Bonjour à tous, on se retrouve pour le 7e chapitre. Merci pour toutes vos lectures et mises en favorites, j'espère que l'histoire vous plait toujours et continuera à vous intéresser.
Chapitre VII : Edward Daniel Lee
Langue de Serpent rencontra dans son marais Helga Poufsouffle cherchant des grenouilles pour une potion. La sorcière était nonne auprès des moldus, mais puissante auprès des siens. Ils se connurent et Poufsouffle lui parla de ses camarades déguisés. Godric Gryffondor l'écuyer d'un roi, et Rowena Serdaigle la guérisseuse. Ils se rencontrèrent et décidèrent qu'ils ne voulaient plus être cachés et seuls. Ils partirent ensembles sur la route.
Page 1 du Codex de Serpentard
« Mon garçon,
Merci de nous avons répondu Newt et moi. J'espère que tu vas mieux et que tu essaies malgré tout de réviser un peu. J'ai pris la liberté de t'écrire cette lettre après les questions sur Grindelwald que tu nous as posé. Newt ne sait pas que je t'écris, je te laisse le choix de lui dire ou non.
Grindelwald et Albus ont été très liés pendant un temps, et leur liaison a causé beaucoup de tourments aux sorciers, des années auparavant. Albus est cependant parvenu à ne pas sombrer du mauvais côté et a compris qui était Grindelwald. Il nous a fallu des années pour l'arrêter avec Newt et lui.
C'était un combat dans lequel nous ne voulions pas vraiment être mêlés Newt et moi, mais les circonstances ont joué pour nous. C'est pourquoi je t'écris. Albus a toujours eut le talent particulier d'inciter les gens à le suivre dans ses entreprises les plus risquées. Newt a cru comprendre qu'il se passait dans l'école un duel de rivalité entre Dumbledore et un autre professeur et que tu y étais lié.
Je t'en supplie, prend tes distances et ne t'en mêle pas. Tu as d'autres soucis à gérer. Il faut que tu te préserves. Quoi que te demande le professeur Dumbledore, s'il te plait dis non. Tu n'as que quatorze ans, je ne veux pas te savoir en danger.
Je t'aime,
Tina. »
Eddy avait relu plusieurs fois la lettre de Tina sans savoir exactement quoi faire. Il avait fini par la fourrer dans son sac et avait suivi Sal alors qu'il se rendait en cours de potion. Salazar ne parlait toujours pas à Médusa. Il était revenu de sa retenue avec son père, tremblant et pâle.
Eddy ne savait pas ce qu'il lui avait fait, mais il n'ouvrait plus la bouche depuis deux jours. À côté de sa sœur, il suivait méthodiquement le livre de potion devant lui sans la regarder mais ils semblaient se comprendre et s'accorder parfaitement dans leurs gestes. Eddy parvint difficilement à terminer sa potion avec Gwendal. Elle n'avait pas la couleur carotte demandée, mais c'était assez proche pour espérer recevoir à peu près la moyenne.
La cloche sonna et les élèves commencèrent à sortir à l'exception de Médusa et Eddy. Ils se jetèrent un coup d'œil et allèrent près du bureau du vieux professeur de potion. Salazar parut interloqué tandis que Bellatrix et Rita déguerpirent en balançant des insultes dans le dos d'Ombrage. L'héritier de serpentard resta là à les regarder, confus alors que Slughorn les remarquait.
—Mr Lee, Miss Jedusor. Que me vaut le plaisir ?
—Nous voudrions apprendre à fabriquer l'Illuminial, fit Médusa. Cela fait plusieurs jours que je fais des essais pour aider Eddy, mais impossible d'y arriver.
Il avait communiqué à Médusa tous les ingrédients dont il se rappelait sans parvenir à la potion demandée. Slughorn prit l'air interloqué tout autant que Salazar :
—C'est une potion très difficile, jeunes gens ! Médusa je connais vos dispositions naturelles dans cette matière mais elle est encore bien au delà de vos capacités.
Médusa n'en démordit pas, elle sortit de la poche de sa robe une petite fiole un peu ocre, on était bien loin du doré attendu.
—J'essaie d'apprendre à Eddy à faire cette potion pour qu'il prenne en charge lui même ses soins, mais impossible de trouver le dernier ingrédient. Je les ai tous identifiés, la poudre de rose, les feuilles de lavande, la sève d'amourette ainsi que les racines de verveine mais impossible de trouver ce dernier ingrédient. S'il vous plait professeur nous avons besoin de votre aide.
Elle avait dit cela d'un ton si charmeur de petite fille que Slughorn parut fondre devant son petit minois innocent.
—Je suis toujours aussi impressionné, Miss Jedusor, mais hélas ce n'est pas un ingrédient qui vous manque. Ce qui fait la particularité de cette potion, c'est son mode de cuisson. Sur les cinq dernières minutes de la préparation, pour éviter cette couleur ocre, il vous fait l'illuminer au Patronus. La potion doit baigner cinq minutes à feu doux sous la lumière d'un patronus pour qu'il lui transmette ses pouvoirs de protection. C'est la recette que m'a communiquée Albus.
Alors, comprit Eddy, il ne pourrait sans doute jamais en fabriquer lui même. Il avait déjà du mal à jeter un pauvre sort de lévitation, alors un patronus ? Slughorn comprit son désarroi et leur adressa une grimace désolée.
