à dos, ajusta ses tresses et se courba vers celles qui restaient.
- A demain, en forme, les filles.
- Oui ! S'exclama Aoi.
- Tu as raison, merci encore pour aujourd'hui, approuva Emma.
Une fois les au revoir échangés, Risa sortit des vestiaires. Elle parcourut les longs couloirs au carrelage rouge et aux murs gris avant d'atteindre une porte à double battant à côté de laquelle se trouvaient deux robinets. Finalement, elle la poussa et arriva dans la cour. Il y faisait frais mais elle était baignée de lumière. Elle ressentit alors sur son visage ce que l'on ne peut connaître qu'en plein hiver quand le temps est clément : un froid mordant allié à un halo chaleureux sur la peau. La petite ailière respira intensément puis marcha d'un air décidé vers le portail…
- Risa ! Appela une voix derrière elle.
La demoiselle reconnut immédiatement cette voix et en même temps, des pas se précipitèrent derrière elle pour la rattraper. Risa marqua alors un arrêt et se tourna vers l'origine de la voix.
- J'en reviens pas, j'ai failli te rater ! S'exclama Miyaji.
- Tu deviens peut-être un peu lent alors, suggéra-t-elle.
- Toi alors… Marmonna-t-il en levant les yeux au ciel.
Elle rit en l'entendant se plaindre. En réalité, il n'y avait que lui pour l'attendrir autant. Alors qu'il continuait de se plaindre, elle l'observait attentivement. Ses cheveux châtains brillaient sous la lumière du soleil d'hiver, et ils prenaient une teinte de miel éclatant. Sans compter que ses yeux paraissaient noisette plus que marron foncé et son visage tout entier s'éclairait.
- Risa ? Tu m'écoutes ou bien tu t'es perdue ? Demanda-t-il en souriant.
La jeune fille se contenta de sourire.
- Pardonne-moi, je réfléchissais, dit-elle pour toute excuse.
- Je vois, le match de demain ? Fit Miyaji avec calme.
- Entre autre, acquiesça-t-elle d'un petit sourire.
- Ah, je comprends. Eh bien, puisque je suis ton aîné, je peux répondre à tes questions, n'hésite pas à t'en remettre à moi.
Il avait pris un ton solennel pour le dire et Risa ne put s'empêcher de rire.
- Ca va aller je te remercie, dit-elle en recommençant à marcher vers le portail, hilare.
Son aîné soupira puis partit à sa suite. Il prit sa main dans la sienne.
- Excusez-moi mademoiselle, j'ai comme eu l'impression que vous vous moquiez de moi.
- Ce n'est pas qu'une impression mon cher, répliqua-t-elle en riant.
Les deux levèrent les yeux vers le ciel bleu, sans le moindre nuage et cessèrent enfin de rire.
- Plus sérieusement, reprit Risa. Penses-tu que nous allons nous en sortir ?
- Avec une équipe comme la vôtre, pas de doute, acquiesça l'ailier de Shutoku.
- Bon.
Ils marchaient vers le métro alors il en profita pour lui jeter un coup d'oeil. Elle n'affichait pas de mine si stressée mais ne semblait pas rassurée pour autant.
- Avec une vice-capitaine comme toi, ça ne peut qu'aller, ajouta-t-il en lui souriant.
Risa ne répondit pas immédiatement, ses nattes rebondissant sur son dos.
- Tu n'as plus l'air d'aller si bien que cela, remarqua Miyaji.
La jeune fille fit « non » de la tête.
- En fait… Murmura-t-elle. Parlons-en de cette place de vice-capitaine.
- Que veux-tu dire ? Demanda le jeune homme.
- C'est triste à dire mais je ne pense pas être à la hauteur de ce poste qui n'est pas si valorisant que ça.
Le jeune homme qui était lui aussi vice-capitaine fronça les sourcils. Il n'aurait su le prendre mal, son point de vue était légitime.
- C'est un poste qui a son importance, sinon je peux t'assurer qu'il n'existerait pas, déclara Miyaji. Au début, j'avais un peu de ressentiment vis à vis du fait que Otsubo était notre capitaine et que moi je n'étais « que » le vice-capitaine. En cela je comprends pourquoi tu, penses que c'est peu valorisant, approuva-t-il.
