Et voici un nouveau chapitre ! Encore merci pour vos commentaires et de laisser une chance à cette histoire ;) Ces premiers chapitres servent encore d'introduction, mais bientôt beaucoup plus d'action est à prévoir.
Chapitre III : If
Mangez le reste de l'œuf de Basilic que vous avez fait naitre,
Pour donner à votre sang le pouvoir d'en être le maître.
Note de bas de page du Codex de Serpentard
Le dimanche passa étonnamment bien. Depuis qu'il s'était rapproché de Sal, aucune des Sœurs Gorgone ne venaient lui chercher des noises. Mieux encore, du fait de la réputation immérité du jeune Jedusor, tout le monde le laissait tranquille. Il avait passé la journée dans le parc et au bord du lac. Salazar connaissait tous ce qu'il y avait à savoir en créature magique et notamment en être des eaux. Il fallait absolument qu'il rencontre Newt. Quand le soir vint pour sa deuxième retenue, Eddy s'exécuta nonchalamment. Il finit de ramasser les toiles d'araignées dans la clairière avec Hagrid sans avoir le courage d'interroger le demi géant sur la provenance mystérieuse des Acromentules qu'il n'avait jamais croisé et espérait ne jamais voir de sa vie.
Le lendemain arriva rapidement et avec lui le début de la semaine. Dans son euphorie, Eddy avait oublié un tout petit détail qui lui sauta à la figure alors qu'il s'asseyait en cours de Métamorphose. Salazar sembla hésiter entre sa sœur et lui, puis finalement se mit près de lui sous le regard furieux de sa sœur qui ne desserra pas les dents quand le professeur McGonagall fit son entrée.
Elle distribua des hérissons qu'ils devaient transformer en belotte d'aiguille d'un coup de baguette. Le geste montré par la femme avait beau sembler simple, il n'en restait pas moins qu'Eddy était tétanisé. Lentement il sortit sa baguette qui n'avait pas quitté sa poche depuis son arrivée à Poudlard. Certains élèves semblaient en peine, d'autres comme Médusa et Rita avaient déjà réussi l'exercice et se tournaient les pouces en ricanant. Quand le professeur McGonagall s'approcha de sa tablée avec Salazar et leur demanda des résultats, Eddy eut à nouveau envie de prendre ses jambes à son cou.
Salazar d'un geste négligeant transforma son hérisson en deux autres hérissons. Si l'exploit eut l'air d'interloquer McGonagall, ce n'était pas l'exercice demandé. Après avoir admonesté Sal à plus de concentration elle se tourna vers Eddy.
—Mr Lee ? J'aimerai beaucoup vous voir à l'œuvre plutôt qu'à imiter un hérisson. Vous ne disparaîtrez pas en vous recroquevillant, allons.
Eddy saisit sa baguette et tenta le mouvement indiqué, une fois, deux fois, puis une dizaine de fois sous le regard intransigeant de McGonagall. Comme c'était à prévoir rien ne se passa.
—Si c'est un cracmol, tu m'étonnes qu'il vrille de frustration. Pas facile de vivre avec de vrais sorciers, siffla Bellatrix à Skeeter.
—Miss Black, dehors. Vingt points en moins pour Serpentard.
D'un bond Bellatrix se releva en montrant les dents, lui donnant l'air d'un chat furieux. Un sortilège de McGonagall l'expulsa hors de la salle sous les acclamations de quelques Gryffondors et quelques Pouffsoufles et Skeeter eut l'air épouvanté. Quand la professeure de métamorphose reposa les yeux sur lui ce fut avec un air à la fois satisfait et emprunt de sollicitude.
—Mr Lee puis-je voir votre baguette ?
Lentement Eddy lui tendit son bien. McGonagall remit ses lunettes triangulaires du bout des doigts en observant sous toutes les coutures sa baguette.
—Du bois d'if… votre baguette vous a choisi Mr Lee, n'est-ce pas ?
—O-oui.
—Sachez que les baguettes en bois d'if ne choisissent pas n'importe quel sorcier, ce serait même disons des sorciers sortant de l'ordinaire. Rares sont les sorciers à posséder ce genre de baguette. Vous n'êtes pas un cracmol, ça je peux vous le certifier. Mais cette baguette possède un certain caractère qu'il vous faudra apprendre à comprendre. Du travail vous attend Mr Lee, mais je n'ai aucun doute que vous y arriverez.