—Je suis désolé jeunes gens, c'est obligatoire pour que la potion fonctionne. Mais je suis fort heureux de votre ambition Mr Lee. Vous souhaitez progresser en potion pour de nobles raisons. Miss Jedusor étant l'une des meilleures élèves que l'école ait comptée il est en effet très avisé de compter sur elle. Pourquoi ne pas commencer déjà par des cours de soutien ? Miss Jedusor s'est montrée si inquiète pour vous l'autre jour que je suis sûre qu'elle sera toute disposée à vous en donner. Il y a beaucoup de matières à rattraper.
Le visage de Médusa se marbra d'une belle teinte rouge. Elle eut envie de répliquer quelque chose mais déjà Slughorn souhaitait terminer sa journée. Il les raccompagna prestement à la porte avec Salazar.
—Oh, et Mr Lee, j'organise pour la fin d'année une petite soirée, pourquoi ne pas inviter votre tuteur Mr Scamander ? J'ai tellement de choses à raconter et de gens à présenter à ce cher Newt. Je vous envoie à tous les trois les cartons d'invitation sous peu.
La porte claqua aussitôt derrière eux.
Médusa ne put empêcher un sifflement rageur de jaillir de sa bouche. Ça devait être une insulte car Salazar eut un petit ricanement.
Eddy remarqua que sortant de la poche de la jeune fille, il y avait un petit serpent noir avec quelques écailles rosées. À peine l'eut-il remarqué que le serpent replongea dans la poche de Médusa qui fourra sa main dedans.
—Vous êtes amis tous les deux maintenant ? demanda finalement Salazar après plusieurs jours sans ouvrir la bouche.
—C'est un partenariat, finit par répondre Médusa trop heureuse que son jumeau lui adresse de nouveau la parole.
—J'ai besoin de ces potions pour cet été, murmura Eddy dépité. Je ne pourrais jamais me les fabriquer seul.
—Pourquoi ? Tes tuteurs ne peuvent pas te la fabriquer ? questionna Salazar. Ce sont eux qui l'ont inventé de ce que tu m'as dit.
Eddy se sentit un peu honteux alors que Médusa d'un signe de tête leur disait de la suivre discrètement. Ils avaient encore quelques minutes avant la fin de la pause. Il n'avait pas raconté toute la vérité à Salazar sur ce qu'il comptait faire cet été.
—Je pars chercher ma famille cet été, mais seul. Newt veut m'accompagner mais c'est quelque chose que je dois faire en solitaire.
Salazar ne répondit rien, il ne parut pas approuver car il fronça les sourcils. Médusa les conduisit dans un petit cachot excentré. C'était là que la jeune fille avait établi en toute discrétion son laboratoire.
Peeves était justement à l'intérieur. L'esprit frappeur souriait de toutes ses dents pointues :
—Tous aux abris, voilà l'obscurial et le toqué !
Aucun des deux garçons ne réagit, Médusa non plus. Elle offrit son plus lumineux sourire à l'esprit frappeur.
—Merci d'avoir surveillé le labo, Peeves.
—Avec plaisir petite Zaza, j'attends mon payement bientôt.
Il mima un baiser théâtral et caricatural avant de s'envoler par la porte du fond dans un bruit vulgaire. Au bout du cachot il y avait un énorme chaudron, ainsi que d'autres plus petits, avec un petit nécessaire d'ingrédients. Médusa faisait plusieurs potions en même temps, certaines terminées étaient rangées dans des flacons soigneusement étiquetés.
—Comment tu parviens à te faire écouter de Peeves, Zaza ? se moqua Eddy sachant à quel point l'esprit frappeur était imbuvable.
En apprenant qu'il était obscurial, Peeves l'avait pourchassé avec des petits bouts de craies pour « éclaircir » selon ses termes son obscurus avant que McGonagall ne le catapulte hors du château pour une semaine en punition.
—Entre adorateur du chaos on se comprend, répondit la jeune fille avec de faux airs supérieurs. Je lui fabrique des bombabouses et autre pièges pour les Gryffondors. Depuis le début de l'année, avec lui j'ai réussi à faire perdre cent-cinquante-points à leur maison.
Elle eut l'air satisfaite de ce constat et pointa la potion.
—Donc il nous faut un patronus. Même si tu ne peux pas en faire apparaître toi-même, je peux te faire tes potions.
—Tu sais faire apparaître un patronus, Médusa ? s'interloqua Salazar.
Il était fébrile et tremblant. Il ne cessait de jeter des coups d'œil par la porte avec l'envie de rejoindre l'extérieur. Il n'aimait pas être dans ce petit cachot sombre perdu dans les sous-sols du château.
—Je n'en ai jamais fait apparaître, mais ça ne doit pas être compliqué.
Elle tira sa baguette avant de claironner d'un air assuré :
—Spero Patronum !
Seulement rien ne se passa. Pas même un mince filet argenté ne sortit de sa baguette. Elle regarda l'embout pointu confusément puis réitéra. Une fois, deux fois puis une dizaine de fois. Médusa devint rouge de rage, Eddy comprit que jamais un sortilège ne lui avait résisté aussi longtemps.
—On va aller en cours. La pause est terminée, grinça-t-elle d'une voix mauvaise. Ce soir rendez-vous ici avant le diner pour tes cours particuliers. Ne sois pas ne retard.
Elle tourna les talons d'un pas rageur. Eddy regarda le chaudron une dernière fois alors qu'ils quittaient le cachot Salazar et lui. Sal semblait songeur.
—Elle ne pourra pas faire apparaître de patronus, prédit il à voix basse. Moi non plus je pense.
