Bonjour à toustes !
Un grand merci pour vos reviews auxquelles je n'ai pas encore répondu ! Promis je le fais très vite !
J'ai une vie personnelle et professionnelle tellement intense depuis quelques semaines que j'ai du mal à trouver du temps. Mais sachez que je lis chaque review avec un immense plaisir, vous m'apportez beaucoup de joie à m'écrire vos réactions.
Je me suis aussi rendue compte que j'avais mal écrit la date de publication d'aujourd'hui dans la note du chapitre d'avant. Je suis désolée si certain·es ont attendu le chapitre hier.
Je vous laisse avec le chapitre 18 qui est l'un des plus important dans la relation de Harry et Drago. Dans ce chapitre, il y a un basculement. Il est important aussi pour Albus, ce chapitre, vous verrez.
Bonne lecture !
Chapitre 18 — Le passé de Drago
Mercredi 18 mars 2020
Le salon de Drago résonne de bruits mouillés de baisers, de gémissements étouffés et de frottements. Ce dernier est assis sur son canapé, Harry est installé sur ses cuisses. Leurs emplois du temps surchargés ne leur permettent pas de se voir aussi souvent qu'ils le voudraient : c'est la période des examens blancs avant les vacances et les deux professeurs ont privilégié leur travail au plaisir. Mais ce midi, seulement dix minutes après la sonnerie de la fin des cours, Harry a débarqué dans la classe de Drago pendant qu'il rangeait et l'a presque supplié de s'isoler le temps du repas. Tant pis pour leurs estomacs. Drago a cédé et ils se sont rendus dans son appartement, avec de multiples précautions pour ne pas être soupçonnés par les nombreux élèves qui parcourent les couloirs à cette heure.
Harry se détache des lèvres de Drago, le souffle court. Il est très excité et il crève d'envie de lui. Depuis un mois qu'ils sont en couple, Drago lui a toujours donné l'impression qu'il repoussait à plus tard le fait de coucher ensemble. Pourtant, ce n'est pas un manque d'envie, que Harry perçoit et que parfois le Serpentard exprime. Par ailleurs, ils ne sont pas chastes pour autant, et ce depuis le début. Mais Harry sent que quelque chose empêche Drago de se laisser aller totalement. Alors en attendant, il prend ce que son amant lui offre. Et Harry n'a pas oublié la promesse de la semaine passée : il tente sa chance et se coule au pied de Drago. Ce dernier ne l'arrête pas et l'observe même avec désir.
Harry ne lâche pas les yeux de Drago, pose ses mains sur ses genoux et remonte lentement le long de ses cuisses, emportant avec lui le tissu de la robe de sorcier gris perle. Drago sourit et se lève pour la retirer. Dessous, Drago porte un simple et léger pantalon blanc en toile, ample, qui ne cache rien de son excitation. Ainsi qu'une sorte de tunique courte sans manches sur le haut du corps. La peau pâle de ses bras fait ressortir la Marque sur laquelle le regard de Harry glisse sans s'arrêter.
Le Gryffondor pousse doucement Drago pour le faire se rasseoir. Ses mains retrouvent les cuisses minces et Harry les caresse à travers le tissu, du bout des doigts, sur tout l'intérieur, jusqu'à l'entrejambe qu'il évite sciemment. Drago en a la chair de poule et ne peut se détacher de la vision de Harry à genoux devant lui.
Avec un sourire, Harry baisse la tête et rompt le contact visuel, il embrasse la bosse sous le tissu. Drago lâche un léger soupir. Malicieusement, Harry tire un peu le cordon qui ferme le pantalon puis le prend entre ses dents pour défaire le nœud. Il se dénoue très facilement, ça glisse tout seul. Il jette un regard vers le visage de Drago, ce dernier se mord les lèvres. Ses yeux gris le transpercent, comme chaque fois qu'il y voit une telle intensité.
Le cordon desserré, plus rien n'empêche Harry d'accéder à l'objet de son désir. Il prend sa baguette pour un sort de nettoyage localisé et un autre de protection. Il dégage délicatement le sexe du sous-vêtement, humidifie ses lèvres de sa langue puis embrasse le gland. Il l'entoure de ses lèvres et le suçote un peu, provoquant un gémissement de Drago. Harry relève la tête rapidement.
— Inutile de me dire d'arrêter, j'avale toujours. Sauf si tu y vois un inconvénient.
Drago regarde Harry avec des yeux ronds. Il ne s'attendait pas à ce genre de choses : les hommes avec qui il a eu des relations sexuelles ne le font pas la plupart du temps, pour éviter les risques. Lui-même n'aime pas du tout ça. Et Drago se souvient soudain des confidences de Harry sur sa vie.
— Je croyais que tu ne sortais qu'avec des moldus avant ?
— En effet, la plupart du temps. Pourquoi cette question ?
Harry replonge sur l'entrejambe de Drago et met des petits coups de langue tout le long de la verge. Drago l'observe, ébahi quelques instants, avant de réussir à répondre.
— Je pensais que les moldus se protégeaient des maladies avec des préservatifs ? Ne me dis pas que tu faisais l'impasse là-dessus ? Ou que tu leur lançais des sorts de protection dans leur dos ?
