Takayanagi regardait, avec un air absent, le jardin depuis la véranda de sa chambre. La douleur et la tristesse qui résidait en lui depuis que son Alpha avait quitté la chambre lui avaient retiré la joie et l'apaisement avec lesquels il était revenu de chez ses parents. Il entendait Hanataro s'activer dans la chambre derrière lui mais il n'était pas vraiment conscient de tout ce qui l'entourait. Focalisé sur le souvenir du regard haineux et déçu qu'avait porté Byakuya sur lui. Il avait envie de le rejoindre et de lui faire comprendre qu'il n'y était vraiment pour rien et qu'Hisana l'avait piégé. Mais, dans l'état dans lequel il était, le calice avait peur qu'il s'en prenne à lui. Takayanagi n'aurait jamais pensé que son compagnon lui ferait autant peur un jour.
Le Bêta n'eut aucune réaction lorsque sa belle-sœur vint s'asseoir à ses côtés. Cela ne l'étonnait même pas de la voir là. La nouvelle de son retrait avait dû déjà faire le tour de la famille. Rukia posa sa main sur la sienne et il eut un frisson avant de poser son regard sur elle.
- Qu'est-ce qui s'est passé Nagi ? Demanda-t-elle avec un regard inquiet. Pourquoi Nii-sama t'a-t-il envoyé dans votre résidence secondaire ?
Le susnommé la regarda longuement avant de reporter son attention sur le point d'eau qui était au centre de son jardin.
- A quoi bon te le dire ? Cela ne changera rien à la décision de ton frère.
- Je ne comprends pas pourquoi il t'envoie tout seul aussi loin en montagne, il semblait en colère pendant la réunion. Qu'as-tu fait pour attirer ses foudres ? Insista-t-elle.
- Rien portant. Dit-il avec un regard tourmenté.
Rukia fronça les sourcils.
- Nii-sama ne peut pas te punir sans raison valable, Nagi.
- Je n'ai rien fait ! Finit-il par crier en se levant. Je n'ai aucunement péché et Kuchiki-sama préfère croire les mensonges d'Hisana que d'écouter ma version de l'histoire.
La jeune femme avait sursauté lorsque Nagi s'était brusquement levé en haussant le ton. Elle se leva également et prit dans ses bras, le corps tremblant de son beau-frère. Elle fit de son mieux pour le calmer et le refit s'asseoir. Alors, Takayanagi lui raconta tout. De la proposition de sa mère à l'achat du cadeau pour féliciter sa rivale. Du coup monté d'Hisana avec ses cousines, ainsi que la violence avec laquelle son Alpha s'était empris sans tenir compte de sa version de l'histoire.
- Il ne m'a pas écouté Rukia, il s'est juste jeté sur moi sans essayer de comprendre. Maintenant, il me châtie pour une faute que je n'ai même pas commise.
- C'est inadmissible. Dit Rukia en colère, les yeux fluorescents. Je vais en toucher deux mots à Nii-sama. Il ne peut pas te condamner alors qu'il ne t'a même pas écouté. J'y vais de ce pas. Conclut-elle en se levant.
Le calice la regarda s'éloigner sans grande conviction. C'était une perte de temps, il ne l'écouterait pas car il savait que Rukia ferait tout pour le protéger, même mentir. Même si elle lui disait la vérité à sa place, Byakuya ne le croirait pas. Il reporta son attention sur l'étang. Deux heures plus tard, ce fut la voix d'Hanataro qui le sortit de ses pensées. Il se tourna vers lui et croisa le regard triste et préoccupé de son ami.
- Vous devriez vous reposer un peu Nagi-sama, il se fait tard et nous devons prendre la route dans quelques heures.
Nagi lui lança un regard vide qui le mit mal à l'aise. Celui-ci le fixa un moment avant de l'ignorer. Le domestique soupira. Au lieu de se retirer, il demeura au côté de son seigneur, assit sur ses talons. Ulquiorra vint les rejoindre plus tard, ne trouvant pas également le sommeil après avoir appris la nouvelle. Son vampire était muet comme une tombe et semblait toujours choqué par ce qu'il avait vécu. L'humain voulait connaître la raison de cet exil mais un coup d'œil à Takayanagi le dissuada de poser la question.
L'heure du départ arriva bien vite. Hanataro se leva et alla préparer le bain de son seigneur. Ulquiorra posa une main sur le bras du vampire qui posa lui prêta atttention. Il frissonna face à cette indifférence et l'incita à se lever pour qu'il prenne son bain. Nagi se leva, suivant son donneur dans la salle d'eau. Ce dernier entra dans le bain avec lui et s'occupa de lui, demandant à Hanataro de lui apporter ses vêtements qu'il avait apprêté la veille. Il comptait s'occuper du vampire ce qui permettait au domestique de s'apprêter et d'apporter une collation avant le départ.
