Disclaimer : Si j'étais l'auteur de Game of Thrones, tous les Stark auraient survécu et les enfants aussi!

Résumé : Décidément, la vie de Lyarra n'est pas de tout repos. La Louve du Nord s'est vue devenir reine des Sept Royaumes. Que deviendra-t-elle désormais, avec les conséquences de la Bataille de la Nera ? [La Louve du Nord tome 5]

Note de l'auteur : Un grand merci à ma beta, Marina Ka-Fai, pour sa relecture et sa correction.

La Louve du Désert

Chapitre 4 : Les erreurs d'un père

Je n'avais pas encore atteint le bas des marches où mes sœurs m'avaient promis de m'attendre que j'entendis les échos d'une dispute. Comment pouvaient-elles se disputer après tout ce qu'on avait vécu, après qu'on ait pu se retrouver? Par les dieux anciens de la forêt, cela faisait plusieurs mois qu'Arya avait disparu et on la retrouvait saine et sauve et elles se criaient dessus…

-Tu ne sais pas comment c'était! Cria Sansa.

-Je m'en fiche, elle n'avait pas le droit de nous trahir! Rétorqua la plus jeune sur un ton enragé.

Je ralentis dans les escaliers. C'était de moi qu'elles parlaient… Arya disait que je les avait trahies… Il y avait pas mille façons d'interpréter ses paroles… Elle faisait certainement référence à mon mariage… Je savais que la situation serait difficile à accepter avec un tel passif entre nos maisons. J'écoutai un moment Sansa qui s'indignait à ma place et me sentit mal. Ce n'était pas à elle de me défendre. C'était à moi de le faire. Je descendis le reste des marches rapidement et sortis à l'extérieur devant elles. Les deux sursautèrent, mais Arya soutint mon regard aussi défiante que furieuse.

-Je savais que Sansa pouvait faire ça, mais toi…

-Je te prierais de te calmer, Arya. Lui commandai-je essayant de ne pas me mettre en colère contre elle.

Elle était si jeune.

-J'avais confiance en toi! Tu as trahi Père, toi! Tu t'es offerte à lui, à ce monstre qui l'a tué!

-J'ai fais ce que je devais pour que Sansa et moi restions vivantes, Arya. Je pouvais pas faire autrement. Je dev…

Ma petite sœur m'interrompit, pas plus calmée. Elle cracha :

-Tu es comme ses filles que Theon et Robb allaient voir à la ville d'Hiver, tu t'es v…

Le geste me surpris moi-même. Sans réaliser ce que je venais de faire, je me vis assener une gifle à Arya. Cette dernière recula, bouche bée, et porta la main à sa joue qui rougissait déjà. Quant à moi, je me figeai sur place regardant ma main qui était partie plus vite que je ne l'aurais voulu. Trop vite pour que je retienne mon geste. Je n'avais jamais giflé mes sœurs ou mes frères. La violence était chose inexistante chez les Stark. La seule gifle que j'avais vue était celle que Cersei m'avait donnée après le renvoi de Pycelle. Est-ce que le sud m'avait transformée? Étais-je devenue comme la lionne de Castral-Roc? Non, je ne voulais pas m'abaisser à ça! Toutefois, Arya avait dépassé les limites. Cela m'excusait pas, mais elle était en tord.

-Si tu n'approuves pas ce que j'ai fait, c'est ton droit, Arya Stark. Mais je t'interdis de me manquer de respect! Grondais-je, furieuse.

-Père serait…

-N'invoque pas le nom de Père pour expliquer tes agissements. Ce qui est arrivé par la suite de tout ces problèmes, c'est entièrement de sa faute!

-C'est Joffrey qui…

-Silence! Lui intimais-je brutalement faisant sursauter mes sœurs. Père n'a pas pensé une seconde à nous quand il est tout droit aller voir Cersei Lannister et lui a révélé ce faux testament! Père a été stupide et inconscient à Port-Réal, dangereusement insensé! Il nous a abandonnées aux mains des Lannister!

En criant ces mots, je sentis quelque chose se libérer en moi , quelque chose dont je n'avais pas totalement eu conscience. J'étais en colère contre Eddard Stark. En colère contre la lourde responsabilité qu'il m'avait transmise en mourant. Il m'avait demandé de partir avec mes sœurs, mais il avait parlé avant de s'assurer que nous étions parties. Il avait refusé de prendre les dispositions nécessaires afin d'assurer son succès. Trop honorable, il voulait faire la bonne chose dans ce nid de serpent, partant comme un agneau à l'abattoir. À quoi avait-il pensé, non de non?! Tremblante de cette constatation et n'étant certainement pas en mesure de parler de manière raisonnable avec les autres Stark présentes à Dorne, je tournai les talons, les joues brillantes de larmes de rage et m'enfuis à grandes enjambées. Je dépassai en trombe le prince Oberyn et son amante qui avaient un drôle de regard sur moi, ignorai les enfants qui jouaient dans les fontaines, le décors des jardins, fonçant à longues foulées jusqu'à m'arrêter sur la plage. Je regardai l'eau du détroit qui allait et venait à mes pieds.

-Oh, Père, comment avez-vous pu nous faire ça? Criais-je en levant les yeux vers le ciel d'azur.

-Lya… Fit Sansa dans mon dos.

Je ne devais pas être surprise de savoir qu'elles m'avaient suivie jusqu'ici. Je prit de longue goulées d'air marin pour reprendre mes esprits. Puis, je me tournai vers elles. Sansa était la plus proche, me regardant inquiète, tandis qu'Arya, plus circonspecte, hésitait un peu plus loin. Décidément, ses retrouvailles ne se passaient vraiment pas comme je les avais imaginées le soir, allongée dans mon lit.

