NDA 24/12/2022 : Et bonjour, un petit cadeau de noël en avance, même si dans les faits, il se passe durant la nuit d'Halloween. J'espère que ce chapitre, assez court, vous plaira tout de même.

En vous souhaitant une bonne lecture et de bonnes fêtes !


Chapitre 10 : L'enfer c'est les autres.

Il était inutile de réfléchir plus. L'homme qui s'était évadé d'azkaban, qui avait officiellement tué treize personnes en plus d'un de ses meilleurs amis, après avoir dénoncé les parents de Harry, et qui était venu pour ce dernier. Cet homme-là, était un fou, un monstre. Et il leur faisait face, avec une baguette d'origine inconnue. Peut-être l'avait-il volé dans le dortoir des lions, puisqu'il en revenait manifestement.

Le fait est qu'il était devant eux. La baguette tendue, un sortilège au bout des lèvres. Et qu'il semblait à bout de nerf. Il tremblait, son corps sale et maigre ne semblait tenir que par miracle sur ses deux jambes. Et la tension qui habitait désormais son professeur de potion d'augurait vraiment rien de bon.

-Black. J'aurais dû me douter que tu te transformais en vieux cabot, ça explique l'odeur rance.

-Servilus, de nous deux, celui qui a toujours eu une hygiène douteuse, c'est toi ! Expelliarmus !

Un sort rouge parti droit sur le duo. La baguette du potioniste décrit alors un demi-cercle au-dessus de sa tête.

-Protego !

Et le sort fut absorbé. Mais il répliqua d'un stupéfix et les deux sorciers se mirent à combattre au milieu des couloirs, sous les yeux ahuris de Shiezka qui serrait sa poitrine douloureuse. Elle s'écarta, les deux sorciers se battant à coup de flash colorés et faisant sauter les tableaux alentours, dont les occupants fuyaient en hurlant.

-Rosenberg, allez prévenir le directeur immédiatement, je vais garder notre ami ici ! avait hurlé le professeur de potion entre deux sortilèges.

Et elle devait l'admettre, les deux sorciers étaient puissants. Ce qui la dérangeait cependant, c'était ce qu'elle voyait en doublon. L'homme devant elle, ce prisonnier, ce meurtrier… N'avait pas de fissure sur son âme. À contrario, le professeur de potions en avait de nombreuses. Mais si Dawn faisait confiance à ce type, Shiezka ne pouvait qu'accepter. En revanche…

Sirius Black n'avait pas tué. Il n'avait jamais tué. Qui que ce soit. Son âme, dont l'aura était colorée d'un beau rouge foncé, était intacte. Tremblante à chaque sortilège, mais intacte. Il fallait qu'elle les arrête. Il fallait capturer Sirius Black, mais certainement pas le livrer au ministère, comme il était pourtant recommandé.

Et plus elle traînait, plus les sorts augmentaient en puissance et dangerosité. Ils allaient s'entretuer. La rouquine ne réfléchit plus et se jeta entre deux, fermant les yeux en voyant les rayons de lumière lui foncer dessus.

-Rosenberg !

-Non ! Hurla Sirius.

Mais hurler ne fit rien. Severus n'avait pas eu le temps d'invoquer un bouclier pour protéger la jeune sorcière de leurs sorts. Elle s'effondra sous leurs yeux comme une poupée de chiffon, et Severus accouru jusqu'à elle pour vérifier si elle était en vie. Il vérifia son pouls, si elle respirait.

-Rosenberg, ouvrez les yeux ! Allez !

Il lança un sort de diagnostique tout en étant persuadé que Black s'était déjà enfuit, profitant de l'aubaine. Mais la voix dans son dos lui fit comprendre le contraire, et plus encore, l'inquiéta.

-Est-ce qu'elle… est en vie ?

-Qu'est-ce que ? Black ?

Il aurait volontiers répondu, lorsqu'une voix féminine d'outre-tombe prononça des menaces à son encontre.

-Ecarte toi, sorcier.

-Rosenberg… ?

