Strange Pleasures
Pairing: Harringrove
Rating: M
Genre : Romance – Adventure- Humor
Disclaimer:Traduction de la fanfiction de BlueMond4y sur Ao3. Les personnages de Stranger Things ne m'appartiennent pas.
Résumé: Billy ne meurt pas à Starcourt. Au lieu de cela, il se réveille chez les Byers, après deux jours évanouit, avec un nouveau super pouvoir étrange, un Steve Harrington curieux qui commence à s'occuper de lui avec insistance et beaucoup de gamins hurlants dans sa vie.
Une histoire de rédemption et d'acceptation de soi. Attention: flirt maladroit, conneries machistes, adolescents étant adolescents, Billy étant en désordre, Steve réfléchissant à tout.
Blabla de la traductrice: Et voilà une nouvelle traduction de 28 chapitres ! Tout le mérite de cette histoire revient à l'auteur BlueMond4y !
Strange Pleasures
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Chapitre 4 - Things I don't need
On aurait dit que toute sa vie essayait de le foutre en l'air. Il ne suffisait pas d'être battu et humilié par Neil, non. Harrington devait être celui qui avait besoin de l'exposer, de dire à haute voix son secret. Harrington, de tous les gens.
Billy sentait qu'il avait tout perdu. Son image, sa crédibilité, sa force. Il ne pouvait pas se permettre de ressentir ça. Il ne pouvait pas se permettre d'être comme ça, une épave déprimée qui voulait juste sauter de la carrière et dire merde au monde entier. Il était un combattant, il devait être un combattant. Pour lui, la vie avait toujours été un ring où il fallait lutter pour survivre. Cela avait toujours été comme ça. Manger ou être mangé.
Donc, ce sentiment de culpabilité, de tristesse et de solitude était quelque chose d'étranger pour lui, et il détestait ça. Il était en colère, il avait l'habitude de réagir à tout ce que la vie lui avait donné. Ce jour-là, comme le précédent, ses collègues l'avaient laissé seul. Tout le monde pouvait sentir qu'il n'allait pas bien, pas seulement en regardant ses yeux meurtris recouverts de ses lunettes de soleil; son langage corporel aussi, l'étrangeté de son comportement… Tout en lui hurlait désespérément de le laisser tranquille, de l'ignorer et de le laisser faire.
Et, heureusement, personne n'osa lui demander s'il avait un problème qu'il souhaitait partager. Les gens avaient peur de lui. Mais c'était bien, c'était exactement ce que voulait Billy. Cette journée avait été ridiculement longue et fatigante, mais, finalement, Billy put se doucher et rentrer à la maison, s'enfermer et s'isoler de sa famille merdique et du reste du monde. Il avait toujours une vague sensation de nausée qui lui pinça le ventre et il ne voulait vraiment plus vomir. Cela ressemblait à un rappel continu de ce qu'il était devenu et de ce qu'il avait fait.
Son corps s'était rétabli, mais il était toujours faible et épuisé. Bien sûr, il n'était pas vraiment capable de sauver qui que ce soit de la noyade, dans son état actuel. C'était comme si la disparition du Mind Flyer avait littéralement absorbé toute son endurance, à la fois physiquement et mentalement. Au moins, il pouvait bouger et faire des choses sans douleur, il n'avait plus besoin de quelqu'un d'autre pour enlever honteusement son pantalon. Être là, travailler à la piscine comme si rien ne s'était jamais produit, c'était aussi quelque chose qui demandait beaucoup d'énergie mentale.
Heather Holloway était morte, et c'était juste sa faute.
Billy pouvait sentir l'angoisse monter alors qu'il entrait dans la cabine de douche, toujours habillé. Il ne se concentra pas vraiment sur ce qu'il faisait, il se sentait détaché de son corps, plongé dans son état d'esprit angoissant. C'était là que tout avait commencé, où Heather s'était approchée de lui, inquiète, et qu'il l'avait enlevée. Son seul défaut était d'être assez gentille pour se soucier de lui.
L'eau commença à tomber, il faisait froid.
Il se souvint de la semaine précédente à travers des flashs. Il se souvint avoir pris beaucoup de douches glacées, ressentant la sensation apaisante du froid sur sa peau brûlante. Tout avait l'air plus clair, plus fort, plus dur et douloureux. Puis, il avait commencé à arrêter de se battre contre le monstre qui était en lui. Il avait cessé de lui résister, il avait arrêté d'essayer de reprendre le contrôle de ses membres, de son corps, de son cerveau. Sa mémoire commença à s'estomper après cela. Il y eut d'autres éclairs, il se souvint du sauna, il se souvint de la douleur suffocante qu'il avait ressentis, piégé par la vapeur chaude, bouillonnant à travers sa peau. Il se souvint d'une voix, d'une petite fille lui demandant de voir, de voir ce qui s'était passé. Il se souvint de l'avoir laissée faire, lui avoir montré sa vraie personnalité.
