Bonjour à toustes !
Je suis si heureuse de lire vos reviews à chaque publication et vous êtes de plus en plus nombreuxes à me lire, mille mercis !
Il y a actuellement un bug sur ffnet qui n'envoie pas les mails d'alerte pour les nouveaux chapitres, ainsi je vous invite à vérifier que vous avez bien lu les derniers chapitres… Je ne sais pas quand le bug sera résolu mais ça semble durer depuis au moins mon chapitre 4 (Nostalgie, détente et draps étrangleurs)…
Voici le chapitre 8 !
Bonne lecture !
Chapitre 8 — Tétrodotoxisme
Samedi 14 décembre 2019
Drago a passé toute la semaine à penser à cette journée. Il a anticipé le fait de ne pas pouvoir travailler le samedi après-midi, il s'est couché plus tard plusieurs jours d'affilée pour ne pas être forcé de corriger des copies ou préparer des cours le dimanche. Il a beau avoir des leçons bien rodées, il ne s'ennuie pas. Et sa tâche de tuteur pour Harry lui prend également du temps. Ce dernier est très attentif à ce que tout se passe bien dans sa classe, à ce que les élèves apprennent bien. Et il est plutôt pointilleux. Cela a étonné Drago quand il s'en est rendu compte, il n'avait jamais imaginé le Gryffondor ainsi. C'est une qualité à ajouter à la liste qui commence à devenir conséquente depuis qu'il le côtoie quotidiennement. Et il faut dire que le pauvre n'a pas eu de chance, ses prédécesseurs n'ayant rien laissé, il doit créer tous les cours, c'est extrêmement chronophage et épuisant.
Il a hâte d'aller explorer Poudlard avec Harry. Pourtant, au départ, quand il a commencé à l'aider c'était uniquement par intérêt personnel, il n'a aucun mal à le reconnaître. Même s'il se garde bien d'en parler à qui que ce soit. Sauf que le temps passe, il a appris à connaître son collègue, et il apprécie très sincèrement sa présence. Pourquoi ? Drago ne le sait pas. Ou ne veut pas vraiment le savoir, alors il ne cherche pas. Drago a conscience que cette situation est particulière et cela le met presque mal à l'aise.
Ils ont rendez-vous vers quinze heures, devant la tapisserie de Barnabas le Follet. Drago a mis longtemps à revenir dans cette partie du château, tout comme pour la Tour d'Astronomie, où il va maintenant de temps en temps pour réfléchir. La Salle sur Demande a été une malédiction pour lui pendant une année entière et il y a vécu des évènements traumatisants. Pendant des années, il a fait des cauchemars à propos de l'Armoire à disparaître, des Mangemorts qu'il a fait entrer dans l'école et du Feudeymon. Quand il est revenu à Poudlard en tant que concierge pour remplacer Rusard, il était parfois obligé de passer dans ce couloir, mais il détournait volontairement les yeux du mur, incapable de le regarder. Et puis, avec le temps, il s'est forcé à affronter sa peur. Il s'est assis adossé à la tapisserie, face à ce mur magique, pendant des heures et des heures. De nombreuses fois, pour conjurer les mauvais souvenirs et les cauchemars. Mais il n'y est jamais entré.
Quand Drago arrive, Harry est déjà là, absorbé dans la contemplation des pierres. Il a l'air soucieux et Drago peut comprendre pourquoi. Lui aussi doit se rappeler de beaucoup de choses. Et Drago est associé à plusieurs de ces désagréables moments. Il en frissonne de dégoût pour lui-même. Pour la personne qu'il était à l'époque.
— Potter, salue Drago pour le sortir de sa torpeur.
Le Gryffondor tourne la tête vers lui et lui fait un signe de la main.
— Tu as pu finir de préparer ton cours pour lundi ? ne peut s'empêcher de lui demander Drago, son travail de tuteur toujours en tête.
— À peu près. Je n'arrive pas à me concentrer depuis ce matin.
— Je suppose que tu n'as pas très envie de te retrouver ici avec moi, en réalité.
Harry grimace et Drago sent ses entrailles se retourner. Il a tellement honte de ce qu'il a fait, cela l'a rongé longtemps et il pensait que c'était derrière lui. Mais la présence de Harry et les circonstances ravivent les regrets. Même s'il s'est déjà excusé, cela reste inconfortable.
— J'ai également d'excellents souvenirs ici. Tout ne tourne pas autour de toi Malefoy.
— Navré. Je peux m'en aller, si tu préfères.
— Reste. Nous serons plus efficaces à deux et plus en sécurité aussi, soyons réalistes. Est-ce que ça ne sera pas trop dur pour toi ?
Drago est surpris, Harry le regarde avec une étonnante sincérité. Cela le touche profondément. Harry Potter, toujours aussi altruiste. Mais alors qu'il moquait cela quand il était jeune, il sait maintenant que c'est une qualité rare et appréciable. Qu'il apprécie.
