Chapitre XIII : De la joie dans l'obscurité
La Sangpoisonne aime les poisons.
Elle empoisonne par amour mais surtout par passion.
Elle sait reconnaître les herbes et filtres,
Et du poison, sait en faire couler des litres.
Il est judicieux d'utiliser la Belladonne,
Pour apaiser une Sangpoisonne.
Attention à ses charmes et sortilèges,
Car lentement, près d'elle,
Le cœur s'empoisonne.
Note au Don n. 10 du Codex de Serpentard
Le lendemain, comme prévu une tempête s'abattait sur le château et les élèves comme les professeurs restaient confinés à l'intérieur. Cependant, au matin ce n'était pas la pluie battante dehors qui agitait les élèves.
Alors qu'il rentrait dans la Grande Salle, Eddy fronça les sourcils devant les chuchotis d'élèves inquiets. Et ce n'était pas lui qu'on regardait. En dépit de cet heureux changement, le regard que ses condisciples avaient l'intriguait au plus au point. Il s'assit à côté de Rita qui engloutissait un croissant, les yeux fixés sur son journal.
Eddy pensa tout d'abord que c'était le journal de l'école, mais il s'agissait de la Gazette des sorciers. En fait, tous les élèves avaient le regard fixé sur leur propre exemplaire de la Gazette.
—Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Eddy en se servant d'un verre de jus de pomme.
Rita lui retourna un roulement des yeux sardonique, mais elle était livide. Elle lui tendit la Gazette au titre des plus édifiant :
GRINDELWALD S'EST ÉCHAPPÉ DE NURMENGARD
« C'est encore avec peine que nous parvenons à rassembler toutes les informations à ce jour. Gellert Grindelwald, le plus puissant mage noir de ce siècle s'est échappé de sa prison, Nurmengard.
Nul ne sait à l'heure où nous écrivons ces lignes, comment il s'y est pris. Grindelwald après avoir été défait par Albus Dumbledore avait été enfermé dans la prison de Nurmengard qu'il avait lui même construite. Lorsque la relève de magicogarde s'est rendue jeudi soir à la prison, celle-ci était entièrement vide. Son seul prisonnier porté disparu, tout comme ses gardes. Les aurors bulgares dépêchés sur place n'ont eut aucune information à communiquer au ministère Bulgare. Celui-ci craignant un mouvement de panique parmi sa population a mit du temps à rendre la nouvelle publique.
Maintenant, l'interrogation demeure. Où se trouve Grindelwald ? Comment s'est-il échappé ? A-t-il reçu des soutiens ? Où sont les magicogardes dédiés à sa surveillance ?
Ces questions sont posées et la communauté sorcière devra connaître la vérité de part le monde.
Votre reporter, Dudley Bourdu. »
Eddy risqua un regard vers la table des professeurs. Dumbledore était statique, figé, comme dans ses pensées, tandis que le professeur Jedusor parlait avec Slughorn. McGonagall était plongée dans une conversation des plus inquiètes avec Flitwick et Chourave.
—Grindelwald ! Non mais tu te rends comptes ? Tu sais que ses partisans ont essayé d'attaquer ma mère lorsqu'elle faisait sa tournée européenne ? Mais… il a aussi combattu tes tuteurs ! Tu crois que nous sommes en danger ? Qu'il voudra se venger de nos familles ?
—Aucune idée, avoua Eddy encore un peu sous le choc.
Newt ne lui avait pas beaucoup parlé de Grindelwald hormis leur lettre de l'année précédente. Il savait qu'ils les avaient combattus des années auparavant en se retrouvant un peu mêlé par hasard au conflit dantesque qui ferait s'affronter Dumbledore et Grindelwald.
Comment Grindelwald était-il parvenu à s'échapper, se demanda Eddy à l'instar de tous les élèves de la Grande Salle par dessus leur petit déjeuner. Il entendit Rosier prétendre que Grindelwald avait reçu l'aide du ministère Bulgare qui lui était encore secrètement fidèle mais personne ne le crut. Xénophilius à la table des Serdaigles interpella Rita :
—Il faut absolument commencer à préparer un article pour la semaine prochaine. Il a utilisé des Fassanach j'en suis sûr !
—Des Fassanach ? demanda Eddy alors que Rita roulait des yeux.
—Les Fassanach sont des créatures magiques sans forme et invisibles. Ils sont capables de s'infiltrer partout. Personne ne sait à quoi ils ressemblent, répondit très sérieusement Xénophilius.
—Ces choses là n'existent pas, Xéno. Tu n'as pas à me donner d'ordre, c'est mon journal. Cet après midi rendez-vous au club avec Parkinson. On en discutera tranquillement quand on aura plus d'informations.
Elle darda sur Dumbledore un regard transi. Sans doute qu'elle allait le suivre discrètement tout la journée pour essayer de récolter quelques potins.
Ils virent ensuite le professeur Jedusor se lever en même temps que Slughorn en discutant avec lui. Ensembles ils quittèrent la Grande Salle.
Eddy tourna la tête vers le bout de la table. Salazar et Médusa étaient en train de discuter avec leur propre exemplaire de la gazette. La jeune fille tenait la main de son frère tendrement, tout complicité retrouvée entre eux. Sal se rendit compte qu'il les observait et l'interpella d'un geste de la main. Eddy prit son verre de jus de pomme et le rejoignit. Les deux élèves de serpentards proche d'eux se décalèrent d'un bond lorsqu'ils le virent arriver. Quand il s'assit, Médusa eut un mouvement de recul et détourna le regard.
—Tu as vu, ça ? demanda Sal en parlant de l'affaire. Je n'ai jamais vu Dumbledore dans cet état.
En effet Dumbledore n'avait toujours pas bougé de sa position. Il semblait perdu dans ses propres réflexion et même quand Chourave eut l'air de l'interpeller il ne bougea pas. McGonagall le tira de sa transe en lui tapotant l'épaule. Le Directeur de Poudlard se leva, le silence se fit soudain dans la Grande Salle. Il prit le journal avec lui et disparut par l'entrée de la salle des trophées.
—Peu importe ce vieux débris, susurra Médusa quand les conversations reprirent. Si Grindelwald cherche à se venger de lui, nous en serons débarrassés.
—Il pourrait attaquer l'école pour ça, pointa Sal.
Cela eut à peine l'air d'égratigner la hargne de la jeune fille. Elle les darda ensuite de coups d'œil inquiets. Elle parut se calmer un peu après avoir soupiré longuement.
—Sal m'a raconté ce que père lui avait fait. Merci de l'avoir aidé.
—Merci jusqu'à la prochaine gifle, maugréa Eddy.
—Il n'a pas tort, ajouta Sal. Tu es imbuvable avec lui sans être sous l'emprise de sortilège.
—Alors je dois faire quoi, s'agaça Médusa en roulant les yeux et elle reprit d'une voix sarcastique. Présenter des excuses ?
—Ce serait un bon début, rétorqua Eddy en finissant son verre de jus.
Il avala avec appétit ses œufs et toast tandis que Médusa s'était tue. Il eut le temps de prendre plusieurs bouchées avant que la jeune fille ne grimace en se retournant vers lui.