Elle lui rendit sa baguette dans un sourire petit sourire alors que la cloche sonnait. Eddy avait le cœur un peu plus léger, pour autant scène similaire se reproduisit en classe de sortilège, il était bien incapable de faire jaillir les étincelles enflammées demandées par le professeur Flitwick. Ce fut donc avec une masse de travail supplémentaire considérable qu'il entama le chemin de la classe de Défense contre les forces du mal après déjeuner. Salazar à ses côtés semblait particulièrement joyeux.
—Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça ?
—Mon père n'est pas là. Il sera absent toute la semaine. C'est sa suppléante Eileen Prince, elle est très gentille.
—Ça arrive souvent qu'il s'absente comme ça ? demanda Eddy en croulant sous le poids des manuels supplémentaires que lui avaient fait parvenir ses professeurs.
—Une ou deux fois par trimestre, ça dépend, ânonna Sal un peu mystérieusement. Il fait des recherches.
Ces absences régulières devaient sans doute satisfaire Dumbledore qui n'avait pas caché sa méfiance envers ce professeur.
Eileen Prince était une grande sorcière habillée d'une robe couleur prune. Elle avait de longs cheveux noirs, des yeux sombres et un teint cireux lui donnant l'air de sortir d'une terrible maladie. Elle poursuivit le cours sur les strangulots et entama une leçon sur les loups garous. Quand la cloche sonna Eddy rangea ses livres dans son sac et suivit Jedusor vers leur salle commune avant d'aller en retenue avec le professeur Belline. Comme à son habitude Charme l'attendait devant l'entrée de la salle de classe et lui emboita joyeusement le pas. Ils croisèrent les sœurs Gorgone sur leur chemin. Si Rita les observait d'un œil curieux, Bellatrix et Médusa décochèrent à Eddy un regard si noir qu'il dut réprimer un frisson. Il sentait qu'elles avaient bien l'intention de passer à l'action sous peu.
Le lendemain en se rendant au petit déjeuner avec Sal, Eddy se rendit compte que Charme n'était pas avec eux. Il l'appela dans la salle commune sans que son fléreur ne daigne venir. Interloqué, il suivit néanmoins son nouvel ami vers la Grande Salle. C'était le jour du courrier. De multiples oiseaux volaient dans la Grande Salle apportant des messages à tous les élèves. Eddy eut la surprise de voir Icare, le hibou de Tina voler vers lui avec un énorme paquet ajouré d'une petite lettre. Il caressa l'animal, lui donna un morceau de son toast alors qu'il s'envolait hors de la Grande Salle.
À l'intérieur du colis, Tina lui avait envoyé une montagne de chocogrenouilles, de vieilles affaires à lui, mais surtout un ouvrage complet sur la flore asiatique. Ému de ce présent, Eddy ouvrit la missive.
« Eddy,
Tu ne sais pas à quel point nous avons été heureux de recevoir ta lettre. Nous venons de rentrer du Japon, nous partirons en Egypte la semaine prochaine pour une excursion dans la Vallée des Rois, mais Newt a besoin de repos. Il n'est plus aussi jeune qu'autrefois bien qu'il refuse de l'entendre. C'est fantastique que tu te sois fais un nouvel ami ! Tout avance, comme je te l'avais promis. J'espère que nous pourrons le rencontrer.
Je t'embrasse,
Ta Tina.
Mon grand,
Après les mots de Tina je ne sais pas quoi ajouter comme félicitations si ce n'est que je suis très fier de toi. Concernant ce garçon dont tu nous as parlé je n'ai jamais entendu parler d'une telle chose. Je vais faire quelques recherches. Le monde est vaste et n'a pas fini de montrer tous ses secrets, c'est pour ça que je continue à voyager d'ailleurs.
Concernant cet été, j'ai quelques pistes pour nos recherches. Je t'en ferai part bientôt.
À bientôt,
Newt. »
—Newt, murmura Salazar qui s'était penché sur sa lettre sans qu'Eddy ne le remarque.
Considérant que son plus gros secret avait été éventé auprès de son ami, il chuchota :
—Newt Scamander, il m'a élevé avec sa femme.
—TON TUTEUR EST NEWT SC-
Eddy ferma la bouche de Salazar avec sa main avant qu'il n'ait eut le temps de finir sa phrase. Son éclat avait attiré quelques regards curieux à leur table. Médusa non loin qui jouait avec le ruban dans ses cheveux leur décocha un regard suspicieux. Eddy baissa les yeux et fourra sa lettre dans sa poche en enlevant son autre main de la bouche de son ami qui avait les yeux brillants.
—Je n'arrive pas à le croire… Ça explique tellement de choses au vu de leurs recherches. Est-ce que je pourrais les... rencontrer ?
