Traduction : Tressym383

Relecture : Zodiaaque

Résumé : Le signal de détresse est lancé et l'intervention commence.


Midoriya pouvait reconnaitre un cri de Bakugo à un kilomètre de distance. Il les entendais jusque dans ses rêves, une chorale de « va te faire voir » et « va crever ». Mais le temps qu'il arrive sur place, les cris s'étaient changés en sanglots.

Bakugo était au sol, ses divagations incompréhensibles déferlant à travers les douces tentatives de Kirishima pour le calmer. Celui-ci désactiva son alter malgré les explosions toujours crépitantes des mains du blond et se pencha précautionneusement vers lui. Midoriya tressaillit, s'attendant à ce que son ami se fasse éjecté plus loin, mais à sa grande surprise… Bakugo se laissa aller contre lui. Les crépitements se calmèrent alors qu'il s'affaissait mollement contre lui.

"Kacchan !" Il se précipita vers eux tandis que Kirishima ajustait Katsuki dans une position qui lui permettait de le porter. Dans d'autres circonstances, il aurait été impressionné, sachant personnellement à quel point Katsuki était lourd. Des brûlures rouge vif sur son dos et son avant-bras le ramenèrent cependant à l'instant présent.

"Qu'est-ce qui s'est passé ?!" Tout en évaluant les dommages, il réalisa que Bakugo n'était plus conscient. "Est-ce qu'il va bien ?!"

"Midoriya, va chercher Aizawa." Kirishima dicta d'une voix étonnement calme.

"Mais- "

"S'il-te-plaît." il le coupa.

"Oh mon Dieu !" Mina arriva depuis le coin d'un immeuble pour trouver Midoriya en larmes et la personne la plus entêtée qu'elle connaisse être portée comme une jeune mariée. "Qu'est-ce qui s'est passé ?!"

"Est-ce qu'il s'est blessé ?!" Midoriya geignit.

À nouveau ?

"Deku !" Kirishima le pressa.

"Oui, Aizawa." Un soudain étourdissement le fit légèrement trébucher avant qu'il ne puisse resituer où se trouvaient ses pieds.

"Professeur !" Il n'avait pas réalisé qu'il utilisait le One for All avant qu'il essaie de s'arrêter et qu'il ne glisse un mètre plus loin.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" Aizawa abandonna la réprimande qu'il était en train de faire à Kaminari pour être inconscient de son environnement (comment était-ce possible d'oublier que le métal était conducteur ?).

"Kacchan !" il cria.

"Eh bien, ça explique tout." il soupira avec sarcasme. "Amène-moi à lui, gamin."

Kirishima les rencontra à mi-chemin et ils furent rapidement de retour aux vestiaires. Katsuki commença à bouger à nouveau pendant qu'Aizawa aidait à l'installer sur le banc. Kirishima essaya de reculer pour lui donner plus d'espace pour respirer, mais la main droite du blond avait une prise de fer sur le devant de sa veste de sport.

"Bakugo, tu peux m'entendre ?" Aizawa plaça le dos de sa main sur le front en sueur de son élève. Celui-ci grimaça au toucher.

"Hey, Baku-bro." Kirishima lui secoua doucement l'épaule. "T'as un public."

Il n'eut pour réponse que des sons inintelligibles, qu'il devina comme étant des insultes.

"Que c'est-il passé ?" Aizawa demanda à Kirishima.

"Il- Quand je..." Pour la première fois depuis que Midoriya était arrivé sur la scène, l'expression calme de Kirishima se brisa. "On s'entrainait juste. Puis je l'ai plaqué au sol et il a juste- "

Il s'interrompit brusquement, au bord des larmes. Puis essaya de nouveau.

"Je l'ai immobilisé et il s'est affolé. J'ai lâché prise, mais il a continué à paniquer et a commencé à parler d'All Might et à dire des trucs comme- À dire qu'on aurait dû le laisser à Kamino."

"All Might lui a déjà dit." Midoriya déclara d'un air désespéré. "C'était pas de sa faute. Je pensais qu'il l'avait compris."

"Eh bien, sa mère n'était pas du même avis." Kirishima grommela amèrement.

"On en reparlera plus tard." Aizawa interrompit abruptement. "Mina, j'ai besoin que tu ailles chercher Recovery Girl."

"Compris." elle rompit son silence stupéfait et s'exécuta.

Bakugo bougea à nouveau, son gémissement affligé attirant à nouveau l'attention de Midoriya sur ses joues encore humides et ses yeux gonflés. Il l'avait déjà vu pleurer, bien des fois. Il était du genre à pleurer de colère lorsqu'il était fatigué, s'enfuyant pour éviter que quiconque ne le voie alors que la frustration le submergeait. C'était à peu près la même chose lorsqu'il pleurait parce qu'il souffrait physiquement : les reniflements impétueux étaient accompagnés de tentatives pour effacer les preuves en passant son bras sur ses larmes avant que quiconque ne s'en aperçoive.

