Traduction : Turand

Relecture : Zodiaaque, Tressym383

Résumé : La journée portes ouvertes va d'étrange à catastrophique.


"Impossible !" Tête d'œuf secoua la tête, incrédule. "Mais il est tellement- Et tu es tellement- "

"Ouais, je sais." il l'interrompit. "Tous les voisins pensent que la vieille a eu une liaison."

"Katsuki." Masaru gronda.

"En parlant du loup." Katsuki continua, ignorant la réprimande. "Comment tu l'as semé ?"

"Si quelqu'un demande, je suis en réunion très importante avec un représentant de Riz Elegante." Les lèvres de Masaru trahirent l'ombre d'un sourire.

"Bien." Il sourit d'un air approbateur. Leur contact de la société Riz s'avérait être l'un des nombreux associés que Mitsuki ne pouvait pas supporter. Et c'était réciproque. "J'ai bien entendu que Tante Inko venait ?"

"Une fois qu'elle aura quitté le travail." Deku répondit.

"Je t'ai rien demandé, le nerd." il grogna.

"Katsuki, sois gentil… Tu es à l'école." Son père lui donna un léger coup de coude à l'épaule.

"Je suis toujours à l'école." il lui rappela. "Et je vis dans cette putain d'école avec cette petite merde."

"Alors comporte-toi bien." Masaru lui intima.

"Okay, d'accord, je vais bien me tenir. Sers-toi juste de quoi manger avant qu'ils nous forcent à écouter un discours bidon sur la persévérance en ces temps difficiles ou une connerie du genre."

Il ne put faire que quelques pas avant que la troupe d'idiots ne les intercepte.

"Bakugoooo !" Kaminari pleurnicha. "Tu vas vraiment pas nous présenter ?"

"J'ai pas rencontré tes parents non plus."

"C'est pas juste." l'autre protesta. "Tu peux pas les rencontrer puisqu'ils viennent pas."

"Pourquoi, d'ailleurs ?" Sero demanda. "Ils habitent loin ?"

"Pas vraiment." Kaminari répondit en passant une main dans ses cheveux, un tic nerveux que Bakugo avait déjà repéré en l'aidant à faire ses devoirs. "Je les ai pas vraiment prévenu."

"Tu t'es débarrassé de l'invitation envoyée par la poste ?" il demanda.

"La quoi ?" Kaminari le regarda avec une expression de pure horreur.

"UA a envoyé des invitations écrites." il expliqua. "Tu devrais t'en débarrasser."

"Oh putain." Kaminari jura. "Ma mère l'a probablement mise dans une pile d'autres courriers sans y faire attention, mais s'ils tombent dessus, je suis mort."

"Dis juste que t'as oublié alors." Il haussa les épaules. "C'est plus crédible venant de toi que de moi."

"Ouais." le blond soupira, abattu. "C'est sûr."

"Mais t'aimes bien ta mère, non ?" Sero demanda.

"Ouais. Mais elle ramènerait mon père et… Quand ils sont à proximité l'un de l'autre, ils se pourrissent mutuellement la vie et ça devient très vite incontrôlable."

"Je sais ce que c'est." Masaru compatit.

"J'imagine." Kaminari ricana. "Je les ai vu qu'une fois ensemble pendant, genre, trente secondes, et ils faisaient déjà que se taper et se crier dessus."

"La ferme, je l'ai jamais frappé !" Bakugo protesta. Il avait à peine participé à tout ce spectacle embarrassant, alors hors de question d'en assumer la responsabilité.

"Est-ce que tu as déjà essayé de répliquer ?"

Irrité par le souvenir, il s'éloigna du groupe en grognant.

"Katsuki, je suis désolé, je ne voulais pas- "

"Ça va, le vieux." il coupa son père. "Je vais juste aller prendre quelque chose à manger."

Près du buffet, Double-face discutait avec une femme qui était clairement de sa famille (mais trop jeune pour être sa mère) et un garçon plus âgé au physique similaire. Même s'il avait conscience que Shoto ne devait pas être la première tentative d'eugénisme d'Endeavor, le fait de le voir avec son frère et sa sœur le perturba. Comme si toute cette histoire n'avait pas été tout à fait réelle jusqu'à ce que ces deux premiers essais, qui ressemblaient tous les deux certainement beaucoup à leur mère, se tiennent devant lui.

Il n'essayait pas particulièrement d'écouter aux portes, mais il ne fit rien pour s'éloigner non plus.

"Tu as meilleure mine." la jeune femme confia en passant une main dans les cheveux de son petit frère. "Je veux dire, tu as l'air plus détendu, en quelque sorte."