Les yeux émeraude n'étaient plus. Il avait en face de lui deux prunelles rubis, et l'adolescente était bien plus blanche que précédemment.

- J'ai dit. Ecarte toi.

Et Severus se senti projeter contre un mur, écrasant le tableau de Jean Choquedotre, sorcier français du 18e siècle ayant inventé une potion de courage. Son corps retomba ensuite lourdement sur le sol. Il grimaça de douleur, et essaya de se relever, avant de paniquer en comprenant qu'il ne pouvait plus bouger d'un cil.

Sirius fut pris d'une angoisse sourde et voulu fuir, mais son corps percuta à son tour le mur avec violence, et contrairement au potioniste, sa tête heurta le cadre d'un tableau, et le laissa inconscient, un long filament rouge s'écoulant désormais sur son visage.

Shiezka se releva, lentement, et malgré son apparence de jeune adolescente, malgré son uniforme scolaire, la démarche chaloupée ne voulait dire qu'une seule chose. Cette personne n'était pas Shiezka, et elle se dirigeait droit sur eux.

-Merde ! Il jura, essayant de se dégager de l'emprise du sort, mais seule sa main trembla, parvenant à peine à se saisir de sa baguette.

L'enfant se pencha sur lui, croisant son regard, et laissa un sourire amusé courir sur ses lèvres, dévoilant une rangée de dents blanches aux canines proéminentes et terriblement tranchante.

-Tu n'auras pas besoin de ta baguette, pour mourir, sorcier.

Elle sourit un peu plus, et le poignet de Severus se tordit en un sens peu normal dans un crac sinistre. Il serra les dents, usant de son occlumencie pour garder consistance devant le danger. Mais là, il devait reconnaître que ça avait bien plus d'impact que lorsqu'il s'agissait du seigneur des ténèbres.

Oui. Voldemort, il savait qu'il était dangereux, qu'il pouvait torturer ses ennemis comme ses alliés. Mais là. C'était une adolescente à peine pubère ! Et cette aura sinistre tout autour d'elle.

Par Salazar, qui est réellement Shiezka Rosengerg ?

La pensée n'eut pas le temps de trouver réponse que quelqu'un prit la parole sur sa droite. Il ne pouvait pas tourner la tête, mais il reconnaissait la voix. L'ainée des deux rouquines. La déesse. S'il pouvait devenir vert, il l'aurait fait.

-Je savais bien que je sentais ta présence. Tu vas retourner d'où tu viens et fissa.

-Oh, petite Willow, n'as-tu pas oublié ? Ce soir, je suis la reine. Samhain est mon domaine…

- Ce contrat est rompu depuis que tu l'as utilisé à tes fins !

Et si le duel entre les deux sorciers avait impressionné la jeune fille, celui-là laissa Severus marqué à vie. C'était comme observer les origines de la magie, noire et blanche, s'affronter. Les bruits rameutèrent bien évidemment foule. Et si les élèves furent contraints d'assister au combat du rées de chaussée, les membres présents du scooby-gang montèrent les escaliers mouvants pour le rejoindre lui et Black.

Shiezka et Willow flottaient au-dessus du vide, et la magie qu'elles accumulaient toutes deux, explosait ensuite contre des boucliers monochromes.

Le professeur Rogue fut momentanément bloqué dans sa vision par Andrew White, qui agitait son bâton plein de grelots au-dessus de lui, le libérant du sort qui le clouait au sol.

-On embarque l'autre dans votre bureau, c'est urgent. Lui chuchota-t-il, en se penchant pour attraper un bras du prisonnier en cavale. Buffy vint soutenir l'autre, faisant signe au potioniste de les guider.

Et Severus fut bientôt obligé d'obéir.

Willow peinait à lutter contre la sorcière. Si Samhain décuplait les pouvoirs de celle d'en face, les siens étaient au repos. Mais bientôt, quelque chose, sur l'un des paliers, attira son attention, et elle relâcha son bouclier, se décalant au mieux pour éviter l'attaque de Shiezka. Plusieurs choses se passèrent alors. Le jet noir fonça droit sur le mur couvert de tableau, laissant un trou fumant dans la pierre. Quelque chose de lourd vint frapper l'adolescente à la tête, et cette dernière perdit conscience, chutant inexorablement dans le vide.

