Chapitre 8 :

Tentative de recrutement

Les Expendables étaient sur le chemin du retour après un contrat rempli sans anicroche, Barney ayant choisi quelque chose de relativement simple pour leur première ensemble, lorsque le chef d'équipe avait reçu l'appel de Tool. Tous dans l'avion l'avaient vu se décomposer alors qu'il riait juste avant, pâlissant un peu. Il avait rapidement raccroché pour bondir aux commandes de l'avion, retirer le pilote automatique et mettre les gaz, inquiétant les autres.

- Qu'est-ce qu'y s'passe Barney ? demanda alors Lee en prenant place à côté de lui alors que tous se rapprochaient de la cabine de pilotage. Qui c'était ?

- C'était Tool, dit-il gravement. Il y a eu une attaque au Rusty's, lâcha-t-il en choquant tout le monde.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Caesar soudain aussi inquiet que tous.

- Il sait pas. Il a juste dit que le bar s'était fait défoncer, qu'il y avait des flics partout, répondit-il fébrile. Il pouvait pas entrer.

- Evan ? demanda Lee.

- Il sait pas. Il l'a pas vu, dit-il en tendant un peu plus tout le monde alors que lui même serrait les dents.

Ce fut plus vite que jamais que Barney parcourut le reste du chemin, tous sentant son angoisse terrible alors qu'il ne fallait plus lui parler. Il posa l'avion en vitesse une fois à destination et on le vit ensuite partir en courant comme un dingue pour se débarrasser de ses armes et se changer vite fait, tous tentant de le suivre. Ce fut en un temps record que tous sautèrent sur les motos pour prendre le chemin du bar, se fichant complètement des limitations de vitesse. Tous furent choqués en arrivant en vu du Rusty's quelques heures après l'appel de Tool. C'était comme si une bombe avait explosé à l'intérieur. Les fenêtres étaient complètement soufflées comme la porte, la façade un peu abîmée, l'enseigne ayant visiblement éclaté. Barney sauta purement et simplement de sa moto sans prendre la peine de la garer, la laissant tomber sans cérémonie alors qu'il courait déjà vers le bar. Et tous suivirent rapidement. L'intérieur du Rusty's était encore pire à voir. Il y avait des traces de débuts d'incendie, d'explosions... Le mobilier était fracassé presque entièrement, la vaisselle en miette comme les bouteilles d'alcool et quasiment tout. Et il y avait de larges traces de sang partout.

- Ev' ! s'exclama Barney en courant vers la porte menant à l'appartement.

La bande lui emboîta le pas, tous ayant bien compris que ça n'avait pas été une simple altercation. Rapidement, Barney déboulait dans l'appartement, paniqué. Il balaya la pièce de vie des yeux, trouvant son compagnon dans le canapé avec Tool et Pimousse. Evan était pâle et transpirant, prit de fièvre et tremblant un peu, une grimace au visage. Mais cela ne l'empêcha pas de lui adresser un petit sourire en le voyant.

- Ev' ! dit-il en se réveillant et en accourant vers lui alors que les autres entraient derrière lui.

Il vint s'asseoir à côté de lui, le scrutant sous toutes les coutures.

- Tu es blessé ? demanda-t-il en passant une main dans ses cheveux.

- Nan, ça va, répondit Evan en se penchant vers lui.

Barney ne se fit pas prier pour le prendre contre lui et l'enfermer dans ses bras, embrassant sa tête.

- Crise ? demanda-t-il en voyant bien son état.

- Ouais, acquiesça-t-il en grimaçant.

Immédiatement, Barney fit de son mieux pour l'installer le plus confortablement possible contre lui, attrapant le linge posé au bord d'une bassine d'eau fraîche non loin, l'humidifiant et venant le rafraîchir délicatement. Il le serra, très inquiet alors que les autres refermaient là porte et les rejoignaient au salon, les nouveaux ne sachant rien de la santé d'Evan le regardant avec angoisse.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Lee en prenant place près du couple et en scrutant Evan.

- Officiellement, braquage musclé, répondit doucement Griffin. En réalité, équipe de nettoyage.

- Équipe de nettoyage ? releva Galgo aussi surpris que les quatre autres jeunes recrues.

- Tu sais qui ?

- Mes derniers employeurs, répondit-il. Ils ont dû se souvenir que j'existais et que j'en savais beaucoup sur leurs vilains p'tits secrets, dit en grimaçant.

- Ils t'ont touché ? demanda Gunnar l'air dangereux.

- Te fous pas d'moi, sourit Griffin un peu moqueur. C'est pas la quinzaine d'amateurs qu'ils m'ont envoyé qui va m'inquiéter. J'étais presque vexé qu'on puisse penser que ça suffise, dit-il en les amusant. Je les ai explosé. C'est juste que mon corps suis plus pour faire ce genre de truc.

- Repose toi bébé, pria Barney le tenant contre lui.

On laissa un moment à Evan. Toll lui apportant à boire alors que tous s'installaient dans la pièce.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda Mars inquiet pour Griffin visiblement mal.

Caesar lui demanda d'un regard s'il pouvait leur répondre et il acquiesça :

- Evan a donné dans le même domaine que nous, commença-t-il alors. Il a fait la guerre, il a été dans des forces d'interventions spéciales nationales et internationales, dit-il en surprenant les cinq derniers arrivés. Il était très bons mais il a tellement donné que sa santé suivait plus alors il a arrêté. Il a été lourdement blessé plusieurs fois et de temps en temps, ses séquelles remontent à la surface et provoquent des crises plus ou moins violentes comme celle là. C'est pour ça qu'il vaut mieux qu'il évite de se battre ou de faire le casse-cou.

- Ça va aller ? demanda Luna en le voyant grimacer.

- Ouais t'inquiète. J'ai l'habitude, répondit-il.

- T'as rien à prendre comme médoc ? demanda Doc.

- Nan, y a rien qui marche. On peut juste attendre que ça passe, dit-il en s'appuyant sur Barney.

- Tu crois qu'ils vont revenir ? demanda Lee.

- C'est pas la bonne question, répondit Evan. La question c'est pourquoi ils ont attendu aussi longtemps pour venir ? Ça fait sept ans que j'ai quitté les forces spéciales sans avoir une seule tentative du genre. Bon d'accord, je me suis arrangé pour qu'on ne puisse pas savoir où j'étais mais ils auraient pas mis si longtemps à me retrouver. J'ai une montagne d'ennemis qui auraient des raisons de me préférer mort. S'ils bougent aujourd'hui, c'est qu'il se passe un truc et que je pourrais gêner. Alors ils vont p't-être revenir d'une manière ou d'une autre.

- Qui est-ce qu'on doit aller dézinguer pour qu'ils t'fichent la paix ? demanda Gunnar.

