Bonjour à toustes !
Un immense merci pour toutes vos reviews, qui ont été nombreuses sur le dernier chapitre ! Merci à celleux qui en ont laissé pour la première fois et merci à toustes les autres aussi ! Nous avons passé le cap des 400 reviews au total sur cette histoire et je vous suis infiniment reconnaissante ! (C'est Kelewan qui décroche la 400e :) )
Un chapitre avec Drago, Harry et les enfants (oui encore !). Pour celleux qui attendent Charlie, un peu de patience, il revient bientôt ^^
Bonne lecture !
Chapitre 33 — Petites et grandes évolutions
Dimanche 1er novembre 2020 — Drago
Je n'ai pas très envie de me retrouver ici aujourd'hui, mais je le fais pour Harry. Mère m'a envoyé tellement d'invitations à prendre le thé qu'il a fini par s'en mêler. Elle a affirmé au mois d'août qu'elle ferait des efforts, mais je suis dubitatif. Harry et elle enfermés dans la même pièce une après-midi complète risque de faire des étincelles. Il est fort probable que son obsession pour Celui-qui-a-survécu a disparu aussitôt qu'elle a su qu'il est en couple avec moi. Cela aurait dû me réjouir étant donné que cela m'a toujours agacé, et pourtant…
Harry attrape mes doigts alors que nous remontons l'allée de la maison. Sa paume tiède dans la mienne me rassure, j'aime quand il a des gestes comme celui-ci, quand il devine que j'en ai besoin sans que j'ai à le dire. L'elfe de ma mère nous ouvre la porte quelques secondes après que j'ai sonné, il prend nos capes d'hiver et nous indique que nous sommes attendus dans le petit salon.
Je guide Harry à travers le hall et la pièce de réception, sa main effleure la mienne tandis que nos pas sont assourdis par les épais tapis qui recouvrent le parquet. J'annonce notre présence en frappant à la porte qui est entrebâillée et je la pousse.
Mère nous accueille en se levant de son fauteuil préféré, celui qui est installé près de la cheminée. Le feu qui y ronfle apporte une douce chaleur à la pièce et la rend agréable. Le bois crépite, les étincelles éclatent en de minuscules feux d'artifice et l'odeur m'apaise aussitôt. Le pouvoir qu'à un feu de bois sur moi est fascinant, cela me ramène à ma petite enfance et à la quiétude et la joie qui y sont associées.
Elle tend sa main à Harry, elle affiche un visage souriant, mais je sais que c'est une façade. La politesse feinte est un art qu'elle maîtrise à la perfection, elle a grandi avec, tout comme moi. Harry ne semble pas en prendre ombrage et lui rend son salut, mais je devine qu'il n'est pas dupe. Puis elle s'approche de moi et m'embrasse avec légèreté sur la joue, sans s'attarder. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les retrouvailles ne sont pas chaleureuses.
Nous nous asseyons sur le même canapé, Harry et moi, et ma main trouve naturellement le chemin de son genou. Je m'habitue à ces gestes en public et il est hors de question que je ménage la sensibilité de ma mère. Elle nous sert une tasse de thé dans un silence désagréable, en évitant avec application de nous regarder. Je lève les yeux au ciel, exaspéré par son attitude. Nous n'allons pas rester longtemps si elle se comporte ainsi.
Je tourne la tête vers Harry qui observe ma mère avec attention, les sourcils froncés. Il a les jambes croisées et sa main droite a recouvert la mienne, l'autre tapote l'accoudoir du canapé dans un petit tap-tap répétitif. Harry et sa patience légendaire…
— Comment se passe cette nouvelle année scolaire ? demande enfin Mère en relevant le visage vers moi.
Son regard a délibérément évité nos doigts enlacés et je suis ravi de savoir que cela la dérange.
— Parfaitement bien, merci, je réponds avec froideur. Et vous ?
— Tout va bien, Drago, je te remercie. Mais j'ai appris par des amies qu'il y avait une nouvelle répartition des vacances cette année, tu ne me l'avais pas dit.
— Je ne vois pas pourquoi je l'aurais fait, nous n'étions pas disponibles pour venir et Scorpius était avec nous.
— Vous ?
— Avec mes enfants et moi, intervient Harry après avoir reposé sa tasse de thé. Nous sommes allés en France tous les cinq et je pense pouvoir dire que les enfants étaient ravis.
Mère nous scrute avec intensité, sa tasse figée dans les airs, ses doigts crispés sur son anse. La coupelle tremblote dans son autre main et elle ne semble se ressaisir que parce qu'elle remarque que je la regarde. Elle repose l'ensemble sur la table basse et prend une grande inspiration. Je devine qu'elle fait un effort pour se contrôler et probablement contenir des tas de commentaires cinglants sur notre « situation ».
— Qu'avez-vous visité ?
— Nous avons été en Bretagne et nous avons été voir la réserve magique qui s'y trouve. Puis nous avons fait un arrêt dans le Massif central pour rendre visite à mon ami Hagrid avant de rentrer.
