Bonjour tout le monde !
Voilà le chapitre 10 !
Bonne lecture !
15 jours se sont écoulés depuis l'incident avec Asia et Raynare. Cette dernière à d'ailleurs disparue le lendemain après le départ de Asia. Jusqu'à ce moment là elle était inconsciente. Lorsque nous sommes revenus un soir, elle avait trouvée un moyen de se libérer des liens magiques que Buchou et Akeno avaient mit en place. Puis elle est partit par une fenêtre. Probablement en volant.
La nouvelle a passablement énervé Rias. Elle ne l'a pas montré ouvertement mais j'ai bien sentit qu'elle était très frustrée. Le lendemain elle semblait aller mieux mais c'était juste à la surface. La vice-présidente m'a alors glissé le pourquoi dans la conversation: Elle s'était fait remonter les bretelles pour n'avoir pas su garder sa prisonnière.
Quand j'ai dit que c'était un peu dur de la part de ses supérieurs, parce qu'elle avait vraiment l'air d'en avoir pris plein la casquette, elle m'a répondu que c'était de ma faute avec un petit rire moqueur. Apparemment elle s'était montré garant de l'ange déchue en disant que l'un de ses serviteurs s'en chargeait. Puis Buchou a choisit de porter toute la responsabilité sur ses épaules.
J'ai été la voir de suite en lui demandant pourquoi. Elle aurait pu dire que c'était en partie de ma faute aussi. Ce qui n'était pas faux. Si j'avais réfléchi deux secondes j'aurai pu laisser Altera pour la surveiller. Elle m'a juste affirmée qu'en tant que Roi, c'est à elle de gérer les échecs du groupe, peu importe le responsable.
Du coup nous nous sommes pratiquement disputés. Je lui ai demandé de ne plus jamais servir de bouc émissaire pour moi. D'une manière pas vraiment polie, je le reconnais. De son côté elle a répondu qu'elle agirait comme ça en permanence. C'était son devoir.
Au final ce sont Kiba et Koneko qui ont dû nous séparer. Par ce que d'un point de vue extérieur, on allait se jeter l'un sur l'autre apparemment. Du coup, on s'est excusé l'un envers l'autre au bout d'une minute. Une fois que la tension était redescendue.
J'ai écopé d'une punition au passage, pour insubordination... J'ai distribué de nouveau des tracts pendant deux jours. Mais en revenant j'ai eu le plaisir d'entendre Akeno taquiner son amie en lui disant que la punition était bien légère pour la faute que j'avais commise. Buchou s'est défendue en affirmant, d'une voix gênée, que c'est parce que j'avais une bonne raison.
Je suis entré dans la salle à ce moment là, avec le reste de mes flyers, l'air de rien. J'ai tout posé puis j'ai souhaité bonne nuit sans rien dire de plus. En sortant je suis resté derrière la porte pendant une trentaine de secondes. Juste assez longtemps pour entendre :
« Ara, Ara ? Tu crois qu'il t'a entendu Rias ? » Demanda inutilement Akeno en gloussant. « Il va savoir que tu l'aimes bien maintenant. »
« AKENO ! » Cria la démone, très gênée.
Cet événement a été le seul qui sortait de l'ordinaire. Sinon, les jours se suivent et se ressemblent. Les gens me tournent bien moins autour maintenant. Ils se sont habitués à voir deux étrangers en plus, au milieu de leur école. Il y a pas mal de monde avec qui je m'entends bien. Quant à Mash, elle est entrée apparemment dans le top 10 des filles les plus célèbres du lycée. À son grand désarroi. Elle n'aime toujours pas être sous le feu des projecteurs de cette façon.
Mais ce qui me motivait le plus à ce moment, c'est que nous avions enfin commencé l'entraînement. Un samedi, à 5h30 du matin, Buchou a sonné à la porte en disant que l'on commençait aujourd'hui. J'ai eu un peu de mal à émerger ce matin là. J'étais content, bien sûr. C'est juste que ça tombait un peu sans crier gare.
