Bonjour à toustes !
Encore et toujours, merci pour vos reviews, qui me font tant de bien. Je les lis toutes et même si je réponds parfois tardivement, je réponds toujours à tout le monde !
Le chapitre à la Réserve vous a plu, je peux d'ores et déjà vous annoncer qu'il y aura d'autres passages dans la suite qui se dérouleront à la Réserve ;)
Pas tout de suite cependant, parce que ce chapitre signe la fin de l'année scolaire et la fin des vacances d'été. Un cycle se termine, le suivant se prépare.
Bonne lecture !
Chapitre 30 — Fin des vacances
Lundi 17 août 2020
Tulipe observe la pièce d'interrogatoire à travers la glace sans tain. Là, dix personnes sont alignées les unes à côté des autres, portant un parchemin numéroté. Une sorcière, dont l'identité est protégée par un sort, se trouve en face d'elles. Cette sorcière est la dernière qui a été arrêtée, la numéro deux des Partisans Noirs. Depuis le mois de mai et l'attentat à la Commémoration, Tulipe et son équipe sont aux trousses des têtes pensantes de ce groupe. L'enquête a piétiné longtemps, mais les choses se sont finalement débloquées.
Après l'attentat du deux mai, certain·es attaquants ont été retrouvé·es et interrogé·es, et Tulipe a pu recouper certains éléments. Le lien entre cet attentat, le trafic d'animaux fantastiques et les Partisans Noirs a fini par être prouvé. Tulipe a passé des nuits blanches pour boucler l'enquête, au mépris de sa santé. Elle s'est même faite renvoyer à la maison par son chef deux fois, avec obligation de prendre un jour de repos. Les choses se sont accélérées quand le Magenmagot a enfin accepté l'utilisation du veritaserum, après que Tulipe ait demandé la réévaluation de leur refus initial. Cela a été terriblement long, les procédures sont devenues interminables depuis les nouvelles lois qui protègent les citoyen·ne·s des abus lors des interrogatoires.
Ainsi, la sorcière des Partisans Noirs impliquée dans le trafic de créatures a été entendue de nouveau sous potion de vérité, ce qui a permis de mettre au jour des détails afin d'identifier le seul sorcier qu'elle connaissait dans l'organisation. Ce dernier a été retrouvé et cela a engendré l'arrestation d'autres membres, assez peu importants dans la hiérarchie. Cela a fait avancer les choses malgré tout. Tout comme le fait de pouvoir interroger une fois de plus les personnes capturées lors de la Commémoration. Notamment Mike Fawley qui a avoué avoir menti concernant la participation de son ami John Sheffield pendant l'attaque. En revanche, il a confirmé qu'iels étaient bien trois à avoir agi à Poudlard sous les ordres des Partisans Noirs. La signature d'un parchemin magique a cependant empêché jusqu'à ce jour d'avoir des détails quant à leur réelle implication, même le veritaserum ne permet pas de les faire parler.
Ainsi, aujourd'hui, Tulipe observe la numéro deux de ce groupe de néo-Mangemorts s'apprêter à dénoncer son potentiel dirigeant. Comme iels ont été prudents, chaque membre n'en connaît que quelques autres et n'était pas en contact avec l'ensemble des individus. Iels communiquaient beaucoup avec l'internet moldu et parfois par hiboux, la plupart d'entre elleux n'ayant donné que des pseudonymes ou des adresses de couverture pour recevoir leur courrier. Ainsi, Tulipe sait maintenant que Marge Jugson ne connaît que le visage de son supérieur dans l'organisation. Elle a pu décrire avec précision ses traits, sans pouvoir fournir de nom ou de coordonnées. Un portrait-robot a été fait lors d'un interrogatoire, puis validé par la suspecte. Une grande partie des Aurors, de la brigade de Police Magique et même des membres de la brigade d'élite des Tireurs de baguette magique se sont mis à la recherche de ce visage.
Autant chercher une baguette dans une forêt… Et pourtant, ce matin, dix personnes dont les traits ressemblent au dessin sont ici, dans ce local du Bureau des Aurors. Cela a pris deux mois. Tulipe est fébrile et ne peut s'empêcher de tapoter nerveusement ses doigts sur la table devant elle. Tap tap tap, sans fin.
Après quinze interminables minutes, Marge Jugson, petite-fille du Mangemort notoire, enfermé à Azkaban depuis 1996, sort de la pièce, et est emmenée en salle d'interrogatoire. Tulipe la rejoint, accompagnée par Abigail Lovett qui est particulièrement douée pour comprendre le langage non verbal.
Libérée du sort qui protégeait son identité, Marge Jugson est maintenant assise à une chaise scellée au sol, les mains et les pieds entravés de menottes magiques reliées aux montants. Elle se tient droite, digne et fière. Tulipe se retient de secouer la tête de dépit devant cette jeune fille de dix-huit ans, sortie de Poudlard seulement un an plus tôt. Elle sait comment elle en est arrivée là, les interrogatoires sous veritaserum le lui ont appris, mais Tulipe ne comprend toujours pas pourquoi l'histoire se répète génération après génération. Les sorcier·es apprendront-iels un jour ?
