Chapitre 8 : drôles de cerveaux

Dans l'herbe grasse du jardin des Weasley, les jumeaux paraissaient.

Gred était allongé sur le ventre, Forge sur le dos, mais ils regardaient tous les deux dans la même direction : la fenêtre de la chambre de Percy. Ils pouvaient y distinguer une chevelure blonde penchée au-dessus du bureau, probablement en train d'écrire une lettre, son journal intime ou quelque chose comme ça.

— Il n'est quand même pas si mal, Draco, fit remarquer Gred d'une voix pensive.

— Hm…

— Je veux dire, vu nos exigences, on a eu de la chance de ne pas être tombé sur pire que cela.

Forge soupira et roula sur lui-même pour se coller à son frère.

— Pour l'instant, il n'a pas encore répondu positivement à nos avances, ne nous emballons pas.

— Ron m'a dit qu'il n'avait pas compris que c'était des avances.

Ils s'échangèrent un regard exaspéré.

— C'était pourtant clair : des cadeaux, des effleurements à la dérobée, pleins de moments où on lui accorde toute notre attention… Je ne vois pas ce qu'on pourrait faire de plus. Même Angelina avait compris !

La mention de la joueuse de Quidditch les fit grimacer.

— Elle avait compris, mais elle n'avait pas voulu.

Ils avaient eu un espoir, à une époque, que ça puisse fonctionner avec elle. Elle était géniale, sexy, marrante, elle ne se laissait pas marcher sur les pieds… Ils l'avaient même invitée au bal en quatrième année !

Hélas, lorsqu'il avait été question de sortir ensemble, tout s'était écroulé.

« Avec l'un d'entre vous, ça aurait été oui, mais pas avec les deux », avait-elle dit.

Alors pour eux, ça avait été non.

— Ce n'est quand même pas si compliqué à accepter, si ? demanda Gred en fronçant les sourcils. On fait tout au quotidien pour que les autres ne parviennent pas à nous distinguer, justement dans le but qu'ils nous considèrent comme une seule et unique personne !

— Sauf que lorsqu'ils nous fréquentent de plus près, ils voient bien que nous avons des personnalités différentes, argumenta Forge. On ne va pas jouer la comédie en permanence avec notre partenaire de vie !

Gred dut bien lui accorder ce point.

Fred et George, George et Fred, c'était un peu un tout indivisible. On les appelait « les jumeaux », sans même passer par leur prénom la plupart du temps, parce qu'ils étaient toujours ensemble, qu'ils faisaient tout à deux, qu'ils finissaient les phrases l'une de l'autre, que l'on ne pouvait pas les distinguer par le physique ou le comportement…

Et pourtant, comme l'avait dit Forge, ils n'étaient pas parfaitement identiques. Lui était plus doux, plus concilient, plus méthodique et plus beau. Gred, lui, était plus enthousiaste, plus empathique, plus inventif et plus drôle.

Ils étaient bel et bien des êtres dissemblables, mais leur avenir, ils le voyaient ensemble.

Ils voulaient le même époux ou la même épouse (ils n'avaient pas de critères genrés, même si Gred avait tendance à préférer les filles et Forge les garçons, ils étaient tous les deux bisexuels). Ils désiraient construire une vie de famille à trois, pas plus, pas moins !

Mais évidemment, s'ils savaient ce dont eux avaient besoin, il n'était pas si facile de trouver quelqu'un qui partage cet état d'esprit.

— Tu imagines, quand on dira ça à maman ? pouffa Gred en retrouvant sa bonne humeur. Elle qui voulait sauver le pauvre petit Draco Malfoy de l'emprise néfaste du Seigneur des Ténèbres, elle ne pourra plus rien faire lorsqu'il sera sous notre influence.

— Déjà qu'on n'a pas été préfets et qu'on ne travaille pas au ministère…

— D'un autre côté, Percy nous a bien assuré que la loi nous autorisait à prendre un partenaire commun dans le mariage, puisqu'on est jumeaux. On reste dans les clous.

Forge pouffa au souvenir de la tête de leur frère aîné quand ils lui avaient demandé de faire cette recherche.