Double-face haussa simplement les épaules.

"Ce garçon, Midoriya, il te tire vers le haut, je pense." Elle abandonna ses douces papouilles pour lui ébouriffer la tête d'un air malicieux. "Peut-être qu'il finira même par t'apprendre à t'amuser."

"Je ne fais pas exprès d'être... antisocial." Todoroki répondit. "Je ne suis juste pas très doué pour tout ça."

"Je sais." Elle perdit son sourire et serra son poing contre sa poitrine.

Elle réussit à se retenir quelques secondes de plus avant que les larmes ne commencent à s'accumuler aux coins de ses yeux.

"Je suis vraiment désolée, Shoto." elle s'excusa d'un air chagriné. "Nous aurions dû… J'aurais dû faire quelque chose. Surtout après ce qui est arrivé à Toya, j'aurais dû- "

"Je ne t'en ai jamais voulu, Fuyumi." il la rassura doucement.

"Je sais." elle confirma avec un léger rire malgré les larmes. "Même après tout ce qu'il t'a fait subir, tu es toujours trop gentil pour ton propre bien."

"Excuse-moi un instant." Double-face se tourna soudainement vers lui, ayant définitivement remarqué qu'il faisait semblant de ne rien écouter. Il avait presque réussi à trouver une excuse lorsque Todoroki lui adressa la parole.

"Je vois que ta mère n'est pas là."

"Tout comme ton père." Bakugo répondit, sans craindre d'être mesquin.

"Il n'est pas le bienvenu." Todoroki déclara sombrement. "Et conscient qu'avec le soutien de mon frère et ma sœur, je pourrais démanteler toute sa carrière en quelques phrases."

Bakugo se contenta de fredonner.

"T'es enfant unique, n'est-ce pas ?"

"Et alors ?" Il ignora obstinément le sous-entendu évident.

Tu es seul, n'est-ce pas ?

"Elle est au courant, pour aujourd'hui ?" Todoroki fit un geste pour désigner ce qui les entourait.

"Non."

"Ça aide d'avoir des alliés." il insista. Comme si leur situation était comparable. Comme si ce mot s'appliquait à lui de la même manière.

"J'en ai pas besoin." il déclina. "Elle est pas aussi mauvaise que lui."

"Comment tu le saurais ?" Todoroki pencha la tête avec curiosité.

"Si tu veux raconter ta vie à une grande gueule comme Deku, tu devrais au moins vérifier que personne est dans les parages."

Les yeux de Double-face s'écarquillèrent légèrement, mais sa surprise se changea rapidement en curiosité.

"Tu es au courant depuis tout ce temps et tu n'as rien dit ?"

"Dire quoi, au juste ?" Bakugo haussa les épaules.

"Pas à moi." l'autre clarifia. "Je veux dire, tu ne l'as jamais dit à personne."

"Je suis pas une commère."

Todoroki l'étudia un instant en silence avec l'étrange regard illisible qu'il avait l'habitude de faire lorsqu'il réfléchissait.

"Merci." il finit par souffler avec sincérité.

"Peu importe." Bakugo rejeta, mal à l'aise.

L'ombre d'un sourire traversa son visage habituellement vide d'expression. "J'espère que tu sais que je ferais de même."

Todoroki retourna vers sa famille et lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, dans l'attente manifeste d'un mouvement de sa part. Son frère et sa sœur l'imitèrent et Bakugo soupira dramatiquement avant de finalement céder à la pression sociale.

"Bakugo !" Fuyumi salua chaleureusement, avant d'ajouter avec le même genre de voix inquiète et maternelle que Inko, "Comment tu vas ?"

Elle sait.

"Je pensais que tu cafetais pas." Il se tourna avec un air accusateur vers le plus jeune de la famille.

"Mon frère et ma sœur ne comptent pas." il répondit, sans remords apparent. "On garde des secrets de famille entre nous en permanence, mais on ne se cache rien."

Bakugo leva les yeux au ciel, mais accepta l'explication.

"En parlant de secrets de famille." il poursuivit. "Bakugo a entendu ce que j'ai dit à Midoriya il y a quelques mois et n'a jamais rien dit à personne. Il a donc ma confiance."

"Shoto, as-tu eu ces conversations, au juste ?" son frère intervint. Quel était son nom déjà ? Naruto ou quelque chose du genre ?

"C'est à lui de voir, Natsuo." Fuyumi reprit fermement, avant de lui faire à nouveau face.

"On nous a élevé de façon à nous faire croire que s'ouvrir aux étrangers était dangereux." Oh bordel. Comment pouvait-elle sortir ça comme ça ? Les Todoroki étaient si bizarres. "Donc je suis heureuse de savoir que Shoto peut compter sur des amis qui ne trahiront pas sa confiance."

