Bonjour, bonsoir à toutes et à tous ! Je vous présente toutes mes excuses pour cette sortie super tardive... J'ai eu pas mal de choses à régler avec la fac, le boulot et les soucis personnel et ça m'a pris pas mal de mon énergie si bien que j'ai eu beaucoup de mal à trouver de l'inspiration mais j'ai réussi à écrire ce chapitre petit à petit grâce à vos encouragements !

Je veux remercier infiniment les lecteurs qui se sont donné la peine de me dire ce qu'ils pensaient de cet fiction. Ça m'a donné beaucoup de force, votre soutien vaut énormément pour moi. Vous êtes géniaux et je continuerai d'essayer de vous donner des chapitres à la hauteur !

Le chapitre 30 est en cours d'écriture et je vais tout donner pour l'achever au plus vite parce qu'en relisant vos reviews, DolldominationX, KuroRainy-chan, Hcate, Eliena, Orchideus.C, Astagram, Naheiah, Guest, je me suis souvenue comme vous étiez présents même si nous sommes une toute petite communauté. Alors, je vous dois bien ça !

Enfin, j'espère que vous êtes tous en forme et que vous allez bien ! Sur ce, bonne lecture 〜


Chapitre 29 : Duel au Sommet

Tous ne le sentaient pas mais…

- Emma, tout va bien ? Demanda Nozomi en s'approchant de sa capitaine.

La joueuse brune avait tourné son attention vers Célia et ne bougeait plus. Voyant qu'Aoi avait aussi les yeux rivés sur la joueuse française, Nozomi et Haruna s'approchèrent.

- Capitaine, Aoi ? Demanda la grande pivot aux cheveux blancs.

Plus loi, dans les gradins, les spectateurs n'avaient pas semblé remarquer la soudaine tension présente sur le terrain. Du moins… pas tous.

- Coach, qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Koganei, voyant Riko froncer les sourcils.

- Eh bien… C'est dur à décrire mais, j'ai comme l'impression que quelque chose a changé sur le terrain, répondit la coach de Seirin.

- Changé ? Mais pourtant Shutoku a marqué tous les paniers pour l'instant ! Fit Furihata.

- Il me semble que… Célia va changer la dynamique, déclara Riko.

Sur ses paroles, tous les joueurs de Seirin et les autres qui l'entouraient se tournèrent vers elle. Kagami, lui, se tourna vers le terrain. Emma s'était reculée de la raquette mais elle fixait toujours Célia qui s'apprêtait à relancer le jeu de sous le panier. Les coéquipières de Shutoku ne semblaient pas encore trop inquiétées par le comportement d'Emma et Aoi. Bien, pensa Kagami. Elles n'avaient pas besoin de ça.

- Emma devait déjà s'en douter, fit Hyûga.

Kiyoshi approuva immédiatement. A côté des deux joueurs, sur les gradins, Koganei avait l'air de ne pas bien comprendre.

- Célia était sa binôme pendant des années, elle doit la connaître mieux que personne, expliqua Kiyoshi.

Tous regardèrent à nouveau la joueuse française dont les cheveux blonds étaient tirés en arrière en tresse. L'atmosphère s'était tendue. Olivia non plus semblait ne pas savoir ce qu'il se passait avec Célia. Cela commençait à l'inquiéter.

- Célia ! Cria la capitaine française

- Au lieu de t'inquiéter, commencez à jouer sérieusement, répliqua Célia.

Olivia comprit en un coup d'oeil qu'il valait mieux ne pas répliquer. Célia était leur as. Même si son attitude ne lui plaisait pas, il fallait qu'elle lui fasse confiance. Olivia grogna puis fit un signe aux autres joueuses françaises qui se mirent en place.

- Dis, Muro, commença Murasakibara, s'arrêtant de grignoter ses oursons en chocolat.

- Hum ? Fit le brun, qui fixait lui aussi le terrain.

- C'est qui la fille qui a la balle dans les mains ? S'enquit finalement son coéquipier aux cheveux violets et éclatants.

Himuro ne répondit pas immédiatement mais... lui aussi avait senti que quelque chose d'étrange était en train de se passer. Il répondit finalement.

- Pourquoi tu me demandes ?

- Ben… Elle a une présence. Même d'ici je peux le sentir. Donc je me dis qu'elle doit être assez spéciale.

Himuro eut l'air étonné par cet éclair de perspicacité.

- Enfin je crois…

Midorima fronça les sourcils. Il savait déjà que Célia était une joueuse de talent, mais le fait que Murasakibara soulève lui aussi ce fait confirma un peu plus que ce qui était en train de se passer ne présageait rien de bon.