—Désolée pour la plage. Mais… quand j'ai su que notre père allait être au courant…
Elle ne finit pas sa phrase et enfourna piteusement ses céréales entre ses lèvres.
Eddy ne sachant pas trop quoi répondre face à ses piètres explications haussa les épaules. Il n'avait pas oublié leur baiser mais c'était devenu extrêmement compliqué de la comprendre.
—Bref, reprit Eddy. J'espère que ça va aller pour Newt et Tina, ils sont toujours en Californie.
—Leur recherche d'un remède avance ? demanda Sal avec espoir.
—Pas vraiment, admit-il.
—Tu as vraiment meilleure mine pourtant, finit par dire Médusa l'air de rien.
Quand il posa les yeux vers elle, elle détourna le regard et se mit à observer le plafond magie où s'abattait la pluie avec l'air très intéressée.
Mais elle avait raison. Rien que ce matin il avait vu la différence. Il n'avait plus le teint grisâtre, et moins de cernes. Ce matin encore il n'avait pas prit sa potion et mangeait avec appétit et sans nausée. Il se sentait mieux, comme juste avant les vacances et ce, sans traitement.
À ce constat, Sal et Médusa eurent l'air songeur. Eddy se demanda à quoi ils pensaient.
—Même si tu ne peux rien nous dire, fit Sal, on va te sortir de là.
—Ne me mêle pas à ça, lui dit sa sœur. On ne peut rien faire.
—On ne va quand même pas le laisser avec notre père, chuchota Sal. Tu sais ce qu'il veut et de quoi il est capable.
Eddy pensa que justement les motivations de Jedusor étaient encore bien troubles. Il savait que Jedusor voulait être à la tête de Poudlard, mais pour y faire quoi ? Faire régner la terreur et la magie noire ?
—Le seul moyen de briser un tel serment, c'est que l'un des trois partis meure. Soit, les deux contractant, soit l'enchaineur, finit par dire Médusa en pâlissant.
Ils blanchirent à leur tour. Ils étaient totalement bloqués. La jeune fille après ces révélations, se leva et quitta la Grande Salle. Les deux garçons la regardèrent partir, statufiés.
—Elle aurait dû refuser, tout comme moi, murmura Eddy catastrophé.
—C'est aussi pour ça que cela s'appelle inviolable.
Ils terminèrent leur petit déjeuner en silence. N'ayant pas grand chose à faire par ce temps, ils décidèrent d'aller à la bibliothèque travailler leurs devoirs. Flitwick et Jedusor avaient donné deux dissertations particulièrement difficiles et avaient besoin de références. Ils partirent en différé et en se rejoignant ils comprirent qu'ils n'étaient pas les seuls à avoir eut cette idée. Beaucoup d'élèves se trouvaient là, et trouver une place ne fut pas facile. Ils s'assirent à côté de Rosier et deux serdaigles de sixièmes années. Au bout d'un moment à travailler, Eddy remarqua que Rosier ne le lâchait pas du regard, l'air mauvais. Il baissa les yeux et se remit à ses devoirs.
Au bout d'un moment, Rosier parut plutôt absorbé par son propre livre alors le jeune sorcier se concentra un peu mieux. Il demanda ensuite une explication à Sal sur une notion en défense contre les forces du mal. Au bout de deux heures il parvint à faire quelque chose de correct. Sal l'avait déjà laissé, profitant d'une accalmie pour se réfugier dehors. Les autres élèves de sa table avaient fini par partir.
Il rassembla ses affaires et partit pour retourner à son dortoir. Sauf qu'à peine se fut-il engagé dans le couloir puis les escaliers qu'il fut happé par une main à travers un tableau. Il se trouvait dans le passage secret reliant le deuxième étage au sous-sol. Eddy vit que celui qui le tenait l'air mauvais était Rosier. Il ne desserrait pas les dents.
—Arrête de parler avec Médusa. Elle est à moi.
—Elle te déteste et ne t'appartient pas, espèce de débile.
En réponse l'adolescent sourit légèrement et sortit sa baguette. Eddy se dégagea d'un coup et sortit la sienne.
—Je saurai la séduire, je n'ai juste pas su m'y prendre. Toi aussi je saurais te mater s'il le faut.
—Vas-y je t'en prie, commence.
Avant qu'un sort ne soit sorti de sa baguette, Eddy l'avait déjà frappé au niveau du ventre. L'adolescent se recroquevilla sur lui même en gémissant. Le voir souffler de douleur fit beaucoup de bien à Eddy. Avant qu'il ne se soit relevé, Eddy lui colla un coup de genoux sur le coin de visage. Il anticipa et se tordit, puis Rosier le fit tomber d'un sort. De là, il le mit à terre pour lui coller un énorme coup de poing dans le visage. Eddy sentit le poing s'abattre sur sa pommette avec violence. Aussitôt sa magie réagit pour écarter le jeune homme. Il retomba douloureusement tout en haut des escaliers du passage secret, l'air complètement sonné.
—Espèce de monstre ! grogna Rosier.
—Venant de toi, je vais prendre ça pour un compliment.
Alors que Rosier allait lui envoyer un sortilège, apparut derrière lui la silhouette du professeur Jedusor.
—Eh bien que vois-je ? Vous tenez donc tant que ça à perdre vos titres de préfet et capitaine de l'équipe ? demanda le professeur d'un ton tranchant.
Rosier se figea et devint blême, lui donnant l'air grisâtre dans la noirceur du passage secret. Il abaissa immédiatement sa baguette tout comme Eddy. Voir ce garçon si insupportable figé et tremblant lui procura un sentiment noir de satisfaction.
—N-Non, professeur Jedusor.
—Parfait. Nous reparlerons de tout cela plus tard, Mr Rosier. Avec une retenue en la compagnie de Mr Picott lundi soir. Dehors.
Il partit en esquivant le professeur, Eddy s'apprêta à en faire de même de son côté du passage mais le professeur l'interpella.
—Cela fait du bien n'est-ce pas ?
—Quoi ?
—Corriger l'inutile ou l'exécrable. On y prend une sorte de plaisir à force.
Eddy voyait très bien ce dont il parlait, remettre à sa place cet imbécile de Rosier l'avait satisfait grandement. Il avait eut la force de riposter et mieux encore son Obscurus n'avait pas totalement explosé. Il était calme et serein face à ce qu'il avait fait.
Jedusor descendit tranquillement les marches de l'escalier et se retrouva à son niveau. Il avait un sourire détendu.
—Nous nous voyons en cours pour des travaux pratiques mardi. Je saurais alors si vous prenez votre potion ou non. Bonne journée, Mr Lee.
Trop troublé pour répondre, Eddy sortit à son tour et partit dans la direction inverse à son professeur.
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« Eddy,
Tu n'as pas à t'inquiéter pour nous. Tout va bien mon garçon. Nous sommes actuellement toujours en train de finaliser nos recherches. Nous reviendrons bientôt tester ce protocole avec toi si tu es d'accord. Un de nos camarades souhaiterait également te rencontrer. Je ne sais pas si c'est quelque chose que tu souhaites.
Nous en reparlerons plus au clair quand nous nous verrons.