Il lui sourit finalement.
- Mais tu sais, ce n'est pas ce qui compte. Tu as un rôle aussi important que le capitaine, assura Miyaji. Je te parie même que si je te le demande, tu seras capable de me nommer une multitude de cas dans lesquels tu as aidé ta capitaine à se recadrer. Vous êtes une équipe à votre manière, sans être binôme sur le terrain, vous marchez comme une paire.
Risa réfléchit puis acquiesça.
- C'est vrai, murmura-t-elle. Je ne l'avais pas vu ainsi. Cependant en même temps c'est si stressant.
- N'est-ce pas ? Mais c'est pour ça que tu es là, sinon, tu t'ennuierais, déclara-t-il.
- Certes…
Il serra sa main un peu plus fort.
- La seule chose qui m'inquiète quant à ta future prestation, c'est que tu sembles plus… frêle que les autres joueuses, dit-il avec une désarçonnante douceur.
Risa leva les yeux vers lui.
- Je m'inquiète pour toi parce que je t'aime mais… Au fond, je sais comme tu es puissante, Risa.
- Oh… Murmura-t-elle. Merci.
Il détourna le regard.
- Je t'aime aussi.
Les deux serrèrent la main de l'autre et après un rapide échange de regards, ils rirent tout en marchant dans le grand souterrain qui s'étendait devant eux comme un labyrinthe.
Les filles n'étaient maintenant plus que quatre dans les vestiaires et alors qu'Emma et Aoi séchaient leurs cheveux après une douche revigorante, Haruna et Serina s'adressèrent à elles.
- Bon j'y vais ! S'exclama Haruna.
- Moi aussi, approuva Serina.
- A demain les filles ! Dit la grande aux cheveux bleus.
Aoi leva ainsi son pouce, puis ce fut au tour de la meneuse de leur faire un signe de la main en tenant sa serviette de l'autre.
- En forme demain ! Ordonna-t-elle.
- Promis !
Puis, la porte des vestiaires des filles se referma derrière elles et Serina comme Haruna furent aveuglées par le soleil qui transperçait les fenêtres hautes du gymnase. Il avait un air complètement différent ainsi. Les deux ne se dirent rien, marchant côte à côte en observant le spectacle.
Ce n'est que quelques instants plus tard que Serina distingua quelqu'un au bout du couloir rouge et gris.
- Qu'est-ce qu'il fait là ? Fit-elle, étonnée.
- Salut Haruna, Serina ! Lança un jeune homme en souriant.
- Salut Takao, répondit Haruna.
Serina vint se poster face à lui, sourcils froncés.
- Alors comme ça tu es venu ?
- Manifestement, répondit le jeune homme avec un sourire insolent aux lèvres.
Haruna esquissa un sourire devant leur échange sec, puis elle continua son chemin sans attendre les deux querelleurs. Elle passa la porte et arriva à son tour dans la cour ensoleillée. La jeune joueuse aurait presque été déçue de ne pas avoir droit à un tel accueil après son entraînement. Serina avait de la chance que Takao soit aussi disponible mais avec tout ces entraînements à Seirin, Haruna ne pouvait pas en attendre autant de Teppei.
Elle secoua sa tête pour oublier cette pensée. Il en faisait déjà bien assez. C'était juste qu'il lui manquait déjà. Elle tenta de retrouver un visage souriant sans penser au match du lendemain et dépassa le portail. Une fois hors du lycée, Haruna continua d'avancer vers l'arrêt de bus.
Mais soudain face à elle, une grande silhouette se détacha du ciel et du sol et elle le vit enfin. Il l'attendait, debout face au lycée, adossé à un poteau. C'était Teppei. Ses grands yeux bruns surmontés de sourcils fourni étaient pleins de bienveillance et il lui adressa un signe de la main.
Haruna s'arrêta brusquement et sa bouche s'entrouvrit sous le choc.
