Bonjour, bonsoir à tous ! Je ne suis pas décédée, je suis toujours là ! Bon j'avais prévenu que ce chapitre risquerait de mettre du temps à sortir mais le voilà !
Plongeons ensemble dans la petite tête de notre blondinet préféré.
Je ne vous embête pas plus longtemps et je vous souhaite une bonne lecture, on se voit à la fin !
Chapitre 13 : Vers les sommets par des chemins étroits
La fierté.
Plus que l'amour, la valeur capitale de la famille Malefoy résidait dans son sentiment de faire partie d'une élite ancestrale et de jouir des privilèges et des opportunités qui accompagnaient leur statut.
Cette dignité était le point cardinal de l'éducation que Drago Malefoy avait reçue.
Enfant, il était fier de son père qu'il voyait comme cet homme important et respecté. En entrant à Poudlard, il était fier de sa lignée si prestigieuse qui aurait dû faire de lui la coqueluche de l'école, s'il n'avait pas eu le malheur de naître la même année que Saint-Potter.
Mais plus il grandissait, plus il était confronté à des situations qui l'obligeaient à nuancer sa vision du monde. Il se rendait bien compte que l'admiration qu'on vouait à Potter n'avait rien d'illégitime et que les capacités intellectuelles de Granger n'avait rien à voir avec la pureté de son sang. Il s'en rendait bien compte, mais l'imbécile qu'il était à quatorze ans n'aurait jamais avoué ces constats à voix haute.
Peut-être que s'il avait vécu une fin d'adolescence normal, il aurait fini par s'adoucir et tout en gardant ce sentiment de prestige inhérent à la noblesse de sa famille, il aurait pu devenir plus tolérant. Mais le retour du Seigneur des Ténèbres avait signé l'effondrement de cette dignité, de cette noblesse qui lui était si cher.
Son retour avait marqué la fin de l'innocence. Il avait vu la personnalité de son père s'effacer au profit d'un patin apeuré, sa fierté reléguée au placard. Ces années terribles avaient ébranlé l'héritier des Malefoy bien plus qu'il ne se l'avouait.
Il s'était souvent fait la réflexion que si Abraxas Malefoy avait toujours été parmi eux, il aurait été davantage protégé. Il entretenait une relation particulière avec son grand-père dont il était très proche pendant son enfance. Il avait été une figure plus nuancée que son père pendant son enfance.
Ils allaient souvent pêcher ensemble dans la propriété irlandaise dans laquelle s'était installé son grand-père après la mort de sa femme. Ses moments intimes permettaient au patriarche des Malefoy d'instiller une autre forme de dignité à son petit-fils, moins lié à la pureté de leur lignée qu'à l'influence et au pouvoir que la famille Malefoy avait acquis avec les années. Abraxas n'avait jamais partagé les idéaux radicaux du maitre de son fils, rejetant l'idée même qu'un Malefoy puisse prêter allégeance à quiconque.
Oui, si son grand-père n'avait pas succombé à la dragoncelle, son destin aurait été probablement bien différent.
Les mois de cohabitation avec le Seigneur des Ténèbres avaient fini de détruire son univers. Les scènes innommables dont il avait été témoin étaient à jamais gravé dans son esprit. Durant les premières années qui avaient suivies la bataille de Poudlard, il s'était réveillé chaque nuit en sursaut, tentant par tous les moyens d'effacer la vision du Professeur Burbage servant de repas à Nagini.
Lors de cette bataille, il avait enfin retrouvé cette fierté grâce au courage de sa mère, mais même les actes de cette dernière n'avaient pas réussi à effacer la noirceur que le règne de Voldemort avait laissé dans l'âme de l'héritier des Malefoy. Ils avaient leurs différends encore aujourd'hui, mais pour lui, Narcissa représentait la véritable noblesse des Malefoy sans en être une de naissance, faisant ce qu'il fallait pour sauver sa famille.
