Bonjour à toustes !

Merci beaucoup pour toutes vos superbes reviews ! Celleux à qui je n'ai pas répondu : je le fais très vite, c'est promis :)

Il y a actuellement un bug sur ffnet qui n'envoie pas les mails d'alerte pour les nouveaux chapitres, ainsi je vous invite à vérifier que vous avez bien lu les derniers chapitres… Je ne sais pas quand le bug sera résolu mais ça semble durer depuis au moins mon chapitre 4 (Nostalgie, détente et draps étrangleurs)…

Je profite de cette note pour vous parler d'un serveur discord que nous avons ouvert avec des copain·ine·s d'internet. Il s'agit du serveur « Potterfictions », dédié au partage de notre amour des fanfics HP et à l'écriture. Le tout dans un esprit de bienveillance, de solidarité, de tolérance et de soutien. Vous trouverez le lien de connexion dans mon profil.

Je vous laisse maintenant avec le chapitre 7.

Bonne lecture !


Chapitre 7 — L'enquête se poursuit

Mercredi 27 novembre 2019

Tulipe tape le compte rendu d'une banale enquête de voisinage quand une note volante lui parvient. Elle la laisse sur son bureau le temps de terminer ce qu'elle a commencé. La paperasse est chronophage et pénible alors elle essaie d'en faire le maximum en une fois. Cette affaire a été vite réglée : une sorcière a appelé pour un problème de parterres de fleurs détruits qui s'est révélé être un malentendu avec le voisin qui laissait son Croup se promener dans tous les environs en liberté.

Après une petite heure de compte rendu, l'affaire étant définitivement bouclée, elle prend connaissance des diverses notes qu'elle a reçues. L'une d'elles vient du laboratoire du Bureau, ça concerne l'enquête de Harry. Elle se lève aussitôt, interpelle July et Marcus qui travaillent aussi sur ce dossier et se rend à l'autre bout du Département.

— Alors, Q, qu'as-tu trouvé ?

— Combien de fois vais-je devoir te demander d'arrêter avec cette référence moldue que personne ne comprend, Tulipe ?

— Autant de fois que je viendrais te voir, Quentin, plaisante Tulipe. Alors ?

— Les analyses du parchemin et de l'encre sont arrivées. Vous avez du pain sur la planche !

— Montre-nous ça, intervient Marcus.

Le collègue de Tulipe est très efficace sur les recherches qui concernent des objets ou des fabricants. Et cette dernière laisse ses coéquipiers gérer leur travail selon leurs capacités et leurs préférences.

— Le papier est extrêmement banal, la majorité de nos parchemins sont d'une confection similaire. Cependant, nous avons la liste de tous les fabricants et revendeurs de ce lot bien précis. Je te préviens, elle est très longue. Pour l'encre, c'est plus facile, chaque lot a une composition quasiment unique. Et celle-ci est particulière, relativement chère. Seulement cinq entreprises produisent ce type d'encre et les revendeurs sont à peine plus nombreux.

Quentin donne deux listes à Marcus.

— Vous devriez vous y mettre à deux, avec July, propose Tulipe devant l'ampleur de la tâche.

Ses deux collègues acquiescent, iels savent bien que c'est dans leur intérêt de partager le travail. Surtout quand c'est aussi fastidieux que cela semble l'être.

— Et pour l'analyse graphologique ?

— La note est en lettres capitales. Elle montre cependant des petits tics d'écriture, donc il s'agit d'une personne adulte. Les enfants et la plupart des ados n'ont pas encore eu le temps de développer ce genre de déformation systématique de certaines lettres. L'expert pense qu'il s'agit d'un homme.

— Vous avez pu comparer l'écriture avec nos échantillons des personnes avec casier judiciaire ? Et celles entendues lors des enquêtes en rapport avec Harry ?

— Il est dessus, ça va prendre beaucoup de temps. La liste de sorciers ayant un lien plus ou moins important avec l'Auror Potter est interminable, soupire Quentin.

Tulipe remercie Quentin. Elle se doute que ça ne sera probablement pas couronné de succès, mais on ne sait jamais, vu le nombre de dépositions dans les archives, l'expert pourrait tomber sur quelque chose d'intéressant. L'utilisation des lettres capitales complique cependant énormément les choses.

— Au fait, vous avez comparé le type de papier et d'encre avec les autres dossiers où nous avons le même type de pièces à conviction ?

— C'est également en cours, July. Nous avons pas mal d'enquêtes avec des parchemins comme pièces à conviction, ça prend du temps.

Les trois Aurors remercient chaleureusement leur collègue et retournent à leurs bureaux. Tulipe est un peu dépitée, leurs deux passages à Poudlard n'ont rien donné et elle espérait beaucoup de l'analyse de cette lettre. Sauf qu'il est possible que l'enquête soit fermée par manque de preuves ou que Harry se fasse assassiner avant que les recherches approfondies sur l'écriture soient achevées.

Finalement, malgré ses mises en garde auprès de son ami et ex-collègue, Tulipe espère qu'il va fureter sur place. Et qu'il trouvera quelque chose.

