Chapitre 5:

Souffrance

Le silence était tombé dans le salon du petit appartement de la Nouvelle Orléans après le récit d'Evan. Tous l'avaient regardé fermer les yeux et se détendre un peu, se laissant faire lorsque Barney l'attira sur ses genoux pour le serrer dans ses bras. Il s'y détendit d'ailleurs complètement, se reposant contre lui. Tous prirent un moment pour assimiler cette histoire. Ils s'étaient bien doutés que Griffin avait à un moment ou à un autre eu un rapport avec des domaines de combat. Il se battait très bien au delà de la normalité, il était familier des armes, il savait s'en servir, il avait su les reconnaître comme des combattant bien avant qu'ils lui disent, il avait compris leur choix de vie, il n'avait jamais jugé le fait qu'ils tuaient... Seulement, aucun ne s'était douté qu'il avait un tel passé. Tous savaient bien qu'il n'avait pas tout dit mais il en avait dit plus qu'ils n'en n'auraient demandé et aucun n'avait l'intention de plus poser plus de questions. Il était fou pour eux de penser qu'il était allé au combat, dans des situations qu'ils pouvaient imaginer par expérience, sous le coup de ces crises qui le faisaient souffrir, qu'il avait vécu ça si longtemps, qu'il avait été un enfant soldat, qu'il avait travaillé dans ces conditions... Aucun ne portait le moindre jugement, plus à même que n'importe qui de comprendre et de comprendre pourquoi il avait tout arrêté, pourquoi il voulait une vie simple. Cela leur permettait de mieux cerner et de mieux comprendre leur ami mais aussi de comprendre d'où venaient ces crises sachant que ses blessures avaient dû être tout sauf anodines.

- Merci de nous avoir raconté, dit finalement Barney en brisant le silence.

- Hum, bredouilla le jeune homme. Je vous dois bien une explication. Vous êtes restés.

On ne lui en demanda pas plus et personne ne fit de remarque. On reparla un peu des crises, tous demandant des précisions sur les effets que cela avait sur lui, sur ce qui pouvait les favoriser, ce qu'ils pouvaient faire quand ça arrivait... La seule chose qu'on lui demanda fut qu'à l'avenir, il prévienne au moins Barney en cas de crise, même petite ou alors Gavin ou Tool si l'équipe était partie sur un contrat. Evan accepta, très touché par leur inquiétude à son égard. Ce jour là, tous restèrent un peu, se rassurant sur son état avant de le laisser avec Barney alors qu'il avait visiblement besoin de se reposer, sans surprise. Ce fut sous la grande attention douce de son compagnon qu'Evan passa la journée, se retrouvant dans ses bras le soir dans le lit, savourant ses caresses ultra précautionneuses qui l'attendrissaient beaucoup en comprenant leur signification.

- Je ne vais pas me casser tu sais, signala-t-il avec un léger sourire.

- Tu es sûr que tu n'as plus mal? demanda Barney encore inquiet.

- Sûr, juste fatigué alors ne t'en fait pas, ça va maintenant, assura-t-il en venant caresser sa joue.

- Je veux que tu me dises quand ça arrive, même une petite crise ok? redemanda-t-il.

- Promis, je te dirais mais tu ne dois pas trop t'en faire pour ça. J'ai l'habitude et la plus part du temps, ce n'est pas si grave et c'est supportable. Je ne veux pas que tu t'angoisses trop pour ça.

- Je m'inquiéterais quoi que tu dises bébé. Te voir comme ça n'est pas du tout une chose que j'ai envie de revivre.

- Je suis désolé, sourit pauvrement Evan. Je ne suis pas vraiment un cadeau.

- Dit pas de connerie Ev', contra-t-il sur le champs Barney avec fermeté. T'es un cadeau pour moi. Ces crises, tu les as pas demandé et tu n'as rien à te reprocher alors tu n'as pas à t'excuser. Juste, je veux savoir et être là si tu as besoin de moi quand ça arrive ok?

- Ok, approuva-t-il. Et moi, je ne veux pas que tu t'en fasses une montagne d'accord?

- Je te garantie pas d'y arriver.

Il y eut un moment de silence léger entre eux, Evan touché par toute l'inquiétude et l'attention que son amant manifestait pour lui depuis qu'il l'avait découvert dans cet état presque trois jours plus tôt. Des crises, il en avait vécu beaucoup. Seul. Là, avoir Barney puis les autres autour de lui lui avait fait du bien et l'avait beaucoup aidé. Leur raconter les grandes lignes de sa vie avait aussi fait du bien et avec eux, cela avait été presque facile quand il avait cru ne jamais être capable de le faire. Au final, pour une fois, cette crise avait peut-être eu du bon.

- Dit Ev', interpella soudain Barney.

- Ouais?

- Ton dos, ça vient de cette guerre? demanda-t-il doucement.

Comme à chaque fois qu'on évoquait les cicatrices particulièrement terribles de son dos, le jeune homme se tendit mais il finit par répondre:

- Nan. Enfin, une partie vient des combats mais pas la majorité et pas... les mots, confia-t-il plus bas. Je n'ai pas tout dit mais je suis sûr que tu le sais comme les autres.

- Tu dis ce que tu as envie de dire, répondit Barney, j'en demande pas plus.

- Je sais et merci pour ça. Mon dos, ça vient de... de mon enfance, avoua-t-il. Quand mes parents sont morts, j'ai été confié à ma tante maternelle, commença-t-il.

Il estimait que Barney méritait de savoir et il ne savait pas trop pourquoi mais pour la première fois, il sentait qu'il pouvait parler et que ça ferait du bien, comme la discussion du matin avec tout le monde.

- Sauf que ma tante et son mari, faisaient pour ainsi dire partie d'une communauté de gens différentes de celle dans laquelle vivaient mes parents et leur entourage. Et ils les détestaient, les haïssaient. Je n'étais pas le bienvenu chez eux. Ils m'ont gardé parce que cela leur offrait une sorte de pension mensuelle. Ils avaient un fils de mon âge et ils estimaient que j'étais un danger pour lui, pour eux, une sorte de monstre, dit-il douloureusement. Alors j'étais traité comme tel. C'est... de cette époque que ça vient.

Il trembla à ces souvenirs parmi les plus douloureux de sa vie et il soupira de soulagement lorsque son homme resserra son étreinte autour de lui, l'entourant de sa force et de sa chaleur protectrice.

- Ils ont payé? demanda l'homme avec un grognement.

- Nan, pas que je sache et je ne les ai plus vu depuis mes dix sept ans. La dernière chose qu'ils ont fait a été de m'abandonner dans leur maison pendant qu'ils partaient pour fuir la guerre, dit-il avec une tristesse ironique. Mais c'est loin tout ça et j'essaye de ne plus y penser.

Barney vint lui offrir un baiser doux et langoureux, détournant un peu ses pensées et il ne fit pas plus de remarque sur le sujet. Ce fut en câlinant son amant qu'il le regarda s'endormir paisiblement, ne cessant de penser à tout ce qu'il avait appris aujourd'hui. Evan avait vraiment eu une vie chaotique et douloureuse. Il en avait vu des histoires agités mais la sienne était largement à la hauteur de toutes les autres. Cela ne changeait pourtant rien à ses yeux si ce n'était qu'il éprouvait désormais une grande admiration pour le courage, la résistance et la détermination dont-il avait fait preuve dans sa vie.