- C'est pas si simple. Là c'est pas une personne qui faudrait dézinguer c'est des organisations entières et ça ferait qu'empirer les choses, répondit-il. Soit ils m'ont un jour ou l'autre, soit ils lâchent l'affaire. C'est tout c'que j'peux espérer pour avoir la paix.

- On va gérer, assura Barney en le serrant avec protection.

- J'm'inquiète pas pour ça, je sais comment ils fonctionnent. Juste, faîtes tous gaffe à vous, ils seraient capables de tenter de vous attaquer pour m'atteindre s'ils se rendent comptent qu'on est ami, dit-il alors que tous échangeaient des regards dans la pièce.

- T'en fait pas, on est des grands garçons on sait s'défendre, répondit Lee alors que tous acquiesçaient.

Evan sourit entre inquiétude et confiance. Il savait que les sorciers risquaient de s'en prendre aux siens mais s'en prendre à des moldu c'était ouvrir la porte à de gros problèmes. Surtout si c'était bien la Confédération qui avait envoyé l'équipe et il n'avait que peu de doutes. Si c'était une organisation officielle qui était en cause, leur marge de manœuvre était très serrée et s'attaquer à des moldus très risqué. D'autant plus si on prenait en compte que le gouvernement américain était de son côté. Si en revanche c'était autre chose, des mercenaires ou un tueur à gage, une vengeance ou autre chose, il y avait plus de risques mais lui avait aussi bien plus marge de manœuvre. Il savait qu'il y avait un risque pour eux mais ce n'était pas aussi terrible qu'on aurait pu l'imaginer sans compter que ses ennemis y réfléchissaient à deux fois avant de s'attaquer à lui maintenant.

- C'était qui les flics que t'a appelé ? demanda Tool. Ils avaient l'air bizarre.

- Gardez le pour vous mais c'était pas des flics, ils se faisaient juste passer pour des flics, dit-il en les surprenant tous. Pour éviter le grabuge.

- Alors c'était qui ? demanda Barney.

- C'était des agents qui donnaient dans le même domaine que moi. Quand je suis arrivé en Amérique, j'ai rencontré les autorités ici pour signaler que j'étais là. Ils me connaissent, ils savent bien que je suis susceptible de subir ce genre de descente alors ils ont mis en place un moyen de les appeler rapidement. Je les ai appelé tout de suite en comprenant et ils sont venus très vite même si j'en avais quasiment fini avec mes invités surprises. Ils sont efficaces, ils vont chercher d'où ça vient et s'en occuper.

Cette explication laissa les autres pantois, amenant une autre question :

- Tu faisais quoi exactement avant pour avoir ça ? demanda Smilee. Tu donnais dans quel domaine au juste ?

- Dans le genre compliqué et top secret, dit-il en grimaçant et en retenant un gémissement douloureux.

- Repose toi Ev', interrompis Barney. On n'a pas à savoir si tu ne peux pas ou ne veux pas le dire. Juste, tu nous tiens au courant et tu nous appelles au moindre problème. On en reparlera plus tard. Pour le moment, tu te reposes jusqu'à ce que la crise soit passée, dit-il en donnant un regard éloquent aux autres.

- Ils ont dévasté le bar ces crétins, remarqua Evan faiblement alors qu'il tremblait dans les bras de son compagnon.

- On réparera, c'est pas grave Ev'. Le principal, c'est que t'ailles bien, dit-il en le serrant alors que tous sentaient qu'il était très inquiet.

Tous laissèrent Griffin tranquille alors qu'il se reposait contre Barney, tremblant et pâle. Barney ne laissa d'ailleurs plus personne l'interroger, veillant sur lui et le rafraîchissant régulièrement. La seule chose qui semblait inquiéter vraiment Evan était l'état du bar, presque invraisemblable au vue de la tentative de meurtre qu'il venait de vivre. Et cela marqua un peu plus le fait que cela n'avait rien de nouveau ou d'inhabituel pour lui. Une fois assuré que Evan allait bien, une partie de l'équipe retourna à la base pour ranger leur matériel qu'ils n'avaient pas pris le temps de décharger, nettoyer et ranger dans la précipitation. Seul Lee et Gunnar restèrent avec Tool et le couple, veillant sur Griffin dont la crise ne semblait pas vouloir passer. Ce ne fut que dans la soirée, alors que tous étaient revenus, les nouveaux arrivant de plus en plus inquiets devant l'état du compagnon de leur chef, que la crise passa enfin, le laissant épuisé dans les bras de Barney.

- Tu as besoin de dormir maintenant, remarqua alors celui-ci. On va manger et aller se coucher.

- Tu veux qu'un ou deux d'entre nous reste au cas où ? demanda Lee inquiet pour leur sécurité.

- Pas la peine, répondit Griffin la voix faiblarde. Ils reviendront certainement pas tout de suite loin de là. On risque rien pour le moment.

- Sûr ? demanda Caesar.

- Ouais, ça va, répondit-il. Rentrez dormir chez vous. Vous d'vez être crevés après ce contrat.

- Ok mais vous appelez s'il y a quoi que ce soit.

Le couple approuva et tous s'en allèrent finalement, les laissant seul.

- T'es sûr qu'ils t'ont pas touché hein ? demanda Barney.

- Ils ont pas eu l'occasion, répondit Evan en le faisant sourire. C'est juste la crise que ça a déclenché. J'vais bien maintenant.

- Ok. Qu'est-ce que tu dirais d'un bain chaud pour te délier les muscles ? Je te ferai un massage, dit-il en embrassant sa tête.

- Avec plaisir, sourit Evan malgré sa fatigue. Tu m'as tellement manqué.

- Toi aussi bébé. Alors un bon bain avec massage, un dîner et ensuite on va dormir, posa l'aîné.

Et ce fut donc leur programme de la soirée, Evan sentant sans mal que son homme avait eu très peur pour lui. Le lendemain, ce fut relativement tôt que Griffin se réveilla. Il glissa hors du lit sans réveiller Barney qui avait veillé une bonne partie de la nuit pour s'assurer qu'il allait bien. Il alla s'habiller rapidement, quelques courbatures le faisant grincer des dents, avant de descendre au bar, soupirant lourdement en voyant les dégâts à la lumière du petit matin. Il fit le tour de la salle telle une âme errante, triste, avant de se secouer et d'aller chercher un balai pour commencer à nettoyer. Il y travailla à peine une demi heure avant de voir Gunnar arriver. Ce fut sans un mot qu'il entreprit de l'aider et Evan le remercia d'un sourire. Progressivement, la bande entière arriva, prenant de ses nouvelles avant de se mettre à aider. Ils demandèrent où était Barney et il expliqua qu'il dormait après avoir veillé sur lui une bonne partie de la nuit. Ce fut avec émotion que Griffin vit aussi arriver des habitués qui venaient proposer leur aide pour remettre de l'ordre et réparer, ayant appris dans la presse locale qu'il avait été victime d'un violent braquage. L'affaire avait d'ailleurs déjà fait le tour du quartier et des habitués, voir de la ville, le Rutsy' plutôt connu. Lorsque Barney se réveilla et les rejoignit, il trouva une véritable petite armée au travail dans le bar, venant aider à son tour. Evan fut encore plus touché lorsqu'il apprit que les habitués, les gens du quartier qui l'appréciaient, avait mis en place une cagnotte pour l'aider à remettre en état. Certains artisans parmi ses clients venant proposer leurs services pour les réparations. Cet épisode d'abord plus que désagréable vira bien plus positivement pour Evan qui expérimenta pour la première fois une telle générosité et une telle entraide, cela le touchant beaucoup alors qu'encore une fois, il se disait qu'il avait une belle vie ici, une vie qu'il ne voulait plus quitter.

