Chapitre 2

Tout le reste de la semaine, Tsubaki évitait soigneusement son frère pas qu'il s'en voulait de l'avoir presque tuer mais il était en colère. Oui, en colère contre lui même pour son manque de prudence et en colère contre Takayanagi qui avait un sang bien trop délicieux pour son propre bien. Ça l'énervait considérablement de le voir tout en sachant qu'il n'avait plus le droit de le toucher. C'était comme agiter un morceau de viande devant un lion affamé et le narguer. En ce moment, il buvait le sang d'une de ses humaines. Il buvait à contrecoeur, le sang de cette dernière était bien fade face à celui de son benjamin. Il la repoussa et la regarda avec dégoût. Celle-ci était effrayée, son maître était vraiment bizarre aujourd'hui, il la rappelait après deux mois de silence et avait à peine bu quelques gorgées de son sang qu'il la repoussait et la regardait comme si elle était un vulgaire déchet.

- Dégage! Ordonna-t-il.

Elle ne se le fit pas dire deux fois et se précipita vers le shoji pour s'éloigner de ce dernier. Tsubaki essuya le sang qui coulait sur son menton avec rage. Au moment où il voulut sortir pour faire un tour pour évacuer ses émotions trop forte, il sentit une présence bien familière et peu désirée derrière lui.

- Qu'est-ce que tu fous là?cracha-t-il en se retournant.

- J'avais envie de te voir. dit calmement Nagi en se reprochant de lui.

L'ainé des Hideki le regarda avec curiosité. Rare était les fois où son frère voulait passer du temps avec lui.

- Pourquoi?

- Juste une envie.

Il s'assit sur le lit sous le regard suspicieux de son ainé puis le regarda dans les yeux.

- Pourquoi m'évites-tu? Si c'est pour la dernière fois je ne t'en veux pas.

- Je n'ai pas envie d'en parler. répliqua Tsubaki froidement.

Nagi, qui était déjà vacciné contre les sauts d'humeur de son ainé, ne se laissa pas démonter et s'approcha de son frère pour le prendre dans ses bras. Certes, il savait que Tsubaki ne l'appréciait pas beaucoup de un parce qu'il était un être rare, de deux parce que leur parent lui accordait une attention particulière et pour finir maintenant il n'avait plus le droit de boire son sang à cause de l'incident de la dernière fois. En plus de ça, son frère ne lui avait jamais prêté grande attention. Ils passaient à peine du temps ensemble. Les seules moments où ils le faisaient étaient lors des dîners qu'ils prenaient toujours en famille et lors des prises de sang. Et même là c'était à peine si ils se parlaient. Mais malgré tout il l'aimait, il était son frère et peu importe son comportement envers lui il aurait toujours de l'affection pour lui.

- Tsu, tu ne devrais pas autant te renfermer, si tu as envie de parler tu peux le faire avec moi. J'aurais toujours du temps à t'accorder.

L'autre eut un rire jaune et le repoussa.

- Et depuis quand es-tu devenu aussi attentionné avec moi?demanda-t-il avec un sourire ironique.

- Je l'ai toujours été c'est toi qui n'a jamais voulu le voir. Tsu tu es mon frère et peu importe nos différents, je m'inquièterai toujours pour toi.

L'ainé des enfants Idiki était sans voix. Il avait toujours cru que son benjamin le détestait.

- Tu as faim?

La question fit sortir Tsubaki de ses pensées et il observa Nagi intensément.

- Si tu as faim, tu peux te servir, je ne dirait rien à père. dit-il en détournant les yeux.

Il le fixa encore un moment mais en conclut que son frère ne le narguait pas. Il se rapprocha de lui et le prit par la taille. Ils se regardèrent dans les yeux et Nagi lui présenta son cou. Tsubaki défit deux boutons de la chemise du plus petit et l'écarta. Ses yeux virèrent à l'ambré et il lécha la peau tendre du cou de son cadet. Il entendit l'autre gémir face à l'attention se qui le motiva pour continuer. Il le mordit et Nagi lâcha une plainte en s'accrochant à son kimono.

- Moins fort. gémit-il avant de mordre sa lèvre inférieure.

Tsubaki s'exécuta en desserrant son emprise. Il prit quelques gorgées du précieux nectar et le relâcha. Il lécha les marques de morsure pour qu'elles disparaissent puis le porta pour l'assoir sur le lit. Il le scruta, les joues de son cadet étaient rouges et il reprenait difficilement son souffle. Il le prit dans ses bras pour qu'il face le moins d'effort possible à cause de son manque de force. Nagi se laissa faire, posant sa tête sur l'épaule de son aîné. Quand le souffle du bleuté devint plus régulier, ils restèrent l'un contre l'autre, regardant les jardins dans un silence tranquille et réconfortant.