Percy, cependant, détestait laisser des questions sans réponses, et s'était dévoué à la tâche. Il avait donc écumé toutes les réglementations du Ministère jusqu'à trouver la dérogation permettant la polygamie dans le cas d'un jumelage. Comme c'était accepté par la loi, cela ne pouvait par conséquent poser aucun problème à ses yeux (c'était bien la seule chose qui le retenait de s'horrifier des comportements de leur père qui exploitait les failles législatives en permanence).

Après un moment de silence, Forge glissa sa tête contre l'épaule de son frère, un air rêveur sur le visage.

— Tu t'imagines vivre avec Malfoy dans le futur ? Je suis sûr que l'on ne s'ennuierait pas avec lui.

— Oh ! s'exclama Gred avec entrain. Peut-être qu'il essaierait de nous assassiner quand il ne nous supportera plus ! Ce sera trop mignon !

— Je suis sur le projet d'un contrepoison à base de bézoard, ça tombe bien.

— Il faudrait voir aussi si on peut étendre le concept des chapeaux boucliers en sous-vêtements boucliers. Sait-on jamais.

— Et pour les armes blanches ?

— L'esquive, c'est le plus pratique. Nous devrons rester sur nos gardes !

Ils échangèrent un sourire et cognèrent leurs poings, ravi autant l'un que l'autre par cette perspective. Ils ne cracheraient certainement pas sur un peu d'action, dans leur ménage.

— Je suis sûr qu'on s'entendrait très bien tous les trois.

— Par contre, le projet de prendre un appartement au-dessus de la boutique ne sera sans doute pas l'idéal. Il vient d'un manoir après tout !

— Oui, enfin nous on vient du Terrier, ça ne veut rien dire.

— Pas faux. Et on ne le laissera pas aux fourneaux, on est d'accord ?

— On est d'accord. Je ne pense pas qu'il sache cuisiner de toute façon.

Ils s'interrompirent en entendant des voix se rapprocher. Sans quitter leur position allongée, ils tournèrent la tête derrière eux pour voir arriver les deux petits derniers de la fratrie, discutant avec animation avec Luna Lovegood.

La blondinette, entre les deux rouquins, souriait d'un air rêveur, les regardant l'un après l'autre alors que le frère et la sœur continuaient de bavarder. Ginny lui tenait la main, comme le font souvent les meilleures amies à Poudlard. Ron leur ouvrit le portail de la maison et prévint Luna qu'il y avait un trou, afin qu'elle ne s'entrave pas.

— Hm…

— C'est louche, n'est-ce pas ?

— Je dirais même plus : c'est très louche !

— Peut-être qu'on a tous un truc avec les blondinets dans la famille.

— Le gène roux va se perdre à ce rythme.

Ron les repéra et, après avoir échangé quelques mots aux filles, bifurqua dans leur direction.

— Est-ce qu'on a fini ce qu'il nous a commandé ? demanda Gred sans s'en inquiéter plus que cela.

— S'il pose la question, réponds que oui. Mais assurons-nous de retarder quelque peu le moment où il les aura entre les mains pour éviter qu'on se retrouve à six dans la fratrie. Il reste encore trop d'effets indésirables.

Ils se mirent debout pour l'accueillir.

— Salut les gars !

— Salut, Ronny, répondirent-ils d'une même voix.

De plus près, ils pouvaient voir que Ron avait l'allure fatiguée : son teint était blafard, son t-shirt était plein de sueur et de nombreuses petites égratignures parsemaient toutes les parties exposées de sa peau. Son entraînement avec Luna et Ginny semblait bien sérieux.

— J'ai pensé à de nouveaux besoins si vous avez le temps.

Gred passa un bras autour de ses épaules puis le renifla avec une grimace.

— Pas de soucis, mais je te recommande d'aller prendre une douche d'abord. On se retrouve au laboratoire dans quinze minutes ?

Son petit frère lui envoya un regard torve.

— Dans votre chambre, tu veux dire ?

— Ne joue pas avec les mots et vas-y.

— Très bien… soupira Ron. À tout à l'heure !

Dès qu'il fut éloigné de quelques pas, Forge chuchota à son jumeau :

— On a quinze minutes pour cacher les prototypes ratés et les prochains cadeaux de Draco.

— OK. Agis avec naturel.

.

Une vingtaine de minutes plus tard, Ron finissait d'expliquer à ses frères la nouvelle idée qu'il avait eue et se retrouva contemplé par deux paires d'yeux ronds comme des bavboules.