C'était cependant différent cette fois-ci. Ces pleurs désespérés, désordonnés et terrifiés étaient rares et Izuku les craignait. Ça lui rappelait ce qu'il avait vu dans la maison des Bakugo lorsqu'il était encore trop jeune pour comprendre. Ça lui rappelait la nuit où il l'avait surpris sur son habituel terrain d'entraînement en forêt, avec des bras couverts de brûlures qu'il avait refusé d'expliquer. Cet aspect fragile et secret que Katsuki refoulait n'avait pas sa place à UA. UA était le lieu où sa version invincible était venue prouver qu'il était le meilleur, tandis que le Katsuki vulnérable était un secret qui ne lui sera jamais pardonné de connaître.

Des étincelles crépitantes rayonnèrent à travers les arbres, accompagnées de cris affolés. De petites brûlures étaient apparues le long de ses avant-bras.

"Me touche pas, putain ! Laisse-moi tranquille !"

Les yeux rouges papillonnèrent et la peur se changea en confusion.

"C'est quoi ce bordel ?"

"C'est quoi ce bordel, en effet." Aizawa répondit avec ironie. "Bon retour parmi nous."

Lorsqu'il reprit pleinement conscience, Katsuki s'éloigna brusquement de Kirishima et la confusion devint de l'inconfort.

"Je vais bien."

"Kacchan, c'est faux !" À la seconde où ça lui échappa, Izuku regretta immédiatement son erreur.

"Qu'est-ce que tu fous ici, bordel ?" il grogna. "T'es venu voir le putain de spectacle ? Voir la bête de foire devenir folle ?"

"Kaccha- "

"Laissez-moi tranquille putain, vous tous !" il cria.

"Merci pour ton aide, Midoriya." Aizawa reprit plus calmement. "Tu peux repartir."

Ce n'était pas juste. Il connaissait Kacchan mieux que quiconque. Il était à ses côtés depuis le début, il essayait de l'aider depuis des années. Pourquoi Katsuki ne le laissait-il jamais faire ?

"Qu'est-ce que t'as osé dire, putain de balance ?!"

"Kacchan, je- "

"Pourquoi ce professeur de merde, qu'en a rien à foutre de moi de toute façon, parle de mes parents ?"

"Elle me l'a demandé !"

"T'a demandé quoi ?"

"Si- si j'avais déjà vu tes parents te frapper."

Des cris, des insultes et des explosions suivirent. Les enseignants ne firent rien. Ils ne firent rien non plus pour Mitsuki. Ils ignorèrent le problème comme ils l'avaient toujours fait.

Lorsque Iida et Ochako commencèrent à lui demander ce qu'il se passait, Izuku secoua simplement la tête. Tout ce qu'il dirait ne serait que de nouvelles raisons pour que Katsuki le déteste.

"Quelqu'un a été blessé ?" une élève de la seconde B demanda.

"Le gars à l'alter de pierre et celui aux explosions ont évacué." un autre répondit.

"Pauvre gars. Il est si gentil, je sais pas pourquoi il traîne avec quelqu'un d'aussi agressif."

"En fait, celui-ci va bien." un troisième élève les informa. "Je l'ai vu retourner aux vestiaires en portant Bakugo."

"Merde, t'es sérieux ? Comment ça a pu arriver ? Il s'est explosé lui-même ?!"

"Ça m'étonnerait à peine, il est assez violent."

"Arrêtez ça !" Midoriya interrompit. "Vous ne le connaissez pas, alors juste, taisez-vous !"

C'était sorti avec plus de force qu'il ne l'avait prévu, à en juger par tous les regards sur lui.

"Ce que la seconde A a en puissance brute est compensé par le fait que la moitié d'entre eux sont fous furieux." Monoma ricana.

"Tu devrais avoir une autre conversation avec Shinso." Ochako le défendit.

"Midoriya !" Kaminari l'appela en courant vers lui, suivit de près par Sero. "Qu'est-ce qui se passe ? Ça concerne Bakugo ?"

"Il... ne se sent pas bien." il répondit faiblement.

"Du genre à être évacué du terrain." Monoma ajouta. "Il devient plutôt doué dans le rôle de la princesse Peach qu'il s'est attribué."

"Est-ce qu'il va bien ?" Sero ignora le cauchemar ambulant de l'autre classe.

Midoriya essaya de faire ce que Kacchan voudrait : mentir et dire qu'il allait bien, qu'il allait toujours bien.

Il en fut incapable.

"Non."