- Comment est Kuchiki ?

Nagi sursauta, surpris et par la prise de parole de son aîné et par la question.

- Il est... intéressant.

Tsubaki baissa les yeux pour regarder son visage mais sous cet angle, il ne pouvait voir que le haut de son crâne.

- Comment ça "intéressant"?

- Il est de très bonne compagnie mais...

- Ça te dérange toujours qu'il soit un homme?

- Non, plus maintenant mais... j'envisageais juste le faite qu'il devra prendre un autre calice qui lui donnera un héritier.annonça-t-il gêné.

- Donc tu as à peur que votre mariage finisse en ménage à trois.

Nagi acquiesça de la tête tout en fixant toujours le jardin. Cette hypothèse trottait dans sa tête depuis sa rencontre avec le chef du clan Kuchiki. Il ne pouvait s'en empêcher d'y penser. Il ne pouvait pas refuser ce mariage sinon son père lui en voudrait pour au moins deux vies alors il devra se soumettre à cette dure réalité. Un soupire franchit ses lèvres attirant de nouveau l'attention de Tsubaki qui s'était également perdu dans ses pensées en fixant un point invisible de l'autre côté du jardin.

- Tu ne devrais pas t'en faire pour ça, tu y réfléchiras en temps voulu donc arrête de te prendre la tête.

- Hum.

Il eut un nouveau silence. C'était la première vraie conversation qu'ils avaient tous les deux alors ce silence était un moyen de ne pas briser la magie du moment. Ce fut un domestique qui vint briser cette bulle agréable en venant annoncer le dîner. Ce dernier fut particulièrement stupéfait de voir ses maîtres ensemble tout en sachant qu'ils s'ignoraient généralement mais ne pipa mots. Ils se levèrent et partirent ensemble dans la salle à manger où tout le monde était déjà présent.

CCC

Les trois mois s'étaient écoulés plus vite que prévu. Byakuya et Nagi s'étaient considérablement rapprochés. Byakuya apprenait à Nagi certaines coutumes de son clan, lui narrant des Histoires de ses ancêtres à défaut de passer le reste du temps à en apprendre un peu plus sur le jeune homme. Nagi quant à lui, prenait de plus en plus bien le faite de finir sa vie (si elle prenait fin) avec un homme. Byakuya, bien qu'il ne le montrait que rarement, était très attentionné avec lui. Il l'écoutait toujours avec patience et lui apprenait les meilleurs de son clan avec dextérité. Le bleuté le trouvait fascinant.

Alors que tout deux se promenait dans les jardins environnants le domaine Hideki, Nagi prit son courage à deux mains et posa la question qui l'intriguait depuis leur première entrevue.

- Kuchiki-sama?

- Ne t'ai-je pas déjà demandé de m'appeler par mon prénom?

Nagi rougit à cette remarque. Le plus âgé avait beau lui demander de l'appeler par son prénom mais Nagi ne le faisait pas où plutôt n'y arrivait pas. Il avait bien trop de respect pour sa personne pour mettre de côté son titre, même en privé.

- Je voudrais vous posez une question qui me tient à coeur. Dit-il en évitant l'interrogation de son aîné.

Byakuya arrêta sa marche pour le regarder dans les yeux. Nagi baissa les siens, gêné.

- Je t'écoute.

- Je vais devenir votre calice mais je ne pourrais pas vous donner d'héritier. Allez-vous vous liez de nouveau?

Il eut un blanc. Byakuya observait attentivement son cadet, il comprenait ses peurs et ses doutes sur leur union. Lui-même se posait des questions sur la tournure qu'allait prendre leur couple dans quelques années. Les anciens voudront forcément qu'il prenne une compagne pour lui donner des enfants mais il appréciait grandement le bleuté et voyait mal une relation à trois. Il avait remarqué que les nobles dans son cas avaient beaucoup de mal à gérer leurs calices qui se faisaient des coups bas à longueur de journée et dans d'autre cas, ces derniers allaient même jusqu'à tuer le/la rivale.

Il se rapprocha de Nagi et de son index releva le menton du bleuté pour le regarder dans les yeux. Ce dernier, qui fut étonné de la soudaine proximité entre eux, se figea.

- Quoiqu'il arrive, je ne te tournerai jamais le dos. Même si le conseil de mon clan m'attribue un autre calice, tu seras toujours ma principale préoccupation. Commença-t-il d'une voix qui se voulait réconfortante.

