Bonjour à toustes !
Je vous remercie de tout mon cœur pour vos reviews. N'hésitez pas à en laisser une, surtout si vous êtes un·e lecteurice « fantôme », ça me fait plaisir de savoir que ce que j'écris a un intérêt pour vous.
L'action vous manquait ? Voilà un peu d'action ici et des sentiments aussi ;)
Bonne lecture !
Chapitre 21 — Une semaine chez Harry
Vendredi 10 avril 2020
La nuit est calme dans la banlieue londonienne. La Lune, décroissante depuis quelques jours, éclaire les rues et les étoiles parsèment le ciel. Il n'y a pas de vent et les minces filets de nuages sont immobiles. Un chien aboie dans le lointain.
La chambre est dans la pénombre malgré la lumière blanche qui tombe sur le parquet et les murs. Les volets de la fenêtre sont restés ouverts et les habitants dorment profondément.
Drago s'agite dans son sommeil : il se tourne, se retourne, ses yeux balayent frénétiquement ses paupières fermées. Son souffle est rapide et il se met à trembler. Harry se réveille sans savoir pourquoi et il lui faut un certain temps pour réaliser que Drago l'a sorti de ses songes. Il comprend qu'il doit être en plein rêve et doute qu'il soit agréable. Harry se lève pour se soulager puis se recouche près de Drago. Il pose une main sur son bras et referme les yeux. Les spasmes de Drago sont perceptibles et Harry hésite à le réveiller.
Brutalement, Drago s'assoit et un cri bref s'échappe de ses lèvres. Ses doigts sont crochetés sur les draps et sa respiration est courte et désordonnée. Il tourne la tête dans tous les sens pour comprendre où il est. Une main chaude sur son épaule et le lit qui bouge lui rappellent qu'il est chez Harry.
— Drago ?
Il n'est pas capable de répondre immédiatement. À la place il se lève et se dirige jusqu'à la salle de bain attenante, à la lumière de la Lune. Il remercie en silence Harry d'avoir accepté de garder ses volets ouverts : Drago a du mal à dormir dans le noir total depuis Azkaban. Sans allumer, il se passe de l'eau sur le visage pour nettoyer les stigmates de son cauchemar.
Quand Drago rejoint le lit, Harry est assis contre ses oreillers, il l'attend.
— Tu as fait un mauvais rêve ?
— Parler de certaines choses de mon passé fait systématiquement revenir mes cauchemars…
— C'est parce qu'on a abordé le sujet du procès et de ta baguette ?
Drago hoche la tête sans même se rendre compte que la pénombre ne permet pas à Harry de le voir. Mais Harry devine au silence de Drago qu'il a touché juste.
— Est-ce que ça arrive souvent ?
— Plus autant que les premières années, non. Heureusement, sinon je serais bon pour l'aile psychiatrique de Sainte-Mangouste.
— Je sais ce que c'est… J'en ai eu aussi beaucoup, pendant longtemps.
Drago ne répond pas et Harry respecte son silence. Les deux hommes savent ce que ça fait de vivre avec des souvenirs atroces et traumatisants qui les visitent de temps à autre sous forme de rêves. Leurs enfances et adolescences ont été jalonnées de difficultés et de violence, cela laisse des traces. Ils réalisent, petit à petit, bien que leurs parcours et leurs passés soient très différents, que leurs séquelles les rapprochent beaucoup plus que ce qui les a séparés pendant tant d'années. Ils se comprennent mieux que n'importe qui d'autre, ou presque.
Un frisson désagréable descend le long du dos de Drago. Il se blottit contre Harry – adossé à la tête de lit – qui lui laisse la place au creux de son épaule sans même s'en rendre compte. Drago se sent en sécurité contre Harry et est soulagé que ce dernier apprécie le contact autant que lui, qu'il ne le repousse jamais. Leur besoin de fusion est similaire et souvent impérieux.
Le temps s'écoule avec langueur dans le silence de la pièce, brisé seulement par deux respirations qui s'apaisent. Le pouce de Harry caresse le bras de Drago dans un mouvement lent et répétitif très agréable. Drago entend le cœur de Harry battre sous sa tête posée à la limite de son torse. Il sent que le moment est venu.
— Je voudrais te remercier de m'avoir invité et d'avoir insisté alors que j'avais refusé au départ. J'avais peur d'être seul avec toi et je ne comprenais pas pourquoi, chuchote Drago.
— Tu n'as pas à te justifier, tu sais…
— Attends, j'ai pas fini. Je ne savais pas ce qui m'effrayait, mais j'ai compris ce soir, enfin. Je craignais de faire face à mes sentiments. Je n'ai jamais été amoureux avant et cela me terrifie. Parce que je n'ai plus aucune raison de me cacher, maintenant que je sais que je t'aime. Et j'ai si peur d'affronter les gens et de dire qui je suis…
Le cœur de Harry accélère brusquement et Drago l'entend sous son oreille. La main de Harry se referme un peu sur le bras de Drago, en une prise possessive. L'autre cherche les doigts de Drago qui étaient posés avec nonchalance sur le ventre de Harry. Leurs mains se joignent.
— Merci de me dire tout ça, ça me touche beaucoup. Je t'aime, Drago, et si tu le souhaites je serai présent pour te soutenir quand tu voudras faire tes coming-outs.
— Je n'ai aucune idée de comment procéder avec tant de gens d'un coup… Entre nos collègues et les élèves, ça fait beaucoup. Merci d'être là, en tout cas.
— On va trouver une solution, ne t'inquiète pas. Il n'y a pas d'urgence, on a le temps.