Aizawa savait qu'il avait les meilleures intentions du monde, mais s'ils voulaient avoir une chance que Bakugo coopère, Midoriya devait partir. Heureusement, Kirishima put exercer son espèce de magie avant que les choses ne deviennent trop combatives.

"Mec, tu veux de l'eau ou autre chose ? T'as mauvaise mine."

"Va te faire voir, je suis très bien." Son patient agacé se renfrogna, mais accepta malgré tout la bouteille offerte. Kirishima était un sorcier. Il n'y avait pas d'autre explication.

"Tu m'as vraiment fait flipper, pendant une minute." Il garda son ton décontracté. "Je sais que je suis un adversaire redoutable, mais j'aurai jamais cru tuer accidentellement un camarade."

Bakugo renifla. "J'ai juste sauté le petit-déjeuner, c'est tout. Donne-moi un truc à manger, je te détruirai juste après."

"Tu as juste sauté le petit-déjeuner, hm ?" Recovery Girl interrogea avec scepticisme en arrivant avec Mina sur les talons. "Après quoi tu as perdu le contrôle de ton alter et t'es évanoui."

"Et le dîner." il concéda. "Et le déjeuner d'avant."

"Tu peux te lever ?" Elle lui donna un léger coup de canne.

"Bien-sûr que je peux. Je suis pas un ancien comme vous."

Il réussit presque à se tenir sur ses pieds avant de vaciller sur Kirishima.

"Tu as un sacré caractère, tu le sais ?" Elle commença à lui toucher les brûlures, provoquant un grondement surpris de la part de Bakugo.

"Putain, prévenez-moi au moins !" Il serra les dents. "Bordel !"

"Tu t'es bien amoché." elle déclara sérieusement, avant d'ajouter plus doucement, "Jeune homme, comment tu as réussi à te brûler toute la peau entre tes omoplates ?"

"C'est de ma faute." Kirishima répondit d'un air penaud. "À ce moment-là, je lui tordais le bras en arrière."

"T'as rien fait du tout." Bakugo démentit. "Écoutez, je transpire de la putain de nitroglycérine. Des accidents arrivent. Je ferai plus attention la prochaine fois."

Elle le regarda un instant, puis se tourna vers Ashido. "Mina chérie, tout va bien ici. Retourne en classe."

Mina eut l'air de vouloir protester, mais finit par acquiescer, maintenant son calme inhabituel. Recovery Girl se retourna vers Bakugo à l'instant où l'adolescente quitta la salle.

"Tu ne risques rien, chéri. Nous essayons juste de comprendre." Elle avait dû voir des failles dans sa carapace pour utiliser un surnom affectueux comme chéri avec Bakugo. "Pour commencer, pourquoi n'as-tu pas mangé ?"

Il sembla surpris par la question, comme s'il ne venait pas de leur rapporté quelque chose de véritablement inquiétant une minute plus tôt.

"Ça me disait rien."

Il évita le contact visuel et se recroquevilla sur lui-même, le désir de se cacher perceptible dans tout son langage corporel.

"D'accord." Elle le laissa tranquille pour le moment. "Je vais te soigner désormais, mais je ne veux pas que tu retournes en classe aujourd'hui."

"Peu importe."

Bien que les brûlures étaient vives et douloureuses, elles étaient superficielles. Pourtant, dès que l'alter s'activa, Bakugo vacilla.

"Je vois, tu n'as pas beaucoup dormi non plus." L'infirmière fronça les sourcils.

"Qu'est-ce que vous êtes, ma putain de mère ?" il marmonna, groggy.

"Ne dis rien jusqu'à ce que ce soit fini." Elle sourit avec tristesse alors que Bakugo s'évanouissait à nouveau dans les bras de Kirishima.

"Est-ce que tu pourrais l'emmener à l'infirmerie avec moi ?" elle demanda au garçon.

"Ouais, je m'en occupe."

"Merci." elle répondit. "Je ne veux pas aggraver son état plus que nécessaire, donc je pense qu'il vaut mieux que tu sois le seul à le toucher. Il semble te faire confiance."

Aizawa regarda Kirishima soulever son ami comme s'il était un poids plume. Il le porta jusqu'au bureau de l'infirmière, puis se planta de manière protectrice à côté du lit pendant que Bakugo y dormait.

"Kirishima." il appela, lui faisant signe de le suivre dans un coin plus privé. "Un instant."

"Qu'est-ce qu'il y a ?" Il le suivit avec attention, tel un subordonné au rapport.

"Tu as besoin d'une pause." Aizawa déclara sans détours.

"Ah ?"

"Par rapport à tout ça." il clarifia. "Laisse les adultes s'en occuper pendant un petit moment."

"Vous avez entendu Recovery Girl." il protesta. "Il me fait confiance."