Il avait retrouvé un peu d'amour-propre durant son parcours à l'université magique de Tokyo, où il avait excellé dans l'art des potions. A chaque fois qu'on lui rendait un devoir où il avait obtenu la note maximale, il était fier d'avoir été le disciple de Severus Rogue. Lorsqu'on lui avait proposé un poste, il n'avait pas hésité une seconde et s'était plongé tête la première dans les recherches. Conscient du prestige de l'institution mais surtout du caractère exceptionnel de cette offre, il avait travaillé jour et nuit pour faire des cours dignes de l'Université de Tokyo. Il n'avait pas bronché face au dédain de ses collègues japonais, qui ne comprenait ni n'acceptaient pas toujours la décision de leur doyen d'accorder un poste à un gaiijin. Il avait tenu bon et au bout d'une année, il avait fini par obtenir le respect de la plupart de ses collègues.
Pourtant, lorsque le professeur McGonagall avait débarqué dans son appartement tokyoïte avec la ferme intention de faire de lui le nouveau maître des potions, il n'avait pas hésité.
Plus que cela, il était extrêmement fier, une fierté différente de celle qu'il avait connue enfant et qu'il avait découverte pendant son exil nippon. Celle qu'on ressent lorsqu'on est respecté pour ses propres accomplissements, pas seulement pour ce que les autres vous ont apporté. Minerva McGonagall l'avait choisi, lui entre tous.
Quand l'ancienne directrice de la maison Gryffondor l'avait quitté après lui avoir chaleureusement serré la main, il s'était fait la promesse d'essayer de ne pas se comporter comme l'immonde cafard qu'il avait été pendant sa scolarité.
A son arrivé à Poudlard, il avait tenu sa parole avec tout le monde … ou presque. Il avait réussi à lier une amitié inattendue mais solide avec Londubat, qui n'avait plus rien du petit garçon maladroit et terrorisé qu'il était à onze ans et que Drago avait pris un malin plaisir à torturer.
A sa place, Drago avait découvert un homme courageux et endurci par la guerre. Lui aussi avait gardé des séquelles du conflit, mais cela l'avait tiré vers le haut, l'incitant à prendre la place de leader qu'il s'était révélé être pendant le règne des Mangemorts sur l'école. Drago avait pensé qu'en tant qu'anciens ennemis, Londubat l'aurait évité, mais non, au contraire. Il l'avait accueilli et guidé pendant ses premiers pas dans l'enseignement. Il s'était surpris à apprécier sa compagnie en dehors de leur relation professionnelle.
Londubat était beaucoup plus intelligent que Drago l'aurait cru, il était spirituel et l'assurance qu'il avait pris pendant la guerre le rendait beaucoup plus intéressant aux yeux de l'ancien Serpentard. Certes, il avait une passion un peu trop intense pour les plantes, mais en tant que maître des potions, avoir quelqu'un avec qui discuter ingrédients et idées pour améliorer telle ou telle préparation grâce à tel ou tel ingrédient était très épanouissant.
Certes, ils entretenaient une petite rivalité bon enfant en ce qui concernait le Quidditch scolaire, mais cela ne faisait qu'ajouter à l'ambiance. Sa compagne – Hannah - dont il avait peu de souvenirs durant leurs années d'études, était sympathique bien qu'il ne se soit pas rapproché autant d'elle. Drago avait toujours pensé que Neville avait un faible pour la fille Lovegood, mais apparemment il s'était trompé. Tant mieux pour Londubat, il avait l'air heureux.
Le seul point noir était Granger.
Ah Granger !
Toujours fidèle à elle-même avec son petit air supérieur et son côté première de la classe. Elle l'avait exaspérée dès la réunion de pré-rentrée, avec sa manie de prendre frénétiquement des notes et ses petits regards condescendants.
Bon, il fallait avouer qu'elle semblait s'être investie dans la vie du château et lorsqu'il avait appris que même certains élèves de sa maison participaient à son espèce de programme pour comprendre les Moldus, il avait été très surpris.
