Hello ! Merci infiniment pour vos gentils commentaires. Voici la suite avec le retour de ce cher Tom et enfin une vraie confrontation avec Eddy.
Chapitre IV : Bohémien à tout prix.
Pour traire un python, cousins serpents,
Coincez du chanvre contre ses dents,
Cela le détend considérablement.
Vous en sortirez plus régulièrement.
Note de bas de page du Codex.
Médusa fut la première à quitter la Grande Salle. Il restait dix minutes avant le début du cours de Défense Contre les Forces du Mal et elle savait qu'il fallait qu'elle l'affronte tôt ou tard. Après avoir servi une excuse à ses deux meilleures amies, elle fila vers le passage secret reliant le hall au deuxième étage. De là, elle se mit à courir vers la salle. Des septièmes années en sortaient justement et lui décochèrent un regard respectueux. Une septième année de Serpentard, Berenyce Shacklebolt lui souhaita même bon courage pour leur match à venir face à Serdaigle. Médusa y répondit à peine mais son cœur se gonfla d'orgueil.
Elle adorait ça, être appréciée et respectée. La réputation de son père n'y était pas pour rien certes, mais Médusa avait tôt su montrer ses capacités pour assurer son autorité. Elle était même la seule à pouvoir le faire puisque son jumeau si renfermé et sensible préférait disparaître dans la forêt interdite dès que quelque chose le contrariait. C'était une attitude qu'elle aurait dû exécrer mais elle ne parvenait pas à en vouloir à Sal. Quand on partage un ventre pendant neuf mois, on partage ensuite bien des choses pour le reste de sa vie, pensait-elle.
Sal était celui pour lequel elle était prête à bien des sacrifices. Elle pénétra dans la salle de classe alors qu'un dernier septième année la quittait en fermant derrière elle.
Son père ne leva pas les yeux vers elle, mais il sut qu'elle était rentrée car il impassibilisa la porte d'un mouvement de main négligeant.
—Bonjour Père, j'ose espérer que vos affaires ont été fructueuses et-
—Assez joué Médusa, je ne suis pas d'humeur.
Tom Jedusor lui décocha un regard noir. Avec sa peau blême, ses yeux n'étaient que deux petits onyx brillants. Médusa s'était toujours demandé pourquoi son père enseignait. Si comme dans tout ce qu'il entreprenait il excellait dans ce domaine, il n'aimait pas foncièrement ça. Après plus de dix ans à enseigner dans cette école, il avait dû en tirer avantage quelque part et Médusa serait mise dans la confidence en temps voulu. Seulement avec son triste rapport sans doute qu'elle serait encore longtemps tenue hors des affaires de son père.
—Les choses se sont compliquées, murmura-t-elle d'une petite voix. Salazar a décidé de faire ami-ami avec le petit protégé de Dumbledore.
—J'ai cru remarquer, je les ais vu ensembles ce matin au petit déjeuner. Et alors ?
Alors Salazar n'avait jamais eu d'amis à part Médusa. Et il fallait que ce soit ce garçon, comme si Sal avait deviné les mystérieux desseins de son père à son sujet.
—C'est compliqué de l'approcher, marmonna-t-elle. Nous avons eut quelques altercations. Cependant j'ai pu récolter quelques informations. Il possède une baguette d'if, tout comme vous mais il ne sait pas s'en servir. Il est incapable de jeter le moindre sortilège, c'est le plus mauvais élève de la classe.
L'information trouva écho chez son géniteur. Il se tint le menton avec un demi sourire. Médusa se demandait ce à quoi il pensait.
—Ils passent autant de temps que possible dans la forêt interdite, reprit la jeune fille. Si vous voulez aller le voir ce serait peut-être le bon end-.
Elle ne finit pas sa phrase car son père claqua sa langue d'un air agacé. D'un mouvement de main il prépara sa salle de classe pour leur leçon du jour. Les tables et chaises allèrent délicatement se poser au fond de la salle. Deux fois par trimestre environ, ils avaient des cours de duel et c'était là les séances favorites de la jeune fille. Médusa adorait se battre, voir les autres ployer sous ses sortilèges et maléfices faisait un bien fou.
—Si Salazar l'a dans la poche, alors laissons les choses se faire pour le moment. Dumbledore me surveille et à force il t'aura aussi dans le viseur. Laissons ce garçon se confier à Salazar. Pour une fois qu'il sait se montrer utile…
Il y avait tout le mépris du monde dans la voix de son père. Médusa blêmit. L'idée qu'il aille interroger Salazar la mortifia. Salazar ne répondrait jamais à ses questions et leur géniteur allait forcément employer la force.
—Rita a aussi dégoté d'autres informations, murmura Médusa en essayant de détourner son père de l'idée d'interroger Salazar. Elle n'a pas voulu me dire de quoi il s'agit soit disant par éthique journalistique… mais je vous conseille de lire l'édition de ce soir du Petit Poudlard Illustré.
—Tu laisses tes camarades te manipuler, Médusa ? Si Skeeter a une information importante elle doit te la donner avant d'aller les écrire dans son pathétique journal. Et si cette information n'avait eut de l'importance que si elle n'était connue de peu de monde ? Non, évidemment tu n'y as pas pensé. Ne deviens pas faible, ne te laisse pas avoir par tes sentiments.