— J'ai eu des années pour digérer ce que j'ai vécu là dedans.
— Commençons alors. On fait un premier test pour voir si ça marche ?
— D'accord. Je te laisse faire.
Drago se recule de quelques pas, permettant à Harry d'agir. Ce dernier reste fixe quelques instants, le visage concentré, bien droit sur ses pieds, la baguette à la main. Puis il passe lentement trois fois devant le mur. Drago attend, son cœur bat un peu plus vite qu'à la normale, stressé, inquiet de voir ce qui va arriver. Après le troisième passage de Harry, rien ne bouge. La déception commence à enfler dans la poitrine de Drago, quand soudain, une porte se dessine sur le mur.
Les deux hommes soupirent de soulagement, en même temps, sans s'en rendre compte. Drago sent un poids s'envoler, mais l'inquiétude n'a pas entièrement disparu. Que vont-ils trouver là-dedans ?
— J'ai demandé la pièce pour cacher un objet, dit Harry, comme s'il avait lu dans les pensées de Drago. C'est la seule que nous avons connue tous les deux, ça sera un bon test.
Drago déglutit lentement. « Un bon test ». Cette pièce en particulier ne lui fait pas envie du tout. Il ne sait même pas ce qu'il en reste après le feu magique qui a tué Vincent Crabbe vingt-et-un ans plus tôt. Mais il ne veut plus passer pour un lâche, pour un trouillard. Cette partie de sa vie est derrière lui. Depuis son retour des États-Unis avec le petit Scorpius de deux ans, Drago s'est promis de tout faire pour surmonter ses difficultés, ses défauts, ses peurs. Il a plutôt bien réussi, même si c'est un combat quotidien.
Harry ne l'attend pas et tourne la poignée. Un léger grincement s'échappe quand les gonds laissent la porte s'ouvrir vers l'intérieur. Et le Gryffondor entre. Drago s'oblige à le suivre en sortant sa baguette de sa poche. Son cœur bat beaucoup trop fort, il l'entend presque dans ses oreilles et la sueur commence à perler à son front. Il s'essuie vaguement d'une main et pousse un peu plus la porte pour entrer également à son tour.
Ce qu'il découvre le laisse pantois, la bouche béante de surprise. Il passe son regard partout, cherchant à admettre que c'est réel. Ce qui était une immense salle dont ne voyait pas le fond, haute comme une cathédrale et remplie de milliers d'objets, est devenue plus petite que le salon du vieux Manoir de sa famille. Cela reste une pièce d'une taille correcte, mais bien loin de ce qu'elle était. Le plafond est beaucoup moins élevé et les murs sont entièrement noirs. Drago devine que les vestiges du Feudeymon sont là. Il y a quelques babioles et meubles disséminés çà et là, assez peu nombreux.
Drago tourne la tête vers Harry qui est aussi estomaqué que lui. Ce dernier murmure :
— La Salle a recréé une pièce destinée à cacher les objets... Incroyable !
— J'avoue que je ne savais pas si quelque chose avait résisté au feu.
— Visiblement, rien n'est resté. Ces choses-là ont dû être déposées depuis la réouverture de Poudlard, il y a vingt ans.
— Pourquoi si peu ? C'est long, vingt ans.
Harry sourit en se rendant compte que beaucoup de secrets n'ont jamais été dévoilés.
Drago ne comprend pas cette réaction. Est-ce que Harry se moque de lui ?
— Tu n'as vraiment aucune idée de la raison ?
Drago ne peut que secouer la tête. Il lui semble inconcevable que si peu de choses ont pu être déposées ici en tant de temps.
— Presque personne ne connaît l'existence de la Salle sur Demande. Elle n'est censée apparaître qu'aux gens qui en ont vraiment besoin.
— Je ne savais pas. Je cherchais où avait été cachée l'Armoire à disparaître quand la porte s'est dessinée devant moi. Je ne me suis pas posé plus de questions, surtout que vous y étiez tout le temps fourré en cinquième année, je pensais que tout le monde la connaissait.
Drago a un pincement au cœur en évoquant cette période. Il sait qu'il va faire de mauvais rêves cette nuit. Il espère que ses draps à lui n'ont pas été ensorcelés également. Harry perd son sourire alors que les souvenirs de ce que Drago a fait affluent.
— Est-ce que tu regrettes, Malefoy ?
— Quoi ?
— Ce que tu as fait ici en sixième année.
— Je regrette beaucoup de choses, Potter. D'innombrables choses. Mais pas d'avoir voulu sauver ma peau. Simplement j'aurais dû m'y prendre autrement, c'est certain.
— Et Crabbe ?
— Il ne méritait pas de mourir ainsi, mais il a payé pour ses actes dans un sens. J'ai eu le temps de faire mon deuil.