Concernant Grindewald, je ne pense pas qu'il en a après nous pour le moment. Sans doute qu'il est en train de rechercher ses anciens alliés. Quoi qu'il en soit nous saurons nous protéger. Nous l'avons toujours fait.
À bientôt,
Tina et Newt. »
Eddy avait reçu sa lettre plus tôt dans la journée. Il n'avait pas eut vraiment le temps d'y penser en se rendant à son premier cours. Le mardi était le jour qu'il détestait le plus. Il commençait par défense contre les forces du mal, avait un trou d'une heure trente et après le déjeuner il avait sortilège, divination et finissait sur astronomie.
Il pénétra à la suite de Bellatrix et Kheiron en cours de défense. Le globe lunaire de la salle de classe avait une couleur rougeâtre un peu inquiétante. Eddy avait l'impression d'être à l'intérieur d'un four. Jedusor était là avec une moue ennuyée alors qu'ils rentraient en silence dans la classe. Il y avait une énorme armoire à côté de lui. Quand la porte claqua, il reprit son air impassible.
—Bien, aujourd'hui, j'ai prévu quelques travaux pratiques.
Il laissa planer un petit silence religieux qui tendit les élèves attendant fébrilement le début de la leçon. L'armoire à côté de lui d'un coup tressaillit. Eddy sentit une sueur froide et glacée lui descendre le long des omoplates.
—Mettez vous en ligne. Il me semble que Prince a abordé le sujet des épouvantards en fin d'année dernière. Qui peut me rappeler ce que sont les épouvantards ?
Eddy fut le premier à lever la main. Avec un petit sourire de contentement le professeur lui donna la parole.
—Les épouvantards n'ont pas de forme. Ils prennent l'apparence de ce qui nous fait le plus peur. Leur but est de se nourrir de nos peurs les plus profondes et les plus secrètes.
Il avait dit cela d'une voix si froide et si sifflante que quelques élèves en lignes tournèrent la tête vers lui. Le professeur ne sembla pas s'en soucier et sourit davantage.
—C'est exact. Cinq points pour Serpentard. Qui peut me rappeler le sortilège adéquat pour le neutraliser ?
—Le sortilège de Ridikulus, répondit Médusa après avoir été interrogée.
Le professeur Jedusor accorda quelques points et un sourire de façade à sa fille et leur ordonna de songer à ce qui lui faisait le plus peur et de se préparer. Médusa était la première à passer tandis que Eddy et Salazar s'étaient mis instinctivement tout à l'arrière. Eddy savait très bien quelle était sa plus grande peur, être consumé par son Obscurus et disparaître. Seulement, comme il se souvenait très bien de ce cours là, il ne voyait absolument pas comment rire de la situation pour lancer le sortilège. En avait-il même la force ?
Leur professeur d'un revers de la main leva la clenche retenant la porte de l'armoire. Lentement une forme apparut devant une Médusa tremblante. C'était une énorme araignée de la taille d'une roulotte qui s'avançait vers la jeune fille totalement figée.
—Ridikulus ! parvint-elle à articuler d'une petite voix aiguë.
Aussitôt les énormes longues pattes velues de la créature semblèrent prendre racine à même le sol, ainsi bloquée elle ressemblait surtout à une sorte de gros jouet sur ressort s'avançant d'avant en arrière dans un cliquetis furieux.
Ce fut ensuite au tour de Bellatrix. Elle vit ce qui ressemblait à la silhouette de sa sœur en train de s'enfoncer dans l'eau. La jeune fille jeta un sortilège rageur et la silhouette sauta hors de l'eau comme un bouchon de champagne. Et les élèves s'enchainèrent. Après ce fut Gwendal avec des lutins de Cornouailles, puis Kheiron avec une énorme scolopendre ou encore Rita avec un rat mutant de la taille d'un poney. Bientôt il ne restait plus qu'un seul élève devant lui et Sal en fin de file, un Poufsouffle Sanjay Patil.
Devant lui apparut un gigantesque serpent siffleur. Étonnement ou pas, le serpent posa une seconde son regard sur le professeur Jedusor avant d'essayer d'attaquer Patil, ça Eddy le remarqua. Sanjay le transforma en tuyau d'arrosoir puis ce fut au tour d'Eddy. Alors qu'il imaginait déjà la forme de son Obscurus, il se remémora en tremblant ce qui l'avait fait naitre.
Baguette tendue, il vit avec terreur la silhouette prendre forme.
Sous la lueur rougeâtre du globe son père apparut. Il était là, avec ses presque deux mètres, ses muscles saillants et secs, ses tatouages sur le torse et son air rouge dû à la boisson. D'une démarche pantelante son père-épouvantard commença à avancer, tout en cherchant à l'intérieur de la poche de sa veste.
—Sale petit merdeux, entendit-il son père siffler. Je vais te réduire en pièces.
Son père sortit son révolver. Quelques élèves dans la classe reconnurent ce que c'était. Ils poussèrent des cris d'effroi.
—Ridikikus ! hurla Eddy alors que juste quelques étincelles jaillissaient de sa baguette. Ridikulus !
—O'beng, O'beng ! Je vais te tuer. Beng !
Il tira une balle, Eddy entendit une fille crier derrière lui. Alors qu'il sentait quelque chose de sombre et dangereux en lui, il vit sa magie écarter la balle d'un filament brûlant et rageur. Elle se ficha dans la porte de l'armoire dans un bruit strident.
—O'beng, répéta son père en rechargeant son pistolet.
Eddy ne parvenait plus à bouger, son père allait lui tirer dessus à bout portant. Il allait de nouveau tirer mais au dernier moment, le professeur Jedusor se mit entre la créature et lui. La silhouette de son père s'effaça alors. L'espace d'un instant l'épouvantard prit la forme de Mr Jedusor souriant sadiquement, puis il se transforma lentement en femme.
C'était une vieille femme d'une soixantaine d'année habillée de haillons noirs. Elle était sale et semblait délirer complètement. Les élèves reculèrent d'un bond quand ils virent qu'elle avait été poignardée à la poitrine et qu'elle saignait abondamment d'un sang noir et visqueux. La femme avançait comme un inferi, sa longue main tendue vers Jedusor.
—O'beng. O'beng. O'beng, susurra la femme comme le père d'Eddy juste avant.
—Ridikulus, souffla le professeur.
La blessure de la femme s'élargit pour faire jaillir du sang comme une immense fontaine grotesque. De là, elle parut fondre sur elle même et le professeur la renvoya violemment dans l'armoire.
Plus personne ne pipait mot, tout le monde se demandait ce qu'était que le mot prononcé plusieurs fois par l'épouvantard. Salazar derrière lui, lui jeta un regard curieux.
—Le cours est terminé. Je vous remercie. Mr Lee vous resterez avec moi quelques instants.
Il avait parlé d'une étrange voix sans timbre qu'Eddy ne lui avait jamais connue. Les élèves s'exécutèrent sans demander leur reste. Salazar et Médusa récupérèrent leur sac sans un mot mais avides de savoir à leurs grands yeux écarquillés entre eux. Rita elle aussi lui jeta un regard frétillant en étant la dernière à partir.
—C'était quoi ce coup bas avec l'épouvantard ? siffla l'adolescent en levant les yeux vers son professeur.
