Traduction : Tressym383
Relecture : Zodiaaque
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Résumé : Comprendre les gens qui n'arrivent pas à s'exprimer est compliqué.
NAO : Accrochez-vous bien, parce que la route va être plus mouvementée que celle du Magicobus.
"Vous avez vu ce qui est arrivé à Silencer ?" Uraraka demanda par-dessus son épaule au reste du groupe lorsqu'elle vint se servir un verre d'eau dans la cuisine.
"Tu parles de cette fille qui a mis le chaos sur HeroScape il y a quelques jours ?" Mina supposa.
"Ouais, elle a dit s'être fait agressée par un responsable de son agence." elle confirma.
"Les détails craignent assez." L'autre fille grimaça.
"Qu'est-ce qui s'est passé ?" Kaminari s'intéressa.
"Elle peut créer une zone de silence allant jusqu'à cinq mètres autour d'elle. L'un de ses supérieurs l'a appelé dans son bureau et lui a ordonné d'utiliser son alter. Puis il s'est jeté sur elle en lui disant que si quelqu'un les entendait, il la licencierait et s'assurerait qu'elle ne retrouve jamais d'autre travail."
"Oh merde." Kaminari jura.
"Ça s'est produit il y a plusieurs années. Elle a dit qu'à l'époque, elle ne pensais pas qu'elle serait crue. Mais maintenant qu'elle a une bonne réputation de héros, elle espère être entendue." elle poursuivit.
"Si c'était il y a des années, pourquoi en parler maintenant, bordel ?"
Oh non.
"Elle plaide pour les autres victimes de l'industrie." Uraraka répondit avec un avertissement dans la voix, mais Bakugo l'ignora.
"Elle veut vraiment être connue pour ça ?" il défia bruyamment. "C'est une putain de héros, mais la plupart des gens la connaissent seulement parce que c'est une victime. L'attention ne peux pas en valoir la peine."
Uraraka le fixa avec incrédulité, bégayant un instant avant de finalement retrouver sa voix.
"Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?"
" 'Va falloir être plus précise, Tête d'œuf."
"Tu penses vraiment que les victimes de viol devraient simplement rester silencieuses ?!" Sa voix s'éleva d'une octave.
"Peut-être, ouais !" il répliqua, borné. "Peut-être que je pense que le dire au monde entier est putain d'inutile !"
"Le combat des victimes pour leur reconnaissance n'est pas inutile !"
"Ce qui est putain de sûr c'est que ça va rien changer !" il grommela.
"Bakugo." Kirishima implora.
"Les gens vont en parler quelques jours, puis ils l'oublieront total- "
"Bakugo !"
"-lement parce que personne en a rien à foutre !"
Kirishima se planta devant son ami et l'attira plus près. "Bakugo, t'es ivre et tu fais une scène."
Bakugo jeta un œil sur la pièce remplie de personnes qui le dévisageaient.
"Allez vous faire foutre !" Il sortit en trombe et un silence embarrassant s'installa derrière lui.
"Il ne sait jamais quand se taire, bordel ?!" Uraraka éclata.
"C'était... quelque chose." Sero déclara avec appréhension.
"C'était bizarre." Mina intervint. "Pas bizarre comme Bakugo l'est d'habitude, je veux dire, vraiment bizarre."
"Qu'est-ce que tu lui as dit ?" Uraraka demanda soudainement à Kirishima.
"Je- euh..." Il se demandait si la vérité améliorerait ou aggraverait les choses. Il jeta un œil aux alentours et lui fit signe de se rapprocher. "Tu dois promettre de ne rien dire."
Elle leva un sourcil sceptique, mais acquiesça.
"Il est un peu... Enfin, il est ivre en ce mom- "
"Sérieusement ?!" elle le coupa.
"Ouais, mais il a fait une crise de panique juste avant." Kirishima pria pour qu'il n'y ait pas de retombées plus tard. "Il... Juste- Il ne va pas bien. Alors tu pourrais, juste cette fois, ignorer son comportement d'énorme connard, s'il-te-plaît ?"
"Qu'est-ce qui se passe avec Blasty ?" Mina se pencha vers eux.
"Rien." il lâcha, avant de réaliser à quel point ce n'était pas crédible. "Enfin, je sais pas, il est... Je pense que les événements de Kamino le tourmentent toujours."
"Je comprends pas pourquoi tu le défends tout le temps." Uraraka soupira. "Mais juste pour toi, je suppose que je vais laisser passer. Pour l'instant du moins."