Le deuil n'a pas été très long par ailleurs. Crabbe et Goyle étaient des connaissances d'enfance et le suivaient partout à Poudlard. Pas parce qu'ils étaient amis, mais parce qu'on leur avait demandé de le faire. Drago a mis bien plus d'années à assumer d'avoir exploité ses deux camarades que de se remettre du décès de l'un d'eux.
— On ressort ? propose Harry, qui n'a pas envie de s'éterniser.
Drago rouvre la porte et sort. Harry le rejoint, pas fâché de se retrouver dans le couloir de nouveau. Finalement, il est plus difficile de revenir là que ce qu'il avait imaginé, pour tous les deux.
— Tu sais, je crois que je regrette plus ma participation à la Brigade Inquisitoriale que d'avoir réparé cette foutue armoire, murmure Drago.
— Pourquoi ?
— Parce que j'avais décidé moi-même d'obéir à cette horrible bonne femme et que je savais pertinemment qu'elle était infecte. C'est une des décisions que j'ai prises seul et elle était vraiment très mauvaise. Alors qu'en sixième année, j'ai fait ce que je pouvais pour sauver ma vie, protéger ma famille, j'ai obéi sous la contrainte et la peur au ventre. C'est très différent. Et je suis réellement désolé d'avoir été complice de tout ce qu'elle t'a fait subir, et aux autres aussi. J'étais un bel enfoiré.
— C'est vrai, tu l'étais. Mais c'est du passé, ça. Et merci pour tes excuses, je les accepte et je les apprécie.
Drago sourit un peu, mais il se sent quand même misérable. Même s'il a changé, c'est dur de faire face à celui qu'il était dans sa jeunesse. Mais il assume, il le fait depuis Azkaban. C'est nécessaire. Harry lui tapote gentiment le bras, comme pour lui remonter le moral et Drago a envie de rire soudainement. La situation est tellement absurde !
— On tente de trouver une salle qui pourrait servir à ces meurtriers en puissance ? Je te laisse essayer en premier, Malefoy.
Drago se place devant le mur et réfléchit. S'il était l'un de ces gosses, et il aurait pu l'être sans aucun doute, quel endroit aimerait-il trouver pour comploter ? Une pièce pas trop grande, confortable, de quoi écrire et des biscuits. Parce que Drago a toujours adoré grignoter des sucreries quand il se creuse les méninges. Il essaie d'organiser ses pensées et passe trois fois devant les pierres brutes. Une porte se dessine. Drago ne peut s'empêcher d'être étonné que ça ait marché.
Il entre et fait quelques pas à l'intérieur, attendant son collègue. Puis il fait le tour de l'endroit, c'est à peu près comme il l'avait imaginé. Beaucoup trop précis et beaucoup trop personnel pour que ce soit ce lieu qui réunisse les élèves qui essaient de tuer Harry, il s'en rend compte rapidement.
— C'est pas ici, annonce-t-il très vite.
— Ça semble pourtant être une bonne planque. Regarde, il y a des parchemins avec mon nom. Je dois au moins vérifier.
Harry se penche vers le tas de papier, mais il n'y a absolument rien de probant. Son nom est inscrit là, mais le reste n'est que des inepties. Et l'écriture est celle de Drago.
— C'est quoi, ça ?
— J'ai probablement un peu trop bien imaginé la pièce que j'aurais utilisée si j'avais été à la place de ces gosses, il y a vingt ans.
Harry explose de rire, visualisant très facilement Drago, à dix-sept ans, en train de fomenter un mauvais coup contre lui dans cet endroit. Et il ressort de la salle sans cesser de rigoler. Son hilarité est contagieuse et Drago doit se retenir pour ne pas perdre ses moyens. Mais son sourire prend tout son visage.
Il faut plusieurs minutes à Harry pour s'apaiser. Il a fini par se tenir les côtes, appuyé contre un mur, les larmes aux yeux. Drago n'a pas pu s'empêcher de rire aussi, il est trop difficile de résister à autant de bonne humeur. Et ça leur fait beaucoup de bien alors que les mauvais souvenirs et les regrets les avaient envahis après la visite de la pièce aux objets cachés.
Durant deux heures, ils imaginent de nombreuses pièces dans la Salle sur Demande, mais aucune ne semble convenir. Ou bien toutes conviennent potentiellement, c'est bien le problème. A chaque fois, c'est un peu trop personnel ou beaucoup trop impersonnel pour trouver quoi que ce soit qui pourrait servir d'indice.
Drago s'affale contre la tapisserie et s'assoit par terre, totalement vidé. Sa baguette repose mollement dans sa main. Il a soif. Harry s'installe près de lui, dans un état de fatigue similaire. Faire s'ouvrir la Salle sur Demande est bien plus énergivore que ce qu'il pensait. Et pour un résultat nul : il n'y a rien du tout là dedans. Harry a lancé des dizaines de sorts de détection sans aucun retour positif. Et il lui est impossible de jeter un charme d'alarme comme sur les salles de classe vides, ça ne marche pas dans cet endroit particulier.