-Aresto momentum ! Lança le directeur pour ralentir la course de Shiezka.

Quelqu'un se hâta alors de rejoindre la plus jeune, et la récupéra avant qu'elle ne touche le sol. Rémus Lupin.

-Willow, ça va ? Demanda Alex qui tenait un lance pierre assez cossue. La rouquine hocha la tête, épuisée, avant de se laisser redescendre lentement, acceptant la main du moldu pour revenir sur la terre ferme, elle aussi.

En bas, les élèves parlaient forts, mais quelqu'un, qu'on identifia plus tard comme le professeur McGonagall, gueula assez violemment pour obtenir le silence. Bon, d'accord, elle menaça les élèves de leur retirer à chacun 50 points toutes maisons confondues, ce qui aurait amené les sabliers de Poudlard dans un niveau négatifs de points.

Heureusement, aucun n'avait remarqué la présence de Sirius Black, quelques instants plus tôt, dans les étages supérieurs.

oOoOoOo

Dudley était terrorisé.

Prostré dans les bras de sa mère, l'adolescent blond pleurait, chose qu'il n'avait pas fait depuis un moment. Précisément, depuis qu'il avait passé une semaine avec une queue en tire-bouchon, après le passage de Hagrid dans le phare, alors qu'il venait récupérer Harry.

La maison tremblait de tout côté, les vitres avaient volé en éclats sous la puissance de boules de feu, et une sorte d'épine de cinquante bons centimètres avait traversé l'une d'elle pour venir s'empaler sur le bord de la cheminée.

-Il y en a tout autour de la maison ! Maman ! J'ai peur ! gémit Dudley, se sentant non seulement épuisé, mais craignant aussi de ne plus voir le jour.

-Ne craint rien pour petit chéri, maman veille sur toi. Tenta de le rassurer Pétunia, en serrant un peu plus son fils contre elle.

Mais à peine venait d'elle d'affirmer sa protection, qu'un immense fracas se fit entendre, laissant des éclats de bois un peu partout et une poignée métallique rouler jusqu'au séjour.

-Ils ont défoncés la porte, on ne peut plus rien faire, il faut partir en cheminette ! Annonça Giles, bien qu'il tende les mains autour d'eux pour ériger un bouclier d'énergie le temps de se mettre en route.

-C'est impossible elle est condamnée !

L'observateur lança un regard ô combien désapprobateur en direction de la blonde. Ils avaient condamné la seule sortie sorcière de cette maison ? Mais à quel point étaient-ils stupides ? Bon sang ! S'il croisait Vernon, il le tuait. Enfin, s'ils s'en sortaient vivants.

-Restez près de moi ! Ordonna Giles en claquant brutalement dans ses mains avant de les écarter au-dessus de lui.

Il y eu un bruit de coup de tonnerre, et un éclair bleuté se matérialisa entre ses mains, avant de venir former un dôme électrifié tout autour des trois personnes. Il ne tiendra pas longtemps. Il le sait. Il aurait dû venir plus tôt au lieu d'attendre la fin d'après-midi, il aurait dû prévenir Willow, ou même Buffy, demander à l'un d'eux de l'accompagner. Pourquoi avait-il écouté Pétunia qui demandait à le voir seul ? c'était de la folie, et ils allaient tous y passer. Bon sang de bon soir !

-Pétunia ! Lance un appel à l'aide à toute créature civilisée alentour.

-Tu veux que je fasse quoi ? Demanda la blonde, éberluée.

-Utilise la wicca pour appeler à l'aide, comme tu l'as fait pour moi, une projection astrale. La mère au foyer blêmit.

-Mais… J'ai mis énormément de temps à réussir, je ne sais pas si j'aurais assez d'énergie pour…

-Maman ? Utilise la mienne, d'accord ? Fit la voix entre ses bras. Pétunia baissa ses yeux verts sur son fils.