Il n'avait même pas essayé pourtant Eddy n'avait aucun mal à le croire. Ils enchaînèrent sur les cours suivants et le reste de la journée.
Eddy retourna donc le soir même vers les cachots avec Salazar, mais arrivé dans le Hall, ils furent stoppés par le professeur Dumbledore qui avançait vers eux l'air enjoué.
—Mr Jedusor, Mr Lee, je suis heureux de vous voir. J'aimerai pouvoir m'entretenir un instant avec Eddy, si ce n'est trop te demander Salazar.
Salazar hocha maladroitement de la tête et parut pressé de disparaître. Il les quitta pour se rendre dans le parc sous le soleil couchant.
—Et si nous allions nous promener nous aussi, Eddy ? J'ai passé toute la journée à répondre à des lettres de parents inquiets, j'ai besoin de me dégourdir les jambes.
Un peu gêné, l'adolescent suivit son professeur vers la sortie en sentant bien que les élèves jetaient une drôle d'œillade à leur duo. Les regards et les chuchotements n'avaient pas vraiment cessés depuis que son secret avait été éventé. Certains paraissaient même en colère qu'il n'ait pas pris la décision de partir de lui même de l'école. Si personne n'osait rien dire par crainte des retours des Gorgones, ce n'était pas non plus l'idéal. Même certains professeurs semblaient craintifs comme le professeur Belline qui ne cessait de voir de sombres présages dans sa boule de cristal au grand bonheur de Trelawney.
Ils marchèrent quelques instants en silence alors que Charme arrivait vers eux, dans sa gueule une araignée de la taille d'un poing. Il la mastiquait avec délice tout en ouvrant la marche devant eux. Eddy ne savait pas trop quoi dire. Il ne devait pas tarder à rejoindre Médusa.
—Vous savez que votre forêt est pleine d'acromentules, professeur ? questionna-t-il à défaut d'autre chose.
—Oui, Eddy. C'est Hagrid qui me l'a confié. Vois-tu, il y a de cela des années alors qu'il avait à peu près ton âge Hagrid a adopté Aragog et l'a élevé dans le château alors que sévissait le monstre de Serpentard. Tom alors préfet, l'a fait accuser à sa place et renvoyé du château. Aragog a trouvé refuge dans la forêt interdite et s'y est trouvé une épouse. Depuis que Tom est revenu enseigner ici les araignées sont agitées et agrandissent leur territoire. La présence de trois héritiers de Serpentard les inquiète.
Eddy décocha un coup d'œil à son professeur. Inévitablement il savait. Il menait son enquête envers le professeur Jedusor depuis déjà fort longtemps.
—J'ai su dès qu'on a ouvert la Chambre des Secrets que c'était lui sans pour autant parvenir à lui faire avouer, ni à le prendre sur le fait. Tom attend semble-t-il tranquillement son heure depuis. Je sais que tu as reçu une lettre de Tina t'enjoignant à ne pas t'impliquer dans cette affaire, elle m'en a envoyée une également.
Eddy songea que cela faisait un moment en vérité qu'il était impliqué.
—Le professeur Jedusor propose d'affronter l'Obscurus en moi et de m'aider à retrouver mes souvenirs. Est-ce que la légilimentie peut m'aider professeur ?
—Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, Eddy, le coupa franchement son professeur. La dernière fois que tu as réveillé l'obscurus nous avons bien failli te perdre.
—Mais Fumse-
—Mais Fumseck ne peut pas pleurer sur commande, Eddy, fit doucement Dumbledore. Je pense que tu devrais attendre encore un peu avant de te confronter à ces souvenirs. Les traumatismes sont durs à surmonter.
—Mais j'en ai pas du temps, s'énerva-t-il. S'il y a un moyen que je puisse au moins connaître mes racines et d'où je viens avant de mourir j'ai le droit de savoir !
Dumbledore prit l'air peiné. En cette fin de mai, le soleil n'était pas encore tout à fait couché. Eddy fixa rageusement la forêt interdite qui s'étendait devant eux, refusant de regarder le vieil homme.
—Du temps, tu en auras Eddy, ne précipite pas les choses. Ton traitement est encore assez expérimental, nous travaillons toujours à l'arranger.
—Au prix d'être continuellement une sorte de bête de foire ou un rat de laboratoire et de ne pas pouvoir utiliser ma magie. Je n'ai aucune chance de passer en quatrième année !
Dumbledore soupira. Charme avait terminé de mastiquer son araignée et les regardait impatiemment.
—Médusa Jedusor t'a proposé son aide pour tes révisions d'après les dires du professeur Slughorn, mais en ce qui concerne la partie pratique de tes examens, tes professeurs seront plus compréhensifs, Eddy. Nous faisons en sorte que tu puisses avoir la vie normale que tu mérites, c'est peut-être comme ça que tu guériras.
—Mais ma vie n'est déjà pas normale, cingla Eddy. Je dois partir, j'ai des cours de soutien justement.
Il tourna les talons et entendit Dumbledore soupirer à nouveau. Charme le regarda partir et il s'en retourna vers le château d'un pas colérique. En descendant vers les sous-sols, il eut la surprise de croiser Skeeter qui avait un panier repas sous le bras.
—Ah tu étais là, toi. Depuis le temps qu'on t'attendait.
Elle le poussa en avant tout en soutenant son panier.
—Mais qu'est-ce que tu fais là, le cafard ? s'indigna le garçon.
