Bonjour à toustes !
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Nous retrouvons Harry et Drago à Sainte-Mangouste, pour prendre des nouvelles de leur santé !
Bonne lecture !
Chapitre 24 — Sainte Mangouste
Dimanche 3 mai 2020 — Drago
Je me réveille lentement et il me faut quelques instants pour me souvenir d'où je suis. Je tourne la tête sur le côté aussitôt que la situation me revient en mémoire, pour le regarder. Il est toujours en coma magique : la lueur bleutée autour de son corps le trahit. Pour combien de temps ? Les médicomages ne savent pas trop, ils patientent pour voir l'avancée de la cicatrisation. Ma peine en le voyant ainsi se renforce à mesure que j'émerge des brumes du sommeil, j'ai mal pour lui.
La journée s'écoule lentement, au gré des passages des sorciers de soins et de la visite de Granger et Weasley. Quand ils arrivent, Harry a été sorti du coma magique depuis peu, il faut attendre qu'il se réveille maintenant. Le temps me parait interminable, mais au moins je ne suis pas seul pour le moment.
Le regard de Weasley sur le corps de Harry est poignant : il a les larmes aux yeux et ses mains tremblent. Ceux-là ont vécu l'enfer pendant leur jeunesse, ont été témoins des dix années de Harry comme Auror, et ils sont toujours aussi sensibles aux blessures de Harry. Cela me touche. Je suppose qu'on ne s'habitue pas à voir les gens qu'on aime être blessés.
J'ai quitté mon lit après le déjeuner et je suis assis dans un fauteuil près de Harry.
— Peut-on faire quelque chose ? s'enquiert Granger
— Non, merci. Il faut juste attendre. Mais apparemment il cicatrise bien.
Elle hoche la tête et me demande si je vais bien. Je suppose que mes cernes sous les yeux, le bandage sur mon bras et le sort qui entoure mon crâne sont des indices suffisants pour s'inquiéter. Je la rassure, ce n'est rien du tout, d'ici deux jours tout au plus, je serai sorti. Harry est en plus mauvaise posture que moi, je ne m'inquiète pas pour moi.
Ils restent un long moment, Granger s'est assise d'un côté du lit et caresse les cheveux de Harry, Weasley de l'autre et a mis sa main sur son bras. J'ai bien vu qu'il avait cherché un endroit qui ne semblait pas trop brûlé afin de ne pas lui faire mal.
Finalement, ils repartent et je me force à m'occuper. Je lis un peu, mais les mots passent devant mes yeux sans avoir le moindre sens. J'ai l'esprit entièrement tourné vers Harry et ce qu'il a fait pour me sauver la vie. Je suis en colère après lui, il aurait pu mourir et il m'aurait laissé seul !
Quand Harry commence à s'agiter, des petits bips résonnent dans la chambre et mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Enfin, il se réveille ! En quelques instants, une armée de guérisseurs accourt. Après divers tests, Harry est tourné sur le côté par une infirmière-sorcière. Il a été couché sur le ventre dès son hospitalisation : la brûlure touche presque tout son dos. Il grimace alors qu'on l'aide à bouger. Puis quelqu'un le fait boire un peu à l'aide d'une paille. Et tout le monde quitte la chambre. Je suis resté immobile et silencieux, sur mon fauteuil, pour ne pas montrer à quel point je suis anxieux et impatient de pouvoir enfin lui parler. C'est bien plus dur qu'il n'y parait, mais je sais que je suis doué pour ça.
Enfin, je croise son regard. Il a l'air fatigué et douloureux, mais il me sourit. J'ai envie de sourire aussi, mais la gravité de la situation me noue les entrailles et fige mes traits.
— Harry. Ne fais plus jamais ça.
Mon ton glacial et péremptoire semble le surprendre, je vois le questionnement dans ses yeux. Je bouillonne à l'intérieur, j'ai envie de le secouer !
— La boule de feu, Harry !
— Je n'allais pas te laisser être brûlé vif sans rien faire… croasse-t-il.
Je lui tends le verre et il boit une gorgée d'eau.
— Merci, mais ce n'est pas de ça que je parle.
Le silence me répond. Il n'a pas compris.
— Tu aurais pu me pousser en dehors de sa trajectoire ou lancer un bouclier… Mais tu as choisi de prendre le sort de plein fouet à ma place !
— C'est venu tout seul, j'ai pas eu le temps de réfléchir.
Je me penche un peu vers lui et ancre mon regard dans le sien.
— C'est bien ça le problème ! Ta réaction innée a été de te mettre en danger pour me sauver. Tu m'as raconté pour la prophétie, que tu as vécu dans l'unique but de tuer Tu-sais-qui, mais… Harry ta valeur n'est pas liée à ton utilité pour les autres ni à ta capacité à te sacrifier… Surtout pas pour moi ! Ne fais plus jamais ça !
