Bonjour à toustes !
Avant toute chose, je vous souhaite une belle et heureuse année 2023. Que celle-ci vous apporte de la joie, du bonheur, de belles lectures et une bonne santé si possible.
Je vous remercie aussi pour toutes vos reviews, continuez à me dire ce que vous pensez de votre lecture, cela me fait tellement plaisir ! Même un simple mot est un vrai encouragement pour moi.
La publication continue pour l'instant toutes les deux semaines, nous n'arrivons pas à corriger plus rapidement avec mes bêtas.
Également, un autre OS drarry arrivera sous peu, donc si vous voulez être au courant de ce que je publie en plus de Guérir du passé, mettez mon profil en alerte !
Bonne lecture !
Chapitre 26 — Les quarante ans de Drago
Samedi 30 mai 2020
Le soleil brille et malgré la fraîcheur de l'air, la table a été mise sur la terrasse. Pansy et Blaise veulent faire plaisir à Drago qui aime la belle saison. Dès qu'il fait beau, il profite de l'extérieur. Cette fois-là ne fait pas exception et le directeur de Serpentard sirote son verre de jus de citrouille légèrement épicé, assis dans un transat, face à l'astre de feu. Il a les yeux fermés et savoure la chaleur des rayons sur sa peau diaphane. Malgré sa carnation pâle, il ne souffre jamais de coup de soleil.
Près de lui, Théodore lit des livres à sa filleule Nya. Blaise a ouvert un parasol pour protéger sa fille et Pansy hurle de rire :
— Comme si le soleil anglais du mois de mai était dangereux !
Drago écoute d'une oreille distraite le récit de « Babbitty Lapina et la souche qui gloussait », pensant aux milliers de fois qu'il l'a raconté à Scorpius dans son enfance.
Pansy finit par interrompre la lecture pour annoncer le repas. Blaise appelle leur elfe de maison qui dépose promptement les plats sur la table. Le déjeuner démarre par des petits puddings au saumon, accompagné de quelques feuilles de salade. Drago salive rien qu'à le voir dans son assiette, c'est l'une de ses entrées préférées.
L'ambiance est chaleureuse et enjouée. Tout le monde est heureux que Drago se soit remis sans complication de ses blessures de la commémoration. Blaise, Pansy et Théodore sont venus le visiter à Sainte Mangouste, le mardi, juste avant qu'il sorte. Il avait été changé de chambre la veille au soir, pour laisser la place à un autre malade qui nécessitait des soins plus avancés que les siens. Drago avait découvert que les pièces étaient remplies en fonction de la gravité des dommages ou du degré d'attention qu'il fallait porter aux patients. Or, Harry avait encore besoin de traitements poussés quand lui était sur le point de sortir de l'hôpital. Pour sa dernière nuit, il avait été dans une unité de dix lits, séparés par des tentures. Cela lui avait rappelé l'infirmerie de Poudlard. Malgré son regret de laisser Harry, il avait ainsi évité que ses ami·es ne le voient alité, avec Drago à son chevet.
Le plat arrive ensuite : un agneau à la menthe et ses carottes fondantes. Drago jette un œil à Blaise qui semble l'ignorer. Son ami sait à quel point il adore ce plat, ce ne peut être une coïncidence… Mais ses réflexions sont court-circuitées par Nya qui parle de l'école et de ses progrès, et les adultes prêtent une oreille attentive et attendrie à ce qu'elle raconte. Elle écrit de mieux en mieux et peut presque déchiffrer ses livres seule, elle se sent grande. Mais elle aime encore qu'on lui lise des histoires, il n'y a rien de mieux. Ainsi, elle adore quand son parrain et Drago viennent chez elle, parce qu'ils ont du temps pour elle et se prêtent volontiers au jeu. Même si son père est toujours disponible, ce n'est pas pareil.
Au moment du dessert, la petite fille demande à sortir de table, elle n'a plus faim et n'apprécie pas les gâteaux. Pansy la laisse s'en aller et enjoint à leur elfe, Toby, de la raccompagner à sa chambre pour qu'elle puisse s'amuser en toute sécurité. Elle lui glisse de garder un œil discret sur elle de temps en temps.
— Bien sûr maîtresse Pansy, acquiesce Toby avec une révérence.
Il y a quelques minutes de battement, le temps que l'elfe revienne de la chambre de Nya et apporte le dessert. Lorsque le brownie est déposé devant lui, avec des bougies magiques flottantes qui forment le chiffre quarante quand on les regarde du dessus, Drago sourit.
— Je me doutais que vous feriez quelque chose dans ce goût-là…
— Allez, souffle, au lieu de faire semblant de te plaindre, le rabroue gentiment Pansy.
— N'oublie pas de faire un vœu, ajoute Blaise au moment où Drago prend une grande inspiration.
Il s'arrête dans son élan, pour les apparences, mais Drago ne sait pas quoi demander. Il a déjà bien plus qu'il n'a jamais espéré. Il reste peut-être une chose… Formulant sa requête en silence dans son esprit, Drago reprend son souffle et éteint toutes les bougies d'un coup.