Sal avait un tel air qu'Eddy opina. Le Jedusor parut tellement heureux que son euphorie était contagieuse et ne lâcha pas Eddy. Les cours d'Histoire de la Magie étant soporifiques, ils parlèrent de créatures magiques pendant toute l'heure jusqu'à leurs cours de potion. Charme n'avait toujours pas réapparu et Médusa en les dépassant tira Salazar avec elle et lui offrit le plus mauvais des sourires.
À contre cœur, Eddy alla s'asseoir près de Gwendal. La solution de force qu'ils devaient préparer était au programme d'Ilvermony et Eddy l'avait déjà faite. Assuré d'avoir autre chose qu'un zéro, Eddy commença à préparer les ingrédients.
—Alors ce taré de Jedusor a fait ami-ami avec toi ? demanda Gwendal mine de rien en versant de l'alchémille dans le chaudron.
—Ce n'est pas un taré, rétorqua Eddy. Tu ne le connais pas.
—Je suis en cours avec lui depuis bientôt trois ans, toi à peine trois jours. Je pense que je le connais.
—Si tu le dis.
—Oui, on te le dis, rétorqua Ombrage qui partageait la paillasse devant la leur avec Kheiron Shafiq en se retournant. C'est pour te protéger, il ne pourra te faire que du mal.
—Tu dis ça parce qu'il t'a mit un vent devant toute la Grande Salle ou parce que t'es encore entichée de lui, Dolly ? demanda Shafiq en tournant le contenu de leur chaudron avec un petit sourire.
Dolores devint aussi rouge qu'une écrevisse.
—Ne m'appelle pas Dolly !
Elle se leva si brusquement pour aller chercher des ingrédients au fond de la salle qu'on l'eut crue posée sur des ressorts. Les deux Jedusor effectuaient leur potion sagement comme les autres élèves, Bellatrix se levait pour aller chercher quelque chose au fond de la salle. Eddy échangea un regard de connivence avec les deux garçons de Serpentard.
—Dolorès cherche absolument à se mettre avec un garçon au sang pur. Il y a deux mois elle a fait une déclaration à Salazar, explicita Shafiq.
—Après l'étude elle l'a coincé pour lui parler, on l'a entendue, reprit Gwendal. C'était bien mièvre et le pire c'est que Jedusor n'a même pas répondu. Il a juste tourné les talons et il est parti en haussant les épaules. Fais gaffe à toi, Lee. Vu comment elle te colle, elle va bientôt te faire une déclaration.
—N'importe quoi ! fit Ombrage encore plus rose que son ruban en tenant un bocal de queue de rat.
Alors qu'Eddy et les deux autres garçons allaient se mettre à rire, Bellatrix passa à côté de son chaudron. Sans savoir comment ni pourquoi, son instinct lui hurla de se mettre à l'abri. Ce qu'il fit.
Et l'explosion qui s'en suivit fut si puissante qu'il bénit son instinct. Pendant un moment la fumée envahit l'espace clôt du cachot et on ne discerna rien. Eddy avait les oreilles qui sifflaient et il entendait les hurlements de ses camarades. Il toussa pour évacuer les vapeurs toxiques de ses poumons à l'instar de ses condisciples. Slughorn évacua la fumée d'un coup de baguette avant de s'approcher de ce qui restait de leur paillasse. Ombrage et Gwendal avaient été aspergés par le reste de la potion et avaient d'énormes bubons sur le visage. Shafiq se portait mieux mais avait une brûlure à l'avant bras qui lui avait servi à se protéger de l'explosion contrairement à Eddy qui n'avait rien eu protégé sous son bureau en bois.
—Eh bien, eh bien, fit Slughorn en arrivant l'air plus énervé qu'inquiet. Qui est à l'origine de cette catastrophe ?
Il les vrilla d'un regard impérieux puis toisa Eddy. Il était le seul des quatre à n'avoir rien eu.
—Mr Lee, retenue à la fin du mois. Je cherchais justement quelqu'un pour faire le service lors de ma prochaine soirée.
—Mais pro-, tenta Eddy pour se défendre avant d'être interrompu.
—Silence ! Vos débordements auraient pu être bien plus graves pour vos camarades. Monsieur Shafiq accompagnez Miss Ombrage et Mr Pettigrew à l'infirmerie, je pense que vous avez besoin de soin vous aussi.
Les trois se levèrent, Eddy essaya de leur communiquer silencieusement que ce n'était pas sa faute et si Kheiron et Gwendal eurent l'air de comprendre, Ombrage lui adressa une grimace offusquée avant de se carapater en cachant son visage couvert de boutons sous les rires des autres.