—Tu n'arrivais pas, alors Med nous a appelées Bella et moi. Dis, c'est vrai que ton tuteur a affronté Grindelwald ? Il faut absolument que je raconte ça dans le journal, tu ne voudrais pas lui demander un ent-
Mais Eddy ne l'écoutait plus, ils avaient franchi la porte du cachot. Bellatrix se trouvait effectivement là en se limant nonchalamment les ongles avec la pointe d'un petit canif tandis que Médusa s'occupait de sa potion.
—Enfin là ? Je t'avais dit de ne pas être en retard !
—Qu'est-ce qu'elles font là les deux vipères ? Je pensais qu'on devait réviser.
Les deux susnommées vipères grognèrent. Bellatrix se releva d'un bond, et Médusa rétorqua d'une voix sèche :
—Ça fait presqu'une demi heure que je t'attends, au bout d'un moment elles ont fini par me rejoindre.
—Je suis passée chercher à manger en cuisine, siffla Skeeter. Tu pourrais dire merci.
—Et on ne peut décemment pas laisser Med, seule dans un cachot avec un garçon aussi louche que toi, Lee. Imagine ce qu'on en dirait. Alors comme ça il te faut des cours intensifs ? J'ai hâte de commencer à t'aider, sale petit cracmol.
Rita entama son sandwich au lard en ricanant, Bellatrix, elle, se frottait les mains d'anticipation.
—Comment ça m'aider à réviser ? gronda Eddy en songeant qu'il aurait bien aimé rester seul avec Médusa.
Bellatrix roula des yeux et eut un geste impatient et Médusa se releva en s'époussetant.
—Tu es le plus mauvais élève de notre promotion et je n'ai pas que ça à faire que de te faire réviser tous les soirs. On va s'y mettre à plusieurs, il ne nous reste qu'un mois. Je suis la meilleure en potion et défense contre les forces du mal, Rita en métamorphose et Bella en sortilège et histoire de la magie.
—Pourquoi vous m'aidez ? Il y a deux mois vous avez essayé de torturer mon chat, bande de cinglés.
—Parce que Lee, susurra Bellatrix d'une voix cruelle, il n'y a rien de plus satisfaisant que de torturer quelqu'un en lui rappelant tout ce qu'il ne sait pas et que nous lui sommes supérieur. Toutes les choses que tu ignores nous allons te les enfoncer à coup de baguette dans ton petit crâne de rouquin.
—Te torturer ainsi sera même considéré comme une bonne action par les professeurs, s'émerveilla Skeeter.
Les deux gorgones se firent un sourire, ravies de cet état de fait. Eddy retint un soupir, il eut soudain envie de se carapater retrouver Salazar dans la forêt interdite. Il aurait aimé que Charme soit avec lui pour se défaire des trois pestes. Pourtant, elles semblaient moins vindicatives que d'habitude et Médusa lui offrit un sourire avenant.
—Allez, on a du pain sur la planche, assis, ajouta-t-elle quand il croisa son regard.
Aussi le fit il docilement envahi par cette étrange torpeur qui caractérisait le don de la jeune fille. Il râla alors que Rita et Bellatrix pouffaient.
—Très bien, commençons par les bases j'imagine, siffla Médusa. De l'importance d'allumer correctement son chaudron en feu réparti uniformément et pas n'importe comment comme un petit cochon.
—C'est Gwendal qui l'allume avec sa baguette. Je suis sans magie je vous rappelle, les bécasses.
Rita soupira et lui jeta quelque chose vers la tête, il l'attrapa au vol. C'était un petit paquet d'allumettes typiquement moldues. Il fronça les sourcils surprit que Skeeter ait ça dans ses affaires.
—Alors utilise la semoule que tu as à la place du cerveau, et utilise ça à la place ! Et dire que tu es fils de moldus... Bon sang Lee, je suis catastrophée, s'alarma la blonde en se rendant compte de l'ampleur de la tâche.
—Salazar Ie du nom m'en soit témoin, tu ressortiras d'ici en ayant appris quelque chose ou tu n'en ressortiras pas, geignit Bellatrix. Tu me revaudras ça, Médusa.
Et quelque part, Eddy la croyait sur parole. Il déglutit.
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Il avait passé des heures et des heures avec les Gorgones au cours des dernières semaines. Il ne voyait Sal que au dortoir. Mais semblait-il Kheiron et Gwendal l'avaient à peu près acceptés car il vit Salazar parler à ses deux camarades dans la salle de bain alors qu'il rentrait d'une séance de révision. Il était lessivé, tremblant et avait la tête qui tournait de toutes ces informations, mais il savait qu'il avait progressé. Peut-être que sous les piques mesquines des Gorgones il avait enfin appris quelque chose car justement il fonctionnait un peu comme ça ? Il aimait les joutes verbales quelque part, et les trois n'étaient pas mal dans leur genre pour balancer des horreurs.
—Allez le cracmol, on se dépêche, siffla justement Bellatrix à quelques jours des examens. La 3e guerre gobeline a été lancée par qui ? Je dois bientôt aller à mon entrainement de Quidditch. Notre match c'est demain !
—Tardigrade le Tendu ?
—Hanigrad Lotrondak ! Tu es si bête, je n'arrive pas à croire qu'on ait laissé ça, venir en cours avec nous.
Elle eut un ricanement de joie mauvaise et lui jeta son manuel d'histoire de la magie à la tête, il put l'éviter juste à temps. Il soupira en se demandant ce qu'il faisait avec elle. Médusa et Rita n'avaient pas pu venir, il était donc seul avec une Bellatrix tendue et colérique.
