Traduction:Tressym383
Relecture : Zodiaaque
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Résumé : Aizawa et Six ont du pain sur la planche et Kaminari a des regrets.
Évidemment, il aurait pu entendre sa mère même s'il avait été sur le putain de toit. Cette femme avait la capacité pulmonaire nécessaire pour faire décoller une montgolfière. Une partie de lui regrettait de ne pas avoir simplement fait semblant de ne rien entendre, de ne pas avoir juste patienter dans un coin en espérant qu'elle ne le trouve jamais, mais la seule chose plus terrifiante que de lui faire face était de la laisser se déchaîner devant toute sa classe et leurs putains de parents.
Il avait donc sauté dans la mêlée sans plan de secours, se retrouvant où il était.
"Écoute, je sais que Masaru est plus agréable à présenter et tout ce genre de conneries." elle reprit sérieusement en lui posant une main ferme sur l'arrière de la nuque, ce qui lui provoqua des démangeaisons. "Mais si quelque chose doit vraiment être fait, c'est là que j'interviens. C'est pas un hasard si tes profs m'ont toujours appelé en premier depuis ta putain de maternelle."
"Eh bien, je suis plus à la putain de maternelle." il siffla. "J'ai pas besoin de toi, donc tu peux rentrer à la maison maintenant."
"Bien-sûr que t'as pas besoin de moi." elle se moqua dédaigneusement. "T'es un grand garçon qui sait tout sur tout, de toute manière."
"Qu'est-ce que tu me veux à la fin ?!" il explosa, laissant échapper plus d'émotion qu'il n'en avait l'intention.
"T'as beaucoup de potentiel, Katsuki." elle finit par soupirer. "T'es talentueux dans tellement de domaines, mais des fois, je ne sais juste pas quoi faire de toi. Je crie sur un mur de briques tellement têtu qu'il va finir par faire tout ce qu'il veut, peu importe ce que je dis ou fais. Et j'ai peur que ton attitude et ton total manque de respect envers l'autorité finissent par te coûter le superbe avenir que tu pourrais avoir si tu te taisais et écoutais de temps en temps."
" -Ce sera de ta faute parce que tu n'écoutes pas ! Tu n'écoutes jamais !"
"Katsuki !" Son père apparut à la porte, le visage tordu par l'inquiétude.
"C'est bon, p'pa." Il refusa de le regarder. "Tu peux y aller maintenant."
"Je... Si tu voulais- "
"T'as entendu le gamin." Mitsuki railla. "Tu peux y aller maintenant."
Katsuki se demandait si à ce rythme, sa mâchoire pourrait finir par rester verrouillée comme celle d'un putain de patient atteint du tétanos.
"Je suis désolé, Katsuki."
"Je suis tellement désolé, Katsuki, je ne sais pas quoi faire."
"Va-t'en juste !" Il n'avait pas l'intention de le crier, mais sa frustration débordait et l'expression suffisante de Mitsuki ne faisait que l'énerver davantage.
"Tu peux te casser aussi." il lui grogna.
"Bien." Elle lui attrapa le menton et le força à la regarder. "Mais ne me mens plus, gamin."
Le calme revint si soudainement qu'il lui parut irréel. Ou peut-être qu'il commençait à se sentir réel seulement maintenant ? La chaleur du soleil compensée par une légère brise, le frottement des feuilles des arbres entretenus de UA... C'était trop d'un coup. Il s'assit dans les escaliers, déchiré par ces quelques minutes attrayantes qui lui avaient donné l'impression d'être accepté quelque part, et se résigna au fait que c'était désormais fini.
Il ne pouvait pas se résoudre à y retourner. Pour lui, la journée dédiée aux parents d'élèves était terminée.
"Quand tu disais que ça allait certainement être un bon challenge, tu ne rigolais pas." Six s'effondra sur le canapé couleur café de la salle des professeurs. "Nezu veut une réponse d'ici la fin de la semaine, mais je vais être honnête avec toi, Shota. Je ne suis pas sûre d'être assez qualifiée pour faire ça."
"Quelqu'un l'est-il ?" Aizawa demanda d'un ton monotone avant de prendre une petite gorgée de son café. "Ça ne doit pas être beaucoup plus dur que les réformes scolaires."
"La situation est juste si différente de celle à laquelle je suis habituée..." Elle secoua la tête dans une vaine tentative pour clarifier ses pensées. "Avec les jeunes en maison de redressement, s'il y avait un problème persistant, je pouvais réellement les aider. Je pouvais changer leurs horaires de cours, prévenir leurs professeurs, et s'ils avaient des problèmes familiaux, je pouvais réellement les mettre en sécurité. Ici, je serais juste... Ce sera juste de la discussion ! "
"C'est typiquement ce que fait un thérapeute, en effet." il répondit, impassible.