Harry ne répond pas et avale une bonne partie du sexe de Drago. Ce dernier étouffe un gémissement et tente de se reprendre.
— Harry !
— Quoi ? Tu veux vraiment qu'on parle de ça maintenant ? répond Harry après avoir lâché le sexe de Drago. Au cas où tu n'aurais pas remarqué, je suis occupé.
— Oui, je veux en parler maintenant. Assure-moi que tu te protégeais, s'il te plaît.
Harry se redresse de sa position et relève la tête vers Drago. Il hésite à s'asseoir sur le canapé, il s'attend à ce que la discussion mette un terme à sa précédente activité.
— J'ai peut-être lancé des sortilèges en douce…
— Par Morgane, Potter, tu es complètement inconscient ! Je suis certain que tu sais que nos sortilèges ne sont pas aussi efficaces sur leurs maladies que leurs morceaux de plastique !
— C'était que pour le sexe oral, le risque était vraiment limité. Pour le reste, j'ai toujours mis des capotes et j'ai toujours exigé que les autres en portent. Mais depuis quand tu connais autant de choses sur les IST moldues, toi ?
Harry s'est rassis sur le canapé, l'envie de sexe a disparu quand le ton a commencé à monter. Drago a refermé son pantalon. La réponse de Harry le choque. Drago se sent insulté, il se lève brutalement.
— Je croyais qu'on était tombé d'accord sur le fait que je ne suis plus ce mec rempli de préjugés sur les moldus et qui ne connaît rien à leur monde ! Tu me déçois, Harry.
— Mais c'est toi qui m'as dit que tu as vécu quasi exclusivement côté magique depuis les USA ! Et quand tu étais marié à Astoria, je suis parti du principe que tu ne couchais pas ailleurs. Je n'ai jamais voulu dire que tu détestais encore les moldus ! Je sais bien que c'est faux.
— Avec qui crois-tu que j'ai eu des relations sexuelles après Astoria ? L'Europe entière me reconnaît au premier coup d'œil, à cause de mon physique et à cause de la Marque ! Tu penses vraiment qu'un sorcier aurait couché avec moi : un ancien Mangemort, un ex-taulard ? Aucun sorcier de ce monde ne voudrait être avec moi, Potter !
Drago se rend compte immédiatement qu'il a parlé trop vite : le visage de Harry se décompose.
— Et moi, je suis quoi ? Un farfadet ? Un gobelin ? lâche Harry, glacial, les dents serrées.
— Je… je suis désolé. Je ne voulais pas… J'ai toujours cru que je ne pourrais jamais être désiré par quelqu'un de mon monde. Parce que je cumule tellement de tares aux yeux des autres. J'en ai vraiment bavé depuis Azkaban, tu ne peux pas imaginer !
— Tu aurais pu m'en parler, tu peux encore le faire ! s'exclame Harry en se levant. Je vais éclaircir les choses pour toi, Malefoy, au cas où tu n'aurais pas compris. J'ai envie de toi depuis longtemps : tu me l'aurais demandé que j'aurais très probablement écarté les jambes pour toi dès le mois d'octobre. Non seulement je crève de désir pour toi, mais en plus j'ai été assez idiot pour tomber amoureux ! Fais ce que tu veux de cette information, je me casse !
Puis il quitte le salon à grandes enjambées. Drago, sous le choc, met du temps à réagir : quand il se décide à le suivre, Harry est déjà parti. Drago court, ouvre la porte en grand et rejoint le couloir. Il manque percuter un groupe de trois étudiantes qui passe juste à ce moment-là. Il s'excuse rapidement et poursuit sa route.
— Harry, attends ! crie Drago.
Harry se retourne, presque au bout du couloir, prêt à tourner l'angle. Ils sont séparés par plusieurs mètres et quelques élèves qui les scrutent avec intérêt. Drago en prend conscience en même temps que la voix du Gryffondor s'élève :
— Pourquoi ?
La voix de Drago meurt dans sa gorge, aucun mot ne sort. Il y a trop de monde autour de lui, il se sent incapable de retenir Harry, il trahirait son secret immédiatement. Il n'est pas prêt, il n'a pas anticipé ça.
Harry comprend et, déçu, il reprend son chemin. Il tourne l'angle et continue jusqu'à sa salle de classe. Il ne sait pas quelle heure il est, il s'en moque. Il se sent blessé. Pourtant il a conscience qu'il a mis Drago dans une position intenable dans ce couloir, il était impossible qu'il se dévoile ainsi devant les gamin·e·s. Harry ne sait pas si cette relation est une bonne idée, s'ils ont un avenir. À chaque fois que l'un deux prononce une phrase un peu maladroite, les deux hommes s'agressent verbalement, comme dans leur jeunesse. Ils auraient besoin d'apprendre à se poser l'un avec l'autre, mais cela semble compliqué entre eux. Harry est amoureux et il a mal, parce qu'il sait que cela risque de finir comme les fois précédentes : il ne va jamais pouvoir arrêter de l'aimer vraiment. Quoi qu'il arrive.
