Bonjour tout le monde !
Voilà le chapitre 13 !
Bonne lecture !
La première chose que je sens en me réveillant, c'est à quel point le sol est dur. J'ai l'impression d'être allongé sur un rocher. Puis vient un vacarme assourdissant qui me fait subitement ouvrir les yeux. Je me redresse rapidement, avant de rester figé par ce qui se passe...
Je suis entouré de soldats qui portent d'étranges armures. Elles sont moitié en cuir et moitié en acier. Sur leurs visages, je vois la hargne et la haine. C'est quoi ce délire !?
Je n'ai pas le temps de réfléchir au pourquoi et au comment, que l'un d'eux me fonce dessus. Par réflexe, je me relève et je me met en garde. Je ne cherche même pas à parler, ni même à poser de questions. Je dois me défendre.
Heureusement, il n'a pas l'air d'être très doué. Au moment ou il arrive au contact, je l'attrape par le bras pour le balancer par dessus mon épaule. Enfin, c'est ce que je voulais faire... Mais à la place, je passe au travers lui, comme si ce n'était qu'un fantôme. Du coup, je manque de perdre l'équilibre et j'arrive tout juste à rester debout.
Je me retourne par réflexe et je le vois se faire couper en deux. Avec la même facilité qu'un brin d'herbe, par une étrange épée tricolore... Que je reconnais aussitôt...
Devant moi se trouve Altera. Droite et attentive, comme d'habitude. Elle regarde ses adversaires de ses yeux calmes et calculateurs, sans faire attention au sang répandu sur ses habits. Je ne sais pas ce qui se passe, mais rien que la voir me fait me sentir en sécurité. Je vais lui parler quand une autre voix se fait entendre.
« Rend-toi, Fléau de Dieu. » Ordonne un homme dans mon dos. « Si tu le fais, un procès te sera accordé. »
Je me retourne pour voir celui qui doit diriger l'armée autour de nous. Il est assez grand, doit avoir pas loin d'une quarantaine d'années et son visage montre une froide détermination. Je le regarde fixement, mais j'ai une drôle d'impression. Quelque chose me dérange dans sa façon d'agir. Pourtant, je n'arrive pas à dire quoi exactement.
« Ta réponse, Attila ? » Demande-t-il, sans changer de ton.
« Je ne suis pas encore vaincue. » Répond simplement Saber, de son habituel ton détaché.
Son interlocuteur laisse échapper une expression de colère noire. Ce qu'il vient d'entendre ne lui a pas plu du tout. Il doit croire qu'elle est arrogante et se moque de lui. Cependant, je connais assez bien Altera aujourd'hui pour savoir que ce n'est pas le cas. Elle vient juste de dire ce qui est, sans fierté mal placée.
« Ne le sens-tu pas, erreur de la nature !? » S'emporte le commandant. « Dans ce sceau, ta force et ta résistance monstrueuse n'existent plus ! » Explique-t-il. « Tu es seule contre des milliers ! Tu vas tomber ici ! »
Même si je sais que quitter des yeux un ennemi sur un champ de bataille est stupide, je n'arrive pas à m'empêcher de jeter un coup d'œil rapide au sol. Il y a effectivement un scellé de lumière dorée, dont je ne vois pas l'extrémité. Elle est cachée par les soldats en formation serrée. J'ai un frisson. Par ce que je sais, sans me l'expliquer, qu'il ne bluffe pas.
« Ta réponse ? » Insiste le commandant, sûr de lui.
Je le savais déjà, mais Altera reste muette. Elle n'est pas du genre à parler, même dans ce genre de situation. Cette fois la rage s'empare carrément de son interlocuteur et il aboie sur ses hommes l'ordre d'attaquer.
Eux, en revanche, n'ont pas l'air vraiment pressés. Ce que je peux comprendre. Le cadavre coupé en deux de leur camarade gît au pied de leur cible. Elle a beau avoir perdue beaucoup de sa puissance, son épée est encore assez tranchante pour rendre une armure aussi efficace qu'une feuille de papier. Finalement, une dizaine d'entre eux chargent.
Pendant une trentaine de secondes le combat qui s'ensuit montre à quel point Altera est terrifiante. Cette seconde vague d'assaillants a rejoint le premier a avoir attaqué. Ceux qui restent avalent avec difficulté leur salive. Pourtant, eux comme moi, remarquons l'inévitable.
Il y a de nombreuses coupures un peu partout sur le corps de Saber. Elles ne sont pas profonde, et qu'elle soit si peu blessée après avoir affronté dix personnes en même temps est impressionnant. Mais cela suffit aux combattants pour qu'ils comprennent qu'elle finira par céder sous le nombre. Avec un cri généralisé, ils chargent presque tous en même temps.