Drago resserre sa prise sur les doigts de Harry en guise de réponse. Les mots lui manquent pour lui dire sa gratitude et son émotion face à son soutien.
Harry se rallonge et Drago revient se caler sur son épaule. C'est ainsi, tendrement enlacés, que le sommeil les emporte de nouveau.
oOOo
Il est déjà tard quand Harry sort lentement des brumes du sommeil. Les rayons du soleil éclairent vivement la chambre et les oiseaux pépient dans le jardin. Au loin, les bruits de la petite ville de la banlieue de Londres : une voiture qui passe dans la rue, une moto qui démarre non loin, un chat qui miaule.
Harry n'ouvre pas tout de suite les yeux, profitant de la somnolence caractéristique du réveil. Quelque chose lui chatouille le visage et il repousse doucement, à l'aveuglette, ce qu'il devine être les cheveux longs de Drago. Au bout d'un certain temps, il pivote vers lui. Drago est couché sur le côté et lui tourne le dos, ses mèches blondes sont étalées sur les oreillers. Sa respiration encore lente et profonde lui indique qu'il n'est pas tout à fait prêt à se réveiller. Alors il se blottit contre lui, pousse un peu les cheveux qui le gênent et referme les yeux en attendant. Une léthargie s'empare de Harry qui laisse le temps s'écouler. Rien ne les presse, pas d'enfants, pas d'obligations, pas de travail urgent. La semaine est presque terminée et Harry veut profiter des derniers jours qu'il lui reste avec Drago.
Harry repense à la nuit qui vient de s'achever et aux mots de Drago. La peur de ce dernier lui a serré le cœur tout autant que l'aveu de ses sentiments l'a réchauffé. Il n'était pas sûr que cela arriverait. Le Gryffondor tombe vite amoureux, lui, il le sait et a bien conscience que tout le monde ne ressent pas les choses ainsi. Mais après deux mois, il craignait que ses sentiments ne soient pas partagés, malgré des signes qui l'incitaient à penser qu'il y avait bien quelque chose. Il est maintenant rassuré. Rassuré parce qu'au-delà de l'amour qu'il porte à Drago, il voit, il sent, il espère qu'ils sont vraiment faits pour être ensemble, que leurs blessures passées les rapprochent et leur permettent de se comprendre. En dépit des accrochages et des difficultés, Harry veut croire en leur avenir. Il veut croire que cette fois ça ne s'arrêtera pas.
La respiration de Drago change, Harry devine qu'il sort du sommeil. Il ne bouge pas, reste blotti dans son dos, profite de sa présence. Harry sent Drago frémir, remuer lentement pour s'étirer et l'entend bâiller.
— Bonjour, murmure Harry dans la nuque de Drago, comment ça va ?
— Ça va… répond Drago d'une voix enrouée.
— Pas d'autres cauchemars ?
— Non. Et un seul m'a suffi.
Harry embrasse doucement la peau à portée de sa bouche, passe un bras autour du corps de Drago et le serre contre lui. Drago attrape sa main et entrelace leurs doigts. Le silence reprend ses droits. Harry sent son sexe se réveiller peu à peu, du fait de la proximité. Il ne dit rien, ne demande rien, même s'il a envie. Il a tout le temps envie de Drago et cela lui donne l'impression d'avoir à nouveau vingt ans et les hormones en folie.
Le cocon de confort dans lequel est Drago est agréable. Cependant, un frisson le traverse et une peur irrationnelle l'étreint. Les réminiscences de son mauvais rêve le poursuivent encore. Drago ressent un besoin d'être aimé, choyé et désiré. Ce qu'il n'a jamais eu jusqu'à Harry et qu'il a pourtant souhaité des années durant. Sans espoir que cela puisse arriver, pensant qu'il n'aimerait jamais personne et ne serait jamais aimé. À cause de qui il est.
— Harry, dis-moi que tu m'aimes, s'il te plaît.
— Je t'aime, Drago, je t'aime, murmure Harry contre sa peau.
Drago émet un soupir léger comme un souffle de vent alors qu'une boule de bonheur éclot au creux de son ventre. Il sent très bien l'érection qui durcit dans son dos et cela éveille son désir. Il se retourne pour faire face à Harry. Dans la lumière matinale de la chambre, le regard de son amoureux brille. Il l'embrasse sur le bout du nez puis sur les lèvres. Il approfondit le baiser et glisse une jambe entre les cuisses de Harry. Sa main vient recouvrir l'érection à travers le tissu. Puis il commence à la bouger et Harry gémit doucement contre sa bouche.
Harry répond en ondulant les hanches et ouvre les lèvres pour accueillir la langue de Drago. Le Gryffondor se rapproche et glisse une main dans son dos. La position est inconfortable et Drago se retrouve vite sur le dos, Harry à cheval sur lui. Leurs bassins se frottent langoureusement, les bouches ne se lâchent plus et les soupirs commencent à résonner dans la chambre.
— J'ai envie de toi, Drago, chuchote Harry contre les lèvres de son amoureux.
— Moi aussi…
Harry glisse ses lèvres le long de la mâchoire de Drago et l'embrasse doucement. Les poils blonds qui repoussent piquent un peu. Harry sait que Drago se rasera dès qu'il sera debout, comme chaque jour. Il enfouit son visage dans le cou et mordille la peau fine. Les mains de Drago pétrissent son dos.