La réponse sèche de son père la scia sur place. Médusa baissa piteusement la tête pendant les élèves de troisième année rentraient en classe. Parmi eux il y avait Sal et Lee. Il était comme elle l'avait quitté après leur cours de sortilège, toujours aussi fatigué avec ses grosses cernes sous ses yeux bruns, ses tâches de rousseur sur son nez cassé. Médusa sentit la colère monter envers ce garçon qui lui décochait un regard surprit. S'il fallait continuer à enquêter sur lui pour assurer à Sal une certaine tranquillité elle le ferait sans hésiter. Désormais, c'était devenu personnel.
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Quand Eddy pénétra avec Sal en salle de Défense contre les Forces du Mal il ne savait pas trop à quoi s'attendre. Mais voir Médusa Jedusor livide et tremblante face au professeur Jedusor ne faisait pas vraiment parti de ses attentes. Elle le vrilla d'un regard furieux alors que son père posait une main sur son épaule, Eddy baissa aussitôt les yeux comme le lui avait recommandé Salazar. Il détestait baisser les yeux devant cette fille, mais plus que les mots de son ami, son instinct lui criait de le faire comme avec le professeur Jedusor. Ce dernier était d'ailleurs au centre de la pièce vidée de toutes ses tables.
C'était un cours de duel aujourd'hui, réalisa Eddy avec angoisse. À Ilvermony ces cours là étaient optionnels. Sal et lui allèrent se mettre à côté de Kheiron et un autre garçon de Gryffondor. Charme caché dans son sac eut un petit couinement inquiet, Eddy l'intima au silence. Mr Jedusor frappa dans ses mains et la lumière du globe au dessus de leur tête changea pour une lueur plus orangée.
—Nous allons reprendre où nous en étions restés la dernière fois concernant les duels.
Les élèves bien que silencieux frémirent d'excitation. Quelques duos semblaient déjà s'être formés, prêts à travailler ensembles pour le restant de l'heure.
—Si certains d'entre vous ont pu progresser, reprit Jedusor d'une voix douçâtre, certains restent à un niveau très insatisfaisant. Les meilleurs élèves se mettront en duo avec les moins bons. Un peu de stimulation s'impose.
Sal à ses côtés eut un soupir et Eddy ne comprit que trop tard ce que cela impliquait. Déjà Médusa Jedusor avec un sourire rusé s'était plantée devant lui et lui tirait le bras.
—Que la meilleure élève de la classe aide le plus mauvais c'est dans l'ordre des choses n'est-ce pas ? Allons, je promets de ne pas trop t'amocher. Tu sais comment tenir une baguette rassure-moi ?
Eddy serra les dents et Médusa le tira pour se placer dans un coin de la salle. Salazar s'était mis avec Skeeter, Bellatrix avec Gwendal, ceux-ci commençaient déjà à s'envoyer des sortilèges. Salazar lui décocha un regard inquiet qui lui valut d'être catapulté contre une étagère. Le professeur en passant près de son fils ne lui accorda qu'un regard dédaigneux.
—Je ne sais pas pour ce qui est de m'amocher, mais j'ai bien envie de te faire ravaler tes sarcasmes, siffla Eddy. Rappelle-toi dans les toilettes des filles.
Médusa perdit de sa superbe et rougit violemment. Elle tira sa baguette :
—Impedimenta !
Eddy l'évita au dernier moment en se baissant. Le rayon alla s'écraser entre Skeeter et une fille de Poufsouffle.
—Bloclang, reprit Médusa d'air air furieux.
À nouveau ses réflexes permirent à Eddy d'éviter le sortilège.
—Il est recommandé dans un duel de lancer des sortilèges en retour, siffla la voix du professeur Jedusor à son oreille.
Il était arrivé si discrètement derrière lui qu'Eddy sursauta et Médusa eut un petit rire. Cramponné à sa baguette, il leva son bras de façon mécanique.
—Expelliarmus ! cria Eddy sans que rien ne se passe.
Médusa eut un autre petit gloussement irritant.
—Recommencez.
Eddy s'exécuta. À nouveau rien ne se passa et son professeur l'intima une nouvelle fois à recommencer. Il le fit, encore, et encore. Au bout d'une dizaine de fois il ne s'était toujours rien passé. Médusa ne cachait pas sa joie et Eddy son dépit. Quelques élèves avaient arrêté leur combat pour les regarder. Il baissa sa baguette et serra les poings.
—Vous ai-je dit d'arrêter ? Recommencez.
—Ça ne marche pas, professeur, rétorqua Eddy entre ses dents. Aucun sort ne marche !
—Alors pourquoi ne pas faire vos bagages dès maintenant pour rentrer chez vous ? rétorqua le professeur Jedusor d'une voix glaciale. Vous me faites perdre du temps et de l'énergie. En fait, vous semblez faire perdre du temps à bien des gens ici, élèves comme professeurs.
Médusa eut un nouveau gloussement en jouant avec le nœud du ruban dans ses cheveux. Il en avait marre des regards de ses camarades, du regard froid du professeur Jedusor, des ricanements de Médusa et de son fichu ruban dans les cheveux avec lequel elle jouait. Il le sentait, la colère montait. Mais cette fois, Eddy n'avait plus peur de sa colère, il voulait que ça cesse.
—Expelliarmus ! rugit Eddy.
Il eut la surprise de voir de maigres étincelles rouges jaillir de sa baguette pour tomber aux pieds de Médusa. Elle eut une grimace méprisante avant d'envoyer un puissant rayon bleu dans sa direction. Il reçut le sortilège en pleine face et sentit un craquement au niveau de son nez alors qu'il s'effondrait au sol. En reniflant, Eddy comprit que son nez était de nouveau cassé. Il essuya son visage d'un geste rageur, les mains palpitant de rage :
—EXPULSO !