- Tu t'es bien amusée aujourd'hui ? Demanda-t-il avec une douceur infinie. Excuse moi de ne pas être venu te chercher à l'intérieur, j'ai pensé que c'était peut-être peu recommandé vu que je suis à Seirin…
Il coupa sa phrase en plein milieu car Haruna avait couru vers lui pour qu'il l'étreigne. Teppei ne put s'empêcher de sourire. Il lui passa une main dans les cheveux.
- On dirait que cet entraînement t'a mise de bonne humeur, remarqua-t-il.
- Merci d'être venu, dit-elle avec autant de douceur que lui. Tu m'as manqué.
- Tu m'as manqué aussi, dit-il en lui souriant. Allons-y maintenant, tu as assez vu ce lycée pour aujourd'hui.
Haruna acquiesça en balayant une petite larme de joie de sa joue.
- Et puis, il est l'heure que tu te reposes pour demain, mes grands-parents t'invitent à diner à la maison ce soir, déclara Kiyoshi. Ca te plairait ?
- J'en serais ravie, approuva Haruna vivement, heureuse de la chance qu'elle avait.
- Une fois de plus, capitaine, il ne reste plus que nous ! Remarqua Aoi.
- Classique, n'est-ce pas ? Fit Emma. Pauvre de toi.
- Ne te dévalue pas comme ça, on est un binôme toi et moi, pas vrai ? T'es sûrement la personne avec qui je m'entends le mieux de cette équipe, dit l'as.
Emma sourit.
- C'est gentil, je te retourne le compliment, partenaire.
Aoi sourit à son tour.
- Bon allez ! Reprit la petite capitaine. On se bouge, on a mieux à faire que de rester ici non ?
- Pas faux.
Alors que les deux enfilaient leurs uniformes, Aoi rit en regardant son téléphone. Emma lui jeta un regard interrogateur.
- C'est Aomine, expliqua-t-elle simplement.
- Je vois, fit Emma.
Elle était heureuse que son amie ait pu trouver quelqu'un qui lui apportait autant de joie. Cependant, elle ne put s'empêcher de penser à Midorima et cela la rendit un peu triste, elle aurait bien aimé se confier à lui mais aucune opportunité à l'horizon…
- Bien ! S'exclama finalement Aoi. On y va !
Les deux jeunes filles ajustèrent leur cartables et leurs chaussures et quittèrent à leur tour le vestiaire. Elles se quittèrent devant la grille, là où Aomine attendait visiblement Aoi d'un air nonchalant. Il arborait un gros manteau bleu foncé et avant un ballon sous le bras. En la voyant, il lui adressa un regard moqueur. Il daigna tout de même saluer Emma d'un signe de main.
- Le bonjour à Kagami, fit-il, toujours aussi moqueur.
- Compte là-dessus, répondit Emma en souriant.
- Allez Aoi, ton entrainement spécial va commencer, reprit Aomine.
Avant de partir, Emma se tourna vers eux.
- Ne me la casse pas, compris ? J'ai besoin de ma partenaire demain.
- Ouais, t'en fais pas, elle sera même encore plus performante, assura-t-il en souriant.
Puis, Aomine commença à marcher vers le terrain public alors qu'Aoi s'était tournée vers Emma.
- Repose-toi bien capitaine, j'ai hâte de jouer avec toi demain.
- Repose-toi bien aussi, Aoi. Tu l'as bien mérité.
Les jeunes filles se sourirent. Puis une voix résonna :
- Tu peux toujours rester à ton bahut toute la nuit après.
- Rah quel idiot, fit Aoi en regardant Aomine partir devant.
- Vas-y, amusez-vous bien, dit Emma en riant.
Aoi acquiesça puis se mit à courir pour rattraper Aomine, ses cheveux bleus rebondissant sur son dos.
- Merci capitaine ! Cria-t-elle.
- T'en fais pas un peu trop ? S'enquit Aomine, railleur.
- Pourquoi ça ? Demanda l'as, étonnée.
- « Capitaine » ?
- Ben, c'est le surnom que je lui donne, maintenant j'ai l'habitude, j'aurais presque du mal à l'appeler « Emma », expliqua Aoi.