—Ces exercices sont au programme, rétorqua Jedusor avec raideur. Si vous n'êtes pas capable de battre un simple épouvantard c'est que nous avons un problème. Vous n'avez pas arrêté vos potions.
—Si, je l'ai fait, avoua Eddy du bout des lèvres. Simplement il doit en rester encore dans mon corps, j'ai pu faire léviter un truc ou deux hier. Ma magie se réveille, il lui faut du temps.
Jedusor eut un claquement de langue impatient et darda des yeux glacés sur lui.
—Que veut dire ce mot ? O'beng ?
—Qui était cette femme ? rétorqua Eddy.
—Cela ne vous concerne pas, siffla le professeur.
—Au contraire, ce mot a été prononcé par deux personnes que nous connaissons. Ce n'est pas un mot banal.
La curiosité prit le visage du professeur.
—Cette femme je l'ai assassinée il y a de cela des années après qu'elle m'a poignardé.
Jedusor eut l'air de se remémorer ce souvenir car il tâta une douleur fantôme auprès de son épaule. Quelque part, Eddy ne fut pas surpris. Il s'en doutait. C'était la femme qui avait murmuré sa curieuse prédiction en romani avant de mourir.
—Alors ? s'impatienta le professeur.
—Beng, c'est le diable. Ils nous ont appelé diable… ou démon.
Le professeur se figea. Il pâlit encore davantage et son regard devint incandescent à cette découverte. Sa mâchoire se contracta violemment puis il eut un petit sifflement :
—Je vois. Touchant.
Il se calma tandis qu'Eddy avalait sa salive.
—Il semblerait que nous ayons beaucoup de choses à partager, Mr Lee. Nous allons continuer à utiliser l'épouvantard pour nos séances à venir. Oh, et évidemment cette conversation entre bien sûr dans notre pacte, comme toutes celles que nous aurons à l'avenir. Si vous vous avisez de traduire à qui que ce soit ces petites paroles de manouche, votre Obscurus ne sera plus votre problème principal. Maintenant sortez.
D'un geste de la main de son professeur, Eddy se sentit balayé hors de la classe comme une feuille sous le vent. Il retomba dans le couloir lourdement tandis que son professeur s'enfermait pour l'intercours.
Rita était là, frétillant de le questionner mais il l'ignora et s'éloigna en baissant la tête. Ce qu'il avait vécu le troublait au plus au point. Que ce mot particulier le lie à ce cruel et sadique professeur l'inquiétait. Ils se ressemblaient beaucoup, certes mais Eddy se sentait différent. Il ne faisait pas du mal par plaisir. Puis il repensa à ce qu'il avait fait à Rosier et eut honte. Il sentit une piqure soudaine au cœur et dut s'arrêter sous la douleur. Son obscurus refusait désormais cette honte.
Rita qui l'avait suivit se pencha vers lui :
—Oh, ça va ?
—Éloigne-toi, dit-il inquiet.
La jeune fille eut le réflexe de le faire et s'écarta d'un bond, baguette tendue. À l'intérieur de lui la chose sembla s'apaiser quelque peu quand il repensa au plaisir qu'il avait ressenti à cogner Rosier. Cette pensée là lui faisait énormément de bien. Il se releva en toussant et se reprit.
—Désolé, petite crise.
—Ça t'arrive souvent ? Ça se manifeste comment ?
—Tu es beaucoup trop curieuse.
—C'est en posant les bonnes questions qu'on apprend à connaître les gens, lui répondit la jeune fille du tac au tac. Tu comptes faire planer le suspense plus longtemps sur ce mot ? Je suis sûre qu'il fait déjà le tour de l'école à l'heure actuelle.
Il rit jaune et s'éloigna dans le couloir. La jeune fille eut une grimace et l'interpella alors qu'il prenait les escaliers.
—Tu es plein de mystères Eddy Lee, et ils appellent à être découverts.
—Reste loin de tout ça, Rita, pour ton bien, lui répondit-il.
La jeune fille eut un sourire à peine perceptible et tourna les talons. Eddy se mit à espérer très sérieusement qu'elle ne connaissait personne de romani dans son entourage ou ses jours seraient peut-être en danger.
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Le reste de la semaine se passa sans heurt. La vie avait repris son cours et tout était calme. Il sentait son Obscurus s'agiter de temps en temps mais juste penser qu'il avait été capable de combattre un élève plus âgé le plongeait dans une sorte de douce tranquillité.
Avec cet apaisement, Eddy sentait qu'il allait mieux et que pour une fois les choses étaient sous son contrôle. Il n'avait qu'à décharger le trop plein lors de ses séances. C'était si simple, pourtant le jeune homme n'oubliait pas sa méfiance vis-à-vis du professeur. Qu'attendait-il de lui exactement et en quoi était-il lié à Médusa et Salazar ?
Cette question ils se l'étaient posée longtemps avec Salazar sans trouver de réponses satisfaisante. Eddy songea que pour une fois et en dépit de la méfiance qu'il avait pour Dumbledore, il aurait aimé tout lui raconter.
Mais le directeur était absent depuis plusieurs jours à régler des affaires au Ministère depuis l'évasion de Grindelwald. On ne parlait que de ça dans les journaux.
Au petit déjeuner ce matin là, le professeur Jedusor était assit à sa place, occupant son poste en son absence. Il avait l'air très satisfait en lisant le journal.
Eddy l'avait vu lever les yeux vers lui et Salazar mais ne sembla rien trouver à redire de cet assemblage. Sans doute savait-il déjà depuis longtemps que son fils avait échappé à son enchantement mais ne s'en souciait guère. Il avait eut ce qu'il voulait.
—Je vais aller voir Silvana ce soir pour lui poser des questions sur les inviolables. Les coutumes sorcières sont parfois proches de celles des centaures, lui dit Salazar alors qu'ils se rendaient en cours de potion.
—Je viens avec toi.
—Non, il ne vaut mieux pas. Vraiment. La forêt interdite n'est plus sûre. Il y a de plus en plus d'araignées. J'ai beaucoup de mal moi même à les éviter. Ce n'est pas une bonne idée.
Eddy se rembrunit, un peu vexé d'être écarté. Il n'aimait pas quand Sal prenait ce ton catégorique avec lui.
Ils rejoignirent leur camarade en silence puis pénétrèrent dans la classe quand Slughorn le leur permit. La potion du jour était une potion d'Euphorie. Elle n'était pas très compliquée mais demandait un touillage particulier et continu. Par habitude, Salazar se mit auprès de sa sœur tandis qu'Eddy rejoignait Gwendal. Ils préparèrent leurs ingrédients. Eddy réussi à allumer le feu avec sa baguette et même Slughorn parut surprit de cet exploit car il ouvrit grand les yeux lui donnant l'air d'un gros morse perplexe. Tandis que Gwendal coupait les ingrédients d'une main tranquille, Eddy remuait la potion pour éviter que sa texture ne s'épaississe. Elle devait avoir la consistance de pâte à gâteau tout le temps de la préparation et ce, sans brûler.
—Tu te débrouilles vachement bien en découpe, lâcha Shafiq à Ombrage devant, alors qu'elle faisait un carpaccio délicat de ses œufs de fées.