Lorsqu'il s'était renseigné sur la teneur de ce nouveau volet de la vie du château, sa surprise avait laissé place à une curiosité inavouée. Granger semblait vraiment vouloir rebâtir la société sorcière par le bas, en éduquant les futures générations de leaders dans un climat de tolérance. Alors qu'il avait d'abord pensé que ce nouveau programme n'était qu'une manière de plus pour la petite Miss-Je-Sais-Tout de se mettre en avant, il ne pouvait plus nier son engagement.
Contrairement à ce qu'il avait anticipé, Granger et lui ne s'étaient pas pris la tête dès le premier jour, au contraire. La plupart du temps, elle se contentait de l'ignorer royalement ou de le gratifier d'un regard hargneux. Il s'en était contenté pendant un temps avant de se rendre compte que ce comportement – digne d'une petite fille – commençait à lui taper sur les nerfs. Il avait donc tenté de la faire réagir en essayant de se mettre sur son chemin aussi souvent que possible.
Mauvaise idée, très mauvaise idée. Plus il l'observait, plus il se rendait compte des changements chez la directrice de la maison au lion. Avant de revenir au château, il n'avait jamais vraiment vu Granger comme une femme, plutôt comme un cerveau sur pattes, mais plus il la détaillait, plus il la trouvait désirable.
La première fois qu'il s'était surpris à lorgner sur son corps, c'était dans la cour de métamorphose pendant la récréation. Elle portait un de ses tailleurs moldus parfaitement ajusté et s'était approché d'un groupe de deuxièmes années qui ensorcelaient des ballons remplis de peinture pour les envoyer sur les plus jeunes. Il s'était surpris à la trouver craquante lorsque ce n'était pas contre elle qu'elle s'énervait. Il s'était aussitôt giflé mentalement d'avoir eu une telle pensée concernant l'insupportable Granger. Dans la bataille qui s'en était suivit, elle avait reçu une balle perdue et avait dû retirer sa veste pour la nettoyer avec sa baguette.
Nous étions encore au début de l'automne et la chemise qu'elle portait en dessous n'avait pas de manches et faite d'un tissu très léger, stimulant son imagination juste comme il le fallait. Quand elle l'avait surpris à l'observer avec insistance, elle l'avait fusillé du regard avant de faire volte-face pour entrer dans le château. Elle était vraiment mélodramatique, mais il aimait beaucoup la regarder partir.
Quand elle l'avait aperçu avec Graves dans les couloirs, peu de temps après, il avait senti une colère sourde monter en lui. Il n'était pas spécialement impressionné par Graves en tant que sorcier, mais le voir toucher Granger faisait de de lui une immonde raclure qu'il avait envie d'effacer de la surface de la terre… pour pouvoir prendre sa place.
Il n'avait pas pu oublier la vision de l'éclat lubrique dans les yeux de la jeune femme. C'est à partir de cet instant qu'elle avait commencé à hanter ses rêves, qui prenaient des tournures bien plus érotiques qu'à l'accoutumée. Il voulait découvrir comment elle bougerait, quels bruits elle ferait si elle le sentait contre elle, en elle...
Il avait alors recouru à ses anciennes méthodes pour l'obliger à réagir et bingo. Même si c'était pour lui hurler dessus, il préférait quand Granger reconnaissait son existence. Il avait oublié cette sensation si singulière que lui provoquait les joutes verbales avec la Gryffondor. Ils savaient tous deux frapper là où ça faisait mal et il ne pouvait s'empêcher de la trouver sexy quand elle était hors d'elle.
Cependant, il ne s'était pas attendu à un tel esclandre et se voir sermonner comme un première année par McGonagall avait été loin d'être une partie de plaisir. Sa punition ne l'avait pas non plus enchanté, il n'avait strictement aucune envie de participer à ces activités moldues, mais au moins il aurait plus d'occasion de se trouver en présence de Granger. L'apprentissage de la conduite n'était pas simple au premier abord, mais il s'était surpris à aimer ça.