Mère tressaille et je retiens un sourire. Je ne porte pas Hagrid dans mon cœur, bien que je n'aie plus rien contre lui depuis longtemps, mais nous ne nous entendons pas. Je crois qu'il ne m'a jamais vraiment pardonné mon attitude odieuse quand j'étais élève et je ne peux pas lui en vouloir. Mais, même si nous ne sommes pas amis, nous avons enterré la baguette, ce qui n'est pas le cas de ma mère. Le temps a arrondi les angles et elle s'est un peu distancée de certains principes Sang-Purs, mais les demi-géants ne sont toujours pas un sujet dont on peut parler. En définitive, je vais peut-être m'amuser.
Je laisse Harry lui raconter en détails nos vacances tout en observant ses réactions pendant que je sirote mon thé. Il est délicieux, il l'est toujours ici. Cela fait partie des choses qui m'aident à apaiser mes inquiétudes, un thé parfaitement dosé et infusé, choisi avec soin. Mère fait des efforts pour répondre et s'intéresser, je m'en rends compte. Cela me fait plaisir qu'elle discute avec Harry, même si cela ne lui est pas naturel. Elle avait promis d'être respectueuse, même si cela ne lui plaît pas, même si elle ne comprend pas, même si elle n'approuve pas.
Je suis loin d'éprouver la sérénité que j'aimerais ressentir tandis que je bois le thé avec ma mère et mon conjoint, mais au moins cela se passe bien. Personne n'insulte personne et il n'y a pas un mot plus haut que l'autre. Peut-être que j'amènerai Scorpius la prochaine fois, s'il veut venir.
— Tu reviendras avec Scorpius, Drago ? me demande Mère, comme si elle avait usé de légilimencie.
— S'il le souhaite, oui. Peut-être pour Noël.
Le visage de Mère s'éclaire de joie et mon cœur de père se serre. Je me mets à sa place et j'essaie d'imaginer mon fils qui s'éloigne de moi et qui m'empêche de voir mes petits-enfants. C'est terrible, j'en conviens, mais je ne pouvais pas passer outre l'homophobie manifeste dont elle faisait preuve. Je repousse la culpabilité d'avoir fait du chantage à ma mère, tout est de sa faute, pas de la mienne.
Après avoir encore un peu discuté avec elle, nous prenons congé. Au moment de partir, elle tend la main et me retient par le bras.
— Puis-je te parler un instant ?
Je fais un signe de tête à Harry qui s'est arrêté dans son élan et je lui souris pour le rassurer. Je ne crains rien et je n'ai plus peur de m'opposer à ma mère maintenant. Il quitte la pièce après l'avoir saluée et ferme la porte derrière lui.
— Tu m'amèneras Scorpius, n'est-ce pas Drago ? Je ne rajeunis pas, tu sais…
— Vous êtes en parfaite santé, Mère. Les sorciers vivent longtemps comparés aux moldus, vous avez encore de belles années devant vous. Mais oui, je l'amènerai pour Noël si vous me promettez de bien vous comporter.
J'ai la sensation de réprimander mon enfant, cela me semble tout sauf normal et naturel. C'est vraiment le monde à l'envers. Pourtant elle ne s'offusque pas et affiche même un air contrit.
— J'ai fait de mon mieux aujourd'hui, n'est-ce pas suffisant ?
— C'est préférable à l'attitude que vous aviez précédemment, c'est certain. Mais j'aimerais que vous acceptiez les choses au lieu de lutter contre, parce que je ne vais pas changer juste pour vous faire plaisir. Je suis heureux avec Harry et j'espère que nous serons ensemble longtemps. Vous feriez mieux de vous y habituer.
— Laisse-moi du temps, Drago. Tu ne peux pas me demander de transformer en seulement quelques mois une vie entière de convictions.
Je hoche la tête, oui je peux entendre ça. J'ai mis tant d'années à m'accepter moi-même, à comprendre mon identité et je ne suis toujours pas débarrassé de certaines choses. Elle fait des efforts alors j'accepte de lui accorder du temps. Je l'embrasse sur la joue avant de quitter la pièce et rejoindre Harry. Je suis apaisé, l'après-midi s'est bien passée et ma mère semble sur la voie de l'acceptation.
Nous nous éloignons dans l'allée comme nous sommes arrivés, main dans la main. Je ne me suis pas senti si serein depuis longtemps, profondément rassuré par le fait de ne pas devoir sortir ma mère de ma vie.
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Mercredi 4 novembre 2020
Les grattements des plumes sur les parchemins sont les seuls bruits dans le bureau de Drago. Sa plume corrige des devoirs et celle de Scorpius fait les siens. Le feu brûle dans la cheminée, les bougies éclairent chaleureusement la petite pièce. Scorpius continue à venir voir son père certains mercredis après-midi, bien qu'il le fasse moins que l'année précédente. Drago sait que ces occasions sont comptées et qu'il ne viendra bientôt plus, soit parce qu'il n'aura plus le temps, soit parce qu'il n'en aura plus envie.