Emma fronça les sourcils en regardant Célia et leurs regards se croisèrent. La joueuse blonde eut un petit sourire pour son ancienne capitaine. Sans plus tarder, Aoi s'approcha d'Emma et mit une main sur son épaule.

- Aoi, fit la petit joueuse brune.

- Emma. Ne t'en fais pas et laisse-la moi, d'accord ? Demanda l'as aux cheveux bleus.

La capitaine de Shutoku se contenta d'approuver d'un signe de tête.

- C'est l'ancienne binôme d'Emma, répondit finalement Himuro.

- Sérieux ? Demanda Murasakibara, continuant tout de même de grignoter son ourson en chocolat.

- Oui. C'est aussi la fille de l'entraîneuse de l'équipe B de leur lycée. Elle a toujours baignée dans le basket, de ce qu'Emma m'a dit. Et elles se connaissent depuis longtemps, au moins le collège, j'imagine qu'il y a un lien fort entre elles, expliqua Himuro.

- Ok, même si je t'avais pas demandé autant de précisions...

Alors que les deux joueurs de Yosen retournaient à la contemplation du terrain, Takao, lui, se tourna vers Midorima. Il avait entendu la conversation et se demandait si son coéquipier aussi. Midorima qui n'était pas d'humeur à l'envoyer balader, pour une fois, fit un signe de tête pour approuver.

Risa s'était mise en défense sur sa joueuse et respira un coup. La française qu'elle défendait avait l'air déterminé. "Concentre-toi, Risa", se dit-elle. Sur toute la surface du terrain, les japonaises se préparaient à la défense. Emma défendait sur Olivia, mais son regard était rivé sur Célia. En fait, la tension montait tellement que sa respiration accéléra.

- Ca ne devrait plus tarder, fit Aomine, les yeux sur le terrain.

La bombe fut lâchée. En un instant, le son revint dans les oreilles d'Emma. D'Aoi. De toutes les joueuses. Célia passa à Olivia, malgré la défense d'Emma. Cette dernière repassa immédiatement à Célia qui s'élança vers le panier japonais.

- Défense ! Défense ! Défense ! Criaient les japonaises sur le banc.

"Bordel ! Elle est rapide", pensa Aoi qui la suivait de près.

La blonde semait même ses propres coéquipières. Aoi était rapide mais là… Célia remonta le terrain en quelques secondes, Aoi loin derrière elle.

- La joueuse française parcourt le terrain à une vitesse phénoménale ! Que va faire l'équipe japonaise pour l'arrêter ?! S'exclama la commentatrice.

Mais ça n'allait pas être si facile… Haruna était sous le panier et attendait que Célia arrive à elle, ses grandes mains déployées. En même temps, Aoi arrivait, accélérant. La française dépassait la ligne des trois points. Elle sauta pour dunker.

- Je crois pas, non ! S'écria Haruna en sautant aussi, les bras levés.

Célia fronça les sourcils. Pas grave, elle pouvait quand même le mettre. Elle changea la position de sa main et s'apprêtait à tirer. Aoi aussi sauta derrière elle, main levée pour lui prendre la balle.

- On t'a dit non ! Ajouta Aoi.

- Pfff, fit Célia avec un rictus. Elle se déporta sur la droite et shoota dans les airs.

Malgré les mains tendues des deux géantes, la balle rentra sans même toucher l'arceau. Les applaudissement retentirent de toutes parts.

- C'était incroyable, elle est géniale ! S'exclama un spectateur non loin d'Aomine. Je croyais que Hino Aoi était douée mais… Elle a été clouée sur place par la française.

- Ouais, c'est un truc de fou ! Ajouta son ami.

Aomine serra les dents. Ils n'avaient pas tort en ce qui concernait la française. Elle était douée. Mais… Il posa les yeux sur sa petite-amie.

- Ce n'est que le début, assura Aomine. Elle va lui montrer ce qu'elle sait faire.

Momoi se tourna vers lui, étonnée. Puis, elle lui sourit.

- Bien sûr, aucune raison de douter, approuva la jeune fille aux cheveux roses.

La balle rebondit six fois sur le parquet avant de rouler. Célia, Haruna et Aoi retombèrent aussi. Les deux japonaises serraient les dents. Les filles sur le bancs regardaient le panier, incrédules. Comment Aoi avait-elle pu se faire distancer ainsi ? Risa et les autres joueuses sur le terrain se posaient la même question.

- C'est un monstre, murmura Shiho depuis le banc en regardant Célia.