Moi, je reste pétrifié. Je voudrais... Non... Je veux l'aider, mais comme pour l'histoire du sceau, j'ai la certitude impossible à comprendre que ça ne servirait à rien... Je ne suis qu'un spectateur impuissant...
Pendant de longues et horribles minutes, je la vois se battre, se battre, et se battre encore. Peu importe le nombre de soldats qui arrivent les uns après les autres, elle continue à faire des gestes rapides et précis de son épée pour se défendre. À chaque blessure qu'elle subit, au moins trois de ses ennemis tombent sous ses coups. Elle continue... Envers et contre tout...
Soudain, une décharge d'énergie magique balaie touts ses adversaires, les tuants sur le coup. Lorsque la lumière diminue en intensité, je peux enfin voir dans quel état elle est exactement. Mon cœur se serre dans ma poitrine...
Altera tient à peine debout... Ses habits sont en lambeaux et son voile est sur le sol, piétiné... Elle a tellement de blessures que je n'arriverai pas à le compter même si on m'en laissait le temps... Je ne distingue presque plus sa peau et les élégantes lignes blanches qui la parcoure... Elle est rouge de son propre sang et de celui des soldats... Son bras gauche pend misérablement et sa jambe droite n'a plus l'air d'être capable de la supporter...
Cette décharge devait probablement être tout ce qui lui restait de force...
Satisfait, le commandant s'approche lentement en sortant son épée. Il la pointe sur la jeune femme dont la respiration est haletante, mais son regard n'a pas perdu la moindre trace de détermination. Il sourie largement et continue de marcher calmement, savourant déjà sa victoire.
« Tu es vaincue, Attila, Fléau de Dieu. » Annonce-t-il, victorieux. « Tu vas mourir ici, devant les portes de Rome. »
Arrivé devant elle, il lève son épée bien haute de façon théâtrale, pour asséner le coup de grâce. Au moment ou il amorce son geste, Altera l'attaque avec une vivacité impossible à imaginer pour une mourante.
Sa bras dominant tombe sans avoir lâché son arme et sa tête roule sur le sol. Le corps s'effondre dans un bruit immonde et le silence se fait autour de la guerrière. Puis un vent de panique s'empare des troupes restantes. Ils s'enfuient dans le plus grand désordre, sans achever leur soi-disant victime.
Moi, je suis pétrifié... Maintenant, plus que jamais, je comprends à quel point elle est une force de la nature...Pourtant, le plus choquant, se sont ses yeux... Ils n'expriment pas la moindre fatigue, lassitude, regrets ou peur... Ils sont rivés sur les portes de Rome... Même dans son état, elle n'a qu'un but en tête... Accomplir son objectif...
Je vois alors Altera basculer en avant et s'écraser sur son voile, dans la boue et le sang. Tenant toujours fermement son épée, elle reste impassible, même aux portes de la mort...
Ses paupières se ferment lentement tandis que son visage reste immuable, comme celui d'une statue... On dirait qu'elle s'est juste assoupie... Dans un grande colonne de lumière aveuglante son épée disparaît... Et je hurle son nom, paniqué...
[Arthur ! Calme-toi !] S'exclame une voix que je connais.
D'un seul coup, le paysage autour de moi a complètement changé. Je suis dans la réplique de Chaldea au fond de mon esprit. Je suis debout, à l'endroit habituel où je me matérialise. Les jumeaux Fujimaru sont au plus près de moi.
« Que... ? » Je fais, complètement perdu. « Quoi... ? Qu'est-ce qui se passe... ? »
[Tout va bien Arthur.] Me rassure Gudao. [Altera est saine et sauve. Tout ce que tu as vu n'était qu'un rêve, rien de plus.]
Je le regarde, incrédule. Je reste comme ça pendant plusieurs secondes. Elle me fixe également avec un regard détaché, à la limite de la froideur, qui finit par me sortir de mon espèce de transe. Je m'éloigne un peu d'eux, et je me masse la tête pour faire passer un léger mal de tête que je ne m'explique pas.
« Un rêve ? » Je répète, toujours largué. « Comment ça un rêve ? »
{Ce que tu as vu, c'était un moment de la vie de Altera.} Explique Gudako. {Celui de sa mort dans ce cas précis.}
« Un moment de sa vie ? » Je répète encore une fois, en essayant d'assimiler l'info. « Comme un souvenir ? » Je demande pour être certain.
{Exactement Arthur.} Confirme-t-elle.
« Mais pourquoi j'ai vu ça ? » Je demande, perdu.
[Tu te souviens lorsque nous t'avons dit que le Servant ressemble au Master ?] Je hoche la tête. [C'est une conséquence. Lorsque la relation entre les deux parties arrive à un certain degré, le Master voit parfois en rêve les moments les plus importants de la vie du Servant auquel il est lié.] Développe la version masculine.