Tulipe pourrait être sa mère, mais elle n'a pas la compassion qu'elle pourrait avoir avec d'autres suspect·es. Cette jeune fille n'a fait que des mauvais choix, consciente d'où cela allait la mener, sans jamais dévier de sa route. Tulipe s'installe face à la sorcière et pose le volumineux dossier de l'enquête sur la table. Abigail reste debout, dans le fond de la pièce. Tulipe n'a pas besoin de se retourner pour savoir que sur le côté, une glace sans tain dissimule ses autres coéquipiers, mais également Archie Fiertalon, directeur du Bureau des Aurors. L'affaire est assez importante pour qu'il se tienne directement au courant de la réponse que va donner Marge Jugson.
— Ne tournons pas autour du chaudron, madame Jugson, commence Tulipe d'un ton ferme, avez-vous reconnu le chef des Partisans Noirs ?
Tulipe voit la sorcière lutter contre le pouvoir de la potion. Chaque fois, elle a lutté, sans jamais y parvenir tout à fait. Abigail, elle, est persuadée que Marge Jugson a réussi à garder des informations pour elle, mais heureusement, sa ténacité n'a jamais été suffisante pour résister jusqu'au bout.
La bouche de Marge s'ouvre, puis se ferme, à plusieurs reprises. Ses poings se resserrent et ses mains tremblent sous la pression. Elle sait qu'elle ne pourra pas déjouer le veritaserum indéfiniment, mais c'est un point d'honneur. Elle clôt ses paupières avec force et compte dans sa tête pour forcer son esprit à détourner la question qu'on lui a posée. Mais l'Auror se répète et le cerveau de Marge a comme un soubresaut. Elle poursuit son énumération, mais elle se sent glisser. Elle referme encore plus ses poings, enfonçant ses ongles dans ses paumes, la douleur l'aide à lutter. À la troisième répétition de Tulipe, Marge perçoit ses barrières qui cèdent. Ses lèvres se descellent d'elles-mêmes, mues par une volonté qui n'est définitivement pas la sienne.
— Le numéro trois…
— Merci madame Jugson. Nous allons vous ramener dans votre cellule.
Derrière la glace, Archie Fiertalon n'attend pas que la suspecte quitte la salle d'interrogatoire, il envoie Marcus Muirhead transmettre l'information aux Policiers Magiques qui surveillent les dix hommes séparément. Neuf d'entre eux vont rentrer chez eux, pas plus inquiétés que cela, le numéro trois, répondant au nom d'Atticus Ombrage, sera arrêté et entendu. Enfin, cette enquête de presque une année entière arrive à sa fin ! L'une des plus éprouvantes de sa carrière de directeur du Bureau. Archie se demande même s'il ne devrait pas laisser sa place une fois que le procès sera passé. Il n'est pas bon pour sa santé d'avoir affaire à ce genre de choses trop souvent et il ne doute pas un seul instant que les néo-Mangemorts ont encore de beaux jours devant eux. Les humain·es n'apprennent jamais rien.
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Le village de Pré-au-Lard est particulièrement calme à cette époque de l'année. Il est habité toute l'année par des sorcier·es, mais la plupart partent en vacances pendant l'été. Tout comme les résident·es de Poudlard. Quand Harry transplane dans la zone appropriée, au bout de la rue principale, il est seul. Il longe les boutiques, toutes fermées.
Les grilles du parc de Poudlard sont ouvertes et au moment où Harry les franchit, un « crac » sonore le fait se retourner. Quelqu'un d'autre vient de transplaner. Harry patiente et une silhouette se distingue rapidement. Il reconnaît bientôt la démarche un peu chaloupée de Tomas Maguire, professeur de métamorphose et directeur de Poufsouffle. Ils se font de grands signes de la main pour se saluer dès qu'ils sont à portée de vue.
Harry et Tomas remontent ensuite le chemin qui traverse les pelouses parfaitement entretenues en discutant de leurs vacances. Harry est très heureux de revoir son collègue, un homme qu'il apprécie beaucoup. Ce dernier lui raconte son voyage en Inde dont il est rentré une semaine plus tôt. Sa peau bronzée témoigne du temps ensoleillé dont il a profité.
Le parc est tout aussi désert que le village et Harry est surpris de constater que la cabane de Hagrid ne semble pas occupée. Son petit potager est en friche et ses volets sont fermés.
Le grand hall du château résonne des mots de Harry et Tomas tandis qu'ils se dirigent vers la salle des professeur·es où ils ont rendez-vous. Tomas explique à Harry que cette convocation est inhabituelle : la rentrée des enseignant·es a normalement lieu en même temps que les élèves, le premier septembre et les informations nécessaires leur sont transmises par courrier durant l'été.
Un peu avant le couloir qui mène à la salle des professeur·es, Harry entend enfin des voix. Elles portent loin dans le château désert. Même les tableaux sont presque tous vides, leurs occupant·es certainement parti·es rendre visite à leurs autres tableaux ou à ceux du reste de Poudlard.
