Année 5012, Bastion d'Epine
''Ou est-il ?'' me dis-je intérieurement.
Je déambule à travers le bastion, cherchant ce maudit dragonnet. Tous se pousse sur mon passage. Je ne cache pas ma colère et elle se lit facilement sur mon visage.
''J'aurais dû le tuer. J'aurais moins de problème qu'à le chercher.''
Il n'y a pas que ça qui me rend colérique. J'ai également subi une blague de mauvais gout et si jamais j'attrape celui qui a osé le faire. Il le regrettera amèrement. Alors que je cherche, on s'adresse à moi.
- Python, tu t'es levé de la mauvaise aile ce matin ? me demande un dragon.
Je l'observe, cherchant le nom de mon interlocuteur. Il doit être un ancien rebaille, mais pas important.
- C'est ton problème, Nevada ? lui assène sèchement.
Lui, de même que celui l'accompagnant son dérangé par ma réponse. Comme si j'avais besoin de me montrer cordial avec les autres. Il se reprend.
- Loin de là de te déranger. Mais que fais-tu à te déplacer ainsi avec une telle colère ?
- Je cherche Qibli.
- Ah, répond-il de manière compréhensive.
Ma petite entrevue avec lui à l'académie de Jade et l'officialisation de mon hybridation ont fait leur chemin.
- Et pourquoi le cherches-tu ?
- Ordre d'Epine, répondis-je toujours avec froideur. Cela ne te concerne pas. Est-ce que toi et ton camarade l'aviez aperçu ?
- Eh bien, non, me répond Nevada.
Seulement, les deux regardent dans la même direction quand il me répond. Je soupire. Au moins, je sais où le chercher maintenant. Je me dirige vers la direction qu'ils ont observé.
- Au fait, dis-je en m'adressant à Nevada et à son ami, quand quelqu'un pose une question sur une personne qu'il cherche, éviter de regarder dans la même direction. A plus.
Je les oublie déjà et j'arrive devant l'une des rares mares que Fournaise à installer. Difficile à quoi elle pouvait penser mais bon. J'observe les alentours, mais aucun dragonnet avec une cicatrice sur le visage de visible.
''Bon, plus qu'un seul lieu à inspecter.''
Je me dirige vers le bassin et j'observe avec attention les différent roseaux et autres nénuphars poussant. Je trouve ce que je cherche.
''Je pourrais le sortir maintenant, mais donnons-lui une petite leçon pour m'avoir fait perdre mon temps à le chercher.''
Je pars quérir ce que j'ai besoin et une fois fait, je reviens vers la marre. A ma grande satisfaction, l'embout qu'il utilise pour respirer est toujours présent. Je dépose l'entonnoir et la cruche contenant de l'eau bouillante. Je pose l'entonnoir et je verse l'eau. Puis, je n'ai plus qu'à attendre.
''Cela ne devrait pas prendre trop de temps.''
En effet. Après plusieurs secondes, un dragonnet sort de l'eau, totalement paniqué.
- C'est bouillant ! crache Qibli, ayant dû en avaler une quantité non négligeable. Tu voulais ma mort ?
- Si je le voulais, c'était mon venin que je t'aurais fait avaler, lui crachais-je avec véhémence.
Il se tut sur le champ. Bien.
- Pourquoi t'être caché ?
- Eh bien, parce que je pensais que c'était en rapport avec cette petite plaisanterie que je t'ai faite, dit-il avec simplicité.
- C'était donc toi ! lui criais-je dessus.
Je vois à son visage que sa langue a bien fourché. Cela se voit sur son visage, mais prononçons le de vive voix.
- Oui, ta langue a encore fourchée. Tu vas me payer cette plaisanterie de mauvais gout Qibli. Mais après. Epine veut nous voir tous les deux. Maintenant !
- Je peux au moins avaler un peu d'eau pour réduire la douleur dans ma gorge ?
- Tu le feras après. Tu bouges ton arrière train maintenant ou je m'en sers de cible pour mes kunai.
- Tu n'oserais pas, dit-il avec assurance.
- Vraiment ? dis-je en sortant un et en visant non pas son arrière train mais sa tête. Si tu veux, je peux terminer ce que j'ai commencé à l'académie de Jade, c'est-à-dire te tuer. Toujours envie de fanfaronner ?
Je vois son visage blêmir. Il prend littéralement la poudre d'escampette.
- Ce qu'il ne faut pas faire pour être écouté. Hâtons-nous. Ne faisons pas attendre plus longtemps Epine.