« Mais pourquoi sa mort !? » Je m'exclame au bout d'une seconde de surprise.
{On ne peut pas te répondre.} Fait la jeune femme. {Ce n'est pas quelque chose qui se fait consciemment. Peut-être que si tu demandes à Altera, elle le saura.}
Je reste muet. Je ne vois pas comment je vais pouvoir aborder ce sujet... Je ne peux pas juste aller la voir et lui demander ''Au fait Altera, pourquoi tu voulais que je vois comment t'es morte ?''. Sans compter que c'est complètement opposé à ma façon de vivre.
Le silence se prolonge. Le duo de Rituska devine sans difficulté que leur hôte est dépassé par tout ça. Eux, ont déjà vécu ce genre de situation. Même si l'expérience n'est pas toujours la meilleure de conseillère, c'est déjà mieux que rien. Ils décident donc de changer de sujet.
[Je pense qu'à ton réveil tu vas avoir de plus gros problèmes à gérer en premier.] Commente Gudao sur le ton de l'humour sardonique glacial et mordant.
« Euh... Quoi ? » Je bredouille, coupé dans le fil de mes pensées.
{Tu t'es encore surpassé Arthur.} Répond Gudako, un rien cassante. {Combattre une des Lancer les plus célèbres jusqu'à en tomber d'épuisement... Je ne sais pas si je dois te féliciter ou te traiter d'idiot.}
« Mouais... je sais, je sais... » Je déclare ne me grattant la tête d'embarras. « Je ferai plus attention la prochaine fois... »
[À supposer que tu survive à la colère de Mash.] Ricane froidement la version masculine. [Je crois que tu ne vas pas couper à ta punition cette fois.]
Mon sang se glace, tandis qu'un frisson me parcoure des pieds à la tête. Je l'avais complètement oubliée... Elle va être furieuse. Et encore le mot est faible...
« Vous avez un moyen de m'éviter une fin atroce ? » Je demande avec une humour forcé, connaissant leur attachement à notre kohai.
La dessus, je me prend un coup de poing en pleine tronche qui me fait faire un quasi demi-tour, tellement je ne m'y attendais pas. J'ai l'impression que ma mâchoire va se décrocher et j'ai à peine assez récupéré pour me retourner et demander le pourquoi, que je me prend une deuxième droite. Toute aussi violente que la première.
Cette fois, je tombe sur le sol sans pouvoir me retenir, la tronche en premier. Je reste au sol pendant plusieurs secondes à essayer de comprendre ce qu'il vient de se passer, et de retrouver où sont le haut et le bas.
J'aurai jamais cru qu'ils pourraient frapper aussi fort.
« Je sais bien que j'ai merdé encore une fois... » Je finis par prendre la parole une fois que j'ai arrêté de voir des étoiles. « Mais c'est pas une raison pour me refaire le portrait ! » Je termine, plutôt énervé.
{Estime toi heureux que l'on se soit retenu Arthur!} Répond la Fujimura féminine, venimeuse. {On a bien voulu accepter plusieurs de tes erreurs, mais cette fois c'est trop !}
Le ton de sa voix me fige dans mon mouvement et me calme aussitôt. Elle n'est pas malveillante, mais il y a une hargne qui me fait frissonner. Quand je termine quand même de me mettre assis, les jumeaux sont en train de me fixer avec une colère honnête qui me donne vraiment honte de moi.
« Je sais que... » Je commence, pour essayer d'apaiser la tension, mais je me fais interrompre.
[Tu vas te justifier en disant que c'est ta façon d'être ?] Devine la version masculine, perspicace et accusateur. [Il y a une différence entre être imprudent et être inconscient Arthur!]
« Écoutez, je reconnais que j'ai eu tort et que c'était vraiment stupide, mais... »
{La belle affaire tiens!] Me coupent-t-ils en cœur, vraiment furieux. [Les excuses ne servent plus à rien à ce niveau là.] Continue Gudao. {Crois-tu vraiment que Mash va être soulagée d'entendre encore une fois ''Pardon , je ne le referai plus.''!?} Termine Gudako.
« Non ! Bien sûr que non ! » J'acquiesce en levant les bras pour me protéger instinctivement. « C'est juste que... »
[Que Quoi!?} Répètent-ils d'une manière si synchrone et glacial que j'en ai la trouille.
« Je vais aller lui parler et lui dire que c'était la dernière fois. » Je décide d'arrêter de vouloir me justifier. Par ce que je m'enfonce tout seul. « Vous avez ma parole, je ne recommencerais plus cette fois. »
Ils se contentent de me fixer intensément et de rester silencieux. Ils ne sont absolument pas convaincus. Et le pire... C'est que je comprends parfaitement pourquoi...
