Dans cette longue nuit norvégienne, un cri enfantin résonna. L'accouchement a été réussi, sans aucune encombre. Les sages femmes purent enfin souffler, la venue en leur hôpital d'une grande dame les ayant mises sous pression tout au long de la naissance. Mais désormais, le jeune garçon était là, et en pleine santé. Dans quelques heures, lorsque le soleil sera levé, la famille viendra certainement rendre visite au nouveau né.
Et avant de quitter la salle, l'infirmière nota ces dernières informations sur un papier.
Date et heure de naissance : 25 Mars, 2h22
Prénom de l'enfant : Minos.
- Voici donc le travail que vous aurez à faire. Chacun votre tour, vous irez devant le tableau et direz quel métier vous souhaitez faire lorsque vous serez grand. Vous expliquerez par la suite...
L'enfant cessa d'écouter. Non pas qu'il n'aimait pas l'école, loin de là, il était même studieux. Simplement que son attention était autre part. Vers ces feuilles d'arbres, qui dansaient, volaient au grès du vent. Vers ces nuages aux formes improbables, dont il essayait avec amusement de deviner à quel objet il pouvait les associer.
Toute son attention était sur ce paysage, qu'il voyait pourtant tous les jours, mais qui ne cessait de l'émerveiller. Trouvant à chaque fois, un petit plus à ajouter sur ce merveilleux tableau. Un tableau bien plus beau que celui à craie qui se trouvait devant lui, dénué de toute écriture. Un tableau, qui avait certainement-
‹‹ - Eskilsdotter*, veuillez cesser immédiatement de rêvasser et montez au tableau !
- Excusez moi monsieur, j'y vais de ce pas. ››
Minos se leva rapidement, quelque peu gêné d'avoir été surpris de cette manière là, et rejoint l'endroit demandé.
‹‹ - Et bien donc, jeune homme, épatez nous. Quel profession souhaitez-vous exercer plus tard ? ››
La classe entière se mit à le regarder avec ce regard. Un regard qui se veut impassible, mais qui n'arrive pas à cacher une jalousie certaine, et pour certain même, de la haine. Il soupira. Il avait l'habitude de ces regards. On ne pouvait pas naître dans une famille riche sans en recevoir. Malheureusement pour eux, il allait les décevoir.
‹‹ - Je ne sais pas encore ce que je souhaite faire de ma vie. Je veux simplement faire de mon mieux, et rendre ce monde meilleur. Cependant, une chose est sûre : je ne souhaite pas reprendre l'entreprise familiale. ››
Stupeur et étonnement dans la salle. Malgré tous ces regards, qu'il aurait préféré ne pas voir, il garda la tête haute. Oui, il ne voulait pas faire comme son père, et reprendre les entreprises pétrolières. Oui, il savait qu'il laissait tomber des milliers et des milliers de norsk krone*. Mais il avait la sensation que ce n'était pas ce qu'il devait faire. Qu'il n'était pas destiné à ça. Qu'il pouvait faire quelque chose de beaucoup grand, de beaucoup plus... Noble.
Suite à sa déclaration, il se rassit à sa place, ignorant les autres. Cachant ses yeux avec ses cheveux, pour ne plus avoir à les voir. Ces autres enfants, qui ne faisaient que de le juger à son statut social, et non pas à ce qu'il était réellement. Ces enfants qui ne cessaient de l'embêter. Ces enfants qu'il haïssait au plus haut point.
La cloche finit par annoncer la fin de la journée. Tous les élèves se précipitèrent vers la sortie, heureux de retrouver leurs parents venus les chercher. Minos, lui, s'est également précipité hors de l'établissement, et chercha du regard un visage familier. Qu'il ne trouva pas. Il baissa les yeux. En même temps, pourquoi avait-il pensé qu'il aurait pu en être autrement ? Il savait que ses parents étaient occupés à travailler, qu'ils n'avaient pas le temps pour lui. Ignorant encore une fois les regards et les messes basses, il se mit en route vers sa maison. Avec un peu de chance, il ne croiserait pas grand monde.