"Tu sais ce que je veux dire." elle soupira. "Quand on a commencé ce projet avec les secondes A, je pensais que ça allait plus être des trucs du style « cet article dit que mes cheveux sont moches ». Tu vois, ce genre de critiques merdiques mais classiques. Mais il y a tellement de problèmes plus profonds…"
Elle se releva et commença à faire les cent pas.
"Asui a l'air de plutôt bien se porter, je te l'accorde, et Iida gère remarquablement bien sa situation. Mais je m'inquiète pour Midoriya et Yaoyorozu, ils ont tous les deux de sérieux problèmes d'anxiété. Kaminari a des insécurités similaires, mais ce sera plus difficile à régler à cause de sa tendance à les minimiser par le biais de l'humour. Je pense avoir remarqué une dépression plus ou moins bien gérée mais chronique chez Kirishima. Je suis presque sûre que Jiro a été harcelée dans le passé et qu'elle va moins bien qu'elle le prétend. Hagakure est littéralement invisible, ça ne peut être que mauvais pour l'estime de soi d'une ado… Et ne parlons même pas de Bakugo et Todoroki ! Je suis une journaliste mandatée, et je promets que si cette femme se montre à nouveau, je vais commencer à lui mettre des charges aux fesses."
"Tu penses vraiment que j'ai fait appel à toi pour du travail amateur ?" il ricana. "Si c'était juste pour quelques légers soucis, je n'aurais pas eu besoin de toi."
"J'ai besoin de séances individuelles avec eux, Shota." elle insista. "Avec chacun d'entre eux. Des séances après leur journée de cours, avec au moins deux semaines de suivi. Ou alors tout ce projet ne ferait que remuer les problèmes sans raison et ce serait irresponsable."
"Je pourrais sûrement arranger ça..." Le sourire narquois d'Aizawa s'intensifia. "Si tu travaillais vraiment ici."
"J'ai dit que j'y réfléchissais." elle soupira. "Comment cette école a-t-elle même pu fonctionner sans un thérapeute à plein temps ? Je veux dire, les secouristes de première ligne ont besoin d'aides psychologiques intenses, même lorsqu'ils ne sont pas des enfants."
"Je pense que tu peux avoir ta réponse en regardant les héros du classement."
Endeavor, une boule de feu emplie de jalousie et de rage. Hawks, trop jeune pour être là où il était, s'en prenait insidieusement au monde qui l'y avait forcé... Même All Might avait tellement été enrôlé dans son sens du sacrifice avant sa retraite que ça avait failli lui en coûter la vie. La responsabilité écrasante d'être à la première place du classement l'avait convaincu que chaque crime qui se produisait lorsqu'il faisait une pause était de sa faute. Six se rassit avec un long soupir empreint de fatigue.
"Tu aimes vraiment bien Bakugo ?" Ce n'était pas vraiment une question.
"Je le comprends plus que la plupart." Aizawa reformula, sans pour autant le nier. "Je veux l'aider, mais avec les précédentes conneries de UA et l'attention de tout le pays sur lui, je dois faire les choses correctement."
"Sur le plan juridique, le père est ton meilleur parti." Six réfléchit à haute voix. "Pour pouvoir l'éloigner complètement de chez lui, on doit prouver des accusations criminelles. Donner la garde à un parent plutôt qu'à un autre est juste une façon de convaincre un juge que c'est ce qu'il y a de mieux pour l'enfant."
"Donc pour résumer, tu me dis que je dois convaincre l'homme le plus docile que j'ai jamais rencontré de quitter son hargneuse femme et de la contester devant un tribunal ? C'est ça mon meilleur parti ?"
"Puisque Bakugo ne vit plus avec eux, on pourrait être en mesure d'arranger une espèce de tutelle partagée entre l'école et Masaru sans qu'ils ne divorcent forcément."
"Pas UA." Aizawa répondit fermement. "Juste moi."
"Shota..." elle s'adoucit. "C'est trop mignon. Quand est-ce que t'es devenu si attentionné ?"
"Tais-toi." il maugréa, à sa grande joie.
"Je vais le dire à Joke."
"N'y pense même pas."
"Ce sera assez facile de pousser Masaru à t'accorder la garde." elle reprit. "Mais pour qu'il puisse tenir tête à Mitsuki là-dessus, on va devoir être très convaincant sur le fait que c'est ce qu'il y a de mieux pour son fils."