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Dimanche 22 mars 2020
Albus vérifie l'heure une ultime fois et décide, après de nombreux allers-retours dans le dortoir, de partir immédiatement. Une dizaine de minutes plus tard, il toque à la porte de son père. Ce dernier lui ouvre et son visage surpris parle pour lui.
— Tu es en avance.
— Je sais, Papa. Je peux entrer ?
Harry fait entrer Albus dans la pièce principale. Le garçon se dirige aussitôt vers un fauteuil et s'y affale sans élégance. Harry soupire et sourit devant l'attitude de son fils. Le sourire ne reste pas longtemps, Albus a l'air préoccupé. Harry s'installe sur le canapé après avoir apporté un verre d'eau à son fils.
Albus boit quelques gorgées et lève le regard vers son père. Ce dernier est silencieux, il attend. Albus se sent si gêné, mais il ne sait pas à qui d'autre il peut en parler. Il y a bien James ou Teddy, mais Albus a estimé qu'iels étaient trop jeunes pour pouvoir l'aider. Avant de se lancer, le garçon baisse les yeux sur son verre qu'il a gardé en main.
— Papa… Comment tu as su que tu aimais aussi les garçons ?
— Oh ! Hum, c'est venu assez tardivement. Après le divorce. Est-ce que…
— Comment ? le coupe Albus qui ne veut pas encore répondre aux questions de son père.
— Je crois que j'ai accepté d'écouter qui j'étais vraiment. Ta mère et moi avons été ensemble très jeunes et je n'y ai pas pensé pendant toute notre vie commune, mais ensuite j'ai compris que les garçons me plaisaient autant que les filles, même quand j'avais ton âge.
— Quand tu étais à Poudlard, il y avait des garçons qui te plaisaient, alors ?
— Oui, mais je ne l'avais pas réalisé à l'époque. J'en ai pris conscience bien plus tard. Pourquoi ces questions, Albus ?
Albus repose son verre et garde ses mains serrées. Il relève enfin le regard vers Harry. Ce dernier est avenant et a un air un peu inquiet. Albus sait que son père ne le jugera pas. Mais ça n'en reste pas moins difficile.
— Je crois que je suis amoureux de Scorpius…
La voix d'Albus se brise sur la dernière syllabe et les larmes débordent de ses yeux. Le cœur du garçon se serre à l'idée que son ami ne partage pas ses sentiments, il le sait très bien. Ils en ont déjà parlé plusieurs fois : Scorpius aime les filles, uniquement les filles. Il se prend le visage dans les mains, il a tellement honte de pleurer ainsi.
Le cœur de Harry se morcelle en voyant son petit garçon éclater en sanglots. Il se déplace et vient se mettre à genoux devant lui. Il l'enrobe de ses bras et son fils continue de pleurer, entouré de l'amour de son père, recroquevillé contre lui.
Puis les larmes cessent progressivement, Albus renifle et se mouche.
— Je suppose que ce n'est pas réciproque, sinon tu ne serais pas dans cet état. Est-ce que tu veux m'en parler ?
— Je me pose des questions depuis plusieurs mois, en fait. Mais j'ai compris il y a quelques jours, quand Scorpius m'a embrassé pour de faux.
— Pour de faux ?
— C'était pour faire taire quelqu'un de méchant qui nous embêtait. J'ai été surpris. Tout le monde l'a été. C'était l'idée du truc. On s'est expliqué depuis, il s'est beaucoup excusé. Mais j'ai réalisé que je l'aime plus que comme un ami et que ça peut pas être son cas.
— Je suis désolé, Albus, vraiment. Je sais que ça va te paraître un peu idiot, mais ça va passer et tu trouveras des amoureux qui partageront tes sentiments, plus tard.
— Mais qu'est-ce que je dois faire avec Scorpius ? Est-ce que je dois lui dire ?
— Je ne peux pas décider pour toi, mon grand. Tu peux choisir de lui en parler ou non, c'est ton ami, tu le connais mieux que moi. As-tu peur qu'il rejette ton amitié ?
Albus prend quelques secondes pour réfléchir.
— Non, Scorpius ne me laissera jamais tomber.
— Tant mieux. C'est important d'avoir des amis qui nous soutiennent quoi qu'il arrive.
Harry pense à ses propres ami·e·s, qui, malgré des hauts et des bas, sont toujours là. Iels ont toujours été là, depuis le début. Hermione et Ron, ses piliers. Il pose la main sur l'épaule d'Albus et le regarde : il a grandi dernièrement, le petit garçon disparaît au profit de l'adolescent. Avec un pincement, Harry réalise que ses enfants ne le sont plus. Il est à la fois extrêmement triste, mais aussi très fier. Et il est particulièrement heureux qu'Albus se soit confié à lui. Tout comme Teddy l'a fait quelques mois plus tôt. Harry est très fier de ses enfants.
Le bruit d'un « toc-toc » surprend Harry et Albus. Le garçon regarde l'horloge et devine que James et Teddy sont derrière la porte. C'est l'heure du thé.
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Drago a passé une partie de sa journée avec Scorpius et ce dernier vient de repartir. Il veut finir un devoir avec Rose Weasley qui doit déjà l'attendre à la bibliothèque. Le garçon a trouvé son père plutôt taciturne et il s'inquiète un peu pour lui.