Harry et Tomas se regardent et se sourient. C'est agréable de se retrouver. Ils rejoignent leurs collègues, passent devant les deux gargouilles qui flanquent la porte. Harry les a toujours trouvé moches, mais il sait que les statues de pierre de Poudlard sont toutes très utiles. Elles peuvent servir de gardiennes pour des salles soumises à mot de passe ou cacher des passages secrets. Et elles peuvent défendre le château.
La pièce lambrissée n'a pas changé depuis la fin de l'année précédente. Les grandes fenêtres ne laissent pas entrer beaucoup de lumière : le temps est nuageux. Les torches et lanternes ont été allumées pour créer une ambiance chaleureuse. Quelques fauteuils défraîchis sont postés devant la cheminée éteinte. La grande table de réunion est chargée de parchemins, de verres, de carafes d'eau et de jus de citrouille, de petits biscuits et mini sandwichs. Harry a un moment d'inquiétude : combien de temps doivent-iels rester ici pour qu'il y ait besoin d'une collation ?
Tomas s'est avancé dans la pièce pour saluer ses collègues et Harry fait de même. Son regard se porte sur Neville, qu'il enlace un court instant, puis il se tourne vers Gemma avec qui il échange une poignée de main franche et amicale, et un large sourire. Harry l'aime bien.
Il adresse un hochement de la tête à Robert Hilliard, le professeur d'Histoire de la Magie, qu'il ne peut plus voir en peinture depuis le jour où il a annoncé sa relation avec Drago. Et le sentiment semble réciproque.
Puis, Drago et Teddy arrivent ensemble en riant, au moment où Harry serre les mains du petit groupe constitué d'Aurora Sinistra, Septima Vector et Bathsheda Babbling. Il n'a que peu d'affinités avec elles, même s'il a découvert que Bathsheda est passionnée de Quidditch et pourrait en parler pendant des heures. Le regard de Harry est automatiquement attiré vers son amoureux, comme aimanté. Ils se sont quittés la veille seulement : Harry a récupéré James et Albus, Drago a été chercher Scorpius chez Théodore, et chacun est rentré dans ses pénates. Mais Drago lui manque déjà.
Les iris gris de Drago finissent par accrocher celles de Harry. Ils se fixent un moment, étrangers à ce qui se passe autour d'eux, comme chaque fois qu'ils se retrouvent. Un sourire étire les lèvres de Drago, mais il ne s'avance pourtant pas vers lui. Il a remarqué Hilliard et il n'a pas la moindre envie de commencer cette année scolaire par un commentaire homophobe de son collègue. Mais Harry n'a pas les mêmes scrupules et s'approche de lui. Il lui plante un baiser léger sur la bouche avant de se reculer puis d'enlacer Teddy. Drago reste interdit un instant, surpris. Il jette un œil vers le professeur d'Histoire de la Magie qui lui tourne ostensiblement le dos. Impossible de savoir s'il s'est détourné avant ou après le baiser. Mais personne ne fait de remarque, alors Drago se détend. Il est nécessaire qu'il apprenne à trouver normal d'être en couple avec Harry devant les autres.
Les discussions envahissent la salle, de petits groupes se sont formés par affinités. Toujours les mêmes. Puis, Sarah McArthur et Harrison Stapleton, les concierges, ainsi qu'Isabel Morton la bibliothécaire arrivent enfin, un·e par un·e. Tout le monde se salue et Neville leur demande de s'asseoir autour de la table. Alors qu'iels s'installent, Harry réalise qu'il manque des gens. Où se trouvent Filius Flitwick, Renée Bibine, Rubeus Hagrid et Wilhelmina Gobe-Planche ?
— Bonjour à tous et à toutes, commence Neville avec enthousiasme. Comme vous pouvez le constater, nous ne sommes pas au complet aujourd'hui. Cela fait partie des raisons qui m'ont poussé à organiser cette réunion. Il y a de nombreux points dont je souhaite m'entretenir avec vous puisque de multiples changements auront lieu cette année.
Il s'arrête un instant, boit une gorgée d'eau et poursuit :
— Le départ de Minerva a été un déclencheur pour nos chers Filius, Rubeus, Wilhelmina et Renée. Tous et toutes ont estimé que leur temps ici était terminé. Nous les regretterons, d'autant que nous les avons presque tous et toutes eus comme enseignants. Cependant, les choses changent et ils ont amplement mérité leur retraite. Ainsi, sachez que les entrevues pour les postes de professeurs de Sortilèges, de Vol et de Soins aux Créatures magiques auront lieu dès demain. Il nous faut également un nouveau garde-chasse.
— Comment se fera le recrutement ? demande Aurora.
— La décision sera prise par moi-même, ma directrice adjointe et un représentant du conseil d'administration. Ce qui m'amène au deuxième point de cette réunion : la nomination de Gemma Farley à ce poste.
Neville tourne la tête vers Gemma qui rougit. Elle est au courant depuis la fin de l'année scolaire précédente et elle est honorée que Neville ait suivi les recommandations de Minerva à ce sujet.
