Saï et lui s'étaient arrêté sur le chemin du retour. Le Nara sentait sa tête bourdonner en un mélange de dégoût de soi et des autres. Il n'avait aucune idée de comment Saï faisait. Après tout, ce dernier avait été en infiltration auprès de ces gens, il leur avait parlé, sourit, avait constaté leurs bons côtés mais s'était retourné contre eux sans l'ombre d'un doute.
Depuis ce matin, l'ANBU avait été terriblement efficace.
Une part cynique de son esprit pensait que c'était typiquement le genre d'élément à pouvoir se retourner contre Konoha.
Le regard fixe, Saï fixait la cime d'un arbre sans rien dire, sans bouger. Il n'avait fait aucun commentaire quand Shikamaru avait demandé une pause.
— Tu penses qu'elle a dit la vérité ?
— Elle était en mode survie, je ne pense pas que ce soit feint. Aucun de ses éléments comportementaux n'étaient ceux qu'elle adopte habituellement en mentant.
Ce serait un soucis en moins. Ils devaient encore rejoindre les deux autres équipes mais Shikamaru voulait se laisser le temps de se ressaisir. Il avait l'impression qu'il ne valait pas grand chose et que ces décisions n'avaient aucun sens.
— Qu'est-ce qu'il y a Shikamaru ? finit par demander son coéquipier.
Ils se regardèrent, autant incertain l'un que l'autre.
— Je ne sais toujours pas comment résoudre la situation. Il faut absolument que je trouve quelque chose…
— La situation n'est pas désespérée et cette réunion pourrait te donner des idées. Et nous pouvons tasser le tout jusqu'à ce qu'on trouve une meilleure idée.
« Tasser le tout » jolie formule pour parler d'une chasse aux dissidents. Shikamaru but un peu plus d'eau et annonça le départ. Ils atteignirent le point de rendez-vous où quatre ninja les attendaient : deux ANBU accompagnés de Sasuke Uchiha et de Hinata Hyûga.
— Tout s'est bien passé ? questionna Shikamaru pour la forme.
Il voyait déjà à leur tenue que leur mission n'avait occasionné aucune difficulté. Il leur demanda un rapide compte-rendu des informations acquises. Les trois jônins spécialistes qu'ils avaient interrogés étaient complètement dévoués à Konoha, ils avaient légitimement été en colère en apprenant qui les avaient enlevés mais face aux menaces d'une condamnation pour traîtrise, ils avaient perdu un peu de leur sel.
Ils ne voyaient pas leur vie hors de leur loyauté à leur Hokage et percevaient Naruto comme une réelle menace pour ce dernier mais aussi pour l'équilibre entre les différents pays ninja. Jolin, une des criminels, avait même insinué que l'hôte n'avait pour objectif que d'avoir la main mise sur l'ensemble du continent.
Shikamaru ne comprenait pas comment ces personnes pouvaient aboutir à ces conclusions. Naruto leur faisait-il si peur que cela ? Enfin, comprendre n'était pas la priorité, il fallait réagir et décider quoi faire de leurs victimes pour l'instant endormies.
Les trois individus n'étaient pas spécialement dangereux. Ils n'étaient pas en capacité de nuire physiquement à Naruto. Par contre, les laisser repartir tranquillement dans la nature était hautement stupide : et s'ils continuaient leurs attaques et brisaient pour de bons la confiance de leurs alliés ?
Il pensait à leur Hokage, à la figure qu'ils représentaient pour eux. Ça avait beau être des criminels, ils avaient encore foi en leur chef de file et en leur pays. Même si leur raisonnements étaient erronés, leur volonté était bien placée. Shikamaru ne voulait pas briser cela, au risque que la situation empire, que ces dissidents radicalisent leur position ou considère Maître Hokage comme un ennemi. Une guerre interne parmi les troupes de Konoha serait la pire situation.
— Saï tu vas avec Hyûga, Fu avec moi, Ling avec Uchiha, dispatcha-t-il rapidement. Les ANBU vont délivrer les criminels et expliquer être envoyé par Kakashi-sama pour assurer leur sécurité. Vous leur expliquerez que vous allez les surveiller pendant quelques temps, ça devrait limiter toute vendetta.