"Merci." Il s'inclina avec gratitude avant de se précipiter dans les escaliers.
Ses coups à la porte de Bakugo furent ignorés, tout comme ses messages.
Je ne vais pas dormir cette nuit.
Uraraka Ochako ne se considérait pas comme une personne particulièrement rancunière, mais elle ne put réprimer un petit sourire satisfait lorsque Bakugo entra en classe le lendemain, pâle et morose, en accord avec sa désastreuse gueule de bois.
Que ça lui serve de leçon.
Shade Six était perchée sur le bord du bureau d'Aizawa, faisant ses suppositions sur l'endroit où son propriétaire était actuellement pelotonné.
C'était étrange, mais les colères justifiées d'Ochako envers Bakugo avaient toujours eu tendance à la rendre plus courageuse. Alors, lorsque Six demanda qui dans le groupe voulait se porter volontaire, elle décida de mettre fin au suspense.
À l'instant où l'alter la toucha, il refléta les couleurs d'un coucher de soleil rose-orangé.
"Tu es prête ?" Six demanda alors que sa souris survolait la barre de recherche du navigateur. Elle lui répondit d'un signe de tête confiant.
Uraraka Ochako
Chaque article la mentionnant comprenait une photo de Bakugo. Elle savait que la seule chose que le grand public avait retenu du festival sportif était l'idée d'une petite fille impuissante se faisant tabasser par un monstre enragé, mais elle savait aussi que la presse avait tort à son sujet. Et si elle avait été de meilleure humeur, elle aurait même put admettre qu'ils se trompaient également sur Bakugo.
Ça ne rendait cependant pas la situation moins exaspérante. Elle n'était pas particulièrement douée, elle n'avait aucun lien dans l'industrie, elle n'avait pas d'argent et elle devait travailler à chaque étape. Elle avait gagné sa place ici, et quelle réputation avait-elle ? Celle d'une petite fille fragile qui a besoin qu'on aille doucement avec elle.
La Belle et la Bête : le match le plus controversé de UA
UA Review : Est-ce féministe de frapper une fille ?
L'aura autour d'elle devint rouge. Elle prit la souris des mains de Six et cliqua sur l'article intitulé : Le Colisée : Comment le Festival Sportif de UA Glorifie et Récompense la Violence
"Celui-ci devrait faire l'affaire." elle marmonna avec amertume, sautant le paragraphe d'introduction.
Si l'accent mis par UA sur les combats uniquement n'était pas déjà assez troublant, ils n'ont également pris aucune précaution pour faire correspondre les adversaires. Des adolescents aux alters à la nature plus pratique sont opposés à d'autres dotés de pouvoirs plus agressifs et potentiellement mortels. Ça n'a jamais été aussi évident que lors du match entre Uraraka Ochako et Bakugo Katsuki.
Uraraka, une jeune petite femme capable de faire flotter ce qu'elle touche, est placée dans une arène vide pour un combat en duel. Son adversaire, Bakugo, peut créer à volonté de violentes explosions avec ses mains et ne semble avoir aucune réserve à le faire. Uraraka a élaboré un plan empli de patience et d'intelligence pour surmonter son désavantage flagrant, mais a été inévitablement battue par la puissance brute de son adversaire. Ce combat inégal ne fut que l'un des nombreux autres qui se conclurent sur des défaites inutilement dures.
Mais je me demande, l'audience aurait-elle vraiment été satisfaite de la victoire de l'opprimée qu'elle voulait tant ? Aurait-elle vraiment été satisfaite si cette jeune fille avait réussi à écraser Bakugo, un garçon de quinze ans, sous plusieurs centaines de kilos de débris ?
UA doit se rappeler que ces jeunes héros sont encore des enfants et doivent être traités comme tels.
"Eh bien, c'est pas ce à quoi je m'attendais." elle releva. "Félicitations Bakugo, les spectateurs du festival ne voulaient pas tous te voir écrasé par une chute de pierres."
"Va te faire mettre, Tête d'œuf." Bakugo leva à peine les yeux de ce qu'il faisait sur son téléphone caché sous son bureau.
"Cet auteur relève un point très intéressant." Six ignora les railleries. "Faire de la dernière étape du tournoi des duels basés sur la force physique envoie le message qu'en fin de compte, la puissance au combat est la seule chose qui compte. À une époque où les héros sont déjà soumis à un examen minutieux pour leur autoriser l'utilisation d'une violence excessive normalement sanctionnée par l'État, opposer des enfants les uns aux autres pour du divertissement est assez controversé."