-Mon chéri ? Dudley aussi, était très pâle, ce qui rendait les flèches aux coins de ses yeux et sur sa lèvre inférieure encore plus rouges.

-Je sais que c'est pour ça que je suis malade… j'en ai trop qui part. Utilise la… Appelle à l'aide… Comme monsieur Giles le dit.

Et en cet instant, Pétunia fut incroyablement fière de son fils. Malgré l'éducation bourgeoise et gâtée qu'il avait reçue, malgré cette situation si improbable, il offrait de lui-même son énergie pour se sauver tous les trois. Alors qu'il sentait qu'il allait en souffrir. Peut-être, Harry avait-il apporté quelque qualité à son cousin pendant qu'ils avaient le dos tourné.

-Très bien. Ferme les yeux mon chéri, et laisse maman faire, d'accord ?

L'adolescent acquiesça. Pétunia prit ses mains et les leva paume vers le ciel, avant d'apposer les siennes par-dessus. Elle se mit alors à psalmodier dans une langue inconnue, de l'araméen, et l'aura verte et brune striée de Dudley se matérialisa autour du duo mère-fils. Prenant la forme d'un éléphant de taille humaine, l'aura vibra une seconde, avant de disparaître comme un fantôme, s'éloignant par la véranda éclatée.

De part et d'autre du salon apparaissait des créatures mortifères. Des bêtes humanoïdes, couvertes d'écailles, de cornes, de tentacules. C'était un carnaval de l'horreur. Une boule de feu vint faire trembler le bouclier bleuté de Giles, et les flammes le recouvrirent une seconde avant de s'éteindre.

Ils étaient là pour le garçon. Il le savait. Samhain, c'était le moment favori d'Ethan pour lancer des sorts. Il avait couché avec Pétunia ce soir-là, et 13 ans plus tard, alors que leur progéniture s'éveillait à la magie invocatrice, les démons venaient pour lui. Il savait très bien ce que ça voulait dire.

Dudley était un moyen de revenir parmi les vivants. Un vaisseau protecteur dans lequel il pourrait s'incarner. Ce connard avait toujours eu un plan B. Et Rupert devait reconnaître que c'était bien pensé. Ils y avaient tous cru. Que lorsqu'il était mort, deux fois, d'ailleurs, il ne pourrait plus revenir.

-De tous les hommes du Royaume-Uni présents à cette soirée, tu auras choisi le seul qui avait un attrait pour la magie noire. Jura l'anglais en continuant de tenir le bouclier magique autour d'eux.

Dudley était épuisé, à moitié somnolent dans les bras de sa mère, qui elle, foudroya son ami d'enfance.

-Excuse-moi ?

-Je réfléchissais à voix haute, très chère. Se défendit Giles.

Un démon au faciès défiguré et le nez proéminent tel un groin grogna, les traitants de chair fraiche, avant d'enjamber la vitre brisée du salon pour les rejoindre. Un morceau de métal se fit entendre dans la rue, et Giles se demanda pourquoi il y avait toujours de la musique en fond lorsque sa vie était en jeu.

Mais l'observateur aurait plutôt dû se demander pourquoi le morceau en question lui était familier.

Quelque chose percuta la vitre de nouveau, comme un corps, cette fois-ci qu'on envoie se planter sur les débris. Il y eu ensuite le tumulte d'un combat à main nu, des grognements sourds, des insultes.

- Qu'est-ce qu'il… se passe… ? Demanda la voix épuisée de Dudley.

- Je l'ignore, mon chéri. Murmura Pétunia en lui caressant les cheveux. Rupert ?

Mais l'anglais secoua la tête, incapable de répondre. Il gardait son bouclier en place. S'il n'y avait pas eu ces deux-là, ils se serait battu, mais là, la priorité était de protéger Dudley et sa mère.

Un autre démon percuta un mur, visiblement, vu le tremblement que cela orchestra dans la bâtisse. Celui à tête de cochon commença à cogner sur la barrière magique qui se fendilla malgré la force que Giles y mettait.