Son équipe montra son accord et ils se mirent tous au travail. Shikamaru réveilla brutalement sa victime, poursuivit son interrogatoire comme s'il voulait vérifier les informations précédentes et laissa l'ANBU délivrer sa victime. Dès que ce fut fait, il courut jusqu'au bureau du Hokage pour lui transmettre les informations et lui demander une seconde équipe d'ANBU pour poursuivre la surveillance.
— Donc je suis supposé les avoir protégés de l'équipe de Naruto, comprit Kakashi après son explication avec un soupçon de doute.
— Oui. L'idée est de renforcer leur loyauté envers vous, quand vous les convoquerez vous pourrez leur dire que vous avez retrouvé et sanctionné les enleveurs en précisant que Naruto n'a rien commandité de tout cela.
— Et cela sera suffisant pour les dissuader de porter atteinte à nos alliances et à Naruto ?
Shikamaru mit un moment avant de trouver la force de répondre clairement :
— Non, pas dans un premier temps.
— Je vois… Donne-moi la suite de ton plan d'ici deux jours, ok ?
Shikamaru hocha la tête, remercia le Hokage. Il comptait repartir directement car il sentait le poids de cette mission s'alourdir mais Kakashi continua :
— Accompagne-moi au Conseil je te prie, on part dans dix minutes.
Il n'eut d'autre choix que d'acquiescer et partit patienter dans le couloir. Il ne savait pas exactement de quoi il serait question mais supposait qu'il serait question du Sommet. C'était le sujet principal du Conseil ces derniers mois et son père en rentrait souvent fatigué.
Le Nara patienta près de la fenêtre, heureux qu'il y ait des nuages pour le détendre. Il avait beaucoup à faire, beaucoup de solutions à apporter et il ne voulait pas faire défaut à ceux qui avaient confiance en lui.
Kakashi apparut et ils se déplacèrent dans une petite salle de réunion où se trouvait le Conseil : son père, Gai-senseï, Shizune et l'ancienne Koharu Utatane. Shikamaru s'inclina poliment, attendant la raison de sa présence ce qui ne tarda pas :
— Je dois choisir un conseiller pour m'accompagner au Sommet, le choix du Conseil s'est porté sur toi, expliqua Kakashi en allant se servir un thé.
— Naruto serait sûrement plus intéressé, fit valoir leur invité avec gêne.
L'ancienne fit claquer sa langue avec impatience.
— Naruto ne peut pas se rendre au Sommet, d'ailleurs il ne devrait pas quitter le pays, ajouta-t-elle en coulant un regard lourd à un Kakashi imperturbable.
— Konoha n'est pas assez solide pour que ton père ou moi puissions partir en même temps que Kakashi. Il faut donc que notre village soit représenté par un esprit fin et raisonnable.
— Ne crains rien Shikamaru ! Nous veillerons à ce que tu sois près avec toutes les informations nécessaires le jour du départ, assura Gai-senseï avec un large sourire.
Il était surtout impressionné que Kakashi-sama ait jugé la présence du Conseil nécessaire pour cette annonce. Il se demandait pourquoi mais n'arrivait pas à trouver de raison. Il n'aimait pas spécialement recevoir cette demande devant son père qui avait toujours de trop grandes ambitions pour lui, à son grand désarroi.
— Oui, je peux remplir cette mission.
Les membres du Conseil échangèrent un regard entendu avant que Shizune hausse les épaules à l'attention du spécialiste du taijustu. Shikamaru comprit que sa nomination avait été sujette à débat et retint un énième soupire.
Ils lui donnèrent rendez-vous tous les soirs à vingt-et-une heures et le congédièrent. Il faudrait qu'il prenne l'habitude de faire quelques siestes pour ne pas s'assoupir durant leur leçon.
Épuisé, il partit acheter à manger pensant partager un moment avec Chôji. Mais ce dernier était parti alors il se contenterait d'Ino. Il la trouva dans le jardin de la boutique de fleurs, toujours fermée à l'heure actuelle. Elle avait un tablier sur son habit ninja et manipuler des plantes.
— Chôji te manque, comprit-elle quand il s'avança dans l'allée.
— Ne me donne pas déjà envie de partir.
Il atteignit une chaise de jardin qui lui permettait de voir le ciel et s'y posa. Du coin de l'œil, il apercevait Ino broyer et extraire des produits de diverses plantes.
