Ceci devait être un OS.

Est-ce que je commence pas toutes mes intro de fic comme ça ? Sans doute. Un OS donc, qui n'est absolument pas fini et qui fait déjà bien 7k et qui promets au moins d'en faire le double, voir le triple. J'ai accepté (au cours d'un long débat avec moi même et après avoir saouler Taru pendant des jours) de commencer à poster alors que le texte est loin d'être terminé, sans doute dans le but de me motiver à continuer et à finir cette histoire (bien que je sache que ça va pas marcher Ahah. Ah.)

Donc, voici Nuances.

L'idée de base, c'était de faire un recueil d'OS sur les différents plots de soulmate UA (les différentes marques d'âmes, tous ça), voilà qu'avec juste le premier je me suis embarquée dans un truc un peu trop long (ça change pas de d'habitude, vous me direz, je sais pas faire dans la demi mesure) . Soyez heureux tout de même, j'ai commencé avec mon seul plot "joyeux" les autres promettent tous du drama (à voir si je les écris un jour, eux aussi)

Ensouite, euh, c'est, à votre plus grand étonnement du ShinKami (Denki *love* Hitoshi) parce qu'ils le valent bien. MAIS, c'est sans doute du slow burn, bien que je saches pas très bien juger tous ça et aussi , j'ai réussi (vais réussir ?) à caser pratiquement tous les ships avec Denki que j'aime bien (voir que j'aime pas pour certain mdr) (mais c'est pas une histoire d'harem hein)

Aussi ! Denki et Hitoshi on tendance à partir en débat très souvent , tous seuls et contre mon grès, donc ça va aborder pas mal de thème, notamment au sujet de l'amour (de l'autre, de soi, etc) et des différentes sortes d'amour aussi (enfin, je crois, parce que je l'ai pas fini mdr) Merci de vous rappeler que les avis des personnages ne sont pas toujours ceux de l'auteur. De plus, je peux me tromper aussi sur certains sujets que je connais moins que d'autres, si c'est le cas, n'hésitez pas à le faire remarquer, mais dans la politesse et le respect, merci.

Les parties vont être de longueur assez variable (la partie deux fait à peine 1k, alors que la quatre fait presque 3k et n'est pas fini); et je peux pas vous promettre de poster régulièrement. Voilà.

J'ai fais une note un peu bordélique mais j'avais pas envie de faire un truc trop lisse pour cette histoire. Bonne lecture si vous avez envie de lire, et pensez à laisser votre avis, c'est beaucoup plus motivant que de voir le nombre de vues augmenter sans avoir un seul retour.

Pas de TW pour cette partie.

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1.

Un éclat de rire secoua l'assemblée d'étudiants alors que Denki achevait la dernière anecdote qui lui était arrivée. Une histoire de pirates et de fille égarée, une aventure vraiment idiote qui avait commencée et c'était terminée autour d'un verre d'alcool, un truc stupide, le genre de chose qui ne pouvait arriver qu'à lui. Comme tout le monde riait aux larmes, Denki ne put s'empêcher de regarder l'intérieur de son poignet, mais le petit cercle encré sur sa peau était encore d'un gris bleu terne, et s'assombrissait même sur les bords. Il eut une moue déçue qui passa inaperçue dans l'enthousiasme général.

— Vraiment mec ! Je sais pas comment tu fais pour te retrouver toujours dans ce genre de situation, s'amusa Eijiro en lui donnant une tape amicale sur l'épaule qui faillit le faire tomber de sa chaise.

— J'aimerai bien le savoir aussi, ça m'éviterai de finir en garde à vue une fois par mois, marmonna l'intéressé, ce qui fit redoubler de rire les élèves agglutinés autour d'eux.

Le groupe continua de discuter joyeusement, échangeant des infos sur les soirées à venir, sur les cours susceptibles de tomber pendant les prochains partiels ou encore sur les tout récents couples formés dans la fac et la probabilité qu'ils soient des âmes sœurs. L'arrivée du professeur mit fin aux commérages et dispersa les étudiants, certains retournèrent à leur place pendant que d'autres quittaient l'amphithéâtre pour se rendre à leur propre cours.

Resté à côté de Denki, Eijiro lui donna un coup de coude peu discret qui manqua de lui briser deux côtes.

— Tu as pas cours maintenant ?

— M'en parle pas, soupira désespérément Denki en s'affalant sur la table. J'en ai marre, je crois que je vais arrêter.

— Déjà ? Ça fait à peine deux mois qu'on a commencé.

— Ouais mais je crois que l'université c'est pas pour moi. Comment je suis censé réviser alors qu'il y a des soirées tous les soirs ?

— En n'allant pas aux soirées ?

— N'importe quoi, la fac c'est fait pour les soirées étudiantes. Sinon pourquoi tout le monde s'embêteraient à y aller ?

— Pour suivre les cours et avoir un diplôme peut-être, proposa Eijiro un sourire aux lèvres.

— Hérétique !

— Excusez-moi.

La voix derrière eux les fit tous les deux sursauter. Elle appartenait à un étudiant aux cheveux sombre attachés en une courte queue de cheval. Ses épaisses lunettes à monture grise parvennaient à peine à camoufler le regard noir qu'il leur était adressé ainsi que les cernes aussi larges que le Pacifique qui le soulignait.

— Vous pouvez vous taire ou aller discuter ailleurs ? J'essaye d'écouter.

L'étudiant n'avait pas haussé le ton, en fait sa voix sonnait plutôt monocorde, mais Denki ne pu s'empêcher de baisser les yeux comme un gamin prit en faute.