Ce n'est pas qu'il était associable. La compagnie des autres ne l'avait jamais vraiment dérangé. Mais ces derniers temps, il se sentait... Étrange ? Il n'arrivait pas à trouver de mots pour définir ça. Les absences continues de ses parents le faisaient de moins en moins souffrir, bien qu'elles lui restaient au travers de la gorge. Il supportait de moins en moins les humains, tellement qu'il passait désormais ses récréations enfermé dans les toilettes pour ne croiser personne. Et il avait cette sensation, qui lui disait qu'il n'était pas au bon endroit. Que là, maintenant, il devrait être autre part. Qu'au lieu d'ouvrir cette porte, il devrait partir.
Mais il ne comprenait pas pourquoi.
‹‹ - God kveld*, je suis rentré. Il y a quelqu'un ? ››
Aucune réponse. Évidemment. Par précaution, il vérifia tout de même les pièces de vie. Vide. Et ce n'est que lorsqu'il monta à l'étage, au niveau des chambres, qu'il reçu une réponse.
‹‹ - Oh, Minos, min kjære, comment s'est passé ta journée ?
- Bonsoir, mamma. Comme d'habitude, j'ai réussi tous les exercices et je suis rentré sans problème.
- Tu m'excuseras de ne pas avoir pu venir te chercher, mon chéri. Tu sais qu'avec ton père-
- Vous êtes très occupés. Je sais. Je vais dans ma chambre. ››
Et il s'exécuta. Pourquoi en faire toute une histoire ? Ce n'était pas non plus la première fois que cela arrivait.
Épuisé, il s'allongea sur son lit. Trop grand. Beaucoup trop grand pour le seul petit garçon qu'il était.
Trop froid. Beaucoup trop froid pour y trouver un quelconque réconfort.
Le matelas trop mou. Les draps trop impersonnels, tout comme le reste de sa chambre. À première vue, personne ne se douterait qu'il s'agit de la chambre d'un jeune garçon.
Il eut un rictus. Au moins, il n'aura pas à changer la déco lorsqu'il sera plus grand. Il devra peut être juste enlever cette seule et unique photo, reposant sur son bureau. Un cliché de lui et de ses parents, à sa naissance. Le seul qu'ils avaient fait.
Le sommeil commença à le prendre. Cela faisait maintenant trois jours, heure pour heure, qu'il n'avait pas vu son père. ‹‹Très occupé ››. Il soupira. Bientôt, cela sera son anniversaire. Il espérait qu'au moins, il pourra être là. Même s'il était persuadé que son propre géniteur ne savait même pas quel âge il allait avoir...
Il arrêta de penser. Il ne voulait plus penser. Il se laissa aller au sommeil, qui l'attendait. Il ne voulait plus penser à la réalité. Il voulait rêver.
‹‹ - Comment ça, l'instituteur n'est pas là ? ››
L'enfant s'arrêta, voyant la foule devant le grand portail de l'école.
‹‹ - Nous sommes navrés, mais il a eu un empêchement aujourd'hui... Écoutez, si vous voulez garder vos enfants pour la journée, vous le pouvez, sinon nous pouvons les prendre et les mettre dans les classes inférieures, mais nous ne pouvons pas faire mieux, excusez nous. ››
Cris de joie de la part des élèves. Soupir général chez les parents.
Et hésitement chez Minos. Que devait-il faire ? Rentrer chez lui...? Aller à l'école...?
Il regarda autour de lui. La foule avait déjà quasiment disparue. Et les quelques enfants encore présents, les malchanceux devant restés ici, se préparaient déjà à rentrer.
C'est alors qu'il croisa le regard d'un d'entre eux. Un regard qui, était plein de joie et de malice face à son ami. Qui est désormais empli de haine et de jalousie face à son camarade.
Minos ne réfléchit pas plus. Pourquoi s'infliger une journée en présence de gens qui ne souhaitent pas sa présence ? Il tourna les talons, mais non pas vers sa maison. Puisque ses parents étaient persuadés qu'il était à l'école, et que l'école était persuadée qu'il était chez lui... Il pouvait faire ce qu'il voulait ! Et c'est ainsi qu'il se dirigea vers la ville voisine, Loen*, qu'il appréciait particulièrement. Du moins, il appréciait marcher pendant quelques heures au bord de l'Innvikfjorden*, cette étendue d'eau si belle à ses yeux.
Il aimait regarder le vent courir sur cette eau, créant des fines vagues à la surface des flots si clairs. Il prenait plaisir à voir les poissons, les animaux marins, se cacher entre les algues dansantes au grés du courant. Il admirait ces immenses, ces très hautes falaises, se tenant fières et grandes, encadrant ce paysage.