Un mini feu d'artifice magique éclate au-dessus du gâteau puis les bougies sont retirées d'un claquement de doigts de l'elfe de maison. Ce dernier sert des parts à tout le monde puis apporte une grande bouilloire d'eau chaude, des tasses, divers thés et une cafetière.
Drago choisit un darjeeling, d'une récolte de printemps. Il en aime le goût délicat et sa couleur légère. Surtout en fin de repas et accompagné d'un dessert sucré. L'amertume sera déjà présente avec le chocolat du brownie, inutile d'en rajouter.
— Alors ce vœu ?
— Pansy chérie, s'il en parle, cela ne peut pas se réaliser !
— Tu ne crois quand même pas à ces sornettes, Blaise ? ricane la brunette avant de prendre une bouchée de gâteau.
Théodore lève les yeux au ciel devant les chamailleries du couple. Drago les ignore plus ou moins également, le temps qu'iels décident qu'iels ont terminé d'argumenter. Comme d'habitude.
— Et les amours, Théo ?
— Encore ! Tu es agaçante, Pansy ! Mêle-toi de tes affaires.
— Alleeeeeez, dis-nous si tu as trouvé une nouvelle copine depuis la dernière en date ! C'était quand déjà ?
— Au mois de novembre, répond Blaise à la place de Théodore.
Drago étouffe un rire dans son coin. Si Blaise et Pansy avaient du mal à s'entendre à Poudlard, à se chercher des noises tout le temps, iels ont le même goût pour les potins et discussions légères. Il n'y a que Blaise pour retenir ce genre d'informations sans aucun intérêt. Depuis, les années les ont assez rapprochés pour les faire tomber amoureuxes et Drago trouve qu'iels vont bien ensemble.
— Et toi, Drago ?
Ce dernier lève les yeux au ciel. Il n'a pas la moindre envie de répondre, cela sera un mensonge. Encore plus que d'habitude. À la place, il savoure chaque bouchée de brownie au chocolat, il goûte l'amertume et le sucre sur sa langue, se délecte des arômes légèrement épicés du cacao.
— En fait, vous devriez sortir ensemble tous les deux. Vous vous connaissez déjà, vous vous entendez bien, vous gagneriez du temps…
Le cou de Drago craque sous le brusque mouvement qu'il fait pour braquer son regard sur Pansy. Et Théodore en recrache son café de surprise. La jeune femme a son air de conspiratrice que Drago reconnaît si bien. Et Blaise, d'abord étonné, rejette la tête en arrière et éclate de rire.
— Je suis sérieuse, Blaise, ils auraient tout à y gagner, crois-moi !
— Il ne t'est pas venu à l'esprit qu'il faudrait qu'ils soient gays pour ça ? réussit à dire Blaise tout en riant de plus belle.
Drago et Théodore ne savent plus où se mettre. Le directeur de Serpentard pense à Harry, qui est à Poudlard ce samedi, pendant que lui profite de sa relâche mensuelle. Puis il observe son ami à la dérobée. En toute objectivité, si Drago avait appris plus tôt qu'il partageait son attirance pour les hommes avec lui, il n'aurait pas hésité longtemps à l'inviter dans son lit : Théodore est beau garçon et ils s'entendent bien. Mais la vie en a décidé autrement : Théodore est en couple avec David, un moldu, depuis deux ans, et maintenant Drago est avec Harry. Mais surtout, Théodore est avant tout son meilleur ami.
Après un nouveau coup d'œil à Théodore, qui tente de garder contenance devant l'hilarité de Blaise et le regard acéré de Pansy, Drago décide de le couvrir en disant la vérité sur lui-même. Il est temps qu'il en parle à ses ami·es. Après tout ça ne sera que le énième coming-out depuis quelques mois.
Drago repense au tout dernier, cinq jours plus tôt, quand Harry l'a embrassé devant l'intégralité de Poudlard. Les retombées n'ont pas été aussi horribles qu'il l'avait imaginé : ses collègues étaient déjà au courant et les élèves ont peu réagi. Probablement parce qu'il est respecté et apprécié d'une majorité de ses étudiant·es, et un peu craint. Il y a bien eu quelques sifflements moqueurs dans la Grande Salle après le match et des regards qu'il a interprétés comme intéressés de la part de quelques garçons, chose qu'il n'avait remarquée qu'avec les filles jusque-là. Les enfants de Harry et Drago ont été sollicités pour des informations par leurs camarades de manière trop appuyée pendant quelques jours, jusqu'à ce que les deux hommes demandent un soir au dîner à ce que cela cesse. Et cela s'est arrêté là. Drago ne doute pas que les regards vont perdurer encore un moment, mais il ne s'est rien passé de dramatique : les éventuelles réactions négatives semblent avoir été noyées dans la masse. Ou elles arriveront plus tard.