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Samedi 30 novembre 2019

Les Trois Balais sont remplis d'étudiant·e·s venu·e·s se réchauffer en buvant un chocolat chaud, un thé ou une Bièraubeurre. Et même les professeur·e·s s'y trouvent en nombre conséquent. La météo déjà presque hivernale limite le temps passé en extérieur. Les sorties mensuelles à Pré-au-Lard sont une aubaine pour les propriétaires du pub, surtout à la mauvaise saison.

Ce samedi, comme le mois précédent, trois élèves attendent à une table. Les mines sont moins enjouées que la première fois et le stress les gagne plus vite aussi. Mike se demande s'iels vont être puni·e·s par l'organisation pour avoir échoué, Jessica attend toujours que Mike la remarque et John a peur de ce qu'on va encore leur demander de faire. Iels ont gardé une chaise libre pour un invité. Ce dernier arrive au bout de quinze minutes. Une nouvelle fois, la discussion s'engage tout d'abord sur des sujets assez triviaux. Avant de dériver sur la raison de leur présence, toujours avec des termes qui n'attirent pas l'intérêt.

— Notre ami semble en bonne santé. Avez-vous pu lancer le sortilège ?

— Sans aucune difficulté, répond Jessica. Par ailleurs, la lettre que vous nous avez fournie a bien été déposée dans le casier.

— Alors pourquoi cela n'a-t-il pas marché ?

John se demande brièvement si leur échec ne risque pas de provoquer la colère de cet homme. Il n'a pas l'air si menaçant, mais son attitude est vraiment perturbante.

— Nous ne savons pas. Mais les Aurors ont fouillé le château deux fois, ils l'ont peut-être désactivé, explique Mike, nerveux.

— Êtes-vous certains que c'étaient des Aurors ? Il n'y a eu aucun article dans la presse sur une quelconque enquête.

— Oui, nous sommes certains.

L'homme camoufle sa déception. Non seulement Potter est encore en vie, mais les Aurors sont sur le coup. Les choses risquent de devenir compliquées si cette nouvelle tentative ne donne rien. C'est un risque d'utiliser des gamin·e·s pour agir, iels ne sont visiblement pas très dégourdi·e·s.

John observe l'homme qui leur fait face. C'est l'un des deux qui sont venus la fois d'avant. Il est jeune et d'apparence banale, mais son regard est effrayant. Il parle de blesser leur professeur avec une froideur malsaine. Depuis le rendez-vous du mois d'octobre, John sait qu'il s'est engagé dans une voie qu'il ne veut pas suivre. Mais il demeure présent et fait semblant, pour rester informé et tenter de limiter les dégâts. Il espère que les choses ne vont pas empirer, auquel cas il sera obligé d'en parler à la directrice. Il repousse encore cette idée, sachant qu'il risque lui-même d'être puni pour ce qu'il aura fait. Or, il n'a pas envie de faire de la prison. Et il devine que c'est ce qui l'attend, même s'il est mineur — plus pour longtemps — et même s'il coopère. Et puis, il y a aussi le parchemin magique qu'il a signé à la première rencontre, qui doit normalement les empêcher de parler. John ne sait pas à quel point cela est dangereux pour lui de passer outre ce document.

Malgré la peur qui lui tordait sans cesse les entrailles, il a masqué son trouble et a aidé ses deux ami·e·s a jeter le sort dans la chambre du directeur de Gryffondor. Cependant, il y a volontairement mis une puissance limitée et n'a pas prononcé quelques lettres de l'incantation, des lettres quasiment inaudibles, afin de restreindre la portée du sort. Et les deux autres ne s'en sont pas rendu compte. Visiblement cela a marché puisque le professeur n'a pas été blessé.

— Voici deux fioles qui contiennent des substances... disons... corsées. Avec des instructions précises sur leur utilisation, indique l'homme en faisant glisser un coffret vers Jessica.

— Est-ce fiable à cent pourcents ?

— Comme pour la tentative précédente, non. Même s'il absorbe l'une des fioles ou les deux, il existe des antagonistes.

— Nous ferons de notre mieux, affirme Mike d'une voix ferme.

L'homme hoche la tête et reste encore un peu pour discuter. Il ne faut pas que leur rendez-vous soit suspect. Mike a hâte de rentrer à Poudlard et de se réunir avec Jessica et John pour décider de la façon dont iels vont agir. Plus le temps passe, plus sa haine grandit et il n'a qu'une envie : que le professeur de DCFM disparaisse de l'école ou de préférence de la surface de la planète. À cause de lui, son père est à Azkaban et n'en sortira pas avant longtemps. Et Mike ne peut pas l'accepter.

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Samedi 30 novembre 2019 — Drago

Parfois, je trouve que je devrais prendre un peu plus de temps pour moi. Mon seul week-end de relâche mensuel est souvent totalement gâché par mon travail. Ou bien je le passe avec Scorpius, quand il accepte d'être avec moi. Avec les années, je réalise qu'il préfère être avec ses amis qu'avec son vieux père. Même si Pansy serait outrée de m'entendre me définir ainsi.