— Ta mère m'a fait une commande immense, sous prétexte que j'ai une sale tête à force de trop cogiter.
— Ça lui ressemble bien. Tu tiens le coup ?
Elle assura que oui mais Shikamaru n'y croyait pas. Il n'insista pas, il n'avait jamais su aider Ino quand elle avait des soucis.
— Pourquoi tu es là ? Qu'est-ce qui te préoccupes ?
Il hésita, se demandant quelles informations il était en droit de lui communiquer.
— Je dois trouver une sanction pour des collègues. Ça me saoule, j'ai pas d'idée.
— Imagine que c'est quelqu'un que tu connais, c'est toujours ce que je fais, conseilla Ino. Et mange, ta bouffe empeste.
Shikamaru soupira, même manger devenait une tâche supplémentaire ennuyeuse dans son horrible agenda. Il avait trop de choses à faire et pas assez de temps pour réfléchir.
— Un de nos ninjas s'est retourné contre un coéquipier, parce qu'il voulait protéger Konoha. Comment je peux établir une sanction sensée ? Je sais même pas comment on peut arriver à ce genre d'extrémité.
— Tu sais ce que me disait toujours ma mère quand je tentais pathétiquement d'expliquer pourquoi j'avais fait de la merde ? « Et le résultat c'est ... ? » Tu pourras jamais juger les intentions, juste les conséquences.
Shikamaru pinça les lèvres. La mère d'Ino avait l'air cool à première vue mais elle ne plaisantait pas sur les règles ni les punitions. Il ne voyait cependant pas en quoi ça l'avançait.
— Les conséquences sont lourdes, souffla-t-il avec désespoir.
— C'est pour cela qu'on t'a attribué cette mission, sourit Ino d'un ton léger.
Cela l'agaça encore plus. Pouvait-on arrêter de le créditer d'un esprit magique ? Il n'avait pas réponse à tout. Il lui semblait tellement injuste de condamner des personnes qui voulaient agir pour le bien de Konoha. Et pourtant, il fallait bien les dissuader d'agir et des remontrances ne seraient sans doute pas suffisantes.
Shikamaru reporta son regard sur le ciel et les nuages qui y glissaient. Il essayait de retrouver cette sensation d'apaisement mais cela tardait à venir. Il avait cette impression d'être cerné, pressé de tous les côtés. Comment parviendrait-il à s'en sortir ?
Il finit par s'endormir dans un état second avec pour bruit de fond l'activité du sécateur et du mortier. Ino le réveilla trois heures plus tard, il avait l'impression d'avoir passé la sieste à couler : son état était abominable.
— Shikamaru tu es sûr de tenir le coup ?
— Oui, j'ai juste faim, mentit-il dans un grognement.
Il n'était sûr de rien, ni de personne.
À peine deux semaines s'étaient écoulées, pour l'instant il gardait le cap. Il avait de petits yeux et de grosses cernes mais il faisait le taf. Il avait trouvé une sanction pour les ninjas dissidents : un blâme avec la possibilité de participer à l'établissement de l'Alliance (dans l'unique but de les rassurer sur le sort de Konoha et l'autorité du Hokage).
Il avait fini sa classification des menaces internes, Kakashi en avait été très satisfait. Depuis le dossier avait été repris par les ANBU qui devaient établir les profils et surveiller les ninjas menaces. Shikamaru n'était pas tenu au courant et il ne s'en plaignait pas.
Le jeune Nara avait aussi offert deux stratégies de sanctions pour les actes criminels des ninjas à l'étranger. Elles avaient été démolies par les arguments et questionnements du Conseil et il se doutait que c'était un échantillon de ce qui arriverait au Sommet. Malgré tout, il devait proposer autre chose, encore.
La seule source de repos dans cette période des plus stressantes était les lettres qu'il recevait de Temari. Habituellement une par semaine, toujours attendues avec impatience.
Il la redécouvrait par son écriture assertive et piquante. Il lui semblait même qu'elle était plus joueuse que lorsqu'ils se voyaient à Konoha.
Ils discutaient de beaucoup de choses allant des histoires de leur enfance aux voyages qu'ils avaient effectués. Ils échangeaient des nouvelles sur les reconstructions diverses, le Pays du Feu avait beaucoup de mal à revenir à la normal mais il n'était pas le seul.