—En attendant ça, il s'en fiche de l'histoire, répliqua-t-il acerbe. À quoi cela sert d'apprendre tous ces noms ?
—Cela ne m'étonne pas de toi qui n'as pas d'histoire, cingla-t-elle. L'Histoire c'est notre héritage, ce pourquoi ceux avant nous se sont battus et leurs erreurs. C'est l'histoire de notre sang, mais pas du tien, ni de tous ces Sangs de Bourbe.
Elle se leva et s'épousseta en le regardant avec mépris, une main sur la hanche.
—Il paraît que tu ne vas pas vivre longtemps, c'est vrai ça ? continua-t-elle. Tu m'étonnes que tu n'en as rien à faire de l'histoire, tu mourras avant de t'être reproduis petit obscurial de pacotille. Tu n'auras rien à léguer, rien à laisser derrière toi d'autres que des regrets.
—La ferme ! gronda-t-il envers Bellatrix. Toi qu'est-ce que tu auras à léguer à part tes gênes de tordues ? Qui voudra de toi de toute façon ?
Il se leva brusquement et Bellatrix eut une grimace cruelle.
—Et si nous nous entrainions au duel toi et moi ? Ce sont des révisions après tout. En cinq minutes ce sera réglé et je pourrais aller à mon entraînement de Quidditch.
Elle tira sa baguette puis voyant qu'il ne bougeait pas, elle ricana :
—Alors ? Tu ne peux pas m'envoyer par la fenêtre, il n'y en a pas.
Elle lui jeta un sortilège qu'il évita à la dernière seconde et il sortit sa baguette pour répliquer, seulement encore une fois rien ne se passa.
—Allez, plus vite que ça, ou je m'occupe de toi à la moldue.
Un sourire sadique barra le visage pâle de Bellatrix. Elle s'approcha et lui administra une retentissante gifle. La colère monta alors qu'il sentait sa magie crépiter.
—Je ne vais pas frapper une fille, rétorqua-t-il en cherchant à s'en aller les poings serrés.
—Moi je ne vais pas me gêner, feula Bellatrix en lui saisissant brutalement le bras pour lui coller un coup de poing. Défend-toi Lee, par Salazar !
Le coup fut si violent qu'il se cogna la tête contre le mur et se sentit un instant partir.
Il avait, froid, faim, il était fatigué. Il attendait le retour de maman. Il était là, derrière lui. Il l'entendait. Il sentit l'odeur du whisky et sut qu'un coup allait venir.
—EDWARD-
—LEEEE !
Brusquement Eddy revint à lui. Il était couché au sol au milieu du cachot et Bellatrix en lévitation au dessus de lui. Elle battait des bras et des mains comme une chauve souris furieuse.
—Fais moi descendre et en vitesse ! Ça fait une plombe que je t'appelle par Morgane !
Ne sachant pas très bien comment faire, il se résolut à se calmer en apaisant sa respiration et en essayant de se concentrer sur un conte dans sa mémoire. Cela marcha, lentement Bellatrix commença à descendre comme retenue par un lasso invisible et dans un petit looping surprenant, elle fut déposée au sol.
Quand elle releva la tête vers lui, elle était encore plus échevelée que d'habitude et avait une expression de joie pure, presque de folie éthérée qu'il n'avait jamais vu chez qui que ce soit.
—C'était génial ! Oh c'était vraiment trop tordu. J'ai adoré ! Il faut que tu me le refasses !
—Est-ce que tu vas bien ? demanda-t-il plus par ironie que par inquiétude alors qu'elle venait de le frapper et de l'insulter.
Se faire frapper… comme avec son père, songea-t-il en se remémorant le cri qu'il avait entendu pendant qu'il était inconscient. Il l'avait entendu l'appeler. S'il s'était retourné il aurait pu le voir lui… et peut-être sa mère.
Il darda sur Bellatrix encore extatique un regard farouche.
—Merci ! Je crois que tu as débloqué un truc !
Elle eut l'air de se demander si cette fois c'était lui qui allait bien, puis se reprit en regardant sa montre :
—À ton service. Te casser ta petite figure de botruc et me faire envoyer en l'air s'entend. Par contre si tu dis aux autres que je t'aide, je te saigne à blanc.
—Vendu.
Et ils se quittèrent là, chacun partant à toute vitesse dans une direction opposée.
Eddy le cœur battant courut pratiquement sans s'arrêter jusqu'au deuxième étage puis après avoir franchi la dernière marche de l'escalier vers le palier, il s'arrêta. Fort de sa découverte, ses pas l'avaient naturellement précipités vers l'étage de Défense Contre les Forces du Mal. Quelque part il n'était pas surprit.
Il était terrorisé mais il avait prit sa décision depuis longtemps déjà. Alors en refrénant un tremblement il s'avança dans le couloir. C'était la fin d'après midi, les cours étaient terminés depuis longtemps.
Il toqua à la porte de la salle de classe du professeur Jedusor. Personne ne lui répondit, alors lentement il entra.
Le grand globe lunaire était éteint, c'était la première fois qu'Eddy voyait les larges fenêtres sans leur habituel rideau opaque. Il se déversait dans la pièce la douceur et la moiteur de l'été à venir. Mr Jedusor était sous un rayon de soleil en train de corriger négligemment des copies sur son bureau. Il avait enlevé sa robe de sorcier et travaillait en pantalon et chemise, les manches relevées. Même illuminé ainsi il avait quelque chose de glacial et dangereux, sa grosse bague noire luisant de rayons violacés sous les faisceaux lumineux à chaque mouvement de sa main. C'était complètement déraisonné de revenir vers ce type, pourtant lui seul semblait en mesure de comprendre cette part de lui violente et fracassée qu'il savait si mal cacher.
