Dans une cellule de prison, Aelius, Ross, Nora, Coco, Atlas et Lydia étaient enfermés à l'intérieur. Si Ross et Coco étaient angoissés, Nora était calme s'intéressant au lieu où ils étaient. Atlas ne comprenait toujours pas qu'attendait Deena de lui. La renégate gardait espoir. Mathio était toujours en liberté et allait bien faire quelques chose pour les aider.
Comment le groupe avait-il pu finir en prison ? La réponse quelques heures plus tôt. En arrivant à la surface, le groupe découvrit avec horreur qu'ils étaient à Parum, dans une zone à accès limité. Zetta était vraiment le roi des idiots. Pour ne rien arranger à la situation, une armée de gardes les attendait de pied ferme. Sur ordre d'Amélie, ils étaient là pour arrêter Aelius et ses amis. La menace de Mathio avait dissuadé la Grand Maitre de les faire exécuter. Les choses se passèrent très vite. Tous furent arrêtés et envoyés sans procès à Lateria croupir dans une cellule. Leurs affaires furent confisquées et stockées dans un autre endroit de la prison. Résultat, ils avaient passé la nuit ici. C'était glacial mais les gardiens eurent la bonté de leur donner des couvertures, bien que miteuses, pour se tenir au chaud.
Lateria, une ville de chasseurs de Tyrans, de mercenaires et de hors-la-loi. Tout dresseur refusant de se soumettre à la guilde allait se cacher là-bas. Autant dire que les relations entre Lateria et la guilde n'étaient pas des plus amicales. Cependant, si la guilde n'avait encore rien fait, c'était parce qu'ils avaient besoin de leur force pour contenir les Tyrans.
Un petit cri adorable retentit. Aelius se précipita à une des fenêtres couvertes de barreaux. De l'autre côté, Vémini. Si cette adorable Ultra-Chimère était ici, alors Mathio n'était pas loin. Entre ses petites pattes, une lettre qu'il donna à Aelius. Ce dernier lut son contenu.
« Cher Aelius.
J'espère que tu ne prends pas ton aise dans cette cellule froide et humide. Parce que toi et tes amis allaient bientôt revoir la lumière du jour. A l'heure où tu lis cette lettre. Moi et Edward sommes en train de régler les derniers détails administratifs pour vous faire sortir de là. C'est pourquoi je vous demande d'attendre sagement qu'on vous ouvre la porte.
A très bientôt,
Mathio.
P.S : Le moment est venu de tenir ma promesse. Patiente encore un peu et ne dis aucun mot. »
-Que dit cette lettre, demanda Lydia qui avait deviné que l'envoyeur était Mathio.
-On va bientôt sortir.
-Vous êtes libres, annonça un garde qui ouvrit la porte. Vous pouvez remercier le Grand maitre Edward pour vous avoir gracié.
Le groupe sortit de sa cellule et suivit le garde. De son côté, Vémini alla rejoindre son dresseur. Dans la cour de la prison, attendaient Mathio, Edward, Bonnie et une quatrième personne qui semblait être le directeur de la prison. Celui-ci n'était pas content de voir des prisonniers partir légalement. Ou était-ce parce qu'il n'aimait pas la guilde et ses dirigeants ?
-Aelius, s'écria Mathio. Tu vas bien ! J'espère qu'on ne t'a pas brutalisé. Je connais une agence de tueurs à gage en enfer. Tu me donnes le nom de ces fumiers et mes contacts s'occupent d'eux.
-Général, je comprends que vous voyez Aelius comme un membre de votre famille, intervint Edward. Mais calmez votre instinct paternel. Pour commencer, que faisais-tu à Cadium, Aelius ?
-Aider l'Alliance Démoniaque pour qu'ils apportent de l'aide aux habitants, répondit le concerné qui eut l'approbation mentale de son maitre.
-Je vois, répondit le Grand Maitre peu convaincu.
-Edward, intervint Lydia. Vous ne pouvez pas réellement penser que Vados est une bonne idée ? Même votre peuple doit être préoccupé par ce monstre.
-ça, ce n'est pas à vous de décider. Vados est effectivement effrayant. Mais c'est également une créature qui peut être raisonnée. Vous devriez lui parler un jour.
-Inutile de débattre avec ce type, dit Mathio. Le temps du dialogue est terminé. L'heure est venue pour la guilde de rendre des comptes.
-Est-ce une menace ?
-Une annonce, pour être exact. Vous n'apprécierez pas les ordres qu'on va me donner. Malheureusement, rien de tout cela serait arrivé si on avait pris mes avertissements au sérieux.
Edward était bien curieux de ce qui voulait dire Mathio mais sentit qu'il allait bientôt le savoir. Sa priorité fut de demander à Aelius de se tenir à carreaux. S'il avait gracié lui et ses amis à la demande de Mathio, c'était parce qu'il le respectait en tant que dresseur. Par ses accomplissements, une seconde chance lui avait été offerte. Défier Vados était une quête stupide et le moindre écart ne serait pas toléré. Histoire de mieux cadrer le jeune dresseur, Edward invita son maitre de s'assurer à ce que son élève ne fasse rien de stupide.