Inexplicablement, Harry se met à rire. Je ne le quitte pas des yeux, m'inquiétant de sa réaction totalement inappropriée.
— Ne sois pas aussi sérieux, c'était juste un automatisme d'ancien Auror. Cela n'a rien à voir avec toi, finit-il par dire.
Je sais qu'il me ment.
— Si Edward n'avait pas lancé un puissant bouclier, tu serais mort, Harry ! Promets-moi de ne pas recommencer. S'il te plaît.
Il lève les yeux au ciel et il hoche faiblement la tête, à contrecœur. Il grimace de douleur.
— Tu veux que j'appelle le médicomage ?
— Non, ça va aller.
Le soulagement de pouvoir discuter avec lui me prend brutalement. Et je réalise à quel point j'étais tendu par la situation, inquiet pour son état de santé. La peur de le perdre me donne envie de vomir.
— Potter, tu es désespérant ! As-tu la moindre idée de ce que ta mort me ferait ?
— Des vacances ? balance-t-il avec un sourire en coin.
Les commissures de mes lèvres s'étirent brièvement, puis je me ressaisis. Ce n'est pas drôle et je ne veux pas qu'il croie que je ne suis plus fâché.
Il toussote et je lui donne de nouveau de l'eau. Puis je m'assois au bord du lit et j'attrape sa main, le dos est tout fripé de peau cicatricielle. Elle a brûlé pour sauver mon visage de la boule de feu… Mon estomac se tord encore et je retiens mes larmes.
Je me penche et j'embrasse imperceptiblement ses doigts puis je les pose contre mon cœur. Je ressens les battements dans ma poitrine et je sais qu'il les sent aussi. Son poing se referme sur la chasuble de Sainte-Mangouste, comme pour s'y accrocher. Je veux croire qu'il désire s'accrocher à moi, qu'il m'aime assez pour ne plus prendre de risques inutiles.
Je croise encore une fois son regard d'émeraude qui me fait chavirer un peu plus. Je l'aime tellement.
Sa main, toujours refermée sur le tissu, me tire vers lui et m'allonge sur son lit, sur le côté. Il continue à m'approcher jusqu'à ce que mes lèvres se posent doucement sur les siennes. Je clos mes paupières et profite de ce bref instant de plaisir chaste.
Quand je me recule, Harry ne rouvre pas les yeux. Il respire lentement et je comprends qu'il s'est endormi alors que son poing se desserre et relâche ma chasuble. C'est le milieu de l'après-midi, mais je suis fatigué moi aussi, je ne lutte pas et laisse les bras de Morphée m'attraper tandis que je sombre.
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Lundi 4 mai 2020
Harry est endormi, la cicatrisation le fatigue énormément et il passe la majorité de son temps assoupi. Quelqu'un frappe à la porte. Drago a la surprise de découvrir Charlie dans le couloir. Il le fait entrer en silence.
Drago retourne s'asseoir sur le fauteuil à côté du lit, mais Charlie reste debout. Il regarde Harry un long moment et pose sa main sur l'épaule de Drago pendant une seconde, certainement en guise de soutien.
— Comment va-t-il ?
— Les médicomages sont optimistes, il va s'en remettre. Il a des brûlures au deuxième degré profondes sur presque tout le dos, au troisième degré au niveau des mains et a été en coma magique pendant vingt-quatre heures pour lui permettre de supporter la douleur du début de la cicatrisation. Mais il guérit bien et devrait sortir dans moins d'une semaine, grâce à la magie. Les guérisseurs ont dit que dans le monde moldu il risquait d'en mourir sans des opérations lourdes dont je n'ai pas compris grand-chose.
— J'avais peur qu'il soit en plus mauvaise posture que ça, j'ai entendu parler d'un sortilège de boule de feu…
— C'est le cas. Edward a envoyé un bouclier sur Harry et moi au tout dernier moment. Il a encaissé les trois quarts du maléfice et Harry presque tout le reste. J'étais… derrière lui… J'ai juste eu très chaud.
— Tu vas bien ?
— Oui, c'est déjà guéri. C'était un gros coup de soleil, rien de dramatique.
Charlie montre le bandage sur le bras de Drago et le sort qui entoure l'arrière de son crâne.
— Tu es certain ?
— Quelques échardes et une légère commotion cérébrale sous surveillance, ce n'est pas grave.
Charlie reste un long moment dans la chambre. Drago aurait pu s'en offusquer, mais cela ne le dérange pas en réalité. Charlie est une présence non envahissante, malgré sa stature plutôt imposante. En fait, Drago est heureux que quelqu'un d'autre que Granger lui montre du soutien et s'inquiète aussi pour lui.