Certes, le petit terrain de Poudlard n'avait rien de très stimulant, mais les routes de Glasgow lui permettaient d'aller plus vite, de s'approprier la voiture et de découvrir cette sensation de contrôle qu'apportait la vitesse lorsqu'on était dans un engin de deux tonnes de métal qui pouvait se révéler particulièrement létal. Finalement, Granger s'était radouci et il avait pu commencer à s'insinuer dans sa vie, patientant afin de trouver une ouverture qui lui permettrait de découvrir ce qui se trouvait sous ses tailleurs parfaitement formels.
Le soir où il l'avait découverte errant dans les couloirs, ivre et particulièrement loquace, son monologue sur sa vie sexuelle n'avait fait que renforcer son envie de la posséder. Désir renforcé lorsqu'il avait appris la nature des relations qu'elle entretenait avec le pois chiche de défense contre les forces du mal et surtout que ce dernier avait perdu ses faveurs.
L'imbécile, on ne faisait pas si facilement plier une lionne apparemment plus sauvage qu'elle ne laissait transparaître. Mais ce comportement n'était pas si étonnant compte tenu de la manière dont la belette avait trahi sa confiance.
Il n'avait absolument pas réfléchi lorsqu'il lui avait proposé ses « services », son instinct - ou plutôt son pénis - réagissant à sa place et sa réaction avait quelque peu refroidi les ardeurs du maître des potions.
Finalement, cette parenthèse nocturne avait été éclipsé par la mort de son père. Le spectre des Mangemorts, qu'il croyait définitivement derrière lui, était revenu le hanter et ses cauchemars avaient repris de plus belle.
A sa plus grande surprise, Hermione avait été là pour lui, ce qui l'avait quelque peu désarçonné. Il n'avait pas l'habitude des élans d'empathie spontanés. Lorsqu'il avait commencé à lui déballer ses états d'âme, cette confession lui avait paru naturelle. Verbaliser les sentiments contradictoires qu'il ressentait par rapport au décès de son père avait été plus libérateur qu'il ne l'aurait cru. Il avait apprécié cette escapade sur les terres bavaroises et ce retour dans un territoire où il avait connu de si bons moments en compagnie de Blaise lui avait fait beaucoup de bien, même s'il n'en avait rien dit à sa partenaire de voyage. A leur retour, quelque chose avait changé entre eux, l'ultime mur de glace qui pouvait subsister entre eux s'était brisé.
Ils étaient plus proches, mais Drago avait préféré ne pas faire allusion à sa proposition indécente, persuadé qu'elle ne se souvenait de rien. Les vacances approchantes, il s'était convaincu qu'un peu d'éloignement et une partie de jambes en l'air avec une inconnue lui permettrait de se sortir définitivement sa collègue de la tête.
Il avait néanmoins pris un malin plaisir à faire enrager la Belette à Pré-au-Lard, réfrénant par la même son envie de le frapper pour ce qu'il avait fait à Hermione. Afficher l'affection que lui portait le jeune Potter et entendre Hermione défendre leur relation face à son ancien amant était une humiliation suffisante.
En revanche, il avait regretté de l'avoir touché à la seconde où il avait posé sa main dans son dos. Même à travers les couches, il avait senti ce frisson le parcourir, comme à chaque fois qu'il avait un contact physique avec Hermione.
Reprend-toi Drago, ce n'est pas comme ça que tu vas passer à autre chose.
Mais contre tout attente, Hermione avait décidé de le torturer.
Quand ils s'étaient à nouveau retrouvés dans ce même couloir désert et qu'elle lui avait avouer se rappeler de tout, il avait mis toute retenue de côté. Enfin presque, puisqu'il avait résisté à l'envie de lui arracher ses vêtements et de la prendre, ici et maintenant.
Il s'était contenté de ce qu'elle voulait bien lui offrir, mais avec le baiser qu'ils avaient échangé, Drago avait l'impression d'avoir vendu son âme.
L'idée même de toucher une autre femme l'avait quitté. Une fois rentré à Londres pour les vacances, il avait eu du mal à se concentrer, ce qui n'échappa pas à son entourage.