Quand la fin de l'après-midi s'achève et que Scorpius range ses affaires, Drago le retient.
— Peux-tu rester quelques minutes, s'il te plaît ? Je voudrais te parler de ta grand-mère.
Scorpius ne peut contenir une grimace, mais il se rassoit. Son père ne lui aurait pas demandé de rester s'il n'avait pas une bonne raison, bien qu'il ne soit pas pressé de l'entendre. Sa grand-mère l'a tant déçu par ses mots et son attitude qu'il ne s'est pas encore résolu à retourner la voir. Sa peine pour son père et pour Albus est trop importante, il voudrait que le monde soit plus acceptant et plus tolérant et il s'est rendu compte que ça n'était pas toujours le cas. Il a réalisé qu'on pouvait être déçu par ses plus proches parents, ce qu'il n'avait jamais vécu. Il savait que c'était possible, son père lui a souvent parlé du sien et leur relation est totalement absente, gangrenée par la déception, la rancœur et la haine de Drago. Mais il accepte d'écouter son père, ça semble important.
— Tu te souviens quand je t'ai raconté l'après-midi que j'ai passé avec elle début août ?
— Quand elle a dit qu'elle rejetait ta relation, mais qu'elle ne ferait plus de remarques ? Oui, je m'en souviens et je suis toujours en colère contre elle !
— Qu'est-ce qui te met tant en colère ?
— Elle pourrait faire un effort pour ouvrir les yeux ! Elle pourrait simplement accepter les choses, après tout ce n'est pas grave ce que tu lui as annoncé ! C'est ta mère, je croyais qu'elle t'aimait assez pour ça…
Drago observe son fils avec attention et il voit encore une fois à quel point il a mûri. Son enfance disparait et l'homme se construit. Et il est révolté. Il doit faire un effort pour lui expliquer la situation, essayer de lui faire comprendre.
— Je pense qu'elle m'aime, Scorpius, j'en suis même persuadé, mais elle a du mal à le montrer. Je sais que c'est compliqué à appréhender pour toi, parce que tu n'as pas grandi dans le monde que j'ai connu. Et j'en suis soulagé pour tout te dire, mais elle fait face à une vie entière de principes que j'ai balayés en quelques mots.
— Pourquoi tu la défends ? Elle a été horrible avec toi, Papa ! Putain, j'arrivais pas à arrêter de penser à Albus tout le temps où elle a insulté les gays !
— Scorpius, langage !
— Pardon… Enfin bon, voilà, t'as compris. Je ne comprends pas son obstination à refuser d'accepter qui tu es et que tu es heureux avec Harry. Tu accepterais, toi, si je t'annonçais que je sortais avec un garçon, hein ?
— Évidemment que oui, Scorpius. Tu sors avec un garçon ?
— Oh, non, pas du tout. C'était purement rhétorique…
Scorpius s'arrête et se demande si ce n'est pas le bon moment pour lui parler du baiser qu'il a donné à Albus. Son père ne lui a jamais posé de questions quand il l'a dit ce jour-là, chez sa grand-mère, mais il a l'impression de devoir lui dire la vérité maintenant.
— Je suis hétéro, c'est un truc dont je suis sûr, mais j'ai embrassé un garçon. Une fois.
Drago n'est pas étonné que Scorpius aime les filles. En revanche, la facilité avec laquelle il parle d'avoir embrassé un autre garçon le laisse pantois. Cela lui aurait semblé impossible à son âge. Et même bien plus tard en réalité.
— Par curiosité, peut-être ? demande-t-il avec détachement, ne voulant pas montrer sa surprise.
— Non… répond Scorpius en baissant la tête, les joues rouges de gêne. J'ai embrassé Albus, pour faire taire quelqu'un de méchant qui nous emmerdait.
— Scorpius !
— Oui, pardon, qui nous embêtait. Mais il est énervant ce type, avec ses remarques ! Juste parce qu'on est meilleurs amis et qu'on se prend la main parfois !
— Il y a un garçon de Serpentard qui vous crée des ennuis ?
— Ça va maintenant… Après cette fois-là où je me suis comporté comme un imbécile, Albus a fini par lui rabattre son caquet à ce crétin.
Drago se souvient alors avoir constaté qu'Albus avait eu des réserves avec Scorpius quand ils s'étaient vus au Terrier à l'anniversaire de Harry. Il avait pensé qu'il s'agissait d'une brouille d'adolescents, mais ça devait être bien plus que ça en réalité.
— C'est pour ça que vous vous êtes éloignés cet été ?
— Ouais. C'était vraiment de ma faute, Albus était en plein questionnement sur son orientation et j'ai agi sans réfléchir. Ça l'a fait pas mal cogiter et il eut besoin de temps pour me pardonner.
Scorpius ment exprès à son père, il n'a pas envie de lui parler des sentiments qu'Albus éprouvait pour lui. Ça ne le regarde pas et il est certain que son ami lui en voudrait de l'avoir dit. De toute façon, ça reste quand même proche de la réalité.
