Traduction : Tressym383
Relecture : Zodiaaque
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Résumé : Kirishima essaye de comprendre et Bakugo essaye de prétendre [CW].
NP : Ce chapitre est assez dur et descriptif, donc attention aux personnes sensibles et/ou concernées. J'ai fais un résumé safe à la fin pour ceux qui aimeraient le skipper ou savoir vers où arrêter de lire.
NAO : Ça va sûrement piquer un peu.
"Mina !" Kaminari l'appela en la repérant derrière Cementos.
"Salut les gars." Elle fit un faible sourire aux garçons qui s'approchaient. Au moins, certains de ses amis allaient bien.
"Qu'est-ce qui se passe ?" Sero demanda directement.
"Je sais pas vraiment, pour être honnête. Je crois que Bakugo s'est brûlé par accident."
"Ça ne lui ressemble pas." Sero s'étonna. "Alter capricieux ou pas, son contrôle dessus est toujours impeccable."
"Je sais." elle acquiesça. "Mais je crois que ce qui va pas est plus... mental."
"Comment ça ?"
"J'en sais rien." Elle n'avait pas le lexique nécessaire pour le qualifier, elle n'était pas médecin, mais le terme stress post-traumatique avait déjà été évoqué dans des cours sur les héros et les répercussions de leur profession sur leur vie privée. "Il n'a pas mangé. Kirishima a dit qu'il a eu une crise de panique ou quelque chose du genre pendant leur entraînement."
"Kiri est avec lui ?" Kaminari demanda.
"À l'heure actuelle, je pense pas que tu réussirais à les séparer si t'essayais." L'ombre d'un sourire releva le coin de ses lèvres.
"Merde." Il se gratta nerveusement la tête.
"Vous pensez que c'est à cause de Kamino ?" Sero reprit.
"J'en sais rien." elle répéta, elle n'en savait tout simplement rien.
"Peut-être que..." Kaminari commença avec hésitation. "Qu'il s'est passé quelque chose pendant qu'il était porté disparu. Je veux dire, il était seul avec les vilains pendant toute une journée."
" -Qu'on aurait dû le laisser à Kamino."
"Peu importe pour quoi, il se rejette la faute dessus." Elle secoua la tête d'un air triste. "Pour s'être fait enlever, pour All Might et pour tout ce qui a pu se passer entre tout ça."
Juste au moment où Bakugo commençait enfin à s'habituer aux réveils dans sa nouvelle chambre, il se réveillait désormais face à un plafond blanc, dans des draps blancs et sans aucune idée de la manière dont il était arrivé ici.
Ce n'est pas le bar, donc tout va bien, calme-toi.
S'asseoir fut une corvée, et lorsqu'il tenta de se frotter les yeux, seule une main coopéra. L'autre était prise au piège par un certain rouquin, qui avait d'une manière ou d'une autre réussi à s'endormir à cheval entre une chaise en plastique et le lit d'hôpital. Il commença à bouger, reprenant ses esprits bien plus vite que Bakugo.
"Te revoilà !"
"J'étais parti quelque part ?" il demanda, perplexe.
"En quelque sorte." Kirishima répondit en l'observant d'une manière qui lui donna l'impression d'être passé aux rayons-X. Bakugo se glissa hors des couvertures, soulagé de constater que son pantalon était toujours en place et que seul son t-shirt avait été remplacé par l'une des tuniques blanches de l'infirmerie.
"Où tu vas ?" Kirishima le suivit.
"Aux dortoirs." il répondit, déterminé.
"Recovery Girl veut te voir av- "
"Ouais, et moi je veux pas la voir."
Kirishima finit par le laisser faire, comme l'idiot le faisait toujours malgré ses caprices, et resta quelques pas derrière tout au long du chemin jusqu'à leurs chambres, où Bakugo comptait enfin pouvoir s'échapper.
"Je pense pas que tu devrais rester seul à l'heure actuelle." Kirishima insista avec sérieux.
"Je suis pas un putain de gosse."
"S'il-te-plaît, Bakugo." il supplia. "S'il-te-plaaaaît. Tu m'as vraiment fait peur tout à l'heure, accorde-moi au moins ça !"
"Fais comme tu veux." Il ouvrit la porte si brusquement qu'elle rebondit sur le mur en claquant.
"Merci !" Kirishima s'inclina rapidement avec les mains jointes.
"Bouge-toi d'entrer."
Il s'empara directement de la vodka cachée dans un tiroir du bureau.
"Tu devrais au moins manger quelque chose avant de boire ça." Kirishima commanda autant qu'il supplia.