A la première lueur du jour, Takayanagi était déjà au pied des escaliers de la demeure. Il fixait les gardes qui rangeaient ses affaires et ceux des quelques domestiques qui ferai le voyage avec lui. Il y avait des serviteurs qui résidaient dans leurs maisons secondaires mais l'abondance ne nuisait pas. Il n'eut aucune réaction lorsque des bras enlacèrent ses épaules.
- Je suis désolé, nous n'avons pas pu le convaincre. Dit Renji d'une voix abattu.
- Vous a-t-il seulement écouté ? Demanda Nagi après quelques minutes.
L'Alpha ne lui répondit pas, confirmant ses certitudes. Il se tourna pour faire face à son beau-frère qui desserra son étreinte.
- Elle n'a pas eu la force de venir te dire au-revoir. Elle viendra sûrement te rejoindre dans la semaine prochaine.
Nagi acquiesça, lui-même ne se sentait pas en lui la force de réconforter une Rukia abattue et pleurant à chaudes larmes. Il craquerait sûrement. Il se faisait violence pour ne pas céder à son désarroi et garder la tête haute. Du moins, jusqu'à ce qu'il arrive à destination.
- Est-ce toi qui va m'escorter ? Demanda-t-il en le regardant dans les yeux.
Renji détourna le regard et son cœur se serra.
- Il a refusé que je t'accompagne. Rikichi t'accompagnera. Dit-il en caressant sa joue. J'ai entièrement confiance en lui.
Le calice acquiesça avant de baisser la tête.
- Viendra-t-il me souhaiter bon vent ? demanda-t-il d'une petite voix.
L'alpha le reprit dans ses bras et le serra contre lui.
- Je vois. Dit-il d'une voix d'où Renji perçu la tristesse.
- Fukutaichou, nous avons terminé. Nous sommes prêts pour prendre la route. Dit une voix sur leur droite.
- Bien. Dit le chef de l'armée du clan Kuchiki.
Il reporta son attention sur le Bêta qui s'était détaché de lui. Ce dernier se retourna, se dirigeant vers le carrosse suivi de l'Alpha. Celui-ci l'aida à y monter et lança une brève salutation à Ulquiorra et Hanataro.
- Je viendrais te voir dès que j'aurais le moindre relâchement. Promit-il.
Nagi lui fit un sourire triste.
- Je t'attendrai.
Renji ferma la portière et le calice lança un dernier regard désespéré à la porte. Priant intérieurement que son Alpha vienne le chercher, mettant fin à tout ce bazar, mais rien ne se produisit. Il baissa la tête et regarda la main de son donneur qui était posé sur la sienne.
- Relever la tête Nagi-sama.
Il soupira et se reconstitua une expression impassible. Les grandes portes s'ouvrirent et le calice sursauta tournant brusquement la tête vers celle-ci avec espoir. Mais, ce n'était qu'Hisana et ses deux complices, qui venaient sûrement se délecter de son départ. Il ne leur accorda pas un seul regard de plus et le cortège quitta la résidence principale.
CCC
Ils arrivèrent à la résidence secondaire près de la montagne en soirée. Le voyage avait été épuisant et tout le monde se réjouissait d'être enfin arrivé. Des domestiques les attendaient déjà à l'entrée de la demeure et tous s'inclinèrent en le voyant avant de s'activer autour des carrosses pour les décharger. Takayanagi s'arrêta après être descendu, lançant un regard vide l'endroit qui allait être désormais sa « prison » jusqu'à nouvel ordre. Il soupira en suivant le domestique qui le guida Ulquiorra et lui jusqu'à leur chambre respective. Il connaissait déjà le chemin mais bon, il n'allait pas l'empêcher de faire son travail. Ulquiorra fut le premier à regagner ses appartements car c'était sur le chemin puis le domestique le guida jusqu'à 'leur' chambre. Nagi le congédia et se dirigea vers les battants pour les ouvrir, ignorant la nourriture qui était posée sur la table basse. Il s'assit sur la véranda et leva la tête pour contempler les étoiles.
Qu'avait-il fait aux dieux pour qu'autant de malheurs s'abattent sur lui ? Etait-ce trop demandé de mener une vie tranquille avec l'homme qu'il aimait ?