BANG. Un vrai sort jaillit de sa baguette, plus fort que tout ce qu'il avait prévu. Médusa poussa un hurlement, le sort la jeta à travers la pièce si fort qu'elle atterrit contre les fenêtres qui se brisèrent. Elle tomba dans le vide. Eddy se figea, les élèves poussèrent un cri unanime alors que le professeur Jedusor jetait un puissant rayon violet à travers la fenêtre brisée. Lentement, comme tenue par un lasso invisible Médusa remonta à leur niveau et traversa la fenêtre avant de tomber à la renverse sur le sol. Rita et Bellatrix accoururent vers elle. Médusa était toute pâle, échevelée, elle avait perdu son ruban rose dans sa chute et semblait sur le point de vomir.
Quand elle leva les yeux vers lui ce n'était pas un regard haineux, c'était au contraire un regard terrifié.
—Le cours est terminé. Pour vendredi je veux quinze centimètres de parchemin sur le bon usage des sortilèges de désarmement et de protection.
Les deux sœurs gorgones prirent chacune leur cheffe sous le bras pour la tirer hors de la salle. Alors qu'il s'apprêtait à récupérer son sac au fond de la classe, le professeur Jedusor l'interpella :
—Mr Lee, un instant.
Les autres élèves se carapatèrent, seul Sal semblait hésitant. Après un hochement de tête d'Eddy il accepta à regret de quitter la pièce. Eddy prit son sac dans les bras et essuya le sang sous son nez.
Le jeune homme se retourna vers son professeur alors que la porte claquait.
—Espikey, souffla Mr Jedusor.
Dans un craquement net, le nez d'Eddy se remit en place. Il retint son cri de douleur mais pas sa grimace tandis que le professeur s'asseyait tranquillement sur son bureau en jouant avec sa baguette.
—Un merci serait appréciable, fit Jedusor d'une voix nonchalante.
—Merci, professeur.
Le professeur le dardait de ses impassibles yeux noirs, Eddy détourna le regard en fixant ses pieds. Mr Jedusor semblait attendre quelque chose :
—Alors ce premier sortilège ? Cela fait du bien n'est-ce pas ?
Eddy ne savait pas trop si cela faisait du bien, mais c'était rassurant de savoir qu'il pouvait lancer un sortilège. Seulement…
—Seulement la colère est votre moteur, Mr Lee, reprit Jedusor en semblant lire dans ses pensées. C'est ainsi pour les sorciers choisis par une baguette d'if. Ce fut mon cas.
Interloqué, Eddy posa ses yeux sur la baguette que tenait son professeur. Elle était du même bois que la sienne. Charme dans son sac, dû sentir son trouble car il s'agita.
—Nous allons travailler sur ces motivations. Soyez en certains. Je ne vous retiens pas plus, mais je pense qu'à l'avenir vous n'aurez plus besoin d'amener votre animal de compagnie dans mes cours. Vous n'êtes plus un enfant. Soyez un grand garçon, Mr Lee.
Roidement, Eddy tourna les talons et sortit en claquant la porte. Sal l'attendait accolé au mur en face. Il semblait avoir milles questions à lui poser. Eddy se contenta de répondre :
—Il m'a réparé le nez et m'a dit de faire plus attention la prochaine fois.
La réplique sonna faux à ses oreilles alors ce devait être pire encore aux oreilles de Salazar. Il choisit cependant de ne rien répondre et allèrent à leur cours suivant.
Le soir venu cependant, il eut l'impression que quelque chose clochait. Dumbledore était absent tout comme le professeur McGonagall, seul restait comme encadrant le professeur Jedusor, lisant quelque chose à la table des professeurs. En s'asseyant, Charme sur ses talons, Eddy remarqua qu'on le regardait d'un drôle d'air. Certains lisaient un petit journal au papier bleuâtre.
—Je le savais, fit Trelawney en l'apostrophant depuis la table des Serdaigle derrière lui alors qu'il se servait de purée. C'est pour ça que la Roue du Destin se trouve sur ton chemin. Ça et la caravane… Tout est lié !
—Mais qu'est-ce que tu racontes encore ? Tu as inhalé trop de vapeur de thé ? rétorqua Eddy perdu.
Pour toute réponse, elle fronça ses yeux globuleux. Gwendal lui tendit le petit papier bleu que tous lisaient avec tant d'avidité. C'était le fameux Petit Poudlard Illustré dont lui avait parlé Skeeter le premier jour de cours. Après un en tête concernant le match à venir la semaine prochaine entre Serpentard et Poufsouffle et les pronostics d'usage, il y avait une petite colonne pas plus grande qu'un pouce au titre racoleur :
Bohémien à tout prix :
Par Rita S.
Certains auront pu remarquer l'arrivée d'un explosif nouveau membre au sein de la maison Serpentard. Comme à son habitude votre chroniqueuse préférée est là pour tout vous dire. S'il a été présenté comme américain par notre estimé directeur, E.L n'en est pas un. Il serait même Gitan à ce qu'on murmure. Les gitans étant une communauté trouble et mystérieuse, Mr E.L n'a pas fini de livrer tous ses secrets, car celui-ci est à la recherche de sa famille. Est-elle sorcière, est-elle moldue ? Nous souhaitons à E.L de retrouver au plus vite les siens pour qu'il ne continue pas à attaquer les nôtres.