Lorsque j'émerge pour de vrai, je suis dans ma chambre. La lumière me fait un peu mal aux yeux. Au bout d'une petite minute, je me suis habitué et je me redresse lentement. Je remarque que je n'ai pas de douleurs résiduelles. Et que je ne suis pas fatigué comme d'habitude. On dirait que tout cet entraînement a finit par payer. Au moins un peu. Mais c'est pas le moment de penser à ça.
Je sors de mon lit et je m'habille vite fait. Au moment d'ouvrir la porte, j'hésite... J'ai un mauvais pressentiment. Si jamais il y a Mash derrière, je vais prendre cher... Je prends une grande inspiration et je prends la poignée en main. C'est moi le responsable, je dois assumer les conséquences.
Je sors dans le couloir et dès que j'ai tourné la tête, je vois mes deux professeurs qui m'attendent. Elles ont toutes les deux la tête des jours sérieux. Je sais déjà que ça ne va pas être plaisant. Je marque un arrêt puis je recommence à avancer dans leur direction. Une fois arrivé devant elles, je prends la parole d'une voix calme.
« Bonjour professeure Uanaind, maître Sanzang. » Je dis simplement.
« Je suis contente de te voir sur pieds mon disciple. » Répond Xuanzang, courtoise mais sérieuse.
« Tes capacités de récupération sont remarquables. » Commente Scàthach, de sa manière autoritaire et détachée habituelle. « Mais laisse moi te mettre en garde, » Continue-t-elle aussitôt. « Si tu ne considère ta vie que comme un simple jouet, notre accord devient aussitôt nul et non-avenu. »
« Je m'excuse. » Je répond en m'inclinant.
Elle ne dit rien de plus et je devine pourquoi. Mon autre Servant enchaîne juste derrière.
« Dire que je suis attristée par ton comportement, serait grandement minimiser mon ressentit. » Affirme Caster. « Je pensais que tu étais un homme réfléchi. Mais je n'ai pas su voir à quel point la flamme qui brûle en toi est ardente. » Explique-t-elle, comme si elle était en partie coupable de ce qui s'est passé. « Tu dois la garder vivace. Cependant, prend garde à ne pas la laisser te consumer. »
« Je vous le promets. » Je répond en m'inclinant de nouveau.
« Il y aurait bien d'autres choses à dire mon disciple. » Affirme la moniale. « Néanmoins, il y a une jeune femme qui a besoin de te savoir sain et sauf. Ne la fait pas attendre. »
« Je vais la voir tout de suite maître Sanzang. » Je réponds rapidement.
Je les salue toutes les deux et je les contourne pour aller au rez de chaussé. Je descends les escalier d'un pas lent en me demandant ce que je vais bien pouvoir dire à Mash.
Le duo de Servants regardent avec un certain intérêt le jeune homme qui les a invoqués en ce monde. Sa façon familière et pourtant respectueuse de voir et interagir avec les gens est une chose peu commune. Toutes les deux en sont satisfaites, malgré ses défauts et son ignorance des réelles implications de sa situation. Bien que cela va rapidement changer.
Les marches m'ont l'air à la fois interminables et trop vite descendue. Je remarque aussitôt celle à qui je dois déjà tant de fois la vie. Elle est assisse sur le plus grand des canapés, celui qui tourne le dos aux escaliers. Donc à moi aussi...
Elle est en train de broder quelque chose sur une taie d'oreiller. Elle manipule le fil et son aiguille avec soin, précision et dextérité. Elle doit en être à la moitié et je crois que reconnais ce que c'est. Il s'agit de l'étrange mascotte de Chaldea qui la suivait partout. Son nom était Fou, si je me souviens bien.
J'arrive juste derrière elle d'un pas lent. Le silence pèse vraiment sur ma conscience. J'arrête pas de faire tourner dans ma tête toutes les phrases que je veux dire. Le problème, c'est que je sais pas par laquelle commencer... Il n'y a aucune chance qu'elle accepte de m'écouter si je lui demande juste pardon. Pas après avoir merdé en invoquant Caster et Lancer la dernière fois... Sans compter ce qu'il s'est passé lors de mon dernier entraînement...
« Bon... Bonjour... Mash... » Je bégaye maladroitement. « Co... Comment... Vas-tu ? »
Bien joué abruti ! T'as qu'à lui demandé si elle a bien dormit aussi pendant que tu y es ! Bordel... Si je m'écoutais, je me giflerai jusqu'à que je me reconnaisse même plus dans la glace !