— De quoi as-tu envie ? Je peux te sucer si tu veux…
Drago frémit d'anticipation, imaginant sans aucun mal la bouche de Harry autour de lui. Le souvenir de la dernière fellation est encore vivace dans son esprit et date d'il y a quelques jours seulement. Mais ce matin, Drago ressent le besoin de fusionner avec lui, de faire l'amour avec lui de façon plus aboutie, plus complète. Il a toujours repoussé jusque-là, il se refusait à se laisser aller suffisamment pour accepter d'être aussi intime avec Harry. Ce n'est pas rationnel, Drago le sait, parce qu'ils ont exploré de nombreuses facettes de la sexualité ensemble depuis deux mois, et il a déjà fait l'amour avec des hommes avant, mais les idées reçues et les standards sociétaux sont bien ancrés en lui et il ne voulait pas s'offrir à Harry avant d'être amoureux. Parce que cela a de l'importance pour lui, comme un écho aux promesses de virginité des mariages anciens.
— C'est très tentant et je ne dis pas non. Mais je te veux aussi en moi… Si tu veux bien.
— Avec plaisir… souffle Harry, toujours dans son cou.
Harry se pousse un instant pour retirer la robe de nuit de Drago, revient sur sa bouche et l'embrasse avec douceur. Puis de façon un peu plus appuyée sous la demande implicite de Drago qui le taquine de sa langue. Bien décidé à le satisfaire, Harry quitte enfin ses lèvres et descend au niveau de sa clavicule, qu'il caresse du bout des doigts et effleure de la langue. Son chemin se fait ensuite jusqu'aux pectoraux presque imberbes. L'une de ses mains cherche un téton et sa bouche se pose sur l'autre. Il l'embrasse, presque avec révérence, le titille du bout de la langue et le suce comme un bonbon. Drago gémit bruyamment, ses mains raffermissent leurs prises sur le dos et les cheveux de Harry et il se cambre, bougeant son bassin contre celui de son amoureux. Ce dernier durcit encore, il est impatient de pouvoir se glisser en Drago. Toute cette attente rend l'idée encore plus excitante.
Harry respire l'odeur de la peau de Drago alors qu'il continue à malmener gentiment son téton. Il sent toujours le savon de sa douche de la veille au soir, juste derrière son odeur à lui. Un mélange agréable. Drago ne sent jamais mauvais, Harry ne sait pas comment il fait. Il n'a jamais cette fragrance entêtante de saleté, de sueur, même en fin de journée. Non pas que Harry déteste cette odeur, cela peut aussi être excitant dans un sens.
Les mouvements de hanches de Drago ne s'arrêtent pas et Harry sait que s'il continue comme ça, il ne tiendra jamais jusqu'au bout. Alors il ralentit, il veut amener son amant à l'abandon total, au bien-être ultime. Et pour ça, il faut que ce soit long, lent et insupportablement frustrant. Il lâche les tétons et remonte prendre ses lèvres, il y accueille un soupir de Drago. Il sourit puis s'éloigne de nouveau. Drago a les yeux fermés, le front un peu plissé et sa bouche ouverte laisse passer son souffle déjà rapide. Ses doigts sont crochetés dans ses mèches noires et Harry aime cette sensation de douce possession. Entre eux, c'est si intense, depuis le début. Harry adore la passion que Drago montre avec lui. Rien qu'avec lui.
Les lèvres de Harry retracent de nouveau la forme de la mâchoire de Drago et descendent se perdre dans son cou. La peau fragile est un peu rouge, témoin des précédents baisers et légères morsures qu'il a laissés ici quelques minutes plus tôt. Mais Drago ne se plaint pas. Avec plus de douceur qu'auparavant, Harry lèche sa peau et l'embrasse. Il a le nez presque enfoui dans sa longue chevelure blonde et les fragrances florales du shampoing de Drago sont mélangées à autre chose. Harry hume profondément, essayant de comprendre d'où vient cette nouvelle odeur.
Il finit par reconnaître la note piquante de fraîcheur marine de sa lessive. Les cheveux de Drago sentent à la fois son shampoing et la lessive de Harry. Un petit pincement au cœur et une bouffée de tendresse surprennent Harry. Il réalise qu'il aime cette idée que Drago ait maintenant l'odeur de sa maison. Une pensée rassurante et aussi assez émoustillante. Il est heureux d'avoir invité Drago chez lui pour les vacances, cela a été très positif pour tous les deux.
Harry sent que l'excitation de Drago est un peu retombée alors il repart à l'assaut de son torse et parsème la peau de baisers tout doux, de caresses aériennes qui le chatouillent légèrement. Cette fois il ne s'arrête pas et continue à descendre jusqu'à son sexe dressé pour le taquiner de son souffle. Il jette un œil vers le haut et croise le regard de Drago qui a soulevé la tête. Un sourire mutin éclaire le visage de Harry et il lèche de tout son long l'organe dur. Drago expire bruyamment. Harry le fait encore languir un peu ainsi avant de cesser sa torture et de le prendre dans sa bouche.
Le Gryffondor s'applique, lèche, suce et mordille, l'une de ses mains serrant sa base, l'autre entourant ses bourses. Harry prend son temps et fait grimper le plaisir de Drago avec lenteur, tout autant que sa frustration. Les gémissements sans fin et mouvements de hanches de ce dernier ne trompent pas : il n'en peut plus de cette attente. Harry cesse enfin son activité et remonte jusqu'à la table de chevet pour y attraper sa baguette et du lubrifiant. Au passage il embrasse Drago qui caresse son dos amoureusement.
— Tous mes tests sont revenus négatifs, ça te convient un simple sort de protection ?
— Oui, c'est bon pour moi.