Dans les jours qui suivirent, Evan fut conforté dans sa décision d'avoir parlé de sa vie à ses amis et un peu plus encore à son amant. Barney resta avec lui, veillant et s'occupant de lui avec soin et toute la bande, comme Gavin et Tool, venaient lui rendre visite tout les jours pour prendre de ses nouvelles. Et aucun, jamais, ne changea d'attitude à son égard ou ne posa plus de questions. Ils étaient là tout à fait normalement et ils avaient simplement accepté son histoire, sans jugement aucun pour rien du tout. Ils étaient juste inquiets pour lui à cause des crises. Cela lui avait fait du bien. Avec eux, il était vraiment lui et on l'acceptait pour lui sans lui reprocher quoi que ce soit. Ils comprenaient et ça faisait beaucoup de bien, énormément de bien. Au fil des jours, il avait senti un poids dont-il n'avait pas conscience le quitter et il se fit plus détendu, plus serein. Il lui fallut quelques jours pour se remettre de la crise et la semaine suivante, il reprenait le travail au bar, sous la surveillance étroite de son entourage qui se rassura peu à peu en le voyant retrouver la forme progressivement.

La vie reprit son cours et Evan ne fit que se rapprocher davantage de tous et de son amant, tout deux nouant une relation de plus en plus proche. Avoir raconté son histoire le rapprocha en particulier de deux personnes: Billy et Gunnar. Celui qu'il considérait comme un petit frère était venu le voir pour lui parler de son propre passé, de ses camarades qu'ils avaient perdu sur le terrain à la guerre, de l'indifférence de ses supérieurs. Evan avait vite compris qu'il avait besoin d'en discuter et il s'y prêta volontiers, sachant la douleur que cela était. Billy s'était visiblement senti plus à l'aise avec lui sur le sujet en apprenant qu'il avait vécu pareille chose. En parler avec lui avait semblé faire beaucoup de bien au jeune homme qui avait été apaisé par ses conseils, ses paroles. Cela ne les avait que plus rapproché.

Quand à Gunnar, c'était un autre sujet qui les avait rapproché. Un jour, alors qu'ils étaient au stand de tir pour une séance à deux comme à l'habitude, l'homme lui avait parlé de son problème de toxicomanie. Il lui avait confié être clean depuis un moment mais avoir parfois du mal à s'y tenir, lui demandant comment lui faisait, touché d'avoir appris qu'il avait eu le même problème dont lui même avait aujourd'hui atrocement honte. L'avoir tout deux vécus les aida à en parler entre eux et Evan lui avoua que lui aussi parfois, il avait du mal. Ils en avaient beaucoup parlé et Evan devait avouer que Gunnar ne s'était jamais montré si bavard, si ouvert et si sérieux mais c'était compréhensible au vue du sujet. Au final, ils s'étaient promis de se soutenir l'un l'autre, de s'appeler si l'un avait un problème à ce sujet. Cela les avait beaucoup rapproché, permis à Griffin de découvrir davantage ce grand ours asocial. Il savait que Barney l'avait remarqué et deviné ce qui les liait et il avait approuvé, se disant que l'un comme l'autre pourrait s'aider et espérant surtout que cela aiderait Gunnar qu'il voyait avec ce problème depuis bien longtemps. L'homme s'était beaucoup amélioré à force d'acharnement depuis leur désaccords autour de l'affaire de Vilena mais il restait fragile sur ce sujet et avoir quelqu'un à qui en parler ne pouvait que l'aider. Et cela pourrait aussi certainement aider Evan. Gunnar et Griffin avait déjà lié une certaine forme d'amitié, incroyable lorsque l'on connaissait un peu l'aîné qui n'était pas très ouvert mais après ça, ils devinrent clairement de très bons amis et cela fit plaisir à tout le monde.

Lorsque la première petite crise se manifesta après celle majeure qui avait tout révélé aux autres, Evan hésita longuement à en parler à Barney. Cette fois, il avait eu de grosses crampes pendant quelques heures dans le dos, les épaules et les bras. Ayant promis, il s'était décidé à lui dire alors qu'ils étaient tout deux cher l'homme où ils avaient dormis. Inévitablement, son amant s'était inquiété et il avait fallu le rassurer mais il avait été heureux qu'il lui dise. Barney avait veillé toute la journée et en voyant que cette petite crise ne l'handicapait pas trop, il se rassura un peu. Il me manqua pourtant pas de noter les quelques grimaces du jeune homme durant ces heures. Il avait été soulagé qu'elle passe bien avant qu'il parte travailler. Le temps se remit à passer tranquillement et ce fut un Barney devenu encore plus attentif qui finit par se rendre compte que son amant faisait des cauchemars récurrents, plus ou moins violents. Son sommeil s'était fait plus léger après cette crise et les réveils parfois brusques d'Evan l'avaient réveillé lui aussi. C'était avec une certaine culpabilité pour n'avoir rien vu avant que Barney parvint à faire parler Evan qui lui révéla que ça arrivait très souvent mais que jusque là, il s'était efforcé de ne jamais le réveiller. Comprendre d'où venaient ses cauchemars ne fut pas difficile maintenant qu'il connaissait le passé de son amant. Et là aussi, la révélation de son problème à son amant fut bienfaiteur pour le jeune homme alors que Barney se fit présent, compréhensif, patient, rassurant et sans jugement. Cela lui fit du bien. Il avait l'impression d'être un poids pour son homme mais celui-ci avait su le rassurer, lui expliquant qu'il avait déjà vu ça, même vécu ça après certains épisodes de sa vie, qu'il comprenait et qu'il n'avait rien à se reprocher.

Toutes ces évolutions avait permis à Evan d'avancer davantage dans l'acceptation de son passé et dans la chose difficile qu'était de tourner la page là dessus. La nuit d'Halloween deux mois après sa grosse crise, il avait été pris de très violents cauchemars, comme chaque année à cette date. Il en avait été malade et avait fini la tête dans les toilettes avec un Barney très inquiet pour le soutenir. Le malaise passé, en pleine nuit, ils s'étaient installés au salon et comment souvent, l'aîné l'avait invité à en parler s'il le voulait comme à chaque fois. Quelque fois, Evan le faisait et ça faisait du bien, mais la plus part du temps, il en était incapable. Cette nuit là, il avait cependant expliqué que c'était l'anniversaire de la mort de ses parents, qu'il se souvenait encore des cris de sa mère. Parlant doucement, la discussion avait dérivé sur James et Lily, sur ce qu'il savait d'eux, sur ceux qu'ils étaient. Barney avait fini par lui faire remarquer que ses parents auraient sans doute aimés qu'il soit heureux, qu'ils auraient été fiers de lui et qu'ils seraient certainement tristes de le voir torturé par son passé. Une fois de plus, cet échange lui avait permis d'avancer.