— Est-ce que je peux faire quelque chose ? Pour lui ? Ou pour toi ?
— Je ne crois pas, non. Merci d'avoir demandé.
Drago est étonné de la sollicitude de Charlie à son égard. Il a déjà remarqué qu'il l'avait immédiatement accepté aux côtés de Harry et cela l'avait surpris. Rien n'oblige cet homme à être attentionné avec Drago alors qu'il est le nouveau compagnon de son ex. Ginny a été polie et aimable quand elle est venue avec Albus et James ce matin, mais elle n'a pas été aussi chaleureuse. Et Drago ne lui en veut pas.
Au bout d'un moment, Charlie se déplace de l'autre côté du lit et s'assoit au bord de celui-ci. Il prend la main de Harry dans la sienne quelques instants avant de la reposer. Son regard bleu est fixé sur le visage de l'homme profondément endormi. Et Drago, qui n'a rien manqué de la scène, comprend.
— Tu l'aimes encore, n'est-ce pas ?
Charlie relève le regard vers Drago.
— Harry est mon ami depuis longtemps et il fait un peu partie de notre famille. Bien sûr que je l'aime.
— Ce n'est pas ce que je voulais dire. Et tu le sais.
Charlie garde le silence, cherchant comment répondre à ça. C'est délicat.
— Cela ne me dérange pas, continue Drago, je sais que tu n'es pas une menace pour nous. Harry a encore des sentiments pour toi, il me l'a avoué à demi-mot presque dès le départ. Il aime toujours Ginny aussi. Il croit qu'il est maudit, ou quelque chose comme ça, parce qu'il n'arrive pas à tirer un trait sur ses histoires.
Drago regarde Harry en racontant tout cela à Charlie, cherchant à lui transmettre tout son amour rien qu'en le fixant. Il est sincère, il ne se sent pas en danger par leur relation passée, il l'a compris assez vite. Lui n'a jamais aimé avant et il aurait voulu que ce soit le cas, alors il ne sait pas si l'on peut être amoureux de plusieurs personnes. Il suppose que oui, il aime beaucoup de gens, même si c'est un peu différent.
— Je ne sais pas trop, avec Harry cela a toujours été particulier. J'ai beaucoup souffert de notre séparation, c'est vrai, il a plus compté pour moi que n'importe qui d'autre. Peut-être que tu as raison, que je l'aime encore de cette façon…
Charlie reste une petite heure avec Drago, pour lui tenir compagnie alors qu'il corrige des copies et que Harry guérit lentement en dormant. Il n'y a rien de spécial à dire et le silence n'est pas du tout pesant. Charlie sait se faire discret.
Au moment de repartir, Charlie se dirige vers Drago et lui tend la main. Drago se lève et accepte avec plaisir cette poignée de main. Encore une fois, il se fait la réflexion que même sa façon de saluer les gens est chaleureuse. Cet homme a-t-il des défauts ?
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Samedi 9 mai 2020
Harry n'est pas fâché de sortir de Sainte-Mangouste. Malgré la fatigue résiduelle, il n'avait plus du tout envie de rester hospitalisé. Teddy est venu le chercher, une exigence des médicomages.
C'est son week-end de relâche et en théorie, rien n'oblige Harry à retourner à Poudlard, il est libre jusqu'à dimanche à minuit. Mais les médicomages ne l'ont laissé sortir qu'avec sa promesse de ne pas rester seul pendant les deux prochains jours. Il pourrait aller chez Ron et Hermione, mais ce n'est pas ce qu'il désire. Il a envie de voir Drago, qui a quitté l'hôpital depuis mardi après-midi et n'a pas pu revenir.
— Je vais passer au Ministère avant de rentrer, tu tiens vraiment à m'accompagner ?
— Les médicomages ont été clairs, tu n'as pas le droit être seul, Harry !
Harry grommelle après Teddy, beaucoup trop protecteurice à son goût. Il est persuadé que les guérisseur·euse·s sont excessivement prudent·e·s et qu'il ne risque rien du tout. Il le laisse cependant s'occuper du transplanage d'escorte jusqu'à l'atrium du Ministère.
Harry et Teddy prennent un ascenseur jusqu'au niveau deux, puis Harry se dirige sans attendre dans les couloirs. Il sait où il va, il a arpenté les lieux pendant plus de dix ans.
Quand il entre dans l'espace du Bureau des Aurors, Harry y est accueilli comme l'un des leurs. Il a quitté son poste six ans plus tôt, mais peu de choses ont changé. Ses ancien·e·s collègues sont toujours là, avec quelques nouvelles têtes. Harry en reconnaît certain·e·s, élèves Aurors à sa démission, maintenant diplômés. Les embrassades n'en finissent plus.
— Laissez-le respirer, il est encore convalescent ! les rabroue Tulipe.