Aux environs de dix-huit heures trente, alors que la Grande Salle se prépare à accueillir les premiers élèves voulant dîner, Drago décide d'aller à la tour Gryffondor. Il est certain d'y trouver Harry puisque Scorpius lui a affirmé qu'Albus y serait pour un dimanche en famille. Tout le long du chemin, qui prend en moyenne une dizaine de minutes, quand les escaliers sont coopératifs, Drago tente de renforcer sa détermination.
Les trois derniers jours ont été un enfer : Harry et Drago se sont à peine dit bonjour quand ils se rencontraient pour les repas, pour les apparences. Mais Harry a surtout donné l'impression de le fuir. En tout cas c'est le ressenti de Drago. Il a eu des heures pour méditer leur dispute, partie de rien, comme toujours, et les révélations de Harry. Drago se doute qu'il est blessé et qu'il ne veut pas encore une fois faire le premier pas de la réconciliation. Il comprend parfaitement, se dit qu'il a vraiment exagéré et que c'est donc à lui de faire. Mais il a pris le temps de réfléchir aux mots de Harry et s'est forcé à écouter ses propres sentiments. Le Serpentard ne pense pas pouvoir retourner les mêmes sentiments pour le moment, mais il a un attachement assez fort pour Harry pour ne pas souhaiter que cela s'arrête ainsi. Il ne sait pas vraiment où se situer, c'est assez nouveau pour lui, pour autant il vit une relation qui lui convient et qu'il ne veut pas voir mourir. Ces trois jours sans se parler, sans être en tête à tête, sans se toucher, ont aidé Drago à s'en rendre compte : il en a souffert. Harry lui a beaucoup manqué.
Il frappe au battant. La porte s'ouvre rapidement sur James qui ne laisse pas Drago prononcer un mot et tourne la tête vers l'intérieur en hurlant :
— C'est pour toi, Papa !
Il laisse la porte ouverte et retourne s'affaler sur le canapé à côté d'Edward. Drago ne voit ni Albus ni Harry. Ce dernier arrive très vite depuis sa chambre et s'arrête dans son mouvement en apercevant Drago qui attend encore dans le couloir. Il s'approche et s'adresse à Drago à voix basse et sans aucune chaleur.
— Je suis occupé, Malefoy, qu'est-ce que tu veux ?
Par-dessus l'épaule de Harry, Drago voit Albus rejoindre les deux autres, revenant de la salle de bain. Le public est au complet. C'est le moment de mettre ses craintes de côté.
— Je suis désolé pour mercredi, Harry. Est-ce que je peux entrer ?
— Mes enfants sont là, je ne vais pas leur demander de partir ou de changer de pièce.
— Oui, je m'en doute. Ils peuvent entendre ce que j'ai à te dire.
Harry semble surpris, c'est ce que Drago espérait. Et comme il l'avait imaginé, Harry le laisse entrer et referme la porte. Drago sent son regard lui transpercer le dos. Il se retrouve face aux trois jeunes : les deux Potter et Edward Lupin. Drago déglutit et se force à respirer calmement, il a mûrement réfléchi à son action, mais il sait que cela va tout changer. Il espère très fortement que que ses mots suffiront à faire revenir Harry. Il se tourne vers le Gryffondor qui s'est déplacé dans la pièce et s'est posté près de sa table, les bras croisés sur sa poitrine. Son attitude est clairement fermée.
— Je suis désolé pour ce que j'ai dit mercredi, j'ai été maladroit et blessant.
— Tu t'excuses pour quelle partie ?
— Et bien, tout.
— Précise, s'il te plaît.
Drago hésite. Il est devant les enfants de Harry, il faut rester évasif sur les activités qu'ils avaient au moment de leur dispute. Il sait que Harry compte sur leur présence pour dissuader Drago de parler de leur relation. Alors que Drago a choisi de venir exprès cette après-midi, justement parce qu'ils sont là.
— Je regrette d'avoir été insistant dans mes questions alors que ce n'était pas le moment. Et d'avoir sous-entendu involontairement que tu ne comptais pas. J'essaierai de te parler de mes insécurités à l'avenir. Et aussi… j'aurais dû te retenir dans le couloir.
Harry est estomaqué, sa mâchoire en tombe toute seule. Drago est rouge de gêne, avouer cela, d'autant plus devant Albus, James et Teddy, a dû être très dur pour lui, Harry s'en doute. Le Gryffondor était persuadé que la présence de ses enfants empêcherait Drago de parler. Il leur jette un coup d'œil : Albus et Teddy ne paraissent pas spécialement surpris·e·s et James a des yeux comme des soucoupes. Par ailleurs, les trois semblent un peu mal à l'aise. Harry reporte son regard sur Drago qui reprend la parole, il décroise ses bras et glisse les mains dans ses poches.
— J'ai beaucoup réfléchi. Ce que tu m'as dit m'a touché, je ne pensais pas que tu éprouvais ce genre de choses pour moi. Je ne veux pas que ça s'arrête là.
