notes: Bonjour, bonsoir! Voici le OS consacré au Marina dont je le moins fan avec Kaasa. Mais que bizarrement j'ai réussi à écrire dessus. En tout cas, une très bonne lecture


Mon plus beau cadeau

Au cours des dix huit premières années de sa vie, Sorrente avait toujours pensé que chaque jour était unique, hors du commun.

Bien sur, tout petit, il ne s'en était jamais rendu compte. Ce qui importait, c'était cette amitié forgée et solide avec Julian Solo, comme s'ils étaient de véritables frères de sang. Ils avaient grandi ensemble, été dans les mêmes classes jusqu'au collège et quand l'un se dirigeait vers un avenir dans lequel il apprendrait à mener l'empire familial, l'autre partait vers des études musicales et artistiques. Mais toujours en quittant la grande propriété au bord de la Méditerranée pour ce complexe scolaire érigée sur les côtes grecques, appartenant aux Solo.

De temps en temps, pour les vacances scolaires, Sorrente regagnait le cœur de l'Europe pour profiter des siens et de la capitale autrichienne et son charme particulier.

Il était conscient de sa chance, des cadeaux que la vie lui avait faits: des parents qui, malgré la distance, le soutenaient dans son rêve d'être un flutiste reconnu, un cadre d'études idéal, deux foyers qu'il chérissait et un ami au cœur aussi grand que l'empire maritime hérité de sa lignée.

Assis sur son lit, une enveloppe entre les mains encore scellée, le jeune homme observait le ciel nuageux par la fenêtre ouverte, le vent iodé lui caressant doucement la peau, tandis que les vagues dansaient tranquillement dans l'horizon.

Deux ans que les dieux étaient apaisés, que les guerres avaient cessé. Deux ans qu'il ne revêtait plus son Ecaille de la Sirène. Lui qui fut un des Généraux de Poséidon, le gardien des océans.

Il s'était battu en son nom, pour un idéal dans lequel les eaux recouvraient la surface de la terre et nettoieraient tous les vices des êtres humains. Pourtant, ce n'était pas pour lui qu'il avait appris à développer son cosmos. Celui qu'il protégeait réellement était Julian, son frère de cœur dont le corps était la réincarnation du dieu.

Il s'était rappelé de ce changement de personnalité, de cette aura bien plus puissante que celle d'un humain normal qui l'avait entouré, de ce regard différent teinté d'une autre nuance de pureté. D'instinct, il l'avait suivi et lui même s'était retrouvé à prêter serment de défendre le sanctuaire sous marin aux côtés d'autres de leur âge.

Pourtant, il n'aimait pas se battre, donner des coups de poings, lancer ses pieds contre des adversaires ou user de la violence pour arriver à ses fins. Par chance, sa musique était sa plus grande force. En soufflant dans sa flute traversière, des notes sortaient, mélodieuses, envoutantes, douces, et parfois rendant fou celui qui les entendait jusqu'à la mort.

Le seul homme qu'il avait tué, un valeureux Guerrier des contrées d'Asgard. Quand bien même les dieux avaient ramené à la vie tous les combattants des derniers conflits divins, Sorrente restait encore marqué par Siegfried, par ce courage fou, cette dévotion pour cette Hilda, par ce sacrifice pour sa dame, pour Odin et pour sa patrie.

Un jour, aurait-il le courage de l'approcher pour lui demander pardon?

Le jeune flutiste n'avait jamais osé. Parce qu'il ne comprenait pas. Parce qu'il n'avait endossé ses Ecailles juste pour protéger Julian, pas encore Poséidon. Par amitié. Par fidélité aussi.

Il avait voulu se rendre agressif face à Andromède. Cependant, le chevalier de Bronze non plus n'aimait pas la violence pure.

Sorrente rit en se remémorant leur confrontation. Dans d'autres circonstances, ils auraient pu devenir de vrais amis aussi. Cependant, Shun avait sa vie, et lui...

En ouvrant cette enveloppe, il saurait quel chemin prendrait la sienne.

Aussi, à quoi bon reculer ou hésiter. Le résultat se tenait là, écrit sur une feuille de papier.

Délicatement, il ouvrit ce courrier et lut:

''Monsieur Sorrente Meerjung,
Suite à votre candidature au concours d'entrée de notre établissement, nous vous informons par la présente que votre nom a été retenu.
Nous serions ravis de vous voir intégrer l'Université de Musique de Vienne, au cours de l'année à venir.
Nous vous ferons parvenir incessamment sous peu les modalités pour votre inscription, ainsi que tous renseignements indispensables à votre cursus.
Cordialement''

Il avait tenté sa chance dans plusieurs universités européennes, notamment le conservatoire d'Athènes, avec une lettre de recommandation des parents de Julian, et celle de Vienne. De ces deux choix, il n'avait eu que ce dernier espoir d'être auprès de personnes qui lui étaient chères.

Dans quelques mois, il allait devoir quitter le manoir de son meilleur ami pour rentrer dans sa famille. Pour préparer son avenir, sa carrière de flutiste au sein d'un grand orchestre. Pour réaliser son rêve.