Le professeur Slughorn lui donna un nouveau zéro. Dépité, Eddy se pencha vers ce qui restait de son chaudron. À l'intérieur il y avait un pétard mouillé du Docteur Flibuste. Il releva les yeux furieusement. De sa place Bellatrix lui offrit le plus lumineux des sourires. Sal lui adressa une grimace désolée avant que Médusa ne le rappelle à l'ordre.
En retenant un juron Eddy baissa les yeux en tentant de se calmer.
À la sortie du cours, Charme n'était toujours pas là et Eddy commença à s'inquiéter. Il pensa à interroger Salazar mais celui-ci était déjà tiré par sa sœur à l'autre bout du couloir. Au moment où s'apprêtait à les suivre, Bellatrix et Rita lui barrèrent le passage avec un mauvais sourire.
—Tu cherches quelque chose ?
—À t'éviter, ou peut-être la meilleure façon de couper le filet du diable qui te sert de tignasse, répliqua Eddy acerbe en n'ayant pas décoléré d'avoir été collé à cause de la jeune fille.
Tony Flint qui avait entendu, fila comme s'il avait le diable aux trousses justement mais Bellatrix ne perdit rien de sa superbe. Elle enfonça profondément ses ongles sur son bras.
—L'abominable boule de poil qui te sert de chat a disparu n'est-ce pas ? Nous allons t'aider à le retrouver.
Eddy serra les dents mais Bellatrix et Skeeter lui serrèrent davantage les bras avec une expression de joie mauvaise.
—Où est Charme ? Qu'est-ce que vous en avez fait !?
—Suis nous et tu le sauras, claironna Rita. Maintenant avance.
Répugnant à les écouter mais trop inquiet pour Charme, Eddy s'exécuta. Les deux harpies l'emmenèrent avec elles vers le deuxième étage. Alors qu'ils pensaient qu'elles le menaient vers la salle de défense contre les forces du mal, elles embrayèrent vers les toilettes des filles.
Eddy retint un frisson. Que venaient-elles faire ici ? Il déglutit d'appréhension. Avant qu'il n'ait pu demander la raison de sa présence ici, le fantôme d'une adolescente aux grosses lunettes jaillit d'une cabine de toilette avec une moue boudeuse.
—Qu'est-ce que vous faites ici les Gorgones ? Et pourquoi vous emmenez un garçon ici ? Vous n'avez pas le droit.
—Retourne jouer avec le bubon qui te sert de troisième œil sur le front, Mimi, rétorqua méchamment Bellatrix.
Mimi explosa en sanglots, ce fut ce moment que Médusa apparut à l'entrée des toilettes. Elle arborait le même sourire mauvais que ses comparses.
—Mimi, fit-elle d'une voix douce. J'ai entendu dire que Rosier et Arabella Parkinson comptaient aller prendre un bain dans la salle de bain des préfets. Tu ne manquerais pas ça n'est-ce pas ?
La visage de la fantômette devint blanc derrière ses larmes, -ce qui devait être sa façon à elle de rougir- et elle plongea dans une cuvette de toilette dans un grand éclat d'eau. Eddy était donc seul face aux trois Gorgones qui avaient sorti leur baguette.
—Tu es seul, Lee. Salazar est retourné au dortoir.
—Où est Charme ?
Bellatrix se décala pour aller ouvrir un cabinet de toilette fermé par magie, elle en revint avec Charme stupéfixié qu'elle tenait par la peau du cou.
—La voilà ta peluche. Maintenant les festivités peuvent commencer, ricana Black.
Médusa pointa sa baguette vers les robinets, de l'eau glacée en jaillit pour asperger Eddy. Rita lui jeta un sortilège de chatouillis et un autre qui le fit tomber par terre. Il se cogna la tête sur le sol froid et en essayant de calmer ses gloussements il trouva la force de répondre :
—C'est tout ce que vous comptez faire ? Ah ah ah ?
Cela anima un sadisme certain chez les trois filles. Bellatrix vint le saisir par le col pour le trainer vers un cabinet de toilette.
—Tu ne te défends pas non plus beaucoup, Lee. Misérable cracmol, tu m'étonnes que tu ais été viré de ton ancienne école. Mais imposer tes souillures ici, pas question.
Elle lui enfonça la tête dans la cuvette des toilettes. Eddy avala de travers l'eau croupie. La peur, la rage et le sentiment d'humiliation furent assez puissants pour expulser Bellatrix. Eddy trempé ressortit sa tête de la cuvette et repoussa de toutes ses forces Rita qui essayait de l'arrêter.