En parlant de Pansy, je lui en veux un peu, elle a annulé notre repas entre amis au dernier moment. Déjà que je n'ai que peu d'occasions de les voir. De toute façon Théodore n'a pas pu se libérer non plus, il est en vacances avec son amoureux et personne d'autre que moi n'est au courant. Nous gardons secrètes nos confidences.

Finalement, je me suis fait houspiller par mon fils puis par Neville qui ne comprenait pas ce que je faisais encore en salle des professeurs en plein milieu de l'après-midi. Alors j'ai décidé de prendre un peu de bon temps, c'est pas comme si ça arrivait si souvent.

À chaque fois que je fais ce que je m'apprête à faire, je vis deux émotions contradictoires en même temps : une excitation extrême et un dégoût profond. C'est vraiment perturbant. Pourtant, je ne peux me résigner à cesser totalement. Cette fois, je ne veux pas prendre le risque de passer la frontière et d'aller jusqu'en Allemagne, les Aurors ont été clairs : je ne dois pas sortir du territoire. Foutue enquête, foutu Potter ! Toujours à me mettre des brindilles dans le portoloin celui-là !

Je me regarde une dernière fois dans le petit miroir de ma salle de bain et j'arrive à me plaire. Il a fallu des années, l'amour d'Astoria, puis le désir d'un simple inconnu dans un bar, pour que j'accepte de nouveau que je suis beau. Il faut dire que pendant la période qui a suivi ma sortie d'Azkaban, ma priorité n'était pas de jouer aux mannequins. Mais j'ai laissé pousser mes cheveux et après avoir retrouvé quelques moyens financiers j'ai refait ma garde-robe. Et j'ai appris à accepter ma Marque et mes cicatrices. Ce soir c'est jean gris, chemise blanche et pull noir. Et un manteau gris foncé. Entièrement moldu pour me fondre dans le décor, excepté la petite poche intérieure discrète pour cacher ma baguette dans le revers du manteau. J'attache mes cheveux en une queue de cheval serrée et je me parfume un peu.

Je vérifie que j'ai des livres sterling et je sors de Poudlard. À peine les grilles dépassées, je transplane à Londres en passant par l'atrium du Ministère qui a des aires de transplanage longues distances, je n'ai pas envie d'atterrir dans une poubelle dégoûtante, ça ruinerait ma tenue et mes plans. Pour le retour, on verra bien. Je me dirige vers un commerce et je me renseigne pour trouver un « cybercafé ». Visiblement ma demande fait rire, mais la moldue me donne une adresse proche des stations Covent Garden et Leicester Square. Je la remercie et je tente de me rappeler tout ce que Scorpius m'a appris de ses cours d'Étude des Moldus. Je me rends d'abord au métro, que j'ai pris une ou deux fois déjà.

Après un certain temps à chercher mon chemin et quelques détours, je parviens à l'adresse indiquée. Je ne sais pas comment font les moldus pour se repérer dans cette ville. Scorpius m'a parlé de « martfone », un moyen de communication qui ressemble au téléphone, mais qui a aussi d'autres capacités comme une carte intégrée et des choses que je n'ai pas comprises. J'essaie de me tenir au courant, mais tout cela est compliqué pour moi, j'ai évité le monde moldu autant que possible toute la première partie de ma vie, puis j'ai finis par m'enterrer au fin fond de l'Écosse il y a dix ans. Or, d'après mon fils, la technologie moldue a beaucoup changé justement ces dix ou quinze dernières années.

J'entre dans le commerce et j'hésite, je ne suis pas certain de réussir à utiliser leurs machines. Il y a beaucoup de jeunes partout ici et tous les écrans renvoient des tas d'images de couleurs qui bougent très vite. Un bruit de fond de clics répétitifs me prend un peu la tête. Je demande quand même un ordinateur à l'accueil, dans un coin tranquille, je précise. Je m'y installe et je me remémore mes quelques expériences avec ce genre de chose, chez Pansy. Mon amie a acheté un de ces trucs, il y a un ou deux ans. Soi-disant que c'est pratique.

Avant que le vendeur reparte après m'avoir accompagné à l'ordinateur, je prends sur moi de lui demander sur quelle image je dois appuyer pour faire une recherche sur internet. Je prends garde à bien prononcer le mot comme il faut, comme Scorpius et Blaise m'ont appris. D'après mon ami, on peut trouver tous les renseignements que l'on veut sur internet, même si je n'ai pas la moindre idée de ce que c'est en réalité. Et ça tombe bien, je cherche quelque chose en particulier. Le jeune homme m'explique en riant, je dois donner l'impression d'être un arriéré. Je déteste ça.

Je vérifie discrètement que personne ne regarde ce que je fais, mais tous les gamins qui sont ici sont absorbés par leurs occupations, un casque sur les oreilles. J'entame mes recherches en tapant les lettres une à une sur la planche avec l'alphabet. Elles sont rangées dans un ordre totalement illogique et ça me dépasse. Mais ça semble marcher, c'est le principal.

J'ai cependant du mal à utiliser l'objet pour déplacer la petite flèche blanche et je maudis une nouvelle fois Potter, les Aurors et ces Partisans Noirs à la con. Sans eux je serais déjà en Allemagne à l'heure qu'il est, sans avoir eu besoin de chercher ou de me perdre, sachant exactement où je vais.