Nagi écarquilla les yeux et rougit.

- Peu importe ce qui arrivera, tu seras et resteras l'unique à mes yeux. Dit-il en passant sa main sur sa joue. L'unique que j'aime.

Les larmes montèrent aux yeux du bleuté. Byakuya lui offrit une esquisse de sourire avant de l'embrasser sur le front. Nagi se blottit contre lui et le brun passa ses bras autour de ses épaules. Ils restèrent un moment ainsi et se fut le chef du clan Kuchiki qui mit fin à l'étreinte.

- Nous devrions rentrer. Dit-il en observant les nuages qui devenaient sombres.

Nagi acquiesça et ils prirent le chemin menant à la maison. Un silence agréable s'était installé. Le bleuté zieutait de temps en temps le plus âgé. Il l'admirait tellement, plus les jours passaient plus il comprenait pourquoi il était tant convoité dans le monde de la noblesse. Il se rendait compte de la chance qu'il avait de pouvoir se marier avec lui d'autres désiraient sérieusement sa place. Alors qu'il l'observait depuis quelques minutes sans s'en rendre compte, la voix de Kuchiki s'élèva, amusé.

- Suis-je si captivant que ça?

Nagi sursauta et rougit.

- Excusez-moi si je vous ai importuné.

Byakuya lui lança un regard qui ne laissa pas paraître son amusement. Les réactions confuses de son cadet étaient si attrayantes qu'il ne pouvait s'empêcher de le taquiner.

- Il n'y a pas de mal, cela me réjouit d'être ainsi ton centre d'attention.

Nagi était encore plus gêné de s'être fait prendre en pleine séance de matage. Il essaya de se faire tout petit tout le long du trajet. Ils arrivèrent enfin à la demeure et se dirigèrent directement vers un petit salon. Dans un des couloirs, le bleuté commanda à un domestique de leur faire parvenir du thé et des confiseries. Ils entrèrent dans le salon et se dirigèrent vers la petite terrasse pour s'y asseoir. Ces derniers étaient assis en tailleur face à face. Tout deux fixaient l'étendue de fleurs qui se dressait devant eux. En les regardant, Nagi essayait de visualiser les contrées de la famille Kuchiki. Byakuya lui avait dit que celle-ci était parcourut de cerisiers d'où le nom "Senbonzakura" (milliers de cerisiers) qui lui avait été attribué dans les registres du royaume. Ici, il y en avait à peine. Il voulait vraiment avoir cette vision sous les yeux, elle devait être magnifique.

- Pourquoi ne voulez-vous pas que je vienne sur vos terres avant notre union?

Byakuya ne laissa pas voir sa surprise d'être ainsi coupé dans sa léthargie et tourna nonchalamment son visage vers lui.

- Je te l'ai déjà expliqué, ceux sont les traditions qui le veulent, tu viendras dans mon domaine que pour y rester définitivement. Ne soit pas si impatient, nous nous marierons la semaine prochaine, alors prend ton mal en patience.

Nagi bouda, il avait tellement envie de voir des sakuras par milliers. Le domestique arriva avec un plateau rempli et posa le tout sur la petite table dans un silence religieux et s'en alla tout aussi discrètement. Byakuya se saisit de sa tasse de thé et prit quelques gorgées du breuvage. Même dans sa manière de boire le thé il dégageait un certain panache. Le bleuté prit également la sienne et but le contenu.

- Ma petite soeur viendra demain pour t'aider à choisir ta tenue de cérémonie. Elle souhaite te rencontrer avant la semaine prochaine. Annonça le brun.

Son voisin le fixait depuis le début de sa tirade. Byakuya lui avait un peu parlé de sa chère soeur, il semblait l'aimer énormément et l'a protégerait même au péril de sa vie. Il était impatient de la connaître, il présentait qu'ils allaient bien s'entendre.

- Elle te testera sûrement alors prépare toi. conclut-il en reposant sa tasse de thé.

- Me tester?

Byakuya soupira.

- Elle est un peu puéril, elle va te poser des questions juste pour être sûr que tu soit digne de moi.

Nagi leva un sourcil, septique. Ils étaient déjà destinés à se marier, ça l'étonnerait que les sages de la famille Kuchiki change d'avis à cause du jugement de cette dernière. Mais comme l'on n'est jamais trop prudent, il se jura de faire bonne impression. Byakuya lui énuméra encore quelques détails avant de partir car ils ne se rêveraient que la semaine qui suivante.