- Oh aller, bout de viande, lâche, t'en peux plus, on le sait tous les deux. Vous serez délicieux.

-Et toi tu pue le rat crevé, gros tas !

La voix masculine, clairement en train de lutter dans la véranda, fit naître un frisson d'incompréhension. Un truc plein d'écaille vola en travers de la pièce, glissant ensuite sur le tapis jusqu'au démon cochon qui fut obligé de l'esquiver.

-Qu'est-ce que ? Viande froide, t'as rien à faire ici.

-Tu vois, contrairement à toi… Et l'homme vêtu de cuir de la tête aux pieds enjamba un corps inerte. Moi j'ai été invité. Par un truc spectral très moche, mais invité tout de même. Il étira ses lèvres un peu bleues en un sourire carnassier.

Et le combat reprit.

-Spike ? Giles hallucinait. Il était en vie ? Comment était-ce même possible !

-Oh, salut rosbeef ! ça fait un bail. Et il encaissa un coup de poing dans le visage qui lui fit tourner la tête. Fuck !

Et le combat se poursuivit sous leurs yeux ahuris. Spike enchaînait uppercut, coup de pieds, coups de poings. Il virevoltait dans tous les sens, son long manteau noir faisant de même. Un gros crac retentit, et Spike relâcha la tête du démon cochon en grimaçant, avant de se tourner vers le trio.

-Spike !

-Quoi ? C'est vous qui menez des enfants là où ça craint ! Vous ne m'aviez pas dit d'ailleurs que vous étiez père ! Il est bien gras.

-Je ne vous permet pas ! S'écria Pétunia, la voix haut-perchée et l'air furibond.

- Oh, pardon madame Giles. Et Spike inclina légèrement du chef.

-Quoi ? Non, je ne suis pas. Nous… Pétunia bafouilla, soudainement un peu rose. Elle aurait menti en disant que Rupert ne lui avait jamais plu, mais c'était de l'histoire ancienne. Elle n'était plus une adolescente perdue, elle avait un mari - violent, alcoolique et franchement peu attirant, ni gentil… - Et un fils. Un fils tellement surchargé en énergie démoniaque qu'il avait attiré toutes sortes de monstres.

-Nous ne sommes pas ensemble, Spike. Assura Giles en abaissant la barrière d'énergie. Mais il avait un petit sourire en coin. Content de te savoir en vie.

-En chair et en os. Toujours vampire, bien sûr, mais ça c'est la meilleure partie !

-Vampire ? S'inquiéta brusquement la blonde en reculant, tirant Dudley avec elle.

Giles soupira, retirant ses lunettes avant de les essuyer avec un carré de soie.

-Spike est en effet un vampire, avec un petit plus…

-J'ai une âme, pour vous servir, madame ! Le blond offrit une révérence moqueuse, avant de se redresser. Je vous emmène quelque part ?

- Poudlard, nous avons besoin des talents d'une sorcière pour aider Dudley.

-Piggy a besoin d'aide ? Je pensais qu'il dormait ! Se moqua le blond.

- à ta place, je ne me moquerais pas de cet enfant, son père t'as déjà mis KO à plusieurs reprises, si je ne m'abuse.

-Ah oui ? Le vampire leva un sourcil amusé.

-Ethan Rayne. Cette fois, Spike toussa.

-Ce type s'est… Il a… Mais qu'aviez-vous à l'esprit madame ?! Il y a mille fois mieux ! Cette fois, Pétunia en eut marre.

-Je ne vous ais pas sonné, ni l'un ni l'autre. Mes histoires d'amours ne regardent que moi, et si j'en crois ce que je vois, l'un de vous est un vampire, donc question choix, je pense que vous pouvez regarder vos actes avant de juger les miens. Gronda-t-elle vers Spike, avant de se tourner vers son ami d'enfance. Et toi, Rupert, tu as littéralement abandonné tes amis pour tes actes illicites de magie noire, alors ça suffit. Le prochain qui critique encore une fois mon fils, je lui fais récurer les toilettes à la brosse à dent !