Chaque lettre contenait son lot de piques et de moqueries mais Shikamaru essayait de ne pas y prêter attention. Ces mots étaient normaux entre eux pourtant plus son moral baissait, plus il aurait aimé recevoir du soutien.
Alors il s'insultait.
Après tout, il n'avait pas parlé à Temari de ses difficultés. Parce que ces informations ne devaient pas quitter Konoha mais aussi parce qu'il avait l'impression d'être bien faiblard de craquer pour si peu. Et il était hors de question d'apparaître comme tel devant la jeune femme.
Les rares fois où elle avait évoqué ses propres missions, elle avait simplement dit qu'elle était satisfaite ou agacée de l'avancement de tel ou tel projet. Elle avait aussi dit qu'elle était contente de la perspective de le voir au Sommet.
Shikamaru n'avait pas su quoi répondre à ce dernier point. Ce serait peu recommandé de profiter d'un sommet diplomatique pour s'offrir une escapade romantique. Il était positivement certain que le Conseil s'y opposerait.
Était-ce qu'elle espérait ?
Le brun avait un gros doute. Après tout sa petite-amie était d'un sérieux à tout épreuve concernant son travail et ses missions. Ce genre de proposition ne lui ressemblait pas.
Pourtant quand elle était venue à Konoha en urgence, elle avait désiré le voir malgré tout. Et cela ne l'avait pas dérangé en plus.
Plus les semaines passaient, plus la perspective de la voir à cette occasion l'angoissait. Comment allait-il faire pour être tous les deux présents et défendre des intérêts contraires ? Allaient-ils se séparer en cas d'importants désaccords ? Mais quelle idée il avait eu de se lier ainsi à l'ambassadrice de Suna…
Les recommandations du Conseil ne l'aidaient pas non plus. Entre ceux qui pensaient à se servir de sa relation et ceux qui le mettaient en garde contre ce que Temari, et par elle Suna, pourrait exiger de lui. Il voulait que cet événement soit derrière eux le plus vite possible.
Et que son corps s'adapte au mieux à son nouveau rythme de vie. Entre les missions qui continuaient à lui tombaient dessus et les leçons du Conseil qui lui demandaient toujours trois heures minimum d'approfondissement derrière, il n'avait jamais le temps de rien. Heureusement que sa mère veillait à ce qu'il ait toujours quelque chose dans le ventre, de gré ou de force.
Les semaines s'écoulaient sans que grand chose ne change. Shikamaru croisait parfois des ninjas de sa promotion mais ne leur parlait pas la plupart du temps. Mélange de flemme et d'occupation.
Rapidement, le jour du Sommet arriva et il dut se mettre en route. Il n'avait jamais effectué de long voyage avec Kakashi donc il ne savait pas à quoi il s'exposait. Dès le départ, Yamato était présent mais pas leur Hokage. Ils durent retarder le départ de trente minutes.
— Ça va être ça tout du long ? questionna le plus jeune avec appréhension au bout d'une dizaine de minutes.
L'ANBU hocha la tête avec fatalité. Le trajet dura trois jours, principalement à cause du rythme de déplacement de leur Hokage. Shikamaru pensa un peu cyniquement que cela nuisait à son image d'élite génial.
Ce sommet avait lieu dans une grande maison dont le jardin venait d'être débroussaillé. Shikamaru dut calmer les battements de son cœur en voyant les arbres tordus et menaçants à l'orée du bois. La guerre était finie.
À l'intérieur, une grande table ronde était installée couverte par une lourde nappe. Les Kage disposaient chacun d'une chaise mais leur conseillers durent se contenter de tabourets. Le service de sécurité surveillait l'ensemble depuis l'étage.
Shikamaru observait tout ce dispositif, les traits des participants, leur manière. Il avait l'impression constante de manquer quelque chose.
Il avait vu Temari et avait laissé son regard glisser sur elle comme si elle ne représentait rien. Alors il avait loupé son léger froncement de sourcils. Puisqu'ils étaient les derniers arrivés, ils commencèrent peu après leur entrée.
C se présenta comme la médiatrice de ce sommet et affirma que son rôle était simplement de s'assurer que tous les sujets qu'ils souhaitaient aborder le seraient dans le temps imparti. Elle montra deux personnes sur des bureaux en retrait qui seraient les greffiers, les rapports leur seraient communiqués à la fin des deux jours. Shikamaru se dit que cela allait être intense.