-Je vais bien Sansa. Pardon de m'être énervée comme ça.

-Est-ce que tu étais sincère? Tu crois que Père nous a abandonnées? Me questionna ma compagne dans les épreuves.

Mon premier réflexe fut de démentir et de la rassurer, mais j'y renonçai. Peut-être qu'il y avait de quoi à apprendre des erreurs de père. Je remontai la plage et me fichant que j'étais en blanc, me laissai choir sur une grosse pierre sur la rive, les invitant à me rejoindre.

-Je ne pensais pas que nous allions aborder un tel sujet si peu après s'être retrouvées, mais ce n'est pas plus mal que ça. Ici, je crois qu'on pourra aborder de ce qu'il s'est passé avant la mort de Père. Le pain et le sel ont été partagées avec les Martell, donc nous sommes plus des invitées que des otages contrairement à ce que nous étions dans la capitale.

-Qu'est-ce qu'i dire? Les Lannister l'ont tué. Joffrey a trahi sa parole. Me répliqua Arya avec rancoeur.

Je me promis de ne jamais lui expliquer que mon défunt mari avait trahit sa parole pour m'avoir. Elle me le pardonnerait jamais.

-Oui, il a rompu son serment, là-dessus nous ne serons pas en désaccord. Toutefois, dans cette histoire Arya, il n'y a pas un bon camp ou un mauvais camp. La réaction des Lannister, bien que tragique pour les Stark, était prévisible et attendue. Cela me coûte de le reconnaître, mais même la mort de père n'était pas surprenante dans ce contexte. Qu'as-tu apris dans ta fuite au sujet des enfants de Cersei?

-Qu'ils sont des bâtards comme Jon.

-Exactement. Jon Arryn et Père ont découvert que Cersei avait été infidèle au roi et que ses enfants n'était pas de lui.

-Il serait de qui? Me demanda Sansa qui n'avait jamais osé me questionné au Donjon Rouge à cause du risque d'être écoutée en secret.

-Je l'ignore. Admis-je.

-Continue, Lyarra. M'ordonna Arya impatiente, semblait-il, de savoir en quoi le chef de notre maison avait fauté.

-Eh bien, les Lannister ont vu, dans une seule déclaration, leur légitimité être remise en question et même perdre le pouvoir. Cela a moins d'importance pour nous que pour eux, mais aucune maison ne resterait sans réagir. Si les Karstark ou même les Erastark avaient affirmé à la disparition de Père que Mère n'avait eu aucun enfant de lui et que, par conséquent, Winterfell et la direction du Nord revenaient à nos cousins, Robb aurait levé les armes pour trahison.

-Alix n'aurait jamais fait ça. Protesta Arya faisant référence à notre cousin lord d'une île dans la mer du Crépuscule.

Toutefois, je voyais sur son visage qu'elle commençait à comprendre un peu mieux pourquoi la guerre venait d'éclater. C'était bien au-delà d'une question du meurtre de son héros.

-Alors, Père aurait dû ne rien dire? Me demanda Sansa.

-Je n'ai pas dit cela. Usurper le véritable héritier de son droit de naissance est assez mal. Commençais-je mal à l'aise, puisque cela me rappelait que ma famille avait eu tord dans la rébellion du roi Robert d'un point de vue Targaryen.

Le roi fou avait mérité son sort, cependant, Viserys n'aurait-il pas pu être le prochain roi de Westeros? Il avait été un enfant au moment des faits et on l'avait chassé sans rien devant essayer de survivre quelque part à Essos. Pendant une seconde, je me mis à sa place, si j'étais forcée de fuir sans rien avec mes sœurs et je frissonnai. J'étais certaine que je n'y serais jamais arrivé.

-Lyarra. Me rappela à l'ordre la benjamine.

-Pardon, oui, je disais donc que Père n'a pas eu tord de révélé la vérité. Ce que je lui reproche, c'est qu'il ne nous a pas laissé le temps de partir, risquant ainsi notre vie dans la manœuvre, de plus, il aurait pu mettre immédiatement la famille royale aux arrêts en douceur, le temps d'éclaircir la question. Il a demandé à seulement une personne de l'aider alors qu'il aurait pu s'entourer de plus de personnes pour exécuté cette tâche. Il a choisi la mauvaise personne et il a été trahi.

Ma voix se fit glaciale en mentionnant indirectement Petyr Baelish.

-Le Sud, les filles, soyez-en conscientes, il n'y a que des complots dans tous les coins et il faut faire attention pour ne laisser aucune chance à nos adversaires de nous faire du mal.

Je me tournai vers Arya et plantai mon regard dans ses yeux gris.

-Joffrey a ordonné la mort de père, il a trahi sa parole, c'est vrai. Toutefois Arya, je ne peux oublier que de manière certes malsaine, il m'a protégée de Cersei et j'ai pu protégé Sansa en retour. Je l'ai manipulé, je l'ai épousé et en jouant le rôle de la bonne épouse, j'ai pu, un temps, être à l'abri de toutes représailles. Je porte son enfant. C'est terrible ce que j'ai été poussée à faire pour que l'on reste en sécurité, mais c'était nécessaire. Quand tu as fui Port-Réal, as-tu volé? As-tu menti? Tromper pour pouvoir te rendre jusqu'à Dorne?

Ma petite sœur baissa les yeux, concédant ainsi que j'avais raison. Je tendis la main et lui fis relever le menton.

-Je ne dirais pas que c'était bien ce que tu as fais et ce que j'ai dû faire. Ce n'est pas la chose honorable, mais l'honneur en temps de guerre et en situation de survie est un luxe qu'on ne peut pas s'offrir. On ne doit pas faire le mal si on peut l'éviter. Mais dans le cas contraire… C'est vivre ou mourir.