Harry murmure un sort de nettoyage localisé et le sort standard de protection. Impatient de continuer à faire perdre la tête à Drago, Harry revient entre ses jambes. Il les caresse des pieds jusqu'aux cuisses, chatouille son aine, frôle son sexe.
— Retourne-toi s'il te plaît.
Drago obtempère sans un mot et l'échange de regards en dit long sur leur excitation mutuelle. Les mains de Harry effleurent ses fesses. Elles sont douces et couvertes d'un fin duvet blond. Il les écarte délicatement et plonge le visage dedans. Il le lèche alors consciencieusement, en prenant son temps. Et les soupirs de Drago se transforment vite en petits cris mêlés de gémissements. Quand Harry estime que Drago est assez détendu, il se verse du lubrifiant sur les doigts, un peu à l'aveuglette, ne voulant pas s'interrompre. Il devine qu'il en a renversé sur ses draps et essaye de se noter de les changer plus tard.
Harry recule finalement son visage puis s'essuie les lèvres et le menton – couvert de sa courte barbe – avec le drap. Son index frôle et caresse avec douceur l'anus de Drago. Il titille quelques instants le petit cercle avant de le pénétrer d'une phalange. Le souffle de Drago se bloque et Harry l'entend. Il sent surtout les muscles se refermer autour de son doigt.
— Harry… Je… Vas-y doucement, d'accord ? Je n'ai pas l'habitude.
Ce dernier a un doute sur la signification des mots de Drago et sur sa réaction. Il retire son doigt.
— Pas l'habitude ? Du genre ça fait longtemps ou du genre c'est la première fois ?
Drago ne répond pas immédiatement, il se sent rougir. Il tourne la tête sur le côté et un peu vers l'arrière, cherche le regard de Harry. Il croise les émeraudes qui brillent de désir et des sourcils froncés par l'inquiétude.
— Du genre c'est la première fois.
— Merde, Drago, pourquoi tu n'as rien dit avant ? On peut échanger si tu veux.
— Je n'avais aucune raison de te le dire avant. Et non, on n'échange pas. Pas aujourd'hui.
— Ça veut dire qu'il y aura d'autres fois ? minaude-t-il pour détendre l'atmosphère qui s'est épaissie d'un coup.
— Ferme là, Potter. Occupe donc toi de mon cul à la place ! Juste, vas-y doucement… ajoute Drago plus gentiment.
Harry sourit et reprend où il en était. Il caresse avec douceur et en prenant son temps l'anus de Drago pour le laisser se relâcher. Puis enfonce son doigt de nouveau. Cette fois, il n'y a pas de réaction musculaire. Harry continue alors avec lenteur et beaucoup de patience à habituer Drago à ses doigts. Cela dure longtemps et Harry a le temps de sentir sa propre excitation retomber un peu. Ça lui convient très bien, il n'a pas du tout envie de jouir au bout de cinq minutes comme un adolescent qui découvre le sexe. Les réactions de Drago, ses mouvements de bassin, ses gémissements, sont suffisants pour le garder alerte sans être au bord de l'orgasme, parce qu'il sait que Drago ressent du plaisir. Et c'est le but de Harry, son propre désir n'a que peu d'importance.
— Je crois que ça va aller, Harry… Arrête de me torturer et prends-moi, maintenant…
— Tu es sûr ? Je peux te faire jouir comme ça si ça te plaît.
— Certain, répond Drago en délogeant les doigts de Harry d'un mouvement de hanches et en serrant ses muscles.
Drago se retourne sur le dos et met un coussin en dessous de ses fesses. Pendant ce temps, Harry s'essuie vaguement sur les draps déjà sales.
— J'ai envie de te voir, explique-t-il.
— Moi aussi, je préfère. Je te l'aurais proposé de toute façon.
En plus de pouvoir le regarder, Harry sait que la position l'aidera à se sentir détendu et qu'il prendra plus de plaisir. Il lui caresse la joue et Drago ferme les yeux de contentement. Avouer à Harry sa virginité anale n'a pas été aisé et Drago a refoulé l'immense honte qu'il ressent. Il est à l'aube de ses quarante ans, a conscience de son désir pour les hommes depuis une quinzaine d'années, a des relations sexuelles avec eux depuis dix ans environ, et pourtant il n'a jamais pu accepter d'être pénétré. Il trouve ça nul, immature et ridicule. Il sait que son blocage est lié aux vieux préceptes dont on l'a nourri depuis sa naissance, préceptes qu'il rejette de toutes ses forces, mais cela ne suffisait pas jusque-là.
Le regard de Harry, chargé d'amour et de désir, le ramène à l'instant présent. Ce dernier semble attendre qu'il soit prêt, tout en caressant sa peau avec langueur. Drago se relève un instant pour embrasser Harry et lui chuchoter qu'il se sent prêt. Le flacon de lubrifiant est débouché de nouveau dans un petit « clac » et le gel froid fait frissonner Drago. Il ne quitte pas Harry des yeux, ce dernier est à genoux entre ses cuisses et passe sa main sur son propre sexe. Drago n'a pas peur, il a hâte de ce qui va suivre.
Quand Harry semble prêt lui aussi, il prend avec délicatesse les mollets de Drago et les pose sur ses épaules, puis se penche un peu. Drago sent son gland juste contre son anus, qui glisse doucement, qui pousse, qui caresse. Il se mord la lèvre et ne peut détourner son regard de son amoureux, si concentré sur ce qu'il fait. Les mains de Harry se posent sur les hanches de Drago et ce dernier les caresse. La position l'empêche pour le moment de le toucher plus et Drago trouve cela frustrant, mais il attend.