— Désolé, marmonna-t-il en se retournant.

Par habitude, son regard tomba sur la tâche de couleur au creux de son poignet gauche. Le gris avait viré presque au noir. Denki l'a frotta machinalement comme si le geste pouvait en changer la teinte mais bien sûr la marque resta sombre.

Après s'être également excusé, Eijiro se pencha vers lui pour murmurer :

— Arrête de penser à ton âme sœur. Tu as toute ta vie pour la rencontrer.

Denki haussa vaguement les épaules, peu convaincu, mais n'osa pas le contredire de peur de s'attirer de nouveau les foudres du garçon aux lunettes grises.

Il savait très bien qu'il nourrissait une obsession inutile sur l'identité de son âme sœur. Comme beaucoup de gens, Denki aimait croire qu'une personne dans le monde lui était destinée. Depuis quelques temps déjà, certains remettaient en cause l'idée d'un partenaire idéale, arguant qu'il y avait des tas d'autres hommes et femmes sur la planète et que c'était idiot et risqué de se contenter d'une seule personne. Mais Denki était de la vieille école, il avait grandi avec les contes expliquant aux enfants l'importance que l'âme sœur prenait dans la vie de l'autre, c'était bercé d'espoir et d'amour pendant toute son enfance. Jusqu'au jour où la tache sur son poignet, unique lien tangible avec son partenaire prédestiné, avait viré au bleu sombre.

Tout le monde avait une tâche, quelque part sur son corps, une touche de couleur de forme et de taille différente pour chacun, qui changeait de nuance aux grés des émotions de l'âme soeur. Rien n'était vraiment défini, et les couleurs variaient d'une personne à l'autre, mais c'était plutôt commun que les émotions positives étaient aussi vives que les négatives étaient sombres.

Depuis que Denki avait douze ans, sa marque d'âme oscillait entre un bleu orageux, un gris venteux ou un violet tempétueux. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que son âme sœur était triste, morne et peut-être même déprimée et dépressive.

Eijiro lui attrapa soudain le bras et Denki réalisa qu'il avait recommencé à frotter sa marque, laissant des traces rouges sur la peau de son poignet. C'était un genre de tic nerveux qu'il avait pris pendant son adolescence, plus l'humeur de son âme sœur s'assombrissait, plus il s'acharnait sur la marque. Comme si inconsciemment il souhaitait effacer les tristes couleurs. Il voudrait que sa moitié soit heureuse, et c'était sans doute la raison pour laquelle il s'était mit à la rechercher avec autant d'obstination. Plus vite il la trouverai, plus vite il transformerait l'indigo maussade et l'éternel gris anthracite qui entachaisait sa peau, en un joyeux jaune poussin, en orange amusé ou en vermillon passionné.

Il avait lu dans un top sur internet que l'endroit numéro un pour rencontrer son âme sœur était pendant les études, loin devant la rencontre dans un café ou au supermarché. Alors pendant le lycée il avait multiplié les relations mais aucune n'avait aboutit à quelque chose et il n'avait pas réussi à coloré de joie la tâche à son poignet. Mais Denki n'était pas du genre à abandonner facilement, et il s'était inscrit dans l'université la plus grande du pays, juste dans l'espoir de multiplier ses chances de la rencontrer.

Bon jusqu'ici ça n'avait pas été le plus génial des plans. Il galérait avec les cours -quelle idée il avait eu d'aller en physique aussi ?- et il doutait de passer en deuxième année. Heureusement Eijiro, son meilleur ami, avait choisi la même fac et quand il en avait marre des formules beaucoup trop complexes qu'il était censé apprendre par coeur, alors qu'il ne parvenait même pas à retenir le code de son interphone,il venait s'incruster dans ses cours. Il n'y comprenait pas grand chose bien sûr, -depuis quand il fallait étudier pour pouvoir faire du sport au juste ?- mais au moins ça passait le temps entre deux soirées.

— Tu viens ce soir chez Yaoyorozu ?

Eijiro osa à peine dévier le regard du diaporama projeté au tableau pour lui jeter un coup d'œil.

— Il y a cours demain, chuchota-t-il avant de se replonger dans les explications monotones du professeur.

Denki soupira lourdement et s'affala un peu plus sur sa table, la tête entre les bras. C'était toujours la même chose avec Eijiro, il ne voulait pratiquement jamais venir aux soirées et trouvait toujours des prétextes bidons pour ne pas l'accompagner. Du genre qu'il devait réviser, qu'il lui fallait prendre soin de sa santé s'il voulait devenir sportif pro et d'autres idioties peu crédibles.

— Mais il paraît qu'elle habite dans un château, ça va être méga cool ! Tu peux pas rater ça, c'est la fête de l'année !

— Tu dis ça toute les semaines.

— N'importe quoi !

— Chut !

L'exclamation énervée fit sursauter Denki, il se redressa par automatisme et croisa le regard sombre de l'étudiant qui les avait déjà sermonné un peu plus tôt. Il tenta de lui adresser un sourire d'excuse mais le garçon aux lunettes grises se contenta de le fusiller mortellement de son regard cerné avant de replonger dans ses notes. Denki fit la moue, ce gars ne semblait vraiment pas drôle. Il reporta son attention sur Eijiro mais lui aussi s'était de nouveau concentré sur le monologue.

Denki souffla une nouvelle fois, il posa son menton dans le creux de sa main et passa le reste du cours à observer les étudiantes, essayant de deviner laquelle d'entre elle pourrait bien être son âme sœur.