Ainsi, Drago termine sa bouchée, boit une gorgée de son thé – qui est tiède maintenant – pose sa cuillère au bord de son assiette, s'essuie les lèvres avec sa serviette et relève la tête avec fierté.
— Je pense que tu n'es pas bien loin de la vérité, Blaise. En tout cas me concernant.
Le rire de Blaise cesse aussitôt. Les regards se dirigent vers Drago. Celui de Blaise est écarquillé, celui de Pansy curieux, celui de Théodore est à la fois inquiet et faussement surpris.
— Cela fait longtemps que j'aurais dû vous dire que je suis gay.
La mâchoire de Blaise est à deux doigts de se décrocher et Pansy semble peu étonnée de la révélation. Un petit sourire diabolique se dessine sur ses lèvres et Drago sait que la commère s'apprête à frapper une nouvelle fois.
— Dis donc, tu caches bien ton jeu, mon chou ! Et Astoria, c'était du flan alors ?
— J'aimais beaucoup Astoria, mais c'était plus mon amie qu'autre chose. Je n'ai vraiment compris qui j'étais qu'après notre mariage. Avant ça, je me mentais surtout à moi-même.
— Ttt, ttt, ttt, petit cachottier… Bon, du coup, ma suggestion est à moitié réalisable ! Théo, tu ne veux pas tenter le coup avec Drago ?
Théodore blanchit un peu et fait un sourire crispé à Pansy. Drago se sent triste pour lui, il aimerait qu'il arrive à en parler pour soulager sa conscience. Théodore est tellement discret sur sa vie qu'il n'osera pas, Drago le sait. En tout cas pas aujourd'hui. Mais il faut le sauver des griffes de marieuse de Pansy.
— Laisse Théo tranquille, Pans', tu vois bien que ça ne l'intéresse pas. Et puis de toute façon je fréquente quelqu'un.
— Oh ! Qui ça ? s'exclame Blaise, dont la curiosité l'a sorti de sa torpeur.
Drago n'a pas envie de parler de Harry. Pourtant le plus difficile c'était le coming-out, qui au final n'a même pas été un évènement pour ses ami·es. Il s'est vraiment rongé les sangs pour rien du tout… Il aurait préféré que son amoureux soit avec lui, pour le présenter en tant que tel. Alors Drago ment. Il sait que c'est provisoire, bientôt il pourra venir avec Harry ici. Et il se dit que ça serait drôle de les surprendre.
— Un mec qui vit à Londres. Il s'appelle Jake.
— Tu nous l'amènes quand ?
— Probablement jamais, Blaise. C'est plus un truc de cul qu'autre chose…
Les iris de Pansy pétillent de plaisir, elle n'adore rien de plus que les petites histoires des gens qui l'entourent. Drago se retient de lever les yeux au ciel et termine son thé qui est presque froid. En reposant sa tasse, il croise le regard de Théodore qui le scrute. Drago devine ce qu'il pense.
— Et tu gaspilles ton samedi de repos avec nous alors que tu pourrais le passer à baiser avec ce type ?
— Pansy !
— Laisse, Théo. Justement je vais partir, je vais chez lui pour le reste du week-end.
Drago se lève avec un sourire en coin sur les lèvres. Il salue ses ami·es avec une accolade pour chacun·e. Il en profite pour glisser à Théodore « À demain ».
Le lendemain, il est invité chez son ami qui veut lui présenter officiellement David. Drago sait déjà qu'il dira la vérité à Théodore sur sa relation amoureuse et que ce dernier ne lui tiendra pas rigueur d'avoir menti devant les autres.
— On fêtera ton anniversaire plus sérieusement le mois prochain, Drago chéri.
— Et amène ton mec quand même, ça sera sympa !
Drago rit puis transplane.
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Vendredi 5 juin 2020
La journée est sur le point de s'achever. Le deuxième groupe de la deuxième année planche sur leur ultime devoir. L'un de ceux qui comptent pour leur évaluation annuelle. Drago a choisi un exercice accessible avec la préparation d'une Potion d'Enflure, étudiée en cours d'année, et quelques questions pour vérifier leurs connaissances théoriques sur les dernières notions vues en cours. Le mélange devant chauffer pendant quarante-cinq à soixante minutes, les élèves ont le temps de répondre aux problèmes.
Drago est las, il aspire à un peu de calme, de tranquillité, de vacances. Son année a été beaucoup plus mouvementée qu'il ne l'avait anticipé. Il s'était demandé si l'arrivée de Harry à Poudlard allait changer des choses. Le moins que l'on puisse dire c'est que les choses ont changé ! Il faut qu'il se repose de tout ça.
L'horloge tourne inlassablement et le regard de Drago se perd sur les aiguilles. La trotteuse tique dans le silence de la classe de Potions. Quand le moment arrive, le professeur récupère les devoirs et laisse les jeunes partir après un nettoyage sommaire de leurs paillasses.