C'était à la mi décembre qu'Evan avait finalement pris une grande décision. Il avait beaucoup repensé à la proposition de Barney de tatouer son dos pour ne plus y voir ces horreurs. Si la chose l'effrayait, il en était venu à se dire qu'il y avait bien une chose dont-il était certain: il ne voulait plus voir ça, il ne voulait plus voir la rage et la tristesse de Barney à cette vue. Un tatouage ne les effaceraient pas mais il lui permettrait de décider de ce qu'il verrait en regardant son dos, ça lui permettrait de retrouver comme un contrôle sur son corps et décider que s'il le voulait, il pouvait passer au dessus de son passé. Il ne l'effacerait pas mais il en redeviendrait maître pour avancer, c'était ainsi qu'il voyait la chose. Alors il avait fini par demander à Barney s'il voulait bien en parler à Tool, incapable de le faire lui même. Son compagnon avait accepté sur le champs, lui assurant que tout irait bien. C'était pour cela que dés le lendemain, Barney s'était rendu chez Tool qui l'avait reçu avec joie comme toujours dans son atelier, lui demandant quel bon vent l'amenait:

- J'ai quelque chose d'important à te demander, avait-il annoncé avec un grand sérieux.

- Vas-y, poussa alors le tatoueur intrigué par son ton.

- C'est pour Evan, expliqua-t-il en attirant un peu plus son attention. Il aimerait parler d'un tatouage avec toi.

- Aucun soucis, répondit-il sur le champs. Mais pourquoi c'est toi qui demande pour lui? questionna-t-il en sentant qu'il y avait quelque chose. Il pouvait demander sans problème.

- C'est compliqué pour lui, expliqua Barney. Ce n'est pas un simple tatouage qu'il voudrait te demander. Il s'agit de son dos tout entier et c'est pour recouvrir des cicatrices. Des cicatrices moralement très douloureuses pour lui.

- Je vois, approuva sérieusement l'homme. C'est des grosses cicatrices?

- Ouais. C'est même pire que ça, confia-t-il. Ce qu'il a dans le dos n'est pas descriptible avec des mots. Tu verras quand il te montrera. Son dos est couvert de marques et il arrive à peine à se regarder. Les toucher est aussi très difficile pour lui, il m'a fallu du temps. Je lui ai proposé la solution du tatouage il y a quelques mois pour essayer de l'aider à tourner la page, il y a réfléchi et il aimerait voir ce que tu pourrais faire. Il m'a demandé de t'en parler parce qu'il a du mal avec ça.

- Il est prêt pour un tatouage de cette ampleur? demanda Tool.

- Ce ne sera pas une partie de plaisir, ça c'est sûr mais il a beaucoup de courage et il veut vraiment se réapproprier son corps. Il a peur, très peur même et il sait déjà qu'il va avoir du mal à supporter le tatouage et qu'il va falloir du temps mais il est décidé. Il y pense depuis des mois maintenant.

- Ok. Je vais voir ce qu'on peut faire, assura-t-il. Si je peux l'aider, ce sera avec plaisir.

- Merci. Juste, prépare toi à ce que tu vas voir parce que je te jure que même moi j'avais jamais vu un truc pareil, prévint-il très sérieusement. Son dos, c'est vraiment l'illustration même de la cruauté.

- À ce point là?

- Ouais, vraiment. Tu vas vite comprendre à quel point ça peut être important en le voyant.

- D'accord. Tu n'as qu'à venir avec lui quand il voudra pour voir ça et qu'on discute de ce qu'il aimerait, dit-il.

- On viendra certainement assez vite, annonça Barney.

- Je vous attendrai alors.

Et ce fut ainsi que dés le lendemain, Tool vit arriver le couple à son salon et une chose le frappa sur le champs: Evan semblait très anxieux et tendu, tenant fermement la main de Barney. Jamais il n'avait vu le jeune homme si ouvertement nerveux et apeuré et cela lui fit un peu plus comprendre à quel point la chose était anxiogène pour lui. Il les fit entrer et ils s'installèrent dans l'atelier, Griffin restant contre son amant qui se faisait calme et doux, Tool prenant lui aussi une attitude tranquille et souriante pour le détendre. Il leur offrit à boire mais le jeune homme refusa poliment.

- Alors, Barney m'a expliqué, commença le tatoueur. Un tatouage pour ton dos?

- Ouais, approuva Evan. Je voudrais le couvrir entièrement mais ça risque d'être difficile.

- C'est ce que j'ai cru comprendre. Tatouer des cicatrices, c'est largement possible si elles sont d'une certaines ancienneté. Il faut qu'elles soient parfaitement guéries et un peu vieillie.

- C'est le cas, répondit Griffin.

- Ok. Tu sais déjà ce que tu aimerais comme motif? demanda-t-il pour essayer de le détendre un peu.

- Je n'ai pas d'idée précise mais j'aimerais y inclure certaines choses si tu peux, dit-il. Des symboles importants pour moi.

- Si on fait tout ton dos, on aura la place de faire un truc cool, sourit-il en le détendant un peu. Dis moi, dit-il en prenant un petit calepin pour noter.

- J'aimerais qu'il y ait un cerf et une biche ou un truc qui s'y rapporte. C'était les animaux totems de mes parents, révéla-t-il. J'aimerais qu'il y ait un chien noir aussi. Comme un gros chien style berger belge, dit-il avec un regard nostalgique et triste.

- Ça représente quelqu'un? demanda Barney avec précaution en passant un bras autour de lui.

- Ouais, mon parrain. Lui aussi il est mort en me protégeant quand j'avais quinze ans.

- Ok, approuva Tool. Continue, poussa-t-il doucement.

- Une panthère noire. Elle représente un homme qui est mort lui aussi et à qui je dois beaucoup, plusieurs fois ma vie en outre. Je crois que c'est un animal qui lui correspond bien. C'est un symbole de protection, de bravoure, de courage, de mystère, de ténèbres aussi, de pouvoir... C'est toute l'image que j'ai de lui aujourd'hui. Il y a le dragon européen, pour un lieu qui a beaucoup compté pour moi, dit-il en pensant à Poudlard. Des épées, ça signifie beaucoup pour moi, dit-il en sortant une photo qu'il lui tendit. Ces épées.

- Elles sont superbes, remarqua Tool en regardant l'image.

Evan sourit. Il s'agissait de ses épées avec lesquelles il s'était battu, qui lui avaient sauvé bien des fois la vie, qui l'avaient beaucoup aidé. Des épées magiques et l'incarnation de sa force. L'épée de Gryffondor et une autre tout aussi belle du même style mais différente avec des saphirs plutôt que des rubis cette fois.

- Des pièces de musée j'imagine, remarqua Tool.

- Elles pourraient mais elles appartiennent à quelqu'un qui n'est pas prêt de les lâcher à qui que ce soit et qui les sorts rarement. Je les aime beaucoup et leur histoire et mêlée à la mienne et celle de ma famille alors c'est important pour moi. J'aimerais un truc pour représenter l'équipe aussi, dit-il avec un sourire doux.

- On avait pensé à notre emblème si tu peux l'intégrer, remarqua Barney.

- Ok, approuva l'homme.

- Et puis un truc pour Barney aussi, ajouta Evan en faisant sourire son homme.

- Tu veux quoi?

- J'avais pensé à ça, dit-il en désignant la chevalière porte bonheur de son amant. Ça le représente carrément je crois.

- C'est clair, s'amusa le tatoueur.

- J'aimerais aussi quelque chose pour la Nouvelle Orléans. C'est vraiment depuis que je suis ici que j'ai une nouvelle vie alors... Mais je sais pas quoi alors si t'as une idée. Sinon, mon emblème à moi, c'est le griffon, dit-il.

Barney avait d'ailleurs fini par comprendre pourquoi il lui avait offert cette chevalière avec griffon et crâne. Cela les représentait eux et les sentiments qu'il avait pour lui à l'époque sans oser s'ouvrir à lui. Le bijou n'avait que plus de valeur pour lui depuis.