Un soir où il rendait visite à Blaise, il avait laissé son esprit divaguer vers Granger et s'était fait tout de suite attraper :
« Oh, toi tu as une fille qui te colle à la peau » avait fait remarquer Blaise avec un sourire narquois.
« C'est pas vrai !» tenta faiblement de se défendre le blond, un air de gamin contrarié sur le visage.
« J'espère que ce n'est pas une élève ?!»
« Mais tu es dingue ma parole, Pansy a vraiment fait des dégâts sur ton cerveau. »
« J'ai entendu, vil serpent » répondit une voix féminine étouffée à travers le mur, déclenchant le rire des deux anciens camarades.
« Ça ne réponds pas à ma question, qu'est-ce que tu caches ? » reprit Blaise en accrochant le regard de son meilleur ami.
Un Malefoy ne rougissant pas pas mais le corps de Drago ne semblait pas s'en rappeler en cet instant et il dut se mordre la joue pour reprendre le contrôle. Évidemment, cette lutte interne n'avait pas échappé à son meilleur ami.
« Bordel Drago, ne me dis pas que tu te fais la nana de Londubat ? Tu sais très bien que les femmes prises n'attirent que des problèmes, crois-en mon expérience. » fit Blaise en portant une main vers sa poitrine, un air faussement solennel sur le visage.
Drago le regarda avec des yeux ronds, pour qui le prenait-il ?
« A part Granger, il n'y a pas beaucoup d'options » finit par reprendre Blaise.
Drago garda le silence, mais ne put empêcher sa bouche de se courber dans un demi-rictus en pensant à la professeure de métamorphose. Il se reprit bien vite mais Blaise, qui n'avait pas détaché son regard de son meilleur ami, releva ce spasme. Ses yeux s'agrandirent et sa bouche forma un O de surprise qui était ridicule sur lui.
« C'est officiel, tu es devenu fou... Tu joues un jeu dangereux... Granger c'est... Granger !»
« Crois-moi, je commence à découvrir qui est vraiment Granger. »
Blaise haussa un sourcil interrogateur face à la remarque.
« Elle a plusieurs facettes » reprit Drago. « C'est une enseignante passionnée, une directrice de maison engagée, elle n'hésite jamais à faire plus que ce qui est nécessaire pour ses élèves. Mais cette loyauté n'est pas sans contrepartie, surtout quand quelqu'un la trahi. Weasley a brisé sa confiance dans les autres et elle ne se laisse pas approcher facilement. »
« Et dans ta grande générosité, tu veux l'aider à retrouver des relations saines avec la gent masculine ?»
« Non, je veux simplement qu'elle fasse de moi son amant, le reste m'importe peu. J'ai envie de goûter au fruit défendu. »
Drago se répétait souvent cette affirmation, justifiant ses désirs par une velléité de conquête, mais au fond il n'était pas sûr qu'il pourrait s'arrêter s'il arrivait à goûter au fruit défendu qu'était Granger.
Et au vu de son expression, Blaise non plus n'était pas dupe.
« Tu risques gros Drago, je te connais, quand je te regarde maintenant, je ne vois pas le Drago conquérant qui cherche une aventure. C'est plus que ça. »
Cette déclaration fit froncer les sourcils du blond.
« M'as-tu déjà vu être intéressé par une relation sérieuse de ma propre volonté ? Ce n'est pas avec Granger que je vais commencer... »
L'air dubitatif de Blaise était suffisant pour faire comprendre à Drago ce qu'il en pensait, mais son meilleur ami n'insista pas.
La suite des évènements avaient donné raison à Blaise, même si Drago ne lui avouerait jamais ce constat. A la seconde où il avait posé les yeux sur elle en retournant à Poudlard, il avait su qu'il était foutu. Elle savait exactement ce qu'elle faisait, n'hésitant pas à jouer sur ses charmes pour lui faire perdre la raison. Et la raison, il l'avait perdue à la seconde où il l'avait vu nue.
Chacun de ses gémissements était une victoire, chaque cri le faisait frissonner, chaque « Drago » s'échappant de ses lèvres ravivait cette flamme inextinguible qu'elle avait embrasé à la seconde où elle avait posé ses lèvres sur lui.