Tout le monde n'est pas aussi heureux de ce choix, cela se voit, mais Harry, lui, est content. Gemma est une personne juste et bienveillante. Il reporte son attention sur Neville qui a recommencé à parler. Ce dernier explique que les vacances seront dès à présent un peu plus calquées sur le calendrier des écoles moldues, afin d'aider à l'insertion des élèves qui ont grandi dans le monde moldu, de plus en plus nombreuxes. À ce titre, puisque le nombre de jours d'école diminue les emplois du temps ont été revus pour que les programmes puissent être maintenus. Par ailleurs, à la demande des parents d'élèves du conseil d'administration, le choix des options sera allégé pour que les élèves n'aient pas des plannings trop chargés.
— J'aimerais quelques précisions sur cela, Neville, l'interrompt soudainement Gemma. Et nos collègues aussi, j'en suis sûre.
— Ah, je comptais garder les détails pour la réunion de rentrée du trente-et-un août, mais d'accord.
Neville indique alors le nombre d'heures de cours par matière et par année, il explique les options, combien les élèves peuvent en prendre, maximum et minimum. C'est interminable et plutôt assommant, Harry perd le fil rapidement. Il échange un regard avec Drago, assis en face de lui cette fois. Maintenant qu'ils n'ont plus rien à cacher, c'est appréciable de pouvoir l'admirer autant qu'il veut. Drago semble bien plus attentif que lui à tout ce blabla.
Après un long moment, Neville fait enfin une pause et propose à tout le monde de se lever pour se dégourdir les jambes. Dix petites minutes, le temps d'aller aux toilettes, se servir à boire et se délasser les muscles. La journée est à peine entamée et Harry a déjà envie de retourner à ses vacances. Il est injuste avec Neville, il le sait, mais il veut juste profiter encore un peu de ses enfants qu'il n'a pas beaucoup vus depuis juin. James et Albus passent toujours plus de temps avec Ginny que Harry pendant la période estivale, car elle est parfois absente aux autres vacances. Cette année, Harry a été avec les enfants toute l'année à Poudlard, alors elle a même demandé à les avoir presque tout l'été. Les années s'écoulent vite, James sera bientôt majeur et partira de son côté avec des ami·es, comme Teddy l'a fait avant lui. Il faut en profiter tant que cela est encore possible.
Après cette pause, Neville regarde ses nombreux parchemins et reprend la parole.
— Je voudrais maintenant parler de gros changements concernant vos responsabilités en tant que directeurs de maisons. D'ailleurs, Filius ayant quitté Poudlard, Robert a accepté le poste de directeur de Serdaigle.
Drago tique à cette annonce et Harry fait même la grimace. Nommer un homophobe notoire en directeur de maison est d'après Harry une très mauvaise idée. Il préfère ne rien dire pour le moment, mais il se promet d'aborder le sujet en privé avec son ami.
— Après avoir épluché les registres des interventions des directeurs lors des nuits et des week-ends, j'ai pu constater que les demandes étaient pour la plupart non urgentes et auraient pu être résolues avec le Préfet ou la Préfète en chef. Or, il n'y en a que deux pour les quatre maisons, c'est insuffisant et cela crée une obligation d'astreinte pour vous quatre. Et j'ai pris en compte les suggestions que vous tous et toutes avez pu me faire au cours des dernières années et certaines exigences imposées aux professeurs vous pèsent. Je suis d'accord et je voudrais réorganiser tout cela.
Harry comprend alors que Neville a écouté ses remarques sur les rondes de nuit, l'astreinte quasi permanente à Poudlard et le peu de libertés pour elleux. Drago aussi se souvient s'être plaint de ces tâches.
— Désormais, les rondes de nuit sont terminées pour tout le monde ici : ni les concierges, qui ont beaucoup de choses à faire la journée, ni les professeurs, n'en feront. Deux veilleurs de nuit ont déjà signé leurs contrats et seront là dès le trente-et-un août.
Un tonnerre d'applaudissements interrompt Neville et Harry se sent heureux d'avoir cette charge en moins. Drago lui sourit depuis l'autre côté de la table. Teddy est plus qu'enthousiaste d'avoir échappé à cette obligation dès la première année où ael devient titulaire. Neville lève les mains pour faire taire ses collègues, mais il est content.
— Afin de pallier le manque de Préfet et Préfète en chef, il y en aura désormais un duo par maison. Tous et toutes seront des élèves de septième année et majeurs. Et nous conservons des préfets et préfètes en cinquième année pour chaque maison. Ainsi, j'espère que les petits soucis des enfants seront résolus par eux-mêmes. Et de ce fait, il n'y aura plus qu'un seul directeur d'astreinte par semaine, une fois par mois, du lundi au dimanche, pour l'ensemble de l'école. C'est un essai, mais j'estime que la charge ne sera pas beaucoup plus importante qu'auparavant, pour un temps de présence divisé par trois. Et donc plus de libertés pour vous.
Nouveau tonnerre d'applaudissements de la part des quatre directeurs de maison. Harry se lève même, infiniment heureux que Neville ait pris en compte ses suggestions de diminuer leur temps d'astreinte. Autant d'heures dédiées à son travail est vraiment quelque chose d'un autre âge et il était nécessaire que cela évolue. Harry s'attend ensuite à ce que Neville parle d'une autre chose qu'il lui a demandée, mais il constate que le sujet n'est pas abordé. À la place, son ami, maintenant directeur, propose une pause pour se restaurer. Il est en effet l'heure du déjeuner et Harry n'en revient pas que le temps soit passé si vite.