- Ce symbole aussi, dit-il en tendant un autre dessin.

C'était celui des reliques de la morts qu'il possédait, le symbole du maître de la mort. Pour lui, ça signifiait qu'il avait survécu et vaincu la mort jusque là, qu'il se ferait maître de sa vie et qu'il vivrait longtemps, qu'il ne laisserait pas la mort le prendre. Une manière d'imposer un peu plus qu'il avait le contrôle de sa vie aujourd'hui. Il ne donna pas de détail sur le dessin et son regard poussa les deux hommes à ne pas poser de question.

- Je voudrais... un serpent aussi, dit-il.

Ce dessin là, il avait beaucoup hésité. C'était pour Voldemort mais il voulait le mettre quand même parce que son histoire était liée à la sienne et que cela avait fait en partie celui qu'il était aujourd'hui. Sans oublier qu'il s'était toujours trouvé de nombreuses ressemblances avec lui et qu'il aurait fallu un rien pour qu'il tourne mal comme lui. Il voulait le mettre pour se rappeler de cela, de tout, du fait que ça aurait pu être lui mais que ça ne l'était pas. Et quelque part, c'était aussi une extériorisation de la pitié et de la compassion qu'il avait ressenti pour Tom Riddle en découvrant sa vie. Au début, il s'en était voulu de ressentir ça pour lui mais il l'acceptait maintenant. Si seulement il y avait eu quelqu'un pour l'aider, peut-être que Voldemort ne serait jamais né. Voldemort était comme une incarnation des souffrances d'un être et d'un monde, c'était important dans sa vie.

- Je veux qu'il soit là sans être dominant, expliqua-t-il. C'était l'emblème de l'autre fou sanguinaire, dit-il en les surprenant. Son existence a façonné ma vie, c'est important pour moi. Je veux pas qu'il soit dominant ou même en faiblesse, juste présent comme un rappel discret du passé.

- Je vois, approuva Tool.

- C'est à peu près tout mais si t'as des idées, je veux bien voir, dit-il. En sachant que je suis un peu comme Barney, j'aime les symboles mystiques et j'aime aussi les créatures de légendes, ce genre de trucs.

- Ok, ça fait beaucoup de choses mais je peux te faire un truc cool, j'ai déjà des idées, dit-il en le faisant sourire. Mais il faut que je vois ton dos, signala-t-il doucement, pour adapter le dessin à tes cicatrices.

Perdant son sourire et se tendant d'un coup, Evan se tourna vers Barney qui lui sourit d'un air rassurant:

- Ne t'inquiètes pas, dit-il, ça va bien se passer. Allé, poussa-t-il en se levant et en le tirant derrière lui.

Tool ne fit aucune remarque, sentant aisément que c'était une chose très difficile pour le jeune homme et il redoutait ce qu'il allait voir. Griffin n'était pas du genre à faire une montagne d'une petite chose, c'était forcément très sérieux. Il regarda Barney pousser son compagnon à lui tourner le dos de façon à ce que ce soit la seule chose qu'il puisse voir. Mais il voulait aussi certainement qu'Evan ne puisse pas voir sa première réaction et l'avoir contre lui pour le rassurer. Ce fut le chef d'équipe lui même qui déboutonna tranquillement la chemise d'Evan qui avait l'air de se tétaniser littéralement, se laissant pourtant faire. Le vêtement ouvert, il alla cacher son visage contre l'épaule de son amant, se collant contre lui, en proie à une peur palpable. Barney fit glisser la chemise sur ses épaules et ses bras pour finalement lui retirer délicatement, révélant son dos. Evan accrocha immédiatement ses mains au tee-shirt de son homme qui vint poser la sienne sur sa hanche, l'autre venant caresser ses cheveux.

Barney releva alors les yeux sur son vieil ami. Sans surprise, il le trouva profondément choqué, les yeux écarquillés et la bouche ouverte. Après un moment, il vint planter son regard dans le sien comme pour demander s'il voyait bien ce qu'il voyait et il acquiesça gravement en réponse. Il baissa alors de nouveau les yeux sur le dos du jeune homme, la compréhension, la tristesse, la colère, la compassion, la révolte, l'envie d'aider... venant s'ajouter au choc sur son visage. Il s'approcha pour mieux voir, comprenant désormais à quel point la chose était une souffrance pour le jeune homme, comprenant que le tatouage serait difficile. Cela restait un acte douloureux et si Evan était tout à fait à même de supporter sans une grimace, le problème était qu'une douleur sur de telles blessures risquait de raviver une violente souffrance morale pour lui. Mais il était aussi évident de comprendre pourquoi Evan voulait le faire, pourquoi il avait bien du mal à se regarder lui même, à laisser d'autres regarder. Barney avait raison, c'était une illustration terrifiante de cruauté et il n'osait imaginer quel fou avait pu faire ça, ce que cela avait été de subir ça pour Griffin. Il lui fallut un moment pour se reprendre et retrouver un regard plus professionnel sur le dos d'Evan qu'il scruta méthodiquement, certain qu'il n'oublierait plus jamais un seul détail de cette vision atroce. Et finalement, il releva le regard sur Barney, lui signifiant d'un signe de tête qu'il en avait vu assez. L'homme vint immédiatement remettre sa chemise à son amant qui l'enfila prestement, un peu tremblant, laissant son homme la reboutonner pour lui. Tool vint poser une main douce sur son épaule, le faisant sursauter avant qu'il ne se tourne vers lui, appréhensif.

- On va te faire un super truc, assura-t-il avec un léger sourire. Ce sera super cool et tu ne verras plus tout ça, promit-il.

- Merci, répondit Evan en se laissant aller contre Barney qui l'entoura de ses bras.

- Je veux que tu saches, reprit-il en le regardant dans les yeux, que la seule chose que je trouve monstrueuse dans ce que je viens de voir, c'est l'acte ignoble que tu as subi et le ou les fils de putes qui t'ont fais ça, gronda-t-il. Pas toi, ok? dit-il en ayant évidemment comprit ce qu'il pouvait penser de lui même.

- Ok, bredouilla Evan l'air soulagé.

- Pour faire le tatouage, il va falloir que je touche et ça va prendre beaucoup, beaucoup de temps, signala-t-il. Il faudra certainement pas mal de séances de plusieurs heures et ça va faire mal. Est-ce que tu es prêt pour ça? demanda-t-il précautionneusement.

- Ouais, répondit-il l'air déterminé. Je ne veux plus que ces cicatrices me bousillent la vie. Je sais qu'elles seront toujours là mais ce sera comme si c'était moi qui avais le contrôle sur elles et plus l'inverse. Je sais que le tatouage pourra m'aider à faire ça, que tu peux m'aider à faire ça.

- Avec plaisir, acquiesça-t-il. J'imagine que Barney sera là.

- T'en poses des questions stupides, s'amusa celui-ci en faisant sourire son amant.

- Tu crois que les autres voudraient bien venir aussi? demanda timidement Evan.

- Si on leur demande, ils viendront si tu veux, assura Barney. Tu voudrais bien leur montrer?

- Pas vraiment mais, si je ne vous avais pas tous rencontré j'aurais jamais pu avancer vraiment. Vous êtes tous ma famille maintenant, dit-il en touchant les deux hommes. J'aimerais qu'ils soient là pour ça, j'ai comme l'impression que ce sera plus facile avec tout le monde.