Bakugo accompagna sa gorgée de son majeur avant de remettre la bouteille dans le tiroir. Il s'effondra ensuite sur son lit, encore épuisé par la journée catastrophique. Kirishima tira sur la chaise du bureau et s'y installa en cowboy, les mains et le menton sur le dossier. Bakugo plaça un bras sur ses yeux, mais ça ne l'empêcha pas de sentir le regard insistant de l'autre garçon au travers.
"Quoi, Tête d'orties ?"
"Je pense que t'as vraiment besoin de parler à quelqu'un." il avoua.
"Et moi qui pensais que t'étais la seule personne qui me croyait pas taré."
"Je te crois pas taré !" Kirishima nia, presque offensé. "Mais tu parles jamais de ce qui s'est passé et... Je sais pas ce qu'ils t'ont fait quand ils t'ont enlevé, mais tu vas pas bien."
Bakugo laissa échapper un son entre une moquerie et un grognement.
"La façon dont tu te comportes, c'est comme si- " les mots commencèrent à tomber. "T'avais été vraiment blessé. Genre, comme si tu t'étais cassé un os, comme ta jambe ou quelque chose du genre ? Mais que tu continuais malgré ça à courir et à t'entrainer. Et t'irais pas voir un médecin parce que tu prétends que c'est pas si grave, mais ça l'est et ça ne guérira pas parce que tu ne t'en occupes pas."
"Et si c'était plus une très vieille blessure qui n'avait pas bien guérie ?" Bakugo suivit la métaphore, se surprenant lui-même. "Et que tu venais juste de blesser à nouveau cette même jambe, mais pas aussi sévèrement que la première fois. Il y aurait donc pas grand-chose à faire."
"Alors je pense que tu devrais prendre le temps de remettre l'os en place un bon coup pour qu'il guérisse correctement. Ou alors il sera en mauvais état pour toujours. Comme les épaules de John McCain."
"C'est un plan horrible, putain."
"Ouais, ça a l'air assez foireux." il admit. "Et si on commençait juste par parler de la chose la moins terrible qui se soit produite, plus récemment ?"
"C'était rien." Bakugo esquiva immédiatement.
"Alors ça devrait pas être si dur d'en parler." Kirishima raisonna.
Elle aime être derrière lui uniquement parce que ça le dérange. Elle prend son pied. Ses mains sur ses épaules glissent jusque sur son ventre.
"T'es si musclé." Elle trace la ligne médiane de son abdomen. "Dommage que ça ne t'ait pas aidé."
"Cette fille métamorphe aux couteaux... Elle a juste dit des conneries sur le fait de vouloir me mutiler et elle m'a un peu tripoté."
"Eh bien, ça a l'air terrifiant." Kirishima répondit.
"C'était que de la gueule." il minimisa. "Shigaraki voulait faire de moi leur nouvel ami, donc elle pouvait pas faire grand-chose. Je pense que ça la faisait juste jubiler de se foutre de moi."
"Même, ça craint."
Bakugo baissa les yeux sur les poings serrés sur ses genoux et resta silencieux.
"J'aurais flippé." Kirishima continua. "Être enchaîné près de quelqu'un comme ça... Je veux dire, t'avais aucune idée de ce qu'ils comptaient faire. Bien-sûr, Shigaraki voulait pas qu'elle te fasse du mal, mais il était pas vraiment là, alors qui aurait su ? Ils auraient pu faire tout ce qu'ils voulaient de toi. Ça devait être horrible. Même si elle t'a pas blessé physiquement, ça craint quand même et ça reste traumatisant."
Sa gorge était trop serrée pour parler, alors il se contenta d'hocher la tête.
"Mais la première fois que quelqu'un t'a effrayé comme ça," Kirishima continua. "La personne t'a vraiment fait du mal, pas vrai ?"
"T'as quelque part où aller ?"
"Non."
Un sanglot soudain lui échappa alors qu'il pressait sa main contre sa bouche. Il remonta le long de sa gorge. Merde, d'où ça venait ? Il allait bien une minute avant.
"Qu'est-ce qui s'est passé ?" Kirishima demanda doucement.
Bakugo secoua la tête, les épaules tremblantes. Il commença à se mordre le poing, mais à la seconde où son cerveau enregistra la sensation des doigts dans sa bouche, il vacilla jusqu'à la poubelle et se vida l'estomac.
"C'est pas grand-chose, mais c'est mieux que la rue." l'homme s'excuse chaleureusement. Il passe une main dans ses cheveux, y chassant instantanément leur humidité. "Tu veux du thé ou quelque chose d'autre ?"
Il s'essuya la bouche du dos de la main tandis que l'acidité lui brûlait la gorge.