"Mais aucun de nous n'a été blessé !" Ochako se révolta. "Le combat de Midoriya et Todoroki était bien plus violent. Alors pourquoi c'est toujours de mon match dont les gens parlent ?!"
"C'est juste du sexisme." Six admit. "Ce qui, j'imagine, est incroyablement frustrant."
"Je mérite ma place ici comme tout le monde !" elle fulmina, une couleur rouge-orangé ondulant autour d'elle. "Personne ne le voit ! Même mes propres parents m'ont demandé si je voulais arrêter et rentrer à la maison !"
"On te soutient, quel que soit ce que tu veux faire, ma chérie, mais ne te blesse pas pour notre bien, c'est la dernière chose que nous voulons."
"Ce n'est pas juste que tu sois pointée du doigt comme ça." Six compatit. "La façon dont les gens parlent de toi doit aussi être stressante pour tes parents. « Si des étrangers sont inquiets, ne devrions-nous pas l'être ? » est le genre de pensées qui doit les traverser."
"Exactement !" L'ondulation évolua en orange vif. "J'ai demandé à personne de s'inquiéter pour moi et je suis fatiguée d'être sous-estimée."
"Eh bien, tu as toute ta carrière pour leur prouver qu'ils ont tords." Six encouragea.
À la fin du cours, elle se sentait bien. Elle avait l'impression que toutes les opportunités étaient bonnes pour faire ravaler leurs mots aux gens.
"Bakugo." Aizawa l'intercepta avant qu'il ne puisse s'échapper.
"Ouais, monsieur ?"
L'adulte lui fit signe de s'approcher et attendit que les autres élèves partent.
"Je vais aller droit au but : tu as vécu une expérience traumatisante et tu ne t'en sors pas bien. Tu as besoin de voir quelqu'un."
"J'ai pas besoin de faire quoi que ce soit." il grogna hostilement. "Et vous pouvez pas me forcer."
"Je ne peux pas, en effet." Aizawa acquiesça. "Mais je peux faire en sorte que tu ne participes pas aux entraînements jusqu'à ce que tu le fasses."
"C'est quoi ce bordel ?!" il contesta. "Vous pouvez pas faire ça ! J'ai blessé personne, pourquoi je suis puni ?!"
"Ce n'est pas une punition." il assura. "Et tu as bien blessé quelqu'un : toi. Ce serait irresponsable de laisser ça se reproduire sans au moins prendre un minimum de précautions."
"Vous foutez pas de moi ! Je suis le meilleur au combat ici !"
"J'apprécie que tu aies pris l'initiative de t'entraîner avec Kirishima pour éviter de blesser d'autres camarades. Tu as prouvé beaucoup de maturité et de conscience de soi en le faisant, et je suis fier de toi pour ça." il complimenta. "Mais le fait démontre que tu ne te sens pas bien et que tu dois parler à quelqu'un."
"Et qu'est-ce qu'un psy va faire ? Vous pensez qu'il leur suffit de lancer quelques jolis mots pour me rendre normal ?"
"Je sais que ce n'est pas si facile." Aizawa répondit. "Je ne dis pas que tu dois suivre une thérapie hebdomadaire pour retourner en classe, mais tu dois au moins laisser Recovery Girl t'évaluer et essayer de lui parler. Ou le faire à un autre enseignant, si tu préfères. Tu dois être honnête avec au moins quelqu'un dans le personnel pour qu'on puisse essayer de trouver un moyen de t'aider."
"C'est putain d'inutile." il cracha avant de tourner les talons, bouillonnant.
"J'en ai rien à faire que tu l'aimes pas." Mitsuki claqua. "Je l'aime pas non plus, putain. Mais l'école a dit qu'on allait être convoqués et c'est de ta putain de faute, alors fais avec."
"Allez tous vous faire voir."
Puisque les secondes B étaient retardés par une évaluation ce matin-là, les secondes A disposaient d'un temps libre d'une demi-heure avant le début de leur entraînement en commun. La semaine passée avait été principalement comblée par des entraînements pratiques et des activités de groupe, alors la plupart avaient des devoirs assez chargés sur lesquels travailler en attendant. Quelques groupes s'étaient rassemblés pour travailler sur celui d'Aizawa, ce qui était une bonne idée, mais Ochako avait quelque chose d'autre à régler.
Elle s'était retenue avec le Bakugo bourré de la veille, pour la bonté de Kirishima, mais le Bakugo sobre d'aujourd'hui avait des réponses à donner. Lorsque Aizawa appela Kirishima pour lui parler, elle profita de l'occasion pour lui épargner le conflit et alla se planter devant le bureau du blond.