« Bonjour Master. » Répond-t-elle froidement sans se retourner, ni même arrêter ce qu'elle est en train de faire. « Avez-vous quelque chose à me demander ? »
Ok... Je dois rectifier mon point de vue... Dire qu'elle est en colère, ce serait un euphémisme... Entre le ''Master'' et le ton très formel de sa voix, je me demande sérieusement si elle ne va pas m'envoyer bouler avec pertes et fracas... Non pas que ce ne soit pas amplement mérité...
« Et ben... » Je commence comme si j'étais un gamin puni qui demande le droit de sortir. Pourquoi c'est si compliqué de sortir ces foutus mots !? « Est-ce que... Je peux te parler... ? »
« À quel sujet ? » Réplique-t-elle de la même façon qu'avant.
« C'est à propos... De mon entraînement... » J'arrive à répondre faiblement.
« À quoi pourrait bien vous servir mon opinion Master, » Répond-t-elle sèchement. « puisque de toute manière, vous ne tenez pas compte de ce que je dis. »
Je me rend compte que je viens encore de faire une connerie... Pourquoi j'ai parlé de mon putain d'entraînement alors que je viens pour faire mes excuses à la base !? Je suis vraiment encore plus con que je le croyais...
« Je sais que tu m'en veux Mash, mais... » Je reprends rapidement pour ne pas rester dans ce silence de mort.
« Pourquoi vous en voudrai-je ? » Questionne la jeune femme, glaciale. « Après tout, je ne suis qu'une Servant. Mon rôle se résume à obéir à vos ordres. »
« Quoi... ? » Je fais au bout de plusieurs secondes de surprise. « Pourquoi tu dis ça ? » Je demande sans comprendre sa phrase. « Tu sais bien que tu n'es pas un outil pour moi. »
Là dessus, elle se lève et se retourne brutalement. Je sens mon cœur se figer dans ma poitrine. Sur son visage je ne vois que la colère, la tristesse et la douleur. Des larmes roulent sur ses joues. Ses yeux me fixent avec une fureur qui menace d'exploser d'une seconde à l'autre...
C'est le visage d'une personne qui se sent trahie que je vois...
C'est alors qu'elle me met un gifle qui me projette contre le mur, deux mètres en arrière. Je m'écrase dans un meuble, dont le contenu se déverse sur moi. Quand le silence revient je l'entend sangloter, tandis que je reste immobile, incapable de comprendre ce qui vient de se passer.
« Tu n'es qu'un idiot Arthur ! » Crie Mash, la voix pleine de ressentiment.
Elle s'en va en courant et la porte s'ouvre à la volée. Elle disparaît dans l'obscurité pendant que je suis toujours au milieu de l'étagère réduite en morceaux. Mon cerveau est comme bloqué.
{Dépêche toi de la poursuivre espèce de crétin !} Hurle Gudako à l'intérieur de moi, tout aussi en colère qu'elle.
[Maintenant !] Ordonne en plus Gudao au bout de quelques secondes, en remarquant que je ne bouge toujours pas.
Tout se remet en route d'un coup. Je me relève d'un bond et je fonce dans la rue. Une fois que j'ai franchi le portail, je l'aperçois tourner au coin de la rue. Je la poursuis en hurlant son nom.
Au bout de plus de trente minutes de course, je finis par la perdre. Je suis essoufflé mais je ne perds pas de temps à récupérer. Je suis sûr qu'elle n'est pas loin. Je dois continuer à la chercher.
Je fais toutes les rues en long, en large et en travers, sans le moindre résultat. Ça dure encore trente autres minutes. Finalement je décide de m'arrêter. Courir dans touts les sens ne me mènera nul part.
Réfléchit...
Pour une fois...
Elle ne connaît que Kuoh. Donc elle ne va pas quitter la ville. Elle ne va certainement pas aller voir Buchou ou un autre membres du club. Elle n'a pas non plus de camarade avec lesquelles elle s'entend assez bien pour aller passer la...
Soudainement, toutes les pièces s'emboîtent comme par miracle dans ma tête et je comprends ce qui se passe vraiment...
Elle n'a que moi ! Je suis la seule chose qui l'attache à ce monde ! La seule personne qui donne du sens à son existence toute entière !
Mais quel débile ! Je suis vraiment le dernier des cons ! Pourquoi je ne réalise ça que maintenant !? Je suis vraiment attardé à ce point !? Je me demande, écœuré de ma propre ignorance.
{Par ce que comme Mash te l'as dit, tu es un idiot !} Réplique la Fujimaru féminine, véhémente.
[Pourtant, elle te l'a expliqué plusieurs fois déjà.] Dit la version masculine, sans aucun tact, pour enfoncer le clou.