Il eut raison bien entendu. Ayant beaucoup de sujets à couvrir en peu de temps, les Kage s'étaient préparé en conséquence et chacun savait ce qu'il voulait dire et à qui. Shikamaru fut heureux d'avoir eu autant d'heures consacrées à la préparation de cet événement.
Pendant toute cette première journée, il évita systématiquement tout contact avec Temari. Il assistait bien sagement Kakashi, lui transmettant les documents et les informations quand cela était nécessaire. Notant les arguments à faire valoir à la prochaine session.
Il sentait son corps protester à coup de tics nerveux qu'il faisait taire avec un soin maniaque. Après le Sommet il pourrait s'écrouler. Pas avant.
En plus c'était bientôt à son tour de s'exprimer. Sa troisième proposition avait déjà rencontré beaucoup d'oppositions de la part du Conseil mais il les avait prise en compte pour l'améliorer. Elle serait donc plus robuste que les précédentes. Il se sentait presque confiant quand il se lança.
Plus tard, il mettrait cela sur le compte de la jeunesse.
Sa proposition suivait la politique de la double peine. Puisqu'un ninja qui agirait en criminel dans un autre pays contreviendrait aux lois des deux pays, il devrait subir deux peines. La règle était sévère mais cela devrait dissuader les ninjas et aucun Kage n'aurait à subir une perte de pouvoir.
Le problème était qu'aucun dirigeant n'acceptait de laisser ses subordonnés à la merci d'un homologue étranger. Ainsi le détail de ce à quoi on pourrait condamner un ninja fut sujet à de vifs débats.
Il en découvrit beaucoup sur les anciens châtiments qu'on réservait aux ninjas, qu'ils soient corporels ou mentaux. Si les histoires de son enfance avaient en majorité les pays étrangers pour tortionnaires, il en apprit ici de belles sur son pays natal.
En plus de faire froid dans le dos, ces histoires reflétaient la longue histoire d'inimitié et de violence entre les pays ninja. Les précédentes alliances ninja s'étaient toutes soldées par une trahison ou une tragédie.
Heureusement Shikamaru n'était pas seul dans cette situation. C, la kunoichi médiatrice qui les assistait, avait eu du mal à se faire entendre mais elle y parvint. Elle donna la parole à Temari qui s'était contenté de rester silencieuse aux côtés de son frère pendant les vigoureux échanges.
— Je propose qu'on établisse des critères minimaux pour le traitement des criminels. Ainsi qu'une durée maximale pour l'exécution de la peine.
— Et l'imprescriptibilité, grogna le Tsuchikage bruyamment approuvé par A.
Cette simple déclaration réenclencha une série d'oppositions. Notamment de la part de la Mizukage qui soulignait que cela allait à l'encontre de la politique de double peine.
Sa remarque durcit le débat qui s'éleva encore davantage au point que leur médiatrice mit fin à cette première journée.
Shikamaru sortit dans un état second. Son cerveau fonctionnait à tout allure pour trouver une approche qui pourrait convaincre les Kage de s'accorder sur chacun des sujets abordés aujourd'hui mais le moulin tournait à vide.
Les différents groupes se séparèrent rapidement s'établissant chacun dans un coin de la forêt. Yamato assurait toujours leur sécurité.
Pour la première fois, le jeune chûnin vit son Hokage faire un geste de fatigue : se frotter mollement les yeux. Aussitôt Yamato sortit à manger et commença à faire bouillir de l'eau pour un thé. Personne ne parla et cela convenait à Shikamaru. Il restait assis, les yeux dans le vide, essayant d'aligner ses pensées en désordre.
Yamato avait servi Kakashi et s'assurait qu'il ne manquait de rien. Shikamaru avait encore du mal à croire qu'il s'agissait d'un membre des services spéciaux. Il avait un visage et des gestes si doux. Il ressemblait à certains soignants.
Pourtant, avant même qu'un bruissement ne se fasse entendre, il s'était relevé alerte vers la source d'anormalité. Quelques longues secondes plus tard, Temari apparut. Toujours le même kimono impeccable, la démarche mesurée, les traits tranquilles.
Shikamaru se crispa pour éviter de trembler face à son regard.