—Tu me feras une lecture des lignes de la main ? demanda Rodolphus Lestrange assit juste à côté de lui et Salazar. Que je sache si mes fantasmes sur Bellatrix ont une chance de voir le jour ?
—La ferme, gros dégueu, rétorqua Eddy qui se tourna vers Salazar. Skeeter nous a écoutés à la bibliothèque. Comment elle a eu le droit de publier ça ?
—Je crois justement qu'elle n'avait pas le droit, fit Salazar en montrant l'entrée de la Grande Salle. Sa rédactrice en chef la dispute.
Andromeda Black une jolie fille de septième année, grande sœur de Bellatrix et Préfète en chef de Serdaigle avait prit à parti la jeune fille. Elle semblait furieuse car son expression rappela à Eddy drôlement sa cadette. Il n'eut pas à se rapprocher pour écouter comme bon nombre d'élèves puisqu'elle hurlait littéralement :
—Tu as changé la maquette dans mon dos avant l'impression, Skeeter ! Je n'en reviens pas que tu ais fait ça ! Tout ça pour colporter des potins et dire des saletés racistes !
—Le journal ne s'est jamais aussi bien écoulé, Andromeda. C'est ça le journalisme que les gens veulent, répondit la blonde d'une petite voix tranquille.
—Et je ne veux plus jamais lire une telle chose sous ma supervision, tu m'entends ? Encore un truc du genre et je te vire du journal !
Elle planta là Skeeter qui partit nonchalamment rejoindre ses camarades. En passant elle baissa un coin de ses lunettes à écailles pour lui faire un clin d'œil. Eddy soupira. Peut-être qu'effectivement il aurait dû se méfier des trois Gorgones. Elles semblaient vouloir éventer les plus intimes de ses secrets au petit bonheur la chance. Certains élèves commentaient le petit encadré entre eux. Ce n'était pas pire que la réaction des américains lorsqu'il avait confié à un de ses camarades ses origines.
—Ne les écoute pas, murmura Sal. Ça leur passera.
—Ce sont les nés moldus qui te feront des remarques, glissa Kheiron en avalant ses frites. Tu sais qu'en première année deux sangs de bourbe de septième année m'ont fait des remarques sur ma couleur de peau ? Ils n'ont pas compris que c'était eux qui étaient minoritaires. Mon sang est plus pur que ne pourra jamais être le leur. Mais du coup tu es sang de bourbe ou sang mêlé ?
—Mais qu'est-ce que ça peut bien te faire ? s'exaspéra Eddy.
—Que je sache si je peux continuer à te parler ou non, rétorqua Shafiq comme une évidence. La réputation de ma famille est en jeu.
—Ce que ne sait pas ta famille ne peut pas lui faire de mal, dit doucement Salazar en glissant un bout de tomate à Charme entre ses jambes, son autre main en train de gribouiller.
Shafiq lui adressa une grimace courroucée, aussi les deux bruns retournèrent respectivement à leurs frites et gribouillis.
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Depuis deux jours on ne parlait plus que de l'article de Rita. Ce n'était pas tant l'histoire de Lee qui intéressait les élèves mais de savoir que Rita avait réussi à passer outre la surveillance d'Andromeda pour colporter ses rumeurs. Certains envisageaient la blonde d'un œil nouveau et inquiet.
Médusa considérait que l'article n'était pas le meilleur que son amie ait pu écrire mais n'avait rien dit. Peut-être était-ce de la faiblesse comme aurait dit son père, mais la jeune fille pensait qu'il s'agissait d'une façon de ménager sa camarade. Elle avait dû écrire l'article le plus rapidement possible pour que Black ne remarque rien. Rita en tout cas était rayonnante, Bellatrix et Médusa l'avaient congratulée toute la soirée. Peut-être que maintenant la curiosité de son père satisfaite envers le jeune Lee, il comptait laisser Salazar tranquille ? Médusa ne savait pas trop quand son père comptait questionner son jumeau. Sans doute attendait-il qu'il baisse la garde pour attaquer sournoisement, et cette alternative terrifiait la jeune fille.
Elle décocha un regard à Salazar coupant tranquillement une sangsue à ses côtés en potion. Comme à son habitude il ne parlait pas beaucoup, mais Médusa le trouva changé. Depuis l'arrivée d'Eddy, Sal était plus sociable, un peu moins pâle et rêveur. Une bouffée de joie et de jalousie étreignit son cœur.
La potion de ratatinage supérieure qu'ils devaient préparer avait exactement la bonne consistance et la bonne couleur. Médusa était une experte en potion, Slughorn le répétait sans cesse tout en la comparant à son géniteur au même âge. Elle fit couler le long de sa louche quelques gouttes dans une fiole. Gracieusement la jeune fille se leva pour déposer l'échantillon sur le bureau de Slughorn qui lui fit un clin d'œil complice.
Le cours se terminait ainsi. Bellatrix et Rita livraient elle aussi un échantillon parfait tandis qu'en fond de classe Lee et Pettigrew avaient à nouveau raté leur potion. Comment pouvait-on être aussi incompétent ? Cette potion était d'une simplicité enfantine.
La cloche sonna et tous les élèves récupérèrent leurs affaires. Tous ? Non, Lee attendait près du bureau de Slughorn comme tous les vendredi. Médusa plissa les yeux.
—Je vous rejoins en cours les filles, dit-elle à ses deux meilleures amies. J'ai quelque chose à faire.
Ses deux copines opinèrent et la laissèrent. Elle quitta la salle la dernière laissant Lee et Slughorn qui attendaient d'être seuls. Après avoir claqué la porte et aussi ridicule que cela pouvait paraître elle colla sa porte au battant pour écouter.