Aomine rit.
- Arrête de te moquer de moi ! S'exclama-t-elle.
- Je me moque pas, je constate, se défendit-il.
- Ca me fait une belle jambe, marmonna-t-elle.
- Tu ne m'as pas l'air très concentrée, dit le jeune homme aux cheveux bleus. Peut-être que tu n'es pas prête à recevoir mon enseignement ?
Aoi souffla. Ce qu'il pouvait être exaspérant. Cependant, recevoir le moindre conseil de quelqu'un comme lui, son idole du basket, c'était précieux.
- Bon d'accord, qu'est-ce qu'on apprend aujourd'hui ? Demanda-t-elle finalement.
- Je vais t'apprendre une technique à utiliser en situation désespérée ou en cas d'ennui mortel en match, dit-il en faisant tourner le ballon sur son doigt.
Aoi haussa les sourcils. Ca avait l'air bien mais…
- Tu t'ennuies en match ? Demanda-t-elle, étonnée.
- Ca dépend des adversaires on va dire, mais en gros, ouais, répliqua-t-il. Depuis que Kagami est moins mauvais je m'ennuie moins, faut dire que les anciens de la génération miracle se sont améliorés mais c'est toujours pas génial.
La jeune fille pouffa.
- Pff… C'est que je ne t'ai jamais affronté sérieusement alors, fit-elle en riant.
Elle le prit au dépourvu en étant si rapide qu'elle parvint à lui piquer la balle. Elle s'élança devant lui dans l'herbe.
- Alors toi, fit-il avec un petit sourire.
Emma regarda les deux partir au loin et vit Aoi mettre un coup d'épaule à Aomine qui chavira très sérieusement. La jeune fille pouffa de rire en les voyant. Puis, elle finit par reprendre son chemin pour aller attraper un bus et rentrer chez elle, retrouver son frère qui l'attendait sûrement.
Quelques minutes plus tard, elle montait dans le bus, ses écouteurs dans ses oreilles. Comme à son habitude, Emma ne s'asseyait pas et regardait par la grande porte vitrée. Le soleil l'éclairait et réchauffait son coeur. Alors, elle changea de musique et en choisit une qui lui était douce, qui lui rappelait de bonnes choses. Vite, le bus traversait les routes proches du lycée pour s'enfoncer dans des quartiers du centre-ville et ainsi, il passa devant le café qu'Emma aimait tant. Celui auquel elle se rendait si souvent avec Takao et Midorima… avant. Maintenant, ce n'était plus vraiment d'actualité cependant, cela restait un endroit qu'elle affectionnait particulièrement pour les bons souvenirs qu'elle en avait. Aujourd'hui, elle ne pouvait plus vraiment compter sur les deux jeunes hommes.
—
- Montre-moi ton emploi du temps, je serais ton humble guide, dit Takao.
- Merci beaucoup ! S'exclama Emma avec joie.
- Suis-moi, fit-il en lui souriant à nouveau.
—
- On a toute la nuit devant nous, intervint le jeune homme en lui montrant d'un vaste geste le ciel étoilé.
Takao posa sa main sur celle d'Emma d'un geste calme.
- Raconte-moi ton histoire, déclara-t-il. Peu importe le temps que ça prendra et peu importent les conséquences.
—
- Je suis taureau si tu veux tout savoir, fit la brune.
- Et moi je suis cancer.
- Nous devrions bien nous entendre alors, déclara Emma.
- Qui sait… Fit Midorima en remontant à nouveau ses lunettes.
—
- J'espère qu'à force d'entraînement je shooterai aussi bien que toi, déclara Emma, perdant son regard sur les fleurs du parc.
Un bruit sourd la fit sursauter brusquement. Midorima venait de poser le plat de sa main sur la table.
- Tes tirs sont d'une très grande précision ! S'exclama-t-il avec ténacité. Tu as ton propre style et tu es sans doute l'un des meilleurs shooteurs que je connaisse !
Jamais on ne le lui avait dit avec une telle détermination et jamais elle n'en aurait attendu autant du joueur qu'elle admirait le plus.