Les deux hommes se regardèrent de concert, presque outré de s'être fait reprendre ainsi par une femelle aussi vindicative. Une mère, en fait. Et aucun n'était habitué. Le vampire se racla la gorge avant de reprendre la parole, ignorant désormais la blonde et son garçon.

-Je peux vous faire faire un bout de chemin, mais pas tout, j'ai quelques… problèmes avec les sorciers. Tenta-t-il.

-Et je dis à Buffy que tu es venu, nous as sauvé, et est reparti sur ton cheval blanc dans le soleil couchant ? Se moqua Giles. Spike grimaça brièvement.

-Déjà, c'est un 4x4, et il m'a couté une fortune, d'ailleurs il y a du sang dessus, et il est tout cabossé. L'observateur roula des yeux. Et je préfèrerai éviter… Enfin, qu'elle sache… Pour l'instant. Autant lui dire moi-même, je crois. Le plus tard possible.

Giles posa ses yeux gris sur le vampire, le jaugeant un instant. Il savait ce qu'il s'était passé au-dessus de la bouche des enfers. Buffy avait craché le morceau à Alex qui était ensuite venu lui en parler. Elle s'était déclarée et il avait refusé d'y croire, tout en donnant sa vie pour eux tous. Peut-être, finalement, les sentiments de Buffy s'étaient-ils frayé un chemin dans le cerveau emmêlé de cette anomalie chez les vampires. Et il avait tout simplement peur de s'y confronter.

-Bien. Emmène nous aussi proche que possible de l'école, on se débrouillera ensuite.

-Je vais préparer quelques affaires, ça ne vous dérange peut-être pas de bouger avec les vêtements immondes que vous avez sur le dos, mais moi, je suis quelqu'un de civilisé ! Clama Pétunia, en laissant son fils sur un reste de fauteuil pour qu'il se repose.

Une fois encore, les deux hommes se regardèrent, perdus devant tant de violence.

-Vous vous êtes connus comment ? Demanda Spike, légèrement curieux.

-Amis d'enfance.

-Oh. Je comprends mieux. Je suppose que si ce psychopathe a croisé son chemin c'est aussi à cause de vous.

-Je peux savoir d'où tu tiens ces affirmations ?

-Je vous connais. Et vous ne vous laisseriez jamais insulter de la sorte, rosbeef. À moins que vous vous sentiez coupable pour quelque chose. Un soupir lui répondit.

- Des fois je me demande vraiment d'où tu sors…

-Merci Giles. Bon. On porte Piggy dans la voiture ? Vu le poids, faut au moins être deux.

-Parle plus bas si tu ne veux pas finir la tête dans les toilettes, crois-moi, elle en est parfaitement capable.

oOoOoOo

Sirius Black était le premier à avoir reçu des soins de la part de Willow.

Depuis, il attendait, menotté sur une chaise en bois. Oui, menotté, car Andrew n'avait pas pensé à relancer un sortilège pour le lier à la chaise, ou le bloquer. Du coup, c'était Alex qui s'était chargé de son cas avec les moyens du bord. Et parmi ses affaires se trouvaient de vieilles menottes, bien que solides, et dont il avait tristement perdu la clef après avoir joué avec une seconde pour frimer devant Dawn.

Ainsi, le prisonnier en cavale fixait ses geôliers avec attention. Il ne les connaissait pas, ni les uns ni les autres. Il avait eu un choc, déjà en voyant Shiezka, puis Willow. C'était comme voir Lily sur deux tranches d'âge. Et à présent, il fixait un à un les gens présents. La jeune fille aux cheveux châtain, et habillée comme une strip-teaseuse était assise sur le dossier du canapé turquoise, et veillait sur la plus jeune des deux rousses. Elle avait mis un gant humide sur son front.

Ensuite, il y avait ce brun borgne, vêtu d'une côte de maille, qui faisait le con à table, en buvant ce qui ressemblait à une bière. Il avait déjà râlé après que ce dernier eut perdu les clefs des menottes qui le retenaient sur place. Un blond maigrichon se trouvait dans un coin, prés d'une ouverture qui semblait mener à la cuisine de cet endroit bizarre. Le bâton à grelots qu'il gardait sous le coude lui semblait être un jouet moldu pour imiter Merlin, mais le groupe hétéroclite lui posait problème alors il préférait éviter de se moquer.