Harry regarde sans vraiment le voir le mur de pierres. Il est très déçu de cet échec. Il avait oublié que parfois certaines enquêtes n'avancent pas vite. C'est visiblement le cas ici. Il espère que Tulipe et son équipe ont plus de chances avec les maigres indices issus du parchemin.
— Bon, je crois qu'on peut laisser tomber, on ne trouvera rien, soupire Harry.
— En effet... Tu as d'autres idées ?
— Beaucoup ! Mais je n'aurai pas le temps de chercher avant les vacances. Je dois préparer les devoirs à donner aux élèves, ça va me prendre des heures.
Drago ne répond rien. La situation de Harry n'est pas tout enviable et le Serpentard maudit un peu les précédents titulaires du poste de DCFM. En tant que tuteur, il peut accompagner Harry, mais il ne peut pas non plus faire son travail à sa place. Il tourne la tête vers lui, il semble épuisé. Pris d'une impulsion, Drago pose la main sur son épaule, pour lui montrer son soutien. Mais pas trop longtemps tout de même, leur amitié naissante risque de voler en éclats au moindre faux pas.
— Motivé pour ton cours de Potions, Potter ? plaisante Drago, n'imaginant pas une seconde qu'il acceptera.
— C'était prévu, non ?
Harry se relève. Il est fatigué, mais le défi de réussir cette potion de l'enfer le pousse à retrouver un peu d'énergie. Il ne s'avoue pas vaincu, il est certain de pouvoir y arriver. Peut-être pas aujourd'hui ni la semaine d'après. Mais il reste encore de très longs mois avant la fin de l'année !
Drago hausse un sourcil, étonné. Il aurait plutôt pensé que le Gryffondor irait se reposer ou travailler ses cours, au lieu d'aller s'enfermer dans les cachots avec lui alors qu'ils viennent de passer près de trois heures ensemble. Mais bon, après tout, Harry est têtu, il s'en est rendu compte depuis longtemps. Drago se relève et les deux hommes prennent la direction des sous-sols.
— Si tu veux, je te dirais quels autres endroits de Poudlard j'ai prévu de visiter après les vacances.
Harry est certain que cela va intéresser Drago. Ce dernier pose beaucoup de questions pendant les cours de Potions qu'il lui donne, ce n'est pas anodin. Et finalement, à deux c'est moins pénible de chercher. Malgré un début d'après-midi un peu difficile, ils ont bien ri. Et Harry aime bien voir Drago rire, ça lui va bien. Ça le change beaucoup de ce qu'il était, cela chasse davantage le passé derrière eux.
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— On aurait pu rester à la bibliothèque, se plaint John.
— Je doute que madame Morton nous laisse discuter entre les rayonnages sans nous faire de reproche. Surtout à propos de ça, rétorque Jessica en levant la petite boîte qu'elle a conservée depuis la rencontre à Pré-au-Lard deux semaines plus tôt.
— Cessez vos enfantillages ! les dispute Mike. Je vous rappelle que nous n'avons toujours aucune idée de comment les utiliser discrètement. Les vacances approchent. Et j'aimerais qu'il ne revienne pas à Poudlard en janvier.
Les trois adolescent·e·s marchent dans un couloir du septième étage. Iels ont beaucoup réfléchi, mais aucun·e d'entre eux ne sait comment faire boire l'une des fioles au professeur de Défense Contre les Forces du Mal. La tâche est délicate et iels ont peu de temps libre entre les cours, les devoirs et les révisions. Iels ne veulent pas non plus mettre en danger leur scolarité : les ASPIC ne sont plus que dans quelques mois.
Mike arrête ses deux camarades en plein milieu du couloir, devant une immonde tapisserie sans âge, comme le château en compte tant. Il grimace.
— Laissez-moi réfléchir, demande-t-il en marchant de long en large.
John et Jessica le regardent, mais iels savent bien que la situation est difficile. La première demande des Partisans Noirs était aisée à mettre en place : chuchoter un sort devant une porte fermée est facile. Faire boire une substance inconnue à quelqu'un est bien plus ardu. John fait tout ce qu'il peut pour retarder les choses, il ne fait volontairement que des propositions qu'il sait irréalisables. Jessica, quant à elle, trouve la situation grisante, mais ne pas avoir le moindre résultat après tant d'efforts est décevant. Par ailleurs, elle n'a pas vraiment envie que leur professeur soit blessé, elle veut juste faire plaisir à Mike. Et lui il tient à ce qu'il quitte l'établissement, si possible en étant un peu amoché.
Alors que Mike continue à ruminer, Jessica voit apparaître derrière lui, sur le mur de pierre, une trace.
— Là ! Regarde !