—
Tout avait changé depuis le début de l'année. Et son coeur se serra en y repensant.
- Ecoute Emma, je n'ai pas de temps pour toi, dit froidement Takao.
Midorima s'était arrangé pour être en bout de rangée, loin d'Emma. Elle ne tiqua cependant pas, même pas lorsque tout le monde fut parti et qu'elle se retrouva complètement seule dans les gradins.
Voir ce café lui rappelait qu'au fond, tous ces moments heureux avaient bel et bien existé. Emma regarda alors sa devanture de bois avec nostalgie et ses yeux se perdirent sur la fenêtre par laquelle elle aimait bien regarder le jardin du café…
« Quoi ? », pensa-t-elle. Son coeur battit plus fort et cela en devenait presque douloureux lorsqu'elle vit un visage par la fenêtre. Serina était assise à la place qu'elle affectionnait tant. Qui plus est face à Takao. Le bus passa vite et la vision défila trop vite pour qu'Emma ne distingue clairement quoi que ce soit, en revanche, elle avait bien vu qu'ils riaient aux éclats.
Au moment où le café allait disparaître de son champ de vision, elle les vit.
Les mêmes yeux que les siens, les yeux du faucon. Cela ne dura qu'un instant. Ils se croisèrent. Puis se perdirent.
« Takao » pensa-t-elle.
Au même moment, Takao tenta de mieux voir ce bus mais… Il passa trop vite. Cependant, il était lui aussi sûr d'avoir croisé un regard vert familier.
« Emma » pensa-t-il.
- Hé ho, Takao ? Tu disais ? S'enquit Serina avec étonnement.
- Oui, excuse-moi ! Fit-il en se frottant l'arrière du crâne.
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Oh…
Il jeta un nouveau regard vers l'extérieur.
- Ce n'était rien du tout, dit-il en souriant.
« Puisses-tu être heureux avec elle »
« Puisses-tu être heureuse avec lui »
Un voeu sincère adressé à l'autre franchit le seuil de leur coeur.
Emma avait hâte d'être rentrée à la maison. Elle sentait son coeur peser lourd dans sa poitrine et son ventre se tordait de douleur sous le coup de l'anxiété. Avec Kagami, elle pourrait rire et parler comme si de rien était, comme si elle n'avait plus mal. Alors, en repensant à son frère, elle n'espérait plus qu'une chose, c'était qu'il serait déjà rentré à la maison quand elle l'atteindrait.
Un partenaire, un binôme, un coéquipier, un ami allégeait bel et bien le coeur. Les hommes allaient par paire sur cette terre et aucun de nos protagonistes ne faisait exception à cette règle.
Le vent continuait de hurler dans les rues. Midorima se tenait toujours face à Emma dans cette rue sombre, seulement éclairé par les étoiles et la lune voilée.
- Tu… Murmura-t-elle.
Le jeune homme ne dit rien.
Le temps s'était-il arrêté ? C'était ainsi que le ressentait Midorima. Emma ne bougeait plus face à lui. Seuls ses longs cheveux noir corbeau dansaient majestueusement dans le vent de l'hiver. Ses yeux verts étaient fixes. Même les arbres qui s'agitaient autour d'eux semblaient immobiles.
Les dernières feuilles mortes de l'automne passé tournoyaient telles des âmes perdues, dans un ballet aussi inquiétant que beau. Cependant, il ne les voyait pas. Il n'y avait qu'elle dans son monde à lui. Peut-être avait-il refusé de songer à l'existence de qui que ce soit d'autre hormis elle.
Le moment fut long. Elle ne dit mot pendant plusieurs minutes. Les paroles de l'arrière l'avaient frappée. Emma pouvait-elle seulement y croire ?
- Shin… Murmura-t-elle.
Sa voix était si légère qu'elle flottait comme le souffle du vent et Midorima dût tendre l'oreille.
- J'avais si peur, dit-elle.
Elle se mit à sangloter, inconsolable.
- Je me suis sentie si seule, ajouta-t-elle.
- Excuse-moi, dit Midorima.