Drago perçoit toutes les précautions que Harry prend pour ne pas le blesser, son sexe franchit tout juste la barrière de muscles par petites poussées. Drago est en confiance et détendu, il n'y a pas de résistance particulière et il se sent de plus en plus rempli. Il soupire et ferme les yeux de plaisir. Il est bien. Les doigts de Harry ont bien fait leur travail et Drago ne ressent pas la moindre douleur. Il se concentre sur les sensations que ça éveille en lui et il réalise qu'il se sent à sa place, là. Le monde semble prendre sens tout à coup et l'émotion étreint son cœur alors qu'il s'abandonne entièrement à l'homme qu'il aime.
L'immobilité de Harry lui fait rouvrir les paupières et il croise son regard vert émeraude qui le fait tant chavirer.
— Je n'ai pas mal, tu peux bouger.
Un sourire lui répond et Harry entame quelques mouvements doux tout en entourant le sexe de Drago. Des vagues de chaleur déferlent sur Drago à mesure que le rythme augmente. Incapable de maintenir son regard sur son amoureux, il rejette la tête en arrière dans les coussins, ferme les yeux et attrape les draps. Il se sent s'abandonner tout entier à Harry qui fait tout le travail et l'emmène au septième ciel, lentement, inexorablement.
Les vagues de plaisir s'enchaînent les unes après les autres et Drago gémit, de plus en plus fort. Il ne maîtrise plus du tout les sons qui sortent de sa bouche, totalement perdu dans ses sensations, submergé. Les gémissements se transforment en cris quand l'orgasme l'emporte après une montée de la jouissance absolument délicieuse.
Drago rouvre les yeux et les poings, il a mal aux articulations d'avoir trop serré les draps. Son souffle court, il récupère ses esprits pendant la lente descente post-orgasmique. Il regarde Harry qui repose ses jambes en douceur avec un baiser sur le mollet gauche. Les iris de son amoureux brillent comme des pierres précieuses dans la lumière matinale de la chambre. Et Drago réalise qu'il est toujours en érection quand il se prend en main. Alors il se redresse et s'assoit face à lui, il frôle son visage rayonnant de plaisir et l'embrasse, recueillant son souffle rapide dans sa bouche. Puis il pousse fermement les doigts de Harry fait les va-et-viens à sa place. Un profond soupir s'échappe des lèvres de Harry alors que Drago le caresse vite. Il sent qu'il est proche de la fin et rien ne serait plus horrible que de faire durer les choses à ce stade. Il ne s'est pas trompé et Harry jouit rapidement sur les doigts de Drago, sur les draps, sur son ventre, dans un gémissement étouffé.
À tâtons, Drago récupère la baguette qui traîne sur le lit, celle de Harry, et les nettoie. Il est presque surpris que cela marche aussi bien alors qu'elle ne lui appartient pas, mais qu'importe. Il se rallonge sur le dos et entraîne Harry dans un câlin, passant ses mains partout sur sa peau nue, frustré de ne pas avoir pu le toucher vraiment pendant leurs ébats.
— Mmm, c'était fantastique, merci Harry.
— Le plaisir était pour moi…
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Samedi 11 avril 2020
Harry vient juste de faire un transplanage d'escorte avec Drago. La petite maison de Hermione et Ron est à quelques mètres de là et il sait que ses ami·e·s les attendent. Officiellement, Drago est invité pour raison professionnelle. Mais Harry soupçonne son amie de l'avoir manipulé un peu pour qu'il parle de sa relation. Elle l'a forcément deviné, Harry en est certain. Même s'il sait qu'elle pourra tirer de nombreuses informations utiles de sa discussion avec Drago pour son projet de loi.
Harry prend la tête et guide Drago jusqu'à la maison en pierres. Le petit bout de jardin devant est à moitié en friche, assurément depuis la fin de l'été précédent. Un vélo d'enfant rouille depuis des années dans un coin et les massifs ont grand besoin d'être taillés. Harry sourit, il se sent bien quand il est ici.
Harry monte les trois marches du perron, frappe et ouvre la porte d'entrée sans attendre, comme il en a l'habitude. Il s'avance dans le couloir, pose sa cape doublée sur le portemanteau et ses chaussures fourrées dans le petit meuble à tiroir, avant d'enfiler des pantoufles à la place. Drago le suit, circonspect, et ferme derrière lui. Il imite Harry, ôte sa cape et hésite un peu pour le reste.
— Je dois retirer mes chaussures ?
— C'est comme tu veux. Moi je le fais parce que je me sens chez moi dans cette maison, on a l'habitude d'être chez les uns et les autres depuis des années.
Drago craint de froisser ses hôtes s'il salit leur intérieur, alors il ôte ses bottes en cuir de dragon et les range à côté du portemanteau. Il glisse sa baguette dans la poche de sa robe de sorcier après avoir invoqué un charme de chaleur sur ses pieds. Il n'a pas de pantoufles, lui, et le sol est froid. Il se sent ridicule en chaussettes.
Harry se dirige vers la cuisine, certain d'y trouver quelqu'un. Une odeur de pommes de terre lui chatouille les narines et le fait saliver d'avance. Ron est en train de cuisiner, son affreux tablier jaune autour des hanches. Comme d'habitude.
— Salut ! lance Harry.
Ron se retourne et Harry l'enlace pour une accolade. Il n'a pas vu ses ami·e·s depuis un mois et c'est long pour lui. Avant qu'il soit à Poudlard, le trio se réunissait au moins deux fois par mois, pour une soirée ou un week-end, l'absence de presque tous leurs enfants étant un avantage certain pour se dégager du temps.