"D'accord." Kirishima laissa échapper une longue expiration et lui tendit un mouchoir du bureau. "Si c'est trop d'un coup, on peut peut-être commencer par le lieu où ça s'est passé ?"
Il fait froid. Le chauffage ne fonctionne pas et un courant d'air passe par la fenêtre malgré le morceau de carton rafistolé dessus avec du ruban adhésif. Le thé bout sur un feu à même le sol. Il ne prend pas la peine de demander pourquoi le fourneau n'est pas utilisé. Il ne sait pas encore ce qu'est un « squat ».
"Tu habites dans le coin ?" l'homme demande.
"En quelque sorte."
"Dans un immeuble de merde en bas de la rue de Tsubasa. Je crois qu'il est condamné maintenant."
"D'accord." Kirishima hocha la tête. "Qu'est-ce que tu y faisais ?"
"Ça devrait te réchauffer un peu."
Les gorgées de thé réchauffent le froid dans ses veines, jusqu'au moment où il perd connaissance.
"Je me protégeais juste de la pluie." Il n'était pas sûr de l'avoir dit à haute voix avant que Kirishima ne lui réponde.
"D'accord, donc tu t'es réfugié du mauvais temps. Qu'est-ce qui s'est passé après ça ?"
Lorsqu'il se réveille, tout est trop chaud, lourd et suffocant. Il s'étouffe en essayant de respirer autour des doigts enfoncés dans sa bouche jusqu'au fond de sa gorge, qui se contracte. Il veut bouger ses bras, mais seul l'un des deux coopère, l'autre est plaqué par une forte prise. De faibles étincelles brûlent le poids sur lui.
"Crois-moi, ce n'est pas dans ton intérêt de faire ça." la voix grogne contre sa poitrine. Il peut de nouveau respirer lorsque la main quitte sa bouche pour attraper une pomme légèrement moisie sur le rebord de la fenêtre et l'apporte dans son champ de de vision. Le fruit rond commence alors à rétrécir et se froisser, se noircissant en une forme sèche et sans vie.
"Tu étais seul quand tu y es allé ?" Kirishima demanda.
"Tu savais que les humains sont composés à quatre-vingt pourcents d'eau ?"
Les paumes de Bakugo explosèrent sans sa permission, brûlant la couette du lit.
"Je peux pas, je peux pas- " Il ne pouvait pas être là, il ne pouvait pas penser, il ne pouvait pas respirer. "Putain, je peux pas faire ça !"
"Okay, okay, whoa." Kirishima se remit sur ses pieds. "On fait une pause. Respire avec moi."
Il instaura un rythme de respiration volontairement exagéré et Bakugo parvient à se distraire de la nausée en imaginant à quel point Kiri aurait l'air idiot dans une tenue de Richard Simmons.
"C'est pas grave si tu peux pas me le dire." il assura. "C'est juste que... J'ai besoin que tu me croies. Peu importe ce qu'il s'est passé, ce n'était pas de ta faute."
"J'étais un putain d'idiot, j'ai fait confiance à un putain d'inconnu." il contesta.
"Tu avais quel âge ?" Kirishima demanda prudemment.
"Onze ans." il lui répondit à contrecœur. Il savait de quoi ça avait l'air dit à haute voix, mais il aurait tout de même dû mieux le savoir.
"Qu'est-ce que tu faisais seul sous la pluie à onze ans ?" Kirishima garda son ton neutre.
"Je m'étais disputé avec ma mère." Bakugo se sentait de plus en plus acculé à chaque question. "Elle m'avait dit de pas revenir."
"Elle te foutait dehors ?" Une inquiétude exaspérée s'infiltra dans sa réponse.
"Des fois." Il tritura nerveusement un trou causé par une brûlure sur son pantalon.
"T'avais onze ans et t'étais seul dans la rue." Kirishima insista. "Ça... craint vraiment, mec."
"Je m'en sortais bien d'habitude..." il se défendit. "J'étais doué pour trouver un endroit sûr où dormir. Là j'attendais juste à l'arrêt de bus que l'averse passe."
Les bras rentrés dans son sweat fin, il a beau se recroqueviller, le froid continue de s'infiltrer. Minant son énergie et son alter.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé à l'arrêt de bus ?" Kirishima l'encouragea patiemment.
"Je- hm, j'y ai rencontré quelqu'un." Il commençait à se sentir étourdi, comme si tout ce qui l'entourait n'était plus tout à fait réel. "Je savais que c'était débile, putain ! Il faisait pas froid au point de mourir ou quoi, j'aurais dû l'envoyer chier ! J'étais juste... tellement fatigué."