Sans vraiment s'en rendre compte, les larmes coulèrent sur ses joues.
CCC
Les jours passèrent et l'état du calice ne s'améliorait pas. Il mangeait à peine et cela parce qu'Ulquiorra le forçait à le faire. Les domestiques ne savaient vraiment pas comment gérer le vampire qui semblait vouloir se laisser mourir. La nouvelle de son écart contre Hisana c'était répondu et Hanataro et Ulquiorra était ses seuls défenseurs, n'ayant pas la force ou plutôt l'envie de les contredire. Nagi restait simplement dans sa chambre et broyait du noir. Lorsque Rukia vint lui rendre vite deux semaines plus tard à cause d'un empêchement, elle éclata en sanglots en voyant son beau-frère et ami dans un état si déplorable.
Voir la jeune femme pleurer pour lui donna un sursaut de conscience au calice du chef du clan Kuchiki car il essaya le plus possible de faire des efforts pour qu'elle ne soit pas mal à l'aise et s'inquiète pendant son séjour. Son manège marcha à peine et cette dernière fit de son mieux pour lui redonner un peu de poids et des couleurs. La venue de la jeune femme brisa l'ambiance morose qui avait élu domicile dans la maison et un semblant de quiétude s'installa. Ulquiorra et Hanataro se réjouissaient de sa venue car il ne savait plus quoi faire pour sortir leur seigneur de son mutisme.
Cette ambiance ne dura pas longtemps car, deux semaines plus tard, elle dut repartir rejoindre son Alpha. Malgré l'air rassurant de Nagi qui lui promettait de faire attention et de bien manger, elle n'était pas rassurée, elle avait peur qu'il fasse une bêtise. Elle l'avait surpris de nombreuses fois en train de fixer la collection de Katana que son frère conservait dans son bureau. A son retour, elle en parlerait à Renji. En attendant, elle fit promettre à Hanataro et Ulquiorra de s'occuper de lui et de la prévenir s'il remarquait quelque chose de louche. Sur ces précautions peu convaincantes, elle retourna à la capitale.
Toute la maisonnée pensait que le départ d'Abaraï-sama allait mettre un terme aux bonnes résolutions de Takayanagi mais il n'en fut rien. Il continuait de manger à peu près convenablement et entretenait le jardin qu'il avait fait non loin de ses quartiers. Il avait même commencé à trainer en cuisine pour observer les domestiques préparer et le jour où il demanda à apprendre pour tuer son ennui, il eut un petit sourire en voyant les regards horrifiés des serviteurs. Hanataro avait bien essayé de l'en dissuader mais avait vite abandonné en comprenant que son maitre essayait d'occuper son esprit pour éviter de penser. Puis, deux mois plus tard, Nagi commença à envoyer des lettres à son Alpha, demandant audience car son absence le minait. Il écrivit tous les deux jours, expliquant sa peine, son désarroi et sa douleur mais il n'eut aucun retour. Cela ne le découragea pas, insistant toujours même après un mois d'ignorance.
Renji n'était toujours pas venu le voir, mais il lui écrivait chaque semaine. Cela le réconfortait à peine. L'affection d'Ulquiorra ne lui suffisait plus. Il se sentait seul et délaissé. L'expression rassurante qu'arborait le calice à longueur de journée ne trompait personne car tous savaient qu'à la tombée de la nuit, ses démons le rattrapaient et il se laissait aller sur ses oreillers. Combien de fois Hanataro ou Ulquiorra l'avaient retrouvé en train de pleurer un matin après une nuit blanche. Combien de fois, un cri strident les avait réveillés en plein milieu de la nuit. Ils avaient tous perdu le compte. Même si personne ne voulait le dire ou l'admettre à haute voix, ils avaient le pressentiment que si le seigneur Kuchiki ne se rapprochait pas de son calice, il allait, sans aucun doute, se donner la mort.
Un samedi, alors que Takayanagi arrosait des roses, il fut interrompu par Hanataro qui l'informa que Ginrei Kuchiki-dono était présent et qu'il l'attendait dans l'un des salons. Il fut très surpris et touché que l'Alpha ait fait le déplacement jusqu'ici malgré sa condition. Il reporta son activité à plus tard et alla s'apprêter afin de rejoindre son invité. Une vingtaine de minutes plus tard, il entrait dans le dit salon. Un petit sourire étira ses lèvres lorsque son regard croisa celui rassurant du plus âgé. Ce dernier lui rendit son sourire et Takayanagi vint s'asseoir en face de lui.
- Je suis heureux de vous revoir Kuchiki-dono. Salua le calice.