Drago a suivi Harry sans un mot, il ne se sent pas à sa place, mais donne le change.
— Bonjour Weasley, salue-t-il poliment.
— Salut, Malefoy !
Le ton enjoué de Ron surprend Drago. Il s'attendait à plus de retenue et un accueil plutôt froid. Harry l'avait pourtant prévenu que ce ne serait pas le cas, mais Drago a du mal à accepter que les gens aient pu lui pardonner ses erreurs de jeunesse.
Hermione les rejoint et serre la main de Drago en le saluant par son prénom, puis enlace Harry elle aussi. Ce dernier l'embrasse sur le haut de la tête et Hermione lui donne une petite tape sur l'épaule. Drago observe la scène avec curiosité et étonnement. L'alchimie qui se dégage des trois ami·e·s est palpable et il en est presque jaloux. Il a ses propres ami·e·s, il les adore, mais il voit la différence. Déjà, Ron et Hermione connaissent la vie privée de Harry tandis que lui est incapable de dire à Blaise et Pansy qu'il aime les hommes.
— Où sont Rose et Hugo ? demande Harry en s'assoyant sur l'une des chaises.
— À Brisbane, chez mes parents, jusqu'à dimanche soir, répond Hermione. Vous voulez boire quelque chose ?
— Une Bièraubeurre, merci Hermy.
— Drago ?
— Heu, oui, la même chose, merci.
Hermione sort, décapsule quatre boissons et les pose sur la table. Elle s'assoit face à Harry et invite Drago d'un geste à se placer à côté de lui. Ce dernier obtempère et porte rapidement la Bièraubeurre à ses lèvres pour se donner contenance. Il se demande s'il a bien fait de venir.
— Comment se passent les vacances, Harry ? s'enquiert Ron alors qu'il met la table.
— Oh, très bien. Je ne m'ennuie pas, il y a les copies à corriger et les cours à préparer.
Ron le fixe, l'air de rien, puis continue à placer les couverts et les assiettes.
— Et les tiennes, Malefoy ? Ton fils est chez ta mère ?
— Il est chez les parents d'Astoria, en Floride. Moi aussi j'ai du boulot, mais j'ai le temps de me reposer quand même. J'apprécie le calme loin des couloirs bruyants.
Ron pose des serviettes en tissu auprès de chaque assiette et apporte un grand plat en terre cuite qui sent bon. Des pommes de terre dorées et un filet de saumon avec la peau aiguisent l'appétit de tout le monde. Le dernier fils Weasley hoche la tête à la réponse de Drago et échange un regard avec Hermione. Celle-ci enchaîne.
— Et tu habites où ? Juste par curiosité.
— J'ai un petit appartement à Pré-au-Lard, pas très loin de la Tête du Sanglier.
Drago ne comprend pas ce qu'il se passe. Les conversations sont polies et civilisées, leurs hôtes un peu trop curieux à son goût. Mais puisque Hermione a besoin de lui pour son projet de loi, Drago suppose qu'iels ne peuvent pas le recevoir avec rancœur et froideur. Le service est fait par Ron avec efficacité et les quatre adultes entament le repas. Hermione commence à expliquer son travail au Ministère et Drago l'écoute avec attention.
— Es-tu familier des lois sorcières britanniques concernant les mariages et les adoptions ? demande-t-elle ensuite au blond.
— Assez peu, je me suis marié aux États-Unis et je crois que leur législation est différente. Mes parents ont fait un mariage sorcier et il me semble que cela implique un lien magique difficile à briser, mais c'est tout.
— D'accord. Donc, comme je le disais, nous travaillons depuis des années à modifier les lois anciennes, pour que la pureté du sang ne soit plus une excuse pour privilégier une partie de la population au détriment de l'autre. Harry nous a dit que tu as changé de point de vue sur ces histoires de Sang-Pur et Pansy me l'a confirmé.
— En effet, mais je ne vois pas bien en quoi je vais pouvoir aider. Je n'ai aucune connaissance sur la législation.
— Tu n'as pas besoin d'en avoir. Ce dont j'ai besoin aujourd'hui, c'est de l'avis d'un homme élevé par une famille qui fait partie des Vingt-Huit Sacrées. Parce que ce que je prépare risque de créer un petit séisme.
Drago lève les yeux de son assiette, surpris. Il échange un regard avec Harry, assis à côté de lui, avant de reporter son attention sur Hermione. Elle a un air sérieux et il la sent particulièrement engagée dans ce projet. Harry ne lui a rien dit de particulier et il se demande de quoi il retourne. Il lui fait signe de poursuivre pendant qu'il continue de déguster son plat. C'est excellent.
— C'est une loi complexe, avec de nombreux articles associés, concernant les mariages et l'adoption. Actuellement, il existe deux types d'union : une version civile avec un simple échange de signatures au Ministère et le mariage sorcier qui lie les deux personnes par magie. Le mariage n'est possible que pour des personnes de genre différent et l'un des décrets, peu appliqué, pénalise l'homosexualité.