—Lâchez mon chat ! Foutez nous la paix !
—Jamais, gronda Bellatrix d'une voix hargneuse.
Médusa vint lui ceinturer les épaules, elle était aussi forte que Bellatrix. En se débattant contre elle, Eddy sentit ses cheveux lui chatouiller la nuque. Bellatrix animée par la rage enleva le stupéfix de Charme et tint sa baguette fermement contre la gorge de l'animal.
—Tu vas voir ce que je vais lui faire à ta fichue boule de poil !
Charme émit un petit miaulement plaintif, Eddy se débattit d'avantage et aussitôt Médusa raffermit sa prise contre lui. Le jeune garçon remarqua en dépit de sa situation qu'elle sentait très bon, une odeur de fraise des bois.
—Attend Bella, intervint Rita. C'est Lee notre problème. On ne va pas maltraiter un animal tout de même ?
—Qu'est-ce que ça peut bien faire ?! C'est juste un bête chat.
Eddy sentit Médusa hésiter derrière lui tandis que Charme émettait un nouveau couinement plaintif. La baguette de Bellatrix était profondément enfoncée contre sa gorge.
—Vous êtes complètement malades ! Lâchez-le !
Sa magie répondit à ses cris. Sans qu'il ne comprenne ni comment ni pourquoi, Rita et Médusa les plus proches de lui se retrouvèrent prises dans l'étau de sa magie et lévitèrent à plusieurs mètres du sol. Elles poussèrent un glapissement aigu.
—Fais nous descendre, Lee !
Seulement Eddy en aurait été bien incapable, Bellatrix était tétanisée, elle ne vit pas la patte griffue et furieuse de Charme s'abattre violemment sur sa main. Elle poussa un hurlement de douleur en le lâchant. Eddy saisit sa chance, il fit un croche pied à la jeune fille qui tomba en lâchant sa baguette de sa main ensanglantée puis prit la fuite avec son chat sur les talons.
—Tu vas nous le payer ! hurla Médusa derrière lui encore en lévitation.
Il courut à toutes jambes, pressé de mettre le plus de distance entre lui et les trois filles. Une fois éloigné, il se pencha vers Charme :
—Ça va mon vieux ? Désolé pour ces harpies.
Son fléreur eut un petit miaulement, il sauta sur son épaule et Eddy se dépêcha de filer à sa retenue.
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Quelques jours plus tôt, Eddy s'était dit que Médusa Jedusor était vraiment une très jolie fille. Quelques jours plus tard Eddy détestait Médusa Jedusor. Il n'en pouvait plus de son petit minois faussement innocent, de son ridicule petit ruban dans les cheveux. À chaque cours qu'il partageait avec les Gorgones, la cheffe du petit groupe trouvait le moyen de lui chercher des noises dès que Salazar avait le dos tourné.
En botanique, -sa matière préférée- elle avait réussi à tuer le filet du diable dont Eddy devait s'occuper, il avait écopé d'un nouveau zéro. En astronomie elle avait jeté la lentille de son télescope du haut de la tour d'astronomie. Il avait dû aller la chercher sous les rires des autres, le hurlement furieux du professeur Sinistra et la menace d'une nouvelle retenue. Le cours de soins aux créatures magique du jeudi était un des seuls qu'il ne partageait pas avec Bellatrix et Médusa. Rita avait beau être présente, elle était moins hargneuse sans ses deux comparses et la présence de Sal à ses côtés permit à Eddy de souffler un peu.
En prenant assidument ses potions, répétant ses exercices et surtout grâce à l'étonnante magie douce de Salazar, Eddy parvenait tant bien que mal à se contrôler.
—Je suis désolé, je vais essayer de lui parler, murmura Salazar en tenant au creux de sa main un petit botruc joueur. Med n'est pas méchante… C'est compliqué.
Eddy se mordit la langue pour s'éviter de répliquer quelque chose de venimeux à son ami. Il se concentra pour dessiner le botruc tenu par Sal tandis que le professeur Brulopot passait dans les rangs pour voir leur avancée. Salazar avait sans doute une trop haute opinion de sa jumelle.
Sous le doux soleil de mars, au milieu du parc de Poudlard le botruc prenait des poses, lui donnant l'air d'imiter les divas moldues. Eddy se demanda où la petite créature avait appris ces mimiques.
—Un jour je vais surtout la coincer entre quatre yeux et lui montrer de quel bois je me chauffe, magie ou pas magie, baragouina Eddy.