Serina semblait elle aussi inquiète. La pivot remplaçante, Rina, fronça les sourcils.

- Ce n'est même pas que ça, ajouta Emi Watanabe. Vous avez vu son visage ? Elle n'a même pas l'air si essoufflé, ses joues ne sont pas rouges.

Les filles le remarquèrent en même temps. Aoi, elle, restait debout, sans bouger. Cette fille… Elle était tellement plus rapide et endurante qu'elle. Célia se redressa en regardant Aoi d'un air sévère. Elles croisèrent le regard un instant, les grands yeux bleus d'Aoi dans les yeux caramel de Célia. Puis, la blonde détourna le regard, dédaigneuse.

- En défense ! Cria-t-elle.

Olivia la regarda passer, sans rien pouvoir dire. Normalement, elle aurait du donner les directives mais… Célia avait une telle aura que la capitaine française ne put rien articuler.

Emma courut vers Aoi qui ne bougeait toujours pas et lui mit un coup dans le dos.

- Aoi, pas de temps à perdre ! S'écria-t-elle. Ça arrive à tout le monde de se faire passer, ne t'inquiète pas. On a bien plus de points qu'elles, ne te laisse pas abattre, OK ?

L'as aux cheveux bleus sembla se réveiller. Haruna lui adressa un sourire. Risa et Nozomi aussi s'approchèrent d'elle. Toutes vinrent lui cogner dans le poing, souriantes.

- OK ! On y va ! S'écria Haruna.

- OUAIS ! Répliquèrent toutes les autres.

- Shu-to-ku ! Shu-to-ku ! Criait le banc et les gradins.

Aoi sentit du courage s'insuffler en elle et ses yeux brillaient à nouveau. Aomine soupira, soulagé. Alors que Risa s'avançait sous le panier pour remettre la balle en jeu, toutes les joueuses semblaient plus calmes. Emma, en revanche, commençait à vraiment s'inquiéter. Elle avait vu comment Célia avait commencé à se comporter et… Ça ne présageait rien de bon, du tout. Ce danger commençait à monter et s'il atteignait son climax…

- Elles sont re-motivées ! S'exclama Miyaji en levant le poing.

- Shu-to-ku ! Scandait Kimura.

La confiance en l'équipe japonaise était revenue dans les gradins. Cependant, quelques individus sentaient bien que cette aura dangereuse qu'ils avaient sentie en Célia n'était pas dissipée, loin de là.

Risa se préparait à envoyer la balle mais la défense française était serrée. Aoi sentait une pression folle émaner de Célia. "Comment je vais me défaire d'elle…" pensa l'ailière.

- Cette pression ! Fit Momoi, inquiète.

Aoi le sentait, la joueuse avait une aura de félin, semblable à un tigre. Elle était si souple et rapide. Risa fronça les sourcils, comment remettre en jeu alors que personne n'arrivait à se libérer ? Emma le sentait mieux encore avec ses yeux de faucon. Il n'y avait pas d'ouverture. Ou plutôt…

- Pas encore, corrigea Emma à voix basse.

Soudain, elle fit mine de partir à droite si vite qu'Olivia la suivit sans réfléchir. Emma fit un pivot, tourna sur elle-même et s'échappa sur la gauche.

- Risa ! Cria-t-elle.

La petite ailière lui fit une passe et Emma s'échappa en dribble, menant l'attaque. Elle localisa Nozomi, prête à passer en attaque. Le champ était libre, elle lui passa la balle. La joueuse qui défendait sur Nozomi avait un train de retard, dépassée par la fluidité des passes entre Emma et les joueuses.

- Jeanne, défend ! Cria Célia, levant le doigt.

La dénommée Jeanne rattrapa Nozomi et l'empêchait de partir en dribble ou de passer.

Dans les gradins, Koganei et Mitobe fronçaient les sourcils.

- Mais… La meneuse française, c'est pas Olivia ? S'enquit Koganei.

- Ben… Si, mais pourquoi ? Répondit Furihata.

Kagami aussi commençait à froncer les sourcils. Soudain, un tonnerre d'applaudissement retentit. L'équipe française venait de marquer un panier et il semblait que c'était encore Célia.

- Elle est douée, fit remarquer Izuki, inquiet.

Un coup d'oeil au tableau des scores leur indiqua que l'écart s'amenuisait et que Shutoku ne menait plus que de deux points.

- Tout ça alors qu'elles avaient réussi à regagner un peu de courage, ajouta Hyûga.

- C'est clair que ce sera un coup dur pour elles… Marmonna Riko.