—Merci. Couper des trucs c'est une passion, répondit Dolorès l'air lointaine.
Les trois garçons près d'elle frissonnèrent.
Le cours se termina bien. La potion parut plaire à Slughorn quand il l'a vit car elle était effectivement encore dans la bonne texture mais d'un jaune un peu trop soutenu par rapport au jaune poussin attendu.
—Je me demande comment ils font les daltoniens en potion, se demanda Gwendal que cette infime différence avait vexé. Quand tu vois pas bien les couleurs, comment tu fais, hein ?
—Tu fais pas, justement.
Alors qu'Eddy s'apprêtait à partir, il fut interpellé par le professeur Slughorn. Le garçon attendit que le dernier élève s'en aille et se tourna vers son professeur. Le professeur de potion lui tendait sa double dose d'Illuminial qu'il ne prenait plus mais semblait attendre autre chose derrière sa grosse moustache de morse.
—Edward, mon garçon je vois que vous avez meilleure mine. C'est que le traitement marche. Tout comme vous avez fait de gros progrès ces derniers temps. C'est une grande force de caractère que vous avez là.
Eddy aurait pu se sentir flatté de ces compliments mais il lui semblait que le professeur Slughorn attendait quelque chose de lui. Il marmonna un vague merci à l'homme, curieux de connaître ses intentions.
—Vous savez, j'organise une petite soirée la semaine prochaine, avec deux ou trois camarades intimes. J'ai invité ce cher Newt et lui ait dit que vous seriez présent, ne me faites pas faux bond comme avant les vacances d'été. Je serais vraiment ravi que vous soyez présents vous et votre tuteur. Qu'en dites-vous ?
—Euh… je… oui, articula-t-il après avoir cherché un bref moment une excuse pour échapper à cette corvée. Newt et Tina sont rentrés au pays ?
—Bien sûr, je les ai croisés hier sur le chemin de traverse en allant à ma réunion de guilde des potionnistes ! s'enthousiasma Slughorn. Excellent, vous pourrez donc venir. Je vous vois là-bas !
Il le raccompagna prestement à la porte. De là, Eddy se retrouva dans le couloir un peu pantois. Il se sentait de nouveau utilisé et un peu en colère contre son professeur. Il n'était pas une bête de foire, ou un instrument à user pour attirer Newt. Il retint un sifflement rageur et partit à son prochain cours.
Il avait botanique. Il pénétra dans la serre juste avant que Chourave ne la ferme derrière elle. Avec un petit sourire d'excuse, il alla se mettre devant son tréteau où poussaient les Ayahuacsa qu'ils devaient tresser.
C'était une longue liane d'Amérique du sud capable de procurer des visions aux sorciers voyants de la région. Il fallait la tresser pendant sa croissance pour pouvoir plus facilement la broyer ensuite et faire couler son jus. Car la plante encore jeune se débattait déjà férocement, il n'imaginait pas quand il faudrait la couper. Il attrapa un bout de liane se débattant et commença à le coucher sur un autre le temps qu'il attrape le troisième dans sa tresse de liane. Les autres élèves étaient concentrés en travaillant méthodiquement.
À ses côtés Bellatrix s'énervait en frappant contre la table chaque liane récalcitrante et feulait des insultes gratinées dans sa barbe. Au bout d'un moment le professeur Chourave lui donna une retenue en entendant cela. La jeune fille renversa sa table d'un geste rageur et quitta le cours sans un mot.
Les élèves la regardèrent partir bouche bée.
—Reprenez, vous autres, finit par dire Chourave pour mettre fin au malaise.
Ils continuèrent dans un état d'esprit un peu tendu. Le cours se termina sans vraiment que l'atmosphère ne s'apaise. Eddy rejoignit Sal tandis que Médusa filait voir Rita et discutait de tout cela d'une voix tendue.
Salazar et lui les dépassèrent et le jeune Jedusor souffla :
—Elle souffre beaucoup. Énormément, mais elle ne peut rien dire.
Eddy se demanda ce que cela faisait d'être capable de sentir la souffrance de tous les gens autour de sois sans pouvoir rien y faire, mieux valait trouver un moyen de se couper du monde en effet.
—Je vais dans la Forêt Interdite. Ne viens pas.
En plissant les yeux, Eddy consentit à le faire. Il le regarda cependant partir de loin après être monté dans la tour d'Astronomie avec son sac. Il aimait être ici quand le soleil se couchait. Même si par ce mois de novembre il commençait à faire vraiment froid. Ainsi, il était bien à réfléchir avec les derniers rayons de soleil sur la joue. Son regard fut cependant attiré en contrebas par deux silhouettes revenant de la forêt interdite. Il prit le télescope accroché à la rambarde et y colla si brusquement son œil qu'il faillit se le crever.
C'était le professeur Jedusor tenant son fils par le cou alors qu'ils remontaient vers le parc. Il semblait calme et paraissait entretenir une banale conversation, mais Eddy en doutait fermement.
Salazar ne revint pas au dortoir ce soir là. Eddy se demanda avec crainte où il avait passé la nuit quand en se levant son lit était toujours aussi vide.
En arrivant tôt dans la salle commune, il trouva Médusa et s'assit près d'elle pour l'interroger. Elle se décala légèrement, gênée de sa présence.
—Il va arriver. Père l'a sans doute enfermé. L'enfermement c'est une des choses qui lui font le plus peur, chuchota-t-elle tout bas d'un timbre douloureux.
Elle replongea ensuite dans son livre l'air affligée alors il la laissa. Salazar parut en cours, mais il était blême et mutique. Il n'ouvrit pas la bouche de la journée.
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La soirée de Slughorn arriva sans qu'Eddy n'arrive à trouver une obligation pour s'en dégager. Il avait une tenue de soirée dans ses affaires, mais elle datait de deux ans. Il avait tellement grandi entre temps que le bas du pantalon lui arrivait à mi mollet. Il était ridicule.
—Enfile ça, lui avait lancé Kheiron après avoir explosé de rire à sa vue.
Pendant que l'adolescent essuyait ses larmes de rire, Eddy vit que ce que son camarade lui avait jeté était un costume bleu roi. Kheiron faisait sa taille et ils avaient à peu près le même gabarit.
—Merci, je te revaudrai ça.
—Je t'en prie. Merci pour le fou rire.
Sur ces paroles, il alla s'habiller. Le costume était un peu cintré mais lui allait beaucoup mieux. Le jeune homme n'avait pas l'habitude de se voir si élégant.
—Voilà, c'est bien mieux, lui assura Kheiron en passant la tête par la porte de la salle de bain. Allez file, tu vas être en retard. Bon courage avec Slug et ses limaces.
Il partit sous les compliments de ses camarades. Même Sal lui fit un petit sourire derrière son volumineux ouvrage sur les créatures magiques. Depuis que son père l'avait retrouvé près de la forêt interdite, il était resté très silencieux. Même le professeur McGonagall qui avait essayé de l'interroger n'avait pas eut de réponse à sa question et avait attendu patiemment avant de devoir abandonner.
Eddy espérait qu'il irait mieux sous peu. Il songea à en parler à Dumbledore mais celui-ci était passé en coup de vents à l'école ces derniers temps.