"En effet." Aizawa accorda. "Je suis sûr que cette confiance a été durement gagnée et je ne sais pas comment tu t'es débrouillé pour. Mais tu dois aussi penser à toi."

Kirishima se mordit la lèvre de ses dents pointues avec incertitude.

"Qu'est-ce qu'il y a ?"

"Vous ne le connaissez pas..." L'adolescent lutta. "Vous ne le connaissez pas autant que moi."

"C'est vrai." il concéda. " Il y a quelque chose en particulier que je dois savoir ?"

Le visage courageux de Kirishima s'affaissa finalement.

"Il- Kamino l'a vraiment affecté et ça ne s'arrange pas." il avoua, les larmes s'échappant finalement parce que c'était inévitable, il n'était encore qu'un enfant. "Et ses parents n'aident pas. Son père essaie, j'imagine, mais sa mère… Je crois qu'elle l'a vraiment fait souffrir avant et je- Je sais pas quoi faire."

"Son environnement familial me préoccupe aussi." il confia. "Je suis encore en train de déterminer quoi faire avec Six, mais je te promets, tu n'es pas le seul à avoir remarqué que ça n'allait pas."

Kirishima pleurait désormais à flots. Comment quelqu'un comme Bakugo finissait toujours entouré de grands sensibles ?

"Je pense que quelque chose de vraiment grave est arrivé."

"Il s'est fais enlevé." Aizawa rappela. "Ça va prendre du temps pour qu'il s'en remette."

"Non, je veux dire- Je sais pas comment l'expliquer, mais c'est plus que ça."

"D'accord." L'adulte hocha la tête. "Je te crois."

"Si tu fais sentir à tes élèves qu'ils sont bien écoutés, le reste viendra naturellement."

Six avait encore une fois raison, mais elle n'avait certainement pas besoin de le savoir.

"On trouvera une solution." il continua. "Tu es dispensé du reste du cours pour rester avec lui, mais si tu sens que tu as besoin de faire une pause, fais-le."

"Oui, monsieur !" il acquiesça avec énergie.

C'était une discussion de faite, il devait désormais retrouver le gamin turbulant.

Sans surprise, il le retrouva en train de causer des soucis.

"Il était pas du style à te frapper au collège ou un truc du genre ? Pourquoi tu t'en préoccupes ?"

"Tu ne nous connais pas !"

"Midoriya !" il appela. "Viens me voir une minute."

Midoriya bondit vers Aizawa, la querelle qu'il disputait apparemment déjà oubliée.

"Comment il va ?" il demanda avec empressement.

"Il dort." fut tout ce qu'Aizawa était disposé à lui répondre. "Je voulais te demander quelques éclaircissements."

"Comme quoi ?" Son expression passa rapidement de la curiosité à la prudence. La méfiance innée était quelque chose qu'il avait appris à accepter venant de Bakugo, mais il ne s'était pas attendu à un tel soupçon de Midoriya.

"Tu es celui qui le connais depuis le plus longtemps." il expliqua. "Est-ce que quelque chose du même genre s'est déjà produit dans le passé ?"

"Pas exactement, mais… en quelque sorte ?"

"Explique-moi."

"Enfin, je pense pas que ça ait été fait volontairement cette fois."

"Pardon, quoi ?" Le regard neutre d'Aizawa s'élargit sous la surprise.

"Non, ce n'est pas arrivé dans le passé." Midoriya corrigea, plus déterminé.

"Okay, revenons en arrière une minute." Il n'allait pas lâcher l'affaire si facilement. "Il a fait ou n'a pas fait quoi volontairement ?"

"Je- Vous savez, enfin..."

"Midoriya."

"Okay, il s'est pas blessé volontairement cette fois-ci !"

"Mais il l'a déjà fait dans le passé." il insista.

"Il- " L'adolescent avait l'air d'avoir la nausée. "C'était pas... J'en suis pas certain, et c'était juste une fois."

Aizawa soupira lourdement.

"Okay, bien. Et à propos de ses parents ? Tu les connais bien ?"

Quels que furent les progrès réalisés au cours de la conversation, Midoriya se renferma aussitôt.

"Ce n'est pas ma maison." il claqua, d'une manière étonnamment sèche venant de lui.

"Mais vous avez passé beaucoup de temps ensemble en grandissant."

"J'ai arrêté d'y aller." Midoriya déclara fermement. "Je n'y suis pas allé depuis des années. Je ne pourrais pas vous dire de quoi ça a l'air aujourd'hui."

Quel que soit l'ordre de silence que Bakugo avait soumis à Midoriya, il ne fit qu'augmenter ses soupçons.

"Je veux l'aider." Aizawa tenta d'adoucir son extérieur bourru, mais son élève resta impassible.

"C'est ce qu'ils disent tous."


NAO : Le prochain chapitre va être assez intense, juste pour vous prévenir.