Et puis, tout devenait noir jusqu'à son réveil au Mall.
Pour une raison étrange, Billy ne put pas bouger sous le jet glacé de la douche. Il faisait froid et il gelait, mais il pensa que c'était juste, il méritait de se sentir comme ça. C'était juste d'avoir froid. Il était juste de se sentir piégé. Heather était une bonne personne. Elle était jolie, elle était gentille, tout le monde l'aimait. Elle était bien meilleure que lui, alors pourquoi était-elle morte et lui non ? Pourquoi était-elle partie et que lui était toujours là, travaillant bêtement à la piscine communautaire Hawkins ?
Putain, elle lui avait même trouvé son travail ! C'était son idée, de demander à son manager s'il pouvait embaucher un autre sauveteur. Elle lui avait proposé le poste alors qu'ils avaient une conversation boiteuse lors d'une soirée pathétique de Tommy H. Billy ne l'avait jamais assez remerciée. Elle avait le béguin pour lui, et il se fichait d'elle, comme exactement toutes les autres femmes de Hawkins et de sa vie.
Billy s'assit par terre et attrapa ses cheveux, se laissant finalement pleurer. Il n'y avait personne ici, personne ne pouvait entendre ses pathétiques sons. Etait-ce vraiment le Mind Flayer qui avait fait de lui un monstre ? Il était une personne horrible et personne n'en avait rien à foutre de lui. Il pouvait ouvrir ses poignets avec une lame de rasoir et mourir tout de suite, dans les douches de la piscine communautaire Hawkins, et personne ne s'en soucierait. Mais c'était sa faute. Il le méritait.
Il était ce monstre, il avait crée ce monstre.
Son esprit alla instinctivement à sa mère, à Maxine, à cette petite enfant avec un pouvoir mental bizarre, même à, stupidement, ce connard de Steve Harrington avec son instinct de maman protectrice impossible. Ces gens tenaient à lui. Ces gens l'avaient aidé, même quand il ne méritait pas ça. Dieu, il avait même frappé Harrington la veille ! Après tout ce qu'il avait fait pour lui, même sans raison valable. Billy pleura plus fort, se sentant petit et pathétique, la créature la plus pathétique de l'univers. Une chatte. Un garçon faible comme une putain de pédale.
Il avait toujours traité Harrington comme de la merde, juste parce qu'il était jaloux. Putain de jaloux. Tout le monde lui avait dit que Steve était un perdant, qu'il avait perdu sa couronne sans même essayer de se battre pour cela, mais la vérité était que Harrington n'en avait vraiment rien à foutre. Il avait les couilles pour être lui-même, tandis que Billy ne pouvait qu'aboyer toute la journée pour impressionner les autres, agissant de manière arrogante et se faisant une foule de flatteurs qui ne savaient rien de lui-même.
Ouais, si seulement ils savaient… Si seulement ils savaient qui il était vraiment.
Billy enroula ses bras autour de lui. Puis, quelque chose capta son attention. On dirait qu'il était définitivement devenu fou, parce que son sentiment de terreur avait commencé à produire des hallucinations.
Il y avait Steve Harrington devant lui. Il avait une expression douce et inquiète. Il portait un stupide polo de BCBG et, si Billy n'était pas trop occupé à être un désordre sanglotant, il ferait un commentaire sarcastique à ce sujet. Il avait l'air réel. Il était magnifique.
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«Hargrove… Que…»
Steve n'arrivait pas à croire à ce qu'il voyait. Billy ne ressemblait même pas à lui-même. Il faisait une crise de panique. Steve réfléchit, et ce ne fut pas nouveau pour lui, pas après l'arrivée des créatures de l'Upside Down dans sa vie. Il mit une main sous l'eau, puis il jura entre ses dents.
« Putain de merde, c'est putain de gelé ! »
Steve arrêta l'eau, se demandant si la température de celle-ci pouvait être un mauvais signe que Billy soit à nouveau écorché. Le blond n'arrêta pas de sangloter, ignorant complétement le soudain manque d'eau ou la présence de Steve dans la scène. Steve se mit à genoux devant lui, prudent. Billy le regarda et il avait l'air petit, frêle. C'était quelque chose de si étrange de penser à Billy Hargrove.
«Billy, tu m'entends ? » tenta Steve, incertain.