Bordel, le corps d'Hermione Granger était addictif. Le plaisir était intense, brutal, animal et la seule chose dont Drago était certain, c'est qu'il ne voulait... non, il ne pouvait plus s'en passer.
Bien qu'ils n'aient jamais exprimé verbalement les limites de cette relation, l'idée même qu'un autre homme la touche lui donnait des envies de meurtre.
Il s'était contenté de jouer avec la limite de la discrétion, de tirer sur le fil de la décence en l'entrainant dans des lieux insolites, à des moments inopportuns. Chaque moment volé dans un placard à balais, dans la réserve des potions ou dans une salle de classe déserte renforçait son besoin de la sentir près de lui.
Il justifiait cette soif intarissable par l'excitation de l'interdit. Non, ce n'était pas le parfum enivrant de sa collègue, ni le fait qu'elle semblait toujours trouver ses points sensibles sans même avoir besoin de chercher, encore moins le fait qu'il ne semblait pas pouvoir se passer de l'éclat embrasé dans ses yeux quand elle jouissait... non, cela n'avait rien à voir.
Mais Drago aurait dû s'en douter, le destin était toujours là pour le rattraper, le repos et la tranquillité ne semblaient pas être au programme pour lui.
Quand Potter avait débarqué et avait lâché sa bombe concernant les Mangemorts, beaucoup de choses avaient changé pour Drago.
Enfermé dans le château, mais confiant dans le fait que sa mère soit en sécurité, il s'était laissé aller à un rapprochement avec Granger. Cette aventure se transformait petit à petit. Insidieusement, Granger prenait de plus en plus de place dans son esprit. Drago, qui avait longtemps cru qu'il était allergique à toute forme d'engagement, ne semblait pas s'en inquiété comme il aurait cru.
Non, l'idée que Granger soit à lui - complètement à lui – lui semblait de moins en moins déraisonnable. Il avait bien remarqué la lutte interne qui semblait habiter l'ancienne Gryffondor depuis quelques semaines, mais n'avait fait aucune réflexion. Elle le ferait quand elle sera prête et à ce moment-là, il ne la repousserait pas.
Lorsqu'il pensait à cette hypothèse, il sentait des papillons se réveiller dans son estomac. Cette sensation inconnue était loin d'être désagréable mais elle n'en était pas moins terrifiante. Se lier à elle serait une bénédiction autant qu'un saut dans le vide, périlleux et complètement inconnu, sans parler des conséquences s'il ne finissait pas se rétamer la tête la première... Pourtant, même cette perspective n'était pas suffisante pour le faire changer d'avis.
C'était sans compter sur son passé, qui avait une fâcheuse tendance à revenir le hanter ces derniers temps. Cette fois-ci, ses fantômes avaient pris la forme d'une femme aux cheveux noir de jais et aux prunelles azurées.
Il avait connu Astoria alors qu'il avait 8 ans, elle en avait 6. On lui avait toujours dit d'être gentille avec elle parce qu'un jour ils seraient mariés et Drago – en garçon obéissant – avait feint de s'intéresser à la jeune fille. L'arrangement entre leurs familles avait été scellé il y'a près de vingt ans mais depuis la guerre, Drago n'avait aucune intention de le respecter.
Le contrat n'avait aucune valeur pour lui et sans son consentement, la magie du contrat était caduque. Son père s'était bien gardé de lui faire part de cette information, qu'il n'avait appris que par le fruit du hasard pendant sa sixième année alors qu'il effectuait des recherches pour... Bref, il avait décidé ce jour-là que son père ne pourrait pas contrôler son choix de partenaire, d'autant plus qu'il n'avait guère de patience ou d'intérêt pour la romance. Depuis sa prison, puis sa tombe, son père ne pourrait pas faire grand-chose pour le convaincre de changer d'avis.
