Disclaimer : Si j'étais l'auteur de Game of Thrones, tous les Stark auraient survécu et les enfants aussi!

Résumé : Décidément, la vie de Lyarra n'est pas de tout repos. La Louve du Nord s'est vue devenir reine des Sept Royaumes. Que deviendra-t-elle désormais, avec les conséquences de la Bataille de la Nera ? [La Louve du Nord tome 5]

Note de l'auteur : Un grand merci à ma beta, Marina Ka-Fai, pour sa relecture et sa correction.

La Louve du Désert

Chapitre 2 : L'arrivée à Dorne

Debout à la proue du navire, je regardai la capitale de Dorne apparaître, partiellement cachée par le Vieux Palais. Lancehélion, ça avait été ma destination au départ quand j'avais quitté Winterfell. Ma mère avait voulu faire de moi la prochaine princesse de Dorne, persuadant même mon père, mais à la place j'étais devenue la reine de Westeros. Les deux situations m'auraient fait pousser les hauts-cris si on m'avait prophétisé mon avenir il y a plusieurs mois de cela avant le début du cauchemar qui s'était abattu sur les Stark. La chaleur ici était suffocante, cela me faisait penser à mon arrivée à Port-Réal. J'espérais ne pas m'évanouir en ces lieux à cause du soleil. Sansa et moi avions pris des couleurs depuis les quelques semaines que nous naviguons sur le détroit. Tommen, lui, se cachait toujours dans sa cabine, trop effrayé pour sortir malgré mes supplications. Il y avait des batailles qu'on ne pouvait pas gagner après tout. Au moins, j'avais pu le faire transférer dans notre cabine et quiconque avait voulu objecter à cela avait découvert qu'enceinte ou pas, je restais toujours dangereuse. J'étais encore tellement en colère contre mes ravisseurs que je n'adoptais plus cette attitude conciliante avec les Lannister. Peut-être était-ce du suicide, mais je tenais à leur faire payer ce par quoi nous venions de passer. Certes, dans l'absolu, ils m'avaient sauvée, et peut-être Sansa aussi, mais je n'allais pas courber l'échine et me répandre en gratitude éperdue. L'avantage de tout cela, c'était que je pouvais encore plus passer du temps avec Sansa qu'auparavant. Le rôle de reine et de conscience de Joffrey avait accaparé mon attention. Ce voyage sur l'eau nous permettait de nous retrouver. Le désavantage était que j'avais beaucoup trop de temps pour réfléchir. Que feraient Cersei et Tywin maintenant que leurs otages et leur descendance avait disparu? Et les Tyrell? Est-ce que, comme m'avait rapporté Varys quelque jours après mon réveil, l'alliance tomberait aussitôt? C'était certain, les Martell avaient coupé l'herbe sous le pied des Lannister et sans le Bief, si et seulement s'ils se retiraient, Port-Réal se retrouvait de nouveau sur deux fronts. Il était peut-être venu le temps pour moi d'avancer les pions sans attendre que les autres décident de la stratégie de la guerre. Les Lions ne me l'auraient jamais permis, peut-être que les Dorniens oui? Les femmes de pouvoir, il y en avait eues dans cette couronne. La primogéniture masculine n'avait pas cours ici. Néanmoins, toutes ces réflexions allaient devoir attendre, puisque nous arrivons sur le port et allions accoster. Je quittai mon poste d'observation pour retourner à ma cabine et me changer. Je ne voulais pas apparaître en tenue trempée de sueur devant mes geôliers. Sans parler que cette fois, Tommen devrait me suivre. Il ne pourrait pas rester caché. Bien que cela me coûta, je remerciai mentalement Ellaria qui, pendant que j'étais dans les pommes, ou peut-être en attendant que je surgisse dans les appartements, avait emballé une partie de mes affaires et les avait expédiés sur le bateau caché qui nous avons conduits jusqu'ici. La baie de la Nera s'était enflammée, mais le capitaine avait réussi à naviguer en dehors des limites de la capitale…

Sacré exploit.

Bref, ma vanité et mon orgueil m'obligeant à ne pas me montrer faible me parlant encore une fois, je retirai mes vêtements de voyage pour une robe blanche avec des broderies d'argent de loup, mon collier fétiche et posai ma couronne sur la tête, celle que Joffrey m'avait offerte. J'avais effectué de la couture pour que le vêtement blanc soit plus facile à porter dans les climats encore plus chauds des terres de la couronne, également en raison de ma grossesse. J'espérais ne pas étouffer. Après, j'entrepris de convaincre, supplier et menacer Tommen de se lever, de s'habiller et de me suivre sur le pont. Les menaces de le traîner moi-même par la peau du cou furent nécessaires pour le persuader et l'apeurer, il me suivit dans mon sillage pour réapparaître sous le soleil du sud. Varys m'y attendait avec Oberyn et le prince afficha une moue narquoise.

-Majesté. me salua l'eunuque.

-Vous aimez la provocation… Je ne comprends pas pourquoi on ne s'entend pas. Ajouta le second. Au moins, vous avez revêtu vos couleurs, et non celle de votre cinglé de mari, ou de l'usurpateur.

-Je suis une Stark, je suis toujours restée une Stark. Lui répondis-je, mais en disant cela, je me remémorai ce que m'avais dit Tyrion.

Que j'avais changé, en ressemblant de plus en plus à Cersei sans pour autant être cruelle et impitoyable. Étais-je toujours une Stark? Oui, mais peut-être plus une Stark des temps modernes...