Sur le terrain, Aoi semblait en rage. Elle passa à côté de Risa qui s'apprêtait à remettre en jeu.

- Fais moi la passe, vice-capitaine, grogna-t-elle. Je vais la ratatiner.

- Euh… D'a-d'accord, concéda Risa en remontant ses lunettes.

Depuis sa place, Midorima remonta lui aussi ses lunettes, les sourcils froncés. Takao gigotait.

- Je sais pas pourquoi mais y'a vraiment un malaise, marmonna le joueur aux yeux de faucon.

Miyaji acquiesça, inquiet. Quelque chose d'inconfortable se passait sur le terrain, mais les joueurs n'auraient su dire d'où ça venait. Les yeux verts de Midorima se posèrent sur Emma. Que pensait-elle ?

La jeune fille avait entendu la demande d'Aoi et sentait son mauvais pressentiment se confirmer. Il faudrait qu'elle soit prête à dévier Célia, au cas où Aoi raterait, elle qui la connaissait mieux que quiconque au basket. A cet instant, son ancienne binôme lui accorda un regard. Contrairement à d'habitude elle ne lui sourit pas. Ses yeux caramel brillaient presque.

Risa se mit en place et envoya la balle à Aoi. Emma se prépara à ordonner l'attaque. Haruna se précipita sous le panier et Célia arriva immédiatement devant Aoi. Le duel allait commencer. Alors que la foule avait les yeux rivés sur les deux as, Midorima, lui, fixait Emma. Elle plaçait les joueuses de gestes de la main mais… Elle restait proche d'Aoi, sur ses gardes.

Aoi inspira. Elle avait déjà perdu plusieurs duels contre Célia, elle était l'as de Shutoku et il était temps qu'elle le montre. Mais… C'était plus facile à dire qu'à faire. Aoi regardait de chaque côté. Comment faire. "Concentre-toi…" pensa-t-elle.

- Tu vas bientôt devoir réagir, dit Célia, le visage froid mais les yeux brûlants.

- Je sais, répliqua Aoi.

- Les autres semblent penser que tu es rapide, ajouta l'ailière en fixant ses yeux. Mais moi, je vois comme tu es lente.

Aoi serra les dents.

- Répète un peu, menaça l'as aux cheveux bleus.

- Je ne veux pas t'insulter, mais c'est la réalité. Et puis, regarde autour de toi.

Aoi jeta un coup d'oeil.

- Tu vois comme tes coéquipières sont proches et prêtes à rattraper ton erreur ? Demanda Célia, toujours aussi glaçante.

L'ailière aux cheveux bleus comprit. Elle avait raison.

- Aoi ! La balle ! Cria Emma en s'approchant d'elle en courant.

- Tu va la garder trop longtemps ! S'écria Risa.

"Merde !" Pensa Aoi. Mais trop tard, le sifflet retentit.

- Faute orange numéro 4 ! S'exclama l'arbitre sur le terrain.

- Temps mort pour Shutoku ! Cria la petite arbitre à la table.

Les yeux bleu nuit d'Aoi croisèrent le regard caramel perçant de Célia.

- Trop lente, répéta-t-elle en se détournant de sa joueuse, laissant Aoi seule, hébétée.

Dans les gradins, l'incompréhension régnait.

- Dites, quelqu'un peut éclairer ma lanterne ? Demanda Furihata.

- Qu'est-ce que tu piges pas ? Rétorqua Kagami les sourcils froncés.

- Ben… Ca va sembler méchant mais, les joueuses de l'équipe françaises n'ont rien de hors-du-commun. Enfin, comparées aux joueuses comme Haruna qui est puissante et rapide, Aoi qui est agile comme un fauve, Risa qui est super précise… Elles ne font pas le poids quoi, alors comment elles peuvent égaliser ?

Riko prit la parole et tous les joueurs de Seirin ainsi que ceux de Shutoku l'écoutèrent.

- Je ne suis sûre de rien mais je crois que Célia…

- Elle a le pouvoir de synchroniser le mouvement de toute son équipe, déclara Emma, debout face à ses coéquipières.

Le coach ne répondit pas immédiatement.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Nozomi.

- Même avec des joueuses d'apparence simple, elle arrive à faire converger leurs forces naturellement.

Les autres semblaient toujours perdues alors Emma reprit.

- Elle fait en sorte que ces joueuses sans talent particulier arrive à jouer dans la position qui les avantage le plus à la seconde la plus propice.

-C… Comment c'est possible ? S'exclama Haruna.