Dans les premières années de leur exil, sa mère avait tenté de le convaincre de se ranger, pour les apparences mais Drago l'avait vite fait déchanter. Lorsqu'il avait été accepté comme maître de conférence à Tokyo, il n'avait de toute façon aucune intention de rentrer au pays. Il n'était rentré que parce que Minerva était venue le chercher.
Il pensait cette histoire derrière lui, il n'avait plus eu de contact avec Astoria depuis sa fuite de Poudlard en compagnie des Mangemorts. Il avait appris par sa mère que leur père était mort et que son ainée Daphnée avait épousé un Français d'une obscure lignée aristocratique.
Quand elle avait débarqué dans son bureau cet après-midi-là, il avait eu bien du mal à cacher sa surprise. Il était quelque peu désarçonné par l'assurance de la jeune femme, qu'il se rappelait timide et effacée. Elle était entrée dans son bureau sans y être invitée et sans aucune hésitation, mais s'adressa à elle de son ton le plus glacial :
« Astoria, je peux savoir ce que tu fais là ? »
« Mais je viens te voir, voyons. » Répondit l'intéressé d'une voix doucereuse qui donnait la nausée à Drago. Elle le regardait d'un air surpris, comme si elle ne comprenait pas son attitude.
« Et qu'est ce qui te fais dire que j'ai envie de te voir ? »
« Ce n'est pas une manière de parler à ta promise, Drago. »
Drago, son prénom dans sa bouche le fit frissonner de dégoût. Peu de personne avait le privilège de s'adresser à lui par son prénom et elle n'était plus l'une d'entre elle, elle ne l'avait jamais été.
Il émit un rire glacial, à faire froid dans le dos, qui n'était pas sans rappeler celui que pouvait avoir sa tante, mais Astoria ne cilla pas. Campée sur ses escarpins en peau de dragon, elle le fixait d'un air digne, un petit sourire hautain peint sur ses lèvres.
« Je ne te savais pas aussi drôle, Greengrass. Vraiment, tu me surprends. » Il lui laissait une porte de sortie, un moyen de se défiler, mais elle ne bougea pas. « Nos pères sont morts et je n'ai jamais eu aucune intention de t'épouser. Tu as toujours été une enfant imbue d'elle-même et plus pourrie gâtée que moi, ce qui n'est pas peu dire. Même si j'avais l'intention de respecter la tradition d'un mariage arrangé pour m'allier avec une grande famille, tu serais mon dernier choix. Maintenant, sors de mon bureau. »
La voix du maître des potions était calme mais cassante, emplie d'une colère sourde qui ne demandait qu'à sortir. Astoria releva la tête et tourna les talons pour sortir, ses escarpins claquant sur le sol de pierre froid. Cette entrevue, bien que courte, suffit à mettre Drago dans une colère noire, qui l'empêcha de se concentrer et d'achever ses corrections avant le début de son cours.
Les élèves semblèrent comprendre l'état mental de leur professeur et ne pipèrent mot durant toute l'heure. Excédé, il avait dû rester après sa classe pour terminer son travail et s'était rendu en retard au dîner. Il n'avait pas vu Hermione mais n'en avait pas fait grand cas sur le moment. Quand il avait pénétré dans ses appartements, il avait dû fournir un gros effort pour contenir la rage qui bouillonnait à la vue d'Astoria l'attendant comme si elle était chez elle.
« Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans ce que je te dis ? Dé-ga-ge !»
« Mon amour » répondit la jeune femme d'un ton mielleux qui fit hérisser les poils de Drago. « Crois-tu vraiment que je vais abandonner si facilement ? C'est ton désir pour la Sang-de-Bourbe qui parle. Toi et moi savons que ce n'est qu'une passade, nous sommes faits pour être ensemble. Nous règnerons sur la haute société et tu pourras prendre la place qui te reviens de droit. »
Ses mots lui firent voir rouge et la mention d'Hermione fit contracter son estomac, un mauvais présentiment s'installant en lui. « Tu as dix secondes pour sortir ou je te jure que je t'abimerais tellement que même les meilleurs guérisseurs que les Gallions peuvent offrir ne pourront suffire. »
Si elle ressentait une quelconque angoisse, elle ne le montra pas mais elle se leva tout de même. Arrivant à sa hauteur, elle déposa un baiser sur la joue de Drago qui se tendit immédiatement et murmura au creux de son oreille :
« Tu le regretteras, mon amour. »
Drago garda un visage impassible mais ses yeux laissaient transpirer toute sa colère.