Quand il arriva dans la salle commune, Bellatrix et Rodolphus étaient en train de partir. La jeune femme était habillée d'une robe longue noire et cintrée sur son corps musclé. Elle fit un bref petit sourire crispé et maladroit, tandis que ses yeux s'étaient davantage assombris. Les poches sous ses cils s'étaient alourdies et étaient violacées, lui donnant un air have et maladif. Rodolphus avait un peu plus fière allure dans un costume tout aussi sombre.
—Rosier est revenu avec la figure bien amochée, l'autre jour, siffla le Lestrange. Bien joué ! Il n'a pas voulu nous dire qui c'était mais comme t'étais le seul à avoir encore un petit cocard, ça doit être toi.
Eddy ne parvint pas à cacher une petite grimace de satisfaction et de gêne mêlée. Il se dirigea ensuite à la suite du couple. Ils quittèrent la salle commune et allèrent vers le bureau de Slughorn. Le trajet se passa en silence. Arrivés devant le bureau, ils entendirent le son d'une petite valse entrainante.
—Allez, soupira Lestrange. C'est parti pour le cirque.
Quelque part Eddy lui donna raison alors qu'ils pénétraient dans le bureau du professeur magiquement agrandi. De larges tentures avaient été collées au mur et il y avait un énorme présentoir de banquet dans un coin. Plusieurs invités étaient déjà là, mais ils étaient moins nombreux que la fois précédente, peut-être une vingtaine. Eddy repéra Médusa dans une longue robe dorée, ses longs cheveux enroulés dans un chignon compliqué emmêlé dans un ruban doré. Elle avait un peu l'air d'une princesse orientale ainsi car elle avait un peu maquillé ses yeux sombres de khôl.
Eddy se faufila près du buffet pour prendre quelque chose à manger, de là il se mit à chercher Newt et Tina dans la foule.
—Tiens, ça faisait longtemps.
C'était Arthur Weasley en costume de serveur. Il était en retenue avec une jeune femme rousse un peu ronde et au doux visage avenant dans un costume semblable mais avec une longue jupe taillée en crayon. Il n'avait pas vraiment reparlé à Arthur depuis leur retenue ensembles du fait de la mésentente entre les maisons, mais Arthur lui avait toujours sourit lorsqu'ils se croisaient dans les couloirs.
—Effectivement. Qu'est-ce que tu as encore fait pour te retrouver ici, Mr le Préfet ? se moqua-t-il.
—Une p'tite balade au clair de lune avec Molly, rougit le garçon tandis que la rousse lui tapait le bras pour le faire taire. Aïe, Molly-chérie ce n'est pas un drame, on ne faisait rien de mal. On était juste trop proches de la forêt interdite c'est tout. Slughorn nous a pincés en sortant de forêt justement, expliqua-t-il.
—Qu'est-ce qu'il allait faire dans la forêt ?
—On a vu le cadavre d'une énorme araignée dans le sous-bois, répondit la jeune femme en lui proposant un plateau de punch. Il était en train de récupérer du venin. C'est horrible les monstres qu'il y a dans cette forêt juste à côté de nous ! Pourquoi ils laissent des enfants à côté de ça ? Molly Prewett, enchantée.
Eddy songea que c'était donc la sœur des deux hommes qui avaient tenté d'enlever les Jedusor. Il lui présenta malgré tout sa main, elle sembla touchée et y répondit d'une poigne franche et ferme. Il se dégageait de ce petit bout de femme beaucoup de bonté mais aussi une grande force de caractère.
—Nous n'avons jamais eut l'occasion d'être présentés, mais j'espère que tu vas mieux. Ça ne doit pas être facile. Tu as vraiment meilleure allure en ce moment.
Le jeune homme songea tout d'abord que c'était un peu impudique de parler de ces choses là, puis il vit tellement de sollicitude dans ces grands yeux bruns face à lui qu'il parvint à esquisser un petit sourire maladroit.
—M-merci. Ça va.
—Ça fait quoi d'être de l'autre côté de la barrière du coup ? demanda Arthur Weasley.
—Je ne sais pas, je viens d'arriver. Mais je cherche déjà un moyen de fuir au plus vite.
Arthur et Molly gloussèrent.
—On doit pouvoir t'y aider, les sautés aux sangsues sont avariés vu l'odeur. Prend en un ou deux et la soirée risque de devenir plutôt amusante, dit Arthur.
—Pour toi, oui.
—Bwarf, tu en riras dans quelques années. Comme de cette situation, tu verras on en rira dans quelques années Mollynette.
—Ne m'appelle pas comme ça, rosit la sorcière. Si ma mère apprend que je fais le service à Poudlard, je risque bien de faire ma dernière année avec un précepteur.
Le rouquin s'étrangla à cette idée. Médusa qui n'était qu'à quelques mètres tourna alors la tête vers leur groupe. Elle s'avança d'une démarche de chasseresse.
—Tiens, tiens, tiens. Qui voilà ? Les deux limaces collées l'une à l'autre. Vous n'avez pas encore réussi à nous faire un petit rouquin avec toutes les classes vides de ce château ? Il faut que vous embarquiez un autre rouquin avec vous ?
Molly Prewett devint rouge écarlate tandis que Médusa prenait un petit four avec un petit sourire en coin.
—Toujours aussi charmante, grinça Arthur. Tu n'as pas de poupées vaudous sous la main pour décharger ta colère ?
—Non, mais il y a deux ans je suis allée aux Etats Unis, j'ai appris à en faire. Méfie toi Weasley. C'est plutôt facile et ça fait des ravages.
Elle leur offrit un petit rictus mauvais. Eddy se demanda si Molly savait ce que ses grands frères avaient fait sur ordre de Dumbledore. Médusa aimait tellement terrifier les autres que l'expression de la jeune femme ne lui donna pas d'indice à cette question.
Slughorn arriva ensuite pour chasser le couple de serveur et leur ordonna de tourner dans la pièce et faire le service. Il adressa ensuite un regard frétillant à Médusa et Eddy.
—Miss Jedusor, Mr Lee, vous tombez bien. Je reviens vers vous dans un instant, il faut absolument que je vous présente quelqu'un mais attendez, je dois saluer un autre de mes invités. Voici Newt !
Eddy tourna la tête vers son tuteur qui entrait dans le bureau d'une démarche timide et maladroite. Tina n'était pas avec lui, il semblait terriblement mal à l'aise comme à son habitude dans ce genre de festivités. Il fut happé par Slughorn avant qu'Eddy ne puisse l'appeler. Médusa se tourna ensuite vers lui en ayant perdu sa moue de serpent sur le point de fondre sur sa proie.
—Tu n'as pas eu d'autres séances ?
Il secoua la tête. C'était la seule chose qu'il pouvait dire, car en essayant de parler les mots se coincèrent comme une boule compacte contre sa gorge, une seconde il ne put plus respirer. De la sueur coula le long de son cou.
—Tu ne peux pas non plus me dire ce que veut dire O'beng ? souffla-t-elle tout bas en se penchant vers lui.
Elle était là toute proche à lever les yeux vers lui.
—Je n'utiliserai pas mon don si cela doit te mettre en danger, je te le promets.
—Je ne peux rien dire, Médusa.