Lorsque Barney le vit sévèrement fatiguer en fin d'après-midi, encore affaiblis par l'attaque et la crise, il l'obligea à s'asseoir et à s'arrêter là pour aujourd'hui. Il ne restait alors plus que la bande dans le bar et tous appuyèrent Barney, lui disant de rester assis. Toute la journée, tous avaient vu à quel point l'état du bar l'avait atteint. Il regardait souvent autour de lui l'air infiniment triste et abattu. Cela faisait un moment qu'on le voyait pâlir, trembler un peu et grimacer, ce qui n'avait rien d'étonnant après l'attaque, la crise et cette journée de ménage et de rangement. On le pria donc de rester assis tranquillement, Luna lui amenant quelque chose à boire. Il la remercia, regardant ensuite les autres terminant de ranger. Une fois vidé des débris et nettoyé, il ne restait vraiment plus grand chose dans le bar et cela le fit soupirer lourdement. Ce fut un nouvel arrivant entrant et faisant tomber le silence qui attira son attention. Il se tourna pour voir de qui il s'agissait alors que Lee avançait déjà vers l'inconnu avec suspicion.

- Chef Alsman, remarqua-t-il alors en restant assis à sa place.

- Tu le connais ? demanda Caesar.

- Ouais, ne vous en faîte pas, sourit-il en rassurant les autres.

- Bonjour monsieur Griffin, salua respectueusement l'homme. J'ai à vous parler si vous le permettez.

Evan acquiesça et désigna une chaise. Le chef des aurors le rejoignit et prit place en face de lui à la table pliante installée là pour les pauses. Griffin donna un regard rassurant aux autres qui observaient l'homme avec méfiance et ils se détournèrent non sans garder un œil sur eux. Ce fut sans mal que Evan sentit l'auror placer un sort autour d'eux pour que personne ne puisse comprendre leur conversation. Les autres pourraient vaguement entendre leurs voix mais ils ne pourraient pas comprendre ou lire sur leurs lèvres. Il reprit toute sa neutralité et son assurance face à lui, se redressant le visage grave.

- Vous avez du nouveau ? questionna-t-il.

- Oui, approuva-t-il. Nous n'avons pas de preuves mais tout porte à croire que vous avez raison et que cette attaque venait de la Confédération.

- Qu'avez vous ?

- Nous n'avons encore rien tiré de ceux que nous avons arrêté. Ils sont évidement liés par serment. Mais nous poursuivons et poursuivrons les interrogatoires ne serait-ce que pour tenter de tirer quoi que ce fut qui aurait été oublié dans les serments.

- Dirigez bien vos questions et vous obtiendrez beaucoup, assura-t-il. J'imagine que vous avez pu en identifier au moins quelques-uns ?

- Les morts oui, approuva-t-il. Grâce aux Gobelins. Tous européens. En annonçant les décès, nous sommes allés interroger les familles subtilement. Beaucoup n'ont rien dit, je pense qu'ils étaient sous serment de secret.

- Très certainement. La Confédération oblige ses petits aurors de l'unité d'intervention à garder le secret complet sur leur travail et fait assermenter les proches au courant. Cela s'est mis en place sur la fin de ma carrière là bas.

- Mais il y avait tout de même une personne qu'ils ont dû oublier, un cousin de passage d'un de vos attaquants qui nous a confirmé maladroitement qu'il s'agissait d'un auror d'élite de la Confédération. Nous avons contacté la Confédération l'air de rien pour leur demander s'ils avaient des informations. Premièrement, ils n'ont pas semblé étonné que vous ayez été attaqué de la sorte et ils ont nié connaître vos agresseurs. Deuxièmement ils ont nié en bloc être relié à vos attaquants. Trop farouchement à mon goût. Ils s'en sont offusqués, disant que jamais ils n'attaqueraient le grand héros que vous êtes de la sorte. Ils en ont fait vraiment trop et ont même proposé d'enquêter eux mêmes sur la chose.

- Je vois, ricana Evan.

- Je pense que nous allons entendre parler d'eux rapidement. Nous n'avons pas de preuve formelle mais tout semble relier vos agresseurs à la Confédération et aux aurors d'élites internationaux. Je crois que vous avez raison mais je ne pense pas que l'on puisse prouver quoi que ce soit.

- Cela m'étonnerait aussi.

- Ils sont entrés dans le pays clandestinement et ne portaient aucun signe distinctif sur eux.

- Et bien s'ils ont envoyé des amateurs en combat, ils n'auront au moins pas envoyé des idiots, ou pas trop idiots, s'amusa-t-il.

- Voulez vous engagez des poursuites ?

- Non. Je m'en fiche royalement, dit-il en le surprenant. Et puis je ne veux pas remettre un pied dans le monde magique. J'ai fermé cette porte il y a des années déjà et je préfère ma vie actuelle.

- Je me demande bien pourquoi ? soupira l'auror en jetant un coup d'œil aux moldus.

- Veillez attentivement à ce que vous faîte et ce que vous dîtes en ma présence chef Alsman, posa-t-il froidement. Je sais que les sorciers américains n'aiment pas trop les moldus mais je vous défend de médire sur ceux qui sont mes amis aujourd'hui. Vous n'avez même pas idée de la valeur immense qu'à cette vie ici avec eux loin du monde magique.

- Veuillez m'excusez Milord, répondit-il sur le champs penaud. Je sais que cette vie doit être un soulagement pour vous après tout ce que vous avez vécu. Je trouve seulement que vous perdre est un grand malheur pour le monde magique. Les anglais et les ignorants ont beau dire ce qu'ils veulent, je sais quel héros et quel grand homme vous êtes. Je trouve terrible que vous soyez si dégoutté de nous maintenant.

- Mais c'est ainsi, posa-t-il fermement. Je suis plus que fatigué du monde magique alors si vous avez le moindre respect pour moi, acceptez mon choix. Je crois avoir largement fait ma part.