Il s'arrêta quelques temps près de cette eau qui l'émerveillait. Après tout, il avait le temps. Il posa ses affaires sur la rive, et s'approcha de la flotte, s'amusant à faire fuir les petits poissons, appréciant les quelques courageux qui restaient malgré tout près de lui.
Mais alors, il entendit un son derrière lui. Un son lourd. Des bruits de pas. Il se retourna instantanément, tous ses sens en alerte. Quelque chose n'allait pas. Il le sentait. Il balaya la zone du regard, et trouva la source de ce bruit : un humain, visiblement un homme, sur la route, accompagné de sa grande voiture, à l'arrêt.
Minos ne fut pas pour autant rassuré. Il se précipita auprès de son sac, sans lâcher des yeux l'homme. Pourtant, il ne se passait rien. Il attendit quelques minutes, mais la voiture ne bougeait toujours pas.
Désormais un peu calmé, l'enfant se mit à réfléchir. Peut être que l'adulte avait simplement un problème ? Mais pourquoi avait-il autant paniqué, si ce n'était que cela ? Minos soupira. Il devait être fatigué, et son instinct en avait pâti. Qu'est-ce-que cet homme, qui n'en avait visiblement rien à faire de lui, pouvait donc lui faire ? D'autant plus que-
Un bruit. Des pas. Derrière lui.
Minos se retourna brusquement. Vit un autre homme. Et n'eut que le temps d'écarquiller les yeux de peur, avant que ce dernier ne l'assomme.
Le plongeant ainsi dans le noir.
Un bruit sourd le réveilla. Un aspirateur ? Pourtant, les femmes de ménage le passaient généralement lorsqu'il était à l'école... École ? Il n'était pas censé...
Minos ouvrit les yeux de stupeur et se releva. Mais retomba aussi tôt, la douleur qu'il ressentait au crâne étant bien trop forte pour qu'il puisse tenir sur ses jambes. Il continua néanmoins à observer. Il faisait noir ici. Et froid. Maintenant qu'il réfléchissait, le bruit semblait plutôt être celui d'un moteur. Il était dans une voiture ? Celle qui s'était arrêté ? Il serra les dents de rage. Il savait que ce n'était pas normal ! Il l'avait senti ! Et il s'était quand même... Il s'était quand même...
L'enfant ramena ses jambes près de lui, et tint sa tête douloureuse. Il s'était quand même fait enlever. Il renifla, essayant de retenir ses pleurs. Sans succès. Il avait peur. Il était effrayé. Qu'allait-il lui arriver ? Que vont-ils lui faire ? Il n'avait rien demandé, il voulait juste...!
Il voulait juste... Voir le joli paysage de son pays...
Il ne savait pas depuis combien de temps il était ici. Peut être une heure, ou deux ? Il se mit à réfléchir. S'il avait de la chance, ils allaient peut être faire une escale à Loen, et il pourra en profiter pour s'enfuir. Il reprit courage. Ce n'était pas encore fini ! Il allait réussir à partir !
C'est sur ce regain de confiance et d'énergie que le petit se releva. Malgré la douleur qu'il pouvait ressentir. Il se mit à faire le tour de l'endroit, touchant les parois, espérant trouver quelque chose. Bingo ! Il venait de découvrir les portières qui permettaient d'ouvrir ce qui devait être le coffre de l'automobile. Il se cacha derrière l'une des portières. S'il avait de la chance, et il pria pour que ce soit le cas, son kidnappeur ouvrira par l'autre portière. Il aura alors le temps de le prendre par surprise, et de s'enfuir en courant dans la ville. Il lui suffira ensuite d'entrer n'importe où, de rencontrer n'importe qui pour être sauvé. Il devait simplement se mettre derrière la bonne portière.
Le camion s'arrêta. Le moteur se coupa. Minos stoppa sa respiration. C'était maintenant que tout allait se jouer !
Il entendit des bruits de pas. Il se cola encore plus à la portière. Pitié qu'il est choisi la bonne. Que n'importe quel dieu prenne pitié de lui et l'aide. C'était tout ce à quoi il pensait, lorsqu'il entendit le son caractéristique d'une portière qui s'ouvre. Et de voir qu'il avait eu la chance d'avoir choisi la bonne.
Sans attendre, il se lança dans l'ouverture, poussant l'homme, qui, sous la surprise, tomba. Minos sourit. Il allait être libre ! Il allait pouvoir rentrer chez lui, et retrouver sa famille !