Les trois jeunes observent, médusé·e·s, une porte se dessiner et se matérialiser là où il n'y avait rien un instant plus tôt. Mike est suspicieux, mais Jessica comprend immédiatement le potentiel de cet évènement. Iels cherchaient un endroit discret pour se réunir et Poudlard vient visiblement d'accéder à leur demande. Sans attendre et sans réfléchir, elle franchit les quelques mètres qui la séparent de la porte et l'ouvre d'un coup sec. Elle sautille et hurle de joie en découvrant une large pièce avec des fauteuils, une table, une cheminée qui flambe. Et surtout personne d'autre ne s'y trouve. Elle y entre immédiatement, encourageant ses deux amis à la suivre.
— Voilà pourquoi il est utile d'avoir toujours une Gryffondor à ses côtés, fait remarquer Mike à John, elle prend tous les risques pour nous !
Le jeune homme rejoint Jessica dans la pièce, ravi. Et John, la mort dans l'âme, cachant sa déception, les suit. Ses efforts pour repousser l'inévitable viennent de se réduire à néant. Il faut qu'il trouve une solution pour que le professeur Potter avale le moins possible de ces liquides suspects. Il espère de toutes ses forces qu'il ne s'agit que de le rendre malade et qu'il sera sur pieds rapidement.
Quand John referme la porte derrière lui, cette dernière disparaît dans le mur et personne, dans ce couloir désert, ne sait que trois élèves viennent de découvrir le potentiel infini de la Salle sur Demande.
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Mercredi 18 décembre 2019
Le soleil illumine de ses rayons le parc de Poudlard. En cette saison, c'est assez rare pour avoir envie d'en profiter. Les arbres ont perdu leurs feuilles pour la plupart et le sol est jonché de rouge et d'orange, l'humidité résiduelle de la pluie matinale fait briller l'herbe bien verte. Et il ne fait pas trop froid. Albus et Scorpius ont décidé de passer leur temps libre dehors plutôt que de rester enfermés. Scorpius se sent un peu coupable de ne pas être avec son père comme il le fait régulièrement le mercredi après-midi, mais il sait que le mauvais temps les empêchera bientôt de respirer l'air pur de ce coin perdu d'Écosse. Il aime son père, profondément, mais il a passé presque toute sa vie seul avec lui. Maintenant, il a envie de profiter de l'amitié qu'Albus lui offre depuis trois ans. De plus en plus. Cette après-midi, Rose Weasley, qui est très souvent avec eux, est à la bibliothèque. D'après Albus, il semblerait que la jeune fille tienne de sa mère, toujours le nez dans un livre. Scorpius a eu l'impression que cette précision n'était pas spécialement positive, pourtant lui ne voit pas le problème à s'instruire. Et il sait qu'Albus non plus. Mais le passé de leurs parents respectifs est plus que houleux, il s'agit sûrement de moqueries qu'iels se balançaient à l'époque.
Les deux garçons ont enfilé des vêtements chauds et partent se promener dans le parc. Ils marchent tranquillement, saluant régulièrement leurs camarades. La troisième année n'a pas cours le mercredi, alors nombreuxes sont les élèves profitant de ce temps ensoleillé. Une fois arrivés au bord du lac, ils s'installent sur la berge, gardant leur distance avec l'eau qui s'avère parfois traître. Toustes les étudiant·e·s se sont déjà retrouvé·e·s mouillé·e·s simplement en étant assis trop proche du lac qui envoie de temps à autre des vagues sans prévenir, remontant assez haut sur la petite plage de galets.
Albus sort sa baguette et la fait rouler entre ses mains. Il pense aux derniers cours et se dit qu'il pourrait bien s'entraîner : le sortilège d'Allégresse lui résiste un peu. Mais il n'y a que Scorpius avec lui et il ne veut pas imposer à son ami le résultat d'un charme raté ou au contraire d'une réussite. Ce dernier se mettrait à rire sans raison, et cela pour plusieurs heures. Or il a besoin que Scorpius soit concentré pour l'aider.
— Scorp', est-ce que tu as pu parler à ton père à propos du mien ?
— J'ai essayé. Il donne bien des cours de Potions à ton père, toutes les semaines, depuis presque un mois.
— Et tu sais pourquoi ? J'ai voulu lui en parler dimanche, mais il a dit que c'était pour se perfectionner et passer le temps. Ce qui n'a aucun sens !
— Je suis d'accord, ce n'est pas logique, ton père est prof de DCFM, il n'a pas besoin de devenir meilleur en Potions...
— Le plus bizarre c'est qu'il sous-entend que c'est un loisir et je suis certain que ce n'est pas que pour les potions. Je crois qu'ils aiment passer du temps ensemble. Alors qu'au début de l'année c'était quand même tendu entre eux !
Scorpius laisse échapper un petit rire. Il repense à la discussion qu'il a eue avec son père après la dispute que les adultes ont eue en septembre : Drago était furieux et n'avait pas mâché ses mots envers son collègue. C'était bien plus que tendu, c'était explosif ! Mais plus il réfléchit, plus Scorpius réalise que cela fait des semaines que son père n'a pas émis le moindre commentaire négatif à propos du professeur Potter, au contraire. Il l'a même surpris à avoir un petit sourire quand il parle de lui. Cela cache peut-être quelque chose ?