- Elle fait ça naturellement. Elle… Ressent les choses émaner des gens. Je ne sais pas si ça a un rapport mais elle a toujours été populaire, au collège comme au lycée. Je pense que c'est parce qu'elle "ressent" les gens. De la même façon, elle peut créer une synergie transcendante dans son équipe.

- C'est flippant, fit Risa.

Emma acquiesça.

- C'est une espèce de…

- … Super meneuse, conclut Riko.

Midorima sentit son coeur s'accélérer. Comment pouvaient-elles gagner dans de telles conditions ?

- Je vois mal comment créer une stratégie pour rivaliser avec ça, fit le coach, l'air embêté.

Les filles le regardaient.

- Bon, écoutez, on finit ce quart-temps et on jugera d'une stratégie à la mi-temps.

Toutes approuvèrent.

- En piste, mesdemoiselles.

Les joueuses se rassemblèrent pour reprendre des forces. La seule qui n'avait rien dit, qui n'avait pas souri une fois, c'était Aoi. Elle semblait trop sérieuse et préoccupée. Presque en colère. Emma l'attrapa par la taille et l'attira dans le cercle.

- Capitaine…

- T'inquiète pas, Aoi. Nous on croit en toi.

L'ailière les regarda, surprise.

- Les filles…

Le buzzer retentit. En fond, une partie du public hurlait "Shu-to-ku !".

- 48 à 39 pour les françaises… Fit remarquer Kagami, inquiet.

- Cette fois-ci c'est plus dur pour elles que d'habitude, approuva Kuroko.

Sous leurs yeux, Risa se remettait en place et fit la passe à Aoi. Célia revint se placer face à elle alors qu'Emma était sous la pression d'Olivia.

- La fin du quart-temps va se jouer sur cet échange, fit Aomine.

Momoi leva les yeux vers lui.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Aoi commença à dribbler sans bouger, face à la blonde. " Il faut que j'arrive à la passer… Il le faut".

- Je veux dire qu'elle commence à penser à des conneries et que si elle arrive pas à l'emporter maintenant ça va miner son moral, conclut-il.

Kuroko fronça les sourcils.

- Je pense que je comprends, approuva l'ombre. Si elle rate cet échange, ça va la miner, et une équipe sans son as, ça ne vaut pas grand chose.

- Ça s'annonce mal… Fit remarquer Kiyoshi.

"Pourtant tu peux y arriver", pensa Aomine, les dents serrées en regardant sa petite-amie.

Emma et Risa étaient sur leurs gardes. Il fallait qu'elles soient prêtes en cas de dérapage. Aoi avait déjà perdu six duels face à Célia jusqu'ici.

Alors que le calme se faisait dans le public… Aoi se concentrait. Il fallait qu'elle se concentre. Le son autour d'elle disparut. Elle n'entendait plus que sa propre respiration. Dans le vide, les choses allaient au ralenti. "Concentre-toi plus encore…"

Un groupe de lycéens hurlait à côté d'Akashi.

- Vas-y Hino Aoi ! Hurlaient-ils.

- Jusque sous le panier !

"En voilà une qui a constitué son fan club", pensa Akashi en baissant ses yeux sur l'équipe féminine de Shutoku. "Enfin, on parle d'une jeune fille qui a attiré l'insensible Daiki".

Aoi respirait de plus en plus lentement, plus amplement. "Tu peux enfin servir à quelqu'un, Aoi, c'est pas le moment d'abandonner", pensa la joueuse. "Tu peux lui prouver qu'il avait tort". Elle entendit la voix de son père raisonner comme s'il était très loin, en train de parler dans une pièce avec un haut-plafond :

"Tu n'es qu'une bonne à rien. Tu n'aurais jamais dû exister"

"On était tellement mieux sans toi avec ta mère"

Mais aujourd'hui, elle ne sentait plus les coups. A cet instant, elle n'aurait même pas pu décrire la douleur des coups qu'elle avait pris dans son enfance. Tout ce dont elle se souvenait, c'était la nouvelle famille que le basket lui avait apporté. C'était ce qu'elle pouvait faire pour son équipe. Ca… C'était les mots d'Emma. Le visage d'Aomine apparut ensuite dans son esprit. "Cet idiot…" pensa-t-elle avec douceur.

"On fera dans le sentimental après l'entraînement si tu y tiens. Pour l'instant, je veux que tu te concentres. Jusqu'à en oublier que le reste n'est plus là…"

L'expression du visage d'Aoi se détendit. Sa respiration ralentissait. Célia prit un air surpris.

- Je t'ai appris comment faire, murmura l'as de Tôô Gakuen. Souviens-toi ce jour-là…

- Tu sais, j'ai une grande peur, déclara Aoi en faisant tourner le ballon dans ses mains.