- Le plaisir est partagé. Répondit l'Alpha. Je constate avec amertume que mes doutes te concernant étaient fondés. Dit le vieil homme après l'avoir observé quelques secondes.
Nagi haussa un sourcil.
- Tu es dans un bien piètre état. Dit-il franchement.
Le rouge monta aux joues du Bêta.
- Veuillez m'excuser de me présenter ainsi devant vous mais... je traverse une période...difficile. Murmura-t-il à la fin.
- Je n'en doute pas mon enfant. Byakuya a été plutôt sévère en t'envoyant aussi loin sans prendre la peine de venir de temps en temps te voir pour entretenir le lien. Dit-il avant de prendre une gorgée de son thé.
Nagi ne répondit pas, baissant la tête pour fixer ses mains.
- Certes m'enquérir de ton état était mon but premier, mais tu dois te douter de la véritable raison de ma venue. Ajouta-il en posant ses orbes bleus sur lui.
- Rukia ne vous a pas informé ? Demanda-t-il, surpris, en reportant son regard sur lui.
- Bien évidemment, mais je préfère entendre la vérité de ta bouche. Dit-il en posant sa tasse. Alors, je te le demande et je veux que tu me dises la stricte vérité. Kuchiki Takayanagi, que s'est-il passé cet après-midi dans les quartiers d'Hisana ?
Le calice le fixa un moment, prit une grande inspiration, avant de tout lui raconter. Le plus âgé l'écoutait avec attention et ne laissa rien transparaître de ses émotions tous le long de la tirade de Nagi.
- Je ne lui aurais jamais fait de mal Kuchiki-dono. Surtout dans l'état dans lequel elle est. Mais Byakuya-sama n'a rien voulu entendre. Maintenant, je suis enfermé ici alors que mon seul crime a été de vouloir féliciter Hisana. Conclut-il.
Il eut un long silence.
- Je vois, je vais m'entretenir avec mon petit-fils à ce sujet. Tu ne peux rester ici dans de telles conditions. Tu te détériores à vue d'œil, votre lien risque d'en prendre un coup. Même s'il ne veut pas admettre la vérité, il doit s'occuper au moins de toi convenablement.
- Il ne vous croira peut-être pas. Dit-il en baissant les yeux. Tout comme Rukia, vous êtes proche de moi et moins d'Hisana. Il pensera que vous voulez me défendre par tous les moyens.
- Je ne suis pas de ceux qui défendent les pêcheurs juste parce qu'ils sont de mon clan ou parce qu'ils font partie de mes proches. Si tu avais été en tort, je n'aurais pas pris cette décision. Dit-il d'une voix froide qui fit frissonner Nagi. Dans ce cas, la faute ne t'incombe pas. Alors, je prendrais ta défense.
Un petit sourire étira les lèvres du calice. L'alpha resta deux heures de plus pour discuter un peu avec le plus jeune avant de quitter la maison pour reprendre la route. Avant de monter dans le carrosse, il se tourna vers Takayanagi qui l'avait escorté. Il se rapprocha de lui et les yeux du calice s'écarquillèrent lorsqu'il posa sa main sur sa joue. Malgré la complicité qu'il y avait entre eux, Girei n'était pas très tactile avec lui.
- Ne t'inquiète pas Nagi, la semaine à venir ne s'achèvera pas sans que Byakuya ne foule le seuil de cette maison. Je t'en fais le serment. Promit-il en caressant sa joue.
Le calice le fixa longuement avant que les larmes ne viennent embuer ses yeux.
- Merci, Kuchiki-dono.
Girei hocha la tête et retira sa main. Mais, lorsqu'il voulut se retourner, le plus jeune l'interpella.
- Puis-je vous faire une requête ? Demanda Nagi.
- Je t'écoute. Dit l'Alpha après avoir haussé un sourcil.
- J'aimerais que vous me preniez dans vos bras.
Pour être surpris, le plus âgé était surpris. Il s'attendait à tout sauf à une telle demande. Il l'examina un moment son cadet, et conclu au regard plein d'espoir de celui-ci, qu'il avait désespérément besoin de réconfort. Alors, il ouvrit les bras et le calice vint se réfugier au creux de ceux-ci. L'Alpha passa une main réconfortante dans son dos et soupira lorsqu'il le sentit se détendre contre lui. Son petit-fils ne devait sûrement pas évaluer l'état de détresse dans lequel était son compagnon. Il n'était pas contre une punition pour une faute mais pas une de la sorte. Un calice souffrait plus d'une séparation que son Alpha. Quatre mois s'étaient déjà écoulées, il était temps de mettre fin à cet exil.