—Mais qu'est-ce que tu fais ? demanda une voix douce à son oreille.
Médusa sursauta brusquement. Son jumeau se tenait derrière elle avec une expression confuse sur son visage. Elle ne l'avait pas vu. Par où était-il sorti ?
—Ça ne se voit pas ? J'étudie la sexualité des charançons, grogna-t-elle ironique.
Elle se mordit la langue quand Sal fronça les sourcils sans comprendre.
—Ils n'ont pas vraiment de sexualité, tu sais Med, rétorqua-t-il toujours aussi premier degré. Enfin si, mais leur mode de reproduction est plus compliqué que ça-
La jeune fille se décolla du battant pour saisir la main de son frère.
—Écoute, quoi que te raconte Lee il faut le dire à Père.
—Pas question, rétorqua violemment Salazar.
Cette violence surprit Médusa. Quoi que Lee ait à cacher, il avait mit son frère dans la confidence.
Le rouquin sortait justement de la salle de classe, raccompagné par Slughorn en glissant de petites fioles dorées dans la poche de sa robe.
—Je vous retrouve ce soir pour votre retenue à ma petite soirée, mon elfe vous fera porter un costume, Mr Lee. Sauriez-vous par hasard jouer de la mandoline ? Ce serait du plus bel effet ce soir. J'ai cru comprendre que les gens de votre… hum… ascendance ont un talent particulier pour la musique.
—Non, rétorqua Eddy en se retenant de lever les yeux au ciel.
Même pour Médusa la remarque de son professeur était stupide et maladroite voire même un peu vexante. Le rouquin fronça les sourcils en la reconnaissant. Elle retint de justesse une grimace. Son dernier face à face avec Lee l'avait calmée et elle ne souhaitait pas s'attaquer frontalement à lui avant un bon moment. Son frère et son nouvel ami s'en allèrent laissant Médusa avec le vieux professeur de potion.
—Miss Jedusor que puis-je faire pour vous ? Votre prochain cours va débuter, votre père est assez intransigeant sur la ponctualité si je ne m'abuse, l'apostropha Slughorn.
Médusa lui offrit le plus merveilleux des sourires.
—Il est au courant que j'aurais du retard. J'avais quelques questions à vous poser concernant une potion…
—Une potion serait donc à même de vous résister, Médusa ? taquina son professeur. Voilà une chose rare. Comme votre père au même âge vu avez déjà englouti votre manuel de potion, j'imagine que c'est une potion un peu plus avancée ?
—En effet, minauda Médusa, c'est une potion que je n'avais jamais vue avant. Une petite potion dorée que j'ai vu il y a quelques jours, je ne parviens pas à l'identifier, auriez-vous des références à me confier ? J'ai cru que c'était du Felix Félicis, mais non.
L'hésitation et la méfiance prirent place sur le visage de son vieux professeur de potion. Elle y était allée trop frontalement. Autant arrondir les angles dès maintenant.
—En fait, je me demandais quel genre de potion vous avez donné à Edward. S'il prend un traitement il est de notre devoir en tant qu'élève d'une même maison d'être solidaires. Je n'aime pas l'idée que mon ami souffre, murmura-t-elle d'une petite voix faussement contrite.
Les yeux de Slughorn se plissèrent.
—Je pense que c'est à Mr Lee et à lui seul de vous donner les informations dont vous avez besoin, répondit le vieil homme d'une voix hésitante. C'est une affaire très personnelle.
Quel vieil imbécile, songea Médusa avec colère. Sans pouvoir se retenir elle regarda son professeur de potion dans les yeux et usa de légilimencie. Slughorn hoqueta et fronça les sourcils avant de dire d'une voix sèche :
—Miss Jedusor je vous prierai d'arrêter immédiatement.
Il l'avait sentie entrer dans ses pensées. Hésitante, Médusa ne sut exactement quel masque afficher au professeur de potion. Il avait réussi à la sentir. Il fallait croire que cette vieille limace de Slughorn était meilleur sorcier qu'elle ne le croyait. Ils restèrent interdits un moment avant qu'il ne reprenne d'une voix un peu plus enjouée.
—Nous allons faire comme si ces cinq dernières minutes n'avaient jamais existé. Je vous prierai d'aller en cours maintenant, et je vous vois bien sûr ce soir.
Médusa hésita un instant cherchant à trouver une excuse ou une façon de se rattraper, elle finit par tourner les talons comme un automate. Elle entendit la porte de la salle de classe claquer derrière elle. À peu près sûre qu'elle était seule dans le couloir, elle s'effondra. Elle était fichue.
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Eddy essaya vainement d'ajuster le col de son costume de serveur. Il se sentait ri-di-cule. Encore plus ridicule quand Slughorn leur fit les dernières recommandations avec un petit ton idiot comme s'il s'adressait à des demeurés. Quand il eut finit de parler, les musiciens commencèrent à jouer et les premiers invités, comme attirés par le bruit ne tardèrent pas à arriver.
Eddy était donc en « retenue » avec Arthur Weasley un grand garçon roux de cinquième année aux yeux bleus avec un air un peu niais et avec Kingsley Shacklebolt de sixième année un grand garçon à la peau très sombre et au sourire crispé.
—Pourquoi t'es là, toi ? demanda Weasley.
—Bellatrix Black a mit un pétard dans mon chaudron, j'ai pris à sa place.