Pourtant, il sentait son cœur se resserrer à l'idée de quitter la Grèce pour de bon. Même s'il savait qu'il reverrait Julian, et même Io, Baian, Isaak, Krishna... même Kaasa et Kanon. Sans oublier Thétis qui lui disait toujours avec sincérité à quel point elle aimait l'écouter jouer.

Il avait également son devoir de Général de Poséidon qui lui permettrait de revenir. Même pour un court instant, il reverrait tout le monde...

Quelques mois plus tard, dans la grande cour à l'entrée de la propriété des Solo.

Sorrente attendait le taxi qui le mènerait à l'aéroport. Dans une semaine, il ferait sa grande rentrée dans l'université de Vienne.

Une limousine s'arrêta juste devant lui. Un véhicule immense duquel Julian sortit:

« J'ai raté le dernier cours de stratégie marketing juste pour venir te chercher, fit-il.

-Mais... pourquoi?

-Parce que je t'avais promis de t'accompagner à l'aéroport. J'y peux rien s'ils ont mis ce cours pile au moment où tu devais partir. De toute façon, il n'y a rien que je ne sache déjà, grâce à mon père. Allez, on va rentrer tes valises dans le coffre.

Serrant l'étui de sa flute contre lui, Sorrente était partagé entre la surprise et la joie, mais profondément touché par l'attention de son meilleur ami.

Alors qu'il allait entrer dans la voiture, un autre véhicule déboula à une vitesse folle dans la cour.

Le musicien déposa son instrument sur la banquette, par sécurité et sourit de toutes ses dents, jusqu'à rire en voyant et surtout entendant le dérapage peu contrôlé pour s'arrêter.

Le conducteur inconscient se révéla être Baian, qui venait récemment d'obtenir enfin son permis de conduire après plusieurs tentatives. À côté de lui, sortait un Io un brin effrayé mais à priori soulagé d'être encore sur ses deux jambes. Puis, Isaak, Thétis et Kaasa suivirent en protestant vivement derrière un Krishna qui prenait un peu trop son temps pour s'extraire de l'arrière de la petite voiture.

-Vous avez tous tenus dedans, s'étonna Sorrente proche de l'hilarité.

-Un miracle, fit Isaak. Digne des chevaliers d'Athéna.

-Surtout vu les guiboles interminables de Krishna, ajouta Kaasa.

-Ou la conduite trop sportive de Baian, oui, renchérit Io. Heureusement qu'on est en vie et qu'on s'est pas fait choper par la police, surtout.

-Tout ça pour attendre Kanon qui n'est même pas venu, soupira Thétis.

-Toute façon, il serait pas rentré dans ma voiture.

-Heureusement, oui!

Un fou rire général retentit au sein du groupe d'amis soudé depuis des années maintenant.

Ces personnes que Sorrente garderait dans son cœur à tout jamais.

-Il est temps d'y aller, déclara Julian au bout d'un moment.

-Oui, je ne dois pas rater mon vol.

-Dites, on peut venir avec vous, dans la limousine, demanda Io. On sera moins à l'étroit que dans la voiture de Baian et on pourra profiter de Sorrente encore un peu.

L'incarnation de Poséidon accepta, pendant que le Général de la Sirène observa encore une fois ce grand manoir dans lequel il avait passé de merveilleuses années.

Une présence s'approchait. Une aura puissante mais loin d'être hostile: Kanon était venu lui aussi, finalement.

-Sorrente, j'arrive à temps. J'ai failli rater ton départ. Je te souhaite le meilleur dans tes études.

-Merci à toi. Tu dois être occupé au Sanctuaire d'Athéna.

-Ce n'est pas une raison.

-Tu nous accompagnerais dans la limousine?

-Non. Je dois repartir.

On entendait des protestations des autres Marinas depuis l'intérieur du véhicule.

-Par contre, mon frère et moi serions ravis d'assister à ton premier concert dans un orchestre.

-Considère l'invitation déjà envoyée. Au revoir, Kanon. »

Tout en rentrant définitivement dans la voiture, le jeune flutiste se disait que décidément, la vie lui avait offert les plus beaux cadeaux: ces hommes et femme chahutant joyeusement avec lui et l'amenant vers son avenir rêvé. Et juste à côté de lui, Julian, son meilleur ami pour l'éternité.


notes de fin: Merci d'avoir lu.
Je ne suis pas fan de Sorrente de base, et je ne pensais pas non plus écrire autant, ni prendre du plaisir à faire son histoire. J'en suis agréablement surprise, même. Ils savent créer des miracles ces Marinas, faut croire. En tout cas, j'ai écrit ce OS d'une traite, sans grande difficulté alors que je partais peu confiante. Tant mieux!
J'ai repris le nom de famille Meerjung que j'avais donné à Sorrente dans Saint Kanon, qui signifie homme sirène en allemand.
Le kanji d'interlude est fue, flute en japonais.
Je vous dis à la prochaine et des bisous