Finalement, mes investigations aboutissent et après avoir noté l'adresse, je paye à l'accueil et je me mets en route tranquillement. J'ai rendez-vous dans un café français à une dizaine de minutes à pied, près du Royal Opera House. J'y serais bien avant lui, je vais prendre mon temps. Il a choisi cet endroit pour prendre un verre avant toute chose et je le comprends, un lieu public est rassurant pour un premier contact.

Alors que je marche tranquillement, les mains dans les poches pour les conserver au chaud, j'observe distraitement les passants dans la rue. Et j'ai beaucoup trop de temps pour penser, ça me met mal à l'aise. Beaucoup trop de temps pour réfléchir à ce que je fais, ce que je vais faire. À chaque fois, je me sens si mal et pourtant je sais que j'en ai besoin. De temps en temps. De toute façon, je n'ai quasiment pas l'opportunité de m'absenter. Scorpius me prenait déjà tout mon temps et arriver à Poudlard a aggravé la situation. Je n'ai jamais voulu le faire garder trop souvent par ses grands-parents ou par mère, sans être présent, Scorpius est mon fils et c'est à moi de m'en occuper. Et puis je ne me voyais pas le laisser juste pour aller m'envoyer en l'air, je me sens déjà assez coupable sans ça.

Quand le café apparaît dans mon champ de vision, je sais que je suis au bon endroit, une devanture rouge et un nom français. Je m'y installe dans un coin et je commande un thé en attendant. Mon rendez-vous ne m'a jamais vu, mais ma description physique est bien suffisante pour me repérer, je le sais. Des hommes avec ma couleur de cheveux il n'y en a pas beaucoup et la queue de cheval est visible de loin. Je me suis assis dos à l'entrée, exprès, je ne veux pas être tenté de surveiller toutes les allées et venues. Et je veux aussi lui laisser l'option de partir s'il change d'avis avant de s'être installé, je ne le saurais pas.

Environ trente minutes après mon arrivée, et un deuxième thé, j'entends des pas et quelqu'un s'arrête à côté de ma table. Je relève la tête pour découvrir un homme brun, la trentaine, les cheveux courts, pas très grand et carré d'épaules. Il porte un ensemble de vêtements harmonieux, un peu habillé, mais sans cravate. Il ressemble à sa photo.

— Monsieur Malefoy ?

— C'est moi. Vous pouvez m'appeler Drago, je réponds en l'invitant à s'asseoir d'un geste de la main.

— C'est votre vrai nom ? demande-t-il en s'installant face à moi.

— Oui, pourquoi ? Le vôtre ce n'est pas Jake ?

— Non, c'est un pseudonyme, je protège mon identité. C'est un drôle de nom que vous portez. Vous devriez faire attention sur internet, il n'est pas commun et vous pourriez avoir des ennuis rapidement.

— Mes parents ont le sens de l'humour, il faut croire. Je ne vais jamais sur internet, je ne savais pas qu'il fallait mentir là dessus.

Le dénommé Jake sourit, il doit vraiment me prendre pour un ignorant. Puis il lève la main pour attirer un serveur et commande une bière. Celle-ci arrive rapidement. Je le regarde et je me sens mal à l'aise. C'est beaucoup trop étrange de ne pas faire comme d'habitude, en maison close. J'ai presque l'impression d'être à un premier rendez-vous alors que je vais payer cet homme.

— Alors, vous voulez quoi exactement ? Juste la soirée, la nuit, le week-end ?

— Jusqu'à demain, dans la journée. Je payerai le week-end entier.

Il hoche la tête. Il boit sa bière tranquillement en me détaillant. Je lutte contre l'envie de me tortiller sur mon siège comme un adolescent embarrassé. Parce que je le suis. Je ne sais pas si je lui plais, il est payé pour être avec moi après tout, mais au moins il n'est pas reparti en me découvrant. Il aurait pu, c'était d'ailleurs le but de se retrouver ici et pas directement à l'hôtel. Moi je le trouve beau et je me répugne tellement. Tant d'années et toujours autant de dégoût pour moi-même, pour ma différence. J'ai compris que je n'ai pas choisi et que je dois faire avec cette identité, mais je la déteste tant. J'aurais voulu être comme les autres, mais non, évidemment. Et malgré toute cette répulsion, je ne peux résister indéfiniment à l'envie qui me pousse à fréquenter des hommes. Je pourrais m'en passer et me débrouiller seul tout le temps, mais parfois le désir est trop fort. Et j'ai besoin de me sentir un peu désiré, à défaut d'être aimé. Aucun homme ne m'aimera jamais.