—Non Eddy, c'est une très mauvaise idée, rétorqua Salazar. Je t'ai dit, il ne faut pas qu'elle te regarde trop longtemps.
Rita derrière eux qui partageait son croquis avec Gwendal ne perdait pas une miette de leur conversation. Elle serrait si fort le botruc dans sa large main qu'il lui mordit méchamment le pouce. Elle poussa un cri en même temps que Pettigrew quand le botruc essaya de se carapater vers la lisière de la forêt.
—Ecoute, reprit Sal. Fini la semaine, oublie-les, tu as déjà bien assez de retenue. Si tout se passe bien et que tu n'es pas collé je pourrai te montrer quelque chose samedi.
L'intérêt d'Eddy fut piqué au vif. Son regard coula vers la forêt interdite et Salazar opina de la tête.
Eddy se dit que ce ne devait pas être bien compliqué d'éviter les ennuis, alors il acquiesça. Le reste de la journée se passa sans heurt, tout comme le lendemain.
En divination, Shafiq avait décidé d'échanger sa place avec Xenophilius Lovegood le petit serdaigle rachitique. Il se retrouvait donc avec Sybille et lui pour une autre lecture de thé. La petite serdaigle ne cessait de lui jeter des petits regards craintifs depuis son éclat de la semaine précédente, mais comme le professeur Belline somnolait devant sa propre tasse de thé, elle se décida à parler :
—Je voulais te présenter mes excuses pour l'autre fois. Je ne voulais pas te blesser. J'ai dit n'importe quoi.
—Tu n'es pas voyante pour un sou, ça c'est sûr, rétorqua Eddy acerbe.
—J'ai vraiment vu la roue du destin dans ta tasse, pavoisa la jeune fille qui enchaina d'une voix moins assurée. Mais le présage de mort c'était… juste pour que toi et Shafiq soyez plus sérieux. En général faire peur aux gens ça les calme.
—Quelle réussite, siffla Eddy.
La jeune fille s'empourpra. Elle regarda dans sa tasse de thé.
—Je vois une caravane aujourd'hui tu sais. Ça suit la roue du Destin.
Eddy chercha dans son livre ce que cela voulait dire mais Xenophilius l'interrompit :
—La caravane c'est le déracinement. On t'a retiré de tes racines, mais avec la roue du Destin que Syb' a vu l'autre jour, c'est peut-être le présage d'un long voyage pour les retrouver.
Eddy se figea sur sa tasse en songeant aux paroles du blond. Peut-être que ces prédictions n'étaient pas dénuées de sens tout compte fait. Xenophilius l'interpella pour savoir ce qu'il voyait de son destin dans sa tasse ébréchée coupant ses rêveries :
—Mmh… un œil, ou peut-être une rose ? Selon ce livre c'est un amour trop tôt parti.
—Ah vraiment ? murmura Xenophilius en dardant Celestina Fawley une blonde de Gryffondor assise près de Belline d'un regard transi.
Lui aussi sembla songeur, alors Eddy retourna à ses pensées. Il avait à creuser.
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Depuis son arrivée il n'était jamais allé à la bibliothèque de Poudlard, c'était une pièce énorme mais à peine plus grande que celle d'Ilvermony. Eddy n'était pas un grand adorateur des livres, il n'était ni très studieux, ni même très bon lecteur. Tina avait essayé de lui donner ce goût après lui avoir appris à lire et écrire mais Eddy était têtu. Il aimait courir, se battre ou marcher dans la nature mais certainement pas se poser pour lire un livre. Malgré tout, il se présenta samedi devant la bibliothécaire, Miss Bréviaire une vieille femme édentée, avec Salazar.
—B-bonjour.
Elle le darda d'un regard impérieux, furieuse que par sa simple marque de politesse il ait dérangé le silence tendu des lieux.
—Je… je voudrais savoir s'il existe une liste des anciens élèves de Poudlard ?
—Oui, le Registre de Poudlard, rétorqua la vieille femme comme une évidence. Il se trouve dans la Réserve.
—Est-ce que je peux y accéder ?
—Non, éructa la vieillarde. Il vous faut un mot d'un de vos professeurs pour ça. Maintenant silence et retournez travailler.