Après le repas frugal, Neville annonce que la réunion est presque terminée. Tout le monde s'installe de nouveau et Amélia Shelby, l'infirmière scolaire, les rejoint. Elle est en poste depuis cinq ans. Le directeur explique alors que cette dernière lui a fait part d'un inquiétant constat : de nombreuxes élèves la consultent pour des symptômes évoquant des infections sexuellement transmissibles, courantes dans la société moldue, et des grossesses non désirées pour les plus âgées.
— Ces maladies n'étaient pas présentes dans notre monde quand on se mélangeait moins avec les moldus, mais cela fait une petite dizaine d'années que les cas augmentent, précise-t-elle. Je me suis renseignée auprès des écoles moldues et celles-ci donnent des cours sur les maladies et la grossesse aux jeunes. Nous devons nous en inspirer pour apprendre à nos élèves à se protéger de façon moldue et sorcière. Il y a clairement eu un changement depuis que les principes Sang-Purs n'ont plus la même emprise sur nos enfants. C'est une bonne chose que notre monde soit moins strict, mais il ne faut pas que cela les pénalise.
Le discours de l'infirmière plombe l'ambiance de la pièce. Harry se sent aussitôt coupable de ne pas avoir parlé de ces choses-là à ses enfants. Il a l'impression d'avoir failli à son rôle de père. Drago a un sentiment similaire en pensant à Scorpius et au fait qu'il a délégué ces sujets à ses beaux-parents. Les autres professeur·es n'ont pas d'enfants, mais iels se sentent tout de même concerné·es par la santé des étudiant·es qu'iels côtoient tous les jours de l'année. Neville précise que les détails ne sont pas encore fixés, mais qu'il y aura une mise en place de solutions avec madame Shelby.
Puis, Neville annonce ensuite qu'il aborde enfin le dernier point. Harry espère à ce moment qu'il va parler des appartements. Il est de nouveau déçu.
— Parmi les suggestions que j'ai reçues, il m'a été demandé de supprimer les indications de sexe sur les portes des toilettes de Poudlard, pour que les élèves puissent se rendre où ils veulent, indifféremment. J'y ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé d'accéder à cette requête, à l'essai. Toutes les toilettes seront donc harmonisées : il n'y aura plus que des cabines individuelles partout et nous enlèverons les urinoirs, pour éviter d'éventuels problèmes.
Neville ayant terminé, il invite alors son équipe à prendre la parole.
— Neville, j'attire ton attention sur le fait qu'il est préférable de dire « genre » et non « sexe » à propos des distinctions entre les toilettes, précise Edward. C'est d'ailleurs la même chose pour les dortoirs et tu n'as pas parlé de ma proposition à ce sujet.
Le directeur hoche la tête pour montrer qu'il a compris l'explication de saon professeur·e de Botanique tout en se passant la main dans la nuque, un peu nerveux. Il aurait préféré que ce dernier sujet ne soit pas abordé : il sait d'avance que les réactions de certain·es ne vont pas être tolérantes et il aimerait éviter des réflexions désagréables.
— Le changement pour les toilettes me semble relativement anodin et sans danger… Celui des dortoirs me pose plus de problèmes… Autoriser les élèves à se mélanger n'est pas une bonne idée, je pense. Et le conseil d'administration ne validera jamais quelque chose comme ça.
— Il y a pourtant des enfants qui aimeraient être dans le dortoir de l'autre genre, mais n'ont pas encore trouvé le courage de parler de leur transidentité. Ou ne veulent pas le faire pour des raisons qui les regardent. Ou se sentent simplement plus à l'aise sans pour autant être trans. Et il y a aussi des personnes comme moi, qui auraient préféré être avec des filles et des garçons. Iels sont malheureuxes de ne pouvoir être où iels se sentent le mieux, Neville !
— Il va y avoir des problèmes avec les plus âgés ! interrompt Robert Hilliard. Si on autorise les élèves à se mélanger dans les dortoirs, ça va devenir des lieux de coucheries, on ne peut pas laisser faire ça.
— Robert… soupire Drago. Il y a déjà des coucheries, tu n'as visiblement pas écouté Amélia. Rien n'empêche les élèves d'avoir des relations sexuelles s'ils l'ont décidé ! Les modifications de dortoirs n'y changeraient rien.
— Je reste contre, maintient le professeur d'Histoire de la Magie, et je ne pense pas être le seul !
Neville sait qu'il a raison, malheureusement. Par ailleurs, un changement aussi important doit être approuvé par le conseil d'administration et le sujet n'a pas été abordé lors de la réunion pour la rentrée. Pourtant, il trouve que l'idée mérite d'être étudiée.
— Procédons à un vote aujourd'hui et si la majorité est pour, je mettrai cette idée à l'ordre du jour d'une prochaine réunion du conseil d'administration. Si tout est validé, la mise en place sera dans un an, nous ne pouvons faire de modifications d'envergures en cours d'année. Levez la main si vous êtes d'accord pour soumettre la question au conseil.