C'est ton désir pour la Sang-de-Bourbe qui parle.
Et si elle avait parlé à Hermione ?!
A cette idée, il sentit son estomac faire un bon et il s'engouffra dans les couloirs du château à toute vitesse. Connaissant Astoria, elle avait choisi avec soin ses mots pour blesser Hermione.
Il s'était d'abord rendu dans ses appartements mais elle n'était pas là, il avait alors arpenté le château pour la trouver, en vain. Avant de laisser tomber ses recherches, il tenta à nouveau ses appartements et toqua avec la boule au ventre.
La porte s'ouvrit et Drago se retint de soupirer de soulagement. Elle les yeux rouges et bouffis, mais un petit sourire imprimé sur le visage, qui disparut à la seconde où elle vit qui avait toqué.
Et merde.
Lorsqu'il croisa le regard glacial d'Hermione, il ne s'était jamais sentit aussi peu fier de lui, aussi peu digne. Il savait qu'elle avait des problèmes de confiance à cause de la Belette, il aurait dû aller la voir à la seconde où Astoria avait mis les pieds dans le château et tout lui expliquer.
Non, il aurait du tout lui expliquer depuis longtemps, à l'époque où ils apprenaient à s'apprivoiser, avant même de la voir nue, ce qui n'arriverait probablement plus jamais. A cette pensée, Drago sentit ses entrailles se serrer.
« Hermione… » commença-t-il avant qu'elle lui claque la porte au visage.
Il avait vraiment tout fait foirer.
Les papillons qui avaient pris quartiers dans son estomac depuis quelques temps semblèrent mourir d'un coup, leur poids se transformant en une enclume de désespoir.
Il avait fait tout foirer.
Une fois de plus.
Il avait laissé passer sa chance avec la seule femme qui semblait être capable de réchauffer son cœur glacé par les traumatismes de son adolescence.
Ruminant sa douleur pendant qu'il se trainait vers ses appartements, il finit par céder à la colère : il ne l'avait même pas laisser s'expliquer. Il n'était pas un expert en la matière, mais la clé d'une relation saine résidait dans la confiance et la communication et en cet instant, il n'y avait aucune des deux.
Mais ils n'avaient pas de relation, Drago était désormais persuadé qu'ils n'en auraient jamais une. Pour la première fois de sa vie, Drago sentit son cœur se briser.
Et voilà pour ce chapitre, j'espère que le PDV Drago vous aura plu. Évidemment que toute cette histoire est un quiproquo, et bien sûr qu'ils pourraient avoir un comportement d'adultes réfléchis et responsables… mais comme souvent en matière d'amour, la raison a du mal à l'emporter sur les émotions.
J'ai voulu aussi me concentrer sur le parcours de Drago en le prenant sous l'angle de son rapport à son propre héritage et à sa manière de l'appréhender dans un monde qui n'a plus de place pour les anciennes valeurs.
Bon le coup du mariage arrangé, un classique mais qui marche toujours. Surtout quand on connait les coutumes des Sang-Purs dans cet univers. Qu'est ce que vous pensez d'Astoria ?
Le prochain chapitre est loin d'être achevé, j'ai des bouts de tous les chapitres et de l'épilogue mais il y a encore pas mal de travail. Il sera du PdV d'Hermione.
En plus, je n'ai vraiment pas réussi à me sortir ma nouvelle idée de la tête donc il m'arrive parfois de laisser la hussarde noire de côté pour continuer le world building de la prochaine… qui va beaucoup, mais alors beaucoup sortir du canon. J'espère que je pourrais vous la livrer un jour, mais si j'y arrive ce sera un gros morceau.