Dépité Eddy s'exécuta avec Sal. Avoir une autorisation d'un professeur était un privilège réservé aux meilleurs élèves, ce qu'il n'était pas du tout. Il songea à demander à Dumbledore, mais il jugea cette affaire trop personnelle pour que le directeur s'en mêle. Il commença malgré tout à disserter sur une guerre gobeline quelconque pour le professeur Binns à l'instar de son ami. Après avoir gratté à peu près toutes les bêtises lui passant par la tête pour être sûr d'arriver au bon nombre de centimètres sur son parchemin, il remarqua que Sal l'observait en silence depuis plusieurs minutes.
—Qu'est-ce que tu cherches dans le Registre ? demanda-t-il d'une voix douce.
—Ma famille, murmura Eddy. Mes parents même si je ne m'en souviens pas étaient peut-être sorciers. Ou je suis peut-être né moldu, je n'en sais rien.
—Ne répète pas ça aux autres, ils risqueraient de t'en faire voir de toutes les couleurs.
Newt l'avait prévenu que les sorciers anglais avaient plus de préjugés que les américains sur le sang, pourtant Salazar en dépit de son patronyme semblait loin de ces considérations. Il fixait le vide comme à chaque fois qu'il était dans ses pensées. Eddy reprit :
—Les gitans sont une des communautés les plus secrètes et fermées qui soient. Donc c'est peut-être un coup dans l'eau pour rien. Mais je dois avoir le cœur net, cet été je pars à leur recherche.
Après son accident, quand Newt et Tina l'avaient trouvé au milieu des cendres d'une caravane ceux-ci avaient passé plusieurs mois à sillonner l'Angleterre pour essayer d'approcher les communautés romanis de la région. Mais personne n'avait voulu leur répondre, et Eddy encore traumatisé n'avait pas réussi à communiquer avec ces gens. Son obscurus devenant grandissant et impossible à contrôler, ils avaient abandonné les recherches pour le rapatrier d'urgence avec eux aux États Unis afin de lui offrir des soins. Aujourd'hui, il n'était plus cet enfant miséreux et maigre incapable de se maitriser, ou du moins s'en était-il éloigné. Il devait donc avoir des réponses à ses questions.
—Tu espères qu'ils sont encore vivants ? questionna Sal.
—Oui, je pense que ma mère est en vie, répondit Eddy d'une voix tremblante.
Il n'ajouta rien de plus. Bellatrix et Médusa pénétrèrent dans la bibliothèque habillée de leur uniforme de Quidditch. Salazar lui avait confié qu'elles étaient tous les deux batteuses dans l'équipe de Serpentard, ce qui expliquait leur force redoutable.
Elles lui décochèrent un regard mauvais puis Rita sortit d'un coup d'un rayonnage voisin pour leur parler. Eddy remarqua cependant que Médusa avait perdu de sa superbe et semblait inquiète, elle avait de lourdes cernes sous les yeux et un teint grisâtre.
—C'est qui Gavroche le Tardi ? l'interrompit Salazar en se penchant sur son parchemin d'histoire de la magie.
—Ce n'est pas ce que Binns a dit l'autre jour ?
—Je crois que c'était plutôt Gurnalf le Hardi.
—Ah…
Il ratura le nom en grimaçant.
C'était l'heure de la surprise de Salazar car il se levait et lui indiquait muettement de le suivre. Eddy rangea ses affaires, envahi de curiosité. Ils quittèrent la bibliothèque en silence. Quand ils arrivèrent dans le parc la nuit était tombée et descendirent lentement vers la forêt interdite alors que la plupart des élèves allaient diner.
Sal s'enfonça dans la forêt interdite l'air assuré. Ils allèrent plus loin encore que durant leur retenue, l'obscurité les encerclait de toute part. Mal assuré, Eddy se rapprocha de son ami. Il faisait un froid terrible, dans l'obscurité le halo de chaleur de leur bouche était à peine visible. Au bout d'une demi heure de marche ils déboulèrent sur une clairière d'ifs éclairés par la lune. Eddy se tendit.
Au milieu de la clairière il y avait une jeune centaure. Elle était très belle avec ses longs cheveux blonds ondulés autour de son visage en forme de cœur et qui descendaient jusqu'à sa poitrine, sa robe avait la même couleur que ses cheveux. Elle banda son arc en les entendant mais se détendit en reconnaissant le visage du brun.
—Bonjour garçon des anciens temps.
—Bonjour Silvana.
Elle décocha un regard curieux à Eddy.
—Tu as amené un ami ?
—Oui, mon ton premier, dit Salazar d'une voix si pure et heureuse qu'elle rendit Eddy presque mal à l'aise. Il s'appelle Eddy.