Servilus était sur un fauteuil, à l'autre bout de la pièce, et la grande rousse laissait échapper une étrange brume dorée de sa main qui semblait guérir ce dernier. Une magie sans baguette de cette envergure était effrayante. Incroyable, mais effrayante. Sirius n'avait pas assisté à l'altercation entre les deux sœurs, et heureusement pour lui. Il n'avait d'ailleurs que peu de souvenir sur le comment il s'était retrouvé ici. Le coup à la tête lui ayant momentanément fait perdre le fil.

Et puis, il y avait cette blonde aux yeux noisette vraiment magnifiques qui le fixait hélas, comme s'il était un repris de justice cannibale. Certes, il était un repris de justice, mais il était innocent ! Ciel, elle venait de s'installer à l'envers sur une autre chaise, et ça dévoilait très légèrement son décolleté sous sa chemise bleu pastel. Sirius n'avait pas vu une femme aussi belle, et d'aussi près, depuis plus de dix ans, et la tueuse était littéralement en train de l'assassiner du regard.

Quel malheur ! Pensa-t-il.

- Sirius Black…

-C'est moi… Minauda le sorcier. Et vous ? Je n'ai pas eu la chance de connaître votre nom.

-C'est moi qui pose les questions ici. La baffe qu'il prit lui retourna la tête. Tiens, elle avait du mordant, elle lui plaisait beaucoup !

-Hey, ne l'amoche pas trop, j'y ai passé un moment tout de même… Demanda la grande rousse, toujours en train de travailler. La blonde s'excusa, et retourna son attention vers lui.

-Alors, Black. Vous comptiez vous en prendre à mon protégé ?

-Votre protégé ? Je ne sais même pas qui vous êtes, alors votre protégé !

-C'est ça, je suis le père noël, ça ne se voit pas ? Parlez !

Soudain, Dawn apparut tout près de la chaise. Très prés. Et elle attrapa le menton du prisonnier pour lui mettre la tête en arrière et lui fourrer un flacon dans la bouche. Ce dernier fut forcé par l'adolescente, de boire le contenu du flacon en entier.

-Qu'est-ce que tu lui as donné ? demanda Buffy à sa cadette.

-Véritasérum. Ça sera plus rapide je pense. Et pose des questions claires.

-Ok. Si seulement tu étais aussi douée en cuisine qu'en potion… La châtaine lui tira la langue.

Et l'interrogatoire reprit. Cette fois, Severus était assez remit, pour y assister pleinement, sans fixer avec circonspection, la rouquine qui le soignait bien plus vite que Pomfresh ne l'aurait jamais fait.

-Votre nom ? Demanda Buffy, en constatant que le prisonnier avait penché la tête en avant, hagard.

- Sirius Orion Black. Répondit la voix monocorde.

- ça a l'air de marcher, on dirait ! Elle reprit alors, avec plus de sérieux.

- Votre date de naissance ?

- 3 Novembre 1959…

Dans la tête de Buffy, le raisonnement comme quoi ça tombait à peine deux jours plus tard se fit. Elle se tourna vers Andrew, qui avait sous les yeux une rubrique d'information au sujet de l'homme qu'ils avaient capturé. Et le blond hocha la tête pour confirmer les propos de Black.

- Etiez vous à Azkaban ces dernières années ?

- Oui.

- Pourquoi ?

C'était le moment de vérité.

- Parce que j'ai fait confiance à un ami qui n'en était pas un.

- On va faire plus rapide. Gronda le potioniste en se relevant.

Bien qu'il boite un peu, il fit face à Black. Il repensait à tout ce qu'il s'était passé durant leur jeunesse, toutes les humiliations, les attaques, la tentative d'assassinat en le guidant jusqu'au loup-garou. Il avait une dette qui resterait impayée envers Potter à cause de lui.