- On leur en parlera et je suis sûr qu'ils viendront, répondit Barney.

- En attendant, je vais travailler sur le dessin, annonça Tool. Et on pourrait peut-être se voir pour voir comment ça va si je touche ton dos. Tu veux bien?

- Ok, approuva-t-il. Merci beaucoup Tool, dit-il avec gratitude.

- Tu seras ma plus belle œuvre, promis, assura le tatoueur en le faisant sourire.

Ils en restèrent là pour ce jour là, se promettant de se revoir régulièrement. Cela attendit pourtant un peu alors que la semaine suivante, c'était Noël et Evan avait organisé un grand repas avec tout ses amis pour l'occasion et tous avaient répondu présents. Ils avaient fait la fête, tout le monde découvrant l'excellente cuisine du jeune homme, une occasion de plus de chambrer Barney. On avait offert des cadeaux, rit et beaucoup bu aussi. Griffin avait adoré cette soirée, rayonnant. C'était la semaine suivante qu'il avait commencé à aller voir Tool avec Barney tout les deux trois jours pour parler de son tatouage mais aussi pour s'habituer à le laisser toucher ses cicatrices. La chose fut éprouvante pour lui mais il fit tout les efforts du monde pour contrôler ses réactions, rassuré et soutenu par Barney et louant la délicatesse et la patience du tatoueur qui se faisait très compréhensif. La semaine suivante, ce fut le nouvel an et un gigantesque feu d'artifice organisé par la ville qui les rassembla pour une soirée au bar avant et après le spectacle. Les deux semaines suivantes, il alla de nouveau plusieurs fois chez Tool dont-il parvenait enfin à accepter le contact sur son dos sans bouger d'un cil même si c'était loin d'être agréable pour lui. Impossible en revanche de lâcher la main de Barney pour ce faire.

Ne voulant pas précipiter la chose, ils prirent tout le mois de Janvier pour travailler là dessus, Evan à chaque fois éprouvé bien qu'il parvienne maintenant à ne plus bouger du tout depuis un moment sous les mains de Tool. Mais il n'y avait pas encore la douleur alors début Février, Tool avait proposé de voir comment il réagissait s'il le piquait doucement avec une aiguille. Evan avait accepté et il était parvenu à ne pas bouger sous les piqûres et à ne pas paniquer mais c'était très difficile. Ce tatouage n'allait pas être facile. Dans le monde magique, il aurait probablement pu le faire d'un sort et sans douleur mais il ne voulait pas cela. Le tatouage, la souffrance et le temps qu'il prendrait lui semblaient nécessaires à la démarche. S'il parvenait à résister à ça, à se maîtriser, à ne pas craquer ni paniquer, alors il aurait vraiment gagné et fait un pas en avant. Il ne voulait plus laisser ses marques le dominer. Il n'y avait pas que le dessin en lui même ou la dissimulation des cicatrices qu'il voyait comme une thérapie, le processus l'était aussi à ses yeux même si cela devait être difficile et douloureux.

Une chose bien plus réjouissante arriva pourtant finalement avec le premier anniversaire de leur couple à la Saint Valentin. Evan avait eu droit à une très belle surprise lorsque Barney lui avait demandé de faire sa valise un soir, lui annonçant qu'il l'emmenait pour un petit voyage pour l'occasion. Il avait déjà prévenu Gavin en secret et tout préparé. Ce n'était qu'une fois à l'aéroport que Griffin avait découvert qu'ils allaient à Miami. Evan y avait passé trois jours de rêve avec son homme. Ils étaient descendu dans un charmant hôtel et ils avaient passé leur temps entre visites, restaurants, shopping, virée moto au bord de l'océan, découverte des Everglades et nuits torrides. Evan était bien incapable de trouver de meilleurs jours dans sa vie si ce n'était celui de son premier baiser ou de sa première fois avec Barney. Avec un tel voyage pour cadeau en plus de quelques autres qu'il lui avait offert en cour de route, Evan s'était senti bien stupide avec son présent. C'était une longue chaîne d'argent où pendait un gros médaillon rond où un symbole de protection magique était élégamment représenté en bas relief. Cependant, Barney en avait semblé très heureux. Il l'avait mis autour de son cou et il lui avait promis de ne plus le retirer. Et lorsqu'ils étaient rentrés à la Nouvelle Orléans, évidemment, les autres les avaient charrié pendant des jours sur leur virée romantique.

Ce fut une semaine plus tard que Tool lui révéla le dessin qu'il avait fait pour son tatouage alors que le couple venait le voir. Evan avait été proprement ébahis et époustouflé. Le tatoueur avait réalisé sa toile pile à la taille de son dos pour qu'il puisse bien se rendre compte. Tout était pratiquement dans les noirs et les gris massivement présents hormis pour une seule petite touche de couleur. L'élément le plus saisissant et le plus captivant du dessin était, à n'en pas douter, le griffon le représentant lui même. Il était splendide, allongé sur un sol pavé, la tête fièrement redressée, les pattes avant croisées devant lui. Il portait la seule couleur du motif pour ses yeux d'un vert émeraude identique à ses propres yeux qui lui donnait un regard perçant et profond semblant presque réel. Aux yeux d'Evan, il était magnifique mais ce n'était pas vraiment pour son apparence, même s'il était très beau, mais pour ses imperfections. Il avait ça et là des traces de cicatrices dans son pelage, il lui manquait des plumes, il avait le bec et les griffes fendillés... Il était comme lui, portant les marques d'un passé lourd et douloureux. Pourtant, cela n'enlevait rien à sa majesté, au contraire. Cela ne lui donnait que plus de noblesse, de puissance dans l'assurance qu'il dégageait, comme si toute les épreuves qu'il avait pu voir ne l'avaient pas entaché, l'avaient rendu plus fort.

Il contempla l'animal mythique un bon moment, ému, avant de s'intéresser au reste. La première chose qu'il nota et qui le fit sourire fut la couverture qui couvrait en partie le dos et le ventre de la créature, s'étendant un peu au sol en laissant ses membres bien visibles. L'étoffe était brodée d'un imposant dessin: celui du porte bonheur de Barney. C'était comme s'il réchauffait et protégeait le griffon et cela le toucha, ne pouvant s'empêcher de se dire que Tool avait tapé dans le mille avec ça. Entre le coude avant du griffon et l'étoffe, un peu plus bas, il y avait un crâne surmonté d'un corbeau, le symbole des Expendables. Au sol, sous la créature, il y avait une fleur de lys comme dessinée en mosaïque dans le sol de pierre. Le symbole de la Nouvelle Orléans. Contre l'épaule de la créature ailée étaient appuyées ses deux épées, très fidèlement représentées. Entre ses pattes avant, un petit dragon roulé en boule dormait. Le symbole des reliques se trouvait sur son poitrail, discret, comme un reflet dans son pelage. Ses grandes ailes étaient dressées au dessus de lui, un peu repliées, leurs bordures ornés de sorte de longues bagues qu'on pouvait imaginer faîte de métal précieux. Il y en avait quatre et à chacune pendait une fine chaînette au bout de laquelle il y avait un petit miroir rond. Sur chacun, il y avait un reflet. La tête d'une panthère, d'un gros chien, d'un cerf et d'une biche. Cela ressemblait à des bijoux sur l'animal et leur place était idéale alors que c'était grâce aux sacrifices de ses êtres chers qu'il avait aujourd'hui sa liberté, ses ailes.