Des mains sont sur ses vêtements, mais il ne résiste pas. Trop abasourdit et dépassé pour réaliser ce qu'il se passe, il ajuste même son poids pour s'adapter aux mouvements des tissus.
Il se laisse faire.
"Quelqu'un t'a proposé un endroit où rester ?"
Son t-shirt glisse vers le haut, le tissu rugueux du canapé râpe sa peau nue. La poussière abondante empire ses capacités à respirer, respirer, il ne peut pas resp-
"Bakugo ? Reste avec moi, mec. On est à UA, t'es en sécurité ici."
"Je sais, putain !" Il essaya d'avoir l'air énervé, mais sa voix était trop faible et cassée pour être intimidante.
Les attouchements deviennent plus envahissants, il est terrorisé. Il ne veut pas. Il veut que tout s'arrête, il veut juste une pause pour qu'il comprenne ce qu'il se passe, juste le temps qu'il puisse réussir à respirer de nouveau.
Ses cheveux sont tirés violemment, forçant sa tête en arrière.
Au moins ils ne sont plus humides.
Il se leva brusquement, puis marcha à la fenêtre avant de revenir sur ses pas.
"Le sujet est clos." il claqua.
"Bakugo..." Kirishima avait l'air d'avoir le cœur complètement brisé. C'était déroutant. "Est-ce qu'il- ?"
"Ne le dis pas, putain."
"Est-ce qu'il t'a violé ?"
"DÉGAGE !"
Dans la panique, il recourut à ce qu'il connaissait le mieux : la violence et les cris.
"Je suis déso- "
"JE T'AI DIS DE DÉGAGER, PUTAIN !"
"Okay, okay, j'y vais !" Kirishima leva les mains pour l'apaisé et se dirigea vers la porte. "Je suis désolé !"
Bakugo claqua la porte derrière lui. Sans personne sur qui crier, il le fit dans le vide de manière inintelligible en lançant et faisant exploser tout objet à sa portée. Son bureau était quasiment vide lorsqu'il s'empara de la bouteille de vodka encore à moitié pleine.
Kirishima s'effondra sur son lit, les yeux clos, alors que le chaos faisait rage derrière lui. Dans la pièce voisine, les cris continuaient. Les bruits sourds et les explosions lui donnaient une sombre idée de l'état de la chambre de l'autre côté du mur. Certainement complètement ravagée.
Il ne savait pas avec certitude ce que Bakugo avait vécu, que ce soit en grandissant ou à Kamino, mais par ses réactions... Il pouvait en déduire assez pour se faire une idée. Une enfance traumatisante aggravée par un cadre familial chaotique et toxique.
Il tressaillit lorsqu'une explosion particulièrement bruyante secoua le dortoir.
L'avait-il seulement déjà dit à quelqu'un ? Probablement pas, s'il était honnête. Il ne l'avait même pas vraiment dit à lui. Mais à quoi bon le savoir ? Il ne pouvait pas le forcer à solliciter de l'aide, Dieu lui-même savait qu'on ne pouvait pas forcer Bakugo à faire quoi que ce soit.
Mais quelqu'un l'avait fait.
L'idée lui donnait la nausée, mais elle apaisa aussi l'inquiétude d'avoir fait le mauvais choix en partant. Il était persévérant -il devait l'être pour résister à tout cet entêtement- mais refuser de donner à Bakugo son espace personnel semblait dangereux. Peut-être pas plus dangereux que de le laisser seul, mais il ne voulait pas perdre la confiance qu'il avait mis tant de temps à gagner.
Le chaos à côté semblait désormais se calmer. Quelques minutes plus tard, tout était redevenu silencieux. Il pressa une oreille contre leur mur et entendit Bakugo haleter, mais aucune explosion ne suivit. Il frappa trois coups dessus, comme à chaque fois que son ami finissait une crise. Ça prit un certain temps, mais à son grand soulagement, Bakugo lui répondit. Il n'osait pas encore essayer d'y retourner, mais un message ne pouvait pas faire de mal.
Moi :
Ça va mieux ?
Il ne s'attendait pas à une réponse, mais à sa grande surprise :
BakuBro :
Va te faire foutre putain de connard.
Il souffla de soulagement, réalisant seulement maintenant qu'il retenait sa respiration.
Moi :
Merci d'avoir répondu :) Fais-moi savoir quand je serai autorisé à revenir.
BakuBro :
Jamais.
Moi :
Je vais aller préparer l'un des super thés de Momo, si jamais tu en veux.
BakuBro :
Va boire ta merde et crève.
Ça s'est mieux passé que prévu.