Mais alors qu'il courait, le plus loin possible, il remarqua une chose. Il n'était pas à Loen. Il n'était même pas dans une ville.
Ils étaient sur une montagne. Tout en haut d'une montagne. Et à en juger par le froid qu'il pouvait ressentir et la neige qu'il pouvait voir au loin, ils n'étaient pas sur n'importe laquelle. Ils étaient sur Jostedalsbreen. Le plus grand glacier d'Europe. Mais il n'eut pas le temps de plus admirer le paysage : derrière lui, l'homme s'était relevé. Et avançait rapidement vers lui. Il reprit sa course, qu'il n'avait même pas souvenir d'avoir stoppé. Il alla droit sur les glaciers. Peut être croiserait-il des touristes, ou des randonneurs qui l'aideront ? C'est avec cette seule pensée qu'il tenait.
Il ne regardait même plus derrière lui, ne vérifiait même plus si l'homme était toujours là. Il courait. C'est tout. Il se dépassait, allait au delà de ses limites, faisait brûler toute la force qui était en lui. Courant à en perdre son souffle, à sentir ses poumons devenir de plus en plus douloureux, à voir sa vue diminuée, ses yeux devenant flou au fur et à mesure qu'il courait. Il avançait à un rythme effréné, un pied après l'autre, vers les neiges froides de la Norvège. Neiges froides, qui étaient bien loin au début. Qui étaient désormais à quelques mètres de lui. Lorsqu'il fit cette constatation, il ralentit, puis stoppa sa course. L'homme n'était plus là.
Il n'arrivait plus à respirer convenablement, il avait trop forcé. Il se laissa tomber dans la poudreuse, malgré le froid, pour reposer son corps endolori. Peu à peu, il retrouva son souffle, mais pas sa force. Il n'en avait plus. Plus aucune force. Plus aucune énergie. Plus aucune envie, non plus. Le froid avait fini par endormir son corps, il ne ressentait plus la douleur. Il n'arrivait même plus à bouger.
Il eut un sourire peiné. Allait-il mourir ici, comme ça ? Au milieu de rien ? Là où personne ne pourra jamais le retrouver ? Et son corps disparaîtra, soit sous la neige qui tombera, soit dégusté par les innombrables animaux sauvages.
...
Il regarda autour de lui. Les montagnes, qui lui paraissait être si haute lorsqu'il était en bas, étaient désormais bien proche. À son niveau.
Ses cheveux se fondaient dans la neige d'un blanc si pur, si beau. Si éclatant. La neige brillait. Comme des petites étoiles.
Il fit cette fois ci un vrai sourire. Il était heureux de mourir dans un joli endroit comme celui-là. Un endroit représentant parfaitement la beauté des paysages de son pays.
Il ne sentait plus son corps. Il était fatigué. Cette course l'avait épuisé. Il voulait dormir. Il regarda, en contrebas, une ville. Une larme coula. Ses parents pourront l'attendre longtemps pour le dîner... Car il ne rentrera jamais.
Sur ces pensées, il ferma les yeux. Il arrêta de réfléchir. Stoppa tout mouvement.
Jusqu'à ce que son cœur cesse à son tour de battre.
Il avait chaud. Il se tourna, et repoussa les draps. Mais alors, il ouvrit les yeux. Et découvrit une chambre inconnue, aux teintes sombres. Il se leva, sans aucune douleur, mais avec crainte. Où était-il ? Aux dernières nouvelles, il était censé être mort ! Aucun être humain ne peut résister à tant de froid et de fatigue !
Il regarda attentivement la pièce, au reflet rougeâtre. Peut être que quelqu'un l'avait retrouvé ? Qu'il avait été sauvé ? Au bout de quelques minutes d'analyse, il se décida à sortir de la chambre. Il se retrouva dans d'immenses couloirs vides, autant de décorations que de vie. Minos commença à douter. Mais où était-il tombé ? Il fit le tour de ce palace, sans rencontrer personne, et finit par en sortir. C'est alors qu'il vit l'horreur.
De la roche, à perte et à perte de vu. Aucune montagne, aucune verdure, aucune beauté. Juste... La mort. Tout simplement. L'absence totale de vie sur ces terres. Il était seul. Il se sentait seul. Il n'y avait personne, absolument personne, à part lui. Où était son beau pays ? Où étaient les belles et grandes montagnes vertes de sa Norvège ? Sûrement loin, très loin...