Tout a commencé ce soir-là, quelques mois après la naissance de Scorpius. J'avais essuyé un nouveau refus pour un travail chez un potionniste non loin. Même pas quelqu'un de particulièrement réputé, une simple boutique fréquentée par les sorciers standards. Mais je n'étais pas bienvenu. J'avais été noyer mon désespoir dans la vodka, dans un bar moldu choisi au hasard. J'avais oublié l'heure, oublié Astoria et mon fils, et attiré le regard d'un homme. Sans m'en rendre compte. Jusqu'au moment où il est venu me parler et que quelques heures plus tard j'ai fini par l'embrasser, aidé par mon état d'ébriété avancé. Pour la première fois de ma vie, j'avais eu envie d'embrasser quelqu'un et les sensations de ce baiser m'avaient fait perdre la tête et excité au-delà de toute mesure. Cela s'était arrêté là, mais j'avais été obligé d'admettre mon homosexualité. Sans pour autant l'accepter. Quelques années plus tard, quand Scorpius avait été gardé seul par ma mère pour la première fois, j'avais voulu vérifier que je ne m'étais pas fourvoyé. J'ai été jusqu'en Allemagne où les maisons closes sont légales et où il m'est facile de trouver quelqu'un pour une nuit ou deux, sans attaches, sans contraintes et dans le plus grand secret.

Jake termine son verre et je lui propose de dîner avant de partir à l'hôtel. Il semble surpris, mais il accepte, de toute façon je paye tout, il serait dommage de refuser. Je mange léger, je n'aime pas me sentir lourd pendant les ébats. Il est plus gourmand que moi et je prends plaisir à le regarder déguster une mousse au chocolat de façon presque indécente. J'ai terriblement envie d'être à la place de cette petite cuillère. Il est temps de rejoindre l'hôtel où je vais passer le reste du week-end, en oubliant pendant quelques heures la personne que je prétends être, pour être totalement moi. Ce moi que je ne peux empêcher de mépriser.

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Vendredi 6 décembre 2019

À vingt-et-une heures, Harry entre dans la classe de Potions dont la porte est restée ouverte. Probablement pour l'accueillir. Mais la pièce est vide, Drago n'est pas encore arrivé. Rien n'est préparé non plus cette fois. Harry hausse les épaules et attend en se promenant entre les paillasses. Il regarde l'endroit, se remémorant les très nombreuses anecdotes qui y sont associées, la plupart très mauvaises. Severus Rogue ne lui manque pas, clairement. Malgré les souvenirs que lui a laissé cet homme au moment de sa mort et ce qu'il a appris, Harry n'a jamais pu lui pardonner entièrement. Il est adulte depuis longtemps, il a des enfants, et il comprend encore moins maintenant l'attitude odieuse, injuste et malsaine de l'ancien professeur. Finalement, en faisant le tour, Harry constate que la classe a changé, la disposition du mobilier est différente et surtout l'ambiance n'y est plus sombre et glauque. La pièce est très bien éclairée par des chandeliers et des lanternes magiques et il y fait une chaleur douce et confortable, loin de l'humidité permanente d'avant.

Un point de plus pour Drago. Plus les semaines passent et plus le Gryffondor, en plus de se savoir attiré par lui, réalise vraiment à quel point il a changé. L'homme n'a plus rien à voir avec l'enfant qu'il était. Et Harry comprend de mieux en mieux comment Neville a pu devenir ami avec lui, alors qu'il le détestait farouchement. De façon très naturelle, malgré leurs piques incessantes et leurs prises de bec régulières, Harry a commencé à apprécier Drago. Et même ce cours de potions lui semble divertissant, parce qu'il va passer deux heures avec le Serpentard.

Ce dernier arrive d'ailleurs et s'excuse immédiatement de son retard. Harry ne relève pas, il pourrait difficilement lui faire la morale puisqu'il a lui-même du mal avec le concept de ponctualité. Le Gryffondor observe Drago installer le matériel en quelques minutes, avec la force de l'habitude, sur l'une des paillasses. Et les instructions s'affichent bientôt au tableau.

Alors que Harry allume le feu sous son chaudron, Drago prépare de quoi faire lui même une potion, un peu plus loin.

— Qu'est-ce que tu fais ?

— Je renfloue le stock pour que tu puisses dormir sans te faire assassiner, Potter.

— Monsieur est trop aimable...

— Concentre-toi sur ce que tu fais, sinon tu vas encore tout foirer.

Harry fixe son regard sur le tableau et commence la préparation. Il est attentif à tout ce qui pourrait flinguer la potion et jette régulièrement un œil à son voisin. Malheureusement, il est trop loin pour vraiment voir ce qu'il fait avec précision. Dommage. Mais ce n'est pas le hasard évidemment, il l'a fait exprès. Harry essaie de se souvenir ce qui a raté les deux fois précédentes pour ne pas faire les mêmes erreurs.

Alors que sa décoction commence à mijoter pour quarante minutes, Harry se tourne un peu vers Drago et l'observe discrètement. Ce dernier n'est pas encore au même stade, ils ont environ cinq minutes d'écart. Mais d'ores et déjà, Harry sait que sa potion sera, au mieux, passable, puisque celle de Drago laisse échapper des volutes d'une couleur légèrement différente de la sienne. C'est particulièrement agaçant, il a pourtant été précis et attentif. Il a même demandé plusieurs choses au directeur de Serpentard pour ne pas se tromper.