Salle de la reine Epine
Epine observe les deux dragons qu'elle vient de convoquer.
- Pourquoi avoir mis aussi longtemps à venir ? questionne-t-elle.
- Parce qu'un certain dragonnet a voulu jouer à l'aile de pluie, répondis-je en ne cachant aucunement mon animosité envers Qibli.
- Je vois. Du moment que vous êtes tous les deux-là, c'est le plus important.
- De quoi retourne cette convocation, Epine demande Qibli.
- Lisez ceci, dit-elle simplement.
Elle nous tend un parchemin que j'attrape pour lire son contenu.
''Cette missive est adressée à la reine des Ailes de Sables. J'ordonne, moi, Avalanche, reine des Ailes de Glace que vous libériez sur le champ la dragonne Krystal, fille du Général Iceberg. Sous quoi, nous engagerons une guerre entre nos deux clans si elle ne nous ait pas rendu dans les deux jours.''
Je le relis pour m'assurer qu'il ne s'agit pas d'une fausse, la teneur du message semble bien étrange. Une fois fait, je le passe à Qibli.
- Je suppose que nous n'avons aucune dragonne répondant au nom de Krystal et qui soit une aile de glace ?
- Tu as raison.
- Comment peut-on savoir qu'il ne s'agit pas d'un faux ? lui demandais-je.
- Car le porteur du message n'était nul autre que le père de la disparue.
- Je vois. Cela écarte toutes mauvaises farces. Donc, il ne reste plus vraiment d'option.
- C'est mon grand-père qui est derrière tout ça, annonce Qibli.
Je ne peux m'empêcher de soupirer.
- Epine, je commence déjà à regretter de l'avoir épargné, dis-je avec lassitude.
- Ce qui est fait est fait, Python. Maintenant nous devons faire avec. J'ignore ce qui pousse Vautour à agir ainsi. Il n'a pas vraiment grand-chose à gagner. Je doute qu'il puisse vendre son groupe à la reine Avalanche.
- Qu'importe. Je suppose que tu veux que nous allions au Repaire du Scorpion pour aller délivrer cette dragonne. Je le suppose car c'est le seul endroit où Vautour la gardera en toute sécurité.
- Tu as un esprit tout aussi vif que Qibli, me félicite Epine. Bref, comme tu l'as déjà annoncé, vous y aller et la ramener entière.
- Très bien. Cependant, m'envoyer seul serait plus efficace.
- Eh oh ! se plaint Qibli. Sache que j'ai déjà infiltré le repaire de mon grand-père ! Mon aide te sera utile.
Je reste silencieux un moment avant d'acquiescer. Je me tourne vers Epine.
- Epine, ce n'est guère grave si je ne ramène pas ce dragonnet en vie ? dis-je en faisant allusion à Qibli.
Je vois Qibli commencer à paniquer.
- Non. Il revient en vie.
- Alors à moitié en vie ou avec des membres en moins ? continuais-je sur ma lancer, m'amusant intérieurement de voir Qibli trembler.
- Non ! s'exprime de vive voix Epine. Qibli revient en vie, intact. Il ne doit lui manquer aucunes écailles. Suis-je clair, Python ?
- Bien, sauf que cela ne dépend pas de moi, mais de lui ! criais-je en m'adressant à ce dernier.
Il fait un joli bond de stupeur. Il essaie tant bien que mal à reprendre une attitude sereine.
- Si tu as fini de nous expliquer la nature de notre mission, je pars me préparer. Qibli, tu as intérêt à être prêt le plus rapidement possible ou gare.
- Qu'ai-je dit, Python ?
- Tu n'as rien dit sur les menaces orales, Epine, la corrigeais-je.
- Tu as raison.
Les choses étant clair, je pars sans autre forme de procès.
Qibli tremble toujours. Il est inquiet pour sa vie.
- Epine, tu es sûr de toi ?
- Ne t'inquiète pas Qibli. Il ne t'arrivera rien.
- Je…Je l'espère…s'exprime-t-il avec une voix tremblante.
- Oh, avant de partir Qibli, s'adresse Epine, se rappelant d'une chose, le général Iceberg est notre invité jusqu'à votre retour. Donc si tu viens à le rencontrer, fait bonne figure.
- Ce n'était pas à moi de le dire Epine, mais à Python. Qui sait ce qu'il va lui dire si jamais il le voit ?
- J'ai confiance que Python ne fera pas de grabuge. Je te conseillerais de te préparer vivement avant que les menaces orales de Pythons ne deviennent plus concrètes.