Avec un soupir fatigué, Drago range à coups de sorts ce qui reste, élimine les taches d'encre sur le sol et la craie sur le tableau. Comme tous les vendredis, il s'attelle ensuite à un inventaire succinct de certaines matières premières pour les potions. Rien de très long, ni très compliqué, mais qui nécessite un peu de temps et de concentration. Concentration qu'il est loin d'avoir ce soir.
Son dos le tire et son moral est en dent de scie depuis ce matin, il n'a qu'une envie : aller prendre une douche brûlante et lire un bon livre dans son canapé en attendant le dîner. Seul. Drago n'aime pas le cinq juin, il n'aime plus fêter son anniversaire. Même si ses ami·es repoussent toutes ses récriminations et continuent de le faire année après année.
Il veut toujours être seul ce jour-là, pour éviter cette attention dont il raffolait dans sa jeunesse, même s'il a peut-être tort de s'isoler alors que certaines personnes désirent être avec lui. Mais surtout à cause de ce jour de juillet 1996…
…
Juillet 1996
Les vacances, enfin les vacances ! Drago aime revenir chez lui l'été : le Manoir est confortable quand il fait trop chaud – même s'il a rarement trop chaud – il y a une belle piscine depuis deux ans du côté sud-ouest, le parc est assez grand pour lui permettre de voler et ses ami·es peuvent lui rendre visite dès qu'iels le désirent. Il souhaite d'autant plus être chez lui que cette année scolaire a été plus difficile que les précédentes : à cause des BUSE d'une part, mais aussi de cette Ombrage et de la Brigade Inquisitoriale. Il s'est beaucoup amusé à chercher des noises à Potter et ses ridicules ami·es, mais cela a empiété sur son temps de travail et son père n'aurait pas accepté de mauvais résultats. Quelles qu'en soient les causes.
L'autre raison qui amène Drago à apprécier le retour chez lui : son anniversaire. Enfin, la réception que donnent d'habitude ses parents pour le lui fêter, bien qu'il soit passé depuis plusieurs semaines. Cependant, dès le pied posé dans le hall, Drago devine que cette année ça sera différent. Son père est absent, enfermé à Azkaban depuis l'attaque au Ministère. Drago ne sait pas grand-chose là dessus, simplement ce que sa mère a bien voulu lui raconter dans ses lettres.
Alors Drago est seul, ou presque, pendant les premiers jours. Le Manoir est vide, Narcissa aussi présente qu'un fantôme. Jusqu'à ce dix juillet, date à laquelle il sait qu'il pourra ouvrir ses cadeaux et recevoir ses ami·es pour son anniversaire. Cette fois, pas d'énorme fête, la famille Malefoy est déjà en disgrâce auprès des autres Sang-Purs, la faute à Lucius !
Drago réprime une grimace en pensant à son père, alors qu'il descend jusqu'au grand salon. Des paquets sont posés sur une petite table, un immense gâteau au chocolat trône à leurs côtés et Blaise, Pansy et Théodore sont là aussi. Ainsi que Vincent et Gregory, Astoria et Daphnée. Et les parents de toustes les adolescent·es.
Narcissa sourit à son fils au moment où il arrive. Drago trouve qu'elle a un air crispé qui ne lui ressemble pas. Il se demande ce qui s'est encore passé…
Après l'ouverture des cadeaux et une bonne part de ce délice au chocolat dont Drago s'est régalé, sa mère lui enjoint de se rendre dans le petit salon qui jouxte la pièce dans laquelle iels se situent.
— Quelqu'un voudrait te souhaiter ton anniversaire, chuchote-t-elle.
Drago remarque ses mains légèrement tremblantes qu'elle tente de dissimuler et cela lui fait peur. Il se déplace jusque-là et referme la porte derrière lui, comme Narcissa le lui a demandé. Drago sursaute en découvrant, dans un fauteuil, celui qui l'attend.
— Bonjour Drago. Je suis très heureux de te voir.
Drago baisse la tête, fébrile d'excitation, pour être poli. C'est lui ! Enfin, il rencontre ce maître en magie noire ! Cet homme aux idéaux si purs qui fascine tant son père depuis toujours. Cet homme que Drago rêve de rallier, pour la cause et pour rendre Lucius fier. Il répond à voix basse aux salutations du Seigneur des Ténèbres. Ce dernier rit doucement. Une musique aux oreilles du jeune Serpentard qui sent son cœur se gonfler de bonheur.
— Tu as donc seize ans désormais, continue la voix mielleuse et légèrement sifflante. Je te souhaite un bon anniversaire Drago. Je pense que tu mérites un cadeau adapté à ta grandeur.
Drago relève la tête, ses yeux pétillent d'espérance et d'impatience. Mais il sait se tenir, il n'ouvre pas la bouche et acquiesce. S'il avait été moins bien élevé, il aurait trépigné. Ses ami·es vont être vert·es de jalousie !
— Approche, mon garçon. Et découvre ton bras gauche, veux-tu ?