- Et bien plus encore. Je comprend et j'accepte votre choix. J'enrage juste contre ceux qui vous ont tant malmené quand vous tentiez de donner tout ce que vous aviez pour la paix et l'entente. Entre la guerre anglaise et vos nombreuses interventions en tant qu'auror de la Confédération, on peut aisément dire que vous avez sauvé le monde magique plus d'une fois alors que vous avez eu la vie difficile depuis l'enfance.

- Qu'est-ce qui vous fait croire ça ? demanda-t-il presque dangereusement.

Presque personne ne savait pour son enfance et le monde magique avait toujours cru qu'il avait grandi comme un prince et le peu de gens qui avaient su n'avaient aucun intérêt à le dire.

- Votre biographie, répondit-il l'air confus.

- Ma biographie ? Je ne savais même pas qu'il y en avait une. Je vous signale chef Alsman, que je ne vis plus du tout dans le monde magique et que je ne cherche en rien à m'informer sur la chose pour quoi que ce fut.

- Et bien, c'est un duo de journalistes écrivains qui a longuement fait des recherches sur vous et sur votre vie pour écrire votre biographie. Il y en a eu beaucoup j'en conviens qui avaient toute la version officielle. Une version pleine d'incohérences pour les lecteurs éclairés. Et puis il y a eu celle-ci parus il y a un peu moins de deux ans. « Les Chroniques de l'Ange de l'Ombre » c'est son titre. Offria et Dakara Blenn, sœur et frère en sont les auteurs. Vous les avez sauvé...

- En Australie magique, coupa-t-il. Il y a environ sept ans au cours d'une opération contre un mage chef de secte terroriste qui avait pris le contrôle de nombreuses communautés et qui installait un régime de terreur. Je les ai trouvé durant l'assaut du QG de ce fou. Ils devaient être supprimé parce qu'ils tentaient de révéler au monde les horreurs que ce taré commettait.

- Vous vous souvenez, s'étonna l'auror.

- Je me souviens d'absolument tout ce que j'ai fait dans ma vie chef Alsman. Continuez.

- Ils ont été extrêmement reconnaissant envers vous pour ce que vous avez fait en Australie et pour leur avoir sauvé la vie. Ils expliquent dans leur livre qu'à l'époque, ils ne vous connaissaient que de nom et par ce qu'on disait « officiellement » de vous. Ils n'ont pas pu croire que l'ange qu'ils avaient rencontré le jour où vous les avez sauvé, soit l'être avide de pouvoir, orgueilleux et manipulateur que tous décrivaient, que les livres décrivaient. Alors ils se sont mis à enquêter sur vous sur votre vie, sérieusement et ils sont de très bons enquêteurs et journalistes en plus d'être de très bons sorciers et ils sont tenaces. Ils ont enquêté cinq ans durant et se sont mis à dos bien du monde. Ils racontent les tentatives d'assassinats, de les faire taire, les tentatives de corruptions et autres pots de vins que bien du monde a tenté pour les faire stopper mais cela n'a fait que les encourager. On soupçonne même la Confédération et plusieurs gouvernements et organisations d'être après eux. Ils se cachent on ne sait où. Leur livre a parût dans plusieurs pays comme les États-Unis et leur version est très différente de tout ce que l'on avait vu avant. Différente et bien plus réaliste. Elle a fait changer beaucoup d'avis à votre égard et fait douter bien du monde sur bien des choses. Leur livre parle de votre enfance chez les Dursley, de votre parcourt à Poudlard, de la vie de Voldemort... de tout bien qu'il manque les choses dont vous seul êtes le gardien. Et vous seul pourriez dire s'ils sont proches ou non de la vérité. L'important et que ce livre a fait changer bien des avis sur vous et révélé bien des choses.

- S'ils ont écris la vérité uniquement, souffla-t-il. Mais je doute franchement qu'ils aient pu vraiment trouvé la vérité. Je me fiche de tout cela désormais. Revenons à nos affaires voulez vous. Que se passe-t-il donc en ce moment pour que subitement, la Confédération se souvienne de mon existence ? Dîtes moi ce que j'ai besoin de savoir pour mettre un terme à cela ou le cas échéant, gérer la situation.

- Et bien, la situation du monde magique est de nouveau très instable, mondialement cette fois. Il y a d'abord la Coalition de mages blancs extrémistes d'Europe de l'ouest. Elle rassemble plusieurs pays contre tout ce qu'ils considèrent comme noir et contre les créatures magiques. Cela va plutôt mal là bas. Cette Coalition a l'Angleterre et sa Ministre, Hermione Granger-Weasley, en figure de proue. Ensuite, il y a la Confédération avec la Manitou Thomas à sa tête qui veut réunifier et gouverner le monde magique entier, avec une suprématie de la puissance magique et une philosophie de magie ancienne pervertie. Ils ont déjà une bonne partie de l'Europe de l'est, la Russie, le moyen orient et le nord de l'Afrique sous leur coupe. Il y a aussi la Résistance, au niveau mondial qui lutte contre les deux avec un vampire du nom de Ashton Realers à sa tête qui a de nombreux partisans et des pays puissants qui le soutiennent : Japon, Mexique, Amérique du Sud, Chine, Inde et Océanie en dehors de l'Australie. Et à côté de tout cela, il y a les états neutres, ou encore indécis, comme notre pays. Tous s'affrontent plus ou moins ouvertement en ce moment. D'abord par la politique, la propagande et autres coups fourrés dans l'ombre. Puis les combats ont commencé entre les trois premiers groupes qui se trouvent pour le moment de force équivalente en tout point. Alors peut-être que la Confédération a voulu s'assurer que vous n'aideriez pas leurs ennemis.

- Peut-être, dit-il en réfléchissant un moment.

Le chef des aurors le laissa à ses pensées un moment, respectueux.

- Cette pagaille sans compter tout ceux qui en profitent à côté, remarqua-t-il finalement. J'ai vraiment bien fait de quitter ce bordel. On se décarcasse et on risque sa vie pour donner la paix à un monde qui n'en veut vraisemblablement pas, dit-il avec amertume. Ils n'apprendront jamais. Tout cela ne me concerne plus, affirma-t-il finalement en plantant son regard dans celui de l'auror. Je verrai bien s'ils reviennent ou non et si c'est le cas, j'aviserai.

- Et bien entendu, vous pourrez compter sur les aurors Américains. Appelez nous au moindre problème.

Evan acquiesça simplement, froid.

- Nous allons continuer les investigations et surveiller très attentivement les entrées dans le pays. Je vous tiendrez au courant de la moindre chose.

- Bien, merci d'être venu chef.

- C'est normal Milord. Au revoir, dit-il en se levant et en lui donnant un respectueux signe de tête.

Griffin lui rendit le geste avec neutralité alors qu'il annulait la magie les entourant et il le regarda s'éloigner vers la sortie, attentivement observé par Barney et les autres. Il allait sortir lorsque Evan l'interpella :

- Chef Alsman ! appela-t-il en le faisant se retourner.