Le dernier élément qu'il avait demandé était le serpent, sans nul doute le plus complexe à intégrer de la bonne manière au vue de sa signification. Tool avait trouvé, à ses yeux, la meilleure solution. Derrière le griffon, descendant vers le bas, son ombre était là, se déformant pour dessiner la silhouette d'un serpent discret mais présent. Il reflétait exactement ce qu'il avait voulu. Un rappel, une ombre du passé, derrière lui. Cela représentait bien le fait qu'il avait ressemblé à Voldemort mais qu'il ne l'était pas, qu'ils étaient liés mais qu'il n'avait plus d'emprise sur lui. C'était parfait. Il y avait tout ce qu'il avait demandé et une chose de plus. La créature mythique était donc allongée sur un sol pavé de pierre et en arrière plan, il y avait des ruines. Des ruines recouvertes d'une végétation pleine de vie, forte et abondante. Il y avait de beaux arbres et des plantes en tout genre. L'image même de sa vie: un passé lourd, douloureux d'une existence artificielle détruite et abîmée mais qui désormais, avait été remplacée par une vie libre, vraie, calme, riche, vivace et pleine de promesses.

Longuement, il scruta le dessin, chaque détails dont chacun avait une place parfaite à ses yeux. Au fur et à mesure de ses visites à Tool, ils avaient beaucoup discuté de ce qu'il voulait, de ce que chaque élément représentait pour lui mais jamais il n'aurait cru que l'homme puisse livrer un travail si représentatif de sa manière de voir sa vie et son passé aujourd'hui. C'était absolument splendide et il fut définitivement certain qu'il voulait ce tatouage. Avec ça, il pourrait regarder son dos de nouveau et l'apprécier une nouvelle fois. Il frôla la toile du bout des doigts, les larmes aux yeux alors que Barney et Tool patientaient tranquillement, lui laissant le temps qu'il voulait. Mais finalement, Evan se tourna vers le tatoueur:

- C'est absolument magnifique Tool, c'est vraiment parfait, dit-il la voix tremblante d'émotion alors qu'il souriait doucement. C'est au dessus de tout ce que j'imaginais.

Il retourna son regard vers la toile, rejoint par Barney qui l'enlaça par derrière:

- Il t'ira à la perfection, remarqua-t-il.

- Je sais qu'on n'avait pas parlé du détail des cicatrices et de l'allure du griffon, intervint Tool en s'avançant mais je trouve que ça te ressemble terriblement. Marqué par la vie mais toujours aussi fort, fier et noble. C'est comme ça que je te vois en tout cas. Pareil pour le décor en fond qui est un peu comme la représentation de ta nouvelle vie.

- Merci, sourit Griffin en tournant un regard profondément touché vers lui. C'est vraiment très très beau et absolument parfait dans chaque signification, chaque détail.

- Est-ce que tu veux que je change quelque chose? demanda le tatoueur.

- Nan. Nan, c'est nickel. Vraiment. C'est un travail splendide.

- Il le sera encore plus sur toi, assura l'homme. Il prendra tout son sens et ça cachera bien tout le reste c'est promis. On verra plus rien, assura-t-il.

- Merci Tool, du fond du cœur, dit-il alors que ses larmes débordaient. Tu n'imagines même pas tout ce que ça représente pour moi.

- C'est avec plaisir Griffin, grand plaisir, dit-il.

Evan resta longuement à observer le dessin, remerciant mille fois l'homme qui avait l'air très touché par sa réaction. Barney ne manqua pas de faire savoir lui aussi qu'il aimait beaucoup et que c'était un très beau travail. Il fut finalement décidé que Tool commencerait le tatouage au début de la semaine suivante, Evan désormais encore plus sûr de lui. Ne restait plus qu'à demander aux autres s'ils voulaient bien l'accompagner dans ce qui serait une véritable épreuve pour lui. Il se décida quelques jours plus tard, encouragé par Barney. C'était un soir où tous s'étaient réunis au bar comme souvent, Evan au service comme à l'habitude. Seulement, personne n'avait manqué qu'il semblait un peu tendu.

- Eh Barney, interpella Caesar.

- Hum? répondit celui-ci en avalant la gorgée de bière qu'il venait de prendre.

- Il va bien Griffin? demanda-t-il. Il a l'air...

- Nerveux, compléta Billy.

- Il va bien, assura-t-il en se redressant.

Il jeta un coup d'œil à son amant qui servait une table à l'autre bout de la salle, se retournant ensuite vers les autres en prenant un air plus sérieux.

- En fait, il a un truc à vous demander et ça l'angoisse un peu, dit-il.

- Pourquoi? Il peut tout demander, répondit Lee. Y a un truc qui va pas?

- C'est un peu compliqué. Il va vous demander un truc vraiment très important pour lui. Ça va peut-être vous paraître complètement con sur le moment et stupide mais le premier qui rit ou qui le taquine sur la chose, j'le bute c'est clair? dit-il si gravement qu'ils restèrent surpris.

- Tu fais flipper là, posa Toll.

- C'est important pour lui et vous comprendrez vite pourquoi, expliqua-t-il. C'est un truc qui pourrait paraître puéril pour quelqu'un d'autre mais pas pour lui. Il vous expliquera lui même mais ne posez pas plus de questions que ce qu'il dira. Vous comprendrez tout plus tard.

Il n'en dit pas plus et tous restèrent très intrigués, se demandant de quoi il pouvait s'agir. Barney était rarement si sérieux et c'était bien la première fois que l'on voyait Griffin visiblement nerveux. Il fallut attendre la pause du jeune homme et même la fin de celle-ci pour qu'Evan se décide. Il était assis sur les genoux de Barney qui l'entourait d'un bras, comme toujours mais il était un peu tendu et ce fut en serrant l'une de ses mains dans l'autre qu'il commença finalement:

- Dîtes les gars, j'ai... un truc à vous demander, dit-il doucement.

- Vas-y, poussa légèrement Lee.

- J'ai... j'ai décidé de me faire tatouer le dos, expliqua-t-il, tout le dos. C'est Tool qui va le faire. Et je me demandais si vous accepteriez de venir avec moi pendant que j'me fais tatouer? demanda-t-il.

Tous restèrent un peu étonnés qu'il ne s'agisse que de cela, ne comprenant pas vraiment pourquoi un simple tatouage rendait Barney si sérieux et Evan si stressé. Pourtant un tatouage, même si c'était un peu douloureux, Griffin n'était pas douillet au point d'avoir besoin qu'on lui tienne la main pour ça. Et puis si cela lui faisait peur, pourquoi le faisait-il? Tous se posèrent immédiatement un millier de questions mais comme demandé par Barney, ils ne dirent rien. Ils ne comprenaient pas mais ça avait l'air très important pour le serveur qui n'osait même pas les regarder.

- On viendra, assura Gunnar en le soulageant visiblement.

- Ouais, pas de problème. Tu commences quand? demanda Lee.

- Lundi matin, répondit-il.

- Ok, on sera là, approuva Billy.

Tous suivirent et Evan se détendit, les remerciant en souriant avant de repartir poursuivre son service.

- C'était que ça? s'étonna Yin.

- Pour vous c'est « que ça » mais pour lui beaucoup plus, répondit Barney. Vous comprendrez pourquoi lundi.