Drago obéit, il ne lui vient pas à l'esprit de refuser quoi que ce soit à ce si grand homme, revenu d'entre les morts tant il est puissant ! Son visage est étrange et cela dérange un peu Drago, mais son père lui a appris à rester neutre et sa folle de tante lui enseigne l'Occlumancie depuis un an, alors rien ne se voit sur ses traits. Il relève la manche de sa robe de sorcier et expose sa peau pâle dans la vive lumière de l'après-midi. Les rayons du soleil éclairent les meubles et font luire les poussières en suspension. Drago a toujours trouvé cela joli.
L'homme se lève et sa puissance écrase Drago qui se sent ridiculement petit. Il est pourtant loin de l'être, il dépasse presque tous les garçons de son âge. La baguette du Seigneur des Ténèbres se pose sur son bras et Drago ne peut empêcher son regard de la fixer. Des murmures en latin s'élèvent, Drago ne saisit pas tous les mots, bien qu'il maîtrise cette langue. Une douleur lui traverse alors tout le membre, de la main à l'épaule. Ses doigts se referment en poing par réflexe tandis que la brûlure augmente. Il a beau regarder, il n'y a pas la moindre flamme.
Peu à peu, la souffrance devient insoutenable et même si Drago serre les dents, un gémissement finit par lui échapper. Des langues de feu remontent sous sa peau, électrisent ses nerfs et envahissent tout son être. Il ne sait plus où il a mal et où il n'a pas mal. Il tombe à terre, sa main droite crispée sur son poignet gauche. La baguette a disparu de son champ de vision, mais Drago ne s'en rend pas compte. Des traits noirs affleurent sur son bras et, lentement, amènent avec eux une sensation d'agonie, s'incrustent dans son épiderme. Il est à genoux, recroquevillé, le front posé au sol. Il hurle maintenant, alors qu'il a l'impression que sa chair brûle et se racornit. Drago ne se rend pas compte qu'il hurle, mais cela s'entend jusque de l'autre côté de la porte, où attendent toujours sa mère et les invité·es de son anniversaire.
…
Drago repousse cette réminiscence qui le fait frissonner. Il écarte le malaise qu'il ressent à chaque fois que cela lui revient en mémoire. Si seulement il pouvait l'oublier… Il sait que c'est possible, mais très dangereux de faire effacer un souvenir très précis, surtout si ancien. Par ailleurs, c'est un moment important de sa vie : c'est cet évènement qui a tout fait basculer pour lui. La façon dont le Seigneur des Ténèbres s'est réjoui de l'insoutenable douleur qu'il lui avait infligée a instauré le doute en lui, il n'était peut-être pas si admirable qu'il le pensait. C'est après de ce jour-là qu'il a commencé à se poser des questions, même s'il ne l'a réalisé que plus tard. C'est à partir de ce moment que les idéaux de ses parents ont commencé à ne plus lui paraître aussi attirants, bien que ce soit resté inconscient assez longtemps.
Drago s'ébroue mentalement et reprend ce qu'il fait. Alors qu'il compte les crochets de serpents, Tomas débarque dans sa classe comme une furie.
— Drago !
— Ah, Tomas. Que se passe-t-il ?
Drago continue de dénombrer, imperturbable.
— Minerva nous demande tous en salle des profs.
— C'est ça qui te met dans un état pareil ? Ça ne peut pas attendre que j'aie terminé ?
Drago est contrarié, il ne veut pas reprendre son inventaire plus tard. Il devra refaire le compte de ces foutus crochets en plus ! Il garde le chiffre en mémoire et relève la tête vers son collègue et ami.
— Je crains que non.
— Juste un instant, je finis les crochets et je te suis.
Drago recommence où il en est et achève en quelques minutes son décompte. Il le note sur le parchemin qu'il tient dans la main gauche puis repose le document sur son bureau. Il soupire en silence, on ne lui aura rien épargné aujourd'hui. Déjà que les élèves ont été particulièrement dissipé·es… Depuis son coming-out devant l'école, certains cours sont plus agités que d'habitude. Rien de dramatique, mais cela fatigue le professeur de potions qui doit faire la police magique dans sa classe. Cela n'arrivait plus beaucoup ces dernières années.
Drago suit Tomas le long des couloirs. Ils croisent de nombreux étudiant·es, les cours sont terminés pour tout le monde. Certains regards de garçons parmi les plus âgés continuent de déranger Drago. Il sait qu'il ne peut pas y faire grand chose, pas plus que lorsque des filles l'admirent avec un air énamouré, mais cela le fait soupirer une fois de plus. Va-t-il enfin pouvoir aller se reposer comme il en a envie ?
Les rires et les cris des jeunes remontent malgr tout le moral de Drago. Après tout, c'est rassurant de les voir se comporter comme iels sont censés le faire. Au même âge, Drago vivait un enfer et la Guerre couvait. L'attaque à Pré-au-Lard semble loin des esprits et c'est tant mieux.