Drago fait un pas vers Harry. Et c'est au tour de ce dernier de se sentir rougir, il est pris à son propre piège. Il n'avait pas spécialement envisagé que ses enfants entendent ses confidences sentimentales. Harry remercie sa carnation, très mate, qui camoufle facilement ce genre de rougeurs. Il se balance maintenant d'un pied sur l'autre, sans quitter le regard gris qui le fixe. Cette intensité caractéristique, qui coupe le souffle de Harry chaque fois, est là, encore. Les mots de Drago ont porté leurs fruits : Harry ne peut pas rester fâché après ça. Il vient d'avouer, devant ses enfants, qu'il veut être avec lui. Son courage le bouleverse et même s'il n'a rien dit de ses sentiments, c'est révélateur.
— Je suis désolé moi aussi. Et je te pardonne.
Drago sent le poids de l'inquiétude s'envoler, mais il ne sait pas comment se comporter. Même s'il ne les voit pas, il a conscience que les enfants de Harry sont là, et qu'ils n'ont sûrement rien raté de ce qui vient de se dérouler. Drago essaie de se dire qu'il n'a pas à avoir honte, quand bien même deux d'entre eux sont encore ses élèves. Il n'a pas quitté Harry du regard qui semble tout aussi indécis sur la suite. Nul doute qu'il ne veut pas se donner encore plus en spectacle. Un petit grattement de gorge insistant et répétitif oblige les deux hommes à se tourner vers la source du bruit.
— On a compris, hein, alors si vous voulez vous embrasser vous pouvez, lâche James.
— Je me doutais que ça allait arriver tôt ou tard, renchérit Edward, un large sourire sur le visage.
— Moi aussi je le savais, ajoute le plus jeune, avec un air un peu triste en fixant Drago.
Harry regarde ses trois enfants sans vraiment comprendre comment ils ont pu deviner alors que Drago et lui ont été extrêmement prudents. Puis il se souvient de sa promesse.
— C'était prévu de vous en parler pendant les vacances, Drago avait besoin de temps pour le dire à son fils de son côté.
— Scorpius a déjà deviné, vous pouvez lui dire, professeur Malefoy, répond Albus d'une voix un peu serrée.
— Je… hum… vu les circonstances, je pense que vous pouvez m'appeler par mon prénom. Sauf en cours, bien sûr.
Harry acquiesce vivement à la suggestion que Drago vient de faire. Tout en songeant que lui-même n'appelle pas toujours Drago par son prénom. Une vieille habitude qui est restée, pour tous les deux. Une particularité qui n'appartient qu'à eux.
Brusquement, Teddy se lève et tire ses frères par la manche. Il se doute que leur présence est de trop maintenant.
— Bon, on va vous laisser.
Il houspille un peu Albus et James qui ne semblent pas vraiment réaliser. Il chuchote ensuite quelque chose à l'oreille du plus âgé, dont le visage se fend d'un sourire goguenard. Les trois quittent l'appartement de Harry après lui avoir dit au revoir à leur façon : Teddy et Albus avec un câlin, James par un simple bisou sur la joue.
— Soyez sages, on a cours demain ! lance James en riant avant de refermer la porte, laissant les deux hommes seuls.
Harry étouffe un rire un peu jaune. Il ne veut pas savoir que son fils avait en tête avec une remarque de ce genre. Il reporte son regard vers Drago et lui suggère de s'asseoir d'un geste. Ce dernier s'installe élégamment sur un fauteuil.
— Thé ou Whisky-pur-feu ? propose Harry en allant vers son petit buffet.
— Thé, merci.
Harry les sert. Un silence gênant plane dans la pièce. Harry se rend compte qu'il pourrait s'excuser un peu mieux lui aussi, il a également ses torts, il en a conscience.
— Je suis désolé d'avoir réagi aussi mal mercredi. J'ai été blessé et je n'ai pas réussi à contrôler ma colère envers toi.
— Merci.
Ils sirotent lentement leur thé et le silence est moins embarrassant. Chacun médite de son côté et cherche à entamer la discussion.
— Tu n'as encore rien dit à Scorpius si j'ai bien compris ?
— Je le ferai ce soir ou demain, en fonction de l'heure. J'ai préféré attendre de savoir si tu allais me pardonner avant de lui annoncer une relation qui n'avait en fait plus d'existence.
— Je ne comptais pas rompre avec toi, j'avais juste besoin de temps pour ruminer dans mon coin. Et te maudire un peu aussi, taquine Harry. Il faudrait bien plus qu'une dispute pour nous séparer. On a l'habitude, non ?
— Je suppose que oui. Mais ce n'était pas mon impression, je suis novice dans les relations sentimentales, Harry.
— C'est vrai, j'ai tendance à oublier ça. Je pense qu'il faut qu'on apprenne à se parler sans se hurler dessus au moindre truc mal interprété.
— Oui. Je crois qu'il est temps de te raconter certaines choses que j'ai vécues. Ce ne sont pas des excuses pour mon comportement, mes maladresses, mais tu comprendras sûrement mieux mes réactions.
Harry hoche la tête et s'apprête à écouter Drago.
Et Drago relate les évènements notables qui ont échelonné sa vie.