"Tu veux revenir sur ta déclaration ?" elle demanda sèchement, les bras croisés en signe de désapprobation.
"Quelle putain de déclaration ?" Bakugo marmonna, groggy.
"Tu étais quelque peu alcoolisé la nuit dernière, mais tu te souviens sûrement avoir dit que les campagnes contre les agressions sexuelles étaient inutiles."
Elle était prête à se battre, mais à la place, Bakugo... tressaillit ? Avait-elle bien vu ?
"Ce que je pense a aucune importance." il grommela, mal à l'aise.
"Donc tu as bien une conscience là-dedans !" elle s'exclama avec étonnement. "Et moi qui pensais que ton mépris flagrant pour les autres s'étendait même aux violences faites aux femmes."
Elle entendit à peine la réponse marmonnée derrière son souffle. "C'est pas la même chose."
"Excuse-moi, quoi ?" elle défia.
"On parlait pas des femmes battues." il reprit doucement.
"Je suppose que non." elle concéda. "Mais les femmes sont affectées de manière disproportionnelle par les viols."
D'accord, cette fois, il avait définitivement tressailli.
"Putain, qu'est-ce que tu me veux, Tête d'œuf ?!"
"Je veux une explication pour ce que tu as dit." elle répondit sèchement.
"Eh bien dommage, je m'en souviens pas."
"Vraiment ?" elle interrogea d'un air sceptique. "Tu ne te souviens vraiment pas avoir dit que défendre les victimes était inutile ? Et que, si ça s'était passé il y a plusieurs années, elles devraient continuer à le garder pour elles parce que personne ne s'en souciait ?"
Bakugo fixa silencieusement son bureau.
"C'est vraiment ce que tu penses ?" elle insista. "Tu penses qu'on devrait simplement continuer à ignorer le problème ? Comme si tout ça ne valait pas la peine de faire autant d'histoire ?"
"J'ai pas dit ça."
"Alors pourquoi ?"
"Ça va rien changer !" il s'emporta, à bout de souffle. "Si le délai de prescription est écoulé, à quoi ça sert ? La vie a continué, pourquoi ressasser tout ça ?!"
"Un viol, c'est pas quelque chose qui disparaît comme ça !" elle rétorqua avec frustration. "C'est pas parce que ça s'est passé il y a longtemps que c'est fini pour les victimes ! Elles peuvent être soutenue maintenant, même si ce n'était pas le cas à l'époque."
"Qu'est-ce que ça va faire, putain ?!" Bakugo criait aussi désormais. "Si c'était il y a des années, elles devraient être passées à autre chose depuis le temps !"
"On ne se remet pas facilement de quelque chose comme ça !" elle cria de frustration. "Pas sans des années de thérapie !"
Bakugo plaqua ses mains sur son bureau dans un bruyant claquement, sa chaise volant en arrière alors qu'il se levait.
"J'AI PAS BESOIN D'UNE PUTAIN DE THÉRAPIE ! "
La pièce se figea. Dans le silence de mort, les yeux de Bakugo s'écarquillèrent à la réalisation horrifiée de ce qu'il venait de dire. Abasourdi, il resta totalement immobile pendant un moment.
"Bakugo..." Ochako chercha quelque chose de constructif à dire alors que la respiration de Bakugo s'accélérait de façon audible. "Je suis désolée."
Il plaqua sa main sur sa bouche et la poussa pour s'enfuir en courant.
"Oh mon Dieu." Midoriya lâcha d'une voix rauque, l'air presque aussi choqué. Des larmes lui montèrent rapidement aux yeux, une main se serrant sur sa poitrine.
"Qu'est-ce qui vient de se passer ?" Hagakure demanda depuis l'autre côté de la pièce.
"Aucune idée." Ojiro répondit. "À part que Bakugo pense qu'il n'a pas besoin de thérapie, mais je suis pratiquement sûr que tout le monde sait que c'est faux depuis le jour où on l'a rencontré."
"Pourquoi se disputaient-ils ?" Ochako entendit Sato chuchoter à Shoji à côté d'elle.
"Kacchan !" Midoriya sauta de sa chaise et, comme toujours, courut après lui.
NAO : Ce n'est pas un chapitre anti-Ochako, mais sans savoir pourquoi Bakugo réagit comme il le fait, c'est vraiment un petit con et elle n'aurait pas tort de le remettre à sa place. Elle a juste accidentellement marché sur une mine, on va dire.