- Oui monsieur ?

- Soyez gentil et rembarquez vos hommes que vous avez postés partout autour de chez moi, dit-il en surprenant tout le monde.

- Comment savez vous qu'ils sont là ? demanda-t-il surpris.

- Vous oubliez à qui vous parlez, répondit Evan avec un sourire amusé alors qu'il soupirait. Rembarquez les. Ils n'ont rien à faire là.

- C'est pour votre protection monsieur, plaida-t-il.

- Je ne veux pas de votre protection, répondit-il bien plus froidement. Je ne veux voir aucune personne de cette... catégorie près de chez moi. Et je peux me défendre tout seul merci.

- Mais monsieur, après une telle attaque, d'autres viendront sûrement, plus nombreux et …

- J'ai dit : rembarquez vos hommes chef Alsman. S'ils savent où j'habite, ils vont certainement surveiller. Ils verront que vous êtes là et ils viendront plus nombreux avec plus de moyens. Il vaut mieux que vous ne veniez que si je vous appelle. Sans parler que votre présence leur ouvrirait plus de portes et vous le savez. Et je ne veux personne autour de chez moi à m'espionner ou à regarder tout ce que je fais en me suivant partout. J'ai quitté ce monde là Chef Alsman, ce n'est pas pour être suivi par des agents de la sorte. Je saurais me débrouiller en cas d'attaque et je vous appellerai c'est promis. On ne sait même pas s'ils reviendront. Cette attaque avait peut-être un autre but. Vous me laissez gérer ça à ma manière. J'apprécie votre bonne volonté mais vous ne savez pas où vous mettez les pieds. Alors vous rembarquez vos hommes ou c'est moi qui les force à rentrer. C'est clair ?

- Très bien, abdiqua-t-il en soupirant. Mais appelez à la moindre alerte.

- Ne l'ai-je pas déjà fait l'autre jour ? répondit-il.

- Si mais je sais que vous ne vous êtes que trop souvent battu seul dans le passé, remarqua-t-il sérieusement. Appelez de l'aide, ce n'est ni dans vos habitudes, ni un réflexe, ni une priorité pour vous ou une nécessité. Je parie que vous ne nous avez appelé l'autre jour que pour nous tester, savoir si l'on viendrait vraiment vous aider ou si nous vous laisserions tomber comme les autres. Même si nous avons répondu, je sais que vous n'avez pas confiance en nous et que vous n'accepterez peut-être pas notre aide. Je sais que vous voulez quitter ce monde là plus que tout mais il va vous poursuivre encore un moment il me semble. Ceux qui en ont après vous ne lâcheront pas si facilement, vous le savez. Mais vous devez aussi savoir que ceux d'entre nous qui vous respectent pour tout ce que vous avez fait dans votre vie, tout ce que vous avez sacrifié ou subi, veulent aussi vous aider s'ils le peuvent. Alors appelez, je vous en prie.

- J'appellerai, répondit-il, mais de votre côté, ne faîte pas l'erreur des autres.

- Quelle erreur ? Je ne vous sous-estime pas.

- Je sais, mais ce n'est pas de ça dont-il s'agit. L'erreur est de ne pas m'écouter et ne pas laisser les choses se faire à ma manière. Alors faîte ce que je dis.

- Oui monsieur, dit-il alors en inclinant la tête.

- Allez et rembarquez vos hommes.

- D'accord, au revoir, dit-il en se détournant et en quittant finalement le bar.

Evan se détendit lorsqu'il fut parti, s'affalant dans sa chaise, soupirant lourdement. Il fut vite rejoint par les autres, inquiétés par le bout de conversation qu'ils avaient entendu avant que l'inconnu ne s'en aille.

- Ev', ça va ? demanda Barney en le trouvant un peu trop pâle à son goût.

- Cette histoire va m'épuiser, répondit-il l'air abattu.

- C'était qui ce type ? demanda Gunnar.

- Celui qui est venu m'aider avec les autres abrutis d'l'autre jour et qui enquête là dessus, répondit-il en se penchant vers Barney se tenant debout près de lui et qui l'entoura immédiatement d'un bras.

- Il avait du nouveau ? demanda-t-il.

- Il semblerait que ma première hypothèse se confirme et qu'il s'agisse de mes anciens employeurs mais il n'y a aucune véritable preuve alors ils peuvent rien faire officiellement. Le truc c'est que je comprend pas pourquoi maintenant et comme ça ?

- C'était pas pour te faire taire ? releva Thorn.

- C'est ce que j'ai pensé au début mais au plus j'y pense au plus j'me dis que c'est p't-être pas ça. Mes anciens employeurs savent de quoi je suis capable. Ils m'ont souvent sous-estimé mais pas à ce point. S'ils avaient vraiment voulu me tuer ils auraient envoyé bien plus lourd que cette quinzaine d'amateurs. Ils auraient rasé le quartier, dit-il en les tendant un peu. Mon visiteur du jour pense qu'ils voulaient me tuer soit pour me faire taire, soit pour éviter que je me mette à bosser pour leurs ennemis soit les deux. Je ne pense pas que c'est ça. Il y a autre chose et je comprend pas encore quoi.

- Quel autre intérêt ils auraient à vouloir t'attaquer ? demanda Luna. T'as un truc qu'ils veulent ?

- La seule chose qu'ils ont jamais voulu de moi était mes capacités et mes compétences. Il n'y a rien d'autre ou alors je ne vois pas quoi. Ils veulent peut-être attirer l'attention sur moi. Ils sont loin d'être les seuls à avoir des raisons de vouloir ma mort mais ils ne veulent peut-être pas faire le sale boulot eux même. Ce petit coup d'éclat pourrait attirer l'attention d'autres qui ne m'avaient pas encore localisé jusque là et les pousser à venir.

- On s'attend à de la visite alors, remarqua Lee.

- J'en ai bien peur mais vous n'avez rien à voir là dedans les gars alors vous feriez mieux de...

- Rien du tout Ev', trancha Barney alors que tous avaient compris où il allait en venir. On va gérer ça tous ensemble ok ? On te laissera pas.

- C'est hors de question, appuya Lee suivi des autres.

- C'est vraiment pas une bonne idée, soupira Evan l'air abattu. Vraiment pas une bonne idée du tout. Ces gars là sont vraiment tarés comme vous n'avez pas idée. Je devrais p't-être m'éloigner quelques temps, murmura-t-il.

- Non, trancha fermement Barney en le serrant. Tu restes là et on reste avec toi. Peu importe ce qu'i affronter. Même pas en rêve on te laisse.

- Barney, soupira-t-il en fermant les yeux. J'ai perdu mes parents, mon parrain, Severus et un nombre incalculable d'amis et de collègues à cause de gars comme eux, confia-t-il. J'ai pas envie qu'il vous arrive quelque chose, dit-il l'air torturé.