— Je comprends. Je suis content si les choses se sont arrangées entre vous. C'est bien que tu soutiennes ton ami, Scorpius, sa vie sera plus compliquée que la tienne tu sais, le monde n'est pas encore vraiment prêt pour les différences. C'est comme avec ta grand-mère, elle a besoin de temps pour comprendre et accepter.
— Ouais, j'imagine, grommelle Scorpius, pas convaincu pour une mornille.
— J'ai été prendre le thé chez elle dimanche avec Harry, ça s'est plutôt bien passé. Elle souhaite essayer d'arranger les choses et elle va faire des efforts. Tu lui manques, elle voudrait t'avoir aux prochaines vacances.
— On verra…
— D'accord, on en reparlera alors.
— Je peux y aller ?
Drago hoche la tête et laisse partir son fils. Cette discussion a été surprenante et elle a amené des sentiments qu'il n'avait pas anticipés. De l'espoir surtout, pour le futur de la prochaine génération. Les jeunes sorcier·es sont bien plus ouvert·es qu'il ne le pensait et avec la nouvelle loi que prépare Hermione, leurs enfants vivront dans un monde meilleur, il le sait maintenant. Cela le rassure et lui réchauffe le cœur.
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Mercredi 18 novembre 2020
Quand Albus se réveille, le dortoir est silencieux et assoupi. Il a trop peu dormi, mais impossible de retrouver le sommeil. Il se frotte les paupières, s'étire et se lève pour prendre une douche rapide. Il croise Scorpius qui se réveille à son tour lorsqu'il en ressort, propre et habillé de son uniforme. Ils échangent un regard et un sourire sans se parler. Tandis qu'il relève les yeux, Albus voit Chad qui grimace en détournant la tête vers les autres garçons du dortoir. Le jeune homme n'a plus fait de remarques homophobes depuis la rentrée et son altercation avec Albus, mais il continue à les fixer comme s'ils étaient de la bouse de dragon. Peu importe, Albus sait bien qu'il ne pourra pas changer les mentalités et qu'il y a encore du chemin à faire, tant qu'il le laisse tranquille.
Albus se rend dans la salle commune et s'assied sur un fauteuil moelleux près du feu ronflant. Il fait bon à cet endroit et il remercie les elfes d'une pensée distraite. Sa tante Hermione lui a si souvent parlé des droits des elfes et ce qu'elle a fait pour eux depuis qu'elle a quinze ans, il est admiratif de sa force de caractère. Il se perd dans ses pensées et sursaute quand Scorpius le rejoint. Ce dernier s'installe sur l'accoudoir, presque contre lui, et lui tend un petit paquet.
— Joyeux anniversaire, Al' !
— Merci Scorpius, répond Albus avec un sourire qui lui mange tout le bas du visage.
Il déchire le papier sans aucune délicatesse pour découvrir un carnet à couverture rigide verte. Il l'ouvre et saisit immédiatement qu'il s'agit d'un herbier. Un herbier un peu particulier puisqu'à chaque page il y a une photo et la description d'une plante. C'est une sorte de collecteur, Albus trouve ça génial. Il le feuillette et réalise qu'il s'agit d'une version sorcière, certaines de ces herbes et fleurs sont magiques. Il enlace Scorpius pour le remercier de ce cadeau qui lui montre à quel point son ami le connaît bien. Son cœur bat fort dans sa poitrine et le pincement caractéristique de ses sentiments à sens unique se fait ressentir un bref instant. Pourtant, cela ne le rend pas triste, il s'est fait une raison.
Ils rejoignent ensuite tous les deux la Grande Salle pour prendre un petit-déjeuner. Il y a encore assez peu de monde à cette heure là, mais les deux garçons sont souvent très matinaux. Ils y retrouvent Rose, déjà assise à la table des Gryffondor, et s'installent de part et d'autre de la jeune fille.
— Salut ! Bon anniv' Al' !
— Merci Rosie !
Rose lui tire la langue, elle déteste ce surnom, même si elle accepte qu'Albus l'utilise. Il n'y a que lui qui a le droit de le faire et elle attaquerait quiconque l'imiterait.
— Maman a prévu des cadeaux pour toi, mais je les ai oubliés en revenant de vacances. Vous venez toujours au Terrier samedi ?
— Normalement oui, comme tous les ans !
Le règlement de Poudlard s'est allégé au fil des années, mais Albus, Rose et Scorpius n'ont jamais connu autre chose que la possibilité de se rendre dans leurs familles pour certaines occasions : anniversaires, fêtes de famille, naissances ou même une simple visite à leurs parents. Chaque sortie en dehors de l'école doit être signée par un représentant légal de l'élève et par lae directeurice de sa maison à Poudlard, mais en principe c'est toujours accepté. Les jeunes générations ont appris avec stupéfaction que leurs parents ne sortaient que lors des vacances scolaires ou en cas de force majeure. C'est comme les week-ends à Pré-au-Lard qui étaient bien moins nombreux qu'ils ne le sont actuellement. Et ce ne sont pas les élèves qui s'en plaignent !