—Aaah, tu as énervé les Sœurs Gorgones, toi. Je n'ai jamais réussi à les prendre sur le fait, ça me démange de leur coller une punition. Je suis préfet tu sais.
Une grosse sorcière habillée d'une robe de taffetas grisâtre vint prendre un petit canapé au ventricule de dragon sur le plateau de Weasley avec un air gourmand.
Elle darda ensuite sur Weasley à peu près le même regard. Se fût-elle retournée que les deux garçons frissonnèrent de concert.
Il y avait bien une soixantaine de personnes dans le bureau magiquement agrandi de Slughorn, bientôt il fut presque impossible de circuler. Eddy et Weasley se retrouvèrent pratiquement collés contre le mur au fond de la pièce avec leur plateau.
—Et toi, demanda Eddy. Il s'est passé quoi ? Pourquoi un préfet se fait coller ?
Weasley rougit mal à l'aise.
—Slughorn m'a prit en train d'embrasser Molly Prewett dans une salle de classe. Moi aussi en quelque sorte j'ai pris pour elle.
Eddy ne put retenir un rire. Son plateau faillit glisser, il le maintint juste à temps.
—Tu peux rire tant que tu veux toi aussi tu prendras tous les risques pour ta dulcinée. Ça mettra le temps que ça mettra, mais un jour ça t'arrivera.
—Être heureux et niais ? Merci bien.
Weasley soupira. Eddy tendit son bras vers le sol pour que le professeur Flitwick puisse attraper un des petits fours aux œufs de doxys marinés sur son plateau.
—J'ai lu votre dernière dissertation, Mr Lee, couina Flitwick. Il vous faudra travailler d'avantage.
Eddy retint un grognement et Weasley arbora une mine compatissante appropriée. Le petit professeur se retourna pour parler au professeur Jedusor. Ce dernier décocha un regard froid à Eddy qui préféra se tourner immédiatement vers le fond de la salle.
—Je l'ai jamais senti ce type, confia Weasley à voix basse en prenant un nouveau plateau sur le tréteau de service. Puis quand tu vois sa fille… J'ai rien contre son frère à elle, il à l'air juste d'être constamment blasé. Ce que je veux dire c'est que si les Sœurs Gorgones s'en prennent à toi, je peux t'aider à les coincer.
—Ça va aller, c'est sympa. J'ai l'impression qu'elles se sont calmées. Mais j'y penserais.
—Parce que ça t'arrive ?
Cette petite voix les fit frissonner tous les deux Weasley et lui. C'était celle de Médusa. Lentement, ils se retournèrent. Elle était habillée d'une longue robe de soie verte à manche courte, elle avait quitté son éternel petit ruban rose pour un ruban argenté. Ses cheveux étaient coiffés en une longue tresse compliquée, enroulés autours du ruban comme une sorte de serpent. Si elle affichait son sempiternel sourire, elle était pâle. Eddy savait qu'elle avait manqué le cours de Défense Contre les Forces du Mal et les autres cours.
—Qu'est-ce que tu veux Jedusor ? Tu n'as pas des chatons à étrangler ?
—Bouge de là, Weasley, retourne échanger tes fluides avec Prewett. Je me demande ce que ta mère dirait de ça, fit-elle d'une voix cruelle.
Weasley eut l'air un peu moins assuré. Eddy leva les yeux au ciel. Il s'apprêta à avancer parmi les invités pour l'esquiver mais elle se planta devant lui.
—Qu'est-ce qu'il y a ? Tu veux à nouveau passer par la fenêtre ?
Le sourire de Médusa vacilla légèrement.
—Ça te va très bien le costume de pingouin. Certains sont nés pour servir, il faut croire.
Elle saisit un petit four sur son plateau qu'elle avala avec lenteur cherchant à croiser son regard. Il fixa un point dans la pièce pour ne pas voir ses yeux noirs.
Il y avait une femme comme une ombre derrière un poteau qui observait leur duo d'une drôle de façon. Elle était très grande et inquiétante avec ses hautes pommettes creusées et ses yeux noirs. Ses longs cheveux noirs étaient coiffés en une tresse compliquée et sophistiquée le long de sa robe sombre.
Médusa se retourna cherchant à voir ce qu'il regardait. Quand elle aperçut la femme, elle abattit sa main volontairement sur le plateau et fila si vite entre les invités que lorsque le plateau heurta le sol, elle était déjà loin. Cela fit un bruit du diable et plusieurs invités levèrent une tête outrée dans sa direction. Honteux et furieux, il se dépêcha de tout ramasser avec Weasley.
—Qui est cette femme ? demanda Eddy en pointant la sorcière avec qui Médusa parlait désormais à voix basse.
—Oh elle, c'est la femme du professeur Jedusor. Oui elle fait peur, je suis d'accord. Un dirait un foutu vampire.
Slughorn saluait justement chaleureusement la femme auprès de Médusa tandis qu'un couple de sorcier prenait à parti Flitwick et le professeur Sinistra non loin d'eux. Eddy songea que ça expliquait un peu mieux le comportement des deux jumeaux. La femme lui inspira autant de méfiance qu'à son mari.
—Elle élève des sombrals, ajouta Kingsley Shacklebolt qui arrivait après avoir pratiquement marché en crabe contre le mur du bureau pour ne pas être écrasé. Ils sont très réputés dans le monde du Derby. Mon père parie souvent sur ses sombrals durant les compétitions.
Eddy nota l'information pour demander des confirmations à Newt s'il en avait.
—C'est vraiment une place de planqué ici, fit Shaklebolt. Tu veux pas aller te dégourdir les jambes, Lee ? Il faut que quelqu'un fasse le tour sinon Slughorn va finir par nous voir.