Tout d'abord les deux ans de prison et l'année qui a suivi pendant laquelle il a préparé et passé les ASPIC, par correspondance, jusqu'à la fin officielle de sa peine à l'été 2001. Drago a toujours pensé que le Magenmagot n'avait pas été sévère en décidant de cette durée, lui se trouvait bien plus punissable. Drago n'insiste pas sur la vie à Azkaban, qui a marqué son âme et son corps, ni sur son agent de réinsertion qui n'a littéralement rien fait pour l'aider à se réinsérer, bien au contraire. Pourtant, les souvenirs sont encore vifs et font encore mal.
Puis, il part aux États-Unis, espérant pouvoir refaire sa vie de façon plus anonyme. Un échec cuisant : son nom le précédait. Il suit un cursus en Potions avancées pendant cinq ans, utilisant ses économies pour payer l'école et de quoi vivre. Il réussit ses études avec d'excellentes notes, terminant troisième de sa promotion, mais il ne se fait aucun ami et est totalement seul jusqu'à ce qu'il tombe sur Daphnée et Astoria sur le campus, par le plus grand des hasards, pendant sa deuxième année. Il devient ami avec Astoria et ses parents l'acceptent, comprenant qu'il tente de changer et de passer outre son éducation.
Malgré des sentiments qu'il sait insuffisants, Drago demande Astoria en mariage et l'épouse à l'été 2004. Il espère qu'ainsi, il aura une vie tranquille : Astoria l'aime pour deux et se fiche de la froideur de Drago dans l'intimité. Heureusement, iels sont très ami·e·s. Par ailleurs, grâce à ce mariage et aux finances des Greengrass, Drago sort de la misère dans laquelle les études et le coût de la vie l'ont plongé, ses économies avaient fondu comme neige au soleil.
La naissance de Scorpius le 31 juillet 2006 est le plus beau cadeau que Drago ait jamais reçu et malgré le fait qu'il commence à comprendre qu'il n'aimera jamais Astoria comme il devrait – et pourquoi – il ne regrette pas de l'avoir épousée. Son fils est son rayon de soleil et sa naissance a renforcé son affection pour sa femme. Il a un peu honte qu'elle ait servi à ça, mais Astoria a changé sa vie grâce à cet enfant et lui a offert la plus belle chose au monde. Drago voit Harry sourire quand il annonce la date de naissance de Scorpius.
Le destin s'acharne sur Drago quand Astoria décède brutalement en août 2008, des suites d'une maladie magique chronique. La famille de la jeune femme savait qu'elle était condamnée, Drago également, mais les estimations des médicomages sur son espérance de vie étaient plutôt autour de quarante ans, et non pas vingt-six.
Désespéré par la situation et n'ayant pas trouvé le moindre emploi depuis son diplôme en 2006 à cause de qui il est, Drago retourne en Angleterre et il emmène Scorpius. Il espère grandement que ses seul·e·s ami·e·s encore fidèles : Pansy, Théodore et Blaise, l'aideront à trouver un travail. L'héritage que lui a laissé Astoria est suffisant pour vivre sans faire de dépenses astronomiques, mais Drago ne veut pas être oisif, il ne veut pas élever son fils ainsi. Il habite chez Pansy et Blaise pendant un an, jusqu'à son arrivée à Poudlard à la rentrée scolaire de 2009, par la toute petite porte.
…
Drago a laissé Scorpius avec sa grand-mère, Narcissa, ce matin. C'est la première fois. Si tout va bien, ça ne sera pas la dernière. Il fait déjà très bon, même s'il est tôt, même si Poudlard est perdu au fin fond de l'Écosse.
Le jeune homme passe les grilles de Poudlard. Cela fait plus de dix ans qu'il n'est pas revenu et ses derniers souvenirs sont glaçants. Il remonte le chemin qui traverse le parc et observe les lieux, vides des habituels élèves. La rentrée scolaire est pour le lendemain et seul·e·s les professeur·e·s sont déjà là. Cependant, Drago n'est même pas certain de les croiser aujourd'hui et il n'aura probablement pas l'occasion de les côtoyer de toute façon.
Quand il arrive dans le Hall, Minerva McGonagall est là pour l'accueillir. Il y a également un homme qui semble avoir environ quarante-cinq ans, les cheveux dégarnis sur le dessus et aussi maigre qu'un botruc. La directrice les présente l'un à l'autre : il s'agit du deuxième concierge. Ils vont se partager les innombrables tâches dévolues à leur fonction. La directrice a estimé, après le décès brutal et inexpliqué d'Argus Rusard dans sa petite maison pendant l'été, que deux personnes feront mieux le travail demandé qu'une seule.
Minerva guide les deux hommes dans Poudlard jusqu'à son bureau. Là, l'un après l'autre, ils signent leur contrat de travail. Drago réfrène une envie de tout envoyer valser avec colère alors qu'il signe le parchemin. Le voilà devenu concierge à Poudlard, un poste qu'occupait précédemment un cracmol aigri et vicieux. Il ne pouvait pas tomber plus bas. Mais c'est aussi le seul emploi auquel il a pu postuler et avoir un entretien depuis qu'il est revenu en Angleterre. Il soupçonne Minerva McGonagall d'avoir eu pitié de lui et de son fils. Drago ravale avec peine et rage sa fierté, déjà durement malmenée depuis des années, et trace élégamment les lettres qui composent son nom : Drago Lucius Malefoy.