Aomine s'étouffa en avalant de travers sa gorgée d'eau.

- Eh ! Qu'est-ce que tu me chantes, d'un coup, fit-il brusquement en s'épongeant le menton.

Aoi lui tourna le dos, un peu gênée. "C'est vrai ça, pourquoi est-ce que j'en parle d'un coup ?", se maudit-elle.

- Je crois que… Enfin, je crois que…

- Bon tu craches le morceau ? Je comptes pas dormir sur ce terrain ce soir alors magne-toi, maugréa l'ailier à la chevelure bleue.

La jeune fille déglutit, gênée.

- T'es bizarre tout d'un coup, remarqua Aomine en se relevant du banc sur lequel il s'était vautré.

- Oui désolée, je… Je sais pas pourquoi mais ça me tourmentait et je me suis dit que si je t'en parlais ça irait mieux, expliqua Aoi en ne se tournant toujours pas vers lui.

Elle regarda ses pieds.

- Donc tu vas me raconter ce qu'il se passe ou ? Fit Aomine, moqueur mais tout de même inquiet.

Aoi ne savait pas bien comment formuler ça.

- Je pense que… Ce traumatisme vient de mon enfance mais, quand un obstacle trop gros me fait face, j'ai tellement peur de l'affronter que… je perds tous mes moyens. J'ai peur de n'être utile à personne, finit-elle par expliquer.

Aomine soupira, debout juste derrière elle.

- C'est juste ça ? Fit-il, désabusé.

- Ben… Marmonna Aoi. Oui, enfin c'est déjà pas mal, non ?

- Ca arrive à tout le monde d'avoir peur, andouille. Même si j'avoue que c'est stupide quand on est aussi forte que toi.

Aoi eut un petit sourire.

- Enfin, bien sur comparée à moi tu ne fais pas le poids, c'est vrai, ajouta-t-il en faisant mine de réfléchir.

- Enflure ! Fit sa petite-amie.

- Mais, reprit Aomine, il y a quand même une chose qui me gêne. C'est quoi cette histoire de traumatisme ?

L'ailière de Shutoku n'eut toujours pas le cran de se retourner.

- Tu sais que je vis avec ma grand-mère, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle.

- Ouais, et ?

- Ben, quand j'était petite j'étais battue par mon père, finit-elle par dire.

Elle n'entendit pas de réponse.

- En fait, il m'a même expliqué, quand j'était encore une gamine, que j'étais pas désirée et que mes parents n'avaient juste pas fait les démarches pour se débarrasser de moi tant qu'ils le pouvaient encore, dit-elle sans émotion. En fait, mon vieux me le rappelait assez souvent. Dès que je causais un problème. Chaque jour il me disait que je servais à rien, que je savais rien faire.

Aomine écoutait toujours son histoire en silence, regardant le dos de sa petite-amie.

- Quand j'ai eu huit ans, il m'a volontairement poussée du haut des escaliers de notre maison. J'ai fini à l'hôpital dans un sale état et… Avec ça plus les différents appels des voisins au cours du temps aux services sociaux, ma grand-mère a eu gain de cause pour pouvoir avoir ma garde. Même si aujourd'hui je suis en sécurité… J'ai toujours peur qu'au fond, mon père ait raison et que je ne soit jamais utile à personne, conclut-elle.

Alors qu'elle avait terminé son histoire, elle n'entendait toujours pas de réponse d'Aomine. En avait-elle trop dit ? La trouvait-elle ridicule. Elle se tourna vers lui.

- Je suis désolée, Daiki, j'aurais pas dû…

Mais avant qu'elle ne puisse finir sa phrase, elle fut prise dans ses bras. C'était une étreinte forte et elle n'aurait pu se sentir plus en sécurité ailleurs que dans ses bras musculeux. Pendant un instant ils ne dirent rien.

Aomine savait que plus tard il serait gêné de l'avoir prise dans ses bras ainsi, mais pour l'instant, cela n'avait pas d'importance. Pas si c'était pour son bien-être à elle.

- Andouille, marmonna-t-il, le menton posé sur la tête d'Aoi, ses grands bras forts enroulés autour d'elle.

Aoi eut l'air étonnée, mais elle s'empressa de fermer les yeux et de se laisser étreindre.

- Comment tu peux croire les paroles d'une personne aussi stupide ? Demanda-t-il en resserrant son étreinte.

- Je… Murmura-t-elle.

- Je savais que t'étais bête, mais là… Tu bas des records, remarqua-t-il d'un ton agacé.