Elle a d'abord testé mes capacités physiques et je me sens encore un peu honteux... Avant d'être malade, j'étais en grande forme. Je faisais dix kilomètres de course par jour, chose que je n'ai pas faîte depuis que je suis ici, en plus des exercices au dojo. Mais maintenant, même avec le corps renforcé des démons, j'ai du mal à faire plus de quinze kilomètres sans tomber raide. Mon passage à l'hôpital m'a vraiment laissé à la traîne...
Les deux Fujimaru s'en sont encore une fois excusés. Je leur dis que ce n'était pas grave et je me suis lancé à la reconquête de mon ancienne forme. En arrivant à la maison le soir même, je me suis écroulé dans mon lit. J'ai dormi jusqu'à midi le dimanche qui a suivi. Mais au moins, j'avais pu mettre au point mon planning avec Rias.
J'ai des exercices physiques à faire tous les jours. Le Lundi et le Jeudi, je suis avec Koneko qui me sert de partenaire pour le combat au corps à corps. Le Mardi et le Vendredi, c'est au tour de Kiba, qui m'aide pour les affrontements contres les ennemis qui ont des armes, ainsi que les réflexes. Enfin, le Mercredi et le Samedi, je suis avec Akeno qui m'apprend à utiliser la magie démoniaque dans touts ses aspects.
Du coup, en plus du lycée, ça fait que je dors bien les nuits. Mais je trouve vraiment une sorte de plaisir dans l'épuisement physique... Comme quand je rentrai complètement épuisé de mes entraînements avant un tournoi. J'ai le sentiment du travail bien fait. Et pourtant j'en ai encore à faire.
J'apprends vraiment beaucoup de choses avec mes camarades. Qui se font d'ailleurs un plaisir de m'aider autant que possible.
J'ai souvent eu à faire à des adversaires plus grands que moi au dojo, donc je sais comment les gérer. Mais quelqu'un de plus petit c'est une autre histoire. Koneko se sert donc en permanence de sa petite stature pour rester au contact. Elle me coupe mon allonge de cette façon et je ne peux pas me défendre efficacement. Quant à sa force... Ben franchement je plains la personne à qui elle mettrait vraiment un coup de poing...
Kiba est quelqu'un de très technique. Il m'a déjà affronté avec juste une épée en bambou, pour ne pas me blesser, afin de me voir bouger. Il a une certaine force même si comparé à Koneko, c'est rien. En revanche il sait se servir de sa vitesse pour harceler son adversaire et repérer ses points faibles et ses ouvertures. Résultat, à la fin de la première séance, je l'avais touché 3 fois et lui plus de 100... Vous parlez d'une humiliation...
En dernier, les leçons que je redoutais le plus sont au final très instructives. Akeno est vraiment pédagogue. N'hésite pas à changer de sujet pour un autre si besoin. Elle me montre des exemples de ce que je peux faire. La foudre est sa spécialité, histoire de famille, d'après elle. Cependant, selon ses propres mots, il ne faut pas se limiter un seul élément. En magie, la polyvalence est une arme de choix.
C'est d'ailleurs ce qui rend ma maîtresse aussi enthousiaste à mon sujet. Les personnes étant capable de briller à la fois sur le plan physique et sur la magie sont rare. Mais j'en fait partit. Grâce à mon goût pour les arts martiaux lorsque j'étais humain d'une part. Et de par mon étrange condition magique de l'autre. Ce qui fait qu'elle vient observer mes entraînements aussi souvent que possible.
De son côté, Mash me sert un peu de soigneuse. Même s'il lui arrive de participer de temps en temps. Par ce qu'il y a besoin, ou simplement par ce qu'elle en a envie. Elle est d'un tempérament calme, mais je sais que dans une bagarre ce ne serait pas la dernière à lâcher. Loin de là.
En parallèle, nous avons réussi à trouver une méthode rapide avec les deux Fujimura pour que je puisse les rejoindre à l'intérieur de mon esprit. Du coup j'ai passé pas mal de temps avec eux à apprendre à utiliser correctement mes circuits magiques. Ce qui n'a pas été simple, vraiment pas simple.