Neville observe les personnes assises autour de la table, les regards se croisent, indécis pour certains. Puis les mains se lèvent, mais pas toutes. Ils sont onze à voter, les professeur·es – Neville inclus – et l'infirmière : sept pour et quatre contre. Il soupire, il manque trois professeurs ayant voix au vote : les futurs enseignant·es. Si ces dernier·es choisissent qu'iels sont contre, alors il y aura égalité. Il faudra réévaluer la question plus tard et Neville note donc consciencieusement les résultats sur un parchemin.
Au grand soulagement de tout le monde, cette réunion de rentrée s'achève. Neville est mitigé sur la réussite de celle-ci, il y a des dissensions dans l'équipe et certains sujets les ont alimentées. Il se doutait que les relations entre Robert, Drago et Harry n'allaient pas s'arranger, mais il semble qu'Edward apparaît également ne pas plaire au nouveau directeur de Serdaigle. Neville a bien vu la grimace de Harry quand il a annoncé sa nomination, il ne s'en est même pas caché. Cependant, en tant que professeur l'homme est compétent et Neville n'a personne d'autre sous la main pour ce poste. Il se promet d'être plus attentif que jamais aux remarques problématiques qu'il pourrait émettre dans le futur vis-à-vis de Harry, Drago, Edward ou d'élèves sorti·es du placard. Il y en a dans l'école, Neville est au courant. Il n'hésitera pas à le sanctionner si nécessaire.
La majorité des personnes présentes part rapidement, mais Drago, Harry, Tomas, Gemma et Edward restent avec Neville encore un peu. Harry s'approche de Neville avec espoir pendant que les autres discutent.
— Tu n'as pas parlé de ma requête pour l'appartement, Neville…
— Non, le sujet ne concernait pas l'équipe, cela n'était pas pertinent. Mais je ne peux pas te dire oui cette année. La nouvelle organisation des astreintes des directeurs de maison est à l'essai et si nous devons revenir à la situation précédente, on ne va pas vous faire changer d'appartements deux fois en deux ans. Étant donné la plus grande liberté des astreintes cette année, vous pourrez aller chez l'autre facilement, non ?
— Oui, je suppose…
Harry sourit malgré sa déception. Après tout son ami a raison : il sera aisé de dormir chez Drago quand il ne sera pas d'astreinte pour ses élèves. Et inversement.
— Et si on allait toustes boire un verre ensemble, propose alors Harry à la cantonade.
Il a envie de passer un peu de temps avec Teddy, qu'il a à peine aperçu cet été. Depuis qu'ael est un adulte et est autonome, ael lui manque. L'année écoulée à Poudlard a été très agréable pour cela : il a croisé saon filleul·e, qu'il considère comme son premier enfant, tous les jours ou presque.
Les réponses sont enthousiastes, même si Neville commence par refuser, prétextant du travail à terminer. Gemma et Drago le forcent à les suivre malgré tout : il aura tout le temps de se tuer à la tâche le lendemain et les jours d'après.
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Dimanche 23 août 2020
La plage au nord du Devon où le petit groupe se retrouve d'habitude est loin d'être vide ce jour-là. Malgré le temps couvert et la légère pluie tombée en début de matinée, il y a du monde venu prendre un bol d'air marin et pique-niquer. Comme d'habitude, les sorcier·es transplanent avec discrétion dans le petit bosquet à proximité d'un des chemins menant au littoral, entre Woolacombe Beach et Putsborough Beach. Ginny et Marco arrivent en premier, suivi·es par Ron, Hermione et les enfants. Iels se dirigent tout de suite vers le nord, là où la plage est la moins peuplée. Victoire et Teddy amènent James et Albus et Harry est le dernier. Il a fait transplaner Scorpius et Drago qui ne sont jamais venus par ici. Il est toujours malaisé de transplaner sans connaître l'endroit exact où l'on veut aller, le risque est grand. D'autant plus si l'on fait une escorte. Harry préfère être prudent, il ne souhaite pas que Drago ou Scorpius se désartibulent.
Les températures sont fraîches, mais elles sont de saison et iels ont toustes pensé à mettre un bon pull ou une veste pour lutter contre le vent et l'humidité. Drago et Scorpius suivent Harry le long du chemin, ils rejoignent les autres qui ont déjà installé les plaids et couvertures. Hermione a lancé son sortilège anti-sable autour de l'emplacement, camouflée par Ron et Marco le temps de sortir sa baguette magique.
Les premières minutes sont un peu gênantes, pourtant tout le monde se connaît. Drago a rencontré Marco plusieurs fois et même Ginny est aimable avec lui. Mais ce regroupement lui semble tellement étrange, il a encore des difficultés à réaliser les liens qui unissent Harry et les Weasley, surtout avec son ex-femme. Mais tout comme avec Charlie, il espère que cela se passera bien. Il craignait d'aller à la Réserve et pourtant cela a été un séjour merveilleux. Charlie est un homme gentil et généreux, il est du genre à être aimé de tout le monde. Ça n'a pas raté avec Drago, contre toute attente. S'il avait su un jour qu'il serait en couple avec Harry Potter et qu'il fréquenterait les ex de son amoureux, il ne l'aurait pas cru.