Drago est totalement absorbé par ce qu'il fait, un pli soucieux barre son front. Ses gestes sont minutieux et mesurés. Drago ne sait pas que Harry le détaille. Il est habillé, encore une fois, à la mode moldue, sauf pour la ceinture qui est très probablement du cuir de dragon étant donné son aspect. Ses manches sont retroussées pour ne pas gêner son travail et la Marque ressort toujours autant sur la peau pâle, mais Harry n'y porte plus vraiment attention. Comme tout le monde, il s'est habitué à la voir et comme son propriétaire a visiblement fait la paix avec, Harry a fait de même. Ses longs cheveux sont attachés sur sa nuque par un simple ruban bleu cobalt. Très étonnant, cette teinte dans la tenue de Drago, habituellement sombre. Harry ne doute cependant pas du fait que le choix soit volontaire et réfléchi : sur les mèches presque blanches, la couleur tranche agréablement. Cela donne envie à Harry de dénouer ce ruban et de passer les doigts dans ses cheveux. Merlin tout puissant, quelle malédiction que Drago soit aussi canon !

Quand Drago atteint la phase d'attente, il range un peu et se tourne vers Harry, appuyant nonchalamment sa hanche contre la haute paillasse, les bras croisés. Il s'enquiert de l'avancée de sa préparation et Harry affirme être plutôt confiant, même s'il sait que ça ne sera pas parfait.

— Des nouvelles des Aurors ?

— Tulipe m'a juste dit qu'ils cherchaient des indices grâce aux analyses du parchemin, mais que ça serait très long avant d'avoir quoi que ce soit. Elle n'a pas le droit de me communiquer les détails des résultats.

— Pas trop frustré ?

— Franchement, si ! Mais je trouve à m'occuper autrement.

Drago tique, encore une phrase qui semble à double sens, sans qu'il arrive à mettre le doigt sur ce qui le dérange.

Et Harry se demande ce qu'il a pu dire qui le surprend ainsi. Il hausse les épaules et continue.

— J'ai mes propres idées pour avancer de mon côté. Même si elle m'a enjoint à ne pas le faire.

— Quelles sont-elles ?

— Il est probable que les gamins qui travaillent avec ce groupe, les Partisans Noirs, se réunissent quelque part dans le château, dans des endroits déserts, pour discuter de leurs plans. Je cherche à débusquer leur planque.

Drago éclate de rire. Harry hausse un sourcil, surpris. Mais le rire lui va bien, ça éclaire son visage, ça efface les traces du temps, très légèrement présentes. Harry ne peut s'empêcher de sourire, contaminé par cette bonne humeur.

— Qu'est-ce qui te fait penser ça ? Ils pourraient tout aussi bien en parler dans un couloir ou une Salle Commune ? Ou bien même la bibliothèque !

— J'écarte d'office les lieux trop fréquentés. Et puis, j'ai fait ça plusieurs fois à Poudlard : me réunir avec d'autres dans des endroits où ne serions pas dérangés. Je peux me tromper, mais au moins je ne reste pas à attendre sans rien faire. Ça me rend malade !

— Il me semblait bien que ça ne tournait pas complètement rond dans ton crâne, Potter...

— Le contraire m'aurait étonné !

— Et donc, où as-tu cherché jusque là ?

— Ah, ça t'intéresse quand même ?

Drago hoche la tête, il est même très curieux d'en savoir plus.

Harry se dit qu'il peut bien lui dire, après tout il l'aide avec son sommeil, il n'y a quasiment aucune chance qu'il soit mêlé à cette histoire.

— J'ai fait le tour des salles de classe inutilisées, elles sont toutes si poussiéreuses que je doute que qui que ce soit puisse vouloir se réunir là. Et puis ils laisseraient des traces de leur passage en plus, pas assez discret. J'y ai placé des sorts d'alarme au cas où, à environ deux mètres des portes. Je préfère éviter que ça sonne si quelqu'un ouvre juste pour vérifier que c'est aussi vide que c'est censé l'être.

— Si j'étais eux, je n'irais pas dans une vieille salle de classe.

— Moi non plus, mais je ne peux pas écarter cette possibilité. Tu irais où ?

— Dans la Salle sur Demande. Et toi aussi. Nous y avons tous les deux eu recours durant notre scolarité.

Harry ne peut qu'acquiescer. Évidemment, il y a pensé, mais il n'a pas encore eu le temps d'y aller. Et le moment de reprendre la préparation de la potion est arrivé alors le Gryffondor laisse la discussion en suspens. Il met la poudre de pierre de Lune dans le chaudron et attend un peu. Puis il baisse le feu, se souvenant de son erreur la première fois. Il mélange dans un sens en comptant les tours, puis dans l'autre. Et ajoute le dernier ingrédient, l'eau du fleuve Léthé, deux gouttes. Une troisième, minuscule, s'échappe de la bouteille et tombe dans le chaudron. La couleur, vaguement violette, tirant plutôt sur le rose, de la potion, change instantanément. Maintenant elle est verte. Harry soupire de désespoir, c'est encore raté.