- Je croyais qu'il ne devait pas me blesser ? s'indigne Qibli.
- Disons qu'il peut faire certaines choses sans pour autant te blesser. Bonne chance, dit-elle avec un large sourire.
Mais pour Qibli, ce n'est pas la joie qui l'habite. Il finit par partir, ne voulant pas subir une remontrance de Python. Également quérir de l'eau pour soigner sa brûlure.
J'inspecte mon matériel.
''Voyons de quoi aurais-je besoin pour cette mission ?''
Je prends mes fidèles kunai, de même que quelques aiguilles. Je prends également mon câble. Cela peut toujours servir. Une fois mes deux pochettes préparées, je me prépare à partir quand un de mes outils passe dans mon champ de vision.
''Hm…Prenons en deux. Cela peut toujours être utile.''
Je pars, maintenant prêt. Je vais au lieu du départ. Sur le trajet je croise Six-griffes qui est avec un dragon. Un aile de glace.
''Je suppose le Général Iceberg, étant donné que c'est lui qui a donné la missive à Epine.''
Ils semblent discuter jusqu'à ce que Six-griffes me remarque. Il semblerait même qu'ils m'attendaient.
- Déjà prêt Python ? s'étonne Six-griffes.
- Quand on veut être efficace et rapide, savoir se préparer est une condition obligatoire. Mon père me l'a répété souvent, répondis-je avec froideur.
Six-griffes ne dit mot. Notre ''relation'' s'est amélioré depuis cette histoire. Tant mieux, il me cassera moins les écailles.
- Qibli n'est pas encore là ?
- Non. Il soigne une brûlure dans la gorge. Il n'a pas souhaité expliquer pourquoi.
- Hmpf, répondis-je neutrement.
- Ainsi donc c'est toi avec ton camarade qui vont me ramener ma fille ? s'adresse l'aile de glace.
- Général Iceberg, je suppose ?
- C'est exact. Même si mon nom et mon titre peuvent paraitre imposant, je reste un père inquiet pour son enfant. Je ne peux rester de glace et mon cœur est aussi brûlant que le sable.
Je le dévisage. C'est bien la première fois que je vois un Aile de Glace faire de l'humour sur son affiliation. Je soupire devant cet humour des plus ringards. Je remarque que Six-griffes me darde du regard.
- Six-griffes, je n'ai pas envie de jouer avec toi.
- Tu pourrais au moins montrer un peu plus de respect. Le général Iceberg représente sa reine.
- Et ? Comme il l'a lui-même souligné, son titre importe peu. Il est présent en tant que père.
Six-griffes allait répondre qu'Iceberg lui fait signe de ne pas répondre.
- J'ai l'habitude que les miens me regarde de travers. Je ne fais pas assez Aile de Glace selon eux. Je laisse leur remarque glisser sur mes écailles givrées.
- Heureusement que vous n'êtes pas avec nous, soulignais-je. Je dois déjà supporter un arrogant et pédant dragonnet ce qui n'est pas une sinécure.
- C'est de moi que tu parles ? demande Qibli.
- De qui d'autre pourrais-je faire allusion ? Sinon, tu as fini de faire l'enfant et d'être prêt à partir ?
- Je te signale que c'est à cause de toi que…humpf !
Je lui cloue le bec en fermant sa gueule bien trop bavarde.
- J'apprécierais que tu utilises ton énergie à faire autre chose que parler. Maintenant que tu es là on peut partir.
Je libère sa gueule non sans qu'il me darde du regard comme Six-griffes. Il acquiesce et nous nous envolons sans d'autres procès.
Six-griffes et Iceberg regardent le duo partir au loin.
- Votre ami est assez singulier, admet l'aile de glace.
- Python est unique, outre le fait qu'il soit un hybride, explique Six-griffes. Je vous accompagne à votre chambre.
- C'est inutile. J'y suis déjà aller et je saurais me guider. Je n'ai pas une cervelle d'oie des neiges.
- Soit. Comme vous le voudrez. Nous vous préviendrons quand ils seront de retour.
- Très bien. Sinon, j'ai l'impression que votre Python est un aile de glace avec une apparence d'aile de sable.
L'aile de glace s'envole et Six-griffes rejoint Epine pour lui faire part de leur départ.
- Je vois. Maintenant plus qu'à attendre leur retour.
- Epine, je me demande si c'était une bonne idée d'avoir choisi ces deux-là pour cette mission.