Le premier mois, je perdais le contrôle 9 fois sur 10. Heureusement que cela n'avait pas d'effet sur mon corps. Finalement, à force de s'acharner, les résultats ont fini par se montrer. Je peux maintenant activer mes circuits sans problème et les utiliser pour trois ou quatre choses. La première que j'ai testé fut le renforcement corporel. Ce qui m'a laissé avec des courbatures pendant deux jours. Mais vu que je ne suis pas mort, c'est un immense progrès.
Ils m'ont aussi appris à canaliser ma magie dans des objets pour m'en servir différemment. Pour l'instant je n'arrive qu'à créer des ''réservoirs'' qui me servent d'appoint de puissance pour des sortilèges de base. Comme des piles, quoi... Je sais que c'est vraiment limité mais bon ça fait que deux mois. Je ne suis pas devenu 3ième dan en deux mois non plus.
En bref, malgré la fatigue, j'avais la pêche et le moral. Sauf que quelque chose est venu tout gâcher... Un dimanche, Buchou est venu m'annoncer que les entraînements allaient devoir s'arrêter. J'ai été surpris. Quand je lui ai demandé le pourquoi. Elle m'a simplement répondu que j'avais retrouvé une forme suffisante pour l'instant, en premier. Et en second qu'elle avait dû mettre de côté pas mal de contrats pour tenir le planning. Il fallait reprendre un rythme plus classique.
Je ne vais pas dire que l'idée me plaisait, mais je ne pouvais pas me montrer égoïste en demandant que tout s'arrête juste pour moi. À la fin elle a cependant ajouté qu'elle avait prévu des travaux particulier pour cet été. Qu'à ce moment là, je pourrai m'en donner à cœur joie. Je l'ai remercié et nous avons passé une bonne soirée quand j'y repense.
Cela fait deux semaines. J'ai rempli pas mal de contrats depuis. De touts les genres. Même certains qui m'ont fait me demander le pourquoi. Je suis moins fatigué et mes relations sont au beau fixe avec mon entourage direct. Le calme règne au lycée. Apparemment, il y avait un trio de pervers avant, qui passait son temps à espionner les filles dans les vestiaires. Mais que depuis que l'un d'eux, Issei Hyoudou je crois, était entré au conseil étudiant, il ne s'était rien passé.
J'ai pris ça sur le ton de la rigolade. Je veux dire, quel genre d'établissement autoriserait des gens à mater encore et encore des filles en train de se changer, sans les faire gicler ? C'était sûrement des rumeurs qui avaient été déformées.
Je raccroche le téléphone. J'étais avec ma famille. La vie a reprit pour eux aussi. Je leur manque autant qu'ils me manquent, mais je sais qu'ils vont bien alors ça me suffit. Ma relation avec Altera n'a pas progressé. J'ai toujours envie de lui faire changer de point de vue sur elle-même, mais elle est plus têtue qu'une mule... Enfin, je sais même pas si c'est la bonne expression. Elle est convaincue, plus que bornée. Et c'est là que c'est compliqué, par ce que je n'ai rien pour lui faire changer sa façon de voir.
Je me souviens qu'il y a quelques temps, je l'ai fait sortir pour qu'elle se joigne à nous pour un entraînement. Quand elle m'a demandé le pourquoi, j'ai juste dit que c'était pour s'amuser et profiter. Elle n'a pas bronché et s'est contenté de son habituel ''je vois''... Je vous jure, on dirait un disque rayé par moment...
Je crois que j'ai jamais mordu la poussière de cette manière. J'ai déjà perdu, comme tout le monde. Mais il y a perdre et perdre. Là on s'est fait ridiculiser. Littéralement.
Kiba s'est proposé de l'affronter en premier, par curiosité. Elle s'est précipité sur lui si vite que même lui n'a pas eu le temps de réagir. Une seconde plus tard, la moitié de son épée était sur le sol, coupée nette. La lame tricolore de Altera était déjà contre son cou, à même la peau. Il a avoué sa défaite et elle s'est éloignée.