Les collègues de Tulipe Karasu se reculent, ne souhaitant pas s'attirer ses foudres, et la plupart retournent à leurs occupations. Elle enlace brièvement Harry et salue Teddy d'une poignée de main. Puis elle les emmène à son bureau. En tant que chef d'équipe, elle a un petit bureau séparé, très souvent envahi par son équipe par ailleurs.
— Comment vas-tu, Harry ? Tu nous as fait une belle frayeur !
— Je vais bien. Grâce à Teddy, je dois quand même l'avouer. C'était un bouclier puissant d'après les témoins de la scène.
Teddy rougit légèrement sous le compliment.
— Vous avez arrêté beaucoup de monde ?
— Une dizaine de personnes. Certains ont pu s'échapper malgré les dispositifs anti-transplanage que nous avons mis en place pendant l'affrontement. Les interrogatoires ont commencé, mais ils ne disent pas grand-chose pour la plupart. Nous ne savons pas encore si les têtes pensantes sont ici.
La petite alarme de Harry sonne au fond de son cerveau. Son amie lui cache quelque chose ou hésite à lui faire part d'une information concernant les arrestations.
— Donc certains ont parlé ? Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?
Tulipe se tortille un peu sur sa chaise, hésitant visiblement à fournir des détails. Il y a bien sirène sous rocher !
— L'un des gamins qui ont forcé tes appartements est actuellement en cellule, Mike Fawley. Nous sommes sûrs d'avoir aperçu son amie et complice, Jessica Sampson, mais nous n'avons pas pu l'arrêter. En revanche, Fawley a dénoncé un camarade pour l'attaque à Pré-au-Lard.
— Qui ? demande Harry en connaissant déjà la réponse.
— John Sheffield. Il affirme pourtant être innocent et ne pas avoir assisté à la cérémonie de commémoration. Il a été entendu, mais on l'a laissé libre en attendant l'avancée de l'enquête.
— Impossible de savoir lequel dit la vérité, je suppose ? Le Magenmagot a autorisé le veritaserum ?
— Non, pas encore. Ce genre de décisions prend du temps, tu le sais comme moi. Les gardes à vue sont déjà prolongées, le motif d'arrestation est suffisant pour les garder derrière les barreaux un moment, mais rien ne nous dit qu'ils vont autoriser l'utilisation de la potion.
— Je comprends, c'est très délicat. Vous avez pu relier l'attaque aux Partisans Noirs ?
— Non. Personne n'a revendiqué ce qui s'est passé à la cérémonie. Cela faciliterait les choses pourtant, puisque le groupe est recherché pour tentative de meurtre. Là, le Magenmagot accepterait sans hésitation le veritaserum. Nous sommes bloqués pour l'instant. On essaie de les faire parler.
Harry soupire, l'enquête est loin d'être terminée. Même s'il est persuadé que ces gens sont les mêmes qui tentent de le tuer depuis des mois. Tulipe l'est également. Mais une intuition ne suffit pas à condamner.
Teddy et Harry remercient Tulipe et repartent du Ministère. Teddy transplane et Harry s'accroche. Devant les grilles de Poudlard, le directeur de Gryffondor demande à Teddy si ael a bien pensé à sa cape.
Un instant plus tard, Harry disparaît sous sa cape d'invisibilité. Il ne veut pas que tout le monde sache qu'il est revenu alors qu'il est en relâche. Ses enfants et les Weasley sont au courant qu'il rentre aujourd'hui, c'est tout. Teddy part de son côté après avoir recommandé à Harry d'être prudent.
Harry prend son temps, il est invisible et traverse le parc en flânant. Il fait frais, le ciel est un peu couvert, mais un timide soleil pointe le bout de son nez et réchauffe lentement l'atmosphère. Cela fait du bien au moral. Il sait qu'il a merdé avec la boule de feu. Drago avait raison de le sermonner et Harry se demande jusqu'à quel point il a compris qu'il lui a menti. Il a agi sans réfléchir, c'est vrai, mais le but était de protéger Drago et il n'aurait pas du tout fait la même chose pour n'importe qui. Pas à ce point. La force de ses sentiments pour Drago le prend aux tripes. Encore une fois, en l'espace de quelques mois, Harry a la sensation qu'il aime au-delà de toute raison. Il ne sait pas à quel point c'est normal d'être comme ça, mais il se doute que ce n'est pas vraiment le cas de la majorité des gens. Son psymage lui a fait comprendre, il y a des années déjà, qu'il compensait peut-être le manque d'amour de son enfance. Il est très fusionnel avec ses ami·e·s et aime ses amant·e·s de façon démesurée. Harry ne sait pas faire autrement et il a l'espoir, et l'intuition que Drago peut encaisser ses sentiments. Le Gryffondor a l'impression que lui aussi a manqué d'amour dans un sens.