Je ne répond rien à ce qu'ils me disent. Je sais qu'ils ont raison. Je suis le seul responsable de cette situation... Mais maintenant que je sais où j'en suis, je sais exactement où se trouve Mash aussi. Elle ne peut être qu'à un seul endroit. Je recommence aussitôt à courir.
Je suis sur place en moins de 5 minutes. Devant moi se trouve la fontaine où l'ange déchu m'a attaqué il y a des mois. Tant de choses se sont passées depuis le jour ou je suis tombé malade sans aucune raison. J'ai maintenant une autre vie qui dépasse mon imagination la plus folle. Une vie que je dois prendre en main.
Je rentre dans le bosquet sur ma gauche et je retrouve rapidement le rocher contre lequel j'ai perdu connaissance, au moment ou j'invoquais Mash du plus profond de mon âme. Des pleurs résonne autour de moi. Leur source se trouve derrière ce fameux rocher.
Je le contourne pour trouver un spectacle qui me fait une fois encore, mal au cœur. Mash est repliée sur elle-même, dos contre la pierre, en train de pleurer toutes les larmes de son corps. J'ai tellement honte de moi...
Je m'assoie en tailleur en face d'elle, en silence. Au bout d'un minute, elle remarque ma présence et cesse de sangloter l'espace d'une seconde. Juste assez longtemps pour me dire 3 mots.
« Allez-vous en. » Dit-elle froidement.
C'est douloureux à entendre, mais franchement je mérite tellement pire.
« Non. » Je réponds fermement. « Je veux te parler. »
Étonnée par mon intonation, elle relève la tête pour me regarder. Ses yeux sont rouges à causes de pleurer et ses joues sont marqués. Malgré tout, sa colère est encore présente dans sa façon de me fixer. Faut pas que je me fasse de film... Je ne vais pas lui faire oublier cette soirée d'un claquement de doigt...
« Je ne vais pas te demander pardon Mash. » Je dis sans détour. « Je crois que c'est trop tard pour ça. Je t'ai fait du mal et j'ai mérité que tu me frappes. Je ne sais même pas si tu vas encore vouloir me faire confiance. » Je continue avec honnêteté. « Mais je dois au moins te dire que j'ai compris. »
Elle me regarde avec un mélange d'incrédulité... Et d'espoir ? Je ne sais pas trop. Je ne m'arrête pas pour autant.
« J'ai été un véritable crétin. » J'avoue, honteux. « Tu m'as expliqué tellement de choses, et moi j'ai cru naïvement que j'avais compris. Alors que non. J'étais à 100km de la vérité. » Je prend une grande inspiration. « Quand je t'ai demandé de m'accepter comme Master, je croyais que je devais juste vivre et combattre avec toi... Je me trompais complètement... Je n'avais absolument rien compris... »
Je marque une courte pause.
« ''Mon rôle premier est de protéger mon Master'', ce sont les mots que tu m'as dit le jour ou j'ai utilisé mes circuits magiques pour la première fois. » Je lui rappelle. « Je n'avais pas compris non plus le sens profond de ces mots... Maintenant, je sais ce qu'ils veulent dire... » Je sourie maladroitement. « Ils signifient que tu te dévoues à ma protection envers et contre tout. Que tu serais mon bouclier pendant les combats, mais aussi un soutien moral et affectif lorsque je serai dans le doute. Que tu ne me laisserai jamais seul quand j'aurai besoin d'avoir quelqu'un à qui parler, à qui confier mes peurs. »
Elle est choquée de m'entendre parler comme ça.
« Et en retour, je t'ai demandé de m'accepter comme Master. » Je rappelle encore une fois. « Sans comprendre que cela voulait dire que je devrai toujours être le pilier sur lequel tu reposes. » Je lui explique ce que je crois de toutes mes forces. « Pas seulement un chef qui donne des ordres, mais aussi quelqu'un qui saurait te comprendre et te permettre de vivre la vie que tu veux. » Elle recommence à pleurer. Mais cette fois ce sont des larmes de joie. « C'est pour ça que tu détestes me voir blessé lorsque je vais trop loin. Par ce que tu peux me protéger de touts les dangers, mais pas de moi-même. Comme quand j'ai refusé de capituler devant ma professeure, et que c'est Altera qui a dû me stopper. »
Elle tremble sous l'effet de ses sanglots et elle ses lunettes sont embuées. Pourtant, ça ne l'empêche pas de sourire de soulagement et de bonheur.
« Pour.. Quoi... ? » Parvient-elle à me dire entre ses pleurs. « Pourquoi... As-tu mit si longtemps... Avant de comprendre... ? »
« Je ne sais pas vraiment... » J'avoue, profondément gêné. « Mais c'est peut-être par ce que je n'ai pas eu de vrais relations avec des êtres humains depuis longtemps. »
« Tu... Tu me vois vraiment... Comme un être humain... ? » Bredouille-t-elle, sous le coup de la surprise.