Puis on s'est tous fait battre, tour à tour. Elle a réussi à supplanter Koneko rien qu'avec sa force brute, puisqu'elle avait laissé son épée de côté pour un combat à mains nues. Moi, j'ai pas fait mieux. J'ai juste pu remarquer que ses mouvements sont souples et puissants mais pas techniques. Elle sait se battre mais n'utilise pas de forme d'art martial.
Elle a repoussé comme de rien les décharges magiques de Akeno et Buchou avec sa lame. Et une fois arrivée au corps à corps, comme la plupart des mages j'imagine, c'était terminé... Elle n'a pas usurpé son titre de héros... C'est le moins que l'on puisse dire...
C'est là que j'ai une idée... je ne sais pas si c'est possible... Mais si oui, alors j'ai peut-être la solution à mon problème !
« Excusez-moi, les jumeaux Fujimura, êtes-vous là ? » Je demande mentalement.
[Où veux-tu que nous soyons Arthur ?] Répond Gudao, sarcastique.
{Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas que tu nous appelle comme ça.} Répond à son tour Gudako, passablement énervée.
[Je trouve ça sympa.] Avoue la version masculine, amusé.
{Pas moi ! C'est glauque !} Réplique la version féminine, agacée.
« Je sais, je sais. Je ne recommencerais plus. » Je dis en souriant. « Je voulais vous demander quelque chose. » Ils me demandent quoi. « Parmi touts les héros, il y a sûrement qui étaient des professeurs, non ? »
{Je ne connais pas touts les héros, mais c'est plus que probable...} Commence Gudako.
[Tu veux en invoquer un pour poursuivre ton entraînement ?] Termine Gudao.
« Oui. » Je confirme. « C'est possible ? »
[Théoriquement, oui.] Admet le jeune homme. [La question est de savoir si tu vas pouvoir.] Avoue-t-il.
« Comment ça ? » Je l'interroge.
{Par ce que tu vas devoir faire une invocation à l'aveugle.} Explique la jeune femme. {Pour qu'elle réussisse, il faut que toute ta volonté soit tournée vers ton objectif. Sinon c'est l'échec assuré.}
[Pour Altera, il y avait la peur de la mort qui t'a aidée.] Élabore son voisin. [Là, ce ne sera pas le cas.]
Je réfléchis un moment. Ce qu'ils disent est parfaitement vrai. Pendant ce temps ils me posent des questions sur quel genre de professeur je voudrai invoquer, afin que mes pensées soient aussi claires que possible. On en est presque à faire une liste... Il y en a de touts les genre : à l'arme blanche, à l'arme à feu, au combat à mains nues, d'assassinat, aussi dégoûtant que se soit, etc... Puis je me remémore, un par un, de la manière la plus précise qui soit, touts les souvenirs des événements qui m'ont amenés jusqu'ici.
Je pense que je suis prêt.
[Tu devrais aller à l'endroit où tu as invoqué Altera.] Me conseille Gudao.
« Pourquoi ? » Je demande, curieux et étonné.
{Par ce qu'au moment ou tu l'as invoqué, tu as imbibé la terre de ta magie.} Explique Gudako. {C'est un peu comme si tu l'avais marqué comme ton domaine. Il sera plus facile de te contrôler là-bas. En plus de limiter le risque d'échec.}
Encore une fois, la seconde termine la phrase du premier. Comment voulez-vous que je ne les appelle pas jumeaux... ?
Puisque tout est décidé, je vais voir Mash et je lui explique mon idée. Elle sait que je ne vais pas changer d'avis. Donc, elle commence déjà par me faire un sermon en me disant qu'invoquer des héros juste pour m'améliorer est plutôt égoïste. Puis elle me fait promettre de m'impliquer avec eux comme je le fais avec Altera.
Quand elle termine son discours, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai un horrible frisson. La façon dont elle me regarde me donne l'impression de voir ma mère qui me grondait quand j'avais cinq ans... J'ignorais que ma chère Kohai pouvait être aussi effrayante...