En la voyant ainsi, il s'en voulut encore plus. Comment aurait-il pu la mériter ?
- Mais, reprit Emma en reniflant, si je suis contente que tu cesses de m'ignorer, si mon coeur se serre quand je t'entends me dire ça, je ne peux me résoudre à croire que tu m'aimes après tout ça.
Midorima ne dit rien mais ce fut à son tour de sentir son coeur se serrer.
- Mon cher ami, mon précieux coéquipier… Reprit Emma. Si tu m'avais aimé, pourquoi te serais-tu éloigné de moi ?
Le jeune homme se sentit idiot. « Elle a raison, comment ai-je pu être aussi stupide ? ».
- Excuse mon comportement, Emma, je t'en conjure, dit-il en courbant la tête solennellement.
- Il n'y a rien à excuser Shintaro, répondit-elle. Je ne t'en veux d'aucune façon. Tout ce que je souhaite, c'est que tu cesses de mentir pour me consoler.
Il comprit enfin. Alors ils y étaient. Elle pensait qu'il se forçait à l'aimer et allait le rejeter pour son propre bien ?
Le jeune homme aux cheveux verts se prit la tête dans les mains. Il n'avait pas pour habitude de le faire mais cette fois-ci, la situation était hors de contrôle. C'était à cause de ses actes qu'Emma en était venue à douter de lui et Midorima s'en voulait tant en voyant ces grands yeux verts remplis de larmes qu'il s'en serait arraché le coeur.
- Shin… Murmura-t-elle à nouveau.
- Emma ? S'enquit-il en s'approchant d'elle.
Elle fit quelques pas en arrière, la gorge nouée, les yeux pleins de larmes.
- Tu es précieux pour moi, je ne veux pas te perdre, souffla-t-elle. Cesse donc de partir, de mentir.
Midorima se figea devant elle. Voilà donc ce qu'elle gardait en elle depuis tous ces mois. Voilà donc ce qu'il avait créé, enchaînant non-dit sur non-dit.
- Emma, je… Commença-t-il en levant un bras vers elle.
Cette fois, c'est elle qui cacha son visage dans ses mains, explosant à nouveau en sanglots. Elle évita son contact. Quel idiot avait-il été. Etait-il trop tard ?
- Arrêtez de partir, murmura-t-elle.
Elle tenta d'arrêter de pleurer mais ne pouvait y parvenir. Tous lui promettaient de rester mais…
- Arrêtez de me quitter, répéta-t-elle plus fort.
- Je t'en prie Emma, pardonne-moi, je te promets que…
- Encore des promesses, sanglota-t-elle.
Voyant l'état de la jeune fille, Midorima se résolut : tout était de sa faute. Cependant, avec la finale approchant, aussi douloureux que ce soit il ne pourrait rien changer.
- Tu n'es pas obligée de me croire, reprit Midorima. Cependant, entends que je t'aime.
Emma fit « non » de la tête.
- Entends-le. Avec tout ce qui arrive pour toi, il vaut mieux que tu te concentres sur la finale mais…
Il marqua une pause pendant laquelle il observa la jeune fille frotter son visage.
- Quand tout sera fini, je te retrouverai et je ne te laisserai pas avant que tu me croies, déclara-t-il.
Emma ne répondit pas. Midorima hésita à l'étreindre mais au vu de la peine de la jeune fille, mieux valait la laisser en paix.
- Viens, rentrons, s'il te plaît, l'implora le grand arrière.
Une fois de plus, la petite capitaine ne dit rien mais accepta de le suivre jusqu'au lieu de la réception. Le trajet fut silencieux et parut incroyablement long aux deux joueurs. Midorima avait lui aussi envie de pleurer mais préférait ne pas l'accabler plus. Emma aurait préféré disparaître tant elle se sentait ridicule. Comment les choses avaient-elles tourné ainsi ?
Cependant, tout alla en s'empirant quand ils arrivèrent à la salle de réception. Midorima poussa la porte et laissa Emma entrer la première.
- Ah, enfin vous revoilà ! S'exclama Rina.
- On se demandait où vous étiez, approuva Nozomi.