-Vous me demandez l'impossible, répondit Mathio. Je désapprouve Vados et je ne suis pas le seul. Malheureusement, vous ne pourrez rien pour le moment puisqu'Aelius n'a encore rien fait.
-Faire du profit bas est-il possible ?
-Oui.
Au même moment, des gardiens arrivèrent. Ils portaient dans leurs bras les affaires des graciés. Arriva aussi Videll. La mineuse avait été arrêtée en partie à cause d'Aelius. Lorsqu'il fut déclaré renégat, toute personne en relation avec lui fut arrêtée. Aelius garda son calme mais il fulminait de l'intérieur. Comment cette femme pouvait-elle condamner aussi facilement une innocente personne ? Récupérant ses affaires, il s'attela à cacher son œuf de Tyran mais…
-Est-ce un œuf de Tyran, demanda Edward qui le vit.
-C'est un faux, répondit Mathio. En voici la preuve.
Prenant l'œuf, le démon l'ouvrit avec une habile manipulation. Son contenu était… inexistant. Pas d'embryon de Tyran. C'était bel et bien un faux. Aelius était choqué. Si ses yeux ne lui mentaient pas, d'où lui venaient ses pouvoirs qui lui avaient permis de résoudre tant de problèmes durant son voyage ? Mathio referma l'œuf et le rendit à son propriétaire.
-Satisfait ?
-Oui, répondit le Grand Maitre. Je reste intrigué sur la façon dont Aelius l'a obtenu.
-Un mauvais tour de Nara, dit Mathio. Et de très mauvais gout.
-Encore un Tyran méprisable, je devine. Décidément, ils ne vivent que pour nuire à l'humanité.
L'improbable se produisit. Mathio gifla Edward. Ce fut si fort qu'il en perdit ses lunettes. Les gardes et le directeur ne cachèrent pas leur joie. Mathio lâcha une énorme aura obscure des plus pesantes.
-N'insultez plus Nara. L'humanité lui doit sa survie face à Omnicron. Recommencez et ce sera la dernière chose que vous ferez de votre vie.
-Nos plus plates excuses, s'écria Bonnie en baissant la tête. Nous ignorons tout des Enfants d'Omnicron. Et avec cette vie de terreur sous les Tyrans, il y a de quoi faire un jugement hâtif.
-Soit, dit le manteau noir qui se calma. Aelius, prépare-toi. Nous allons bientôt partir. Ce que tu attendais tant arrive.
-Oui, maitre.
-Avant que je parte, j'ai trois histoires à vous conter. Ensemble, elles forment un message. A vous de le comprendre.
Edward n'était pas d'humeur à entendre des histoires mais il était plus sage d'écouter Mathio qui pouvait se montrait plus dangereux qu'un Tyran. Le manteau noir commença donc par une personne au nom familier.
-Certains d'entre vous doivent connaitre monsieur Lysandre. C'était un scientifique de renom. Il avait des laboratoires à son nom et avait créé de nouvelles technologies. C'était aussi un grand philanthrope qui offrait ses bénéfices pour la recherche. Malheureusement, les gens étaient insouciants et ingrats. Ce qui a poussé le pauvre Lysandre dans le désespoir et la folie. Réveillant l'Arme suprême, il tenta de l'utiliser pour nettoyer la région de son imperfection.
-Non, s'écria Bonnie. Je refuse de croire que monsieur Lysandre ait pu faire ça !
-Mais c'est la vérité. Heureusement, la Team Rocket est intervenue et je lui ai botté les fesses. Personnellement. Même s'il a tiré, il n'y a eu aucun perte civil. Evidemment, il fut jugé et condamné pour ses crimes. Son châtiment fut de travailler pour la Team Rocket où il put redevenir l'homme qu'il était et se remettre de cette abjecte ingratitude. Un dernier détail amusant, les Dieux Primordiaux n'ont pas apprécié que l'attitude des gens et ont déchainé les éléments sur eux. Quand ils ont fini, ils ont tout restauré mais n'ont pas effacé la mémoire des gens afin qu'ils se souviennent de ce traumatisant épisode. Devinez quoi, ils se comportent mieux.
Edward n'approuvait pas cette façon de faire. Même s'il était regrettable qu'un homme vertueux finisse par sombrer dans le côté obscur à cause de la société. La seconde histoire n'allait pas être meilleure.
-Pour la seconde histoire, on va parler de Monsieur Shehroz. C'était le PDG de Macro Cosmos, un conglomérat d'entreprises qui soutenait la vie dans la région de Galar. Banque, énergie, construction, médias, internet, transports, assurances, technologies.
-Laissez-moi deviner, dit Edward, il a commis un crime très grave.
-Oui mais il serait important d'expliquer ses raisons, répondit Mathio. La plus grande œuvre de Shehroz était sa centrale énergétique. Elle absorbait une particule, appelée Galarion, dans l'air pour la convertir en électricité. Pour vous dire à quel point cette centrale est incroyable, c'est qu'elle alimente à elle seule toute la région. Seulement, Shehroz avait un problème. Le Galarion était en quantité limitée. Sa disparition provoquerait une crise énergétique aboutissant à l'effondrement de la civilisation. Une catastrophe qu'il estime arriver dans… mille ans.