"Et tu penses que ça le sera ? Pas en tant qu'ami, en tant que professionnel. Tu penses que c'est la bonne chose à faire ?"
"Je ne pense pas qu'il existe de « bonne chose à faire » en psychologie." Elle ignora le regard frustré de son collègue. "Mais dans notre situation, je pense que c'est la meilleure des solutions."
"Admettons que Masaru soit d'accord." Aizawa supposa. "Quelles mesures doit-on prendre avec Katsuki ?"
"Le plus grand besoin émotionnel de Katsuki est de sentir qu'il a le contrôle." Six songea. "Même s'il n'a pas le choix concernant la tutelle, donne-lui du libre arbitre sur les termes du contrat. Comment s'organiseront les week-ends ? Qui aura quelles responsabilités financières ? Qui sera contacté en cas d'urgence ? Ne lui présente pas ça tel quel, commence par lui demander son avis sur les choses dont il peut avoir le choix, sinon il se mettra contre toi et s'y opposera complètement."
"Je pense que tu le sous-estimes si tu crois qu'il est si facilement manipulable."
"Et moi je pense que tu sous-estimes les sciences sociales."
"Je peux essayer." il finit par soupirer. "Mais il le saura lorsqu'il sera manipulé."
"Fais juste confiance à la science, espèce de chenille cynique."
Lorsque Bakugo se réveilla, la première chose qu'il remarqua fut la vodka à moitié vide qu'il avait dérobé la nuit dernière. La bouteille reposait sur son bureau, à la vue de tous. Il n'avait absolument rien fait pour la dissimuler un tant soit peu avant de s'endormir.
Oups.
La seconde était qu'il avait oublié de programmer son réveil.
Il ne comptait pas prendre de petit déjeuner de toute façon. Et s'il ignorait ses cheveux, ses dents et tous les autres principes basiques en matière d'hygiène humaine, il pourrait arriver à l'heure en classe en sprintant.
Au moins, il avait toujours son footing matinal.
Lorsqu'il atteignit enfin la porte de la classe, Aizawa parlait déjà.
" -nous partirons directement pour l'entraînement en commun avec les secondes B, donc personne ne s'enfuit à la sonnerie."
"Merde, c'est aujourd'hui ? Je suis psychologiquement pas préparé à voir Monoma."
"Kaminari, merci de te porter volontaire." Un sourire étira les lèvres d'Aizawa alors que son élève se rapetissait aussitôt. "Viens t'installer."
Le blond jura dans sa barbe.
"Vous voulez pas prendre ma place, monsieur ?" il questionna.
"Non." le concerné répondit flegmatiquement. "Pour quelles raisons penses-tu que je suis devenu un héros non médiatisé ?"
"C'est injuste." Kaminari grommela en s'asseyant à côté de Six, qui lui donna une aura rose-violette fluorescente.
"Nan, en effet." Aizawa acquiesça.
Les résultats de la recherche internet sur le nom de Kaminari Denki furent plus durs que prévus dans leur ensemble, mais un article se démarqua particulièrement.
Les pires matchs de cette année
Alors que Sero Hanta et Tokiyomi ont comiquement essuyé des défaites dès le premier tour, leurs adversaires se sont au moins classés parmi les finalistes du tournoi. Kaminari Denki, de son côté, nous pousse à nous demander : que fait-il même ici ?
En théorie, un alter d'électricité permettrait de se placer parmi les plus prometteurs, mais il est si mal manié que la seule personne que Kaminari parvient à mettre hors-jeux avec est lui-même. Sa surutilisation semble provoquer une incommodité supposément temporaire, mais des dommages cérébraux permanents seraient une explication plus censée à cette performance.
La lueur nerveuse de Kaminari passa d'un bleu terne à un bleu marine oppressant.
"C'est vraiment rude." Six reprit avec compassion. "Même comparé à des critiques que reçoivent des pros adultes, c'était cruel."
"Rien que j'ai jamais entendu." Il haussa les épaules avec un rire creux, mais la tentative d'humour se fit rapidement recouvrir par le nuage sombre emplit d'insécurités douloureuses autour de lui.
"De la part de qui ?" Six demanda.
L'image d'un homme blond le surplombant par sa taille s'imposa dans l'esprit de Bakugo.
"Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ?! T'es débile ou quoi ?! Ta sœur aurait pu être tuée !"
Les nuances bleues et violètes s'agitèrent chaotiquement.
"Kaminari." Six reprit plus fermement. "Tu n'es pas stupide et tu mérites ta place ici. Je sais qu'actuellement tu ne me crois pas, et il n'y a aucun soucis avec ça, mais c'est la raison pour laquelle ton groupe d'amis doit continuer à te le dire."