"Depuis quand on est amis ?" il lâcha, avant d'instantanément le regretter. Mais au lieu d'avoir l'air blessée, Fuyumi rit simplement.

"Comment l'avais-tu appelé déjà, Shoto ?" Elle sourit à son petit frère. "Je crois que c'était « un allié difficile mais irremplaçable »."

"Ouais, c'est bien son genre." Bakugo souffla.

Fuyumi rit à nouveau et s'apprêta à lui ébouriffer les cheveux comme elle avait l'habitude de le faire avec ses frères. Il tressaillit et s'écarta instinctivement.

Putains de réflexes.

"Je suis désolée, j'aurai dû..." Elle pinça ses lèvres avant d'ajouter, plus doucement, "Shoto avait aussi l'habitude de réagir comme ça. Je devrais savoir ce genre de choses, depuis le temps…"

Arrête de dire que tu me connais.

"Eh bien, je suis pas Shoto." il reprit, sèchement. "Te fais pas de fausses idées. Mes parents m'ont jamais battu sans raisons à cinq ans ou jeté de l'eau bouillante dessus, alors arrête de me regarder comme ça."

"Tu as raison." elle admit doucement. "Je suis désolée si j'ai un peu projeté nos histoires sur toi. J'ai réalisé dernièrement que j'essayais de compenser mes erreurs passées avec des actions idiotes. Il a bien grandi maintenant et c'est un peu trop tard, mais ça ne te concerne pas."

"Comment tu peux dire ce genre de choses, juste- Juste comme ça ?" il souffla. Double-face était du genre franc et direct, mais ça, c'était d'un tout autre niveau.

"La thérapie." elle répondit encore plus franchement. "Les garçons ne veulent pas y aller, mais j'essaye de ramener les conseils à la maison avec moi. Tu devrais essayer, un jour."

"Mon but en vous présentant- " Shoto réorienta la conversation, lui faisant se demander à quel point son inconfort était évident si même Double-face l'avait remarqué. " -Était de faire une proposition. Le week-end, je vois mon frère et ma sœur dans des lieux différents pour que mon père ne nous localise pas. Je voulais te proposer d'utiliser cet arrangement pour voir ton père sans que ta mère n'interfère."

"Je sais que ta situation n'est pas tout à fait la même." Fuyumi ajouta rapidement. "Mais quels que soient les problèmes auxquels nous devons faire face, nous devons nous soutenir entre enfants aux situations difficiles."

"Hey, Tante Inko, pourquoi Hizashi ne vient plus ?"

"Notre contrat de garde a changé." elle expliqua calmement. "Izuku n'a plus besoin de le voir le week-end."

"Pourquoi ?"

"Parce qu'il m'a frappé." Inko répondit. "Et maintenant il n'a plus le droit de nous approcher."

"C'est une bonne chose, alors ?"

Elle acquiesça, mais elle avait l'air triste.

"J'espère que ça ne devra pas toujours être ainsi." elle soupira. "Mais pour le moment, c'est mieux comme ça."

Fuyumi avait la rudesse émotionnelle d'Inko. Une honnêteté calme et tolérante qui le faisait se sentir en sécurité d'une manière qui le terrifiait. Comme s'il pouvait lâcher prise et sombrer dans la chaleur offerte. Comme si au final, tout pouvait vraiment s'arranger.

"Je vais y réfléchir." il concéda. Maintenant, il devait trouver un moyen d'échapper à cette conversation trop sentimentale. N'importe quelle excuse ferait l'affaire. Tout sauf...

"Katsuki, c'est toi ?"

Oh non.

"Ça fait longtemps." Midoriya Inko déclara prudemment.

"Bonjour, madame Midoriya." Il garda la tête basse, incapable d'affronter son regard.

"Madame Midoriya ?" elle s'étonna. "Pourquoi tu es si formel ?"

Parce que je ne sais pas comment me comporter avec toi.

"Je suis un peu vieux pour « Tante Inko »."

"Je suppose que oui." Elle le regarda attentivement, son expression affichant un air réservé et illisible qui tranchait avec ses traits habituellement doux. "Tes parents sont ici ?"

"Juste mon père." Il se repositionna nerveusement et essaya de ne pas penser à la raison pour laquelle Inko le rendait si nerveux.

"Devrais-je prétendre que cette journée n'a pas eu lieu quand je serai avec Mitsuki ?" Inko déduit.

"Ouais."

Putain, dis quelque chose, sale lâche.

"Izuku était tellement inquiet pour toi." elle reprit. Évidemment, la conversation revenait toujours à Izuku.