Après avoir respiré un long moment le bon air pur de l'Écosse, Harry entre dans l'antique château. Il évite facilement les groupes d'élèves disséminés dans les couloirs et rejoint les cachots. Il attend d'être seul dans le corridor puis frappe à la porte de Drago.
Le panneau de bois s'ouvre quelques instants plus tard sur le directeur de Serpentard. Harry ne se dévoile pas immédiatement et l'observe alors qu'il sait qu'il ne peut pas le voir en retour. Il parcourt du regard son visage : son front légèrement plissé par l'inquiétude, ses sourcils clairs, ses yeux gris si hypnotisant, son nez droit, ses pommettes hautes, ses lèvres fines et roses. Harry a envie de le toucher.
Il tend la main et la pose à plat sur la poitrine de Drago. Il le pousse lentement et avec fermeté vers l'arrière. Drago comprend vite ce qui se passe et il se laisse faire jusqu'à être à l'intérieur. Puis il s'écarte et referme la porte quand Harry lui montre qu'il est entré en lui appuyant sur son épaule.
Dès que la porte est close, Harry se dévoile. Drago est sur lui avant même que la cape soit au sol. Il l'emprisonne dans une étroite étreinte et pose sa joue contre sa tempe. Harry referme ses bras sur Drago et ils restent enlacés longtemps. Leur besoin de contact est similaire et encore une fois les deux hommes se rendent compte de leur chance.
Drago caresse le dos de Harry lentement et écoute sa respiration qui s'échoue au creux de son cou. Il désespérait qu'il quitte Sainte-Mangouste. Il ne s'attendait pas du tout à ce qu'il soit là ce jour-ci, même si Harry l'avait prévenu qu'il sortirait dans le week-end. Il pensait qu'il profiterait de sa relâche pour visiter ses ami·e·s, ce qu'il comprend très bien au demeurant.
— Comment ça va ? s'enquit-il.
— Très bien, maintenant que je suis dans tes bras.
Nul besoin de répondre, Drago saisit parfaitement ce que veut dire Harry.
— Est-ce que je peux rester ici ce week-end ? Je n'ai dit qu'aux enfants que je sortais de Sainte-Mangouste et je n'ai envie de voir personne.
— Bien sûr.
Drago est ravi. Il va avoir Harry pour lui seul pendant deux jours et une nuit. Une chose qu'ils ne peuvent jamais partager quand ils sont à Poudlard. Drago ne se sent même pas égoïste.
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Mercredi 13 mai 2020
La reprise du rythme des cours s'est faite avec facilité malgré sa convalescence. Harry est encore fatigué par ses blessures qui terminent de guérir, mais travailler lui permet de penser à autre chose.
Ce qui a changé, c'est l'ambiance à Poudlard. Tout d'abord, une bonne partie des élèves est choquée par ce qui s'est passé lors de la cérémonie, surtout les plus jeunes. Neville et Minerva ont mis en place une cellule d'accompagnement psychologique à l'infirmerie et une psymage y est disponible depuis l'incident. Elle ne peut pas être présente toute la journée, mais ses horaires sont indiqués sur la porte et dans les Salles Communes. Harry et les autres personnes ayant vécu la Deuxième Guerre alors qu'iels n'étaient que des enfants trouvent que l'initiative est adaptée. Si seulement cela avait été fait à leur époque…
Ensuite, la Gazette a fait ses choux gras sur le dos de la situation et toutes les unes du journal portent sur ce qui s'est passé lors de la cérémonie du deux mai. Il y a eu de tout, mais surtout des articles voyeuristes et sensationnels. Les noms des personnes arrêtées ont été dévoilés, et tout Poudlard est au courant que l'un des élèves est actuellement dans les cellules du Ministère pour avoir participé à l'attaque. Les septième année sont particulièrement touché·e·s par l'absence de Mike Fawley, d'autant plus qu'il s'agit d'un Serdaigle.
Enfin, le rôle de Harry dans les évènements n'a pas tardé à faire le tour de l'école. Les rumeurs et les faits réels se sont emmêlés et personne ne sait vraiment ce qu'il s'est passé. Quoi qu'il en soit, les regards admiratifs, voire énamourés des élèves sur Harry, ont redoublé depuis son retour. Tous ses étudiant·e·s ont appris qu'il a été admis à Sainte-Mangouste pour de graves blessures et son statut de héros survivant en a été renforcé. Cela l'agace au plus haut point et il se demande si ce genre de choses va s'arrêter un jour. Par ailleurs, certains bruits de couloirs laissent entendre qu'il a sauvé la vie de quelqu'un lors de l'affrontement de Pré-au-Lard, de façon particulièrement brave et altruiste. Les liens entre lui et la personne secourue ont donc été extrapolés par tout le monde. Le nom de Drago n'a pas encore été associé, mais ça ne tardera pas. Harry craint que cela arrive parce que Drago en a peur. Il est effrayé que l'école tout entière apprenne pour leur relation. Et Harry ne sait pas comment le rassurer. C'est très frustrant.