Albus se sert un bol de porridge et y ajoute une banane. Il commence à manger en écoutant d'une oreille Rose et Scorpius débattre d'un truc d'arithmancie qui ne l'intéresse pas. Puis il lève les yeux vers la table des professeur·es et croise le regard de son père qui lui fait un signe de la main. Il lui rend son salut et l'observe se pencher vers le professeur Malefoy, enfin vers Drago. Albus a un mal fou à penser à lui par son prénom, mais il faut bien qu'il s'y habitue. Les deux hommes se parlent à voix basse, même Albus peut s'en rendre compte de là où il se trouve. Leurs têtes sont inclinées l'une vers l'autre et ils se regardent toutes les dix secondes.
Rose le sort de son observation d'un coup de coude dans les côtes.
— Aïe ! Hey, Rose fais attention un peu !
— Oh, ça va, t'es pas fait en sucre tout de même. Qu'est-ce qui te fascine au point de ne pas entendre que l'on t'appelle depuis deux minutes ?
— Regardez-les… répond-il avec un discret signe de la tête vers l'estrade.
Rose pouffe et Scorpius sourit franchement en levant les yeux au ciel.
— Est-ce qu'on aura l'air aussi nunuche qu'eux quand on sera amoureux ? s'interroge Rose.
— Ils ont peut-être l'air nunuches, mais au moins ils ont l'air heureux, déclare Scorpius après un moment de réflexion. Et je préfère voir mon père comme ça plutôt qu'à se demander s'il est normal.
— Ouais, t'as raison, je préfère aussi ça. Mon père était tout le temps triste avant d'être avec le tien et en plus j'ai l'impression que ça les ramollit, ils donnent moins de devoirs cette année, non ?
Rose éclate de rire de plus belle, rejointe par Scorpius et Albus. Iels décident après un long conciliabule qu'avoir l'air niais quand on est amoureux est probablement inévitable et qu'iels y auront droit un jour ou l'autre. Et cela ne les perturbe pas outre mesure, iels ont quinze ans ou les auront bientôt, les histoires d'amour commencent à être une réalité envisageable pour elleux. Albus est impatient que cela lui arrive, il se sent prêt à tomber amoureux de quelqu'un d'autre maintenant. Il espère que la prochaine fois ça sera réciproque, mais il n'en parle pas aux deux autres. D'autant plus que Rose n'est pas au courant.
Il parcourt des yeux la Grande Salle, observe ses camarades et se rend compte que certains garçons pourraient lui plaire. C'est la première fois qu'il le réalise et il comprend enfin que ses sentiments pour Scorpius passent petit à petit au second plan. Cela le rend heureux. Il espère que d'autres garçons auront le courage qu'il a lui-même mis du temps à trouver et qu'il aura bientôt un petit ami.
Quand le courrier arrive, Albus se recouvre presque englouti sous les ailes et les plumes. Les paquets s'empilent devant lui et l'attention de la tablée – qui est remplie maintenant – se tourne vers lui. Gêné, Albus termine son petit-déjeuner et emporte les cadeaux dans son dortoir, il préfère les ouvrir seul ou avec Scorpius.
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La Grande Salle est un peu moins remplie que d'habitude ce soir-là, même si peu s'en rendent compte. Les membres de la famille Potter sont absents. Harry a organisé un dîner avec ses enfants pour fêter de façon informelle l'anniversaire de son dernier-né. Il a demandé aux elfes une tarte aux pommes, pour faire plaisir à Albus.
Les assiettes sont maintenant presque vides et Harry se lève pour aller chercher le paquet qu'il a caché dans sa chambre. De façon totalement ridicule, il continue à dissimuler les cadeaux prévus pour ses enfants alors qu'iels ne vivent pas avec lui dans cet appartement et ne risquent pas de tomber dessus. Il déplace une pile de pulls qui appartiennent à Drago et extirpe le présent de son armoire.
C'est toujours son appartement, officiellement, mais Drago y vit maintenant à temps plein – sauf pour les astreintes. Sa présence est partout ici : ses livres sont posés sur toutes les surfaces libres, un verre vide a été oublié sur sa table de nuit, sa cape d'hiver et son écharpe grise sont accrochées à la porte d'entrée, son nécessaire à thé a pris ses aises sur le meuble du salon.
Harry revient près de ses enfants et les observe discuter, assis·es autour de la table. James a retrouvé le sourire depuis son retour à Poudlard auprès de ses ami·es et sa petite amie. Son fils a grandi, il veut s'émanciper et cela serre un peu le cœur de Harry qui a déjà vécu ça avec Teddy, dans une moindre mesure. Bien qu'il lae considère comme son enfant, ael ne l'a jamais été aux yeux de la loi, il est juste devenu son tuteur légal au décès d'Andromeda et Teddy a décidé de l'appeler Papa quand l'envie lui prenait. Harry sait que James reviendra vers lui lorsqu'il aura mûri, cela atténue la tristesse.