- J'ai fait la morale à Python pour que Qibli nous reviennent intact. D'autre part, comme Qibli la souligné, il s'est déjà infiltré dans le palais. C'est un atout indéniable. Et qui de mieux que Python pour l'utiliser à son maximum ? N'aurais-tu pas confiance en eux ?
- Aucunement Epine. J'accorde toute ma confiance à Python depuis l'histoire avec la reine Gloria. C'est juste que j'aimerais revoir le Python d'avant. Il poserait moins de problème. Même le Général Iceberg a souligné son comportement. Il a un cœur de glace.
- On n'y peut rien, Six-griffes, admet Epine. Son cœur de glace, il l'a depuis la mort de ses parents. Il a commencé à fondre depuis cette histoire. Mais en vérité, il n'y a qu'un seul moyen pour qu'il fonde complétement. Cela a fonctionné avec son père. Python doit trouver sa deuxième moitié.
- Difficile de dire si un mâle ou une femelle pourrait le supporter.
- Seul l'avenir nous le dira Six-griffes.
Nous volons depuis plusieurs heures. Ni moi et encore moins Qibli n'échangeons le moindre mot. Le seul bruit que l'on entend est le bruit de battement de nos ailes. Le soleil commence à descendre et je fais signe à Qibli de me suivre. Nous nous posons sur un oasis. Le soleil continu de décliner lentement pour laisser place à la nuit et à ses trois lunes. Nous faisons un rapide feu de camp pour nous réchauffer.
- Un mot à dire sur la mission ? lui posais-je la question.
- Oui. Tu peux arrêter de me prendre de haut ? réplique Qibli avec agressivité. Je ne suis pas mon grand-père et même lui ne veut plus de moi.
- Ecoute moi bien Qibli. On n'a pas la meilleur des relations et cela tu les dois à ton grand-père alors tu écoutes sans me rétorquer. Je me fais bien comprendre ? lui dis-je clairement.
Je pense que j'ai dû changer de couleur au vu de son regard apeuré.
- Il va falloir vraiment que tu apprennes la patience et la maitrise de soi si tu veux rester entier dans cette mission.
- Facile à dire ! s'indigne-t-il. Tu passes tout ton temps à me descendre et à me faire des piques à la moindre occasion. Difficile de garder ses émotions.
- Ton impatience est justement dû au fait que jamais quelqu'un te prend pour ce que tu es vraiment, Qibli. Malgré toute ton intelligence, tu restes un dragonnet. Tu dois apprendre à faire fi des remarques des autres. Laisse-les parler.
- Je ne suis pas toi, répond le dragonnet. Je n'ai pas cloisonné toutes mes émotions pour être juste être aussi froid qu'un aile de glace. Même Winter est plus loquace que toi.
- Si cela peut te soulager, j'étais comme toi avant et c'est mon père qui m'a appris à rester imperméable aux comportements des autres.
- Comment a-t-il fait ?
- Comme ça ! dis-je avec amusement.
Qibli se retrouve suspendu la tête en bas, sa queue attaché contre un palmier. J'ai par ailleurs ligoté ses pattes et ailes. Je n'ai pas ailleurs pas oublié sa bouche toujours avide de l'ouvrir. Il me fusille du regard.
- Voilà ce que je subissais si je perdais mon contrôle de soi. Réfléchit-y. Tu auras toute la nuit pour réfléchir. Dors bien, lui dis-je avec un gros sourire satisfait.
Je me couche sur le sable, n'oubliant pas de me recouvrir partiellement et de prendre la couleur de ce dernier. Je dors comme un véritable dragonnet.
Les premiers rayons de soleil tapent sur mes écailles. Je me réveille lentement, mes sens aux aguets. J'observe les alentours. Mise à part un dragonnet toujours suspendu, aucun autre dragon dans les parages. Je quitte mon lit improvisé et m'avance vers Qibli. Malgré la position, il est parvenu à s'endormir.
''Donnons-lui un réveil des plus percutant.''
Je le décroche et il tombe lamentablement au sol. Il semble avaler du sable avec ses narines avant de se réveiller.
- Bon réveil Qibli, dis-je en lui libérant ses membres. Alors, bien dormi ?
Ma question semble l'irriter au plus haut point. Mais chose que je remarque, il se contrôle. Bien, il apprend vite. Il expulse le sable loger dans ses narines et fait craquer ses membres engourdis.
- Je comprends mieux pourquoi tu le fais. Je n'aimerais pas le subir tous les jours. Donc, as-tu une idée pour infiltrer le palais de mon grand-père ?
