Buck était allongé contre lui.

Eddie pouvait sentir chaque centimètre carré de sa peau nue contre la sienne et il adorait littéralement ça. Buck l'avait surpris et bien que réticent à l'idée qu'il veule le faire pour le remercier, Eddie avait décidé de le laisser mener la barque.

Il devait avouer qu'il avait été nerveux à l'idée de le décevoir.

Buck avait de l'expérience sur le sexe entres hommes, ayant été marié avec un autre homme durant quelques années, alors qu'Eddie en était à sa première fois.

Il avait alors suivi Buck, le laissant le mener où il fallait et malgré toutes ses appréhensions, Eddie avait vraiment aimé faire l'amour avec lui, être en lui, l'entendre gémir autant que de le voir ployer sous ses caresses.

Il avait joui bien plus rapidement qu'il ne l'avait espéré mais Buck avait suivi presque immédiatement et c'était rassurant d'être aussi connecté l'un à l'autre. Ils s'étaient nettoyés rapidement et s'étaient allongés l'un contre l'autre.

Buck avait posé sa tête sur son épaule et Eddie lui caressait distraitement les cheveux.

Ils profitaient simplement de ce moment l'un avec l'autre comme s'ils le faisaient depuis des années. Le silence entre eux n'était ni gênant, ni oppressant. Il était juste là, comme faisant partie intégrante d'eux, de leur relation.

– Merci, souffla soudain Buck.

– De quoi ?

– D'être qui tu es, de me respecter comme un être humain, de m'aimer comme je suis même si ce n'est pas facile.

– Tu es l'homme le plus facile à aimer que j'aie jamais rencontré, le contredit-il. Je t'aime depuis le jour où mon regard s'est posé sur toi et cet amour ne fait que croitre jour après jour. Quoi qu'il ait pu essayer de te faire croire, ce ne sont que des mensonges destinés à te faire rester à ses côtés. La vérité c'est qu'il ne te méritait vraiment pas.

– Il n'a pas toujours été comme ça, tu sais, murmura-t-il. Il m'a littéralement sauvé la vie. Sans lui, j'aurais passé un mauvais quart d'heure. Mais même après, quand il a compris que je vivais seul dans la rue, il... Il m'a trouvé un hébergement d'urgence pour mineur.

– Tu avais quel âge ?

– Quinze ans.

Eddie fit de son mieux pour ne pas se raidir.

Savoir que Buck était encore un jeune garçon, seul et influençable, quand ce salopard lui avait mis la main dessus, le rendait ivre de rage.

– Je sais à quoi ça ressemble mais je t'assure que ce n'était pas comme ça, soupira-t-il. Il a même été voir mes parents pour essayer de les convaincre de me venir en aide et il était vraiment en colère quand il est revenu.

– Tes parents ont refusé de t'aider ? s'offusqua-t-il.

– Ils ne voulaient plus rien avoir affaire avec moi mais honnêtement ce n'était pas vraiment une surprise, même si ça m'a blessé encore une fois. Mais Doug ne m'a pas laissé tomber. Il a obtenu une sorte d'agrément pour pouvoir être responsable de moi, de mon éducation. Je me suis installé chez lui et j'ai repris mes études.

Eddie décida d'écouter en silence pour ne pas se laisser submerger par sa colère. Mais il était clair pour lui que cet enfoiré avait tout prévu pour garder Buck avec lui, qu'il avait usé de son autorité pour asseoir son emprise sur lui.

C'était vraiment un miracle qu'il s'en soit sorti vivant, qu'il ait réussi à fuir.

– Il m'a emmené à des matchs de foot avant de se rendre compte que je n'aimais pas ça. Il m'a ensuite emmené voir des courses de voiture et j'aimais passer du temps avec lui, comme s'il était mon grand-frère. Il passait son temps libre avec moi, m'apprenait des choses, il m'écoutait, il me voyait vraiment, qui j'étais au fond de moi. Quand mes notes ont dégringolé, il ne s'est pas fâché, il a retroussé ses manches et m'a aidé à reprendre les leçons qui me faisaient défaut. Et puis, il a vu mes dessins et il a compris ce que même moi je ne savais pas. Il m'a payé une grande école d'art à Boston.

– C'est comme ça que tu as appris toutes ces techniques ?

– J'avais une prédisposition mais je serais bien incapable de faire tout ça sans ce que j'ai appris dans cette école. Au début de ma dernière année, on s'est embrassé. Je venais d'avoir dix-huit ans et je voyais bien comment il me regardait. Je me sentais flatté je suppose. Je croyais qu'il m'aimait, et que je l'aimais.