Il pose le paquet sur le buffet et remet une bûche dans la cheminée. Elle craque et siffle tandis que les flammes reprennent de la vigueur. Harry se réchauffe les mains un instant, debout devant le feu. Son regard s'évade sur les photos installées sur le linteau. Il y a des photos de ses ami·es, de ses enfants, une de son mariage avec Ginny et celle de Charlie et lui. Il manque Drago, il s'en rend compte tout à coup. Ils n'ont pas de photo d'eux et il faudrait y remédier, Drago mérite amplement sa place ici, parmi les gens qu'il aime.
Il reprend le cadeau et l'offre à Albus dont le regard s'éclaire. Harry a du mal à réaliser que son petit dernier fête ses quinze ans. Tout est passé si vite depuis ce jour particulier où il a été conçu, le temps s'est échappé dans les rouages de la vie sans qu'il s'en rende compte. Bientôt lui aussi voudra partir en vacances de son côté et Harry est heureux de ne plus être seul. Quand ses deux garçons auront quitté le domicile, bien trop tôt à son goût il en est certain, il aura Drago à ses côtés. Si le début de leur relation lui a semblé chaotique et presque vouée à l'échec, il n'y a rien de plus sûr pour Harry maintenant : Drago est destiné à être avec lui. Il l'a aidé à tourner les pages qui avaient encore besoin de l'être et ils ont mutuellement contribué à la guérison de certains traumatismes personnels.
— Merci Papa, déclare Albus après avoir ouvert son cadeau, je pense que je vais y aller avec Scorpius la prochaine fois qu'on ira au Chemin de Traverse.
— C'est comme tu veux mon grand.
Ainsi qu'il s'en doutait, Albus commence à s'éloigner peu à peu lui aussi. Harry lui a offert un carnet de bons d'achat valables chez Madame Guipure, l'idée lui est venue après l'avoir entendu parler avec son frère de vêtements trop petits. Il n'espérait pas trop que son fils le choisirait pour faire du shopping, mais tout de même, cela lui fait un pincement au cœur. C'est cependant fugace, la joie sur le visage d'Albus surpasse largement le reste. Rien ne compte plus que rendre ses enfants heureux et si Albus est heureux de faire les boutiques avec son meilleur ami, alors tant mieux.
— Oh, au fait, je vous ai pas dit ! ajoute Albus avec enthousiasme. J'ai reçu des paquets ce matin et il y avait un cadeau d'oncle Charlie. D'habitude il envoie toujours de l'argent, un peu comme oncle Percy qui sait jamais quoi nous offrir, mais pas cette fois-ci.
— C'était quoi ? demande Teddy.
— Un livre de botanique spécialisé : Plantes aquatiques magiques des lacs d'Écosse. Est-ce qu'on pourra aller en chercher dans les lacs aux prochaines vacances, Papa ?
— Bien sûr !
Cela réchauffe le cœur de Harry que son fils lui ait demandé de l'accompagner dans sa passion des plantes. Finalement, celui-ci n'est pas encore prêt à se passer de lui. Il regarde ses trois enfants discuter des cadeaux qu'Albus a reçus ce matin. Ce n'est qu'une petite partie de ce qu'il aura samedi lors de son anniversaire avec la famille et Harry songe que ses enfants sont bien trop gâté·es. Il est touché que Charlie ait envoyé un cadeau au lieu des gallions habituels. À cause de son travail et de la distance, le dragonnier se déplace pour la majorité des évènements familiaux, mais ne peut pas être présent à chaque anniversaire de chacun·e de ses neveux ou nièces et de ce fait il les connaît moins, ne sait pas toujours quoi offrir. Cette fois encore, Charlie ne viendra sûrement pas, sinon il n'aurait pas envoyé de courrier.
Tout cela conforte Harry dans leur décision d'emmener les enfants à la Réserve, malgré les risques. Il ne reste plus beaucoup d'années et d'occasions pour partir tous ensemble et faire quelque chose qui les intéresse vraiment. Il a eu la confirmation aujourd'hui que ses enfants ne sont plus des petit·es et qu'il doit cesser de les surprotéger.
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Samedi 28 novembre 2020
— Merde, y a rien qui est prêt et ils arrivent dans une heure !
Drago enlace Harry par-derrière, joint ses mains sur son ventre et pose son menton sur son épaule. Il l'embrasse dans le creux du cou et chuchote à son oreille :
— Je te l'avais dit…
— Ferme-la Malefoy et aide-moi au lieu de me narguer ! Après tout, c'était aussi ton idée !
Drago relâche Harry après un baiser d'excuse et consent à participer. Harry exagère, il n'y a pas tant de choses à finir et ça sera vite achevé avec un peu d'organisation, ce dont il manque cruellement. Harry avait parié avec lui qu'il n'avait pas besoin d'aide et Drago l'a laissé faire en sachant qu'il l'appellerait au secours avant l'arrivée des invité·es. Drago a raison et il adore le lui faire savoir.