Du coup je bégaye un ''promis'' et elle se met à sourire de façon un peu angoissante... Vraiment effrayante, je vous le jure...
Nous nous téléportons sur place. Je suis assez content d'avoir réussi à le faire seul. D'habitude il y a toujours sois Akeno sois Buchou qui sont là pour nous assister. Mash a un léger vertige qui passe vite. J'ai eu le même problème les premières fois alors je me permets un petit sourire qui me vaut un regard mauvais.
C'est la première fois que je reviens ici depuis l'incident qui a failli me coûter la vie. D'apparence, rien ne distinguerait cet endroit d'un autre. Pourtant, je le sens... Il est différent... je me sens instinctivement à l'aise... Ils avaient raison... Je ne doutais pas d'eux. C'est juste qu'entre l'entendre et le vivre c'est vraiment pas pareil.
Je me positionne à l'endroit même où je me trouvais lors de l'invocation de Altera. J'avance lentement... Je ne sais pas pourquoi... La crainte peut-être ? Mais de quoi ?
Mash se trouve le côté, elle attend. Derrière son visage impassible, je sais qu'elle est inquiète. La première fois n'est pas un bon souvenir pour elle aussi.
Je prends de grandes inspirations. Plusieurs fois de suite. Puis j'active mes circuits magiques. De nouveau, cette sensation d'avoir de l'eau chaude qui coule dans mes veines revient. Je prend mon temps pour stabiliser le flux, aiguillé par les deux Fujimura. Quand tout est en place, je regarde mes bras par curiosité. Avant il n'y avait que des lignes. Mais maintenant il y a plusieurs ramifications plus ou moins longues à des endroits comme choisis au hasard.
Puis vient le moment fatidique. Je ferme les yeux lentement. En principe il faudrait une incantation, accompagné d'un scellé très complexe, sans compter un catalyseur. Mais dans mon cas, les âmes des Héros, ou plus précisément leurs noyaux appelés Saint Graph, sont à l'intérieur de moi.
Je dois utiliser ma magie pour ''réveiller'' ce Saint Graph. Ensuite je le matérialise dans le monde ''réel'' et ma magie sert de base pour construire son corps. Le tout en me servant de mes circuits magiques à la fois comme d'une route pour emmener le Saint Graph à l'extérieur de mon âme et comme une source de puissance pour compléter la matérialisation.
Je commence le processus en ''empreignant'' ma magie de ma volonté : celle d'avoir un professeur, pour devenir plus fort et rejoindre ma famille. Puis j'envoie cette ''volonté'' traverser mon âme à la recherche de celui qui répondrait.
Je le sens. Il y a une réponse. Je me concentre dessus.J'augmente la quantité de magie pour l'amener en dehors de l'endroit où il se niche...
Pourquoi... Je me sens... Si fatigué... D'un seul coup...
J'ai... Des vertiges...
Je crois... Que j'entends une voix... Est-ce que... c'est Mash... ? Je ne sais... Pas...
Puis c'est le trou noir...
Je reprends conscience avec l'impression d'avoir couru de toutes mes forces sans m'arrêter. Jusqu'à que j'en tombe raide de fatigue. Je n'ai mal nul part mais on dirait presque je navigue sur une mer plus ou moins calme. J'ai du mal à situer le haut le bas et la seule chose que j'entends ce sont les battements de mon cœur.
{Bon retour parmi les vivants, Arthur.} Déclare une voix féminine, dure et froide.
[Je croyais que tu ne devais pas faire cette blague...] Dit une autre voix, masculine cette fois.
« Ritsuka... ? » Je répond faiblement.
[Oui ?/Oui?} Répondent-ils en cœur.
« Que... Que s'est-il passé ? » Je demande, toujours de la même voix.
{Version courte : tu as été trop efficace.} Fait Gudako. {L'invocation s'est bien passée. Mais tu ne l'a pas complètement maîtrisée. Ça a dérapé à la fin.}
[Du coup tu as dépensé beaucoup trop de forces.] Continue Gudao. [Pas de quoi mettre ta vie en danger, heureusement.]