- Il nous arrivera rien, assura Toll. On sait se défendre.

- Je sais mais il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas se défendre.

- Ev', peu importe ce qu'i affronter, on le fera ensemble. Et toi, tu ne fais rien de stupide ok ?

- Je peux pas te promettre ça, je suis le roi des trucs stupides et dingues dans ce genre de situation, dit-il avec ironie. Ils vont jamais me foutre la paix.

- Et ben on va les forcer à t'foutre la paix, répondit Gunnar.

- Si seulement y'avait un moyen j'l'aurais déjà fait, remarqua-t-il une immense fatigue dans la voix.

- On trouvera, assura Barney. Tu es épuisé, posa-t-il ensuite. On va monter se reposer.

- Et nous on reste dormir là pour veiller, dit Lee alors que Barney et les autres acquiesçaient. Sans discussion, ajouta-t-il lorsque Evan s'apprêta à protester.

Il soupira alors lourdement et se laissa emmener dans l'appartement par Barney, épuisé et un peu désespéré par toute cette histoire. Ne le laisserait-on jamais vivre en paix ? Tranquillement et comme il le voulait ? Il ne dormit presque pas cette nuit là malgré les bras de Barney le serrant étroitement. Le lendemain le trouva plus silencieux et tendu qu'à l'habitude, ce que personne ne manqua de remarquer quand l'équipe se mit au travail avec lui pour nettoyer les tâches laissées par le sang, les brûlures et les alcools déversés sur le parquet. Ce fut peu avant midi que l'on vit débarquer cinq inconnus dans le bar, tous vêtus de costards identiques, noirs, hormis l'un d'eux habillé plus luxueusement que les autres. Ils se tenaient droits et arrogants, regardant l'endroit comme si c'était une porcherie. Aussitôt que Evan les vit, il changea complètement d'attitude. Se redressant, se tendant comme prêt à leur sauter dessus, se faisant froid et implacable comme jamais aucun d'entre eux ne l'avait vu. Soudain, en une seconde, il semblait plus imposant, beaucoup plus dangereux et bien plus meurtrier et froid. Tous se tendirent en réponse à cela, sur leurs gardes. Griffin connaissait à coup sûr ces gens et ils n'étaient clairement pas des amis. Evan s'avança pour se mettre devant eux, renforçant l'impression que ces types étaient potentiellement dangereux. Lorsqu'ils le virent, les inconnus se focalisèrent sur lui, une ambiance étrange et stressante s'installant, presque électrique.

- Benserr, releva Evan le ton tranchant et le regard noir. Votre présence m'horripile au plus haut point comme je vous l'ai fait clairement savoir la dernière fois que nous nous sommes vu. Alors je ne poserai la question qu'une seule fois : Qu'osez vous venir faire chez moi ?

- J'ai à vous parler, répondit celui qui détonnait des autres l'air désapprobateur.

- Je n'ai rien à vous dire et je ne veux rien entendre de vous, rétorqua-t-il. Dégagez d'ici et ne revenez jamais.

- Comment oses tu lui parler ainsi ? gronda l'un des autres en avançant d'un pas vers lui avec agressivité.

Il recula pourtant bien vite de trois bon pas, tremblant un peu et déglutissant sous le regard polaire d'Evan.

- Toi le chien chien tu te tais et tu ne me parles plus jamais sur ce ton, claqua-t-il. Ton patron est assez grand pour se défendre tout seul. Ah mais non j'oubliais, s'amusa-t-il froidement, il est bien trop lâche pour ça, dit-il en fixant l'homme à la fois agacé et un peu nerveux bien qu'il le dissimule habillement sous une apparente assurance.

- Je dois vous parler, reprit-il simplement. C'est important, c'est à propos de l'attaque que vous avez subis.

- Tiens dont. Vous êtes venu pour ça ? s'étonna-t-il faussement.

- Le gouvernement Américain nous a mis au courant et nous avons mené notre enquête. J'ai des informations pour vous.

- Vous ? Vous auriez réussi à mener une enquête efficace en si peu de temps ? rit-il en vexant les cinq autres. Les américains savent-ils que vous êtes là ?

- Bien sûr. Nous ne sommes pas ici en clandestins, dit-il l'air offensé. Cela n'est pas notre genre, ajouta-t-il en faisant ricaner Evan.

- Bien sûr, répéta-t-il. Vos toutous dehors, exigea-t-il. Ils entrent, je les descend sur le champs. Vous, vous avez cinq minutes.

L'homme face à lui se décida immédiatement, ordonnant à ceux qui étaient certainement ses gardes de sortir et de rester dehors. Ils s'exécutèrent bien que l'air récalcitrant et il se retourna vers Evan qui l'entraîna dans un coin de la salle, veillant toujours à rester entre l'homme et ses amis mais aussi entre eux et la porte par laquelle les autres étaient sortis. Lorsque Lee jeta un coup d'œil à la bande, il vit Barney tendu prêt à bondir, prêt a saisir l'arme qu'il avait à la ceinture et à tirer. Lui même n'avait pu s'empêcher d'aller effleurer son couteau le plus proche de sa main. Et le reste de l'équipe n'était pas en reste, réagissant à la tension et à la soudaine aura combative d'Evan. Ce fut avec grande attention que tous surveillèrent à la fois l'homme avec leur ami et ceux qui attendaient dehors, attendant de voir ce qui allait se passer. Griffin resta debout avec l'étranger un peu plus loin, glacial d'apparence.

- Vite, poussa Evan en fixant son vis à vis qui venait de lancer un discret sort de discrétion autour d'eux.

- Les aurors américains nous ont contacté en expliquant que vous aviez subi une tentative d'élimination, commença-t-il. Nous en avons été choqué que l'on veuille s'en prendre à un héros de votre calibre, dit-il avec un faux air scandalisé. Ils nous ont communiqué une liste des quelques agresseurs qu'ils ont identifié pour voir si nous avions des informations sur eux. Sur le moment nous n'avons rien trouvé mais nous avons ouvert une enquête pour trouver qui avait pu faire ça. Cela nous a mener à Realers.

- Realers ? répéta-t-il en prenant un air intrigué. Je vous signale que j'ai complètement quitté le monde magique Benserr, dit-il en le voyant sourire presque imperceptiblement, il va falloir être plus clair.

- Realers est un vampire qui dirige un vaste groupe terroriste qui prend de plus en plus d'ampleur ces dernières années et qui a vraisemblablement pour but de prendre la tête du monde magique. Il est responsable de bien des meurtres et des massacres. Certains pays sont devenus complètement dingues et ont décidé de le suivre. C'est de lui que vient cette attaque contre vous. D'après nos renseignements, il voulait vous éliminer de crainte que vous ne vous mettiez sur sa route. Il a peur de vous et de votre pouvoir. Votre héroïsme et votre volonté de protéger les innocents l'effrait. Il sait bien que vous finirez par vous opposer à lui, à la dictature et au despotisme qu'il veut instaurer. Il a donc pris les devants pour vous éliminer.