—En général quand on ne répond pas, c'est qu'on ne veut pas être dérangé. Auriez-vous aussi oublié les bases de la politesse avec l'amnésie qui vous ronge ? demanda son professeur sans bouger ni même lever les yeux vers lui.
—Si vous utilisez la légilimancie sur moi, ce que vous verrez ne sortira pas de cette salle de classe. Jamais. Ou je répèterai ce que je vous ai traduit à Dumbledore.
Le professeur le regarda alors en déposant sa plume. Il eut à peine l'ébauche d'un sourire. Il paraissait en fait terriblement tranquille.
—Des menaces ? Vous apprenez à mordiller petit serpent, c'est bien. Mais soit, c'est entendu.
Jedusor se leva. Eddy remarqua qu'à son cou il y avait le même médaillon qu'il avait vu chez Slughorn. Sans la robe de sorcier du professeur, il put voir le pendant ouvragé d'un serpent en pierre précieuse. Il frissonna, l'obscurus en lui sentait l'aura noire se dégageant du bijou.
—Nous commencerons demain, pendant le match, prononça son professeur en croisant les bras sur son torse.
Eddy hocha la tête, s'apprêtant à partir.
—Oh, et j'étais justement en train de corriger votre dissertation. Les progrès sont considérables lorsque l'on est bien orienté.
Il lui fit un énigmatique petit sourire, signe qu'il n'en dirait pas plus.
Eddy prit congé.
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Le soir venu, Salazar lui avait proposé de lire les astres dans le ciel avec son amie centaure Silvana afin de se porter chance pour les examens et l'été à venir. C'était sans doute un peu niais mais quelque part il remerciait son ami d'arriver si bien à calmer ses sombres pensées. Alors qu'ils pénétraient dans la forêt, Salazar se tourna vers lui :
—Va au match, demain.
Il recommença à avancer sans un mot. Salazar savait très exactement ce qu'il comptait faire et avec qui. Il songea qu'il avait peut-être raison mais Sal n'avait pas envie d'ajouter quoi que ce soit alors il ne rétorqua pas davantage. Ils n'eurent pas à marcher longtemps, Silvana arriva, son carquois pendu à son dos. Elle parut heureuse de les voir et leur offrit un tendre sourire. Néanmoins elle ne cessait de jeter des coups d'œil crispés derrière elle craignant de voir surgir son frère centaure.
—Quelque chose a changé en toi, petit garçon gorgé de magie.
—Je ne suis pas un petit garçon, râla-t-il alors que le serpentard et la centaure ricanaient.
Il réalisa qu'il ne savait pas vraiment combien de temps vivaient les centaures, sans doute longtemps vu l'air sage qu'arborait la jeune femme.
—Mais tu es loin d'être mûr, petit homme. Cela viendra en son temps.
Il lui fit une grimace ironique.
—Est-ce qu'il y a une étoile dans le ciel ou quoi que ce soit d'autre qui peut m'indiquer où se trouve ma famille ? demanda Eddy en observant le ciel pailleté.
Il profitait de la douceur de l'été en songeant qu'il avait rarement été aussi bien. Il était vivant, en plutôt bonne santé, avait des amis et avait fait des progrès énormes. Aurait-il pu penser ça quelques mois plus tôt ?
Silvana leva lentement son regard vers le ciel, dans ses yeux sombres les étoiles semblaient se refléter comme un miroir.
—Il y a bien des chemins à prendre pour retrouver son héritage, il te reste à savoir prendre le bon.
C'était quasiment aussi nébuleux que les prédictions de Belline et Trelawney à son sujet, pensa-t-il amèrement.
—Tu vas passer tout l'été à les chercher ? questionna finalement Salazar après une demi minutes de silence.
—Non, je vais me trouver un travail pour l'été aussi. Je dois me faire de l'argent de poche pour pouvoir subsister tout seul.
Eddy refusait de demander l'aide de ses gardiens. Il ne leur avait pas parlé ces derniers temps et ne leur avait pas confié son projet en solitaire. Quelque part il savait très bien qu'ils refuseraient tout en bloc. Il tenait donc à montrer son indépendance auprès de Newt et Tina de cette façon. S'il achetait de lui même le nécessaire à son voyage, peut-être seraient-ils plus enclins à recevoir ses arguments ? Eddy savait que quelque soit leur décision, la sienne était prise. Il partirait cet été à la recherche des siens.
—Et toi ? Vous allez faire quoi pendant les vacances avec Médusa ?
—Notre père sera occupé ailleurs tout un mois. Je pense que nous allons rester avec notre mère, murmura le brun d'une voix si ténue qu'il put à peine l'entendre.
Eddy sentit son désarroi et repensa à Mrs Jedusor à la soirée de Slughorn. Simplement, réalisa-t-il, ses traits étaient comme brouillés et confus. Il aurait été bien incapable de juste se souvenir de son visage ! Il fronça les sourcils.
—Les Sangsombres sont capables de se faire oublier, ce ne sont pas des gens que l'on retient, ils passent à côté de nous comme des silhouettes, dit doucement Salazar en semblant lire ses pensées. Elle est cracmole mais ces pouvoirs là sont suffisants.