— Al'... Tu crois que... enfin... qu'il se passe quelque chose entre eux ?
Albus tourne brusquement la tête vers son meilleur ami, les yeux écarquillés.
— Pardon ?
— Bah, tu sais, tout le monde est au courant que ton père sort avec des garçons autant que des filles... Alors, je ne sais pas...
Quelques secondes s'écoulent avant qu'Albus éclate de rire en rejetant la tête en arrière. Il ne peut absolument pas imaginer que son père puisse sortir avec le professeur Malefoy. Ils se sont trop détestés dans leur enfance et se supportent depuis seulement quelques mois. Mais devant l'air très sérieux et même un peu vexé de Scorpius, Albus s'oblige à reprendre sa respiration et à se calmer.
— Oui, mon père est bi, mais pas le tien, hein ?
— J'en sais rien en fait, se renfrogne Scorpius, mon père ne parle pas de lui. Et depuis la mort de ma mère, il n'a jamais plus eu d'histoire amoureuse. Je lui ai déjà demandé pourquoi il ne s'était jamais remarié, mais il m'a dit qu'il préférait s'occuper de moi. Et que c'était des trucs d'adultes, que je comprendrais plus tard.
— Ouais, le mien dit souvent ça aussi. Ils nous prennent vraiment pour des bébés parfois, soupire Albus.
— C'est clair...
Pendant quelques instants, les deux garçons restent perdus dans leurs pensées. Et puis Albus se dit que c'est le bon moment pour parler à son ami de choses qui lui posent question. Mais qu'il n'a jamais osé lui demander à cause de sa filiation Sang-Pur.
— Est-ce que c'est ton père qui t'a expliqué ce que c'est d'être bisexuel ? Tu n'as pas l'air choqué que le mien le soit.
— Il ne parle pas trop de tout ça, même s'il n'a jamais rien dit d'homophobes. Enfin je crois... se dandine Scorpius, mal à l'aise. Ce sont mes grands-parents maternels qui m'ont expliqué toutes ces choses. Ils m'ont donné des exemples de gens connus qui ne sont pas hétéro et ton père en faisait partie, je suis désolé.
— Ne sois pas désolé, il ne le cache pas.
— Ouais... Enfin, un jour mon père a voulu me parler de la sexualité, comment on fait des enfants et tout. Mais je savais déjà tout ça grâce à mes grands-parents, donc ça s'est arrêté là. Il m'a quand même dit que je pouvais tout lui dire, sans craindre d'être rejeté. Je crois que c'est à cause du fait qu'il a été élevé dans les principes Sang-Purs et qu'il ne voulait pas que je grandisse comme lui. C'est encore très mal vu d'être différent quand on est de ce milieu...
— Par différent, tu veux dire pas hétéro ?
Scorpius hoche la tête. Il a compris, assez jeune, à quel point l'enfance de son père a dû être encadrée, rigide, intolérante à la différence. Pour la majorité des grandes familles Sang-Purs, c'est tout aussi dégradant d'être moldu, né moldu ou homosexuel. Il est très reconnaissant envers la famille de sa mère, et encore plus envers son père qui a lutté contre son éducation, de lui avoir permis de grandir autrement. Parfois, il est triste de réaliser à quel point la société sorcière est en retard par rapport à son équivalent moldue.
Albus comprend vite que Scorpius a besoin de réconfort, son visage est fermé et il a les yeux dans le vague, comme toujours quand il pense. Il ne sait pas ce qui le chagrine, mais cela n'a pas d'importance. Albus range sa baguette dans la poche interne de sa cape et prend la main de son ami dans la sienne. Ils ne sont pas entièrement seuls sur le rivage du lac, mais personne n'est vraiment assez proche pour savoir ce qu'ils font. Il sent les doigts de Scorpius serrer les siens en retour et son visage s'allège un peu.
— Dis... Scorpius... ça ne te dérange pas que je fasse ce genre de choses ?
— Pourquoi ça me dérangerait ? Tu le fais depuis qu'on se connaît ! Ça fait bien longtemps que j'ai compris que tu es facilement tactile.
Albus rougit. Il aurait aimé ne pas se sentir embarrassé avec Scorpius, ça n'a jamais été le cas avant. Mais avant ils n'avaient jamais abordé ce sujet délicat. C'est peut-être parce qu'ils grandissent, Albus ne sait pas.
— C'est juste que j'ai compris récemment que les familles comme la tienne ne sont pas très tolérantes envers les homos et jusqu'à aujourd'hui je ne savais pas ce que tu en pensais... Ma tante Hermione m'a dit que les gens font vite des raccourcis et que les hommes considèrent presque tous que les gestes de ce genre ne doivent pas exister entre eux. Parce que ça fait pédé...
— Est-ce que tu es en train de me dire que tu es gay, Albus ? demande Scorpius, sans pour autant retirer sa main de celle de son ami.