- Au clair de lune pour plus de romance, remarqua Hyuga en ricanant.
Si ces remarques en firent rire quelques uns, l'un d'entre eux ne rit pas le moins du monde et ce fut Kagami. Il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre qu'il s'était passé quelque chose au vu du visage de sa soeur. Il ne l'avait que rarement vue arborer cette expression et la voir ainsi alors qu'il s'était juré de la protéger de tout lui donna envie de tout mettre en pièce.
- Toi, cracha-t-il à l'adresse de Midorima.
Ceux qui riaient dans la pièce à la vive lumière s'arrêtèrent immédiatement. Même si Emma était épuisée mentalement et que son coeur était en miettes, elle reconnaissait cette expression. Elle savait que Kagami allait agir de façon stupide.
Comme la jeune fille l'avait prévu, Kagami se rua sur Midorima, fou de rage. Cependant, aussi détruite qu'elle soit, elle n'aurait laissé faire pour rien au monde, surtout pas les deux garçons qui comptaient le plus pour elle. Ainsi, Emma se dressa devant Midorima, bras tendus. L'arrière contempla juste son dos, ses longs cheveux noirs en cascade reposant dessus.
- Taiga ! Cria-t-elle.
Aomine intervint lui aussi et attrapa le bras de son adversaire, le stoppant quasi-net.
- Calme-toi, crétin, fit-il.
- Me touche pas ! Répliqua le joueur en dégageant son bras de l'étreinte d'Aomine.
Ce dernier leva les yeux au ciel, exaspéré, alors même que le reste de la pièce était muré dans un silence de mort.
Emma avait enfin retrouvé de la contenance. Enfin.
- Je peux savoir ce que tu fais ? Demanda Emma, outrée.
- Je l'empêche de te faire du mal, répondit son frère avec colère.
Midorima garda un regard froid bien qu'un peu étonné par l'acte d'Emma pour le protéger. « Et j'aurais bien mérité une droite venant de lui pour ce que j'ai fait à Emma ».
- Me faire du mal ? S'enquit Emma, faussement désarçonnée.
- Puisque tu pleures… Reprit Kagami.
- Je comprends ta colère Taiga mais, saches que j'étais stressée à propos de la finale et que Shintaro m'a simplement réconfortée, dit-elle calmement.
Kagami comme Midorima la regardèrent avec effarement. « Emma, tu es beaucoup trop douce avec moi », pensa Shintaro.
- Vraiment ? S'enquit Kagami, sourcils froncés.
- Bien sûr, tu sais comme je suis parfois inquiète.
Maintenant qu'elle le disait, ce n'était pas faux. Kagami se sentit bête. Tous les autres les observaient toujours.
- Ben… Fit l'ailier aux cheveux rouge. Désolé Midorima, je me suis un peu emporté.
Midorima était trop honteux intérieurement pour accepter ces excuses qu'il ne méritait pas et se contenta d'un signe de tête léger. L'atmosphère se détendit instantanément.
- Vous m'avez fait peur ! S'exclama Aoi en soupirant.
- A moi aussi, approuva Momoi. On aurait cru que vous alliez vous battre.
- Mais non, fit Emma dans un ultime effort pour sourire. S'il y avait quoi que ce soit à régler, de toute façon, ce serait fait après la finale. N'est-ce pas Shin ?
Midorima approuva les paroles d'Emma d'un faible signe de tête, le coeur brisé. Alors, les deux arrières se jetèrent un regard triste puis détournèrent les yeux pour ce soir.
Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! J'espère que ça vous a plu, évidemment si c'est le cas n'hésitez pas à m'en faire part, je serais ravie d'en discuter avec vous.
On se revoit au prochain chapitre pour la fin de notre fiction : il devrait arriver le 6 mai ou le 3 juin (mais pas entre les deux pour des raisons de partiels...). Quoi qu'il en soit, tenez vous prêts, j'essaierai d'écrire quelque chose à votre mesure.
Merci de votre attention ! Une bonne journée, une bonne semaine à vous.
Et comme toujours, prenez soin de vous et de ceux que vous aimez.
Maude