—Soit. Dans une heure retrouve moi au bout du couloir. Il faut qu'on parle.
Méfiant, il donna tout de même son accord. Il regarda la montre à son poignet, il était vingt heures vingt. La jeune fille s'éloigna alors que son père rentrait justement dans la pièce. Il était toujours dans son éternelle robe sombre.
Newt l'interpella à ce moment pour venir aux côtés de Slughorn. Eddy le rejoignit en évitant un couple de sorciers habillés de longs voiles colorés.
—Edward, mon garçon je disais justement à Newt à quel point vous avez fait des progrès ces derniers temps.
—En effet, dit son tuteur d'une voix douce en lui souriant. Je suis heureux de te voir. Tu as l'air très en forme, je ne m'attendais pas à ça. J'en suis très heureux également mais c'est très étonnant.
—Moi non plus, mentit Eddy très facilement.
Si facilement qu'il se figea intérieurement. Il se remettait à mentir ouvertement à ses tuteurs comme à Ilvermony. Il offrit cependant un sourire assuré à Newt et Slughorn.
—Edward prend ses potions. Outre le petit incident dans l'escalier, il a beaucoup d'avenir. Je voulais justement présenter à Miss Jedusor et Mr Lee un très bon ami à moi, reporter à la Gazette.
—Si vous parlez de Mr Bourdu, Médusa a pu le rencontrer au Ministère l'hiver dernier. Mais je vous remercie de cette délicate attention, susurra le professeur Jedusor en arrivant un verre à la main.
À sa vue, Newt se figea. Il fronça les sourcils tout en gardant son air doux, ce qui lui donna l'impression d'être une étrange statue devant une espèce encore inconnue et dangereuse. Mr Jedusor souriait calmement.
—Ah, Tom, voilà l'homme de la situation. Sans votre intervention auprès de Mr Lee les choses auraient pu être terribles.
—Je n'ai fait que mon devoir. Sans l'aide du professeur Dumbledore la situation aurait viré au cauchemar, répondit modestement le professeur en gardant malgré tout un petit sourire en coin.
—Mr Jedusor, se reprit Newt. Je pense que nous n'avons pas été correctement présentés cet été. Merci d'avoir aidéEddy. Newt Scamander, enchanté.
Il présenta sa main maladroitement au professeur qui s'en saisit. Leurs paumes se serrèrent et Newt eut un étrange petit frisson qu'Eddy remarqua.
—Vous seriez-vous déjà rencontrés ? s'enquit Slughorn.
—Nous nous sommes croisés cet été, répondit Jedusor avec calme. Je me devais d'intervenir pour aider Edward. Ce garçon a beaucoup de potentiel.
—J'en suis persuadé, fit Newt avec lenteur et en baissant soudainement les yeux. Si vous voulez bien m'excuser, je dois parler à Eddy, cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes vus.
Eddy ne salua même pas les deux professeurs et partit à la suite de Newt au fond de la pièce.
—Ça va ? demanda-t-il à Newt qui était pâle.
—Oui, articula Newt après avoir dégluti. Je n'aime pas cet homme. Pas du tout. Reste loin de lui par tous les moyens, Eddy.
—Ça marche, mentit-il de nouveau aisément. Tu voulais me parler ?
—En effet, je suis content de voir que tu t'améliores chaque jour et que le surdosage de traitement ne t'a malgré tout pas trop amoché. Tu t'en sors comme un chef. Malheureusement de notre côté les nouvelles ne sont pas aussi réjouissantes. La probabilité que le traitement que nous avons mis au point fonctionne du premier coup est très faible. Nous ne savons pas comment ça se passera lorsque tu le prendras. C'est pour ça qu'un collègue souhaite te rencontrer. Il s'agit de Ulman Felish, un médicomage spécialisé en magie-noire et mutations magiques. Nous souhaiterions encadrer cette première prise si tu souhaites bien sûr la prendre. Nous pouvons continuer à travailler, nous y travaillons toujours d'ailleurs.
Il avait parlé d'une voix rapide, pratiquement sans s'arrêter. Eddy dut se concentrer pour enregistrer toutes les informations de ce petit monologue. Le dépit l'envahit. Ce ne serait sans doute pas concluant et il serait de nouveau traité comme un monstre ou un sujet d'examen.
—C'est pour ça que Tina n'est pas venue ? demanda-t-il pour s'éviter de répondre. Tu la salueras de ma part.
—Ça, et le fait que Slughorn ne lui a pas envoyé de carton d'invitation. Ce n'est pas très courtois de la part de ton professeur. Je n'ai jamais aimé ce genre de réunion… mais je devais te parler en tête à tête.
Eddy leva la tête, interloqué.
—Maintenant que Grindelwald est dans la nature, tu dois savoir que la puissance des obscurials a toujours fasciné ce mage noir. Il est donc important que tu fasses attention à toi. Ne va pas dehors sans encadrement, s'il te plait. Il ne faut pas que ton secret s'ébruite de trop.
—Ça marche. Tu peux me faire confiance, dit-il honnêtement cette fois.
—Très bien. Merci mon grand. Ne t'inquiète pas, Dumbledore finira par lui mettre la main dessus. Je trouve que tu as vraiment grandi ces derniers temps, même physiquement. Tu es tout beau dans ce costume.
Eddy se sentit rougir sous le compliment et se gratta la tête un peu mal à l'aise.
—Concernant le traitement expérimental, est-ce que tu désires le tester ?
—Non, avoua Eddy. Ça va beaucoup mieux, est-ce qu'on peut attendre un peu ? Je n'ai pas trop envie de savoir ce qu'il se passera. Pour l'instant ça va.
—Soit… nous attendrons. Nous allons sûrement travailler ça tout cet hiver, j'ai encore peut être une piste. Veux-tu passer les fêtes avec nous ? Nous serons aux Etats Unis avec Queenie.
—Non, j'aimerai bien les passer ici à Poudlard… histoire de voir ce que c'est. J'ai des amis qui restent à l'école. Je ferai très attention.
—Bien sûr, pourquoi pas. Tu verras, vous n'êtes pas beaucoup, et le château devient encore un peu plus magique dans ces moments là. Tu vas beaucoup nous manquer.
—Vous aussi, s'esquiva-t-il alors que trois vieux sorciers à l'air branlant reconnaissaient Newt et commencèrent à l'abreuver de questions.
—Mr Scamander quel plaisir de vous revoir, je ne vous avais pas croisé depuis votre conférence à l'université magique de Salem il y a de cela dix ans… Cela ne nous rajeunit pas n'est-ce pas ?
Eddy se carapata en regardant la grosse horloge du bureau. C'était bientôt l'heure de son rendez-vous avec Médusa. Il se dissimula derrière un rideau et se glissa vers la sortie sans être vu. Il atteignit le couloir légèrement soulagé et tira un peu le col de son costume. Le jeune homme commença à avancer au bout du couloir un peu inquiet. Il se demandait ce que Médusa avait encore derrière la tête et songea même un instant à juste tourner les talons pour retourner dans son dortoir.
Une main émergea du fond d'un cachot ainsi qu'un bout de robe dorée. Alors intrigué, il s'en approcha. La main le saisit brusquement par le costume et l'attira dans l'obscurité.