— … Quoi ? questionna-t-il avec hésitation. Ce n'est pas possible ?

— Excuse-nous, Ronny, il faut qu'on se remette du choc.

— On voit que tu nous considères comme des génies…

— … et c'est très flatteur !

— Mais là, j'avoue, c'est beaucoup demandé.

Ron soupira et glissa ses mains dans les poches de son jean. Il n'avait pas l'air déçu, juste contrarié.

— Ne faites pas vos têtes d'hippogriffes. Je suis sûr que ce n'est pas si compliqué !

— Tu veux un moyen à la fois pour dévier les sorts de quelqu'un ET de les renvoyer sur quelqu'un de spécifique. Tu te rends bien compte que, si effectivement on peut dévier les attaques grâce à un enchantement, pour que la magie se dirige vers la personne en question, il faudrait qu'elle porte sur elle un objet attirant ladite magie ?

— Et tu te rends aussi bien compte, reprit Gorge, qu'aucun mangemort n'acceptera de porter cet objet de son plein gré. On doit donc trouver le moyen de l'envoyer sur lui, mais également de l'empêcher de l'enlever lui-même et…

— Non, non, vous n'avez pas compris, les coupa Ron en levant les mains devant lui. C'est sur moi que doivent aller les sorts déviés.

Cette fois, les deux frères en restèrent cois.

— On a dû de nouveau mal comprendre, je pense. Tu peux nous répéter ça ?

Ron rougit et se mit à se balancer d'un pied sur l'autre, fixant le mur comme à chaque fois qu'il était trop gêné pour croiser leur regard.

— Disons que… Je crois que d'ici un ou deux jours, j'arriverai à faire un bouclier un peu… Hm… Vous voyez. Ultime.

— Ultime, répéta Forge.

— Ultime ? s'étonna Gred. Ultime c'est-à-dire ?

— On n'a pas encore tout testé, bien sûr, alors peut-être qu'il reste des failles, mais j'ai une totale maîtrise du protego et de ses variantes : totalum, horribilis, maxima, duo et diabolica. Avec ça, j'en suis à pouvoir contrer des incendio, flippendo, expulso et même des reducto sans difficulté. Pour les impardonnables, par contre, c'est toujours à confirmer, on ne pouvait pas trop s'entraîner juste à nous trois, mais…

— Attends, ATTENDS !

Ron se tut, surpris, alors que les jumeaux bondissaient sur leurs pieds.

— Tu as fait quoi ?

— Et tu comptes faire quoi ?

— Tu es au courant que tu aurais pu mourir ?

— Non, mais ça ne va pas bien ?

Le visage de Ron se ferma et il sortit les mains de ses poches. Elles étaient serrées en poing.

— Parce que vous croyez que les mangemorts vont nous épargner ça ? Vous n'étiez pas là au ministère. Vous n'avez pas vu les sorts qui nous ont frappés, et surtout ceux qui auraient pu nous frapper. On ne s'entraîne pas pour un examen ou un devoir à rendre ! Réveillez-vous, c'est la guerre !

Gred était sur le point de s'énerver quand son jumeau posa une main sur son épaule, vouée à le calmer.

— Très bien, Ron. On comprend que c'est la guerre et qu'il faut se préparer au pire. Mais si quelqu'un se prend un avada kedavra, que feras-tu ?

Le visage de leur petit frère se durcit d'autant plus, et les cœurs des jumeaux se serrèrent d'angoisse.

— C'est un sort comme les autres. Lui aussi, je trouverais comment le contrer.

Il sortit de leur chambre sans plus attendre, ne voulant pas continuer cette conversation davantage.

Fred et George, eux, restèrent longtemps immobiles, transportés par l'horreur de ce qu'ils venaient d'entendre. Leur petit frère, l'adorable bambin qui avait peur des araignées et qui pleurait pour avoir son ours en peluche, s'était déjà préparé à mourir pendant la guerre… Mais aussi à dépasser les limites de la magie elle-même.

Contrer un impardonnable ? Mais il n'était pas Harry Potter, bon sang !

— Celui-là, on aurait peut-être dû surveiller ses fréquentations de plus près, grogna Gred en se laissant tomber sur son matelas. Tu l'as bien entendu ? « C'est un sort comme les autres », qu'il dit…

Forge hocha sombrement la tête, contrarié.

