Disclaimer: Pas à mouuuah.
Rating : M, mais pas tout de suite ! ;)
Note : Ce texte a été écrit dans le cadre d'un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "refuge" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un MP.
Seconde note : Oui, je démarre un deuxième recueil qui sera mis à jour une fois par mois - et j'abandonne mes drabbles de 100 mots exacts pour plus de flexibilité, advienne que pourra ! (Mais comme je demeure une maniaque malgré tout, notons que celui-ci compte 500 mots.)
Bonne lecture !
Anaphore
Le vent soufflait furieusement, la faisant regretter d'avoir choisi ce bonnet. Quelle idée par ce temps, vraiment. Mais c'était son préféré : elle pouvait toujours se cacher derrière les larges bords de ce couvre-chef, un luxe qui n'était pas pour lui déplaire…
Jusqu'à ce que ce qui devait arriver arriva.
« Attention ! »
Mais il était déjà trop tard, la collision eut lieu, entre le morceau de tissu et le jeune homme.
Il attrapa le vêtement d'une main leste, secoua la tête en souriant :
« Tenez, mademoiselle. »
Son cœur manqua un battement face aux yeux verts les plus brillants qu'elle n'avait jamais vus, où elle se plongea sans y penser.
« Penelope ? »
Elle secoua la tête, regarda Eloise.
Il haussa une épaule paresseuse :
« Bien sûr que ta copine peut venir, du moment que vous ne traînez pas dans nos pattes. »
Eloise fronça le nez, agacée.
« Tu as encore prévu de draguer tout ce qui bouge ? T'es vraiment un pourri Colin, comme tous les mecs ! Vous me dégoutez, vous ne pensez qu'à ça ! »
Il lui sourit de façon narquoise.
« Garde tes discours féministes pour toi si tu veux monter dans ma voiture, El. »
Il fit un clin d'œil à Penelope, son regard rencontrant dans le sien.
« Un jour vous serez bien contentes que des hommes vous courent encore après. »
Le souffle coupé, elle continua de l'observer, les mains moites, le cœur vraisemblablement mis en boite depuis belle lurette.
« Penelope ? »
Étonné, il se retourna vers elle, si adorablement débraillé qu'elle rougit de la tête aux pieds.
« Je ne savais pas que tu venais ce matin.
- Je, je suis venue chercher Eloise. Elle m'a dit de l'attendre dans la cuisine. »
Ses yeux perçants s'arrêtèrent sur ses joues brûlantes, tandis qu'il s'adossa un peu plus contre le rebord de la desserte. Un rictus moqueur apparut sur ses lèvres.
« La vue te plaît ? »
Elle détourna la tête avant de se perdre, comme à l'accoutumée, dans son regard, cet éternel refuge qu'il lui offrait sans rétribution.
« Penelope ? »
Il ne l'avait pas vue, agitant les bras avec animation alors qu'elle refermait la porte doucement derrière elle.
Ben lui offrit un sourire en coin, amusé de sa présence inattendue mais l'air subitement nerveux d'Anthony la figea sur place: ils parlaient d'elle. Et leur frère, en ces rêves et ces espoirs s'étaient réfugiés depuis son plus jeune âge, ne l'avait pas vue.
«...vraiment que Maman cesse ! Jamais je ne sortirai avec Penelope ! C'est vraiment la dernière personne avec qui je m'imagine. »
Anthony pinça ses lèvres, Ben soupira, avant de grimacer.
« Décidément, tu n'en rates jamais une, Colin. »
Tandis qu'elle tentait de conserver vaillamment la face, les éclats brisés de son cœur s'éparpillaient en mille petits morceaux, sous ses yeux toujours aussi verts, aussi profonds, et pour la première fois, légèrement embarrassés.
Une chose était certaine, elle avait désormais perdu cet imaginaire repaire, aux rêvasseries les plus douces, pour l'amère réalité. Jamais Colin ne l'avait appréciée.
« Penelope revient parmi nous », répétait Eloise, sa main pressant légèrement son épaule, un demi-sourire vaguement inquiet rivé aux lèvres.