— Laisse-moi faire ça et mets la table à la place.
Harry délaisse la cuisine et se réfugie dans le buffet dont il extirpe les assiettes, les verres et les couverts. Il jette un œil à Drago qui semble avoir tout réorganisé d'un coup de baguette. Chaque préparation est dans un récipient séparé et trois casseroles mijotent tranquillement. Il grogne, agacé par son don naturel à ne pas se laisser déborder avant de se souvenir qu'il n'est pas maître des potions pour rien et qu'il est coutumier de ce genre de choses.
Quand les huit couverts sont installés, il dépose un vase au milieu de la table et y fait apparaître quelques fleurs. Il manque trois chaises alors il transforme deux poufs du salon et un guéridon qui feront l'affaire pour une soirée. Ils seront un peu serrés, mais pas autant qu'aux repas habituels. Mais aujourd'hui, ce n'est pas un repas habituel.
La sonnette retentit à l'instant où Harry pose la dernière serviette sur la table. Il jette un œil à Drago qui a l'air serein au milieu de la cuisine, il adore le regarder, il ne s'en lasse pas. Cela sonne de nouveau.
— Tu ouvres ou tu attends qu'ils défoncent la porte ?
— Ta gueule, Malefoy ! répond Harry en souriant, avant de se diriger vers l'entrée.
— Moi aussi je t'aime, mon amour ! hurle Drago pour se faire entendre depuis la cuisine.
Harry étouffe un rire et ouvre la porte pour y trouver Pansy et Blaise qui attendent impatiemment s'il en croit la moue de la sorcière. Il leur serre la main puis se décale pour les laisser entrer. Après avoir déposé leurs vêtements chauds dans le placard du couloir, Harry les guide jusqu'au salon. Ces derniers observent sans discrétion ce qui les entoure, iels découvrent avec curiosité la maison de Harry. Il propose alors une Bièraubeurre et s'éclipse pour aller chercher les boissons.
La porte s'ouvre de nouveau quelques instants plus tard et Harry perçoit des pas dans le corridor. Il devine qui c'est avant même de les entendre, peu de gens se permettent d'entrer chez lui sans sonner.
— C'est nous ! crie Ron.
Hermione et Ron rejoignent bientôt Harry, Pansy et Blaise dans le salon. Les salutations sont plus chaleureuses que ce à quoi Harry s'était attendu, puis il se souvient que Hermione et Pansy travaillent ensemble pour le projet de loi que Hermione a sur le feu depuis presque un an maintenant. Et elles s'entendent étonnamment bien. Quant à Ron et Blaise, Harry s'est rendu compte qu'ils ont le même genre d'humour, ils ne pourront que s'apprécier.
La sonnette retentit encore une fois au moment où Drago rejoint le salon pour assurer à Harry que tout est sous contrôle dans la cuisine. Il en profite pour aller ouvrir et revient dans la pièce accompagné de Théodore et d'un homme que personne ne semble connaître. Il est blond, un peu dégarni en haut du front, a des yeux bleus et porte une barbe fournie.
— Théo ! Je ne savais pas que tu serais là ! s'exclame Blaise avant de le prendre dans une accolade à l'étouffer.
— Lâche-moi, Blaise, tu savais très bien que j'étais invité, on en a parlé il y a trois jours… soupire Théodore en s'extirpant des bras de son ami.
Blaise peut être particulièrement collant et exubérant, mais ses ami·es y sont habitué·es.
— Bonjour, qui êtes-vous ? demande Pansy plus poliment en se tournant vers l'homme blond.
— Hum, je vous présente David, bredouille Théodore, la voix tremblante. C'est mon compagnon.
Le pauvre Théodore ne sait plus où se mettre, l'embarras semble exhaler par tous les pores de sa peau. Pansy ricane un instant puis se tait alors qu'elle réalise qu'il ne s'agit pas d'une blague.
— Tu ? Quoi ? Mais vous êtes combien à être homos ici ?
— Pansy ! s'offusque Hermione.
— Oh, ça va ! En l'espace de moins de six mois, mes deux meilleurs amis sortent du placard, il y a quand même de quoi être surprise !
— Bon, on va pas épiloguer pendant trois heures : Théodore et Drago sont gay, Harry est bi, nous autres sommes hétéros… C'est bon maintenant, Pansy ? résume Ron d'une voix agacée avant de se tourner vers David pour le saluer et l'inviter à s'installer avec Hermione et lui.
Harry se retient d'éclater de rire pour ne pas mettre David mal à l'aise, le pauvre ne sait pas dans quoi il est tombé. Il espère franchement que Théodore ne va pas regretter d'avoir cédé aux insistances de Drago pour venir avec lui. Cela fait un mois que Harry lui a proposé de faire un repas avec leurs plus proches ami·es, histoire de les habituer les un·es aux autres. Maintenant que leur relation est installée, les deux amoureux ne veulent plus être obligés de se séparer pour voir leur entourage et Harry pense que tout le monde peut s'entendre. Drago a mis presque autant de temps à convaincre Théodore de venir avec son conjoint, lui promettant que tout se passerait bien. Mais il a fallu plusieurs visites pour enfin le faire céder.