…
Les tâches qui sont les siennes sont nombreuses et les horaires difficilement compatibles avec une vie de famille alors Drago prend la décision de ne pas vivre à Poudlard en permanence. Les week-ends, les nuits et les vacances où il n'est pas d'astreinte, il réside avec Scorpius dans un petit appartement de Pré-au-Lard. Le reste du temps, il a ses quartiers dans l'école et son fils demeure avec Narcissa ou Pansy et Blaise. Il ne veut pas que son enfant grandisse à Poudlard, enfermé. Mais tout son temps libre lui est consacré, littéralement. Drago n'existe plus que pour son Scorpius et son travail.
Un travail qu'il finira par apprécier même s'il est difficile et ingrat. Drago passe ses journées à parcourir le château, à vérifier que tout est propre et a sa place, à aider les élèves perdus, à superviser les fantômes et les elfes de maison, à gérer l'intendance, à contrôler les entrées et sorties des étudiant·e·s de Poudlard, notamment aux vacances et week-ends à Pré-au-Lard, et beaucoup d'autres choses. Son collègue-concierge est un homme taciturne, mais ils travaillent bien ensemble, sans jamais se lier d'amitié pour autant. Drago est très seul à Poudlard et même si cela lui pèse, il a l'habitude alors il fait avec.
…
Par habitude, Drago passe beaucoup plus de temps dans les cachots que sa tâche ne l'exige. Depuis deux ans que l'ancien Serpentard est concierge, il a vu que le professeur de Potions, Lucian Bole, s'est changé progressivement en une personne exécrable et incompétente : ses cours sont devenus bâclés, ses élèves ne l'aiment plus et le sentiment semble réciproque. Et les choses se sont aggravées depuis quelques mois : Drago a surpris l'homme, un certain nombre de fois, avec des bouteilles d'alcool subtilisées en cuisine. Pour ne pas pénaliser les étudiant·e·s, et parce que Drago est tout de même Maître des potions, il arrange souvent un peu les choses : la salle de classe et la réserve d'ingrédients sont toujours supervisées par Drago. Chaque fin de semaine, il vérifie que tout est vraiment en place, en bon état et en quantité suffisante. Il va au-delà de son travail et empiète même sur celui des elfes de maison, mais il s'en fiche.
Ce soir là, Drago est d'astreinte alors il ne se presse pas. Il termine de ranger la pièce que Lucian Bole a laissée, comme toujours, dans un état déplorable. Il en profite pour feuilleter quelques livres qui traînent et tester les préparations qui restent encore au fond des chaudrons. Il ne sait pas quelle potion était prévue au dernier cours, mais il a envie de se lancer le défi de deviner. Le temps passe vite, le dîner se déroule sans lui, et Drago s'amuse bien plus qu'il ne l'avait envisagé. Quand il repart pour faire un tour de ronde, Drago décide de recommencer. Ainsi, régulièrement, Drago utilise les résidus des potions des élèves, en crée de nouvelles avec ce qu'il trouve éparpillé dans la salle de classe, le tout en secret.
Jusqu'à ce matin de novembre 2011 où Minerva l'invite à le rejoindre dans son bureau. La directrice est devenue une personne proche de Drago et ce dernier en a été le premier surpris. Il a rapidement découvert son humour légèrement caustique et sa grande bonté, et cela l'a charmé.
— Drago, j'ai une proposition à te faire. Je compte changer de professeur pour les Potions d'ici quelques années tout au plus, j'aimerais que tu sois formé pour prendre la suite de Lucian.
— Je suis Maître des Potions, j'ai largement les compétences pour le remplacer dès maintenant.
Minerva a un petit sourire désolé.
— Je le sais bien, je n'embauche personne avant d'avoir vérifié scrupuleusement ses références. Mais le conseil d'administration ne me laissera jamais remplacer Lucian sans une période de formation à l'enseignement. Surtout s'il s'agit de toi.
— Lucian n'est pas apte à continuer les cours, Minerva. Je ne sais pas ce qu'il fait encore ici, les étudiants se plaignent tout le temps, j'entends tous les bruits de couloirs.
— Lucian était très compétent jusqu'à récemment, les choses ont lentement glissé vers la médiocrité sans que je m'en rende compte. Mais je ne peux pas le licencier sans raison et sans aval du conseil d'Administration. Si tu es son assistant, cela sera plus facile d'ici quelques années.
— Très bien, faisons comme ça.
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— Ah, c'est donc ça que tu cachais. Je me demandais ce que tu avais fait tout ce temps entre ton diplôme et ton arrivée comme assistant professeur. Et ça s'est bien passé ce changement ? s'enquiert Harry.
Drago se remémore cette période de sa vie. Pas la meilleure, clairement.
— Franchement non. Les parents l'ont su rapidement et les relations avec beaucoup d'étudiants ont été très difficiles. Quand j'étais concierge, les gens étaient satisfaits : soit ils me prenaient en pitié d'être tombé aussi bas, soit ils jubilaient, pour la même raison. Mais devenir futur professeur, ça n'a plu ni aux parents ni à certains collègues, d'autant plus que j'ai arrêté de cacher la Marque à peu près à cette période. Je n'ai gagné le respect des élèves qu'après deux ans d'assistanat.