— Ah ah ah, non. Je ne crois pas... Je ne sais pas... Je me suis jamais posé la question en fait, balbutie Albus, encore plus mal à l'aise.
Albus n'ose même pas regarder Scorpius. Pourquoi la discussion a-t-elle dérivé là-dessus ? Pourquoi se sent-il si inconfortable ? Est-ce qu'il ne se voile pas la face sur son amitié avec Scorpius ? Comment sait-on qu'on est amoureux de quelqu'un finalement ?
— N'écoute pas les mauvaises langues, Al'. J'ai l'habitude d'être mal regardé parce que je porte le nom de Malefoy, tu sais. Alors je me fiche bien qu'on se moque de moi parce qu'on se tient la main. Et ta sexualité n'a pas la moindre importance pour moi, tu seras toujours mon ami et tu es le meilleur pour me remonter le moral ! Tu me diras le jour où tu sauras ?
Albus sent un poids s'envoler de sa poitrine. Il aurait vraiment mal vécu que Scorpius s'éloigne de lui juste parce qu'il ne sait pas où il en est. Il remercie son ami, lui promet de lui dire quand il comprendra mieux qui il est et se sent libre de poser sa tête sur son épaule. Scorpius et lui ont une relation à part et il est heureux qu'ils soient tous les deux sur la même longueur d'onde à ce sujet.
— Et à propos de ce que nos pères nous cachent ? Comment va-t-on découvrir ce que c'est ?
— Peut-être que tu devrais demander à tes frères plutôt ? Ils ont bien un point faible que tu pourrais faire jouer, non ?
— James sera difficilement manipulable, nous ne sommes pas très proches. Mais ça pourrait marcher avec Teddy... Soit je me place en victime de celui qui ne sait pas parce que soi-disant trop jeune et que ça me blesse profondément, ce qui est quand même un peu le cas. Soit je lui fais croire que je suis déjà au courant pour qu'il en parle librement.
— Tu le verras pendant les vacances ? Tu trouveras probablement un moment propice pendant ces deux semaines.
— Oui, à Noël il est toujours beaucoup à la maison.
— Laisse traîner tes oreilles pendant que les adultes discutent, tu apprendras sûrement des choses. Ne t'inquiète pas, je suis certain que ce n'est pas si grave qu'on pense, le rassure Scorpius en serrant sa main un peu plus fort.
Albus ne répond pas. Il sait que vu le passé de son père, il y a au contraire de très fortes chances que soit même pire que ce qu'il imagine. Mais il préfère ne pas aborder le sujet à voix haute, ça rendrait les choses trop réelles. En attendant, il profite de la proximité de Scorpius et de son amitié indéfectible.
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Vendredi 20 décembre 2019 — Harry
Je regarde l'heure au-dessus de la porte et je jure. Je vais encore être en retard ! Malefoy déteste ça en plus. Je fourre toutes mes affaires dans mon sac, fermant juste mon encrier pour ne pas en mettre partout, j'attrape ma tasse de café à moitié vide sur laquelle je lance un sort anti-éclaboussures, et je me dépêche de traverser le château pour me rendre aux cachots. Le stress des derniers jours ne me réussit pas, je ne me sens pas très en forme : mes doigts me picotent, comme engourdis et une légère nausée me taraude l'estomac. Ce doit être la fatigue, je suppose : depuis deux semaines, j'ai peu dormi et bu beaucoup trop de café.
Évidemment, Malefoy est déjà là à m'attendre. Tout est prêt, comme d'habitude. Il a même allumé le feu sous mon chaudron plein d'eau. Il est nonchalamment appuyé sur son bureau, les jambes croisées, l'un de ses pieds ne touchant le sol que du bout de la chaussure. Il porte encore sa robe de sorcier de la journée, il n'a pas dû aller se changer. Dommage, j'aime bien quand il est habillé en jean. J'aime surtout pouvoir mater ses formes sous les vêtements. Par contre, il a détaché le chignon qu'il portait encore au dîner et ses longues mèches tombent sur ses épaules. J'adore quand ses cheveux sont libérés, peut-être parce que je suis jaloux, les miens sont bons à rien et je les garde relativement courts. Il tient un livre devant ses yeux et semble absorbé par sa lecture. Je l'observe quelques instants sans faire de bruit. Il ne m'a pas entendu arriver, pourtant au pas de course. Sacré Merlin, je suis complètement mordu de ce type. Je n'aurais jamais imaginé un truc pareil il y a même pas six mois !
Je m'approche en silence puis je m'éclaircis la gorge volontairement et il relève la tête de son bouquin. Ses yeux gris me transpercent.
— Ah quand même ! Je pensais que tu ne viendrais plus. Je devrais te changer en montre à gousset... au moins tu saurais toujours l'heure qu'il est.
— Je terminais mes corrigés types des devoirs donnés pour les vacances, j'ai perdu la notion du temps.