- Vous croyez ? demanda-t-il en forçant l'inquiétude dans sa voix.

- Assurément, il n'y a que peu de doute, répondit-il sérieusement. D'après nos espions, son échec l'a rendu furieux et il projette de revenir en force. Il a de gros effectifs avec beaucoup de créatures magiques et d'éléments doués et puissants. Et il n'hésitera pas à s'attaquer à... vos amis, dit-il avec un coup d'œil pour les moldus.

- Pourquoi ne vous êtes vous pas encore chargé de lui ?

- Ce n'est pas un ennemi comme les autres, soupira-t-il. Il est puissant et jusqu'à présent, il a tué tout ceux que nous avons pu envoyé. Aucun de nos hommes et aucune de nos équipes n'est à la hauteur pour le moment malheureusement. C'est un adepte de la torture et du meurtre. Il est aussi cruel, peut-être même plus que vous-savez-qui. Il ne vous lâchera pas j'en ai peur et il s'attaquera à vos proches c'est certain. Et je crains que nous n'ayons personne dans nos rangs pour le stopper, dit-il en marquant un petit arrêt. Mais il y a peut-être une solution.

- Laquelle ? demanda-t-il gravement. Je ne laisserai personne approcher mes amis.

- Vous êtes puissant, vous pourriez l'affronter et lui régler son compte et nous serions tout disposé à mettre nos effectifs à votre disposition. Il fuirait certainement devant vous, c'est un lâche et vous êtes le plus grand héros et combattant magique de ce temps. Vous pourriez débarrasser le monde ce fléau et vous serez tranquille vous et vos proches. Je ne pense pas que cela sera difficile pour vous et nos hommes pourrez vous couvrir comme ça vous n'auriez que Realers. D'après nos informations, il projette déjà de venir ici s'en prendre à vous et à vos proches, à cette ville. Il faut faire vite. Vous pouvez m'accompagner sur le champs, je vous donnerais l'équipement et les informations dont vous avez besoin. Nous avons déjà un plan d'action.

Evan le regarda un moment lourdement, indéchiffrable pour finalement se détourner et faire un pas vers le bar, brisant le sort de discrétion et permettant aux autres de les entendre de nouveau. Ce fut seulement alors qu'il éclata d'un rire froid, interpellant tout le monde et laissant son interlocuteur perdu. Il gagna le bar pour attraper une bouteille de soda et se servir un verre, riant encore. Il se tut pour boire une gorgée avant de reposer son verre et de percer l'homme d'un regard glacial et tranchant.

- Benserr, Benserr, Benserr, dit-il en soupirant. Est-ce que vous me prenez pour le dernier des crétins ?

- Je n'oserai pas, répondit-il confus.

- Mais bien sûr, ironisa Evan. Malgré tout ce qu'il s'est passé vous me sous-estimez toujours autant. J'ai un scoop pour vous. Non seulement vous ne savez rien de moi, vous n'avez jamais rien su de moi mais en plus, j'ai beaucoup changé depuis la dernière fois que nous nous sommes vu. J'ai... l'esprit bien plus clair aujourd'hui. Si vous croyez que je vais me laisser avoir par votre petit manège, dit-il alors que tous écoutaient. Donc, comme je suis en train de furieusement me retenir de vous tuer ici et maintenant, dit-il froidement, il vaut mieux en finir vite. Ouvrez grand vos oreilles parce que je ne me répéterai pas : Osez encore une seule fois vous approcher de mon bar, de cette ville et je viens vous descendre personnellement. Vous êtes responsable de la destruction de mon bar et j'ai plus que détesté cette petite descente, dit-il en choquant ses amis et son compagnon. Recommencez et vous le regretterez.

- C'est lui qui a envoyé cette équipe contre toi ? demanda Barney l'air dangereux.

- Bien sûr que non ! se défendit Benserr.

- Bien sûr que si, sourit Evan. Vous avez envoyé vos hommes contre moi et jusqu'à aujourd'hui, je n'avais pas trop compris pourquoi. Pourquoi maintenant ? Pourquoi m'envoyer des amateurs que vous saviez incapables de réussir ? Votre pathétique tentative m'aura au moins éclairé monsieur le Maréchal des forces d'interventions internationales. Quatre ans durant j'ai servis sous vos ordres et pourtant, vous ne savez toujours rien de moi. Les seules choses qui vous ont toujours intéressé étaient mes capacités au combat sur le terrain et mon aptitude à régler les crises les plus complexes. C'est toujours le cas n'est-ce pas ? J'ai claqué la porte de la Confédération il y a des années et il me semble vous avoir flanquer vos quatre vérités en face en plus de mon poing dans le nez à l'époque. Jamais, jamais je ne réintégrerai vos rangs, c'est clair ? Jamais, pour rien au monde. Je ne reprendrai pas le service et vous, vous avez plutôt intérêt à cesser vos bêtises sur le champs ou vous aurez de mes nouvelles.

- Nous n'avons pas envoyé cette équipe, c'est Realers qui...

- Realers ? coupa Griffin avec un sourire glaçant. Realers n'a aucun intérêt à vouloir ma mort. S'il est au moins la moitié de ce qu'il semble être, intelligent, il aura deviné que me laisser tranquille suffit à ce que jamais je ne vienne le gêner. Il ne me connaît pas personnellement, je ne me suis jamais positionné contre lui et il n'a aucune raison de croire que je puisse être son ennemi. J'ai beaucoup d'ennemis mais je ne pense pas que Realers en fasse parti pour l'instant. Vous voulez lui mettre cette attaque sur le dos, rien de plus, rien de moins. Seulement, vous avez été aussi stupide que vous l'avez toujours été. J'ai su immédiatement que cette équipe de nettoyage venait de vous et je n'en n'ai jamais douté. Ils utilisaient exactement ces mêmes manœuvres minables que vous enseignez à vos hommes depuis des décennies, ils utilisaient les mêmes techniques, les mêmes attaques, les mêmes formations que seules les équipes de la Confédération s'entêtent à utiliser malgré leur totale inefficacité. J'ai commandé vos troupes pendants des années, je connais tout ça par cœur, il n'a pas été difficile de reconnaître ces tactiques pathétiques. Mais en plus de ça, l'un de vos sbires ma appelé « Arès » pendant que je leur mettais une raclée. Arès, mon nom de code quand j'étais à la Confédération. Une info top secrète que seul quelques-uns de vos personnels connaissent. Il m'a appelé comme ça très spontanément, autrement dit, il a l'habitude d'utiliser ce nom. J'en déduis que c'est un actif et qu'on me désigne toujours par ce nom de code chez vous. Quelle bourde de l'avoir utilisé ouvertement ainsi en opération.