— Et pour les collègues ?
— Une fois Lucian parti, en 2014, ça a apaisé les choses. Il parlait de moi dans mon dos aux autres, ce qui cristallisait les tensions. Certains ont démissionné dans les années qui ont suivi et d'autres ont accepté de me découvrir. C'est le cas de Neville qui a commencé à me parler vraiment pendant mon assistanat et qui m'a pardonné pour ce que j'ai fait à l'école. Il m'a beaucoup aidé et est devenu mon tuteur quand j'ai eu le poste de professeur et directeur de Maison. Tomas a toujours été sympa avec moi, depuis même mon arrivée comme concierge. Et puis avec le temps j'ai gagné le respect de presque tout le monde.
— Neville ne nous a jamais dit que tu avais été concierge ici. Il aurait pu en profiter pour se moquer de toi auprès de nous.
— Ça ne m'étonne pas, ce n'est pas son genre.
— Tu as raison. Ron l'aurait fait à l'époque, sans scrupules, et moi aussi très certainement, mais Neville n'est pas comme ça.
Harry médite sur ce que Drago lui a raconté. Il comprend mieux son sentiment de solitude, de penser ne jamais pouvoir être apprécié, désiré, aimé par ses pairs. Ces derniers lui ont montré plutôt l'inverse, pendant longtemps. Il a du mal à vraiment appréhender comment l'on peut vivre autant d'années avec si peu de soutien. Cela lui fait également réaliser que la peur de Drago, de perdre ce qu'il a construit à cause de son homosexualité, est justifiée. Que rester dans le placard était moins dur que de se révéler au risque de perdre ce qu'il a chèrement gagné : des amis, une famille réduite, un travail qu'il aime. Harry s'en veut un peu, à ce moment, d'avoir poussé Drago à se dévoiler plus vite qu'il ne l'aurait fait lui-même. Et de l'avoir provoqué dans le couloir plein d'étudiant·e·s.
— Est-ce que tu m'en veux de t'avoir mis face à mes enfants, tout à l'heure ? Je n'ai pensé qu'à ma colère, je suis vraiment désolé.
— Je savais qu'ils seraient là, je suis venu exprès aujourd'hui, Harry.
Ce dernier en reste bouche bée. Il s'en veut quand même, mais un sentiment de fierté pour Drago lui coupe le souffle. Harry a conscience depuis un moment de ses sentiments pour le directeur de Serpentard, il le lui a même dit dans un éclat de colère, mais il réalise à quel point c'est vrai. Harry est irrémédiablement amoureux de Drago Malefoy et cela lui fait presque mal. Il sait aussi que cet amour sera envahissant, exigeant et passionné, comme chaque fois. Il espère que Drago sera en capacité de l'absorber.
Harry pose sa tasse de thé devenue froide. Il ne sait pas quelle heure il est, mais le dîner est forcément terminé depuis longtemps. Il se lève lentement, se poste devant Drago et lui tend la main. Ce dernier le regarde un instant puis la saisit. Harry le tire et ils se retrouvent face à face, presque collés l'un à l'autre. Harry prend Drago dans ses bras, enfouit sa tête dans son cou et le serre fort contre lui. Il sent les mains de Drago lui caresser le dos dans des gestes réconfortants et cela lui fait beaucoup de bien.
— Tu n'as pas à réagir à ce que je vais dire, les mots sont parfois durs à prononcer, mais tes actions parlent pour toi de toute façon, chuchote Harry. Je veux que tu saches que je t'aime. Ne me laisse plus me comporter comme un trou du cul, s'il te plaît.
Un silence répond à Harry, mais il n'est ni triste ni déçu. Il sait qu'il tombe vite amoureux et que ce n'est pas la même chose pour tout le monde. Il sait aussi qu'il y a un risque que son amour ne soit pas réciproque et il l'accepte. Il ne peut qu'attendre et espérer.
Les mains de Drago remontent jusqu'à la nuque de Harry et l'une d'elles se perd dans les cheveux noirs, l'autre caresse la peau douce du cou. Harry frissonne de plaisir.
— C'est promis, répond finalement Drago à voix basse. Et je veux que tu saches que je tiens beaucoup à toi, même si je ne sais pas encore si ça veut dire que je suis amoureux.
Harry est rassuré : ses sentiments sont partiellement partagés. Il suppose que le reste n'est qu'une question de temps. Harry a tellement d'espoir pour cette relation, il a l'intuition que Drago a été lui aussi tellement meurtri qu'il pourra partager sa vie, ses faiblesses, ses séquelles et son amour. Cette chose que Harry recherche sans la trouver, au point qu'il avait abandonné l'idée que c'était possible.
Promis, c'est la dernière vraie dispute entre eux, maintenant qu'ils ont enfin réellement parlé du passé, ça va être bien plus simple.
N'oubliez pas de me laisser une petite review si vous avez aimé :)
On se retrouve dans deux semaines, le 30 septembre 2022 avec le chapitre 19 : « Invitations ».
En attendant, portez vous bien !