Scorpius jette un regard à Albus, assis dans un coin pas loin de Teddy. Il lui trouve meilleure mine qu'au début des vacances et il espère qu'il va mieux. Depuis qu'il lui a avoué ses sentiments, leur relation est moins fusionnelle, du moins Albus est moins tactile avec lui. Scorpius le comprend, il espère juste qu'il va se trouver un petit-copain l'année prochaine, ça l'aidera à l'oublier. La semaine qu'ils ont passé chez Ginny et Marco s'est très bien déroulée et Scorpius était très heureux de partir enfin en vacances avec son meilleur ami. Pourtant, il a constaté les regards lancés à la dérobée et les rougissements d'Albus parfois. Il est si désolé que ce soit arrivé, il attend qu'il aille mieux et il le soutient comme il peut.
Scorpius fait un signe de main à Albus quand celui-ci tourne la tête vers lui et un grand sourire lui répond. Cela rassure Scorpius qui voit revenir les choses à la normale. Il s'avance vers lui et s'assoit à ses côtés.
— Salut Al' !
— Salut Scorpius… Ça va ? T'as fait quoi après qu'on s'est vus au Terrier ?
— Oh ! J'ai fait trop de trucs cools ! Je suis allé une semaine chez mon parrain, Blaise. Nya est petite, mais on s'est quand même amusés. On a été sur le Chemin de Traverse pour manger des glaces et acheter des bonbons aussi, plusieurs fois. Je me suis cassé le bras en sautant d'un arbre dans leur jardin, mais ils m'ont vite réparé ça à Sainte-Mangouste. C'était plutôt marrant là-bas, même si j'ai tout de même eu mal… Après je suis allé chez Théodore, c'est aussi un ami de Papa et il m'a emmené une semaine en Allemagne, c'était trop rigolo. Leur langue est bizarre et ils mangent vraiment des trucs dégueu, mais on a fait beaucoup de choses intéressantes. On a été dans des super musées et on a visité les vestiges du mur de Berlin. Et toi ?
Albus le regarde un instant, ses yeux brillent, Scorpius a l'impression qu'il se retient de se rapprocher de lui comme ils ont tendance à le faire quand ils sont ensemble. Finalement il sourit et lui raconte le reste des vacances avec son frère, chez sa mère. Il a aussi eu le droit de passer une semaine entière avec Teddy pendant laquelle iels ont joué à des jeux vidéos moldus jusqu'au milieu de la nuit et ont mangé n'importe quoi.
— Je suis chez mon père depuis une semaine et j'y reste jusqu'à la rentrée. Toi aussi, non ?
— Oui, pareil. Si tu veux mon avis, ils seraient encore ensemble si on n'existait pas, ça doit les saouler de se séparer pendant leurs vacances juste pour s'occuper de nous, rigole Scorpius.
— Ouais, probablement…
Albus jette un œil vers son père et Drago. Il a observé les Malefoy quand ils sont arrivés avec Harry et la complicité des deux hommes est flagrante, même pour quelqu'un de son âge. Drago est tout à côté de Harry et il le regarde très souvent, alors qu'ils sont en train de discuter avec Hermione et Marco. Cela le rend à la fois heureux et triste. Heureux pour son père qui était plutôt déprimé depuis des années et mérite d'être aimé. Triste pour lui-même parce qu'il ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec Scorpius. Mais la probabilité que son ami soit gay lui aussi était si faible… Et puis, il a eu le temps d'y penser de nombreuses fois : maintenant que leurs pères sont en couple, lui et Scorpius deviennent des genres de frères, même s'ils n'ont pas le même sang et ça serait vraiment bizarre qu'ils sortent ensemble. Et puis de toute façon, ils ont toujours été si proches l'un de l'autre, comme des frères de cœur un peu. C'est impossible qu'ils soient ensemble et ça l'a toujours été dans un sens. Il n'y a plus qu'à attendre et tourner la page, comme disent les adultes. Albus se rend aussi compte que c'est plus facile d'être avec Scorpius aujourd'hui qu'au début de l'été. Et il est content.
James, Victoire, Rose et Hugo se mettent en maillot de bain et courent dans les eaux froides qui sont à la frontière du canal de Bristol et de la mer Celtique. Hermione hésite avant de les rejoindre. Drago fait la grimace en les apercevant se jeter dans les vagues presque d'un coup en hurlant que c'est glacé. Lui qui aime tant la chaleur se demande ce qu'il a fait pour être né dans ce pays froid et humide, une île dont les eaux sont si glaçantes qu'il lui semble inenvisageable d'y plonger même un orteil.
Harry regarde Drago avec tendresse et devine ses pensées. Il le laisse discuter de plantes avec Marco et aide Ron et Ginny à préparer le repas. Il s'agit surtout de sortir les sandwichs et les chips des sacs sans fond, quelques serviettes en tissus et des boissons fraîches. Il en profite pour garder un œil sur Albus qui bavarde maintenant avec Scorpius et Teddy. Son fils va visiblement mieux, il le voit sourire à Scorpius et lui répondre avec animation et ça le rassure. Il est triste qu'il se soit rendu compte de sa sexualité avec un chagrin d'amour, mais cela fait partie de la vie. Harry connaît son enfant, il va s'en remettre et tout ira bien. Il est jeune, il a encore le temps d'avoir des petit-copains et d'autres chagrins d'amour.