Eddy se demanda en quoi c'était suffisant mais n'osa pas vraiment demander d'avantage d'information. Salazar était replongé dans ses pensées. Silvana posa une main légère sur l'épaule du brun qui ni ne réagit, ni ne chercha à se dégager. Eddy se demanda pour quelle raison un héritier d'un suprématiste du sang avait décidé d'épouser une cracmole si ce n'était ses étranges capacités. Il songea que ce n'était certainement pas de l'amour qui liait ces deux personnes, et cela se répercutait visiblement sur les jumeaux.
—Je vais demander à Newt et Tina si je peux t'inviter à la maison à la fin de l'été. Normalement ça ne posera pas de problème.
Il s'avançait peut-être un peu, mais les yeux de Salazar s'éclairèrent d'une joie subite.
—Ça ne sera sans doute pas possible, mais c'est sympa de ta part d'essayer.
Il replongea dans son mutisme et la centauresse essaya de le dérider sans grand succès. Eddy retourna lui aussi à ses pensées, craignant le lendemain.
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Le ciel était gris et orageux pour clore la saison de Quidditch. Il y avait dans l'air quelque chose de suintant et dangereux. Les élèves se rendaient vers le terrain en portant les couleurs de Gryffondor et Serpentard en dardant le ciel de coups d'œil inquiets.
Une tempête n'allait pas tarder à se déclencher sur l'école et la cime des arbres se soulevait furieusement sous les premiers coups de vent.
Il vit Médusa jeter un coup d'œil inquiet par les larges fenêtres avant de suivre Bellatrix et Mulligan, leur balai sous le bras. Salazar lisait tranquillement et quand Eddy se leva, le garçon leva les yeux :
—Bon match.
—Merci !
Il y avait mit tout l'engouement possible avant de se carapater en vitesse à la suite de Shafiq. Seulement, à peine eut-il franchi les portes de la Grande Salle qu'il prévint Gwendal et Shafiq qu'il avait oublié quelque chose. Ensuite, il se dirigea vers les étages en se dissimulant parmi le flot continu d'élèves descendant vers le terrain.
Il se mit à courir jusqu'au deuxième étage. Une fois arrivé dans le couloir, il se reprit et souffla un peu. Il toqua à la porte du bureau :
—Entrez, répondit une voix sèche.
Il le fit sans attendre, mais fébrile. La pièce était de nouveau sombre, seul le globe brillait d'une lueur blanchâtre au dessus de leur tête. Le professeur Jedusor avait repoussé les pupitres contre les murs et était au milieu de la pièce, un grimoire en lévitation entre ses mains alors qu'il lisait.
Quand il s'approcha, il vit que ce que Mr Jedusor faisait léviter était l'étude sur son cas de Newt et Tina. Il retint une grimace. L'étrange obsession de son professeur envers lui le rendait nerveux.
—Savez-vous concrètement comment fonctionne la légilimancie ? demanda Jedusor sans le regarder en tournant sa page d'un bref mouvement de doigt.
Puis comme il ne répondait pas, le professeur enchaina :
—La légilimancie est le moyen de pénétrer les souvenirs, les émotions, les pensées d'un individu. C'est à cela qu'il faudra vous confronter pendant nos séances. Or, sans magie vous semblez bien incapable de vous défendre seul contre ce qui vous assaille. Mais la colère semble être chez vous le meilleur moteur.
Il ferma la thèse des Scamander et la fit voleter nonchalamment vers son bureau.
—Nous allons donc réitérer la petite expérience que vous avez eue hier avec miss Black. Quel en a été le déclencheur ?
Eddy se demanda comment il était au courant d'une telle chose, Bellatrix le lui avait-elle raconté ? Il baissa les yeux :
—Bellatrix a insinué que je n'aurai jamais d'héritage… rien à laisser, pas d'enfant, pas d'histoire, arriva-t-il à articuler du bout des lèvres. Ça m'a énervé, on s'est battus et elle m'a frappé.
—Et que s'est-il passé après ça ?
—Je… je me suis senti partir, et j'ai entendu la voix de mon père et quand je suis revenu à moi, j'étais au sol et Black en lévitation au dessus de moi.
—La violence a fait naitre votre obscurus, c'est donc par la violence qu'il faudra le purger.
Il avait sorti sa baguette, Eddy frémit :
—Vous allez me frapper ?
—Je ne vais pas m'abaisser à une telle chose, Mr Lee. Je voulais juste vérifier si je devais utiliser la manière douce ou la manière forte.
Et sans autre parole, il lui saisit le col de sa robe pour le forcer à le regarder. Il plongea ses yeux dans les siens.
Il avait froid, faim… il était si fatigué. Maman n'allait pas tarder, elle avait promis de revenir. Il l'attendrait mais il avait si peur. Il devait l'attendre, ne surtout pas bouger de là où il était, sinon, maman ne le retrouverait pas.
Où était maman ?
—EDWARD DANIEL LEE ! QU'EST-CE QUE T'FOUS DEBOUT !?
Il sentit un puissant coup lui atteindre la tempe par derrière. Eddy hurla. Il se sentit partir.
Il fut projeté à un autre souvenir. Maman était dans la caravane avec Papa et il était en train d'attendre pieds nus dans le froid. Papa hurlait sur Maman encore une fois. Il entendit un bruit de coup et se rua pour taper à la porte. Celle-ci finit par s'ouvrir et il vit son père. Il était si grand, un vrai géant de presque deux mètres. Il avait la figure aussi rouge que ses cheveux. Le géant lui faisait peur, mais le géant était devant Maman.