Il n'en dit pas plus et tous restèrent franchement intrigués, se demandant comment un simple tatouage pouvait faire tant d'histoires. Aussi, ce fut très curieux qu'ils arrivèrent tôt chez Tool le lundi matin, accueillit par l'homme qui préparait justement son matériel. Ils se saluèrent, Barney et Evan encore absents.

- Dit Tool, il a quoi de si spécial ce tatoo pour que Griffin nous ait demandé ça? demanda Toll.

- Il avait l'air vachement tendu et Barney trop sérieux pour que ça soit normal, ajouta Lee.

- Il ne vous a pas dit, constata alors le tatoueur. Pas vraiment étonnant remarque, soupira-t-il. C'est pas vraiment un simple tatouage, commença-t-il alors que tous étaient attentifs. C'est beaucoup plus pour Griffin. Il va avoir besoin d'un énorme coup de main pour supporter. C'est pour ça qu'il vous a demandé de venir.

- Evan est pas si douillet, remarqua Gunnar.

- C'est pas la douleur physique le problème, répondit-il en les intriguant. Vous allez très vite comprendre pourquoi. Il va sûrement être franchement tendu et nerveux en arrivant. Fichez lui la paix et pas de moquerie, il a de quoi l'être. Pas de taquineries, c'est pas le jour.

- Vous êtes flippants toi et Barney sur ce sujet, dit Caesar.

- Ce qui est flippant, c'est le pourquoi Griffin fait ce tatouage et pourquoi ça le retourne, répondit-il. C'est pas possible d'expliquer avec des mots. Vous verrez tout à l'heure.

Tous restèrent vraiment surpris, un peu inquiets aussi pour que la chose prenne cette ampleur et ils échangèrent des regards pour se rendre compte que personne ne comprenait. Ce fut finalement la voix de Barney qui rompit le silence:

- Salut les gars, scanda-t-il joyeusement en entrant.

Tous lui rendirent en se retournant, un peu choqués de trouver Evan dans une attitude qu'ils ne lui avaient jamais vu. Il tenait fermement la main de Barney, tendu comme un arc, à moitié caché derrière lui, se mordillant la lèvre et le regard baissé vers le sol.

- Salut Griffin, salua doucement Tool en brisant le léger temps d'arrêt.

Celui-ci releva finalement les yeux pour les regarder.

- Salut, dit-il avec un sourire forcé.

- Allez vient, poussa Barney en le tirant doucement derrière lui, ça va bien se passer. On est tous là.

Griffin les balaya de nouveau du regard, cela semblant le rassurer un peu.

- Merci d'être venu les gars, dit-il alors.

- Pas de quoi, répondit Billy.

- Evan, tu nous dis ce qu'il y a maintenant? demanda Lee qui comme les autres était vraiment inquiet.

Griffin tourna le regard vers son homme, l'air incertain et Barney lui sourit.

- Tu n'as pas à t'inquiéter pour ça tu sais, dit-il. Ça ne changera rien pour personne ici. Ce sera comme pour moi et Tool.

- Ok, soupira finalement le jeune homme.

- J'ai déjà tout préparé, t'as plus qu'à t'installer, remarqua Tool en désignant son siège customisé pour faire penser à une grosse moto.

Evan suivit Barney jusqu'au siège et il retira sa veste, ses mains tremblant un peu. Le tatoueur rapprocha un chevalet avec une splendide toile dessus, la positionnant pour qu'il puisse la voir et que Griffin puisse la voir aussi.

- Tu vas lui faire ça? demanda Caesar.

- Ouais, acquiesça-t-il. Ma plus belle œuvre jusque là, dit-il avec fierté.

- C'est clair, acquiesça Lee. La classe, dit-il regardant Evan.

Il lui rendit un petit sourire crispé qui angoissa un peu les autres. Ce n'était vraiment pas normal de le voir dans un tel état. Il avait l'air d'avoir terriblement peur et d'appréhender comme jamais. Ils le virent peiner à déboutonner sa chemise et ce fut finalement Barney qui s'en chargea. Tous commencèrent à entrevoir le problème lorsqu'ils purent commencer à voir le torse d'Evan. Il était finement musclé mais cela passait au second plan quand on voyait la multitude de très grosses et graves cicatrices qui le parcouraient. C'était effrayant à voir. Il n'y avait presque pas de peau intacte et aucune de ces marques ne venaient de petites blessures. Connaissant désormais les grandes lignes de son passé, ils pouvaient aisément supposer d'où venaient ces cicatrices mais cela n'en restait pas moins très impressionnant. De telles cicatrices, en si grand nombre, c'était à se demander comment Griffin avait pu échapper à la mort jusque là. Mais le véritable choc fut lorsque Barney lui retira le vêtement et le poussa à prendre place à cheval sur le siège, mettant son dos bien en évidence. En un éclair, tous comprirent pourquoi ce tatouage était si important et pourquoi il serait si difficile. Tout devenait soudain évident quand on voyait les traces de centaines de coup de fouet, les injures gravées dans sa chaire. Tous restèrent choqués à cette vue terrible. Serrant les poings et grondant de colère, Lee rejoignit Evan à grands pas, s'accroupissant près de lui:

- Le nom de l'enfoiré qui t'a fait ça? demanda-t-il durement. On va aller l'buter.

- Pas la peine, répondit-il d'une petite voix.

- Il est déjà mort? demanda Gunnar qui s'était approché l'air aussi en colère que Christmas.

- Pas aux dernières nouvelles mais ça ne changera rien et c'était y a longtemps, dit-il.

- Un sadique pareil ne mérite pas qu'on soit indulgent, gronda Christmas.

- J'ai pas envie de revenir là dessus, expliqua-t-il. C'est pour ça que je fais ce tatouage. Pour tourner la page. Je vais remplacer... ça, dit-il avec un coup d'œil vers son dos, par ça, dit-il en regardant la toile de Tool. Ce dessin, c'est tout ce qui est important pour moi et un symbole d'une nouvelle vie. Mais ça me fait un peu flipper j'avoue, dit-il avec un petit rire tendu. Vous restez hein? demanda-t-il en regardant les deux hommes et en jetant un regard aux autres qui lui sourirent doucement.

- Bien sûr, acquiesça Billy qui s'était rapproché avec les autres.

Tous vinrent le rassurer rapidement alors que Tool se mettait en place derrière lui. Ils s'installèrent de manière à ce que Griffin puisse tous les voir. Le tatoueur mit un peu de musique de fond, prévenant tout le monde qu'il y avait des bières dans le frigo s'ils en voulaient. Il chaussa ses lunettes et alluma sa machine, prêt:

- On y va Griffin? demanda-t-il.

- Ouais, dit en prenant la main de Barney assis près de lui.

Dés les premières secondes, et si Evan ne bougea pas d'un cil, tous virent en regardant son visage qu'il se débattait déjà avec ce qui devait être des souvenirs. Et en effet, dés qu'il avait commencé à sentir la douleur du tatouage sur ses cicatrices, Griffin n'avait pu empêcher des flash back de prendre place devant ses yeux, revivant ces heures où son oncle avait déversé une haine sans nom sur lui, sans raison véritable. Même après toute ces années, après avoir vaincu Voldemort et abattu bien des criminels de grandes envergures bien plus impressionnants, il avait toujours une peur panique de Vernon. Une peur viscérale dont-il n'arrivait pas à se débarrasser. Et même un souvenir pouvait le faire paniquer. Il savait bien que si un jour, il se retrouvait face à l'homme, il ne serait plus le combattant endurcis qu'il était mais il redeviendrait certainement cet enfant détruit et abusé incapable de se défendre qu'il était à l'époque.