Quand les inconscient·es sortent de l'eau, il est temps de manger. Iels s'enroulent dans de larges serviettes de bain en frissonnant violemment, impossible d'utiliser la magie avec autant de moldu·es dans les environs. Ginny entoure James de ses bras et le frictionne, Ron fait de même avec Hugo, Harry s'occupe de Rose et Teddy taquine sa petite-amie en lui arrachant sa serviette avant de la poursuivre sur la plage en riant. Hermione se sèche seule, se rhabille en vitesse et secoue la tête devant les stupidités des jeunes.
À la fin du repas, quand tout le monde est rassasié, Hermione sort des jeux de son sac. Ron se saisit des échecs sans attendre et Drago se propose comme adversaire. Les autres se répartissent deux jeux de bataille explosive, un frisbee, un ballon de plage et des raquettes de badminton. Ron laisse les blancs à Drago qui entame la partie avec prudence. Il ne joue plus beaucoup aux échecs, mais les souvenirs lui reviennent rapidement et il ne compte pas perdre face à un Weasley. Même si Harry lui a déjà parlé de son talent aux échecs. Ils jouent un moment en silence.
— Alors Malefoy, c'était comment la Réserve ? demande Ron d'un coup, curieux.
— Franchement impressionnant, je ne pensais pas que c'était aussi grand ni aussi incroyable. Tu y as déjà été ?
— Oui, une fois, ça fait longtemps maintenant. J'étais encore Auror à l'époque… Hum, pion en A5.
Drago observe son propre pion se faire exploser et les morceaux être évacués par la magie. Il craint un instant qu'on puisse se rendre compte que le jeu n'est pas moldu et que des passant·es s'en inquiètent. Mais il réalise que leur position sur les plaids camoufle plutôt bien le plateau.
— Cavalier en A3, enchaîne Drago, pourquoi n'y es-tu pas retourné depuis ? C'est quand même ton frère qui vit là-bas, il peut vous faire entrer comme il veut, n'est-ce pas ? Harry y a été très souvent de ce que j'ai compris.
Ron sourit devant le vulgaire piège tendu par Drago et joue sans se préoccuper de ce cavalier qui n'est qu'un leurre.
— Après la naissance de Rose, c'est devenu plus compliqué de se libérer du temps et on a aussi aidé Harry et Ginny pour Albus qui n'a que quelques semaines d'écart avec sa cousine. Avec la séparation ça a été difficile, Harry avait des horaires parfois impossibles et des astreintes, Ginny était tout aussi prise par le travail… Mais j'aime bien ma petite vie tranquille de père et mari, tu sais, j'ai pas besoin de sensations fortes et de voyages en Roumanie tous les quatre matins.
Drago prend un peu de temps pour étudier le jeu avant de répondre à Ron, il a déjà compris qu'il va perdre. Mais il compte bien se défendre jusqu'au bout.
— Fou en H5, échec. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, moi aussi j'aime ma vie de père. Scorpius est tout pour moi, j'ai dû l'élever seul et ça n'a pas toujours été facile. Je n'ai pas les aspirations démesurées et les obsessions malsaines de mon paternel pour le pouvoir et l'argent.
— Cavalier en F7. Je me doute que tu n'as plus rien à voir avec ton père ou même le sale gosse que tu as été, sinon Harry ne serait pas tombé amoureux de toi. Je fais confiance en son jugement et je le crois quand il dit que tu as changé. Et puis, on a pu le constater nous-même de toute façon.
Drago et Ron enchaînent les coups, Drago se fait proprement laminer et perd toutes ses pièces une à une. Ron s'acharne sur son roi et le met en échecs répétés. Il a vraiment un talent certain pour ce jeu stratégique, Harry avait raison.
— Je suis content que vous ayez pu vous en rendre compte. J'avais peur de votre jugement sur nous, je l'avoue… murmure Drago en déplaçant sa dernière tour pour protéger son roi de la précédente attaque de Ron.
— Nous avons tous grandi et mûri, Drago. Nous savons que tu es devenu un homme honorable. Il n'y avait aucune raison que l'on juge votre couple, ce n'est pas à nous de choisir avec qui vit Harry. Échec et mat.
Drago soupire puis sourit, les mots de Ron lui font plaisir. C'est agréable de se sentir apprécié par des gens qui n'avaient aucune raison de l'aimer encore quelques années plus tôt. Il est particulièrement heureux que son couple ne soit pas un problème pour les ami·es de Harry, parce qu'il sait à quel point iels sont proches. Le passé continue de s'éloigner et de s'estomper, les anciennes inimitiés définitivement disparues. Drago aide Ron à remettre les pièces en place pour rejouer une partie, il ne compte pas se laisser avoir une deuxième fois.
N'oubliez pas de me laisser une petite review pour me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, même s'il est calme.
On se retrouve dans deux semaines, le 17 mars 2023 avec le chapitre 31 : « Retour à la routine ».
On y verra Albus et Scorpius, et Harry et Drago qui reprennent leurs postes à Poudlard.
En attendant, portez vous bien !