Ma réflexion ne fit que provoquer le sourire moqueur du prince et un sourire indulgent de… Mon maître des espions. Il ne m'avait pas relancée sur son désir de me voir monter sur le trône de fer, mais n'hésitait pas à m'entretenir de certains sujets brûlant. Les deux visions me mettant mal à l'aise, je cherchai Sansa du regard et soupirai de soulagement quand elle nous rejoignit. L'interlude sur les flots où l'on était en relative sécurité prenait fin, et on allait s'engouffrer dans une nouvelle cage. Seul le temps nous dirait de quel genre de cage il s'agirait. Serait-elle meilleure ou pire que celle que nous venions de quitter? Mystère. Ma sœur se mit dans mon dos aux côtés de Tommen, et après une seconde d'hésitation, nous nous engageâmes sur la passerelle qui venait d'être fixée afin de mettre pied sur le quai.

-Attention Dorniens, votre reine arrive! Pensais-je amèrement.

Je n'avais pas eu tort sur un point, on nous dévisageait longuement sur notre passage et avec l'escorte qu'on avait, ce n'était pas chose difficile, tout comme la blancheur de ma tenue. Les ennemis de Dorne étaient arrivés chez les serpents et on allait les garder à l'œil. Dans l'ombre du Vieux Palais, on quitta le port pour s'engager dans les longues rues et les ruelles tortueuse de la Ville-Sombre. Si j'avais pensé qu'on se rendrait directement au siège du pouvoir de la maison Martell, je fus vite détrompée. On nous reconduisit en dehors de la ville et monter à bord de carrosse. La porte fermé, on y tira les verrous et l'équipage s'ébranla.

-Où va-t-on nous conduire? Me demanda Sansa aussitôt.

-Dans une prison, profonde et obscure. Dit Tommen livide.

-Du calme. Je ne pense pas qu'on va nous enfermer. Répondis-je doucement pour les apaiser.

J'avais une idée en tête, bien que je ne voyait pas tellement pourquoi on nous aurait conduits là-bas. Il semblerait qu'on partait pour Les Jardins Aquatiques, la résidence secondaire des Martell, comme Moat Cailin avait été la seconde forteresse des Stark. Le trajet vers notre nouvelle destination fut vite remplacé par la peur de notre sort, par les plaintes dues à la chaleur, enfermés dans notre boîte en bois. Même Tommen, habitué au chaleur du sud, avait du mal avec la température ambiante, alors quant à Sansa et moi… On y resta près de deux heures jusqu'à rejoindre un coin plus frais et où on entendait la mer. Mes soupçons se confirmaient de minute en minute et quand on rouvrit notre geôle sur roue, je n'eus qu'à sortir pour être certaine que j'avais eu raison. La vue m'arracha contre ma volonté un cri d'émerveillement. Le cadre était enchanteur avec ce grand palais de marbre rose pâle, ses multiples piscines et fontaines, ses arbres chargés de fruits et de feuilles vertes et la mer en toile de fond. Si les Sept Paradis de la Foi des Sept existaient, l'endroit était certainement sa représentation sur Terre Sansa et Tommen m'avaient suivie au dehors et eux aussi ne pouvaient s'empêcher de pousser des cris de ravissement face au spectacle. Oberyn nous regardait avec une certaine arrogance, mais cette fois, je ne pouvais l'en blâmer. Le prince Maron Martell avait vraiment créé un endroit merveilleux pour sa femme Daenerys Targaryen, et elle en avait fait un trésor encore présent aujourd'hui. Je voyais se baigner des dizaines d'enfants que je devinais de tous âges et d'horizons différents. Ici, il n'y avait pas de barrières entre les classes sociales, juste des enfants qui s'amusaient ensemble. Je n'avais jamais connu de coup de foudre, mais c'était indéniable, j'adorais la vision que j'avais ici. Néanmoins, forte de mes mois d'expériences à la cour de Joffrey, je savais que quelque chose d'aussi beau pouvait et devait cacher sa part sombre. Rien n'était parfait entièrement. Par exemple, je pouvais dire que même si on vivait dans ce beaux décors, on restait des otages pour faire tomber les ennemis de Lancehélion.

-Vous avez de quoi vous enorgueillir, Prince Oberyn. Cet endroit dépasse de très loin les merveilles que renferme Port-Réal. Toutefois, puis-je savoir pourquoi sommes-nous aux Jardins Aquatiques et non dans la capitale de Dorne? Demandai-je en me tournant vers notre guide.

-Mon frère vous attend. Il souhaite grandement vous voir. Me répondit-il simplement en me faisant signe de le suivre.

-C'est bien ce que j'avais songé. Pensai-je.

Doran Martell selon les rumeur s'était retiré ici en raison d'une maladie. C'était ce que m'avait glissé Varys pendant notre voyage alors que je l'interrogeais sur les différents membres de la maison Martell. J'acquiesçai à Oberyn et entrepris de le suivre à travers la cour. J'étais presque rendue aux portes, me préparant mentalement sur l'entretien que j'allais avoir avec celui qui avait nul doute ordonné mon enlèvement, quand j'entendis un cri dans mon dos.

-Lyarra, Sansa!

Le sang se figea dans mes veines et je fis volte-face. Cette voix… Sansa aussi s'était retournée et toutes deux , nous cherchions fiévreusement du regard les jardins. Ce fut elle qui la vit la première. Petite silhouette qui traînait une petite épée et qui courait en notre direction. J'en croyais pas mes yeux.

-Arya… soufflai-je abasourdie.

A suivre