Les nuances sombres passèrent d'un violet agité à une couleur plus rose alors qu'Uraraka tendait la main pour prendre la sienne et lui faire un signe de tête encourageant.
"Si tu veux, nous pouvons terminer là." Six proposa. Kaminari acquiesça silencieusement, la main serrant fermement celle d'Uraraka.
"Tu n'as pas à avoir honte d'être blessé." elle insista face au silence inhabituel de l'adolescent. "C'est quelque chose que tous les héros traversent."
Elle tapa une autre recherche, cette fois sur Shade Six, et défila directement jusqu'à un article intitulé « L'amitié est magique ».
"En voici un sur moi." Elle se racla la gorge et commença à le lire à haute voix :
Ce n'est un secret pour personne que certains alters sont meilleurs que d'autres. En fait, il y a même une plus grande quantité d'alters inutiles que d'alters véritablement intéressants ; mais la plupart des gens savent au moins lequel des deux genres ils ont.
Rencontrez donc Shade Six : elle peut créer des arcs-en-ciel à partir de vos émotions, et c'est à peu près tout. Et oui, c'est son nom de "héros". Imaginez-vous juste la scène : vous êtes face à un vilain, des vies sont en jeu, et tout ce que vous avez pour vous sauver est une petite lesbienne qui peut lire les sentiments.
"Comme tu peux le voir, je n'étais pas très populaire dans mes débuts." elle conclut. "Mais ce journaliste avait tort. Deux mois plus tard, j'apparaissais dans toute l'actualité pour avoir réussi les négociations lors une prise d'otage à la base militaire d'Okinawa. Il y avait beaucoup d'armes, cent soixante-dix personnes dans le bâtiment, mais je l'ai fait sans causer aucune perte humaine. Il a arrêté de me rabaisser après ça."
Elle serra affectueusement l'épaule de Kaminari. "Les médias ne voient peut-être pas ton potentiel, mais ça ne signifie pas pour autant que tu ne feras pas de grandes choses."
"Fais-leur ravaler leurs mots, Kami !" Uraraka encouragea, se faisant sourire elle-même.
"Faisons une pause." Six annonça. "Temps libre jusqu'à ce que nous partions rejoindre les secondes B."
À la seconde où ils furent libérés, Mina se propulsa de son siège pour s'élancer vers Kaminari, l'entrainant dans une grande étreinte. Kirishima et Sero restèrent derrière elle.
Était-il censé faire quelque chose ?
Mina embrassa Pikachu sur le front avant de le ramener dans ses bras. Elle exprimait son affection comme si ce n'était rien, tenant son ami de manière protectrice, telle une gardienne. Ça avait l'air... héroïque. Elle incarnait ce que Bakugo n'aimait ou ne comprenait pas chez les héros sans même s'en rendre compte. Il ne se rendit pas compte qu'il la fixait jusqu'à ce que Kirishima lui parle.
"Elle a jamais hésité." il déclara avec nostalgie. "Si elle voit quelqu'un souffrir ou avoir des ennuis, elle ne se fige ou ne fuit pas. Elle suit ses instincts. Certains d'entre nous doivent travailler sur leur comportement héroïque, mais Mina est née avec."
" 'Jamais réalisé que tu l'admirais autant." il observa.
"Ça date du collège." il élabora. "Un jour elle a sauté entre ses amies et un monstre sans y réfléchir à deux fois."
Deku, les joues pleines de larmes et fébrile, avec rien d'autre qu'un sac à dos.
"Tu avais l'air d'avoir besoin d'aide."
"Si t'as besoin de quelqu'un à qui parler, c'est une bonne option." Kirishima lui glissa.
"Va te faire voir." Il rejeta immédiatement la suggestion.
Il se sentait bizarre. Instable, comme un élastique sur le point de se rompre. Alors qu'il observait les meilleurs amis de Kaminari lui apporter leur soutien, il commençait à comprendre ce qui lui était aussi offert.
Tu pourrais avoir ça.
Le terrifiant murmure plein d'espoir désirait tellement faire parti de ça.
" -Ce sera de ta faute- "
Il ne pouvait pas.
Il ne le méritait pas de toute façon.
NAO : Je tiens à souligner que je ne sais pas comment fonctionnent les lois de garde au Japon, j'utilise juste ce que je sais du système américain. En fait, j'ai fait pas mal de recherches sur le sujet lorsque mon petit copain et moi essayions d'obtenir la tutelle de sa petite sœur pour qu'elle puisse emménager chez nous depuis South Caroline (et grâce à mon éducation white-trash, je sais me débrouiller dans le système judiciaire en général).