Continuant son analyse, il vit au loin trois temples. L'un, derrière lui. Les deux autres devant. Il se mit en marche vers ces immenses bâtiments blancs, semblables à celui dont il venait de sortir. À présent, il n'avait plus aucune espérance. Il voulait simplement partir.
Il arriva au niveau de la première structure, et, remarqua d'étranges statues à son entrée. Des sortes d'aigles à l'aspect pour le moins étonnant. Il les observa un temps. Il était sûr d'avoir déjà vu cet animal quelque part. Peut être sur un de ses livres ?
Mais alors qu'il cherchait, il ressentit une grande énergie émanant du deuxième temple. Et, tel un papillon attiré par la lumière, il se mit en marche vers cette force.
C'est ainsi qu'il arriva face à cet imposant bâtiment blanc. Et qu'il pénétra à l'intérieur, suivant cette énergie. Il déambulait dans les couloirs, dénué de toute lumière, les rendant sombres et inquiétants, lorsqu'il arriva dans une immense salle. Au bout de laquelle se trouvait un rideau, qui cachait un trône. Sur lequel il distinguait une silhouette, dont s'échappait une force colossale.
Cette puissance l'éblouie tant elle était forte, qu'elle était grande. Mais alors, un bout se détacha d'elle, et un rayon blanchâtre fonça sur lui, d'une telle vitesse qu'il ne put rien faire, à part crier de stuppeur.
Il se sentit tout à coup terriblement fort. Terriblement grand. Terriblement... Noble. Et des milliers de souvenirs refirent surface. Des souvenirs qui ne lui appartenaient pas. Mais qui étaient sien. Il se souvenait de personnes qu'il n'avait jamais rencontré, mais qu'il avait déjà cotoyé. Il se souvenait de paysage qu'il n'avait jamais vu, mais dont il pourrait détailler chaque particularité.
Minos tomba sur le sol froid de la Giudecca. Et se mit à sourire.
Désormais, il se souvenait de tout.
‹‹ - Seigneur Minos ? Sa Majesté Hadès m'envoie vous chercher, il souhaite que vous le rejoignez. ››
Le Griffon tourna la tête de sa fenêtre, vers ce Spectre qui avait osé le déranger. Qui semblait, par ailleurs, vouloir déguerpir au plus vite d'ici.
Il sourit.
‹‹ - Dis lui que j'arrive au plus vite. ››
Et l'homme reprit la contemplation du paysage, tandis que l'autre repartit. Il n'y a pas à dire, depuis le premier jour où il avait atterri ici, ce paysage le dérangeait... Mais il n'aurait su dire pourquoi. Il se leva, et alla se regarder dans un miroir. Il fallait qu'il soit un minimum présentable face à Sa Majesté.
Il observa ses longs cheveux blancs. Comme de la neige. Il faut dire qu'il appréciait particulièrement le corps qu'il avait obtenu pour cette vie là, bien qu'il ne lui restait aucun souvenir de son ancienne vie terrestre. À quelques détails près.
Il fit appelle à son surplis, sortit d'Antinora, et regarda vers la Porte des Enfers.
Le combat contre Athéna venait de commencer, il n'était plus possible de faire marche arrière.
Ils allaient gagner. Après tant de siècles, de millénaires à combattre, ils allaient remporter la victoire. Remporter la Terre. Il en était certain. Il allait se passer quelque chose qui ne s'était jamais produit auparavant.
Il tourna la tête vers ce paysage. De la roche, de la roche... Aucune beauté. Rien. Il soupira, et se mit en route.
Il se mit à sourire.
Lorsqu'ils auront gagner, il montera à la surface. Pour voir à nouveau ces si beaux paysages de sa douce Norvège.
Note :
*Eskilsdotter est le nom d'une noble norvégienne du XVème siècle, qui est devenue une pirate.
*Les Norsk Krones sont les Couronnes Norvégiennes, soit la monnaie de la Norvège.
*God kveld signifie bonsoir
*Min kjære signifie mon chéri
*Loen est un village norvégien situé dans le compté de Vestland. L'Innvikfjorden est le fleuve qui borde cette ville. A savoir que dans mon histoire, Minos habite à Stryn, qui est à 11km de Loen. (plus de 2h de marche).