– Tu es conscient qu'en tant que responsable de toi, il se trouvait dans une position d'autorité par rapport à toi qui lui interdisait formellement de faire ce genre de choses ?

– Il a essayé de me l'expliquer, confirma-t-il. Je n'ai pas voulu le savoir. Je ne lui cherche pas vraiment d'excuses à ce qui s'est passé entre nous, à ce qu'il m'a fait mais je veux juste... je ne sais pas. Je ne comprends pas la moitié de ce que j'ai vécu avec lui.

– Tu étais très jeune, commença Eddie prudemment. Trop jeune pour tout comprendre.

– Il n'a pas profité de moi, tu sais. Je le voulais.

– Mais il n'aurait pas dû, affirma-t-il de nouveau. Il était l'adulte. Mais je le comprends un peu, c'est assez difficile de te résister, tu sais ?

Buck eut un petit rire triste avant de déposer un baiser sur son épaule et de reposer sa tête contre lui.

– Il s'est battu pour moi, poursuivit-il. Il a dû prouver jour après jour à ses supérieurs et à ses amis qu'il m'aimait et que je l'aimais. Je nous sentais scruter à chaque fête, chaque barbecue alors je m'accrochais encore plus férocement à lui. Ils ont finalement compris et accepter notre relation. Et, on a pu se marier.

– Tu as été heureux ? C'est ce que tu essaies de me dire ?

– Je ne sais pas si j'ai été heureux, répondit-il en croisant son regard. Je crois que j'essaie de te dire que malgré tout ce que je croyais savoir sur moi, sur ma relation avec lui, jamais personne ne m'a fait l'amour comme tu viens de le faire, avec autant de douceur et de tendresse, autant de dévotion et d'amour.

Eddie lui sourit amoureusement et caressa tendrement son visage.

– Tu mérites tout ce qu'il y a de plus doux, tu es rare et précieux et je ferai tout pour te conserver tel que tu es.

– Je t'aime, Eddie.

– Je t'aime aussi, sourit-il en le ramenant sur ses lèvres pour un nouveau baiser.

Buck se dégagea soudain de ses bras et sauta du lit. Eddie se redressa sur ses coudes et le regarda enfiler un boxer.

– Toujours d'accord pour que je te dessine ?

– Il me reste à peine une heure avant de devoir récupérer Chris, lui rappela-t-il.

– Ne t'en fait pas, c'est un long travail, il va me falloir plusieurs séances, mais j'aimerais commencer.

– D'accord, approuva-t-il.

– D'accord, ne bouge pas, je reviens.

Eddie chercha ses vêtements du regard, avant de se souvenir qu'ils avaient commencé à se déshabiller dans le salon du jeune homme. Aucune chance qu'il trouve une seule de ses affaires dans sa chambre.

Buck arriva avec son matériel de dessin et s'installa rapidement.

– Est-ce que tu peux juste... te mettre sur le ventre, comme ça.

– Tu ne veux pas que je m'habille avant ?

– Oh, je... Je pensais que tu avais... compris, admit-il en rougissant. Je veux dire, artistiquement parlant, c'est plus intéressant de travailler sur le nu et...

– Oh !

– Mais si ça te dérange, ce n'est pas grave...

– Non ça va. Je n'ai pas de problème avec ça.

– Je te promets qu'il n'y a rien de sexuel, c'est juste de l'art.

– Ce n'est pas un problème Buck, le rassura-t-il. Je me mets comme ça ?

– Euh ouais, attends, lâcha-t-il en remontant le drap sur la moitié de la courbure de ses fesses.

Eddie le regarda se réinstaller et commencer à crayonner sur sa feuille.

Il en profita pour étudier chaque courbe des muscles du jeune homme et chaque tatouage qu'il pouvait voir de là où il était. Il brûlait d'envie d'en savoir plus mais il avait senti les cicatrices que les dessins cachaient et il était presque sûr que Buck n'avait aucune envie d'en parler.

Alors, il garda le silence.

L'heure de partir arriva bien trop tôt à son goût et il le quitta non sans un dernier baiser langoureux et plein de promesses. Sur le trajet de l'école, il ne pensait plus qu'à une seule chose, la prochaine fois qu'il pourrait passer du temps avec son petit-ami.

C'était décidé, il allait organiser un nouveau rendez-vous en amoureux et cette fois, Buck n'aurait pas à cuisiner.

Buck méritait de la douceur et du romantisme.