-Mille ans, s'étonna Nora, mais il a du temps pour trouver des solutions.
-C'est vrai, admit Mathio. Il peut très bien entamer des recherches qui serviront de base pour aider les futures générations. Malheureusement, Shehroz a utilisé une solution… radicale. Il a libéré un pokémon légendaire affectueusement appelée la Nuit Noire dans le but de s'en servir comme source d'énergie. Sans surprise, rien ne se passa comme prévu. Ethernatos s'échappa et répandit son pouvoir sur toute la région. Des pokémons qui devinrent géants et fous sous l'emprise de ce pouvoir. Un ciel assombri, et pour ne rien arranger, ça a réveillé des serviteurs de la lumière complètement fous et drogués qui dévorent les cœurs de leurs camarades.
-C'est dégoutant, se retint Lydia.
-Pas d'inquiétude, l'Alliance est intervenue et a réussi l'exploit de protéger tous les civils. Personne n'est mort. A part les fous furieux devenus des animaux. Vous devriez les entendre hurler, c'est à se demander s'ils étaient humains. Et les malheureux pokémons sauvages qui furent devenus géants durant la crise et tués de façon horrible par la Lumière. Je vous rassure, tout s'est bien terminé mais Shehroz fut jugé et condamné pour avoir mis la région au bord de la destruction.
-Et la Nuit Noire, demanda Bonnie. Comment vous l'avez arrêté ?
-Je vais faire simple. On l'a battu et capturé. Point. Ça a suffi pour ramener les choses à la normale. Sauf pour les serviteurs de la Lumière qu'on a exterminé.
Sur ce point, pas besoin d'en rajouter une couche. Le pire restait encore à venir. La dernière histoire était la pire car elle exposerait le pire de l'humanité. De quoi dégoutait bien des gens.
-Dans une galaxie lointaine, très lointaine, se trouvait le secteur de Koprulu, raconta Mathio. Dans ce secteur, se trouvaient des « empires » humains mais celui qui va nous intéresser est la Confédération. Le gouvernement était corrompu, le peuple était exploité à mort et traité comme des déchets. Forcément, ça a engendré des mouvements de rébellion. Arcturus Mengsk était le leader d'un de ces groupes de rebelles. C'était un sénateur qui avait pris les armes suite à la mort de sa famille par un assassin de la Confédération. Pour écraser ses ennemis sur Tarsonis, la planète-capitale de la Confédération, il a utilisé un plan des plus immoraux. Placer des émetteurs-psi autour de la planète. Ça a eu pour effet d'émettre des ondes qui attirent une race alien appelée les Zergs. Ce sont des millions de ces créatures qui ont déferlé sur ce monde.
-Au nom d'Ulzar, comprit Aelius.
-Oui, mon cher élève. Tu as bien compris. Des morts par millions. Des soldats, des civils innocents. Au même moment, arrivèrent les Protoss, une autre race alien avec une technologie avancée et des pouvoirs psychiques. Ça n'arrangeait pas les affaires de cet enfoiré qui envoya son bras droit Sarah Kerrigan les chasser. Celle-ci accepta et s'acquitta de sa mission. Seulement, les Zergs s'attaquèrent à elle. Naturellement, elle demanda de l'aide mais l'ignoble Mengsk donna l'ordre de l'abandonner.
-Mais pourquoi, demanda Coco.
-Parce qu'elle commençait à devenir dangereuse pour lui, expliqua Mathio. Elle s'était opposée à l'utilisation des émetteurs-psi. C'était une tueuse de sang-froid mais pas de masse. De plus, Mengsk ne comptait pas faire les choses en douceur et elle aurait posé problème par la suite. Il a donc saisi la première opportunité pour s'en débarrasser et en faire un exemple.
-C'est inhumain, lâcha la fille aux cheveux roses. Comment peut-on faire des choses aussi horribles ?
-Le pouvoir, Nora. Tout est bon pour l'obtenir. Pour la suite, ce sera une autre histoire mais je pense en avoir dit assez.
-Absolument, approuva Edward. Vos histoires ont donné assez de raisons pour être dépressif.
-Dans ce cas, si vous voulez bien m'excuser. Aelius.
Ouvrant un portail des ténèbres, Mathio invita son apprenti à le suivre. Lorsqu'ils sortirent de l'autre côté, ils étaient dans la base principale de l'Alliance. Non loin d'eux, un grand bâtiment destiné aux réunions militaires.
-Maitre Mathio, je suis désolé de pas avoir pu arrêter Amélie. Maintenant, la guerre va éclater, n'est-ce pas ?
-Tu n'as pas à t'excuser, répondit Mathio. Tout s'est passé exactement comme je le voulais. Cet échec fait mal au cœur mais rien n'est encore perdu. Le moment est venu pour toi d'entendre toute la vérité. Entre. Ils t'attendent.