« Designer Baby, Demi-servant, Shielder... » Je fais en levant un doigt à chaque fois. Je pensais qu'elle avait laissée cette peur derrière elle. Mais je me rends compte qu'elle se sent toujours toujours différente des autres. Surtout dans un monde où elle n'a que moi pour seule attache. Je dois lui dire que ce n'est pas le cas. Pas pour moi. « Tout ça c'est du chinois pour moi. Il n'y a un qu'un seul nom par lequel je veux t'appeler. » Je lui prend la main. « Tu es Mash Kyrielight, mon unique et irremplaçable kohai. »
Elle reste muette un moment à cause de ce que je viens de dire. Puis elle se met à sourire de plus en plus. Finalement elle éclate de rire.
« Ha ha ha, Sempai... » Dit-elle entre chaque rire. « Pourquoi veux-tu toujours paraître cool ? »
« Hey ! » Je m'exclame, un peu vexé par son commentaire. « J'essayais pas de me la jouer ! » Je rétorque, incroyablement soulagé de la voir rire.
« Je suis sûre que si. » Répond-t-elle, amusée.
Nous nous regardons touts les deux pendant une dizaine de secondes, droit dans les yeux. Puis nous éclatons de rire simultanément. Tout le stress, les angoisses et la peur s'en vont le plus naturellement du monde de cette façon. Une fois que nous nous sommes calmés, je me met debout et je lui tend la main.
« Rentrons Mash. » Je lui dis d'une voix douce et calme. « Je suis sûr qu'il y a beaucoup de choses dont il faut que l'on parle. »
Au lieu de la prendre, elle pose un genou à terre. Une lumière vive l'entoure et m'éblouit. Lorsqu'elle disparaît, je reste silencieux. Mash est agenouillée devant moi, revêtue de son armure, tenant son bouclier debout à côté d'elle d'une main.
« Moi, Mash Kyrielight, Servant de la classe Shielder, vous jure une nouvelle fois fidélité, Master. » Dit-elle, solennelle, en me regardant droit dans les yeux. « Je suis encore immature en temps que Servant, mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider. »
Je suis surpris par cette déclaration soudaine. Je reste à la regarder sans vraiment savoir comment réagir. Mais je me reprends vite.
« Moi, Arthur Sadler, accepte votre serment Mash Kyrielight. » Je réponds, tout aussi solennel. Pour prouver que je suis on ne peut plus sérieux, j'active mes circuits magiques. « Désirez-vous prêter votre force à ce Master imparfait et naïf que je suis ? »
« Sans la moindre hésitation. » Affirme la jeune femme.
Je lui tends de nouveau la main et elle la saisit pour se relever. Nous sourions touts les deux. Pour la première fois, j'ai la véritable impression que nous nous comprenons parfaitement.
Soudain, son armure et son bouclier disparaissent et elle s'évanouit dans mes bras. Paniqué l'espace d'un instant, je comprends vite qu'elle est simplement épuisée. Entre la colère et le fait qu'elle a dû encore me veiller une fois de plus, je ne suis pas vraiment surpris.
Je la regarde dormir paisiblement pendant je ne sais pas combien de temps. Puis je sens progressivement plusieurs présences s'approcher de nous avec lenteur et respect. Je ne lève pas les yeux, pas plus que je ne me sens en danger.
« Vous le saviez déjà n'est-ce pas ? » Je demande d'une voix posée. « Professeure Uanaind, maître Sanzang, que je n'avais pas compris la véritable nature de mon rôle de Master ? » Je déclare sans la moindre trace de colère ou de frustration. « Mais vous ne pouviez pas me le dire. Je me trompe ? »
« Peu importe le talent qui est offert à un homme à sa naissance ou celui qu'il développe durant son entrainement, » Commence Scàthach, calme et presque satisfaite. « Sans expérience, il ne peut vaincre le plus banal des soldat. »
« Même le plus savant et dévoué des maîtres ne peut tout enseigner à son disciple. » Continue Xuanzang, tout aussi comblée. « Certaines choses doivent être vues, ressenties et vécues. »
« Toi aussi Altera, tu avais compris que je faisais fausse route. » Je fais dans le vide, tandis que ma première Servant se matérialise à son tour. « C'est pour ça que j'ai vu comment tu es morte. » Je sourie de façon mélancolique, sachant pertinemment qu'elle n'est pas du genre à se soucier de son ancienne vie. « Tu savais que tu aurais dû reculer ce jour là. Mais tu n'avais qu'un objectif en tête : tu devais franchir les portes de Rome. »
Elle ne me répondra pas, je le sais. J'ignore si c'est elle ou moi, à moins que ce ne soit les deux, mais je pense savoir ce qu'elle veut me dire. Même sans parler. Aussi bizarre que ça paraisse.