Le nom du garçon semblait si étrange sur ses lèvres. Ils n'avaient jamais été sur la base du prénom. Billy le regarda droit dans les yeux et il murmura quelque chose que Steve n'entendit pas. Alors il fit une autre tentative incertaine.
«Billy… Tu vas bien. Il n'est plus là. Tu t'es débarrassé de ça.
-Ce n'est pas de ma faute. »
Enfin, Steve capta la voix de l'autre garçon, même si elle était étouffée et faible.
«Je sais, je sais… écoute, on devrait sortir. »
Steve s'approcha de lui, lentement. Billy regarda Steve mais c'était comme s'il ne le reconnaissait pas.
« Ce n'est pas de ma faute. Je jure qu'il m'a forcé à le faire. J'ai essayé, j'ai essayé de résister. Je jure que je l'ai fait. »
La voix de Billy était plus claire maintenant, mais toujours cassée. Steve hocha la tête et regarda dans les yeux de l'autre, et le regard du garçon était si intense qu'il ne put éviter de frissonner. À cette distance, c'était comme s'il remarquait les yeux de Billy pour la première fois. Ils étaient bleus, d'un bleu profond, comme l'océan qui lui manquait tant. Steve déglutit. Billy avait des taches de rousseur et de longs cils. Mignon. Presque girly. Il secoua la tête intérieurement. C'était quoi ce bordel ?! Pourquoi avait-il à nouveau ce genre de pensées malades dans un moment comme celui-là ?! Ça n'avait pas de sens et c'était bien trop bizarre.
« C'est bon. Tu vas bien maintenant. Puis-je te toucher ? »
Il tendit la main avec hésitation. Billy rompit le contact visuel et acquiesça. Il s'enlaça étroitement.
« Je t'en prie. » chuchota-t-il.
Et. Sainte. Merde. Steve ne savait pas ce que signifiait sa panique, mais il serra l'épaule de l'autre garçon, doux, prudent.
Je t'en prie. Je t'en prie.
Les mots résonnaient dans son esprit. Le point de contact sous sa main brûlait, tandis que le garçon en face de lui frissonnait tellement.
« Sortons d'ici. » Répéta Steve, la voix plate.
Billy le regarda à nouveau.
« Es-tu même réel ? » demanda-t-il.
Steve rit nerveusement.
« Ouais, c'est moi, joli garçon ou tout ce par quoi tu m'appelles. »
Le blond renifla, l'air presque amusé. C'était bon signe, pense Steve, soulagé.
« Bien sûr que c'est toi. Tu es mon ange gardien ou quelque chose comme ça.
-Je ne pense pas que tu en ai besoin.
-Non, je ne sais pas. Je ne suis pas un putain d'oeuvre de charité. »
Il y avait du venin dans la voix de Billy, et pendant un moment Steve s'inquiéta d'assister à une autre explosion violente. Parler à Billy, c'était comme être en équilibre sur une corde, à un moment il était plutôt normal et sarcastique et à l'autre il était prêt à exploser. Mais Steve commença à penser dangereusement qu'il y avait presque une excitation nerveuse dedans. Il parla calmement. Comme toujours. Il faisait toujours semblant d'être calme avec Billy.
« Je n'ai jamais dit que tu l'étais. »
Ils se regardèrent pendant un moment, Billy ne bougea pas mais ne rompit pas non plus le contact visuel.
« Désolé de t'avoir donné un coup de tête. »
Steve renifla. C'était nouveau.
« Bien ... Je suppose ? Tu m'as fait pire. »
Billy hocha la tête, sérieux.
« Je sais. Je suis désolé pour ça aussi. Je suis allé trop loin. J'étais en colère. Mais pas contre toi. Tu m'as juste donné une bagarre et c'est tout ce que je cherchais. »
Une bagarre… Steve se demanda si le père de Billy était peut-être impliqué d'une manière ou d'une autre. Il décida qu'il ne voulait pas vraiment savoir. Tout était du passé, après tout. Il avait l'habitude de pardonner et d'oublier.
« Eh bien, non pas que je n'apprécie pas l'effort, mais ça va, je suppose. Vieille histoire. »
Il se frotta la nuque, presque gêné. Dieu, c'était une conversation vraiment étrange dans une situation étrangère. Billy se moqua et se releva enfin.
« King Steve, le miséricordieux. »
Il surpassa l'autre garçon d'une petite poussée et se dirigea vers le casier, un calme étrange au vue des circonstances. Au moins, il ressemblait à son ancien lui.