—Pourquoi moi ?
—Parce que t'es le plus jeune et parce qu'on est deux Gryffondors face à un Serpentard ? Allez, ouste.
Autant ne pas envenimer les choses ici, songea le garçon en s'exécutant pour changer de plateau et partir vaille que vaille à l'assaut de la salle bondée.
—Mais est-ce que c'est légal de nous faire travailler ? demandait Kingsley à Arthur avant que le brouhaha des autres convives ne masque le reste de la conversation.
L'avantage de cet encombrement c'était que cela lui évitait de croiser bien du monde. Il n'avait qu'à tendre son plateau pour que les convives se servent tellement bouger était compliqué. La plupart ne regardaient même pas qui les servaient. Ce fut le cas de Skeeter et une femme blonde richement habillée qui devait être sa mère. L'homme très grand et musculeux à la mâchoire carré devant être son père ne lui accorda pas non plus un regard. Seule Bellatrix parvint à lui jeter un coup d'œil noir derrière son verre de punch, mais elle semblait tellement mourir d'ennui que la scène fut plus drôle qu'effrayante.
Eddy parvint à trouver près du bar à punch un peu de place pour se reposer un moment et reprendre un peu d'oxygène dans cette marée humaine. Il comprenait aisément pourquoi Salazar ne venait jamais à ces soirées malgré les sollicitations de Slughorn. C'était un véritable enfer.
—Bonsoir Mr Lee.
Peut-être qu'il était bien en enfer, songea-t-il alors que le professeur Jedusor se servait de punch à côté de lui. Sa robe de sorcier noire semblait luire comme un soleil obscur, et à son cou remarqua-t-il, il y avait un curieux médaillon dont le pendant était caché dans le col de sa robe. Il était aussi imposant qu'à son habitude mais arborait un air charmeur. Il lui adressa un sourire énigmatique en levant le verre de punch à son intention.
—Bonsoir professeur, marmonna l'adolescent en fixant son plateau.
—D'autres progrès avec vos petites colères ? Votre petite comparse a raison dans son journal ridicule, vous êtes assez intenable. En quelques semaines vous avez réussi à attaquer mes deux enfants. Heureusement que je n'en ai que deux.
Il but nonchalamment son verre de punch. Il ne semblait nullement inquiet ni même attristé des faits qu'il venait d'énoncer.
Eddy s'apprêta à se carapater dans l'espace réduit laissé par une sorcière immense et un vampire mais une main froide, voire glacée s'abattit sur son épaule. Il pouvait le sentir malgré le tissu épais de sa veste. Il frissonna.
—Ne soyez pas toujours si pressé de vous enfuir, Mr Lee. Vous avez un grand potentiel qu'il serait fâcheux de voir gâché. Si vous avez besoin de conseil, je pense être la personne adéquate.
Eddy sur le coup ne sut pas trop quoi répondre. Après tout dans son dernier cours il avait réussi à jeter son premier vrai sortilège ! Certes au dépend de Médusa, mais il s'était passé quelque chose. Le professeur Jedusor avait après tout une baguette faite du même bois que la sienne.
—Je vais y réfléchir, marmonna-t-il. Merci de cette proposition.
—Fort bien, maintenant une question me taraude, reprit son professeur. La langue que vous parliez avec le Choixpeau le soir de votre arrivée était du romani c'est cela ?
Incertain Eddy hocha la tête, choisissant de fixer le médaillon au cou de son professeur celui-ci étant pile dans son champ de vision.
—Sauriez vous en mesure de traduire une phrase pour moi ?
Pour la première fois Eddy posa ses yeux sur son professeur, surprit. C'était sans doute la dernière chose à laquelle il s'attendait. Il fixa Médusa qui les observait derrière Skeeter et sa famille et répondit :
—Je veux bien, mais j'aurais besoin d'un service moi aussi. J'ai besoin d'une autorisation pour un livre de la Réserve.
—Soit. Lequel ?
—Ça ne vous concerne pas.
—Je suis bien obligé d'en écrire le titre pour vous faire un mot, essayez, si ce n'est trop vous demander d'utiliser votre cerveau, rétorqua Jedusor d'une voix agacée.
—Le Registre des élèves de Poudlard, bafouilla Eddy malgré lui.
Un intérêt curieux prit le visage de son professeur. Il sortit sa baguette discrètement, invoqua un parchemin et une plume. Celle-ci d'un mouvement de sa main se mit écrire d'une façon délicate l'autorisation voulue. Eddy la saisit et la rangea dans la poche de sa veste. Il hocha la tête attendant que Mr Jedusor lui présente sa part de leur étrange contrat.
—C'est une phrase que j'ai entendu il y a des années, une femme l'a dite avant de mourir. Je ne saurai pas vous l'écrire.
Eddy songea qu'en effet il était rare de connaître des locuteurs de cette langue, celle-ci étant pratiquée par peu de personnes avec des différences entre les pays. Le garçon hocha la tête tandis que le professeur eut l'air de se remémorer la formulation exacte. Il s'étonna que cet homme ait réussi à retenir une phrase qu'il ne comprenait pas pendant des années, il avait manifestement une bonne mémoire.
Enfin il prononça les mots dans un accent approximatif. Eddy fronça les sourcils en cherchant à comprendre. Jedusor recommença avec une prononciation à peine meilleure, le bruit de la musique n'aidant évidemment pas.