- Que s'est-il passé la nuit d'Halloween 1981 ?

-Lorsque je me suis rendu compte que je pouvais de nouveau dire l'adresse de James et Lily, j'ai compris que Peter était le traître. Alors j'ai transplané à plusieurs reprises pour essayer de le retrouver, mais arrivé chez les moldus, il m'a accusé d'avoir trahis James et Lily, je me suis énervé et…

-Un instant ! Le coupa brusquement Severus. Désormais bien pâle. Qui était le gardien du secret ?

- Peter Pettigrew.

- C'est qui celui-là ? Le scooby-gang n'en savait rien. Mais comme le professeur de potion poursuivait l'interrogatoire, ils laissèrent faire.

-Pourquoi c'était Pettigrew ?

- C'était mon idée. Je pensais que j'étais trop évident, alors naturellement les mangemorts viendraient me pourchasser, et si Pettigrew était le vrai gardien du secret, il serait tranquille pendant que je faisais diversion.

- Pourquoi avoir dit aux aurors que tu étais responsable le soir de ton arrestation ?

- Parce que sans mon changement de dernière minute, James et Lily seraient en vie.

Severus jura. Black n'avait pas eu de procès, trop compliqué, trop évident, vu qu'il avait ricané comme un malade le soir de son arrestation. Il fallait qu'il comprenne ce qu'il s'était réellement passé, désormais.

- Avez-vous tué Peter Pettigrew pour avoir trahi vos amis ?

Et là. La bombe que lâcha le prisonnier laissa un gros blanc.

-Je n'ai pas tué ce sale traitre. Il s'est coupé un doigt avant de faire exploser l'avenue avec un bombarda. Ensuite, il s'est transformé en rat pour partir.

- En rat ? Cet idiot est un animagus aussi ? Le oui du brun lui laissa un goût de cendre en bouche.

Ça voulait dire que Black était innocent et moisissait depuis des années à Azkaban, pendant que le véritable traitre courait toujours. Une minute. Pourquoi ne s'enfuir que maintenant, alors ? C'est ce que le borgne demanda. Et la réponse ne tarda pas.

- Parce que j'ai vu le rat sur une photographie dans la gazette. Il était dans les mains d'un garçon dont la famille avait gagné au loto et était parti pour l'Egypte.

- Putain de merde.

- Shiezka langage ! Répondit brusquement Willow en voyant sa cadette se relever.

Elle était un peu verte, épuisée magiquement, mais bien consciente, et elle venait d'entendre une partie du récit.

-Le rat, c'est croutard. C'est le rat de Ron !

-Putain de merde ! Jura cette fois Willow.

- Et comment on fait pour chopper un rat ? surtout qu'il a dû assister à tout le bordel de ce soir. Alex croisa les bras en se rapprochant du prisonnier.

- On ne peut pas l'invoquer, ça ne marche qu'avec les vrais animaux. Avoua la rouquine qui s'était ressaisie.

-Giles aurait été bien pratique pour réfléchir…

- Moi je peux essayer ?

Tout le monde se tourna vers la voix. Andrew, avec son bâton, haussa les épaules.

-Tu veux essayer de trouver un sorcier qui se transforme en rat ? Demanda Dawn en levant un sourcil amusé.

- J'ai bien choppé Minnie avec mon filet…

Les adultes se concertèrent, tandis que Sirius reprenait peu à peu contenance, devant le regard noir et douloureux du potioniste. Ce qu'il venait d'apprendre ne lui plaisait pas du tout. Mais alors vraiment pas.

Si Black n'était pas le traitre, il était… Innocent. Donc Potter n'était pas sa cible, Tout était remis en cause. Même s'il appréciait que cet énergumène soit allé à Azkaban après lui avoir fait subir toutes sortes d'horreurs, il n'y était pas allé pour le bon motif. C'est lorsque la porte de son appartement laissa passer Andrew White dans un sens, et Rémus Lupin dans l'autre, qu'il commença à s'énerver.

- Arrêtez d'inviter n'importe quoi dans mes appartements, ce n'est pas une ménagerie !