- Ev'? appela Barney en lui faisant relever le regard vers le sien de sa main libre. Reste avec nous ok? demanda-t-il fermement. Tu restes avec nous.

Evan acquiesça, se concentrant sur lui.

- Eh mais c'est notre emblème là, remarqua légèrement Caesar en attirant tout les regards sur la toile.

- Ouais, approuva Griffin. Je voulais que vous y soyez un peu, dit-il en les faisant sourire.

- Tout a une signification sur ce dessin, fit remarquer Barney.

- Tu nous expliques? poussa Lee.

Comme tous il avait bien compris pourquoi il était là. Evan avait besoin de soutient. Il avait besoin qu'on l'aide à tenir et à ne pas se perdre dans ses souvenirs de torture. Le faire parler du tatouage semblait être une bonne idée. Et cela fonctionna, Evan leur expliquant un peu le pourquoi de chaque chose. Lorsqu'il en vint aux symboles de Sirius, Severus, Lily et James, ce fut tout naturellement qu'il se mit à parler un peu d'eux, une nostalgie profonde prenant place sur son visage. Une heure passa, puis deux, puis trois alors que Lee avait fini par prendre la main libre d'un Evan de plus en plus silencieux et pâle. Il avait posé son front sur le siège devant lui, cachant son visage et répondant à peine quand on lui parlait. Barney se mit à caresser ses cheveux, lançant un regard significatif à Tool pour lui faire savoir qu'il fallait arrêter là pour aujourd'hui. Celui-ci acquiesça, déjà impressionné par la résistance dont-il faisait preuve à cette première séance. Il termina ce qu'il faisait avant de nettoyer son dos du surplus d'encre et de faire les soins nécessaires. Dans le même temps, Barney entendait son amant se mettre à marmonner des choses quasi inaudibles. Il se rapprocha alors pour mieux entendre:

- Stop... je vous en supplie stop..., disait-il avec une peur et une douleur palpable. Arrêtez... ça fait mal... je serais sage...

Entendant cela, Barney comprit sur le champs que son amant avait fini par tomber dans le souvenir d'une de ses séances de torture, inquiet et furieux contre le ou les ordures qui lui avaient fait ça.

- Qu'est-ce qu'il dit? demanda Lee qui tentait d'entendre.

- T'as pas envie de savoir, répondit Barney en les inquiétant. Ev'? Eh Ev'? appela-t-il fortement en venant prendre ses joues dans ses mains pour lui relever le visage.

Tous se figèrent en voyant les larmes qui coulaient de ses yeux troublés, son expression montrant une douleur et une peur lancinantes.

- Ev'? appela de nouveau le chef d'équipe inquiet.

- Evan? renchérit Christmas.

- Je suis désolé..., bredouilla-t-il entre deux sanglots, j'le ferais plus... promis... je serais sage...

Tous se figèrent, Barney exclu qui seul savait qu'une grosse partie des cicatrices de son dos et en particulier les inscriptions ne venaient pas de la guerre ou de sa carrière de combattant mais de bien avant. Mais en entendant ça, tous eurent peur de saisir. C'était la voix d'un gosse paniqué qu'il avait à cet instant. Tool termina bien vite pour ne plus toucher son dos, se levant ensuite pour rejoindre les autres devant Griffin.

- Ev'! s'exclama fermement Barney en le faisant sursauter.

Il sembla enfin commencer à revenir à lui, fixant son amant dans les yeux l'air perdu et confus.

- La bébé, continua Barney plus doux. Regarde moi. Je suis là. Tout va bien. N'y pense plus, dit-il en caressant ses joues de ses pouces.

- Barney? répondit-il la voix brisée.

- Ouais, je suis là Ev', ça va, assura-t-il. T'es en sécurité. Je laisserais plus personne te faire de mal ok? Tout va bien. On arrête là pour aujourd'hui. On va rentrer à la maison. Tu veux?

Evan approuva vivement de la tête, se penchant un peu vers lui et il ne se fit pas prier pour venir déposer un baiser léger sur ses lèvres.

- Tien Griffin, intervint Tool en lui amenant un verre d'eau fraîche, bois un peu ça va te faire du bien.

Le remerciant d'une petite voix alors que ses larmes coulaient encore et qu'il avait l'air bien fragile à cet instant, Evan but quelques gorgées, sa main tremblant visiblement en tenant son verre. Il sursauta vivement quand Billy vint délicatement poser sa chemise sur ses épaules mais il la resserra bien vite autour de lui d'une main, baisant la tête alors que Tool récupérait le verre. Barney se rapprocha de lui en voyant qu'il tremblait et respirait plus fort.

- Ev'? appela-t-il avec angoisse.

- J'veux rentrer à la maison, supplia-t-il en relevant le regard vers lui.

- On rentre et je vais te faire du chocolat chaud, sourit son compagnon se faisant rassurant.

Cela sembla détendre un peu Griffin et soudain, ses yeux roulèrent et il s'effondra contre Barney qui le rattrapa bien vite.

- Ev'?! s'écria-t-il alors que tous avaient sursauté en voyant ça.

Immédiatement, ils vérifièrent qu'il respirait bien et que son cœur battait, se rassurant finalement un peu en comprenant que l'épreuve avait eu raison de lui et qu'il s'était évanouis. Aidé de Billy, Barney lui repassa sa chemise et le couvrit de sa veste avant de le soulever dans ses bras, le calant contre lui avec précaution.

- Je vais rentrer avec lui et le mettre un peu au lit, dit-il aux autres.

- Il a quand même vachement bien tenu pour une première séance, soupira Tool. Je pensais pas qu'il tiendrait une heure.

- Eh Barney, interpella Lee sombre. Ce qu'il a dit... ces cicatrices dans son dos... elles viennent pas de la guerre ou ces trucs là pas vrai? demanda-t-il alors que tous se posaient la question.

- Nan, confirma-t-il. Elles viennent d'avant. Quand il était gosse, dit-il en les choquant. Il a vraiment eu une vie de merde, dit-il en serrant les dents.

- T'as les noms des salopards en question? demanda Gunnar.

- Nan, il veut pas le dire. Je vais rentrer et m'occuper de lui. Il avait posé un congé aujourd'hui parce qu'on se doutait que ça serait difficile. Mais s'il a envie, on ira boire un verre ce soir pour lui changer les idées.

- On sera là, assura Billy.

Barney s'en alla alors, ayant pris sa voiture cette fois en sachant que la moto n'était pas une bonne idée pour aujourd'hui, et il rentra chez lui avec son amant, allant l'allonger dans son lit et prenant place avec lui pour attendre son réveil. Chez Tool, un silence lourd été tombé, tous réalisant l'ampleur qu'avait ce tatouage.

- Je vous l'ai dis, c'est pas la douleur physique le problème, soupira Tool.

- Alors à tout le reste, il faut ajouter la maltraitance quand il était gosse, remarqua Lee énervé contre le malheur qui semblait s'être acharné sur leur ami.

- C'est à se demander comment il peut encore être aussi gentil, bienveillant et fort, posa Caesar.

- C'est ça qui fait tout Griffin si vous voulez mon avis, répondit Tool. C'est vraiment un gars en or. J'espère que ce tatouage va l'aider à se sentir mieux.