Ginrei repoussa doucement le Bêta, le salua avant de monter dans son véhicule afin de prendre la route.
CCC
Takayanagi avait attendu une lettre de son Alpha lui annonçant son arrivé tout le long de la semaine. Il avait même fait des efforts pour bien se nourrir afin d'être quelque peu présentable à son arrivé, ce qui avait réjoui tous les habitants de la maison. Pendant une discussion sur la composition de la faune de la zone dans laquelle ils étaient avec Ulquiorra, Miyako pénétra sans s'annoncer dans la chambre du donneur, les faisant sursauter.
- Que se passe-t-il Miyako ? Demanda le vampire les sourcils froncés.
- Kuchiki-dono est là, Nagi-sama. Il est venu. Dit-elle, joyeuse, en prenant ses mains.
Le cœur de celui-ci rata un battement alors qu'une joie indescriptible emplissait son être. Il se leva précipitamment et alla à la rencontre de son Alpha qui l'attendait, selon les dires de la domestique, dans son bureau. Il pénétra dans celui-ci et il ne put retenir ses larmes lorsque que ses yeux croisèrent ceux de son compagnon. Le calice se précipita sur lui et l'enlaça.
- Vous êtes venu ! Vous êtes venu ! Vous m'avez tellement manqué, Byakuya-sama. Dit-il en resserrant son étreinte.
Il ne reçut aucune réponse mais il n'en avait que faire. La simple présence de son Alpha suffisait à combler son cœur de joie. Mais, il fut surpris lorsque Byakuya le repoussa un peu brusquement, il posa son regard emplit d'incompréhension sur son compagnon et se crispa en y voyant de la colère.
- Qu'est-ce que tu as raconté à mon grand-père ? Demanda-t-il avec hargne.
- Byakuya-sa...
- Répond. Ordonna-t-il en se saisissant durement de son avant-bras.
Takayanagi grimaça.
- Je lui ai raconté ce qui s'est passé ce jour-là.
- En modifiant la réalité à ta guise. Accusa-t-il la mâchoire crispée. Jusqu'à quand vas-tu t'en prendre à Hisana de la sorte ?
- Je n'ai dit que la stricte vérité, Byakuya-sama. Je vous jure sur mon honneur et sur l'amour que je vous porte que je n'ai proféré aucun mensonge. Elle a monté toute cette mascarade pour...
- Suffit ! dit-il en libérant son aura d'Alpha.
Nagi cria de douleur en tombant à genoux, Byakuya serrant toujours son avant-bras, y imprimant les traces de ses doigts.
- Je comptais te laisser ici un mois de plus avant de te faire revenir à mes côtés, mais je constate avec amertume que la leçon que je voulais te donner n'a pas été comprise. Tu es une nuisance pour ce clan et tu es prêt à tout, même à te servir de mon grand-père qui t'apprécie grandement pour arriver à tes fins. Dit-il entre ses dents en resserrant son emprise, arrachant un couinement de douleur à son calice qui pleurait. Tu résideras désormais ici, je ne veux plus te voir à la capital, et cela, quel que soit le motif. Si tu outrepasses cet ordre, ton châtiment sera à la hauteur de toutes tes mesquineries. Dit-il en repoussant le Bêta qui tomba.
- Pitié, Byakuya-sama ! Ne me laissez pas ici ! Je vous en prie ! Supplia Nagi en s'accrochant à son kimono.
L'Alpha lui lançant un regard haineux.
- Tu as été une erreur dans ma vie. Je n'arrive pas à croire que j'ai vécu aussi longtemps avec un être aussi fourbe que toi et que je ne m'en sois pas rendu compte. Qu'aurais-tu fait après ? Aurais-tu essayé de tuer mon héritier juste pour la simple raison que tu ne puisses pas m'en donner un ? Heureusement, qu'Hisana est venue m'ouvrir les yeux. Tu es une menace pour ma famille.
- Je vous aime ! Je ne vous aurais jamais fait une chose pareille !
- Baliverne. Tu n'aimes que tes propres intérêts. Dit-il en le repoussant de nouveau, se dirigeant vers la porte. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même, Takayanagi. Tu ne fais que récolter ce que tu as semé.
Byakuya s'arrêta devant celle-ci et tourna légèrement la tête sur le côté pour lancer un dernier regard au corps tremblant.
- Rappel toi que tout ce qui t'arrive est strictement de ta faute. Toi et personne d'autre. Conclut-il avant de partir.