—Dégage de là, morveux de mon sang !
—Danny laisse-le tranquille ! Je t'en supplie !
Ça faisait si mal…
Sa magie explosa en lui. Il sentit la force de ses pouvoirs heurter les barrières mentales de Jedusor. Il n'y vit qu'une image, un grand brasier, et un petit garçon au milieu. Lord Voldemort est né.
Quand il émergea, ce fut parce que le professeur Jedusor l'avait projeté à l'autre bout de la classe. Sa tête heurta le mur derrière lui. Quand douloureusement il releva les yeux vers l'héritier de Serpentard, il vit le regard le plus rouge et le plus monstrueux qu'il ait vu. Le charmant professeur Jedusor n'était plus là, ses traits s'étaient plissés et il ressemblait à un serpent sur le point d'attaquer.
—Eh bien, Edward Daniel Lee, il semblerait que vous sachiez utiliser l'occlumencie, félicitation, susurra-t-il dans un sifflement de serpent prêt à mordre.
Eddy avala sa salive de travers alors que le professeur se rapprochait. Ils savaient très bien ce que l'un avait vu de l'autre, tous les deux.
—Qui est… Lord Voldemort ? parvint-il à articuler.
Le rictus que lui afficha son professeur fut si glacial qu'il crut qu'il allait le tuer dans l'instant. Jedusor le paralysa d'un geste. Alors que son professeur arrivait baguette levée, la porte s'ouvrit brusquement sur Salazar.
—End-
—Laisse-le tranquille ! s'interposa Salazar en sortant sa baguette.
Il jeta un sortilège bleuté à son père qui l'expulsa d'un geste. Il se tourna alors vers Salazar avec la même expression de folie furieuse. Sal s'était collé contre le mur de la salle de classe, refusant de regarder son géniteur. Il tenait sa baguette d'une main tremblante. Le professeur Jedusor bifurqua vers lui tout en tenant Eddy en otage contre le mur.
Il se pencha vers son fils, calmement. Eddy, impuissant ne pouvait plus bouger encore sous l'emprise du stupéfix. Il vit Jedusor siffler quelque chose en fourchelangue à Salazar d'une voix si tranchante qu'il sentit des frissons remonter dans son échine. Son fils le regarda sans comprendre avec crainte, puis ses grands yeux s'écarquillèrent d'horreur. Il se débattit contre lui un instant avant que son regard ne devienne vitreux et vide. Avec terreur, Eddy le vit baisser sa baguette alors que le sifflement de voix du professeur continuait. Quand Jedusor père pivota vers lui, il s'était calmé. Il lui offrit une grimace collée comme un masque cruel sur son visage pâle. Salazar avait toujours le même air vide, alors lentement Eddy comprit ce qu'il lui avait fait. Il lui avait jeté le sortilège d'Imperium.
—Vous êtes un malade ! Je vais aller voir Dum-
—Allez-y, siffla le professeur d'une voix mauvaise. Vous saurez alors ce qu'il a fait et pourquoi il ne peut rien contre moi. Il coulera sans m'emporter avec lui !
La terreur et la colère se disputèrent la faveur dans sa tête. Cet homme était juste complètement cinglé. Il sentait l'obscurus en lui se réveiller. Un puissant rayon jaillit et alla frapper le professeur Jedusor. Eddy s'était relevé et avait saisit le bras de Sal pour le faire courir après lui. Le professeur Jedusor les avait laissé partir, il ne les poursuivit pas dans les couloirs. Quand Eddy le lâcha après être arrivé près des cachots, il remarqua qu'il était blême et tremblant comme lorsqu'il était revenu de sa retenue particulière avec son père.
Salazar se pencha soudain pour vomir, Eddy voulut s'approcher pour l'aider mais il l'expulsa violemment. Sal se releva nettoyant ses salissures d'un coup de baguette et se retourna vers lui :
—Tu devais être au match ! Ce que tu as vu, ne le répète jamais, par Morgane !
Eddy ne l'avait jamais vu dans cet état. Il songea honteusement qu'il était retourné vers le professeur Jedusor en savant très bien de quoi il était capable. Rien qu'à voir Médusa et lui.
—Je suis désolé Sal… mais c'est trop grave. On doit aller voir Dumbledore !
—Je t'ai dit non ! Ce vieil homme ne nous attirera que des ennuis. Pour notre bien à tous tais-toi !
Il avait désormais une expression vraiment rageuse et glaciale. Ainsi, il ressemblait trait pour trait à son géniteur, seuls ses yeux, deux billes bleues et glacées notaient la différence.
—Ne dis rien sur cette journée et je ne dirai pas à tes tuteurs que tu comptes fuguer s'ils ne te laissent pas partir cet été.
Il se détournait déjà en partant d'un pas vif. Eddy était furieux qu'il ait utilisé la légilimancie contre lui et il lui gronda, acerbe :
—J'en ai marre de faire des pactes avec les membres de ta famille !
—Alors reste loin de nous !
Ils se quittèrent là sans un mot.
Des cours de rattrapages façon Gorgones, des souvenirs qui reviennent et un curieux nom... Eddy ne se serait-il pas mit dans de très gros ennuis ? A bientôt pour le prochain chapitre, Les vacances sont finies. A prévoir, glace, crise de rage et réunion de famille... enfin, qui sait ;)