Tomas est à ses côtés et fait la discussion pour deux, Drago répond distraitement. Il veut se débarrasser de cette réunion impromptue et retourner terminer son inventaire avant d'aller s'enfermer chez lui. Jusqu'au moment où son ami et collègue pousse la porte de la Salle des Professeur·es, entre et s'efface pour lui laisser la place. Drago a juste le temps de trouver ça curieux qu'une clameur s'élève de la pièce et le fige.
— Joyeux anniversaire !
Drago fixe sans vraiment les voir les personnes qui lui font face. Tomas lui tapote l'épaule et cela le sort de sa torpeur. Personne ne semble avoir remarqué son moment d'absence. Alors Drago sourit à celleux qui sont là : Harry, Edward, Gemma, Neville et Minerva. Sans oublier Tomas qui a rejoint les autres.
Finalement, il se rend compte que cela lui fait plaisir malgré tout. Un peu comme quand Théodore, Blaise et Pansy le forcent à ouvrir un cadeau dont il ne veut pas ou à souffler des bougies qu'il n'a pas demandées.
Il a gardé sa date d'anniversaire secrète depuis qu'il est à Poudlard et personne ne lui a jamais souhaité, son fils mis à part. Il se doute que Minerva la connaît, puisqu'elle est inscrite dans son dossier, mais elle n'a jamais été indiscrète. Et cela lui convenait jusque-là, surtout vu les rapports avec les autres adultes de Poudlard les premières années.
Drago hésite entre le rire et la consternation quand il découvre un ridicule gâteau sur la table. Il se demande qui a eu l'idée de lui faire un gâteau d'anniversaire en forme de vif d'or. Aux sourires, cela peut être Harry ou Edward, Drago n'est pas certain. Le dessert est asymétrique et aux couleurs étranges, il doute que ce soit comestible.
Un peu mal à l'aise, il lâche un ricanement.
— Qui m'a vendu ? Personne, à part ma mère et mon fils, ne connaît ma date de naissance.
Harry fait la moue. Il n'arrive pas à croire que Draco est sérieux et il se retient de lever les yeux au ciel. Comment aurait-il pu manquer de remarquer, six années durant, que le Serpentard était couvert de lettres et de paquets, précisément ce jour-là ? Draco recevait beaucoup de courriers à Poudlard et tout le monde était au courant que sa mère lui envoyait des sucreries, mais le cinq juin a toujours été spécial.
— Je le savais, Drago. Sois rassuré, je n'ai pas torturé Scorpius pour lui soutirer l'information.
Drago frissonne désagréablement, le mot « torture » lui rappelle beaucoup trop ce vif souvenir qu'il s'est remémoré un peu plus tôt. Il a envie de s'ébrouer pour faire passer la sensation et se retient. À la place il s'approche de la table et désigne le gâteau.
— Je dois souffler, je suppose ?
Tomas rit et Edward lui lance un regard blasé. Les yeux de Harry lui sourient et l'encouragent. Alors il prend sa respiration et souffle. Les deux bougies qui surmontent les chiffres « quatre » et « zéro » s'éteignent en dégageant une petite fumée grise et une odeur bizarre. Tout le monde applaudit. Drago penche la tête et attend. Rien ne se passe.
— Bougies moldues, explique Harry en les retirant du dessert, et gâteau moldu aussi. Je l'ai acheté dans une pâtisserie spéciale qui ne fait que des entremets personnalisés et très décorés. La vendeuse a eu du mal à comprendre ce que je voulais, j'ai dû lui faire un dessin.
Neville pouffe et Drago est à deux doigts de faire de même. Quelle idée, franchement ! Les moldu·es ont de curieuses habitudes. Mais soit. Et puis, Drago est touché que Harry ait pris le temps de faire ça pour lui. Jusqu'à maintenant, il n'y avait que Blaise, Pansy et Théodore pour lui souhaiter son anniversaire et lui offrir un gâteau. Malgré ses récriminations perpétuelles, Drago apprécie chaque année le geste d'amitié. Son cercle de proches s'élargit, il en prend conscience et cela se passe bien mieux qu'il ne l'aurait imaginé. Surtout en considérant ce que Harry est pour lui.
— Allez coupe, on a faim ! lui demande Gemma avec un grand sourire.
Gemma est une belle surprise. Drago s'entend bien avec elle depuis qu'il est à Poudlard, mais jusqu'à récemment, leurs relations restaient superficielles. Comme avec la majorité de ses collègues, sauf Tomas et Neville. C'est aussi le cas d'Edward, mais c'est un peu particulier parce qu'ael a été son élève et est un·e cousin·e éloigné·e. Iels n'ont pas souvent abordé le sujet parce que Drago a honte de l'attitude des Black et des Malefoy envers Andromeda et sa famille. Il n'a malheureusement pas eu l'occasion de renouer avec elle avant son décès.
Depuis l'épisode de la manticore, il a passé plus de temps avec sa collègue qui enseigne l'Étude des Moldus. Il se souvient très bien qu'elle l'a soutenu quand ils ont annoncé leur relation en réunion des professeur·es. Elle a également approuvé la proposition pour le match de Quidditch pour lequel elle a donné de sa personne.