Même s'il disait ça, Aoi sentait la chaleur de cette étreinte. Elle sentait cette affection.

- Au basket, il n'y a pas de joueur inutile, déclara Aomine. Y'a quelques mois, j'aurais pas dit ça, mais… C'est la vérité. On peut pas gagner seul.

- Parce que t'as perdu contre Seirin, murmura Aoi.

- La ferme ! S'écria Aomine avec une grimace, écartant son visage du sien pour la regarder.

Aoi rit en voyant son faux air menaçant. Le jeune homme finit par abandonner son rictus et lui sourit. "C'est mieux comme ça", pensa-t-il.

- Tu sais Aoi, commença-t-il.

- Oui ? Répondit-elle en l'observant.

"Putain débile, pourquoi tu lui avoues !" Se maudit Aomine.

- A mes yeux, tu es la plus importante, finit-il par dire en regardant ailleurs.

"Débile, débile, débile" se maudit-il à nouveau.

La nuit avait commencé à tomber sur le terrain de basket du quartier. Autour, peu de voitures passaient. Tout était calme. Aoi releva ses grands yeux bleus vers lui, abasourdie.

- Tu as… dit quoi ?

Aomine ne la regardait plus, trop honteux. Il faisait mine de n'avoir rien dit, l'air fier et dur.

- Daiki, dit-elle.

Il daigna baisser les yeux vers elle, dissimulant avec merveille sa gêne.

- Pour moi aussi, tu es important.

Puis, elle se hissa sur la pointe des pieds et l'enlaça à son tour. Elle le serra fort dans ses bras.

- Merci, ajouta-t-elle.

Elle ne put le voir, mais à ces mots, Aomine ferma les yeux, paisible. Après quelques secondes, les deux s'éloignèrent, un peu gênés.

- Bon, on fera dans le sentimental après l'entraînement. Pour l'instant, je veux que tu te concentres. Jusqu'à en oublier que le reste n'est plus là… Parce que t'es l'as de ton équipe, et sans toi, c'est comme un corps sans jambes, on ne peut pas se porter, on ne peut pas avancer.

- Ouais enfin, j'avais compris la métaphore, fit remarquer Aoi en levant les yeux au ciel.

- Bon je t'ai dit de te concentrer, tu vas pas commencer à te foutre de moi, répliqua-t-il en gesticulant.

Aoi rit.

- OK pardon, pardon. Je me concentre.

Elle vint se mettre face à lui, balle en main.

- Tu es une joueuse suffisamment forte pour avoir le pouvoir de faire une chose, mais pour cela, il faut que tu te concentres, que tu t'abandonnes au basket et que tu laisses ton instinct prendre le dessus sur toi-même, décrivit Aomine.

La jeune fille commençait à comprendre.

- Je ne veux pas que tu regardes, je veux que tu ressentes, Aoi. J'sais pas bien comment l'expliquer mais… Y'a des choses que les yeux peuvent pas voir. Les micro-mouvement peuvent te dire où l'autre va aller, mais ce qui te permets de démontrer toute ta vitesse, ta puissance, c'est de ressentir. Comme ça, tu as toujours une grande longueur d'avance sur l'autre, peu importe sa force, expliqua Aomine.

Aoi était pendue à ses lèvres. Elle aussi était donc capable de ça ?

- J'en suis capable, murmura Aoi, calme.

Soudain, sans que Célia ne puisse la suivre, elle partit en dribbles sur sa droite. Elle était rapide. Aomine eut un rictus et fut soulagé. "Je te l'avais dit", pensa-t-il en la regardant se déplacer. "Mais… restes sur tes gardes".

- La joueuse japonaise a enfin réussi à se défaire du marquage de la joueuse française, le chemin jusqu'au panier est enfin libre ! Commenta Tamura Tomoko, la commentatrice. Quelle rapidité ! Elle a complètement laissé sa défenseuse sur le carreau !

Michèle sembla inquiète et fronça les sourcils. Elle avait décidé de laisser l'équipe à Célia mais elle venait de se faire passer…

Riko attrapa la main de Hyûga en se levant, pleine de joie.

- Yes ! S'exclama Koganei.

- C'est une petite victoire mais elle va leur redonner du courage ! Approuva Izuki.

- C'est clair, droit au panier…

- Attendez ! Que se passe-t-il c'est incroyable ! Reprit Tamura.

Célia avait fait un signe à l'une des ailières françaises, Jeanne Leroy et cette dernière s'avança vers Aoi à toute allure. Emma comprit en une fraction de seconde. Elle se dégagea d'Olivia mais c'était déjà trop tard.