Il grommelle sans articuler et me fait signe de commencer. Sans attendre, je démarre la préparation. Je sirote la fin de mon café tout au long de la première partie, malgré des sensations désagréables dans le ventre. J'ai dû manger un truc qui ne passe pas bien. Mais, sans caféine, je vais tomber de sommeil dans mon chaudron, j'en suis sûr !
J'essaie d'être attentif, mais je sais très rapidement que ça va être encore raté, je ne suis pas en assez bonne forme ce soir. Heureusement que les vacances commencent demain. Je vais pouvoir rentrer chez moi et dormir ! Les enfants sont chez Ginny la première semaine, je pourrais faire ce dont j'ai envie. J'ai hâte.
Du coin de l'œil je vois Malefoy qui me surveille. Il a gardé son livre, mais il ne tourne pas les pages très rapidement. Et il grimace régulièrement en me regardant, certainement à chaque fois que je fais une bourde. L'envie de rire m'effleure et je ne peux m'empêcher de sourire.
Quand le moment de laisser bouillir la potion arrive, je souffle. Je me sens de plus en plus mal. Mes mains entières fourmillent et l'intérieur de ma bouche également. Est-ce que j'ai bu trop de café ? Je transpire énormément, mais il fait peut-être trop chaud ici. Je m'assois sur l'un des tabourets hauts destinés aux élèves, rangés habituellement sous les paillasses. J'ai du mal à m'y jucher, mes membres ne me répondent pas comme je le voudrais.
— Tu as une tête à faire peur, Potter, me signale Malefoy en s'approchant de mon chaudron pour mieux constater mes erreurs.
Les vapeurs bleues ne trompent pas, je ne pourrais pas rattraper ça. Mais le résultat de cette potion devient secondaire. Je suis entièrement concentré sur moi et ce que je ressens. Des crampes me traversent les jambes et les bras. Je serre les poings sous la douleur sourde que cela occasionne.
— Potter ? Est-ce que tout va bien ?
Je relève la tête vers Malefoy qui s'est penché vers moi. Ses sourcils froncés témoignent de sa réelle inquiétude pour moi. Je dois vraiment avoir l'air mourant si cela le préoccupe ! Si je me sentais mieux, j'aurais ri. Ou jubilé de constater qu'il m'apprécie finalement un peu. Je tente de rouvrir les mains, mais elles ne répondent plus. Bon, ça devient vraiment sérieux cette histoire. J'essaie de garder l'esprit clair et je m'installe sur la paillasse, la tête dans mes bras. Je respire lentement, profondément pour apaiser l'angoisse qui monte.
Je perçois vaguement une main sur mon épaule et Malefoy qui me parle. J'ouvre la bouche pour répondre, mais je n'y parviens qu'à peine. Et pas le moindre son ne franchit mes cordes vocales. En même temps, je réalise que je n'arrive plus à déglutir et la mosaïque de la table réceptionne un filet de salive qui devient rapidement une petite flaque.
Je me concentre, je pense à James, Albus et Teddy et je fournis un effort qui me semble surhumain pour me redresser. Mon corps se relève, puis plus rien. Plus rien ne répond et je me sens tomber en arrière.
— Potter !
La chute est moins rude que prévu. Je comprends, dans le brouillard qui me reste de conscience, que Malefoy a dû l'amortir. Je l'entends m'appeler et jurer comme un charretier. Respirer commence à devenir difficile. Je pense encore une fois à mes enfants, je crois que je suis en train de mourir. Ils vont être orphelins de père et je regrette de devoir leur faire subir une chose aussi terrible. Au moins, ils ne seront pas seuls, eux. Et encore moins laissés aux « bons soins » d'une famille qui les déteste, les rabaisse et les maltraite.
Le visage de Malefoy entre soudain dans mon champ de vision, ses mèches blondes tombent le long de ses joues et caressent les miennes. C'est agréable, au moins je vais mourir avec une vue et une sensation plutôt plaisantes, c'est déjà ça.
Je sens vaguement qu'on force sur ma mâchoire et qu'on me met un truc dans la bouche, mais tout est complètement anesthésié. Malefoy me parle encore, je perçois l'urgence dans sa voix qui monte dans les aigus.
— Potter, nom d'un Sombral, je t'interdis de crever dans ma salle de classe ! Allez, avale !
Ah, finalement, ma mort ne sera pas aussi agréable que je pensais. Mais je ne pouvais pas attendre mieux de la part de mon plus vieux rival, toujours le mot sympathique pour moi celui-là.
Il me secoue un peu. Mais c'est trop tard, je le sais.
Tout devient noir.
Ne me détestez pas trop de cette fin de chapitre s'il vous plaît ;)
Une petite review pour me parler de ce cliffhanger sera bienvenue ; )
On se retrouve dans deux semaines, le 13 mai 2022 avec le chapitre 9 : « Le secret de Harry ».
En attendant, portez vous bien !