Elle lui tend un couteau et il entame le gâteau. La couche supérieure, jaune d'or, s'écrase un peu et Drago la regarde avec étonnement. Quand les parts sont dans les assiettes, Drago décortique ce qu'il y a dedans : la couleur ne trompe pas, il y a du chocolat, une sorte de crème. Et cela le ravit, il en salive d'avance, gourmand qu'il est lorsqu'il s'agit de chocolat. Il y a aussi deux épaisseurs d'un biscuit moelleux, plutôt neutre en goût, avec une touche de vanille. Et une mince ligne rose en plein milieu qu'il devine être de la framboise une fois en bouche. La couche solide du dessus est atrocement sucrée et le fait grimacer. Ce truc-là est presque immangeable et il espère que c'est comestible.
Harry guette le moment où Drago va relever les yeux au-dessus de la table. Lorsque leurs regards se croisent, Harry arbore un sourire narquois. Il n'a pas manqué les mimiques de Drago pendant la dégustation. Il a repéré le moment où il a fermé les paupières de plaisir une fois la cuillère pleine de mousse au chocolat. Celui où ses iris ont pétillé sous l'acidité de la framboise mêlée au biscuit vanillé. Et celui où la pâte à sucre l'a fait grimacer. Harry adore ce truc-là, totalement indigeste en grande quantité. Par chance qu'il n'a que peu l'occasion d'acheter des gâteaux moldus, parce qu'il risquerait une overdose de sucre. Il est content, Drago semble apprécier l'attention. Il n'était pas sûr de son coup, pourtant. Il avait parlé à Neville de son idée et ce dernier lui avait répondu que personne ne connaissait sa date d'anniversaire parce que Drago la taisait volontairement. Harry était passé outre et s'était même débrouillé pour quitter Poudlard, alors qu'il n'en a en théorie pas le droit, rien que pour aller chercher ce gâteau commandé par téléphone. Il n'a pas exagéré la difficulté à se faire comprendre pour ce qu'il voulait et s'était résigné à dessiner un vif d'or et à en envoyer la photo par e-mail à la boulangerie, grâce à son téléphone.
D'un claquement de doigts, Neville demande à un elfe de maison de débarrasser les restes puis tend un paquet à Drago. Ce dernier le prend, surpris, et saisit que Harry a organisé cet évènement en avance. Il l'ouvre avec délicatesse en tirant sur le petit ruban pour défaire le nœud et déplie les pans du papier d'emballage. C'est le deuxième roman de la saga Skyward de Brandon Sanderson, Starsight, Drago le reconnaît tout de suite. Le large sourire de Neville et le choix de cadeau lui font chaud au cœur. Il s'est souvenu de leur dernière discussion sur le sujet. Drago lit cet auteur moldu depuis quelques années, découvert par hasard grâce à l'un de ses élèves qui avait oublié l'un de ses livres dans la classe de Potions. Probablement tombé d'un sac par inadvertance.
Ensuite, Gemma et Edward échangent un regard de connivence avant de lui tendre un grand paquet. Drago y trouve un nécessaire de soins pour balai. Il se rappelle alors qu'il en avait parlé avec le jeune Lupin avant le match qu'iels ont joué le vingt-cinq mai. Il entretient toujours son Pulsar, même quand il l'utilise peu. Et il l'utilise assez rarement depuis qu'il est à Poudlard, même s'il aime aller voler à l'occasion pour se détendre. Or il était sur la fin de son pot d'huile pour le manche et de crème spéciale brindilles. Il remercie chaleureusement ses deux collègues qui n'ont pas lésiné sur la qualité du cadeau. Ce n'est pas pour le prix que cela coûte, Drago a dépassé ça depuis longtemps, mais pour l'attention qui y est mise. D'autant plus qu'Edward est encore assistant et que son salaire est par conséquent moins élevé.
Ensuite, Tomas lui donne un petit paquet que Drago devine aussi être un livre. Sans grande surprise, mais avec grand plaisir, il découvre la dernière édition de « Les potions de grands pouvoirs » par Phineas Bourne, une référence. Drago voulait l'acheter pendant l'été. Il a plus de temps pendant la belle saison et préfère garder ses week-ends de relâche pour se détendre plutôt que de courir les magasins. Il n'a pas besoin de grand-chose quand il vit à Poudlard et il s'en contente. Il a un sourire pour son collègue et ami. Celui qui l'a toujours soutenu, dès le premier jour. Et Merlin sait qu'il était presque le seul.
Le seul avec Minerva qui le soutient également contre vent et marée. Son cadeau le fait rire : un chaudron dernier cri, autochauffant et avec sorts d'alertes intégrés. Cela lui rappelle ses débuts en tant que professeur et il devine qu'elle lui a offert ceci exprès. Il a eu quelques mauvaises expériences avec des chaudrons abîmés et mal entretenus par son prédécesseur. Il s'est même demandé à quel point il ne les avait pas endommagés volontairement en sachant que Drago allait le remplacer.