Il ouvrit la bouche, prêt à proposer d'emprisonner leur petit frère jusqu'à la fin de la guerre, quand quelqu'un toqua.

Enfin, « quelqu'un »… Il n'y avait bien qu'une seule personne dans cette maison qui frappait aux portes avant d'entrer.

Gred alla ouvrir à Draco.

— Tout va bien ? J'ai vu R- la belette sortir de là en furie. Vous vous êtes disputés ?

— Pas vraiment. Tu veux entrer ?

Il s'attendait à essuyer un refus, sa réponse systématique lorsqu'ils proposaient quoi que ce soit au blondinet. Ils furent cependant étonnés de voir le garçon passer devant lui pour rejoindre le lit inoccupé puisque Forge était assis sur l'autre.

Les jumeaux s'échangèrent un regard. Décidément, c'était le jour des surprises. Gred referma la porte et alla s'installer aux côtés de son frère pour ne pas effaroucher leur cible.

— Comment vas-tu aujourd'hui, Draco ?

La tentative de Forge d'entamer une discussion classique récolta un levé de sourcil dubitatif de la part du petit blond.

— Je ne suis pas venu bavasser de tout et de rien. Surtout pas avec vous.

Ah. Tant mieux : ni l'un ni l'autre n'était très doué pour cela.

— Alors pour quoi es-tu là ?

— Pour parler affaires.

Les jumeaux se redressèrent aussitôt, attentifs comme à chaque fois que ce mot était prononcé. On pouvait blaguer sur tout, mais pas sur les affaires.

— Tout d'abord, je demande une confirmation : êtes-vous en train de me faire la cour en vue des fiançailles nécessaires à mon émancipation de Vous-Savez-Qui ?

— Tout à fait, répondit calmement Forge.

— Dans quel but ?

— Nous comptons profiter de la vulnérabilité de ta situation pour te faire accepter notre condition d'union.

Draco cligna des yeux, déstabilisé par une telle annonce.

— Comment pouvez-vous être aussi francs et manipulateurs en même temps ? Ce n'est pas très… Gryffondor.

— Arrête les clichés, répliqua Gred en haussant les épaules. C'est plus un truc de Weasley qu'une histoire de Maisons de Poudlard.

— Très bien, consentit Draco en secouant la main pour chasser le sujet. Et donc, quelle est cette fameuse condition ?

— Nous épouser tous les deux en même temps.

— De… ? Excusez-moi ?

— C'est légal, on a vérifié.

Draco passa nerveusement ses doigts sur son crâne pour s'assurer que ses cheveux étaient bien aplatis. Visiblement, il ne s'était pas attendu à une telle motivation !

— Je sais que c'est légal, répliqua-t-il. Mais c'est une loi qui n'a pas été appliquée depuis au moins soixante ans !

Rien que le fait que Draco puisse dire cela de mémoire était bien plus perturbant que le fait qu'ils y fassent appel, d'après eux.

— C'est aussi un truc de Weasley, fit Gred en lui lançant un clin d'œil. On aime être originaux.

Le blondinet soupira et sa main massa sa tempe quelques secondes avant de se laisser tomber sur ses cuisses.

— Bien, passons. Supposons que je considère l'idée de vous choisir tous les deux. Est-ce que vous comptez continuer de tenter de m'assassiner à chaque fois que vous me feriez un cadeau ? Et de façon plus générale, qu'attendez-vous de ce mariage ?

— C'est une bonne chose que tu l'envisages, parce que jamais Ginny n'accepterait de te prendre comme époux et ne parlons pas de Percy, pur hétérosexuel déjà en couple. Charlie et Bill sont bien trop vieux pour toi en plus de s'être barrés à l'étranger. Ne reste donc que Ron et nous deux. Et, soyons honnêtes, nous sommes bien plus beaux que Ronny.

Forge enchaîna aussitôt :

— Et pour tes deux autres interrogations : oui, et vivre heureux et accessoirement raisonnablement riches. Pour les détails, nous pouvons voir cela avec toi.

Draco avait plissé les yeux quand Forge avait répondu « oui » à la question des tentatives d'assassinat, et son visage ne s'était pas adouci par la suite. Après quelques secondes de silence, il détourna la tête.

— Laissez tomber, je vais négocier un meilleur contrat avec Ron.