Il attend cependant que Drago ait achevé la sienne pour lui montrer son propre résultat. Patient, il s'assoit sur un tabouret et observe Drago. Harry est certain que la goutte supplémentaire n'est pas la seule raison de l'échec de cette préparation. Sauf qu'il n'a aucune idée d'où il s'est trompé. Quand le professeur de Potions a terminé et mis en fioles sa réalisation, visiblement réussie d'après la couleur, ce dernier s'approche de Harry et de son chaudron. Il grimace.

— Encore raté.

— Sans blague ? Je sais distinguer le vert du violet, Malefoy, je le sais que c'est foiré !

— Où crois-tu t'être trompé ?

Harry est presque surpris de la question, il pensait avoir besoin de demander pour que Drago lui donne des conseils. Mais il semblerait que le professeur reprenne le dessus et Harry a l'impression fugace d'être de nouveau un élève.

— Une petite goutte d'eau du fleuve Léthé supplémentaire m'a échappé. Et certainement autre chose, mais je ne sais pas quoi, car la teinte n'était déjà pas bonne avant ça.

— De quelle couleur était-elle avant ce dernier ingrédient ? s'enquiert Drago en se penchant au-dessus du chaudron pour mieux voir.

Se faisant, il frôle Harry qui n'a pas le temps de se pousser. La main du Serpentard passe près du visage de Harry pour attraper la louche, caressant quasiment sa joue. Harry frissonne de plaisir, il a presque l'impression que le geste est volontaire. Et il n'a rien d'hostile, au contraire.

— Entre violet et rose.

Drago plonge la louche et la soulève à hauteur de ses yeux. Il hume les volutes en s'aidant de sa main libre pour les faire venir vers lui, ferme les yeux et se concentre. Harry se force à reculer discrètement d'un pas et à ne pas trop le scruter, il est beaucoup trop près pour que ce soit raisonnable.

— Probablement la lavande un peu trop dosée. Et la pierre de Lune aussi, peut-être le grain de la poudre qui n'est pas bon.

Harry est subjugué par les capacités de Drago. Une fois de plus, il se fait la réflexion qu'il aurait pu être un potionniste très renommé dans d'autres circonstances. Et sa réputation en tant que professeur n'est pas usurpée, loin de là. Par Merlin et Morgane, Harry trouve ça tellement sexy, c'est indécent ! Il s'éclaircit la gorge avant de parler, il a peur de ne pas maîtriser sa voix.

— J'ai pourtant mis quatre brins de lavande dans le mortier, avec l'ingrédient standard.

— Si tu es attentif, tu constateras que la lavande n'a jamais deux brins parfaitement identiques, Potter. La tige, les fleurs, les feuilles n'ont pas la même puissance. Il faut très exactement la bonne quantité pour que la potion soit réussie. Je te l'ai dit, elle est très difficile.

— Je ne m'avoue pas vaincu, sourit Harry, on remet ça quand ?

— Samedi quatorze ou vendredi vingt ?

— Les deux ! Même si j'ai prévu de faire quelques incursions dans le château samedi prochain, pour chercher les Partisans Noirs.

— Je suis obligé d'admettre que tu es persévérant, comme tu l'avais dit. J'avoue que cela m'impressionne, je ne t'en pensais pas capable.

Harry rougit un peu, le compliment est inattendu. Et beaucoup trop agréable. Sa carnation très mate camoufle sa gêne et il n'en est pas fâché.

— Tu vas chercher où ? continue Drago, se doutant de la réponse.

— La Salle sur Demande. Je l'avais envisagée et comme tu en as parlé, ça me confirme que c'est plus que plausible.

— Alors je viens avec toi.

Harry se met à rire. Il ne pensait pas que Drago avait autant d'humour. Mais ce dernier ne partage pas son hilarité. Serait-il sérieux ?

— Réellement ? Tu n'en as pas assez de devoir déjà endurer ma présence deux heures par semaine ici ? Tu veux prendre le risque d'être avec moi une après-midi et une soirée ?

— Honnêtement non, je n'en ai pas marre de te voir. Finalement tu es beaucoup plus supportable que prévu. Pour un Gryffondor, taquine Drago.

Drago a un petit sourire, légèrement ironique. Harry n'arrive pas à savoir ce que ça veut dire exactement. Est-ce qu'il doit prendre ça littéralement ou est-ce qu'il y a plus ? Est-ce que Harry se fait des idées ou est-ce que Drago flirte vaguement avec lui ? Non, Harry aimerait que ce soit le cas, mais ça n'est pas possible. Drago a peut-être juste envie de l'aider parce qu'il se sent responsable à cause du tutorat ? Ou par intérêt personnel ? Harry a réalisé que les visites des Aurors et les interrogatoires l'ont beaucoup stressé. Il ne sait évidemment pas que Harry l'a formellement mis hors de cause dès le départ. Et il ne compte pas lui dire pour le moment, il ne veut pas entraver l'enquête de Tulipe.

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Albus pose ses affaires sur sa chaise et rejoint Scorpius sur son lit. Les deux garçons ont pris l'habitude de parler ensemble sur le lit de l'un ou l'autre avant d'aller se coucher. Ils ont bien mangé et la nuit est tombée depuis longtemps. La fatigue de la journée, de la semaine, se fait sentir. Ils ne vont peut-être pas veiller trop tard ce soir. Même si demain, le réveil ne sonnera pas.