"Je suis fort pour mon âge ! C'est Tante Inko qui l'a dit !"

"Ouais, eh bien, Inko dit aussi à Izuku qu'il est fort. Réveille-toi, Katsuki, elle est juste trop gentille pour dire le contraire."

" 'Faut pas." Sa mâchoire commençait à lui faire mal avec la pression qu'il mettait sur ses dents. Inko soupira simplement et s'approcha davantage. Il recula d'un pas avant de pouvoir s'en empêcher, mais se força ensuite à rester immobile.

"Tu as l'air fatigué, Katsuki." Elle lui repoussa doucement les mèches du front. "Tu as bien dormi ?"

"En quoi ça vous regarde ?" Il repoussa sa main. Le bourdonnement anxieux dans son ventre commençait à s'infiltrer dans ses poumons.

"J'étais en colère contre toi." Elle redressa les épaules, comme un mouton dangereux ou un lapin très déterminé. "Mais depuis que les choses se sont calmées entre Izuku et toi, j'essaye de ne plus l'être. Je m'inquiète pour toi, malgré tout."

"Pourquoi ?"

"Je te connais depuis que tu es bébé." elle répondit comme si c'était la chose la plus évidente au monde.

"Exactement. Alors pourquoi ?" Il serra les poings dans ses poches. Avant qu'Inko ne puisse formuler une réponse, il décida qu'il ne pourrait sûrement pas la supporter et s'enfuit.

"Katsuki !" elle appela derrière lui. Il se faufila dans la foule assez rapidement pour qu'elle ne le suive pas et longea les murs jusqu'à trouver une sortie pour s'y glisser.


Aizawa avait enfin commencé à se détendre un peu. La plupart des familles pouvant potentiellement causer des complications s'étaient déjà présentées sans leurs membres les plus instables. Midoriya Inko l'avait prévenu en début d'année pour son ex-mari, l'informant qu'elle était la seule tutrice d'Izuku et que son père n'était pas autorisé à l'approcher sans sa présence. C'était étonnement assuré de la part de cette femme à l'allure timide, mais elle ne serait pas la première à trouver du courage pour son enfant sans l'avoir pour elle-même.

Concernant Endeavor, il s'attendait à ce que ce soit plus épineux, puisque sa venue dans l'école pourrait facilement être vue comme une activité professionnelle. À sa grande surprise, les enfants Todoroki semblaient avoir la situation sous contrôle. Il ne pouvait qu'imaginer la douleur et le courage qu'ils avaient dû avoir pour atteindre ce résultat, mais il en était néanmoins satisfait.

Les Kaminari relevaient encore du mystère. Les parents étaient bruyants et se disputaient la plupart du temps, mais il les rencontrait si rarement qu'il ne savait presque rien d'eux. Les Yaoyoruzo étaient tout aussi indiscernables, mais discrets en plus de ça. Il n'avait donc pas encore eu l'occasion de comprendre l'anxiété apparente de Momo à leur égard.

Son dernier cas préoccupant était Bakugo Mitsuki. Il ne manquerait jamais de raisons pour intervenir sur son comportement, mais Katsuki refuserait catégoriquement son aide. Aizawa ressentait rarement l'effroi de l'incertitude ces derniers temps, mais déterminer si Bakugo serait plus gêné par les crises de sa mère ou par l'intervention d'un enseignant était un enfer.

Dans l'ensemble cependant, tout se passait bien. Et comme il était un éternel cynique : trop bien pour que ça puisse durer.

À quelques mètres, le père de Bakugo et la mère de Kirishima étaient envahis par les amis curieux de leur fils.

"Est-ce que Bakugo a toujours été... ?" Kaminari imita l'expression d'un lion énervé, qu'il compléta avec un rugissement et des mains aux griffes imaginaires, avant de mimer une explosion.

"En quelque sorte." Masaru répondit d'un ton incertain. "Il a toujours été bruyant et a toujours voulu se battre avec tout et n'importe quoi. Mais autrefois il était... Je me souviens qu'à une époque il était plus excité par ce qu'il faisait que furieux. Il voulait se prouver ses capacités pour s'amuser avant tout. Ça a duré jusqu'à l'âge de onze ans environ, puis il a commencé à prendre ses distances et il est devenu… tellement énervé. Tout le temps. Peut-être que ça fait simplement parti de l'adolescence. Mais les moments où ce qui l'entourait le rendait heureux me manquent."

Il s'arrêta, semblant surpris de se souvenir qu'il avait un public.

"C'est probablement plus que ce que tu voulais savoir." il ricana anxieusement. "Désolé, juste un père rattrapé par ses souvenirs."