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La réunion pédagogique mensuelle démarre dans une ambiance pesante. Minerva et Neville ont donné le minimum d'informations à l'équipe, ils n'ont pas parlé des Partisans Noirs. Peu de gens sont au courant pour ces attaques-là et cela doit rester ainsi. Cependant, le fait que Harry ait été visé à la commémoration n'est pas un secret : tout le monde l'a vu.
Harry est accueilli avec chaleur par ses collègues qu'il a déjà croisés depuis le début de la semaine lors des repas et dans la salle des professeur·e·s, mais il n'a pas vraiment eu beaucoup le temps d'échanger avec elleux. On prend de ses nouvelles et on s'assure qu'il va bien. Certain·e·s sont sûrement un peu hypocrites, puisque Harry ne s'entend pas de la même façon avec tout le monde. Mais la sollicitude de Tomas le touche, ainsi que celle de Gemma. Depuis l'attaque de la manticore, iels se sont rapprochés.
La première heure de la réunion est semblable aux précédentes : les professeur·e·s échangent sur leurs élèves, l'avancement dans le programme et les incidents qui ont eu lieu depuis la dernière fois qu'iels ont fait le point. Neville aborde également le sujet des BUSE et ASPIC et indique les dates de ceux-ci.
Quand les discussions s'achèvent, le groupe fixe la date de la prochaine réunion, qui sera aussi la dernière de l'année scolaire. La dernière pour Minerva qui quittera définitivement Poudlard peu après, en même temps que les élèves.
Comme d'habitude, Harry s'est assis du même côté de la grande table que Drago, à deux chaises d'écarts. Ils sont moins tentés de se dévorer des yeux s'ils ne se voient pas. Et plus les semaines passent, plus il est compliqué de ne pas laisser soupçonner leurs liens quand ils sont dans la même pièce. Ils sont aux aguets en permanence. Cela rappelle à Harry l'époque où il cachait sa relation avec Charlie et ils étaient plutôt doués à ce jeu. Cette fois c'est différent, Harry sait que c'est temporaire, d'ailleurs parmi les personnes présentes à cette réunion, deux sont déjà au courant.
— Quelqu'un a-t-il quelque chose à ajouter ? demande Neville, sonnant la fin des discussions.
Harry lève la main. Cela fait quelque semaines qu'il rumine une idée digne d'un adolescent, mais il ne voit pas pourquoi il ne pourrait pas la proposer. Les récents évènements l'ont décidé : les gens ont besoin de se divertir.
— Étant donné les derniers incidents que nous avons vécus, l'ambiance est morose à Poudlard. Les enfants sont choqués, à juste titre, et même nous avons besoin de nous dérider un peu. Alors je propose une activité qui amusera tout le monde.
Il laisse quelques secondes passer, et tout le monde le regarde avec curiosité.
— Un match de Quidditch amical avec les professeurs et le personnel de Poudlard.
Le silence lui répond. Les visages parlent d'eux-mêmes : personne ne saisit ce que Harry vient de dire.
— Je crains de comprendre… finit par réagir Minerva. Nous ne sommes pas assez nombreux à savoir voler, ou à pouvoir le faire, pour constituer deux équipes complètes de Quidditch.
— On peut solliciter les équipes des élèves ! Je suis certain que nous nous amuserons beaucoup ! Neville ?
Neville a le sourire. Il trouve que l'idée est plutôt sympathique, mais il se demande si c'est bien sérieux.
— Je ne sais pas, Harry. Notre charge de travail est déjà importante, comment veux-tu trouver du temps pour ça ? Et ne compte pas sur moi pour voler.
— Personne ne te demande de voler, Neville. On sait que ce n'est pas ta tasse de thé, ricane Drago.
— Hé, ça va ! Je me suis quand même amélioré depuis la première année ! C'est pas parce que tu as appris à voler dans le parc familial sur des balais hors de prix que nous avions tous cette possibilité.
Un raclement de gorge arrête Drago avant qu'il réponde. Minerva les fixe comme des enfants pris en faute. La présence de la vieille sorcière est toujours très forte, malgré son âge et la fatigue. Neville et Drago se taisent.
— On va voter. Qui est pour mettre en place cette idée saugrenue ? demande-t-elle à la ronde.
Iels sont quinze autour de la table. Harry lève aussitôt la main et celles de Drago, Tomas, Edward et Gemma suivent. Après quelques échanges de regards, d'autres mains se lèvent. Au total, iels sont dix à être pour. Et Minerva ajoute finalement sa voix.