—Je ne suis pas sûr de comprendre, avoua-t-il. Je crois qu'il y a le mot détruire. Peut-être amuser ? Je… je crois que vous avez dit humain à un moment, mais ça sonne bizarrement, c'était peut être mar ou marel… Ça veut dire tuer.
De l'amusement à détruire et tuer ? C'était la chose la plus macabre que quelqu'un eut put dire à un individu avant de mourir. Quand Eddy comprit ce fait, il se figea à l'instar du professeur Jedusor. Le garçon leva un œil malgré lui vers le sorcier. Ce qu'il vit le tétanisa, les yeux du professeur n'étaient plus que deux billes rouges de fureur. Il lui saisit violemment le bras et Eddy faillit lâcher son plateau. Le professeur plongea son regard rouge dans le sien.
—Ah ! parvint-il à crier alors qu'il sentait la présence de Jedusor envahir son esprit.
Son cri fut assez fort pour attirer le regard de deux convives qui leur jetèrent un regard surpris. Jedusor le lâcha d'un bond puis, comme neige fond au soleil il se recomposa une mouche charmeuse.
—Je vois. Merci pour ces éclaircissements, j'ose espérer que ce petit arrangement restera entre nous.
Eddy hocha lentement la tête, il avait du mal à déglutir. Il lui fallait trouver un moyen de s'échapper. Slughorn arriva justement pour le sauver, un verre de punch à la main avec un air un peu trop rouge et joyeux pour être totalement sobre. Il prit à parti le professeur qui lui jeta un dernier regard inquiétant.
—Mr Lee, n'oubliez pas de tourner, vos jambes fonctionnent encore et mes invités ont faim, lança Slughorn en happant Jedusor dans un aparté près d'une tenture en soie verte.
Eddy ne put s'empêcher de les épier, concentré sur son si sinistre professeur. Ce que le professeur Slughorn lui souffla ne sembla pas lui plaire car il devint encore plus livide. Il offrit malgré tout une grimace qui devait être un sourire au vieux professeur à la moustache de morse. Ils parlèrent quelques instants mais Jedusor était figé comme une statue de sel. La mère de Skeeter alla à ce moment là saluer le professeur Slughorn détournant son attention. Médusa était non loin d'Eddy et semblait avoir subi un sortilège de gel. Mr Jedusor passa à côté d'elle, il vrilla sa fille du regard. Sans un mot elle le suivit. Ils s'éclipsèrent ensembles de la pièce. Eddy se sentit trembler. Il posa son plateau sur le bar et se sauva discrètement à leur suite.
Au moment où il sortit du bureau, une porte claquait au fond du cachot. Il s'en approcha à pas de loup.
—…je te pensais plus intelligente que ça, entendit-il siffler la voix mauvaise du professeur Jedusor. Ne t'avais-je pas dit de ne plus t'en mêler ?
Il y eut un bruit fort de gifle qu'il entendit à travers le battant.
L'adolescent se força à ne pas sursauter. Il sentait son sang battre la mesure dans sa cage thoracique et ses mains trembler.
—Tu restes en dehors de ça. Je ne te le répéterai pas une autre fois.
—Alors laissez Salazar en dehors de ça lui aussi !
Il y eut un silence.
—Je t'interdis de crier Médusa. Endoloris.
Il entendit un bruit de corps qui s'effondre et un petit gémissement aigu. Le sang d'Eddy battit encore plus fort dans ses veines, il avait du mal à respirer et sentait sa magie gronder de façon dangereuse en lui. Il ne parvenait plus à calmer ses tremblements.
Le professeur parla mais Eddy ne comprit pas ce qu'il disait, sa voix n'était plus d'un sifflement strident de rage. Les chuintements de sa langue furent rejoint par des sifflements plus aigus, ce devait être ceux de Médusa. Les sifflements continuèrent déclenchant des frissons de plus en plus glacés le long de son cou. Il tremblait tellement qu'il ne parvenait plus du tout à se contenir. Sans comprendre ni comment ni pourquoi il tourna les talons et quitta le couloir à toute vitesse.
Il fallait qu'il s'éloigne au plus vite. Le bruit de la musique était déjà loin quand Eddy pratiquement en rampant parvint à trouver un petit placard pour se cacher.
Sa magie crépitait en lui et s'échappait en petites étincelles sombres. Les balais et sceaux du placard bougeaient animés par ses tremblements.
Eddy ferma les yeux et se recroquevilla contre lui même. Il essaya de répéter les exercices de Tina du mieux qu'il put en inspirant et expirant à grandes goulées. Seulement cela ne semblait pas fonctionner, tout crépitait en lui comme le début d'un brasier. Derrière ses yeux fermés Eddy fut pour la première fois depuis longtemps plongé dans ses souvenirs. Il sentait les coups, les cris, les hurlements et sa propre terreur. Non, il fallait que ça cesse. Il fallait absolument que ça cesse !
Le balai devant lui prit feu, Eddy fut suffisamment surpris pour parvenir à se calmer. Il psalmodia dans sa tête les exercices de Tina pour faire cesser ses tremblements. Il fourra le balai enflammé dans un sceau humide pour limiter les dégâts, ferma le placard et quitta la pièce à toute vitesse.
Eeet la suite la semaine prochaine. Maintenant qu'Eddy a commencé à traduire pour Tom, il ne sait pas dans quel bourbier il s'est fourré (moi je sais hi hi) et ce n'est que le début. Le prochain chapitre sera riche d'autres révélations, mais d'ici là, encore merci pour vos lectures, mises en favoris et follow !