Madame Nakamura posa une main sur son épaule, l'autre se serrant pour former un poing levé, et okay, Aizawa voyait la ressemblance familiale désormais.

"La puberté qui vous rend triste, c'est l'essence même de la parentalité." elle déclara. "Eiji a eu une période où il- "

"M'man, je suis juste là !"

" -restait tard tous les soirs au gymnase de son école, et quand il rentrait à la maison, il allait directement dans sa chambre. Il s'est mis en forme physiquement, c'est sûr, mais il était si silencieux. J'étais tellement inquiète. Mina chérie, tu t'en souviens ? Je ne suis pas sûre de ce qui l'a fait sortir de cette phase, mais je soupçonne que tu ais quelque chose à voir avec ça."

"Je suis toujours là- "

"Oh, j'ai rien fait." Mina agita ses mains devant elle. "Il a juste dû comprendre certaines choses par lui-même."

"C'est le plus beau jour de ma vie." Sero annonça en jetant un bras sur les épaules de Kirishima. "Maintenant on a juste besoin de quelques photos de Bakugo bébé et je serai comblé."

"Il ne me le pardonnerait jamais." Masaru répondit.

"Aww." Mina gémit.

"...C'est pourquoi vous devez promettre de ne pas lui dire."

Les visages des adolescents autour de Masaru s'illuminèrent comme si c'était Noël alors que l'adulte vérifiait les alentours pour s'assurer que la voie était libre avant de déverrouiller son téléphone.

"Le pyjama All Might était sacré."

À en juger par les rires et les sifflements, Aizawa ne pouvait que supposer que le charmant Bakugo Katsuki avait aussi été un bambin très mignon. Si mignon que personne d'autre que lui ne la vit entrer.

"Masaru, putain de menteur !" Elle apparut de l'autre côté de la foule, qui se sépara rapidement en deux. "Une rencontre importante, mon cul !"

"Salut, chérie." l'interpelé répondit d'un air penaud et avec le regard d'un homme qui avait accepté son destin.

"« Oh Mitsuki, ton fils est dans la filière héroïque, n'est-ce pas ? Tu vas à la journée portes ouvertes ? » qu'elle m'a dit." Mitsuki récita. "Et bien-sûr j'ai répondu « Quelle journée portes ouvertes ? », comme une putain d'abrutie."

"Mitsuki- "

"« Oh, tu n'as pas reçu d'invitation ? Ma fille suit des études générales, donc la nôtre n'est pas avant demain. »" Elle exagéra son ton de manière presque caricaturale. "« Je suis pourtant quasiment certaine que la brochure disait que c'était aujourd'hui pour sa classe. »"

"Il m'a demandé de ne pas te le dire." Masaru se défendit.

"Il a que quinze ans, putain, il a pas son mot à dire !" elle cria. "C'est pas lui qui va faire les règles, Masaru. Sois un putain d'homme, bordel !"

"Je suis d'accord avec lui." il tint tête d'une voix fébrile. "Après la scène que tu as fait la dernière fois que tu es venue ici…"

"Tu te fous de ma gueule ?" elle pouffa. "C'est vraiment ce que tu penses ?"

"Je- "

"Alors qu'est-ce que tu vas faire pour le garder sous contrôle ? Tu vas lui bégayer dessus ?"

"Je ne veux pas régler ça ici." Il leva une main pour tenter de l'apaiser.

"Ouais, eh bien aujourd'hui on apprend qu'on n'a pas toujours ce qu'on veut, putain de- "

"ÇA SUFFIT !"

L'estomac d'Aizawa se serra lorsque son élève se jeta entre ses parents. Avec les dents serrées, la position défensive du garçon se grava dans sa mémoire.

"Évidemment." Mitsuki ricana. "Vas-y, cache-toi derrière Katsuki comme tu l'as toujours fait. C'est pathétique !"

"Tu voudrais pas juste te casser ?!" Katsuki cria. "T'as gagné, tu nous as eu, maintenant tu pourrais arrêter !"

"Oh, j'y vais." Elle s'éloigna, traînant Katsuki par le biceps avec elle. "T'es un putain de lâche, Masaru !"

Pour la première fois, Aizawa vit une ressemblance entre Katsuki et son père, dans la façon que l'homme avait de respirer lourdement pendant que la panique l'envahissait et que le monde semblait disparaître autour de lui. Les regards silencieux se transformèrent en chuchotements le temps qu'il sorte de sa stupeur.

La fille Todoroki s'approcha prudemment. "Monsieur Bakugo- "

Masaru se mit à courir après sa femme et son fils, et Aizawa prit une décision.