Lentement, d'un pas incertain Eddy s'approcha. Il ne savait pas grand chose des centaures, Newt avait toujours eut du mal à les approcher. Les centaures n'étaient pas connus pour être l'espèce la plus communicative avec les sorciers. Celle-ci devait être considérée comme une adolescente, elle était plus petite que ses congénères. Silvana lui décocha un doux sourire et se reporta vers Salazar :
—Ce garçon n'est pas comme les autres. Qu'es-tu exactement ? Je sens ta magie en toi qui brûle de s'échapper.
Sal lui fit sourire confiant, mais voyant qu'il ne répondait pas, le brun prit le relais :
—C'est un obscurial, tu en as déjà entendu parler ?
La jeune centauresse réfléchit, elle fléchit ses pattes pour s'asseoir sur le sol et observa le ciel. Salazar s'assit près d'elle, alors Eddy en fit de même, sa robe de sorcier était un maigre rempart contre le sol glacé, il retint un frisson.
—Un obscurial, hein ? Les miens m'en ont parlé. Une vie compliquée t'attend… ou une vie très courte si tu n'y prends pas garde.
Inutile de dire qu'Eddy le savait déjà. Elle semblait observer quelque chose près du croissant de lune dans le ciel.
—Mais… les étoiles ce soir n'ont pas de mauvais présages. Elles indiquent que bientôt tu trouveras beaucoup de choses, au prix d'épreuves douloureuses.
Eddy retint un frisson de froid et de peur mêlés.
—Ton ami a froid, garçon des anciens temps, murmura la centaure.
Salazar bafouilla une excuse et tira sa baguette. Un feu magique d'une couleur rosée s'enflamma doucement. Eddy y pressa ses mains avec reconnaissance. Il ne savait pas trop ce que voulait dire Silvana mais ses paroles avaient quelque chose de rassurant. La sagesse des centaures n'était pas un mythe, aussi de telles paroles dans sa bouche avaient plus de valeur que toutes les prédictions de Sybille Trelawney.
—Pourquoi vous l'appelez garçon des anciens temps ? s'enquit Eddy.
Elle coula un regard affectueux à Salazar calé contre son flanc qui ne le remarqua pas, occupé à jouer avec un petit serpencendre sortant du feu magique qu'il avait invoqué.
Eddy songea que Silvana s'était entichée de son ami mais que pour son grand malheur il y était totalement hermétique.
—Ce que vous appelez magie existe depuis bien longtemps, petit sorcier. Les premiers sorciers avaient bien des dons et bien des pouvoirs. Ceux-ci ont périclités au fur et à mesure du temps. Le sang de Salazar est ancien, il semble s'y cacher bien des mystères. Je ne sais pas ce qu'il est. Les miens non plus. Uranus, Venus et Mars sont dans leur axe, éloignés de Pluton, c'est une bonne chose. Très bonne même. Un jour tu sauras qui tu es garçon des temps ancien, toi aussi garçon débordé de magie.
Elle pointa dans le ciel trois étoiles très brillantes. Eddy ne savait pas ce que cela voulait dire. Uranus était dieu du ciel, Mars celui de la guerre, Vénus celle de l'amour tandis que Pluton était celui de la mort. Les prédictions des centaures étaient mystérieuses mais souvent très vraies.
Le ciel était cependant magnifique ce soir. Alors que Sal tentait de sauver ses vêtements que le serpencendre était en train de réduire en fumée, Eddy pointa du doigt un ensemble d'étoiles proche du croissant lunaire.
—Qu'est-ce que c'est ici ? C'est Saturne et ses satellites ?
—Tu devrais suivre un peu mieux tes cours d'Astronomie, jeune humain. C'est la Constellation de la Roue.
Eddy aurait pu rire, il n'en pouvait plus qu'on lui parle de ces fichues roues mais un frémissement arrêta son ricanement dans sa gorge. Derrière eux un autre centaure les observait avec un regard désapprobateur. Il était plus grand que Silvana, le brun de sa robe luisait sous le croissant de la lune. Il banda son arc et les jeunes sorciers se tendirent.
—Vous vous êtes un peu trop éloignés de votre école, petits sorciers.
—Bane, tenta Silvana. Ils-
—Il suffit ma sœur. Lève toi et rentrons.
La centauresse blonde voulut répliquer quelque chose mais abdiqua piteusement sous l'ordre de son grand frère.
—Maintenant il est l'heure de rentrer chez vous jeunes sorciers. Cette forêt ne vous appartient pas, siffla Bane en saisissant le bras de sa cadette.
Sal semblait avoir envie de répliquer, mais il abdiqua, éteignit le feu magique et tourna les talons.
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