Drago tressaille et se retient de regarder Harry. Il est certain que son amoureux n'a rien dit à ses ami·e·s et il se demande pourquoi la discussion s'oriente sur ce sujet en particulier. Hermione ne semble pas avoir vu son malaise et continue :
— Cette loi statue aussi sur l'adoption des enfants : il est interdit pour un couple de sorciers, quelle que soit leur origine, d'adopter un enfant moldu ou cracmol s'ils ne sont pas déjà parents naturellement. Bien sûr, dans la même lignée que le reste, les couples de même genre ont interdiction d'adopter un enfant, quel qu'il soit. L'objectif est de faire sauter l'intégralité de cette loi, excepté les deux types d'unions, et de la remplacer par quelque chose d'inclusif, pour toutes et tous. Non seulement il est anormal qu'une portion de la population n'ait pas le droit de se marier et d'adopter, mais en plus, je trouve ça cruel d'interdire à des enfants sans pouvoirs magiques d'avoir des parents pourtant prêts à les adopter.
Le silence règne sur la tablée qui termine ses assiettes. Ron a le regard fier et Hermione scrute Drago. Ce dernier repose sa fourchette, lentement, se tamponne la bouche de sa serviette et relève les yeux vers Hermione.
— Je suis d'accord, cette loi mérite d'être modifiée. Je ne vois toujours pas quelle expertise je peux t'apporter. Pansy est déjà à tes côtés et elle a été élevée exactement comme moi.
— Je suis ravie de savoir que tu es d'accord avec moi. Pansy m'aide beaucoup, mais elle est une femme et du coup a dû se faire sa place dans un monde dominé par les hommes, elle a forcément un avis différent du tien. J'ai besoin de savoir ce que tu penses de tout cela de façon détaillée. Et crois-tu que cela va bien passer auprès de la population ?
Drago regarde les trois autres personnes attablées. Les assiettes sont finies et tout le monde est pendu à ses lèvres. Il n'aurait jamais imaginé se trouver confronté à ce type de situation : chez Hermione et Ron, en pleine discussion sur une vieille loi discriminante à laquelle ses parents avaient certainement adhéré dans leur jeunesse, voire même encore maintenant étant donné l'attitude de sa mère à l'annonce de son homosexualité. Il a peur de se dévoiler en donnant son opinion sur le sujet, même si Harry lui a assuré que ses ami·e·s n'auraient pas de réaction de rejet.
— Je pense que beaucoup de gens ne comprendront pas ces changements. Même parmi les Sang-Mêlés, la question des cracmols ou des couples de même sexe n'est pas très populaire. Les sorciers n'aiment pas ce qui sort des normes.
— Les moldus non plus, pourtant ils ont évolué plus vite que nous. Le mariage pour couples de même genre est autorisé dans la majorité du monde et en Angleterre cela fait six ans déjà. Les adoptions sont possibles aussi, pour tout le monde.
— Je ne pense pas que ce soit un argument qui marchera auprès des familles les plus traditionnelles, Granger. Au contraire, l'exemple des moldus est tout ce qu'il ne faut pas suivre pour ces gens.
— Oui, je m'en doutais. Ron est d'accord avec toi d'ailleurs. Que penses-tu personnellement de mes idées de modification ?
— Elles sont très bien. Il est temps que les choses changent et que cela soit un peu plus égalitaire. Ça serait bien que la génération de nos enfants se sente libre d'aimer et de se marier avec la personne de leur choix. Sans se cacher.
Drago a pris un risque, mais il a fait de son mieux pour rester impassible. Et ça lui demande de l'énergie, il n'en a plus l'habitude. Il suppose qu'il a l'air froid et distant pour tout le monde à table, mais tant pis.
Harry, lui, n'est pas dupe et a bien saisi que la façade de Drago est une simple conséquence de sa peur. Il le voit tous les jours depuis des mois, il sait qu'il ne se comporte plus comme une statue de marbre. Mais cela revient facilement quand il est question de ce sujet et Harry le sait. Cela le rend triste, mais il accepte que Drago ait encore besoin de temps.
Hermione regarde Drago avec un air bizarre et Ron décide d'aller chercher le pudding pour dissiper le malaise ambiant. Personne n'est vraiment étonné de ce qui se passe, Hermione et Ron ont compris seul·e·s depuis un moment que Harry et Drago leur cachent des choses. Les réponses de Drago parlent pour lui, cela se ressent et la jeune femme s'en veut presque d'avoir essayé de faire avouer Harry la dernière fois qu'il est venu. Son silence sur sa relation n'a rien à voir avec sa raison de taire son histoire passée avec Charlie et Hermione le comprend.
— Je te remercie pour ta franchise, Drago. Si ça ne te dérange pas, j'aimerais bien que tu lises les articles de la nouvelle loi quand ils seront finalisés. Un avis extérieur est toujours utile.
— Si tu veux, Granger.
— Appelle-moi Hermione, s'il te plaît.
Drago hoche la tête et Hermione se lève pour débarrasser le centre de la table. Harry emporte les assiettes et couverts sales et revient très vite. Les deux hommes échangent un regard pendant que le couple est de l'autre côté de la cuisine.
— Ça va ? chuchote Harry.
— Oui, ne t'inquiète pas.
Drago ne veut pas s'épancher, ce n'est pas le moment. Il ressasse la discussion et il sait que Harry a raison sur le fait que ses deux ami·e·s n'auront pas de réaction de rejet s'il parle de leur relation. Mais ça n'en reste pas moins difficile pour autant. Il remet sa décision à plus tard et entame le dessert qu'on a posé devant lui.
Ensuite, Hermione propose un café et tout le monde se rend au salon. Drago demande où se trouvent les toilettes et Harry saute sur l'occasion pour l'y conduire. Il attend dans le couloir que Drago ait terminé puis s'invite dans la salle de bain et ferme la porte.
— Est-ce que tu es certain que ça va ?
— Oui, ça va, affirme Drago en se lavant les mains, mais ils vont se poser des questions si tu ne retournes pas là-bas.