- Oui. J'en ai une. Mais d'abord, un peu de peinture.
- Pardon ? s'étonne-t-il.
Je le plaque sur le sol. Je sors de ma sacoche des ingrédients préalablement pris pour cette raison. Je commence à faire changer de couleur Qibli. Il reste calme tandis que je le change de couleur. Une fois le travail fait, je lui montre le résultat.
- C'est vraiment moi ? s'étonne le dragonnet. Je ne vois plus ma cicatrice. Mais tu aurais pu choisir une couleur un peu moins foncé.
Je n'écoute pas ses plaintes. Je change également la couleur de mes écailles. Je passe à du blond pour mes écailles sur le corps et à du blé sur les membranes de mes ailes. Bien évidemment, je camoufle à nouveau mes aigrettes. Concernant Qibli, j'ai fait disparaitre sa cicatrice et ses écailles de rousseurs. Il est de couleur ambré sur tout le corps. Certaines parties sont plus foncées que les autres.
- J'espère que tu n'avais pas idée de retourné au Repaire tel quel ? Ton grand-père et tes frères et sœurs te reconnaitront sur le champ.
- Je sais, mais je ne savais pas que tu savais faire ça. Encore quelque chose de ton père ?
- Exact. Maintenant, autre point important, nos noms. Oublie Python et Qibli. Nous nous nommons Chacal et Arrakis. Je suis Chacal et toi Arrakis. Des questions ?
- Oui. Pourquoi je ne peux pas choisir mon nom ?
- Parce que je suis le chef. Une autre question idiote ?
Qibli se renfrogne et nous nous envolons en direction du repaire du scorpion.
Repaire du scorpion.
Il n'a guère changé. Il est redevenu ce qu'il était. Vautour a toujours autant la main mise depuis le couronnement d'Epine.''
Aucun dragon n'a daigné nous regardais quand nous sommes arrivés. Malgré tout, le risque zéro n'existe pas. Et ne perdons pas de temps. La reine Avalanche semble n'être pas du genre à patienter.
- Suis-moi Arrakis, dis-je à Qibli.
Nous arrivons à une taverne. Un lieu que Vautour et les siens doivent utiliser pour recruter les ignorants et les perdus après plusieurs verres d'alcools. Je m'approche du bar. Le serveur a une cicatrice lézardant son visage et il lui manque une oreille. Il nous observe scrupuleusement.
- Z'êtes pas du coin, me dit-il avec amerté. J'ai jamais vu vos sales têtes dans le repaire et j'ai bonne mémoire.
- C'est normal. Nous venons d'y poser nos serres, mon camarade et moi, lui répondis-je avec froideur.
- Qu'est-ce qui vous amène ici ? Des soucis avec la nouvelle reine ?
- Ouais, c'est ça. On a tué notre supérieur car ils nous cassaient trop le crâne. Et d'autres qui ont essayé de nous retenir.
- Je vois, dit le barman avec intérêt. Vous cherchez du travail.
- On va voir. Pour l'instant on va préférer se faire petit. Il doit y avoir des dragons de la reine observant le repaire.
- Hm classique, répond le barman. C'est quoi vos noms ?
- Moi, c'est Chacal et lui c'est Arrakis. Faite attention, son arme la plus fatale est sa langue.
- Peuh ! lâche Arrakis. Dis-ça aux trois dragons que j'ai occis avec mes serres. C'était tellement excitant.
Arrakis rigole avec amusement tout en expliquant ses fait d'armes.
''Oui, comme je l'ai dit, son arme la plus puissante est sa langue bien bavarde.''
Je commande à boire et on se pose.
- Tu fais du bon travail Arrakis.
- Lâche-moi Chacal ! Sinon, j'ai observé deux membres des serres du pouvoir. On semble avoir piquer leur intérêt.
- C'est facile. Tout aile de sable contre Epine est un nouveau dragon chez eux. Maintenant buvons tranquillement.
J'empoigne mon verre et boit l'alcool. Je sens ses effets venir.
''Heureusement que papa m'a appris à tenir l'alcool. Seulement, ce n'était pas du tout apprécié par maman.''
Alors que je profite de la boisson, Arrakis l'observe avec appréhension.
- Bois-là idiot. Elle ne va pas te manger.
- Ce n'est pas ça Chacal mais glurps ! s'exclame Arrakis.
Je lui fais avaler de force l'alcool. Une fois le verre bu, il devient un peu plus jovial.