— Majorité de onze voix pour. Puisqu'il en est ainsi, je désigne Harry et Drago comme capitaines. Cela devrait nous rappeler quelques souvenirs, taquine la directrice avec un sourire goguenard.
Harry s'esclaffe et Drago sourit. Oui, cela va leur rappeler des souvenirs.
— Pour ceux et celles qui veulent voler, rendez-vous samedi à quatorze heures sur le terrain. Nous nous chargeons de compléter l'équipe en prévenant les élèves et les autres adultes de Poudlard.
— Il n'y a pas une maison qui s'entraîne le samedi à cette heure ? s'enquiert Tomas.
— C'était un créneau pour l'équipe de Poufsouffle, mais leurs matchs sont terminés.
— Est-ce que tu connais le planning d'entraînement de Quidditch par cœur, Potter ? taquine Drago en se penchant en arrière pour avoir Harry en visuel.
— James joue chez les Gryffondor, Malefoy, et tu le sais très bien. Il m'a bassiné toute l'année parce que le créneau de quatorze heures était le meilleur et que c'était celui des Poufsouffle, rétorque Harry en se penchant de la même façon.
Drago le sait, il voulait simplement l'asticoter. Il répond à Harry avec une grimace et détourne la tête. Il se retient de rire. Et il réalise que tout le monde les regarde avec attention. Le sourire de Drago se fane. Il craint de s'être laissé aller à trop de familiarité et que cela ait éveillé les soupçons.
— C'était quoi ça ?
Robert Hilliard, professeur d'Histoire de la Magie depuis 1999, vient d'exprimer tout haut ce que les autres se demandent tout bas. Drago fait mine de rien, conserve un visage neutre comme il sait si bien le faire, Harry garde son sourire, pas inquiet du tout.
— Tout le monde se pose des questions depuis un moment pour tout vous dire, vous allez nous expliquer ? insiste-t-il.
Les collègues de Harry et Drago sont toustes très absorbé·e·s par la décoration, la table ou leurs parchemins tout à coup. Harry les regarde puis croise celui de Drago. Il lui fait un infime signe de tête, lui indiquant que c'est à lui de décider.
Drago sait que le moment redouté est arrivé. Ils ont essayé de rester discrets, mais visiblement cela n'a pas été suffisant. Si certain·e·s ont des doutes, alors il est sûrement préférable de tout révéler plutôt que de laisser enfler les rumeurs. Son cœur tambourine dans sa poitrine, la peur lui fait un peu mal au ventre, ses mains sont moites. Il pense que Neville et Edward les soutiendront, mais il craint quand même la réaction de plusieurs d'entre elleux. Les blagues homophobes sont monnaie courante et la plupart des gens ne le réalisent même pas. Mais Drago, lui, est blessé chaque fois qu'il entend quelqu'un en faire. Il ne dit jamais rien, mais il a mal.
— Annonce-leur, Harry.
Harry sait que Drago ne se décharge pas par lâcheté, mais par peur. Il comprend et il accepte. Lui a déjà fait des dizaines de coming-outs et tout le monde sait qu'il est bisexuel. En tout cas il ne s'en cache pas. Alors il le fait, pour eux.
— Nous sommes ensemble, lâche-t-il sans se départir de son sourire confiant.
— Ce n'est pas contraire au règlement ? demande Wilhelmina Gobe-Planche, avec une légère moue réprobatrice.
Les regards sont maintenant tournés vers Minerva. C'est Neville qui prend la parole.
— Non, ça ne l'est pas. Ce qui est interdit, ce sont les relations entre élèves et professeurs, quels que soient leurs âges.
Harry lance un regard à Teddy. La relation qu'ael entretient avec Victoire date leur scolarité et elle était encore en sixième année quand Teddy est devenu·e assistant·e professeur·e de Botanique. Tout le monde l'a ignoré jusqu'à ce qu'elle quitte Poudlard, mais c'était exceptionnel.
Drago, lui, fixe des yeux la professeure de Soins aux Créatures Magiques. Il ne l'aime pas particulièrement et le sentiment est réciproque. Leurs rapports sont cordiaux depuis quelques années et cela s'arrête là. Drago sait que ses anciens professeur·e·s ont parfois eu du mal à le voir intégrer leurs rangs et elle fait partie de celleux qui n'ont pas fait d'efforts pour apprendre à le connaître. Il s'en moque un peu, parce que d'autres personnes le soutiennent et l'apprécient, mais c'est toujours douloureux de se sentir jugé sur son passé. Malgré l'explication de Neville, elle semble dubitative.
Le reste de l'équipe est majoritairement étonné d'après leurs visages. Hilliard a un air dégoûté et Drago n'est pas surpris. Il n'a pas de points communs avec lui et il connaît son avis sur l'homosexualité. Le premier à faire des remarques homophobes, c'est lui. Sous couvert de plaisanteries, évidemment.