« Pourquoi es-tu ici, au fait ? »
Il tournait maintenant son dos à Steve, qui le regarda assez surpris. Billy enleva sa chemise et la jeta dans un sac polochon sur un banc. Son dos était bronzé, lisse et musclé, mais plein de vilaines contusions violettes. Steve cligna des yeux. Il regarda. Il avait besoin d'arrêter, c'était quoi ce bordel.
«Je voulais vérifier que tu allais bien. Je suis désolé… pour hier. J'ai été curieux. J'aurais dû m'occuper de mes affaires. »
Billy vaporisa du déodorant et enfila une autre chemise, toujours tourné du côté opposé de Steve.
« Alors tu as décidé de faire amende honorable en étant un peu plus curieux ? » demanda Billy, mais sa voix n'était pas venimeuse, il était en fait sarcastique.
Steve pouvait gérer ça. Il se frotta à nouveau le cou, pensant à quelque chose d'intelligent à dire. Ce n'était pas qu'il avait des excuses pour agir comme une plante grimpante. Mon Dieu, il aimerait savoir aussi pourquoi il faisait ce qu'il faisait. Peut-être qu'il s'ennuyait ? Il avait besoin de quelque chose à faire ?
«Ouais, eh bien, j'étais garé dehors, tu n'es pas sorti…»
Billy se retourna et lui fit face, il sourit.
«Aww, inquiet pour moi, King Steve ? »
Au moins, Steve pouvait dire qu'il se sentait mieux, s'il avait l'énergie d'être son vieux connard. Il s'approcha de lui et le regarda droit dans les yeux, c'était un défi, et Steve recommença à ressentir cette étrange sensation de nervosité, celle qui faisait transpirer ses mains.
« Ouais ... Je veux dire, peut-être ? Je ne sais pas, mec. Est-ce que c'est mauvais ? »
Il y eut une pause de silence, ridiculement longue. Puis, Billy éclata de rire. Cela ressemblait à un vrai rire, semblable aux réactions de Robin face à son idiot habituel.
«Tu es un putain de cœur tendre. » cracha-t-il à la fin, poussant la poitrine de Steve avec deux doigts.
«Tu n'es pas la première personne à me le dire. Je sais pas, mec. Je ne peux pas m'en empêcher. »
Billy ramassa ses affaires dans son sac et commença à marcher rapidement vers la sortie, suivi par l'autre garçon. Dehors, il ferma la porte de la piscine avec un étrange froncement de sourcils pensif sur son expression.
« Les gens comme toi sont toujours mangés à la fin. » déclara-t-il lourdement.
Steve ne put s'empêcher de penser qu'il avait raison, après tout. Mais il s'en fichait. Il haussa les épaules, avec un petit sourire espiègle.
« Ouais, mais que puis-je faire ? C'est ma nature, je ne peux pas la changer.
-Ne fais pas ça. » l'interrompit presque Billy.
Il le regarda sérieusement.
« Pas besoin de le changer. Mais tu dois te protéger. Des gens comme moi. »
Merde, Billy n'arrêtait pas de surprendre Steve. Avant en trouvant le gars sanglotant sous l'eau glacée de la douche, et maintenant il était d'humeur philosophique, lui donnant… Des conseils de vie ? L'étrange devenait plus étrange. Steve haussa les épaules à nouveau.
« Ne t'inquiète pas, mon coeur. J'ai une batte clouée pour ça.
-Sans déconner, je me souviens de Max avec ce truc qui m'a presque castré. »
Billy renifla et le poussa de manière ludique. Ludique. Comment était-ce possible ? Comment avaient-ils fini comme ça, partageant des blagues comme de vieux meilleurs copains ? Billy le regarda en souriant. C'était un vrai sourire. C'était comme s'il étudiait ses traits, comme un animal rare. Steve se sentit bouillant sous ce regard. Ensuite, le garçon tourna simplement le dos et soupira.
«Je dois y aller, Harrington.
-Où vas-tu ? » se retrouva Steve à bêtement demander. «Où devrais-je aller, Princesse ? À la maison.
-Oh. » Steve hésita, inquiet. « Seras-tu ... Ok ? »
La stupeur passa dans les yeux de Billy, mais juste pour un instant. Steve se demanda ce que pensait l'autre gars. Pensait-il qu'il était un idiot ? Qu'il était un triste harceleur curieux ? Steve ne savait pas s'il pensait la même chose de lui-même. Mais Billy sourit à nouveau et roula des yeux. Il avait l'air pur, avec cette étincelle dans son regard, presque plus jeune.
« Tu es vraiment un con, King Steve. »
Il se retourna et poussa à nouveau sa poitrine, et après un dernier regard malicieux, il se dirigea vers une bicyclette élégante et sportive attachée contre la clôture périphérique de la piscine. Steve le regarda, pensant au choix étrange de mots du garçon. Il était impossible de ne plus penser à Nancy.