- C'est l'ailière qui a le plus d'interceptions dans l'équipe française ! S'exclama Momoi.

- C'est foutu ! Fit Riko en serra l'avant-bras de Hyuga de sa petite main.

Le pire se produisit. Alors que Aoi courait en dribbles vers le panier, Jeanne arriva. En un éclair, elle mit un coup dans la balle. Elle fusa. Directement sur Célia. De l'autre côté du panier. Aoi regarda la balle quitter sa main, comme si elle était au ralenti.

"Merde" pensa-t-elle simplement. "J'ai tout fait foirer".

La balle fusa. Elle se retrouva dans les mains de Célia. Aoi courut pour se retrouver près d'elle mais tout semblait perdu.

- Il ne faut pas qu'elle perde celle-là ! S'exclama Izuki.

Riko regardait la scène avec les yeux plissés, terrifiée du résultat. Silencieusement, Hyûga tapota sa main pour la réconforter.

Akashi aussi jaugeait l'action. Kotarô, l'ailier fort de Rakuzan qui avait une aura de félin prit alors la parole.

- Il faut qu'elle décide de quel côté Célia va dribbler.

- Pourquoi ? Elle peut toujours changer de côté au dernier moment, non ? Fit remarquer Léo Mibuchi, l'arrière de Rakuzan.

- C'est pas aussi simple. Si elle se trompe, c'est elle qui perd le duel. Les mouvements d'une joueuse comme Célia sont trop fluides pour qu'elle ait le temps de la rattraper.

- Donc ce que tu dis, résuma Léo, c'est que si Hino se rate, elle a perdu le duel, c'est bien ça ?

Kotarô passa une main dans ses cheveux blond vénitien éclatants, embêté.

- Il y a techniquement une chance pour qu'elle gagne même si elle s'est trompée de côté mais… Il faudrait qu'elle ressente les choses comme une bête sauvage en quelque sorte, et je ne crois pas qu'elle en soit capable, il aurait fallu que quelqu'un le lui apprenne, sinon.

Akashi tourna les yeux plus bas, dans les gradins. Peut-être bien que quelqu'un le lui avait appris…

Kuroko sentait la tension émaner de toute part. Le public retenait son souffle, la commentatrice ne parlait plus. Mais la zone qui irradiait le plus de pression, c'était là où était assis son ancienne lumière, Aomine. Le puissant ailier avait les deux mains serrées sur ses genoux et ne quittait pas le terrain des yeux. Kagami suivit le regard de Kuroko et vit son rival. Ce n'était pas un spectacle habituel et il n'avait clairement pas le coeur à se moquer de lui. En fait…

Il le comprenait.

Sur le terrain, Aoi était debout face à Célia qui dribblait. Le regard bleu nuit de l'une transperçait les yeux caramel de la seconde. A chacun des micro-mouvements de Célia, Aoi réagissait aussi. Il fallait qu'elle l'arrête, leur victoire en dépendait.

Pour son équipe.

Pour son amie.

Pour lui.

Elle avait fait des choses stupides mais il ne fallait plus y penser. Célia l'avait ridiculiser mais ELLE était plus forte que cette française. Tout ce qui comptait à cet instant, c'était le basket. Il n'y avait plus que cela. Battre Célia.

Pour son équipe.

Pour son amie.

Pour lui.

Alors qu'elle se concentrait un peu plus à chaque milliseconde, elle entendait moins les sons autour d'elle. C'était comme si son corps avait commencé à s'enfoncer dans l'eau. Elle ferma les yeux un instant. Quand elle les rouvrit, quelque chose avait changé.

- Mais ! S'exclama Riko.

- Elle l'a fait ! Fit Kagami en se levant de son siège.

Les autres autour d'eux n'avaient pas tous compris ce qu'il se passait mais, sur le terrain, tout venait d'être remis en question. Un être surpuissant venait de se révéler. Un éclair bleu brilla dans les yeux d'Aoi. Autour d'elle, l'air s'était embrasé.

Aomine eut un grand sourire, les yeux brillants.

- Je savais que tu pouvais le faire.


Voilà pour le chapitre de cette semaine ! J'espère qu'il saura vous plaire et être à la hauteur, plus de drama très prochainement. Dans l'idéal, je vais finir d'écrire le 30 cette semaine et il sortira lundi prochain à 19heures. J'espère que vous serez au rendez-vous ;)

Comme toujours, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, ce que vous attendez pour la suite, enfin, ce qui vous passe par la tête !

A très bientôt, promis juré

Maude