« c'est déjà ça... » Je fais, sentant ma conscience qui me glisse déjà entre les mains, sur le ton de l'humour.
[C'est un coup de chance insolente !] Réplique-t-il, énervé. [Ça aurait pu être bien pire !]
{Mash est a ton chevet depuis trois jours espèce de crétin !} Ajoute la jeune femme, tout aussi en colère.
J'en reste muet... Trois jours !? Mais qu'est-ce que j'ai encore foutu !? C'est la dernière chose à laquelle je pense avant de m'endormir de nouveau.
Cette fois, j'ai des sensations physiques. Je sens la chaleur. Les draps au dessus et en dessous de moi. Le soleil qui passe au travers de mes paupières. Même avec cette fatigue lancinante qui est toujours là, je sais que je me trouve dans mon lit. Je crois qu'avant juste ma conscience était réveillée. C'est pour ça que se sont les jumeaux Fujimura qui m'ont interpellés en premier.
J'ouvre lentement les yeux et la lumière m'éblouit complètement. Je tourne la tête pour échapper à cette agression et je me sert de ma magie pour récupérer des forces. Dans une étrange et désagréable sensation de déjà-vu...
J'ai cependant du mal à retrouver autant d'énergie que je le voudrai. On dirait qu'ils avaient raison. Je suis bien plus fatigué qu'avec Altera... Ce qui me fait presque peur... Quand je vois sa puissance... Quel genre de monstre j'ai bien pu invoquer... ?
Je me relève lentement avec l'impression d'avoir des sacs de ciment à la place des membres. J'ai la confirmation que je suis bel et bien dans ma chambre. En regardant sur le côté je vois, comme par hasard, Altera. Elle m'observe en silence... Quand je disais déjà-vu...
Là-dessus elle disparaît sans dire un mot et je ne sais pas trop quoi penser... Elle était là pour veiller sur moi ? Se moquer de moi quand je me réveillerai ? Ou juste me regarder ? Bah... Autant laisser tomber...
Je m'assoie sur le bord de mon lit une fois que je me sens un peu mieux. Je me concentre pour activer mes circuits magiques. Je veux vérifier quelque chose. Lorsqu'ils apparaissent, j'ai ma réponse. Ils se sont encore étendu par rapport à la dernière fois, mais ils sont presque invisible dans la lumière du soleil à cause de mon état.
Je les désactive et au même moment j'entends quelqu'un qui court dans le couloir. Dans ma direction... La porte de ma chambre s'ouvre à la volée. Pour montrer une Mash qui porte encore son tablier et dont les lunettes sont de travers. Elle a les larmes aux yeux et au bout de quelques secondes elle se jette sur moi en pleurant.
« Sempai ! »
Elle me plaque sur le lit avec son élan et je me tape la tête contre le mur. Mais je ne remarque la douleur qu'a peine. Elle me serre dans ses bras de toutes ses forces alors qu'elle est en train de trembler à cause de ses sanglots.
Encore une fois un maudit déjà-vu me reviens en mémoire : ma famille en train de pleurer à cause de ma tentative de suicide à l'hôpital... Je la prends dans mes bras à mon tour pour la réconforter.
« Pardon Mash... » Je lui murmure avec gentillesse. « Pardon... »
Elle se relève et me regarde dans les yeux. Je vois la joie, la colère, le soulagement et finalement la peur... J'ai vraiment merdé ce coup là...
« Ne refais plus jamais ça Sempai ! » Me hurle-t-elle. « Tu ne t'imagines même pas à quel point j'ai eu peur ! J'ai cru que tu allais mourir ! » Elle commence à me taper dessus... Trois jours d'attentes et d'angoisses qui se relâchent d'un coup « Tu entends ! Plus jamais ! Plus jamais ! Promet le ! Promet le moi ! Je veux l'entendre de ta bouche ! Dis le ! »
« Aie ! Aie ! Aie ! Je te le promets ! Aie ! Je te jure que je ne recommencerais pas ! »Je fais entre les coups, qui sont plus portés par la frustration qu'autre chose, mais ça ne change pas qu'elle ne se retient pas. « Mais arrête de me frapper ! »
Elle m'enserre à nouveau avant de me répondre.