— Vous comptez vous afficher, maintenant que nous sommes au courant ? Parce que je crains que cela nuise à nos étudiants… grimace le professeur d'Histoire de la Magie.
Drago s'y attendait, mais le commentaire de son collègue lui fait mal. Il déglutit et garde la tête haute en y mettant toute sa concentration. Il ne désire pas lui montrer que cela le touche.
Harry, lui, explose :
— Pardon ? Comment ça, cela nuirait aux étudiants ? Je n'ai jamais rien dit jusqu'à présent parce que je voulais apprendre à connaître mes collègues sans les juger au premier abord, mais tes remarques et blagues homophobes récurrentes, ça va bien maintenant !
— Mais je ne suis pas homophobe ! J'ai un ami qui…
— Ferme-la, Hilliard ! s'énerve Harry en se levant. C'est l'excuse préférée des gens comme toi, qui nous détestent, mais ne sont même pas capables de l'assumer !
— Je ne te permets pas ! répond Robert Hilliard en se mettant debout à son tour, le doigt pointé sur Harry.
— SILENCE !
L'ordre claque durement, comme un coup de tonnerre. Les regards convergent vers Minerva, assise en bout de table. Son visage est furieux et celui de Neville, juste à ses côtés, est effaré. D'ailleurs, elle se tourne vers lui et lui fait un signe de la main pour lui laisser la parole. Tout le monde ressent qu'elle est lasse de tout cela et que c'est à Neville de reprendre le flambeau.
— Vous vous comportez vraiment comme des enfants, vous êtes immatures et ridicules ! Robert, tu crains pour nos élèves, mais tu te montres moins tolérant qu'un première année. Harry, je comprends que tu sois blessé par ce qui a été dit, mais hurler ne sert à rien.
Harry et Robert se rassoient, pris en faute. Harry n'a pas honte de s'être emporté, il fallait bien lui rabattre son caquet ! Et il sait très bien que Neville est derrière lui, au fond.
— Les discriminations sur le genre, l'orientation sexuelle, les croyances, la couleur de peau, le statut de sang n'ont pas leur place à Poudlard. Notre règlement l'impose aux élèves et c'est aussi valable pour nous, nous devons montrer l'exemple aux jeunes générations. Je serai intransigeant là-dessus, personne ne doit se sentir exclu ou persécuté, ni les enfants ni les adultes. Est-ce bien clair ?
Stupeur. L'assemblée prend conscience que Neville a du pouvoir sur elleux et qu'il n'hésitera pas à en faire usage. La main d'Edward se lève pour demander la parole. Neville lui fait un signe de tête.
— Puisque nous abordons le sujet du genre… Je vous remercie de bien vouloir utiliser le pronom ael pour parler de moi à partir de maintenant, par défaut vous pouvez me genrer au masculin. Je me considère comme non-binaire, ni homme ni femme. Mon prénom ne change pas.
La stupeur saisit le groupe de personnes assises autour de la table. Les voix s'élèvent.
— Je suis certain qu'Edward répondra à vos questions respectueuses en privé. La réunion est terminée, je vous souhaite un bon appétit, signale fermement Neville, coupant court aux discussions.
Le silence règne alors que les professeur·e·s sortent seul·e·s ou en petits groupes. Harry demande à voix basse à Teddy si ael se sent bien. Ael répond que c'est le cas, le coming-out ne lui fait plus peur. Après l'avoir annoncé à toute sa famille et ses ami·e·s à son anniversaire quelques semaines plus tôt, le reste n'est que formalité. Harry est admiratif de cette capacité qu'ont les jeunes à gérer ces choses-là si facilement.
Il ne subsiste bientôt que quelques personnes. Gemma et Tomas assurent à Harry et Drago qu'iels les comprennent et les soutiennent. Cela fait du bien au moral de Drago, qui n'est cependant pas étonné de leurs réactions. Ces deux-là sont de belles personnes. Alors, malgré ses difficultés avec les démonstrations d'affections en public, il prend la main de Harry dans la sienne tandis qu'il parle avec elleux. Parce qu'il a besoin de son contact, il a envie de sentir la chaleur de sa paume. Harry serre ses doigts en retour et lui jette un petit regard rassurant. Drago se sent aussitôt mieux et réalise qu'une grosse épreuve vient de se passer. Qu'il a conservé son poste, qu'il craignait tant de perdre, et que la majorité de ses collègues ne lui ont pas tourné le dos. Il sent un poids s'envoler de ses épaules et de son cœur.
N'oubliez pas de me laisser une petite review !
On se retrouve dans deux semaines, le 23 décembre 2022 avec le chapitre 25 : « Quidditch».
En attendant, portez vous bien !