Scorpius est déjà emmitouflé dans ses couvertures, même si le dortoir est chauffé, l'ambiance sous marine est froide. Et ça donne envie de se pelotonner dans son lit. Albus est assis en tailleur, tout près, et Scorpius lui propose de partager la chaleur de la couverture. Ce dernier ne se fait pas prier. Les autres élèves du dortoir ont arrêté de les scruter comme des botrucs depuis longtemps. Leur complicité a beaucoup alimenté les potins, pendant des mois, mais les deux garçons s'en moquent. Leur amitié est fusionnelle et ça ne regarde qu'eux.

— Alors, tu fais quoi cette année à Noël ?

— Je vais deux semaines en Floride, chez mes grands-parents maternels.

— Tu ne vois pas ton autre grand-mère du coup ?

— Elle vient avec nous cette fois. Ils ont tous fini par se rendre compte que de m'avoir chacun une semaine était moins intéressant que de passer les deux tous ensemble.

— C'est toujours tendu entre eux ?

— Ça va mieux, maintenant. Je crois que Narcissa n'aime pas trop les parents de ma mère, mais je n'ai jamais compris pourquoi. Encore des histoires d'adultes que personne ne veut m'expliquer.

Scorpius soupire et Albus lui prend la main, sous les couvertures, pour le réconforter. Il ne fait plus ce genre de geste en public maintenant. Non pas qu'il en a honte, mais il a compris, du haut de ses treize ans, que pour les autres ça n'a pas le même sens que pour lui, que pour eux. Et il ne veut pas mettre Scorpius mal à l'aise. Son père et sa tante Hermione lui ont dit que les relations homosexuelles n'étaient pas très bien vues chez les Sang-Purs. Il n'en a jamais parlé avec son ami, parce qu'il ne se sent pas concerné, il n'est pas amoureux de Scorpius, mais il ne veut pas le mettre dans une position difficile.

— Et toi ?

— Comme d'habitude : une semaine avec ma mère, l'autre avec mon père. Et Noël chez mes grands-parents, avec toute la tribu.

— Ça fait quoi d'avoir une aussi grande famille ? Autant de cousins et cousines ?

— Ça dépend, rit doucement Albus, la plupart du temps c'est chouette. Mais parfois c'est pénible. Tu vois, à Poudlard, il y a tellement de membres de ma famille que je me sens épié tout le temps.

— Sauf ici.

— Sauf ici. Il n'y a que moi à Serpentard. Et j'en suis très content.

Scorpius hoche la tête. Lui aussi est plutôt heureux qu'Albus soit le seul de cette grande tribu dans cette Maison. Il apprécie beaucoup les cousins et cousines d'Albus, surtout Rose, et son frère est sympa, mais parfois il aime bien avoir son ami pour lui. Sans devoir le partager. C'est un peu égoïste, mais il s'en moque. Ce qui les lie est particulier et Scorpius ne sait pas vraiment pourquoi. Il n'a jamais été aussi proche de personne avant et il ne veut pas perdre cette amitié. Il a conscience que c'est précieux, son père lui-même n'a que peu d'amis sur qui compter. Leur nom reste entaché par le passé alors Scorpius, malgré son âge, sait qu'il est chanceux d'avoir trouvé Albus. Et sa famille, qui l'a adopté aussi finalement. Leurs pères n'ont jamais rien dit, même s'ils n'ont pas semblé ravis à l'époque. D'ailleurs ça lui fait penser à quelque chose.

— Au fait, Al, tu savais que mon père donne des cours particuliers de potions au tien depuis quelque temps ?

— Non ! Mais pourquoi ?

— Aucune idée. Au début de l'année, ils ont pas arrêté de se faire la gueule et maintenant ils s'enferment pour faire des potions. Ils sont vraiment bizarres !

— Mon père a dû suivre mon conseil de lui demander pardon. James s'est moqué de moi, mais je suis sûr que ça a arrangé les choses.

— Probablement. Est-ce qu'il parle de mon père, le tien ?

Albus réfléchit un instant et se remémore les dimanches en famille avec son père et ses frères depuis la rentrée.

— Parfois oui. Mais il passe surtout son temps à nous demander comment on va, si les cours nous plaisent et tout ça. Même si je trouve que l'ambiance a un peu changé ces dernières semaines. Il a l'air stressé, je pense qu'il a dû se passer un truc que personne ne veut me dire.

— Le mien aussi est plus stressé que d'habitude. Et il parle beaucoup de ton père maintenant. Tu dois avoir raison, il s'est passé quelque chose. Tu crois que James est au courant ?

— Probablement. Je vais essayer de découvrir ce que c'est.

Scorpius baille un peu et sent le sommeil arriver. Il propose à Albus de commencer à chercher dès le lendemain. Les deux garçons se disent bonne nuit et Albus retrouve son propre lit, heureux de savoir que son meilleur ami va l'aider.


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On se retrouve dans deux semaines, 29 avril 2022 avec le chapitre 8 : « Tétrodotoxisme ».
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