Il se leva et était prêt à partir quand Gred se jeta sur son chemin pour lui bloquer l'accès à la porte. Son frère, lui, se glissa dans son dos, si près que leurs chaleurs se mélangeaient, sans pour autant qu'ils ne soient en contact.

— Ne le prends pas comme ça, mon mignon.

— On peut être gentils aussi.

Très gentils, insista Gred en se rapprochant sensiblement.

— Si vous me touchez, je hurle au viol et je vous détruis les parties génitales, les menaça le plus jeune en frôlant sa baguette.

— Nous n'aurons pas besoin d'en arriver jusque-là.

— Et puis, es-tu sûr que tu n'as pas du tout envie de nous toucher ?

Les jumeaux échangèrent un regard avant que Gred ne saisisse le bas de son t-shirt pour le soulever, révélant un torse musclé par le Quidditch et ses entraînements du soir. Bien malgré lui, Draco loucha sur les abdominaux qui se dévoilaient à sa vue.

— Je n'ai pas…

Il se lécha les lèvres inconsciemment et un sourire mutin étira celles des rouquins.

— … pas du tout envie d'y toucher.

— Oh, dans ce cas tant pis. Je me rhabille alors.

La déception qui s'afficha malgré lui sur le visage de Draco agrandit davantage le sourire de Gred qui rabaissa son t-shirt pour le lisser correctement.

— Du coup, tu disais ?

Draco n'en avait plus aucun souvenir. Il marmonna que ce n'était rien d'important puis il sortit enfin de la chambre.

De nouveau seuls, les jumeaux firent claquer leur poing l'un contre l'autre, extrêmement satisfait de la tournure des événements.

Finalement, ça n'avançait pas si mal leur histoire.

.

Les vacances approchaient de leur fin quand Draco prit sa décision.

Un peu à contrecœur, par pur choix stratégique et sans aucun rapport (aucun !) avec le soulèvement du t-shirt, Draco se résolut à se fiancer avec Fred et George.

Il envoya en tout premier lieu un hibou à sa mère pour la prévenir, donnant le nom de ses deux prétendants ainsi qu'un rapide résumé de leur future situation économique. Il ne voulait pas qu'elle culpabilise en pensant qu'il serait dans le besoin.

Puis vint le moment de l'annoncer aux Weasley eux-mêmes…

Il attendit l'heure du dîner, quand toute la famille, y compris Ginerva (qui ne lui avait pas adressé un mot depuis le début du séjour), était présente. Molly avait à peine fini de servir l'assemblée lorsque Draco toussota pour attirer l'ensemble de l'attention sur lui.

— Bien, hm, tout d'abord je voudrais vous remercier pour m'avoir accueilli, madame et monsieur Weasley.

Le couple s'échangea une œillade surprise avant qu'Arthur ne l'encourage à continuer.

— Concernant la raison de ma présence ici, le choix a été fait.

Ginny le fusilla du regard, attrapant son couteau d'un air menaçant, comme si elle craignait qu'elle prononce son nom et doive donc l'égorger pour ne pas voir ce mariage avoir lieu.

N'importe quoi. Qui aurait sincèrement voulu épouser une furie pareille ?

Molly, quant à elle, commença à paniquer. Elle devait toujours penser que ses enfants n'étaient au courant de rien.

— Une fois majeur, j'épouserai Fred et George.

— YES !

Les jumeaux se frappèrent dans les mains, un rictus victorieux aux lèvres. Molly les regarda avec stupéfaction. Ginny, elle, semblait avoir avalé un citron entier. De son côté, Ron hocha simplement la tête, un air de « oui je m'en doutais », accompagné par Arthur qui se contenta d'un sourire soulagé.

— Tu vas voir, on va faire de ta vie un rêve.

Un cauchemar, plus probablement, mais il fallait se rappeler que c'était toujours mieux que finir mangemort comme son père.

Même s'il allait tout autant risquer sa vie, supposa-t-il en remarquant les yeux des jumeaux briller de convoitise et de malice mêlée. Et souffrir de leurs « blagues ».

Au moins, ils avaient de jolis corps (même si ça n'avait rien à voir avec sa décision).


J'espère que le chapitre vous a plu !

Au prochain, on retrouvera notre cher disparu. On saura enfin ce qui lui est arrivé...

N'hésitez pas à laisser un petit mot si le coeur vous en dit :)

Yume u_u