Harry amène d'autres boissons fraîches et allume discrètement son ordinateur pour mettre une musique d'ambiance afin de détendre tout le monde, les Beatles devraient faire l'affaire. Puis il s'installe à cheval sur l'accoudoir du fauteuil sur lequel est assis Drago. Ce dernier passe son bras autour de sa taille et Harry sourit derrière sa bouteille de Bièraubeurre. Il a remarqué ses efforts concernant les démonstrations d'affection en public et il est si heureux qu'il arrive enfin à se décontracter face à leurs ami·es, cela montre qu'il se sent de mieux en mieux avec leur relation et son identité, qu'il s'accepte petit à petit.
Il écoute la musique et observe son salon : Hermione, Théodore, Pansy et David discutent ensemble, et Ron et Blaise ricanent à une blague probablement ridicule. Comme il le pensait, tout se déroule à merveille. Les univers de Harry et de Drago se mêlent sans aucune difficulté, bien loin des différends qu'iels avaient à l'école. Les années sont passées, les gens ont changé et leur monde évolue peu à peu dans le bon sens. Grâce à des sorcières comme Hermione qui modifient les lois, grâce à des sorciers comme Drago ou Théodore qui affrontent leur éducation et leurs peurs, grâce à des ami·es en or sur qui iels peuvent compter pour les aimer tel·les qu'iels sont.
Drago se lève au bout d'un moment pour aller chercher des petits toasts à grignoter et d'autres boissons. Harry le regarde partir, heureux qu'il se sente assez bien dans sa maison pour agir comme s'il était chez lui. Comme dans ses appartements de Poudlard, Drago semble s'être adapté sans difficulté et être à son aise, et Harry espère qu'il pourra bientôt lui proposer de déménager. Après l'essai des vacances tous ensemble qui se sont plutôt bien passées, il pense qu'une cohabitation est possible.
— Au fait, t'as eu des nouvelles de Tulipe, Harry ? lui lance Hermione.
— On s'est vu une fois juste avant la rentrée et on échange des courriers de temps en temps. L'enquête est terminée, elle a réussi à mettre la main sur les chefs de ce groupe de néo-Mangemorts au mois d'août.
— Oh, ce sont de bonnes nouvelles ! s'exclame Pansy d'une voix stridente et en battant des mains.
Harry secoue la tête et retient un rire. Pansy et Blaise sont aussi exubérants et loufoques l'une que l'autre, iels se sont bien trouvé·es ! Drago revient dans la pièce avec deux plateaux flottants et se réinstalle avant de se tourner vers son amie.
— Pansy… Arrête de te comporter comme une écervelée, veux-tu ?
— Tais-toi, espèce de papi rabat-joie !
— Et le procès ? demande Théodore pour recentrer la conversation.
— Le procès est prévu l'été prochain, c'est loin, mais ce sont des délais normaux.
— Ils sont moins pressés qu'à notre époque, remarque sombrement Drago.
— C'est une bonne chose, Drago, fait observer Hermione, ce sont les procès post-guerre qui ont été trop rapides et expédiés. Vous avez payé les pots cassés.
— Je ne me plains pas de mon sort, j'ai été chanceux, conclut Drago avant de finir sa Bièraubeurre d'une traite.
La discussion change de sujet alors que tout le monde pioche de quoi grignoter. Les toasts sont bientôt engloutis et le groupe passe ensuite à table. Le repas prévu est plutôt simple : un rôti de bœuf, une purée de pommes de terre et des petits pois, et une tarte à la mélasse en dessert, de quoi régaler les plus gourmands de leurs convives. Ron n'a pas perdu son appétit vorace que Harry connaît depuis leur première rencontre et il semble que Théodore, Pansy et David aient un bon coup de fourchette.
Autour de la table, les bavardages s'étirent et se mêlent, rebondissent au gré des sujets abordés et tout le monde parle avec tout le monde. David s'intègre avec facilité, le plus effrayé à l'idée de révéler leur relation a toujours été Théodore. Les invité·es partent tard, un peu éméché·es et ravi·es de leur soirée, ils empruntent la cheminette pour plus de sécurité. Il est dangereux de transplaner en étant ivre. Harry et Drago rangent la table en silence avant de se coucher, ils rentreront à Poudlard le lendemain seulement, ils veulent profiter de leur week-end loin des obligations qui sont les leurs.
N'oubliez pas de me laisser une petite review pour me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, vraiment c'est très important pour moi de savoir ce que vous ressentez à la lecture.
On se retrouve dans deux semaines, le 28 avril 2023 avec le chapitre 34 : « Noël et potions ».
En attendant, portez vous bien !