Dans la cuisine, il tenta de diminuer avec quelques étirements la tension accumulée dans ses épaules par le stress et ses inquiétudes concernant Bakugo.
Définitivement un jour pour de la camomille.
Il envisagea de fuir les lieux lorsqu'il entendit le reste de la classe arriver, mais ça n'aurait certainement fait qu'inquiéter davantage le reste du groupe, sans parler de Midoriya.
"Kiri !" Mina se jeta dans ses bras. Il lui rendit l'étreinte et réalisa qu'il avait besoin de... ne pas lâcher prise, juste le temps d'une seconde.
"Ça va ?" elle lui demanda doucement à l'oreille. Il la serra davantage en réponse avant de finalement la laisser reculer.
"Qu'est-ce qui s'est passé tout à l'heure, mec ?" Kaminari intervint.
"C'est compliqué." il répondit vaguement. "Mais je vais bien et Recovery Girl a soigné Bakugo."
"Comment il va, d'ailleurs ?" Sero demanda plus sérieusement.
"Demande le moi toi-même, putain."
Kirishima se retourna avec surprise pour voir Bakugo entrer dans la cuisine.
"T'es pas censé être avec Recovery Girl ?" Mina pencha la tête avec confusion.
"C'est pas le patient idéal." Kirishima marmonna lorsque ce fut évident qu'elle se faisait ignorée.
Quelque chose n'allait pas. Les mouvements de Bakugo étaient trop exagérés et détendus alors qu'il sortait ses bouchées vapeurs déjà préparées du frigidaire.
"Elles sont prêtes ?!" Kaminari se distrait aussitôt alors que Bakugo balançait une poêle wok sur la cuisinière, manquant à moitié la plaque de cuisson.
"Tu dois d'abord les cuir à la vapeur, mais ouais, quasiment." Il commença à les placer dans un panier à vapeur qui, Kirishima en était quasiment sûr, appartenait à Sato.
"Tu vas bien, mec ?" Sero demanda avec appréhension.
"Pourquoi ça serait pas le cas, putain ?" il rétorqua, volontairement borné, comme si les brûlures à demi cicatrisées sur son avant-bras droit n'existaient pas.
"Okay." Sero soupira, sur un ton qui laissait entendre « c'est donc comme ça que ça se passe ». Kaminari, de l'autre côté, semblait parfaitement disposé à ignorer les événements de la journée pour retomber dans des plaisanteries légères avec Bakugo.
C'est trop facile.
"Bakugo." Kirishima se pencha aussi près qu'il put. "T'es ivre ?"
" 'Vais finir ces saloperies comme j'les ai commencé." Il tituba jusqu'au wok.
Ça ne lui ressemble pas.
Bakugo ne se souciait peut-être pas d'enfreindre les règles, mais il se souciait de se faire prendre. Être éméché dans les dortoirs au point que ce soit visible et oser s'aventurer dans la cuisine alors qu'il y avait tout le monde autour était le genre de comportement impulsif que Bakugo aurait pu reprocher à Kaminari.
Kirishima ne pouvait cependant rien faire, si ce n'est le prendre et le remonter dans sa chambre, mais d'une manière ou d'une autre, l'idée ne lui paraissait pas vraiment réalisable. Tout ce qu'il pouvait faire pour le moment était de garder un œil sur la situation et espérer que rien de trop délicat n'arrive.
Puis, Uraraka arriva.
NA : Les émotions, c'est compliqué.
NP : Mina rejoint le reste de la Bakusquad et tout le monde est un peu chamboulé. Bakugo se réveille aux côtés de Kirishima et retourne dans sa chambre sans voir Recovery Girl malgré les protestations de son ami. Kirishima finit cependant par céder et reste avec lui. Il le pousse doucement à se confier pour son bien et obtient quelques informations sur son mal-être (il est antérieur à son kidnapping, mais celui-ci à raviver et empirer les choses). Bakugo parle finalement un peu de Toga et de son ressentis face à elle, Kirishima compatis. Le sujet dérive sur l'évènement qui a marqué Bakugo à ses onze ans, celui-ci perd un peu pieds (il pleure, vomit, à des flashbacks). Kirishima essaye de le rassurer et de le ramener à l'instant présent. Bakugo coupe court à la conversation. Kirishima lui demande s'il a été violé et le blond le met à la porte avant de saccager sa chambre par colère (et frustration?). Une fois sûr que les choses sont plus calmes, Kirishima va dans la cuisine commune, où il retrouve le reste de la Bakusquad qui s'inquiète et pose des questions sur l'état de Bakugo. Celui-ci finit par arriver, saoul, pour finir ses raviolis.