Tu es un idiot, Steve Harrington.
Il sortit de ses pensées et posa à nouveau une question curieuse.
« Et ce vélo ?! »
Billy se moqua, ennuyé.
« Et bien quoi ? Je n'ai plus de voiture, idiot. La Camaro aura probablement besoin de plusieurs semaines pour être de retour.
-Ça a l'air vraiment cher. » commenta Steve, avec un sourire narquois.
L'autre garçon tapota la selle.
« Joli, n'est-ce pas ? Il a des engrenages et toutes les merdes. Je l'ai volé à un professeur de sciences qui habite à quelques pâtés de maisons de chez moi. »
Steve sourit et secoua la tête.
«Tu es le pire, Hargrove. Tu ne peux pas voler des vélos dans un petit endroit comme celui-ci. Tout le monde le saura. »
Billy jeta ses bras.
« Relaax, Princesse ! J'ai changé la couleur pour le déguiser. »
Le brun fit un pas en avant.
« Et tes parents ? Ne vont-ils pas savoir qu'il y a un vélo volé dans leur cour ? »
L'autre garçon grogna, montant sur son véhicule bleu électrique.
«Est-ce que j'ai l'air stupide, Harrington ?! Je ne gare pas ce truc dans ma cour. Neil pense que je marche ou quelque chose comme ça, beaucoup plus probablement il s'en fout.
-Marcher ? Sous le soleil ?! »
Billy haussa les épaules. Steve déglutit et mit maladroitement ses mains dans ses poches.
« As-tu besoin d'un chauffeur ? »
À cette question stupide, Billy gémit en fait, exaspéré.
« Je. Ne. Suis. Pas. Un. Putain. D'Oeuvre. De. Charité Harrington. »
Il renifla et regarda Steve comme un faucon, inclinant légèrement la tête.
« Et pas un de tes putains d'enfants. »
Steve haussa les épaules et sourit.
« Bien sûr que tu agis comme tel.
-Ha ha, je suis blessé. Nous avons fini ici ? Je suis fatigué de voir ton visage. »
Le brun fit un pas de côté, laissant la route libre.
« Je croyais que mon visage était joli. » cracha-t-il, sarcastique.
Billy sourit.
« Ne te flattes pas. Tu n'es tout simplement pas le pire. A bientôt, Princesse. »
Steve cligna des yeux et hésita, empalé à sa place comme un idiot, ne sachant pas quoi faire.
«Ouais… à bientôt, Hargrove ! »parvint-il à dire au bout d'un moment, et il était sûr qu'il put entendre le rire dérisoire de Billy.
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Il roula vite vers la maison, serrant le volant, un sentiment d'anxiété et d'excitation dans sa poitrine. Sa dernière demi-heure avec Billy Hargrove avait été absurde et bien trop étrange. Pourtant, il ne pouvait pas éviter de ressentir une sensation de victoire sur le garçon, comme s'il l'avait vu pour de vrai, sans sa carapace.
Il a ri, il a souri, je lui ai fait faire ça. pensa-t-il, se mordant la lèvre, cachant un sourire narquois.
Les mots de Robin résonnèrent dans son esprit.
Steve, tu penses toujours si peu de toi-même. Hargrove a certainement besoin d'un ami en ce moment, même si je doute qu'il soit capable d'accepter l'amitié de qui que ce soit. Mais tu n'as pas besoin d'une personne comme lui dans votre vie.
Elle avait raison. Il savait qu'elle l'était. Mais… Elle ne le connaissait pas. Ni Steve, mais il voulait le connaître. Il y avait quelque chose de plus dans Billy Hargrove à découvrir en plus de son masque de rage, de fierté et de masculinité toxique. Il le savait et il voulait le savoir. Il ne savait pas pourquoi bordel il était tellement intéressé par le mec qui l'avait battu moins d'un an auparavant, mais il ne pouvait quand même pas s'en empêcher.
Peut-être qu'il avait vraiment besoin d'un ami. Comme un ami. De son âge.
Etait-ce vrai ? Il avait déjà ce genre de relation avec Robin. Elle était comme son amie mec. Ils partageaient beaucoup de blagues privés sur les filles qu'ils aimaient tous les deux.
Mais tu dois te protéger. Des gens comme moi.
Billy avait dit cela. Mais il pouvait faire son propre choix, après tout. Il n'était pas un enfant. Il pouvait le faire. Il pouvait être son ami. Il en avait besoin. Le laisserait-il faire ?
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