« C'est tout ce que mérites ! » Réplique Mash, à la fois soulagée et toujours plus en colère. « Je... J'ai cru... j'ai cru que... » Elle se remet à sangloter de plus belle. « J'ai cru que j'allais encore... Perdre quelqu'un qui m'est cher... »
« Je suis là Mash... » Je fais avec douceur. « Je ne partirai pas. Tu as ma parole. »
Il lui faut un long moment pour se calmer complètement. Nous restons donc pas loin d'une heure dans la même position. Finalement je me rend compte qu'elle s'est endormie sur mon épaule. Je me redresse lentement pour ne pas la déranger. Elle doit se reposer. Je suis sûr qu'elle n'a pas dormi correctement, si elle a seulement dormi, depuis l'invocation.
Je la laisse dans mon lit et je m'éclipse en silence une fois que je me suis habillé. Je quitte l'étage et je descend directement dans le salon. Tout est calme. Sur la table il y a un mot de Buchou qui demande à ce qu'elle soit mise au courant dès qu'il y a du nouveau. Je pousse un soupir. Elle aussi a due se faire du soucis...
« Je me suis cru trop confiant... » Je soupire de nouveau. « Et se sont les autres qui ont subis... »
« Par l'orgueil, le guerrier est le premier à succomber ! » S'exclame soudainement une voix, joyeuse et enthousiaste, de femme. « N'oublie jamais cela mon disciple ! »
Je me retourne brusquement et j'ai la même sensation que lorsque Altera se matérialise. Sauf que cette fois ce n'est pas elle.
À la place c'est une femme qui doit avoir la trentaine et mesurer environ 1m60. Elle a la peau blanche, de longs cheveux noirs, une silhouette fine et... Soyons franc, la plus grosse poitrine que j'ai jamais vu... Mise en valeur par un décolleté très large...
Elle porte une tenue d'un blanc de neige, une longue... cape ? D'un jaune doré. Elle a une tiare en argent sur le front de laquelle pend deux bandes de tissus. Un chapeau à bord incurvé et un bâton qui me fait penser à ceux des prêtres shintoïstes.
« Mon nom est Xuanzang Sanzang ! Par la sagesse du Bouddha, je suis arrivé en ces lieux ! » Elle marque une pause. « Hum... Ma classe est... Caster ! » Se présente-t-elle, tout sourire, avec un salut religieux.
« Pourquoi tant d'excitation pour une simple présentation ? » Demande une autre voix féminine, plus dure et plus détachée.
Une seconde femme prend forme sous mes yeux. Elle est un peu plus grande que la précédente et très différente dans l'allure. Sa silhouette est fine aussi mais elle est également très élancée.
Elle porte une tenue en tissu avec seulement deux couleurs : gris anthracite dans le dos et un mauve sombre pour le reste. Cet habit la recouvre intégralement des pieds jusqu'au cou. Montant même jusqu'à cacher son visage à moitié. Il y a des renforts à même le tissu un peu partout. Elle porte de légères épaulettes. Dans sa main droite se trouve une longue lance d'un rouge sanguin qui s'accorde à celui de ses yeux. Ses longs cheveux sont d'un bordeaux sombre, recouverts par une traîne décorée de bijoux en forme de perles.. Il se dégage un air de royauté et d'autorité de toute sa personne.
« Je viens du Domaine des Ombres. Mon nom est Scàthach. » Elle me regarde droit dans les yeux et j'ai un étrange frisson qui me parcoure. « Dois-je t'appeler ''Master'' ? »
Je reste sans voix...
Je n'ai pas invoqué un héro... Mais deux héroïnes...
Bien... S'il n'y a qu'une seule chose que je dois retenir de cette journée c'est ça : Plus d'invocation pour moi pendant très longtemps...
Fin du chapitre 10 !
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