Médusa était à peine perceptible coincée dans l'ombre du mur là où les torches ne brillaient pas. Il distinguait à peine ses traits et ses yeux.
—C'est à quel sujet ? grinça-t-il. Qu'est-ce qu'on fait là ?
—Est-ce que tu pourras dire à ton tuteur que je suis désolée pour mon comportement chez eux ? demanda la jeune femme d'une petite voix. J'ai fait laver la robe de Mrs Scamander, je suis prête à leur renvoyer.
—il faudra aller lui présenter toi même tes excuses, ainsi qu'à Tina. Mais tu ne m'as pas fait venir ici pour une histoire de robe, vu comment tu es gênée ces derniers temps auprès de moi.
—Non… En effet. Tu sais, la plage j'en garde encore un très bon souvenir.
—Pas moi, rétorqua-t-il en sentant la chose rugir en lui en resongeant à quel point il s'était senti misérable après la gifle et les paroles de Médusa.
—Je m'en doute, mais j'ai adoré ta tête il est vrai, fanfaronna-t-elle puis elle se reprit encore plus gênée. Ce que je veux dire c'est qu'il y a un moment particulier que j'ai aimé ce jour là.
Il y eut un léger bruit dans la pénombre et Eddy remarqua que Médusa levait la main pour la poser sur sa joue. C'était chaud et agréable. Il sentit un frisson le parcourir, mais c'était un frisson appréciable.
—Ça m'a remplie de joie. Mais que pour personne le sache, je dois trouver de la joie dans l'obscurité.
Elle s'approcha et Eddy comprit ce qu'elle avait en tête. Il posa ses lèvres sur les siennes avant qu'elle ne finisse de s'avancer. Ses lèvres étaient douces et chaudes, comme sur la plage et en lui il sentit une force rugir furieusement. Elle répondit à ses lèvres avec délice et referma ses mains contre son visage alors qu'il saisissait sa taille. Il ne sut pas trop combien de temps dura leur baiser mais ne voulut pas l'arrêter. C'était si agréable qu'il sentit de la chaleur lui remonter tout le long du ventre. Enfin, elle le lâcha et s'écarta de plusieurs mètres.
Elle était revenue dans la lumière. Éclairée par une torche avec sa robe dorée mystique et quelques cheveux échappés de son chignon pendant leur étreinte, elle ressemblait effectivement à une Gorgone. Les petites mèches bouclées s'agitaient comme des petits serpents alors qu'elle souriait avec une posture fière.
—On ne s'intéresse pas à un souvenir où on ne voit rien. Il ne verra rien dans nos têtes comme ça. Ce fut un plaisir. À bientôt pour une prochaine séance.
Elle lui fit un clin d'œil et partit. Il resta là, heureux et figé pendant que la bête au fond de lui poussait un cri d'extase au fond de ses entrailles. Elle s'éloigna dans le couloir rejoindre la fête, mais encore statufié, il ne put bouger pendant un moment. Quand il se reprit, il parvint à mettre des mots sur le sentiment de plénitude qu'il avait ressenti en embrassant la jeune sorcière. Il s'était senti bien, heureux et confus. Il avait ressenti cette chaleur tout au fond de son corps qui l'avait intrigué et plus, cela ressemblait à la sensation de bien être qu'il avait ressenti dans le feu.
Un sentiment puissant qu'il n'avait jamais éprouvé auparavant envers personne d'autre. Ce n'était pas destructeur au contraire, c'était une pure joie intense que rien ne semblait capable d'éteindre.
Il retourna à la soirée pour se changer les idées. En ouvrant la porte, il vit que Slughorn avait repris à parti Newt avec un homme qui semblait être le journaliste, Bellatrix et son compagnon se trouvaient à leurs côtés. Médusa les rejoignit d'un pas aérien en traversant la pièce. Alors qu'il s'apprêtait à entrer, Arthur sortit discrètement en empruntant le même passage. Pour éviter de se télescoper et trop curieux de le voir filer en douce, il ferma la porte et resta dehors. Arthur se pencha pour vomir à peine le battant eut-il claqué.
—J'ai mangé par mégarde des sangsues je crois. Ooh.
Il fit disparaître ses salissures d'un coup de baguette tandis qu'Eddy gloussait. Après le baiser de Médusa et la promesse d'autres à venir tout semblait drôle et tranquille. Eddy avait l'impression d'avoir avalé la potion d'Euphorie qu'il avait fabriqué la semaine précédente.
—Tel est pris qui croyait prendre, gloussa-t-il avec un sourire niais.
Si niais qu'Arthur Weasley en s'essuyant la bouche le remarqua. Le préfet étira ses zygomatiques à son tour.
—Je connais ce sourire d'homme heureux. Je t'avais dit que ça arriverait. Alors dis-moi ? C'est qui ?
—Personne, rougit-il. 'C'est pas tes mandragores.
Weasley eut l'air de se remémorer qui il avait vu entrer juste avant qu'il ne quitte le bureau et son visage s'éclaira. Quand il comprit, il fit une grimace.
—Par Merlin, ça explique pourquoi elle vient nous asticoter quand on est avec toi… Tu as choisi de souffrir, mon garçon, dit-il en imitant un vieux sage.
—Merci, je sais. Ne le dis à personne, sinon si ce n'est pas elle, c'est son père qui me tuera sûrement.
—Ne t'inquiète pas. Mais il faudra apprendre à cacher cet air idiot que tu affiches, se moqua Arthur. Ce n'était pas bien difficile à comprendre et pourtant je n'ai pas l'âme d'un auror. Je pense que tu as moins tellement un souci d'Obscurial qu'un souci d'instinct de survie si tu veux mon avis.
Weasley s'épousseta, vérifia qu'il n'était pas tâché et s'apprêta à retourner faire le service.
—Mais si tu as besoin de parler, ou encore besoin de conseils sur les relations amoureuses, je peux peut-être t'aider. Au rythme où ça va, peut-être que vous passerez bientôt à des choses un peu plus sérieuses avec ta harpie.
—Comment ça ? s'étrangla Eddy en se sentant devenir écarlate.
Weasley lui fit un énigmatique sourire, lui adressa un clin d'œil et pénétra dans le bureau. Encore gêné et confus, Eddy commença à comprendre ce qu'avait voulu dire son camarade. Tina lui avait plus ou moins expliqué certaines choses. Il se sentit devenir encore plus rouge. La soirée tirait à sa fin, il ne voulut pas y retourner pour être happé par d'autres invités et décida de rentrer. Autour de lui, il sentit sa magie frémir avec de petits tentacules dorés exultant de joie et de quelque chose de chaud qu'il ne savait plus très bien nommer.
Merci à Elaia Asteraptor pour ses corrections sur ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu. Je vois environ une quarantaine voire une cinquantaine de lecteurs pour chaque nouveau chapitre, c'est cool, je suis très touchée mais n'hésitez pas à laisser un petit commentaire. Parfois je suis un peu triste de voir qu'il y a peu de retour (Après ça n'empêchera pas que je poste la suite de façon hebdomadaire, hein) bref, merci d'être là.
La suite c'est Dobby au Derby, à prévoir, Anniversaire, présent, et ambition.
A bientôt ;)