Drago balaye la pièce du regard, ainsi que les personnes qui s'y trouvent. Il n'aime pas fêter son anniversaire parce que cela provoque toujours une réminiscence de souvenirs difficiles, mais il se dit qu'il pourrait finir par s'y habituer. Que cela vaut sans doute la peine de revivre ça pour se rendre compte qu'il est apprécié. Il ne s'agit pas là d'individus qui l'acceptent et le respectent, mais de gens qui l'aiment. Qui l'aiment en sachant qui il est vraiment. Maintenant, toute l'école le sait. Ses craintes d'être de nouveau rejeté, voire de perdre son travail, n'étaient pas fondées. Bien sûr, tout le monde n'a pas accueilli la nouvelle en hurlant de joie, certain·es sont plus distant·es qu'avant et Hilliard ne lui adresse plus la parole, mais Drago réalise pour de bon que Harry n'est pas le seul à l'accepter. Et cela n'a pas de prix.
Drago retient une envie de pleurer qui le prend soudainement aux tripes. À la place il serre dans ses bras ses ami·es et collègues.
oOOo
Drago est allongé dans son lit, le dernier Sanderson en main. Tout juste ce qu'il veut pour cette fin de journée : de la lecture et du calme. Il a hâte que les vacances arrivent. D'autant plus que le planning va être modifié du fait des BUSE et ASPIC : ces élèves-là n'ont plus cours désormais. Les autres années vont avoir encore plusieurs devoirs sur table, et de la pratique, pour valider leurs apprentissages. Le mois de juin est chargé en raison des corrections, pas à cause des cours. Heureusement les dernières semaines se profilent.
Pris par sa lecture, Drago sursaute en entendant toquer à sa porte. Il grommelle et pose son livre avec réticences. Encore un·e gamin·e qui a besoin de lui, à tous les coups. Pour ça aussi, Drago a envie de vacances. Il aime son métier, il apprécie ses élèves – la plupart en tout cas – mais il est toujours épuisé en fin d'année. Le rythme est intense et la charge de directeur de Serpentard prend du temps et de l'énergie. Il se demande s'il ne faudrait pas envisager de changer cela, ainsi que ces inutiles rondes de nuits bimensuelles qui l'épuisent de plus en plus. Lui est jeune et n'en est pas trop affecté, mais il songe à ses collègues plus âgés. Certain·es qui devraient déjà être en retraite par ailleurs. Drago a une pensée pour Filius et se demande s'il va poursuivre encore l'année prochaine.
Le toc-toc se répète et Drago marmonne à voix basse. Il ouvre la porte et s'interrompt, interloqué. Harry est là, un sourire un peu gêné sur le visage.
— Surprise ?
Drago entend l'interrogation dans le ton de sa voix et un petit quelque chose de non assuré. Aussitôt, son étonnement disparaît pour un air accueillant. Il se décale pour le laisser entrer et referme sa porte, puis la verrouille. Maintenant qu'il n'est plus seul, il ne veut pas prendre le risque d'être surpris. Il se rappelle encore la dernière fois que Harry a dormi dans ses appartements : l'arrivée brutale de Scorpius et Albus le samedi matin, pour un problème lié aux dortoirs, n'est pas son meilleur souvenir.
— Qu'est-ce que tu fais là ?
— Il est minuit dix, je suis officiellement libéré de mes responsabilités pour quarante-huit heures. Et je compte bien les passer avec toi, pour fêter en tête à tête ton anniversaire. Enfin, sauf si tu n'as pas envie…
La moue de Harry est si adorable que Drago lâche un petit rire. Son petit-ami est toujours très prévenant sur ce que Drago veut ou ne veut pas. Il sent que Harry a besoin de passer du temps avec lui, mais qu'il se restreint. Les circonstances n'aident pas, leurs responsabilités non plus. Drago se demande s'il n'y a pas autre chose derrière ça.
— Que vont dire Granger et Weasley si tu déroges au déjeuner mensuel ? taquine Drago en jouant du sourcil.
— Je ne compte pas le rater, mais je n'ai pas envie de dormir seul alors que je peux être dans ton lit, rétorque Harry, la voix suave.
Drago sait qu'il le fait exprès et cela ne le dérange pas. Lui aussi trouve que ne pas dormir ensemble la plupart du temps est une insupportable frustration.
— Fais comme chez toi, dans ce cas. Tu m'excuseras, mais le temps que tu poses tes affaires, je retourne au lit. Je suis en plein milieu d'une lecture passionnante !
Drago rejoint ses couvertures et reprend son livre. Harry le retrouve rapidement et se blottit contre lui en fermant les yeux.
N'oubliez pas de me laisser une petite review !
On se retrouve dans deux semaines, le 20 janvier 2023 avec le chapitre 26 : « Des vacances bien méritées ».
En attendant, portez vous bien !