Il marqua une pause pour boire un peu avant de reprendre :

- Je comprend maintenant. L'objectif n'a jamais été de me tuer. Vous avez tenté de me manipuler. Je vais vous dire ce que je crois Benserr. Vous avez envoyé cette équipe contre moi pour que je me sente en danger moi et mon entourage, pour que je me sente de nouveau concerné par tout cela. Bien sûr, cette opération était destinée à échouer et vous allez laisser les pauvres débutants que vous avez envoyé croupir dans les prisons américaines sans remord sans parler de ceux que j'ai abattu dans l'histoire. Mais sacrifier vos hommes ne vous a jamais dérangé, même moi j'ai bien failli en faire les frais. Et maintenant vous venez ici en faisant croire que vous trouvez cette attaque sur moi intolérable, que vous avez enquêté et que cette tentative venait de Realers. Ensuite, l'idée était certainement de dire qu'il ne me laissera en paix qu'une fois mort, qu'il s'en prendra à mes amis à cette ville, qu'il est un monstre sans cœur et sanguinaire pour que je ne vois qu'une seule solution à cette histoire : aller le descendre moi même pour mettre fin à ça.

Il but de nouveau une gorgée, Barney et les autres écoutant attentivement quand l'étranger serrait les poings.

- Et pour ça vous me proposez de réintégrer vos rangs, reprit Griffin, de me prêter vos ressources, vos infos avec un plan de combat tout frais réglé d'avance. Seulement pas de bol Benserr, je ne suis pas con et je ne suis plus aussi naïf que j'ai pu l'être à une époque. Vous avez monté cette histoire de toute pièce parce que Realers vous met des bâtons dans les roues, qu'il est dangereux pour vous, que vous n'arrivez pas à le supprimer et qu'il est une menace que vous ne pouvez gérer. Comme vous vous voyez perdre du terrain face à lui, vous n'avez vu qu'une seule solution comme à chaque fois que vous avez été devant une crise désespérée : donnons ça à Arès, il va s'en charger et il réussit toujours. Sauf que vous saviez que je ne reviendrai pas comme ça alors vous avez monté cette histoire pour que je trouve un intérêt à aller affronter Realers. Pas de chance, ça ne prend pas Benserr. Je hais la Confédération. Ce monde là n'est plus le miens, posa-t-il fermement, je n'y retournerai pas, jamais. Et surtout pas pour encore me battre pour vous et me retrouver abandonné à crever dans la boue une fois le travail fait. Vous vouliez me dresser contre Realers pour que j'aille le supprimer mais aussi sûrement pour réduire le risque que je puisse prendre partie pour lui et me battre contre vous. Je parierai même que le plan impliquerait mon élimination en fin de compte parce que vous avez peur de moi et de ce que je sais, vous avez toujours eu peur de moi Benserr, susurra-t-il. Je n'ai jamais été qu'une arme et un objet pour vous. Et dés le moment où j'ai tourné le dos et où je suis parti, je suis devenu une gêne et un danger pour vous. Seulement, je vous étais très très utile quand j'étais dans vos rangs. J'étais le bon petit soldat qui réussissait les missions impossibles et bien gênantes. Et puis je suis parti. Depuis, vous galérez sans moi et aujourd'hui, vous ne vous en sortez plus face à Realers qui vous barre la route alors vous revenez me chercher. Je paris que ça faisait un bout de temps que vous me cherchiez.

Il garda un instant le silence, ses yeux plongés dans ceux de l'homme qui serrait les poings à s'en blanchir les jointures, partagé entre panique et fureur.

- Donc, je vais être très clair : vous partez d'ici et vous m'oubliez définitivement. Vous oubliez que j'existe. Fichez moi la paix et je vous fiche la paix, c'est le deal non négociable. Si par malheur vous vous entêtez, vous tentez encore quoi que ce soit, si je vois la moindre chose bizarre autour de moi, s'il arrive quoi que ce soit à l'une de mes connaissance proche ou lointaine. Vous aurez de mes nouvelles. Je reviendrai mais pour vous démolir. Je détruirai la Confédération de mes mains toute entière s'il le faut, menaça-t-il plus froid et impressionnant que jamais. Je réglerai ainsi le seul problème que j'ai : vous. Et je ne crois pas que ça déplaira à mon pays, ils ne vous aiment pas beaucoup. Vous savez que je le ferai Benserr et vous savez que j'en ai les capacités. Alors vous partez, vous rapportez bien gentiment à Thomas et si vous êtes intelligent, on s'en tient là et on ne se revoit jamais. Quand à Realers, je me fiche bien de ce qu'il veut ou ce qu'il fait. Ce n'est plus mon problème vos petites gueguerres à tous. S'il venait me demander de prendre part pour lui, il aurait la même réponse que vous. Et n'essayez plus de me manipuler ainsi, ça ne marchera pas. Maintenant, dégagez de chez moi sur le champs, prenez vos chiens et que je ne vous revois plus jamais Benserr. Si je dois vous revoir dans ce genre de conditions, je vous descend. Est-ce assez clair pour vous ?

L'homme ne répondit pas, le fixant un moment avant de se diriger vers la sortie d'un pas pressé. Il s'arrêta cependant sur le seuil, prenant une fois de plus la parole :

- Vous ne pourrez pas fuir votre passé éternellement. Vous appartenez à ce monde là. Vous n'avez pas le choix. Vous n'avez jamais vécu que pour être une arme, dit-il froidement. Vous n'êtes bon qu'à cela. Vous avez reçu de grandes capacités qui n'ont jamais été destiné qu'à servir nos intérêts et ceux de notre monde. Vous lui appartenez. Il vous récupérera ou vous tuera. Vous n'avez pas votre mot à dire.

Le déclic d'un pistolet que l'on amorce se fit entendre et on vit Barney qui avait dégainé et qui tenez la tête de l'intrus dans sa ligne de mir.

- Toi, tu dégages, tu reviens jamais et tu l'oublies ou je t'explose la tête, menaça-t-il l'air de se retenir furieusement de tirer.

- Amusant, sourit-il en réponse pas du tout perturbé. Au fait, Arès, il y a une chose que je sais sur vous : tout ceux que vous aimez finissent par mourir d'une façon ou d'une autre. Pourquoi cela changerait ? demanda-t-il en partant pour disparaître rapidement parmi les passants dans la rue.

Dés qu'il fut bien parti avec les autres, Barney rangea son arme et accourut vers son compagnon qui avait perdu toute la maîtrise qu'il avait affiché, légèrement tremblant. Il l'enferma dans ses bras et le serra étroitement contre lui.

- Ça va aller Ev', t'inquiète, assura-t-il.

- J'aimerais que ce soit vrai, répondit-il. Mais j'ai comme l'impression que ce ne sera pas si facile...