''Je vois ce qu'il voulait dire. Il semble ne pas supporter l'alcool. Hm…Utilisons ça à notre avantage.''
Je commande d'autres verres et je lui fais boire un deuxième pour m'assurer qu'il soit bien ivre. Il a déjà des hoquets et ne tient presque plus debout. Passons à la suite du plan.
- Je vais voir si l'on peut se trouver un petit coin pour dormir, Arrakis. Ne bouge surtout pas.
- Je…ne vais…hip…bouger d'une serre…hip ! me répond-il totalement saoulé.
Je ne réponds pas et part. Puis je me cache. Je n'ai guère à attendre longtemps. Les deux sbires de Vautour sont déjà sur lui. Cela doit être des recruteurs. Arrakis se laisse attendrir et les suit même. Je fais de même en restant le plus silencieux possible. Ils s'arrêtent dans un coin isolé. Je m'approche pour entendre leur conversation.
- Tu vas faire un parfait Serre de Pouvoir.
- Si vous le dite…hic…du moment que je suis loin de…hic…hic…
- Dis, il est drôlement atteint. Et puis ce dragonnet me plait vraiment.
- Soit. Soulage-toi. De toute façon il ne se souviendra de rien au vu de son état.
- Je doute que mon ami apprécierait, dis-je en étant juste derrière eux.
Je percute leur tête l'une contre l'autre comme des cloches. Ils tombent au sol, inconscients.
- J'ai juré à Epine qu'il ne lui arrivera rien et ce genre de chose en fait partie. Qibli, tu vas bien ?
Seulement, il semble être dans ses fantasmes les plus profonds quand je m'approche de lui.
- Lune…hic…ne soit pas…si candide. Tu sais…que tu ne peux…pas résister…hic…à mon superbe sourire.
Je baisse ma garde et Qibli m'attrape l'arrière du crâne pour m'approcher de sa gueule.
- Attend ! Réveille-toi bon sang ! lui criais-je de vive voix.
Seulement, ivre comme il l'est, cela ne lui fait rien.
- N'élève pas la voix Lune…Je veux juste…échanger…hic…notre premier baiser…hic…
Je vais répliquer quand ce dernier fourgue sa langue dans ma gueule. Je suis maintenant obligé de le laisser faire. Une fois le baiser finit, il relâche la pression derrière mon crâne.
- Ta langue semble aussi sèche que celle d'un aile de sable…hic…
Je bouillonne littéralement de rage devant ce qu'il vient de me faire subir.
- Esssspèccce de crétin ! lui hurlais-je dessus.
Je lui donne un magnifique coup sur le crâne qui le met inconscient sur le champ. Il me faut de longues minutes pour reprendre le contrôle de moi-même. A mon avis, mes écailles ont dû changer de couleur, tant ma colère, non ma rage est énorme.
- Cet imbécile vient de me voler le premier baiser. Même si je doute qu'un dragon puisse être attirer par moi. Mais j'ai l'aire fin. Je suis l'unique fautif de cet événement, maugréais-je. Inutile de lui en faire part. Il me narguera pendant au moins une semaine complète. Cependant, je peux laver son affront par un autre moyen, dis-je avec un certain sadisme.
Qibli fini par revenir à lui après plusieurs heures. Il se lève, un peu lent et pataud à reprendre le fonctionnement de son corps.
- J'ai mal à la tête, dit-il en se massant la zone que j'ai frappé.
- Tu as la gueule de bois. C'est normal. Je t'ai préparé un remède contre ce mal.
Je lui tends un récipient contenant ledit remède. Il me dévisage.
- Ce n'est pas du poison. C'est une recette venant de ma mère après que mon père…est disons-le un peu forcé à me saouler pour pouvoir tenir l'alcool. Mais c'est surtout pour que tu arrêtes de te plaindre. Compris ?
Il acquiesce en silence et avale le produit. Je garde en mémoire la tête qu'il tire. C'est du grand art.
- Maintenant on fait quoi ?
- Maintenant on s'infiltre au palais de ton grand-père. Nous avons tout ce qu'il nous faut, dis-je en montrant les deux sbires encore inconscient.
- Waouh. Dire que j'ai raté l'action. Il n'y a aucun risque qu'ils se libèrent ?
- Non. Je me suis assuré que les liens soient les plus solides possibles. Ne perdons pas plus de temps.
Je regarde la cagoule et j'ai un profond dégout juste en l'observant. Pas le choix. Je l'enfile et avec ce que nos deux amis ont donné, nous nous dirigeons vers le palais de Vautour.