— Comme tu veux.
Harry se hausse sur la pointe des pieds et embrasse la joue de Drago alors qu'il sèche ses mains. Un sourire répond à Harry et ce dernier quitte la pièce. Drago se regarde un instant dans le miroir. Il a l'air reposé pour une fois, les vacances sont bénéfiques. Il se rend compte aussi qu'il est détendu et heureux, bien que l'échange avec Hermione ait été difficile pour lui. La présence de Harry dans sa vie est pour beaucoup dans ce bien-être qu'il ressent, il le sait. Il pourrait peut-être faire un effort et lui montrer à quel point leur relation est importante pour lui. Drago a l'impression que Harry fait tous les efforts depuis le début : il attend que Drago soit prêt à sortir du placard, il a attendu que Drago tombe amoureux, qu'il soit prêt à faire l'amour… Il est patient et tellement à l'écoute, Drago a peur que cela finisse par disparaître alors qu'il commence juste à découvrir ce que c'est d'être avec quelqu'un. En toute objectivité, Drago sait qu'il ne risque rien à dire la vérité aux ami·e·s de Harry.
Drago revient au salon et une tasse de thé l'attend sur la table basse. Il reste un fauteuil disponible et une place libre sur le canapé, à côté de Harry. Drago hésite un instant avant de s'asseoir sur le canapé.
— Merci pour le thé, souffle-t-il en attrapant sa tasse.
— C'est Harry qui nous a dit que tu n'étais pas très café, réplique Hermione.
— Non, en effet. Merci d'y avoir pensé, Harry.
Harry fait un petit signe de tête à Drago tout en buvant une gorgée de son café noir. Les volutes de chaleur qui s'échappent de la tasse brouillent son regard et embuent ses lunettes. Cela n'empêche pas Drago d'y lire tout l'amour qu'il a pour lui. Son cœur se serre et il détourne les yeux.
La discussion reprend sur le sujet abordé à table, Hermione est vraiment curieuse de connaître l'avis de Drago sur tout un tas de petits détails concernant ce changement de loi. Cela dure un moment, puis la conversation se tarit et dérive. Ron et Harry parlent de Quidditch et Hermione fait de son mieux pour faire semblant de s'y intéresser. Drago, lui, prête une oreille attentive et finit par participer aussi. L'ambiance est agréable dans ce petit salon, Drago s'y sent assez à son aise à la fin de l'après-midi. Cela s'est bien déroulé et il a l'impression que le passé est loin derrière elleux.
Au moment de repartir, Harry aide Ron à ramener le service à thé, la cafetière, les tasses et les shortbreads dans la cuisine. Drago enfile ses chaussures et sa cape sous les yeux de Hermione. Il hésite au moment de dire au revoir, il ne sait pas comment se comporter avec elle, et Hermione se méprend sur son temps d'arrêt.
— Tu as oublié quelque chose ?
— Non… En fait…
Drago prend une grande inspiration pour se donner un peu de courage et serre ses poings dans les replis de la cape.
— J'attends Harry.
— Ah. Je suppose qu'il ne va pas tarder.
Les deux adultes font tous les efforts du monde pour ne pas se regarder. Hermione sent que la situation est sur le point de se déverrouiller et qu'il ne faut qu'un petit coup de pouce.
— Vous avez quelque chose de prévu avant que tu rentres chez toi ? demande-t-elle innocemment.
Drago comprend l'intention de Hermione, il en profite pour saisir la perche qu'elle lui tend.
— Non. Je passe la semaine chez lui, il serait ridicule que je parte devant.
— Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ?
Drago remercie en silence Hermione de poser cette question comme si cela était normal : sans surprise, sans dégoût. Un poids s'envole littéralement de ses épaules.
— Deux mois.
— C'est bien. Je suis contente pour vous.
Hermione ne précise pas qu'elle est contente que Harry ait dépassé sa dernière histoire, elle sait maintenant à quel point ça a été difficile pour lui. Et elle est aussi assez heureuse que Drago ait décidé d'en parler de lui-même, elle a saisi dès le déjeuner que le sujet touchait le blond tout particulièrement. Il n'y avait pas loin à aller pour deviner que son éducation n'a pas dû lui permettre d'en parler à qui que ce soit avant un âge avancé.
Drago, lui, n'ajoute rien. Il a pensé un instant à lui demander de ne pas le répéter, mais il a changé d'avis au moment où l'idée lui est venue. Finalement, peut-être que si l'information se diffuse, cela lui facilitera la tâche. Peut-être. Il l'espère.
Harry rejoint Hermione et Drago dans le couloir, Ron sur les talons. Le directeur de Gryffondor enlace fermement ses deux ami·e·s puis se rhabille. Drago serre les mains tendues et suit Harry dans la fraîcheur de cette nuit d'avril. La porte reste ouverte et un rectangle de lumière se dessine sur le parvis de la maison. Harry sourit : Hermione et Ron sont incapables de fermer avant qu'il ait transplané, une habitude de vérifier qu'il va bien.
Harry fait un signe de la main en tournant la tête vers l'entrée de la maison, tend son bras à Drago qui décide de lui prendre la main et d'entrecroiser leurs doigts.
Le bruit caractéristique d'un transplanage éclate dans la petite rue et puis le rectangle de lumière disparaît.
N'oubliez pas de me laisser une petite review si vous avez aimé :)
On se retrouve dans deux semaines, le 11 novembre 2022 avec le chapitre 22 : « Le Terrier ».
En attendant, portez vous bien !