Je lève la tête pour regarder les trois puissantes femmes que j'ai emmené, de force, à mes côtés. Aucune ne me tient responsable de leur condition. Elles vivent comme elles ont toujours vécues. Et m'ont même jugées digne d'en apprendre plus au travers d'elles.
« Je ne dois pas me focaliser uniquement sur mon objectif. » Je leur dis. « Ne pas fermer les yeux sur ce qui m'entoure. En tant que Master, il est de ma responsabilité non pas d'exister, mais de vivre avec vous. »
« Je ne te savais pas poète. » Se moque gentiment la guerrière celte. « Mais malgré que ton choix de mots soit élégant, il n'y a rien d'aussi théâtral dans notre relation. » Elle commence à se dématérialiser. « J'attends toujours de toi une implication totale, Preantas »
« Professeure Uanaind ? » Je lui demande pendant qu'elle disparaît. « Est-ce que je peux prendre une pause dans mon entraînement s'il vous plaît ? J'ai besoin... »
« Dix jours. » Dit sa voix désincarnée alors qu'elle n'est déjà plus qu'une image floue. « Pas un de plus. » Termine-t-elle, autoritaire
« Merci... » Je réponds en souriant timidement.
« Master... Hein ? » Pense Scàthach de son côté, amusée d'entendre la réponse. « Pour quelqu'un comme moi, former ce genre d'alliance est quelque chose que je n'aurais cru possible. »
« Je laisse libre cours à tes souhaits durant ce même temps mon disciple. » Ajoute Caster, heureuse de ma demande. « Souviens toi que le temps perdu ne peut être récupéré. En revanche, le futur offrira toujours son infinité de chemins, pour celui qui garde l'esprit ouvert et le cœur sur le main. » Elle disparaît à son tour. « Ne la fait pas attendre ! » Termine-t-elle en faisant tinter son bâton.
« Je vous le promets. »
« Oui Arthur, je ferai de toi un magnifique disciple bouddhiste. » Pense Xuanzang, réjouie en disparaissant à son tour.
Il ne reste plus que Saber qui m'observe sans bouger ni rien dire depuis le début. Au départ, je la trouvais intimidante, et pour honnête c'est toujours un peu la cas. Mais sa présence a aussi quelque chose de rassurant. Je sais qu'elle sera toujours là si j'ai besoin d'elle. Détendu, malgré tout ce qui vient de se passer, je lui adresse la parole.
« Tu n'as pas un conseil à me donner toi aussi ? » Je lui demande sur le ton de l'humour.
« Aucunement. » Répond-t-elle, toujours aussi monotone et détachée. « Je suis le Haut-Roi de la Destruction. Ma force, mon épée, tout cela vous revient. Vous pouvez en user comme bon vous semble. »
« J'en ferai bon usage, tu as ma parole. » Je jure devant elle.
« Bon ou mauvais m'importe peu. » Dit ma première Servant avec conviction. « Je suis une guerrière, une faucheuse de vie. » Rappelle-t-elle. « Utilisez moi avec habileté. »
Sa façon de parler d'elle-même de manière robotique me dérange toujours. Pourtant, ce n'est pas ça qui me fait cogiter là tout de suite. C'est quelque chose que j'ai vu. Enfin, pour être plus précis, entendu.
« Le commandant qui t'a piégé devant Rome... » Je commence délicatement. Parler de son passé ne la dérange pas, c'est sûr, mais ça m'autorise pas à être grossier quand même. « Il t'appelait... Attila... Pourquoi tu n'utilises jamais ce nom ? »
Pour la première fois depuis que je l'ai rencontré, je crois bien que ma question la gêne. Ce qui me laisse muet. Je ne pensais pas là voir un jour perturbée par quoi que se soit. Je vais m'excuser et lui dire d'oublier, quand elle me devance et répond.
« Je suis Altera. » Dit-elle, comme si c'était une évidence. « ''Attila''... Je préférerai ne pas être appelée par ce nom. » Demande Saber, de nouveau l'air légèrement embarrassée. « Je ne l'apprécie pas... Par ce que ça ne sonne pas charmant... »
Elle disparaît elle aussi et je reste complètement figé par ce que je viens d'entendre. Est-ce qu'elle vient vraiment de m'avouer qu'elle préfère être appelée ''Altera'', par ce que ''Atilla'' ce n'est pas... Mignon ?
Complètement emporté par la tournure des événements, je récupère Mash avec douceur pour la poser sur mon dos. Puis je me mets en route vers notre chez-nous, au radar. J'ai la tête remplie de ce que je vais devoir faire.
Fin du chapitre 13 !
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
